26 mars 2020, 18:12
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Il ne lâcherait pas l’affaire. Il ne la laisserait pas repartir, il voulait une réponse et pire encore, il visait juste avec ses mots. Elle souffrait, bien sûr qu’elle en souffrait. Elle avait été incapable de régler la situation elle-même, d’obtenir vengeance. Les cicatrices qui parcouraient son corps et particulièrement son dos, n’étaient qu’une preuve parmi d’autres de ce qu’elle avait enduré pendant des mois. Juste parce qu’elle n’était pas « comme il le fallait ». Comment disait-il déjà ? « Il faut la mater la bâtarde », et personne, au manoir familial ou même dans les générations précédentes, n’avait osé dire qu’il ne fallait pas agir ainsi avec une enfant.

« … personne n’en entendra parler ». Pouvait-elle seulement lui faire confiance ? Pouvait-elle tendre une main vers lui ? Elle avait l’impression que chaque personne qui désirait l’aider n’avait en tête que ses propres desseins, sans autre forme de pensées ou d’aides qu’elle aurait pourtant pu trouver nécessaires. Ses mâchoires restaient crispées et ses yeux cherchaient une échappatoire. Pourtant, en pleine nuit, il n’y avait aucune raison valable pour qu’elle se sauve ainsi. Elle déglutit péniblement. Un jour, elle devrait faire face, oser s’affirmer malgré ce qu’elle avait vécu. Le dire aussi, pour le rendre, peut-être, un peu plus lointain.

Et la peur sourde, pourtant, demeurait toujours dans ses entrailles. Comme une lente agonie qui n’avait de cesse de la torturer. Et s’il prenait peur ? S’il s’enfuyait devant sa faiblesse ? S’il ne la voyait que comme un être fragile, incapable de défendre ses élèves par exemple ? Elle n’était pas une sorcière minable, mais on ne pouvait pas dire qu’elle excellait non plus. Joanne enseignait une matière qui n’apparaissait pas comme reluisante aux yeux du commun des sorciers, elle était directrice d’une maison pétrie d’histoires sordides. Et elle portait sa propre histoire, dont elle ne voulait plus, dont elle aurait aimé se débarrasser.

Combien de minutes passèrent ainsi ? Dans le silence assourdissant des couloirs de Poudlard, face à l’infirmier qui la dépassait de quinze bons centimètres, qui attendait, peut-être, que Joanne se dévoile davantage. Fixant ses yeux dans ceux de son collègue, admirant quelques instants les nuances grises et bleutées qui s’entremêlaient sereinement dans ses iris. « Je … ». Elle s’était déjà ouvert une seule fois, à la directrice Loewy. Pour tenter de justifier l’injustifiable. Pouvait-elle le faire face à l’infirmier ce soir ? Elle oscilla sur ses jambes, marquant son indécision. « Il n’y a pas de mots pour décrire ça », qu’elle lâcha dans un soupir. Elle n’en avait jamais eu de toute façon, comme si faire l’honteuse description de ce qu’elle avait vécu lui était impossible. Pouvait-elle faire avec lui ce qu’elle avait fait avec sa directrice ? Le supporterait-il seulement ? Tentant de reprendre un visage froid, elle lui demanda simplement « Comment puis-je être sûre de pourvoir te faire confiance ? ». Denrée relativement rare dans la vie de Joanne, la confiance ne pouvait s’acquérir qu’avec du temps, beaucoup de temps. Et elle n’était pas sûre que l’un ou l’autre dispose de ce temps-là cette nuit.

3 avr. 2020, 14:19
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Le seul bruit perceptible par Rafael était la respiration de sa collègue sur laquelle il se concentrait. Les secondes passaient et il n’osait pas ouvrir de nouveau la bouche, il était persuadé qu’une bataille se déroulait dans la tête de sa collègue et il craignait que s’il parlait, cela lui rendrait la tâche plus difficile. Parfois le silence était la meilleure réponse que l’on pouvait offrir à son interlocuteur. Malgré tout, une partie de lui voulait que Joanne se confie à lui dans le but de se soulager. Un événement comme celui de cette nuit surviendrait de nouveau si elle continuait à garder tous ses problèmes pour elle. Il faisait parti de ceux qui pensaient que la parole était libératrice et il voulait le faire comprendre à sa collègue. Il se faisait donc violence pour garder le silence dans le couloir tout en priant pour que personne n’apparaisse à ce moment dans le couloir, plus rien ne serait alors possible.

Les secondes se transformèrent alors en minutes et Rafael pensa que Joanne ne dirait rien de plus. Qu’était-il censé faire? Laisser la jeune femme seule dans le couloir à se battre contre ses propres démons? Cette idée ne lui semblait pas convenable et heureusement pour lui, il vit Joanne bouger et il coupa net ses réflexions. Elle le fixa droit dans les yeux et ouvrit la bouche. Un seul mot en sortit avant de se perdre dans le silence. Hésitante, elle ferma puis rouvrit la bouche. La réponse qu’elle offrit à Rafael ne lui convînt par réellement, elle ne trouvait pas les mots pour décrire ce qu’il lui était arrivé et Rafael s’imaginait tous les scénarios possibles. Ces mots avaient été jetés dans un souffle comme si elle voulait l’éloigner de lui. Aussitôt, elle retrouva son air dur et froid mais cela ne produisait pas l’effet recherché chez Rafael. Beaucoup auraient abandonné mais lui voulait creuser plus encore. Cependant, Joanne reprit encore la parole pour tenter de l’éloigner encore plus d’elle.

« Comment puis-je être sûre de pourvoir te faire confiance ? »

Rafael était persuadé que Joanne essayait de trouver des raisons pour qu’il abandonne et elle n’avait pas totalement tort. Sa question eut le don d’ébranler l’infirmier, qui était-il pour elle? Personne en réalité, il ne se connaissait que depuis quelques semaines et n’avait eu que très peu d’entrevues en tête à tête. Elle préférait certainement se confier à des amis de longues dates, des collègues présents depuis bien plus longtemps que lui. Et pourtant, il avait l’impression qu’ils étaient voués à devenir plus que des collègues qui ne se parlaient qu’une fois par mois. Si ce n’était pas le cas elle serait partie depuis plusieurs minutes, il ne la retenait plus et malgré tout elle était encore devant lui.

Il repensa à la question de Joanne et une réponse toute faite avait envie de sortir de sa bouche. Elle ne pouvait pas être sure, personne ne pouvait. Mais il ne voulait pas lui dire cela car en réalité il voulait qu’elle ait confiance en lui et voulait que ce soit réciproque. Mais la confiance ne pouvait s’obtenir aussi facilement, il fallait du temps. Il souffla et laissa ses épaules retomber, même avec la meilleure volonté, il ne trouvait pas les mots justes pour aider sa collègue. Il laissa alors les mots sortir.

« Tu ne peux pas Joanne, la confiance ne se donne pas, elle se mérite, et elle se mérite avec le temps. »

En s’entendant parler, il sentit une fêlure au fond de lui et pour une raison qui lui restait inconnue, il repensa à sa sœur. Qu’aurait elle dit à sa place? Certainement pas cela! Le temps était une chose malheureusement devenue rare et chère. Combien de temps leur restait il? Qu’allait-il se passer lorsqu’il regagnerait leur chambre? Que se passerait-il demain au réveil? Les récents évènements ne cessaient de leur prouver qu’il ne fallait plus compter sur le temps. Il releva les épaules et regarda de nouveau sa collègue dans les yeux et ajouta alors:

« Mais..! Combien de temps nous reste-t-il ? Nous ne pouvons plus répondre à cette question avec certitude, pas quand des attentats ont lieu dans les lieux publics, ni non plus lorsque les hôpitaux deviennent des terrains de guerre. Poudlard a connu suffisamment de batailles et de morts pour nous prouver que nous ne savons pas de quoi sera fait demain. » Rafael marqua une pause, reprit sa respiration et termina son explication: « Alors je suis d’accord avec toi, je ne te connais que depuis peu, mais je suis un homme de parole. Je n’ai pas de temps à perdre à jouer avec les personnes autour de moi. Je sais que tu souffres, plus qu’il n’est permis de souffrir pour une seule personne. Garder toute cette souffrance en toi te détruit. Tu ne me connais peut-être que depuis peu, mais je suis là et je veux t’aider car tu ne mérites pas ça. C’est là ce que je peux t’offrir en ne sachant pas de quoi demain sera fait. »

Je suis vraiment désolé pour le temps de retard.

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19 avr. 2020, 19:27
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Un long soupir sembla s’extirper des lèvres de l’infirmier. Allait-il faire demi-tour en laissant Joanne esseulée dans le couloir ? Un combat intérieur avait lieu dans l’esprit de la jeune femme, comme si elle était incapable de savoir ce qu’elle voulait entre le départ de l’homme ou l’aveu de faiblesse qu’elle s’apprêtait à lâcher du bout des lèvres. Il avait baissé les yeux, évité son regard. C’était acté pour l’enseignante : il allait simplement tourner les talons et repartir comme si de rien n’était. En était-elle soulagée ? Pas le moins du monde étrangement.

Mais plutôt qu’un départ, les yeux de l’infirmier semblaient vouloir la fixer, la toisant presque. Elle n’était pas prête à ce genre de regard – qu’elle pensait, sans doute à tort, accusateur. Mais plus encore, elle n’était pas prête aux propos qu’il lui laissait. Chaque mot pénétrait son esprit comme une lame empoisonnée, percutant chacune de ses certitudes. Il avait raison. Elle le savait. A mesure que le flot de parole se déversait, elle observait chacune des expressions de l’homme qui lui faisait face, cherchant à y déceler la moindre trace de mensonge.

Et elle ne vit rien de tout ça, ni faille, ni imposture. Oh bien sûr, elle n’était pas la plus douée pour reconnaître ce genre de chose mais il lui semblait que tout en Rafael hurlait à la sincérité. Alors, elle décida d’être honnête elle aussi. Elle s’écarta de quelques pas, comme pour se donner le courage de faire ce qu’elle s’apprêtait à faire - peut-être partir ?

Elle l’avait déjà fait face à Kristen, ce n’était qu’une impression de déjà-vu, tout au plus. La sorcière cherchait à se donner du courage, les yeux tournés vers le sol, elle soupira longuement. « Tu as raison, nous n’avons plus le temps de rien désormais ». La vie elle-même était soumise à sa condition la plus intimement liée : sans mort, la vie n’existait pas, simplement. Offrant seulement la vision de son dos à l’infirmier – comme si elle allait partir – la trentenaire inspira profondément. « Parfois, il n’y a juste pas de mots assez … forts … pour décrire … » et elle leva doucement le débardeur qui collait à sa peau. Pas entièrement, juste assez pour dévoiler le bas de son dos, pour offrir aux yeux de l’infirmier les cicatrices qui zébraient sa peau. Et la honte, aussitôt, la recouvrit. Elle relâcha rapidement le tissu pour recouvrir la peau qu’elle avait dévoilé quelques instants plutôt et laissa quelques mots « Je suis désolée … je n’aurais sans doute pas dû … ». Elle n’y arrivait plus, elle ne voulait plus faire semblant. Elle voulait juste s'écrouler, là, sur le sol et ne plus rien ressentir.

23 avr. 2020, 12:53
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Le jeune infirmier ne savait pas d’où lui venait cette inspiration, il avait laissé les mots sortir sans y réfléchir et il espérait que sa collègue comprendrait qu’il était sincère. Tout en parlant, Rafael avait gardé son regard rivé sur sa collègue qui semblait vouloir le fuir. Cela aurait été plus simple si elle avait réussi à relever la tête et voir toute la sincérité que Rafael mettait dans sa communication non verbale. Cependant un combat tout autre semblait se jouer dans la tête de l’enseignante, et Rafael était persuadé qu’elle commençait à comprendre où il voulait en venir et elle hésitait à lui révéler la vérité.

Enfin elle releva la tête et fit ce que Rafael faisait quand une personne lui parlait, elle l’analysait afin de déceler le moindre mensonge. Cependant, elle n’en trouverait pas car l’infirmier était dicté par son cœur et tout ce qu’il disait ce soir-là, il le pensait. Malgré tout, lorsqu’il eut finit sa tirade, il vit sa collègue reculer de quelques pas et il pensa qu’il ne l’avait pas convaincue et qu’elle partait. Mais il se trompait, elle s’arrêta alors et ouvrit la bouche pour lui répondre. Elle lui expliqua qu’elle comprenait ce qu’il avait dit et qu’elle était d'accord avec lui. Elle se retourna et Rafael, bien qu’elle ait approuvé ses propos, pensa qu’elle partait.

En réalité, elle resta devant lui, le regard certainement très loin, il ne voyait que son dos et ne comprenait pas. Peut-être n’arrivait elle pas à lui révéler en face et être dos à lui lui donnait plus de courage. Mais elle lui souffla un nouvel indice, elle n’allait pas le lui expliquer mais lui montrer. Lentement, elle s’empara de son débardeur qu’elle leva de quelques centimètres. Rafael ne comprit pas tout de suite ce qu’elle voulait montrer puis il aperçut alors les cicatrices qui se dessinaient sur le dos de sa collègue. Malgré lui, il effaça de trois enjambés la distance qui le séparait de sa collègue au moment où elle baissait son débardeur. Il en était persuadé, ces cicatrices étaient dues à des violences physiques. Les excuses de sa collègue se transformèrent en bourdonnement dans les oreilles de l’infirmier. Il essayait de comprendre ce que cela signifiait et il ne mit pas longtemps à faire les liens.

Une image fit irruption dans sa tête, il voyait Joanne au sol se faisant taper, certainement fouetter par une autre personne. Il revit la manière dont la jeune femme s’était inclinée devant lui, celle dont elle s’était excusée lorsqu’il avait élevé le ton quelques minutes plus tôt. Il ne mit pas longtemps à comprendre la situation et pourtant il était persuadé qu’elle ne lui révélait qu’une partie de sa souffrance. Il avait vu plusieurs personnes consulter aux urgences pour violences domestiques, des femmes, beaucoup, mais aussi des hommes. Des personnes qui enduraient jour après jour les coups et les propos violents de leur entourage. Sa main se leva, une pulsion survenue de nulle part voulait toucher Joanne et la rassurer, la protéger. Mais il se ravisa, ce geste aurait parut déplacé, ou peut-être même agressif. Il resta derrière la jeune femme, il voulu s’excuser pour tout la douleur dont elle avait été victime mais il s’imagina qu’elle ne voulait peut être pas être vue comme une victime. Il finit par lui répondre après une temps qu’il lui avait paru une éternité.

« Joanne, encore une fois ne t’excuse pas, tu n’es pas celle qui doit le faire, au contraire. Mais... d’où viennent toutes ces cicatrices, qui t’a fait ça? » Au moment où il posait sa question, il se rendit compte qu’il connaissait déjà la réponse, ce devait être son père. Elle lui avait donné un indice en le prenant pour son père. Il s’empressa de se reprendre:« Ton père je présume... Joanne, je sais qu’il est un peu tard pour ça mais ne te bats pas seul contre ces souvenirs, ces cauchemars, tu as le droit de t’en défaire, tu n’as pas besoin de faire semblant avec moi. »

Rafael avait l’impression que les évènements récents étaient un catalyseur dans les relations et dans les décisions qu’il prenait. Il ne connaissait cette femme que depuis quelques semaines mais il ne pouvait s’empêcher de vouloir l’aider.

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23 avr. 2020, 13:48
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Elles brûlaient sa peau comme si elles venaient juste d’être faites. Exposer ses cicatrices ainsi les rendaient plus réelles, plus vivantes. Joanne n’aimait pas ça, elle qui avait tenté de refouler son passé et les ressentiments qui l’accompagnaient, se reprenait de plein fouet l’existence de son enfance. L’aberration de son existence toute entière. Cela la rendait frêle et fragile et elle ne voulait pas offrir cette image-là à ses collègues. Elle préférait encore être la cible de rumeur ridicule la mettant au service de la Citadelle. Alors que le débardeur recouvrait sa peau, un mouvement léger se fit ressentir dans son dos. Il était parti. Il n’avait pas supporté cette vision et il était parti. Joanne soupira, c’était peut-être mieux ainsi finalement.

Pourtant, elle avait l’impression d’entendre une respiration, de percevoir un souffle, non loin d’elle. Ses yeux se fermèrent. Etait-ce une volonté de son esprit de lui faire croire qu’il était encore là ? Quelques larmes roulèrent sur ses joues, silencieuses. Mais plus les secondes s’égrenaient, plus la présence semblait imposante, importante. Il était resté. Et quelques minutes de silence lui confirmèrent ce qu’elle pensait : elle entendait les mots qu’elle avait rêvé d’entendre maintes fois. Elle entendait chacun des mots de l’infirmier comme s’il voulait panser une à une les cicatrices qui recouvraient sa peau.

Une question demeura un instant en suspens, avant qu’il n’assemble lui-même les pièces de cette soirée maudite. Le cauchemar, Joanne à ses pieds qui supplie son pardon en le prenant pour quelqu’un d’autre. L’infirmier n’était pas idiot et il se chargea de faire lui-même le lien. Joanne préférait garder le silence, laissant les perles salées et silencieuses finirent leurs courses sur ses joues. Les mots de Rafael étaient autant de mains tendues que Joanne aurait aimé saisir, les unes après les autres, pour se raccrocher à cette réalité qui s’était effritée sous ses pieds.

Au prix d’un effort considérable, Joanne se retourna et fit face à Rafael pour lui répondre. Ses yeux céruléens, empreints d’une tristesse certaine et laissant s’écouler les mêmes larmes silencieuses, cherchaient à comprendre pourquoi l’homme voudrait l’aider, cherchaient à déceler la faille dans ses jolis propos. Elle le savait, dans ce monde où tout était négocié, troqué, marchandé, rien n’était gratuit. Alors que voulait-il en échange ? Qu’attendait-il de cette main qu’il lui tendait pour l’aider ? Elle laissa alors son questionnement franchir ses lèvres « Et pourquoi tu ferais ça ? Pourquoi je devrais partager ça avec toi ? Me confier à toi ? ».

Aucune colère dans son ton, juste l’incompréhension. Son regard était rivé dans celui de l’infirmier et elle y détaillait chaque expression, observait chaque mimique, prête à détaler si elle percevait le moindre problème ou la moindre ambivalence. « Ici, rien n’est gratuit. Alors pourquoi tu m’aiderais toi ? ». Le rejet, comme seule arme pour se protéger, Joanne n’avait connu que ça, ne connaissait que ça. Alors, comment faire autrement désormais ?

23 avr. 2020, 15:30
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
La scène semblait se dérouler hors du temps, Rafael ne savait pas l'heure qu'il était et il ne ressentait pas le besoin de regarder sa montre. Il ne savait pas depuis combien de temps il était sorti de ses appartements mais il ne se sentait pas fatigué et ne voulait pas y retourner. Il ne savait pas non plus combien de minutes s'écoulèrent avant qu'il ne vit sa collègue bouger. Peut-être s'était-il écouler trois minutes avant qu'elle ne se décide à se retourner lentement pour lui faire face.

Il découvrit une jeune femme différente de celle à qui il avait parlé jusque là. Ce n'était plus une femme sûre d'elle et sans peur qui se trouvait devant elle mais une femme qui semblait fragile et peut-être plus accessible. Mais par dessus tout, il découvrit une femme pleine de tristesse, tristesse qui ne s'était peut être jamais exprimée. À en croire ce qu'elle avait dit et ce qu'il avait deviné, elle n'avait jamais parlé de ce sujet à personne, il ne pouvait s'imaginer la difficulté pour elle de vivre seule face à tout ça. La tristesse devait certainement se lire dans les yeux du jeune homme. Il aurait aimé l'aider d'un coup de baguette ou à l'aide d'une potion mais ce n'était pas possible. Ses capacités d'infirmier n'étaient parfois pas suffisantes pour subvenir à tous les maux.

Outre la tristesse lisible sur son visage, Rafael avait l'impression que sa collègue était toujours méfiante mais il n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Comme si elle avait lu dans ses pensées, elle ouvrit la bouche pour le lui expliquer. Elle ne semblait ni énervée, ni renfrognée, il y décelait plus de l'incompréhension, elle n'arrivait pas à comprendre qu'il veuille l'aider par simple bonté. Craignant certainement qu'il n'ait pas comprit ce qu'elle sous entendait, elle détailla ce qu'elle pensait. Selon elle, rien n'était gratuit et tout devait se monnayer.
Ce fut au tour du brun de ne pas comprendre. Il était sur d'une chose, la vie ne l'avait pas épargnée. En comparaison, sa vie à lui avait été presque idéale. Il ne partageait pas la manière de penser de l'enseignante. Pour lui les actes simples et dénués de sous entendus étaient les plus importants. La seule volonté d'aider le motivait et il ne désirait aucune contrepartie. Il savait qu'il pouvait remercier sa famille pour ça, sa mère s'était toujours assurée que ses trois enfants se montrent altruistes. D'après ce qu'il savait de la famille de Joanne, elle n'était pas considérée comme la plus altruiste, du moins pas son père.

Il regarda la jeune femme devant lui, concentrée sur son propre visage et essaya de trouver les bons mots. Cela était tellement évident pour lui qu'il ne savait pas comment l'expliquer de manière à le faire comprendre à sa collègue. Il se mordit la lèvre inférieure pendant quelques secondes avant de se lancer:

« Pourquoi tu devrais te confier à moi? J'imagine que partager ta souffrance la rendrait moins douloureuse pour toi et j'imagine que cela pourrait t'aider à te sentir mieux. Quant à la question du pourquoi je fais ça, je ne sais pas, je suis comme ça. Je ne supporte pas de voir les gens souffrir sans rien faire. Je ne te vois pas comme une patiente, loin de là mais je ne sais pas tout en moi me dicte de te venir en aide, je pense que ce n'est pas un hasard si tous les deux nous sommes retrouvés dans ce couloir cette nuit. » Tout en parlant, Rafael réflechissait à la manière dont il pouvait faire comprendre à Joanne qu'il ne voulait rien en échange. « Je pense que certaine choses peuvent être gratuites, les échanges humains ne sont pas voués à se marchander, ils sortent du coeur et ne sont pas censés être compromis ou calculés. Pour ma part je ne pense pas que cela est de prix. »Il marqua une nouvelle pause et se força à garder sa bouche fermée mais il ne put se retenir très longtemps et ajouta:« Je ne sais pas à quel point tu as souffert mais je te garantis que ce n'est pas le but, je ne suis pas le méchant de ton histoire, crois moi. »

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23 avr. 2020, 16:00
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Elle avait vrillé son regard au sien et ne vacillait pas. Était-il temps pour elle d’affronter les démons qui gouvernaient sa vie ? Elle n’en savait rien, un épais brouillard prenait place dans son esprit, opacifiant la moindre de ses pensées et enrayant la moindre tentative de raisonner de manière convenable. Alors elle était pendue à ses mots, cherchant un sens à ceux-ci. Lui non plus ne trouvait pas de raison valable de l’aider. Il n’arrivait pas à se contenter de cette souffrance qui émanait d’elle. C’est ce qu’elle comprit de ses propos.

Et puis, il parla du hasard, mot qui eut pour effet de sortir un peu Joanne de la torpeur dans laquelle elle semblait s’être plongée. Était-il possible qu’elle rencontre au sein de l’école quelqu’un susceptible de l’écouter ? Sans contrepartie ? Sans jugement ou faux semblant ? Elle soupira longuement. L’idée même lui semblait utopique. Et pourtant, une pensée revenait sans cesse : et pourquoi pas ? Pourquoi après tout, fallait-il qu’elle n’affronte que des malheurs sur sa route ? Que des jugements sur ses pas ? Peut-être que quelqu’un pouvait la comprendre, l’aider, la sortir de là. Et peut-être que ce quelqu’un se tenait face à elle dans cette nuit d’insomnie.

Il termina ses propos après un court silence « … je ne suis pas le méchant de ton histoire, crois-moi ». Tout en lui hurlait qu’il disait la vérité, Joanne ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps. Elle finit par hocher la tête doucement, absorbant cette réalité qu’elle pensait impossible. Éloignant ses doutes et ses angoisses pour un instant elle posa sa main droite sur l’épaule de l’infirmier qui lui faisait face et laissa un simple « Merci » sortir de ses lèvres avant de laisser retomber son bras le long de son corps. Elle ne savait pas ce qu’il fallait dire en pareilles circonstances, elle ignorait ce qu’il fallait dire lorsque quelqu’un voulait à tout prix offrir son aide. Cela n’avait pas fait partie de son éducation et elle avait, dans le domaine, beaucoup à apprendre.

Tentant de reprendre consistance, affichant un faible sourire qui eut pour seul effet d’accentuer les cernes que Joanne avait sous ses yeux encore humides, elle demanda doucement « Et toi, que fais-tu dans un couloir en pleine nuit ? ». Délicate manière de ne pas trop s’exposer – comme si elle ne l’avait pas assez été quelques minutes plus tôt – et d’amener la conversation sur un terrain plus neutre, moins douloureux. Elle s’était confiée à un homme qu’elle ne connaissait pas et déjà, la peur de s’être trompée lui rongeait les entrailles.

27 avr. 2020, 18:15
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Encore une fois, Rafael ne savait pas si il utilisait les bons mots mais il attendait la réponse de sa collègue en analysant ses réactions. Elle semblait avoir du mal à croire ce que ce qu'il disait était sincère, elle souffla mettant en avant les doutes qu'elle ressentait face à cette situation. Le même dilemme semblait se jouer dans la tête de Joanne depuis maintenant près d'une heure, pouvait-elle ou non faire confiance à son collègue? Ce dernier sembla déceler un changement dans le regard de la jeune femme au moment où il termina de parler, elle comprenait peut-être que rien de tout cela n'était calculé.

Alors elle se rapprocha de quelques centimètres de l'infirmier et tendit sa main pour la poser sur l'épaule du jeune homme lui faisant ainsi comprendre qu'elle comprenait et acceptait son aide. Un sourire franc mais discret de dessina sur le visage du jeune homme et il écouta Joanne le remercier. Elle laissa retomber son bras dans le vide et Rafael regarda sa collègue avec un oeil nouveau, admirant le courage dont elle avait fait preuve ce soir. Cela paraissait certainement anodin aux yeux d'un autre mais après l'heure qui venait de s'écouler, Rafael se rendait compte de tout le travail intérieur réalisé et toute la force dont avait fait preuve Joanne. Il la vit d'ailleurs sourire timidement à son tour puis après un bref silence, elle ouvrit de nouveau la bouche pour lui demander ce que lui faisait dans les couloirs à cette heure.

Rafael avait presque oublié pourquoi il ne se trouvait pas dans sa chambre, il avait totalement oublié le cauchemar qui l'avait réveillé. Son escapade dans la volière et sa longue discussion avec sa collègue lui avait fait oublier ses problèmes et bien que le but des échanges avec Joanne n'allait pas dans ce sens, cela l'avait fait se sentir mieux. Il réflechit quelques secondes à la question de sa collègue et hésita à lui répondre la vérité. Que dirait elle si elle apprenait qu'il faisait encore des cauchemars qui le faisaient sortir de son lit à son âge.

Puis il repensa à tous les efforts qu'avaient faits Joanne ce soir là, elle avait eu la force de battre ses propres démons et de s'ouvrir à lui. La moindre des choses était de lui rendre la pareille, il ne pouvait pas lui mentir alors qu'elle avait été aussi honnête avec lui. Cependant, Rafael n'avait jamais raconté à personne que sa soeur avait été victime de l'attentat du ministère de la magie, les personnes qui le savaient ne l'avaient jamais appris de sa bouche et il ne savait pas du tout comment évoquer ce sujet sans montrer ses faiblesses. Il réflechit encore quelques secondes, baissa les yeux au sol et répondit du mieux qu'il put à sa collègue:

« Je me suis rendu dans la volière pour envoyer un hibou et cela m'a permit de prendre l'air et de faire le vide dans ma tête. » C'était trop peu, ce n'était pas toute la vérité et Rafael se sentit coupable de ne pas se montrer aussi honnête que Joanne. Déconfit et d'une voix brisée il avoua: « J'ai été réveillé par un cauchemar qui m'a rappelé de mauvais souvenirs et je ne supportais pas de rester dans ma chambre. »

Rafael avait répondu à la question dans un souffle sans croiser le regard de sa collègue, il ne voulait pas voir la pitié dans les yeux de la jeune femme. Par dessus tout, il ne voulait pas qu'elle voit dans quel état ce cauchemar le mettait, ni qu'elle mette le doigt sur l'une de ses seuls faiblesses.

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2 mai 2020, 20:41
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Est-ce que Joanne sentait le combat intérieur que menait l’infirmer ? C’était difficile à dire, à juger. Elle l’observait en silence, passant chacun de ses traits sous ses yeux azur, comme pour en graver chacun des contours dans son esprit. Elle respectait son silence, après tout elle en avait eu besoin elle aussi. Étonnamment d’ailleurs, malgré la violence d’un mal de crâne qui semblait venir derrière son front, elle se sentait soulagée. Comme libérée d’un certain poids qu’elle avait porté trop longtemps. Alors elle pouvait bien lui accorder ça. La patience.

C’est lorsqu’il évita son regard, lorsque ses yeux se vrillèrent avec le sol qu’elle fit le rapprochement. Lui aussi il fuyait ses cauchemars. Ses propres terreurs, ses propres angoisses. Le voir ainsi si fragile fit trembler l’enseignante. Lui qui avait l’air si serein quelques instants plutôt semblait fragile. Comme si une fêlure immense s’était créée de part et d’autre de son être, englobant son âme au passage. Elle frissonna légèrement. Elle ne voulait pas lui offrir sa pitié, sa compassion à la rigueur. Mais en était-elle capable ? Pouvait-elle faire ce qu’il avait fait pour elle ? L’aider, rien qu’un peu, à traverser la nuit emplie de rêve du passé dont ils auraient préféré se débarrasser ?

Elle hocha la tête doucement, laissant une larme s’écraser dans le coin de ses cils. Elle ne contrôlait plus rien et il n’était plus utile qu’elle se torture l’esprit à comprendre. Elle devait accepter les choses comme elle venait et surtout, devait se montrer à la hauteur de l’aide qu’il voulait lui apporter. Elle posa maladroitement sa main sur le torse de l’homme, comme si elle voulait attraper son cœur et le garder dans sa main. Joanne voulait qu’il la regarde, qu’il trouve un refuge dans ses yeux comme elle avait trouvé une ancre sur son visage. La situation semblait si … particulière en cette nuit d’insomnie.

« T’es pas obligé de m’en parler si tu n’en as pas envie ». Elle avait perçu la voix brisée de l’infirmier et elle ne voulait pas, elle non plus, l’obliger à se confier d’un passé qu’il voulait éloigner. « Mais la nuit est encore longue et si … si tu as envie de m’en dire plus, je suis là ». Il n’y avait aucun jugement dans sa voix, peut-être juste le besoin d’en savoir plus qui transparaissait, que ce soit dans cette main posée comme un pont entre eux deux, que dans sa voix ou dans ses yeux. Après tout, il l’avait aidé quelques instants plutôt alors … « Après tout ce que je viens de te dire … je crois que je suis prête à tout entendre ». Un sourire timide s’inscrivit doucement sur son visage, comme pour le réconforter d’une situation qui lui échappait pourtant totalement.

3 mai 2020, 10:36
Les cauchemars nous façonnent  PV Rafael Mason 
Rafael garda les yeux rivés au sol, il ne voulait pas prendre le risque de relever la tête et de voir son visage. Il comprit alors ce qu’elle avait ressenti pendant les dernières minutes. Ils ne se connaissaient pas et pourtant elle avait réussi à faire face à toutes ces craintes que lui ressentait et lui révéler un gros secret. Cependant, elle ne disait rien, elle ne le forçait pas à parler, ne partait pas en courant. Elle l’attendait, elle attendait qu’il relève la tête pour pouvoir déceler ce qu’il ressentait. Malheureusement, le jeune homme s’en sentait incapable, il ne savait plus ce qu’il devait faire et il commença à regretter de lui avoir donné tant d’indices mais c’était trop tard, il ne pouvait pas faire machine arrière.

Bien qu’il ait toujours la tête baissée, il sentit un changement s’opérer près de lui. La respiration de Joanne semblait s’être accélérée et il imagina alors qu’elle allait parler et son pouls s’accéléra. Il ne savait pas ce qu’il devait répondre ni faire. Toujours incapable de bouger, il resta les yeux aux sols. Cela lui permit de voir la main de sa collègue se rapprocher lentement de lui jusqu’à atteindre son torse. D’abord surpris par ce geste, il sentit alors une chaleur l’envahir et sa respiration jusqu’alors trop rapide ralentit petit à petit. La surprise se transforma alors en réconfort et l’infirmier eut l’impression que ce geste dépassait tous les mots qu’elle aurait pu dire.

Le trentenaire n’arrivait cependant pas à trouver la force de relever la tête. Ses souvenirs se bousculaient dans sa tête et il essayait encore de comprendre comment ils avaient pu arriver à parler de lui. La confiance qu’il avait ressenti lorsqu’il essayait de la rassurer et de l’aider avait disparu et il avait l’impression que les rôles s’étaient inversés et que c’était désormais sa collègue enseignante qui détenait ce rôle. C’est alors que cette dernière rompit le silence pour tenter de le rassurer.

Elle commença par lui dire qu’il ne devait pas se sentir obligé de lui expliquer ce qu’il s’était passé mais Rafael devina l’opposition de sa phrase avant qu’elle ne le dise. Malgré tout, elle n’utilisait aucun mots qui le contraignait à se livrer, elle lui laissait le choix de décider s’il voulait se confier en retour. L’infirmier identifia dans la voix quelque chose qu’il n’avait pas pensé plus tôt. Elle ne semblait pas le juger ou éprouver de la pitié pour lui, elle paraissait vouloir l’aider comme lui quelques minutes plus tôt. C’est cette voix qui lui donna le courage de relever la tête et de croiser le regard de Joanne. Malgré ses tentatives pour retenir ses larmes, Rafael n’avait pas pu empêcher ses yeux de se remplir. Les larmes ne coulaient pas et il faisait un effort intense pour les contenir dans ses yeux. Ces yeux qui virent en face d’eux une jeune femme désireuse d’en savoir plus et d’aider à son tour son collègue. Avant de se refermer, la bouche de Joanne laissa échapper quelques derniers mots qui finirent de convaincre le jeune homme. Elle en avait en effet assez dit pour pouvoir entendre ce que lui avait à dire.

Malgré tout, ce n’était pas une chose facile a faire et il ne savait pas par où il devait commencer, il ne savait pas non plus si sa voix allait être assez forte pour aller jusqu’au bout ou si elle se briserait avant. Il essayait de rendre les choses plus faciles à dire mais dès qu’il voulait ouvrir la bouche pour répondre à la brune, le noeud de sa gorge se renforçait l’empêchant de parler. Il revoyait sans cesse le visage de sa sœur se perdre dans la noirceur de ses cauchemars. Il repensa à sa mère et décida de suivre ses conseils et de partir du plus simple. Il tenta une nouvelle fois d’ouvrir la bouche et cette fois-ci, le noeud de sa gorge resta en place. Son cœur s’accéléra sans signe avant coureur et il le sentit battre contre sa cage thoracique.

« Je... c’est pas rapport à ma sœur. J’ai une sœur, elle s’appelle Mila» Elle s’appelait, sa sœur n’était plus de ce monde. « Elle s’appelait Mila... Elle avait deux ans de moins et était Auror depuis peu. Le 22 Février 2042, elle travaillait.» Rafael sentit les larmes prendre de la puissance dans ses yeux, son cœur s’accéléra encore un peu et sa voix se fit plus rauque. « Elle travaillait au ministère de la magie quand ... cela a eu lieu!»

Le noeud de sa gorge se déploya encore une fois, contraignant ainsi Rafael à se taire. Sa voix s’était une fois de plus brisée et ses efforts pour contenir ses larmes dans les yeux se faisaient de plus en plus difficiles.
Dernière modification par Rafael Mason le 3 mai 2020, 16:51, modifié 1 fois.

Infirmier à Poudlard en 2045 — Professeur de Vol à Poudlard de 2046 à 2049Professeur de Courses de balais à l'ISMI depuis 2049
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