Terminé Faire tomber les masques Élisabeth Willis

Mon arrêt soudain ne l'avait pas bousculée. Elle n'était pas effrayée, n'avait pas repris son masque quotidien et semblait vouloir continuer ce double jeu que nous avions installé. Cela n'était pas pour me déplaire, car depuis que j'étais arrivé dans cette école, je ne m'étais pas fait beaucoup d'amis. En l'espace d'un mois, Eli m'avait ironiquement offert bien plus d'opportunités pour m'ouvrir que n'importe qui. Elle n'en disait pas beaucoup, et pourquoi je me sentais proche d'elle. Aujourd'hui confirmait mes hypothèses, car elle était restée.

En me positionnant face à elle, j'avais craint qu'elle n'en profite pour partir, pour peut-être se moquer ou qu'elle ne revienne à ses esprits et qu'elle préfère reprendre son ton plus froid. Mais elle avait répondu à ma question. Son ton qui se prêtait au mien m'amusait et me confirmait que j'allais pouvoir me détendre à ses côtés. Mon analyse constante des humains semblait vouloir s'arrêter avec elle. J'étais comme intouchable. Sa réponse m'amusait. Ainsi, elle évitait les hommes. Cela ne m'étonnait pas vraiment, vu son caractère. J'étais presque flatté de me retrouver le bras enchainé au sien. Puis, la suite de sa phrase coupa quelque peu mon amusement. Les sourcils relevés, étonné et affecté par cette information, je penchais légèrement la tête pour souligner mon intérêt. A ce moment-là, je n'avais pas beaucoup d'options : je pouvais couper court au jeu et lui demander sérieusement pourquoi, au risque qu'elle reprenne son masque et s'en aille, ou continuer tout en m'y intéressant.

Je repris une marche plus lente pour calmer toutefois le jeu, mais gardais mon ton amusé. Je n'avais plus tous les codes de la bourgeoisie dans ce contexte, et mélangeais les deux registres.

- Quoi ?!, lançai-je réellement étonné dans un ton bien trop aigue comment peut-on vous faire ça à vous ?, lui demandai-je en lui donnant un petit coup de coude. Je redressais mon chapeau sur la tête, ramenai mon poing serré face à ma bouche et m'éclaircis la voix pour m'élancer dans ma déclaration. Miss Willis, je suis bien trop peureux pour vous demander les noms de ces vilains trolls et les affronter, mais je veux bien partager votre peine.

Ma dernière phrase avait été donné sur un ton doux et calme, voulant la rassurer, si je le pouvais. J'espérais au moins lui montrer que même si je lui étais complètement inutile - et peut-être s'en était-elle déjà aperçue - j'étais là pour l'entendre.
Mes jours ici avaient ressemblé à des montagnes russes, traversant la peur, la colère, la tristesse et la joie, j'avais envie de trouver un endroit pour me détendre. Être seul ne me dérangeait pas, au contraire, mais soutenir quelqu'un m'aidait, et je commençais à m'en rendre compte.

Je ne voulais pas la presser, la heurter ou lui offrir l'envie de se moquer, ainsi, mes yeux repartaient vers d'autres horizons et je fixais mes pieds et les siens pour ne pas avoir à affronter son regard si quelque chose de négatif allait arriver.

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Fiche PR - 4e année RP

Terminé Faire tomber les masques Élisabeth Willis
Forcement ma réponse suscita l'étonnement chez Lukas et peut-être que je l'espérais un peu au fond. Sans en avoir envie, j'avais pourtant grand besoin de me confier mais je ne voulais pas, je ne voulais plus m'abandonner.
Je savais trop bien que lorsque l'on donne sa confiance, on tombe de très haut si un jour elle se brise.
Je n'avais plus la force de tomber encore mais il avait vraiment l'air de s'intéresser à ce que je ressentais, sans jugement.
Ma carapace ne le faisait pas fuir, malgré mes piques de méchanceté gratuites ces dernières semaines, Lukas essayait quand même de me comprendre.

"comment peut-on vous faire ça à vous ?"

Bien sur que l'on pouvait me faire ça à moi.... et bien trop facilement d'ailleurs, mes pensées repartirent un instant plus loin, se souvenant de ma faiblesse.
Son coup de coude me ramena immédiatement au moment présent et son air solennel se préparant à faire une déclaration importante me fit retrouver une nouvelle fois le sourire chassant un peu mes pensées négatives.

"Miss Willis, je suis bien trop peureux pour vous demander les noms de ces vilains trolls et les affronter, mais je veux bien partager votre peine."

Il ne prétendait pas être plus fort qu'il ne l'était , il ne me promettait rien et j'appréciais tellement sa franchise.
Lukas avait tout compris, il n'était pas infaillible et je l'appréciais encore plus pour ça car il osé me l'avouer.
J'avais juste besoin de me sentir importante pour quelqu'un, de compter assez pour qu'il soit entièrement sincère, sans aucun mensonge entre nous, j'avais besoin d'un vrai ami. Est-ce que nous pourrions l'être l'un pour l'autre un jour, je ne savais pas encore, mais il avait réussi à me donner confiance en lui et c'était déjà énorme.

"je veux bien partager votre peine"

C'était de loin, la plus belle chose que l'ont m'est dit depuis un moment... il me laissait la place pour me confier, il me donnait du temps et de l'attention. Sans en avoir l'air il était bien plus mature et sensible que son âge ne le faisait croire.
Il devait avoir déjà vécu des choses difficiles pour parler comme ça, est-ce qu'il avait des problèmes en ce moment lui aussi ? A trop m'enfermer dans ma propre douleur je ne m'étais même pas demandé s'il allait bien.

Égoïstement, j'avais fermé les yeux.

Lorsqu'il rompit le contact visuel, j'en profitais pour me déplacer rapidement, je fis un petit saut de coté, essayant de casser la tension palpable, et me plaçant derrière lui, je rapprochais mon dos contre le sien, j'étais complètement hors de sa vue maintenant.
Je ne me sentais pas encore assez sûr de moi pour lui parler en face et j'avais plutôt honte de réagir avec tant d'intensité pour des histoires si banales, je reprenais donc le ton bourgeois qui rendait les choses bien plus simples à dire finalement;

-Comment pourrais-je encore avoir confiance en quelqu'un alors que mon très chers père lui-même m'a menti toute ma vie ? Je suis trop naïve, je sais, même les garçons de mon âge me prennent pour cible dans la rue. Il est visiblement très facile de me mentir.Mon ton était léger mais les larmes remplissaient mes yeux, la blessure de la trahison visiblement pas assez cicatrisée. Je résistais pour ne pas les laisser s'écouler sur mes joues, bien contente que Lukas ne puisse pas me voir ainsi. J'espère que vous n'êtes pas un de ces menteurs cher ami ?

@Lukas Sharp

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

Terminé Faire tomber les masques Élisabeth Willis
Le rythme semblait s'être ralenti, nos mots pesaient dans l'air comme si nous avions pu suspendre le temps, et je la découvrais enfin. Elle m'avait suivi et voilà qu'elle m'offrait une vérité qui devait lui coûter. Elle avait fermé les yeux, puis s'était retournée. Je n'eus pas le temps de réagir, j'avais un instant cru qu'elle allait me laisser là, que peut-être c'en était trop pour elle. Mais non, elle s'était placée dos à moi. Je baissais la tête vers sa main gauche. Son poing n'était pas serré, elle semblait encore détendue. Mais ne pas la voir me déstabilisait.

Elle se confia sur son père et cela me toucha en plein cœur. Le sien lui avait menti, le mien me rejetait. Quel était le pire dans ce cas ? Y avait-il un pire ? Lorsqu'elle reprit sa confession, elle partagea avec moi être prise pour cible par d'autres. Je ne savais plus quoi répondre, ni même si j'étais à ma place de répondre quelque chose. Pouvais-je parler en l'honneur des hommes ? Non, en fait, je me refusais à en faire partie. Alors que je l'écoutais, je ne remarquai pas tout de suite que mes yeux s'embuaient de petites larmes. J'avais été touché parce que cela m'atteignait aussi et je restais silencieux. D'un revers de main discret, j'essuyais les petites larmes avant qu'elles ne coulent sur mes joues.

Après un court instant, elle m'interrogea sur mes intentions. Du moins, je croyais que c'était formulé pour être une question. Je ne pouvais pas lui répondre en étant dos à elle, je voulais qu'elle voie que j'étais loyal et que je ne mentais pas. Ainsi, je me tournai vers elle à mon tour, me plaçai devant elle et la regardai dans les yeux. Elle aussi avait dû tenter d'effacer les traces de ses émotions.

- Non, fis-je d'un ton qui se voulait rassurant.

Ce fut tout ce que je pus lui répondre. Je sortais du jeu, j'ôtais mentalement le costume et la pris dans mes bras sans réfléchir. Je ne lui laissais pas vraiment le temps de réfléchir. J'en avais besoin. C'était sûrement un peu égoïste, mais c'était venu comme ça. Puis, me ressaisissant, je mis fin à cet enlacement qui ne dura que quelques secondes. Mes yeux firent un aller-retour entre ses yeux et le sol. Je restais silencieux, mais je voulais qu'elle voie que je n'allais pas m'enfuir et que je restais là, si elle avait besoin.

@Elisabeth Willis <3

Fiche PR - 4e année RP

Terminé Faire tomber les masques Élisabeth Willis
A peine ma question est-elle sortie de mes lèvres que tout un tas de pensées négatives venaient s'entrechoquer dans ma tête tels des tentacules s'entremêlant et ne me laissant aucun répit.
Je savais bien qu'en la posant, je risquais encore de devoir faire face à une réponse que je redoutais, j'avais peur une fois de plus d'être déçue. Malgré tout, il ne m'avait jamais donné l'impression d'être comme les autres et mon cœur espéré qu'il était sincère.

Lukas ne répondit pas immédiatement, à la place je le sentis se déplacer et en un instant il me fit une nouvelle fois face. Ses yeux embrumés dans les miens montraient que le flot d'émotions que cette simple question avait suscitées en moi avait fait écho en lui.

Il était là, ne détournant pas une seconde le regard, prouvant qu'il était bien présent et le simple "Non" qu'il prononça eut soudain bien plus d'impact que n'importe qu'elle phrase à rallonge mais vide de sens.

Un mot, trois lettres, il n'avait rien d'autre à me donner.

Il y a des regards qui ne sont là que par habitude, par curiosité, d'autres qui épient ou cherche la faiblesse. Il y a les regards qui jugent sans savoir.
Le sien n'était pas de ceux-là.

Un mot, trois lettres, mais à travers son regard, je savais;

Il ôta en une seconde toutes les barrières entre nous et me pris dans ses bras. Depuis notre première rencontre nous avions notre propre façon de communiquer, difficile, incompréhensible parfois mais sans vraiment savoir pourquoi, nous étions connectés d'une certaine façon. Je n'étais pas facile avec lui, mais il savait dépasser ça. Il n'était pas comme les autres.
Cette étreinte bienveillante ressemblait à un point de départ, mon corps s'autorisant à lâcher prise, laissa échapper les quelques larmes encore retenues, aucune pensée négative ne venait parasiter cet élan de sincérité.
Lorsqu'il s'écarta un peu, me regardant sans vraiment le faire, détournant vers le sol son attention, je ne savais pas quoi dire de tout ça. Je ne voulais pas laisser un silence s'immiscer maintenant, je ne pouvais pas non plus continuer ce petit jeu de rôles qui me permettait de me cacher un peu. Il m'avait répondu en toute honnêteté et sans artifices, je me devais de faire pareil.

J'essuyais mes yeux du pan d'une de mes manches trop longues et raccroché un sourire sur mon visage qui n'était cette fois, plus de façade, un vrai, un sincère, qui se voulait rempli de la confiance d'une amitié naissante.
- ne le devient jamais... Promis ? me remettant à coté de lui, comme ci rien n'avait changé, comme si tout était simple finalement, le poing droit serré et tendu à l'horizontale, attendant son check d'acquiescement.

Je savais, sans pouvoir l'expliquer, qu'il serait important pour moi désormais.

@Lukas Sharp <3

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

Terminé Faire tomber les masques Élisabeth Willis
Elle avait rompu le silence bien plus facilement que moi. C'était assez plaisant de savoir que les choses que je ne pouvais faire, elle les faisait. Peut-être était-ce son année supérieure à la mienne qui lui permettait d'être plus à l'aise. Sûrement même. Toutefois, elle me demanda de faire quelque chose qui me mettait un peu mal à l'aise : promettre. Je ne lançais des promesses qu'à mes parents. Je leur promettais de les aimer, de ne pas faire de bêtises, d'être sage, mais aujourd'hui c'était différent. L'ampleur n'était pas la même. Si je rompais la promesse faite à mes parents, ils ne m'en voudraient pas, ils m'en proposeraient une nouvelle et passeraient à autre chose. Que valait la promesse d'un jeune garçon de onze ans ? Que valait mes promesses ? Et puis, si je lui mentais pour ne pas la blesser, est-ce que cela comptait ? Si je lui mentais pour ne pas qu'elle soit triste, est-ce que cela comptait ?

Je n'avais aucune de ces réponses, mais je me fis également une promesse ce jour là : que mes mots ne soient jamais un mensonge pour elle. J'aurai tout le temps de notre amitié pour apprendre à connaître sa définition du mal, et cela m'allait.

Comme nous l'avions commencé, notre élégance et notre style faussement bourgeois, je reprenais cette habitude et lui tenais ma main droite.

- Promis, lui lança-je d'un ton ferme, le regard sérieux.

Fiche PR - 4e année RP