Affaire de coeur KH

La brunette me regarde avec un air ahuri comme si des cornes m'étaient poussé sur la tête. Mon coeur est gros comme un chou fleur, lourd comme une grosse pierre et, et, et...
Inspire, expire.
Ses excuses ne me touchent pas particulièrement, j'ai la sensation - d'où ? je ne sais pas - qu'elle n'est pas très sincère et ses mots "je n'aurais jamais fait ça" provoquent chez moi une envie de ricaner. Elle blague, c'est ça ? Elle n'aurait jamais quoi ? Lu ma lettre ? En parler à ses amies ? De un, la première situation, elle l'avait fait et la deuxième, elle en parlait juste avant alors qu'elle soit un peu cohérente bon dieu !
Mais je ne dis rien et la laisse parler. Je réprime donc de justesse des mots qui ne sauraient franchir la barrière de mes lèvres sans provoquer une dispute...
Attendez. Mais, c'est pas ce qu'on fait là ? Je sais pas, je sais plus, tout ce que je sais, c'est que je me sens triste, en colère, méfiante...
Sa voix continue de s'écouler de sa bouche et je hausse de temps en temps des sourcils pour montrer mon attention et comme quoi, j'ai du mal à la croire. Oui, je suis bien trop remontée.

Mon coeur manque alors un battement. Qu'est ce qu'elle vient de dire là ? Coincée ? Coincée !!? Mais elle se fiche de moi ! Non mais pour qui elle se prend, elle ?! Non mais ça va pas la tête !

Dans ma tête, je vois rouge. Ma bouche quant à elle semble s'être déconnectée de mon cerveau sous le choc. Elle avait une drôle de façon de s'excuser, elle ! J'ouvre la bouche, la referme, la rouvre. La lettre plaquée contre ma poitrine se froisse sous ma main, ce qui me ramène à la réalité. Je la fourre dans ma poche, gardant ma main en contact. Hors de question de la perdre de nouveau.

- T'as un sacré culot ! fini-je par formuler en vrillant mon regard au sien.
Mais elle détourne le regard et récupère ses affaires sur le banc en précisant qu'elle doit y aller.
Oui, elle s'en va, "la tête haute" comme on dit, sans aucun scrupule !
- Ouais, tu fais bien, rétorquais-je du bout des lèvres.
Pinçant les lèvres, je l'entends grommeler et s'en aller sans un regard.

J'ai beau être fâchée après elle, je ne désire aucunement la retenir. Pourquoi faire ? Me battre avec elle pour sauver ... mon honneur ou celui de Michael ? Bah, ne tombais-je pas dans le mélodramatique ? Pis, en avais-je vraiment la carrure ?
Non, tout cela n'était pas nécessaire. Je lui avais dit ce que j'avais sur le coeur - ou à peu près. Elle aussi et puis voilà.
Je la suis du regard et m'assoit à mon tour sur le banc.
Comme la marée qui monte, un sentiment d'accablement me tombe sur les épaules et je pousse un soupir mélancolique. Mes mains trouvent le chemin vers mon visage qui s'y enfouit.

Je rejoue la scène dans ma tête, une fois, deux fois. Je revois son expression quand elle avait ma lettre entre les mains, puis son visage avant de me la tendre... puis sa tête quand je lui ai jeté mes quatre vérités. Puis ses mots piquants me reviennent, encore et encore. Le dernier, "coincé", me reste en travers de la gorge.

Telle une vague déferlante, la tristesse me submerge et je me force à respirer le plus calmement possible. Mes émotions sont parties dans tous les sens. Je me suis peut être un peu emballée mais en même temps elle... elle était loin d'être blanche comme neige dans cette histoire.
Aaah si ma lettre n'était pas tombée de ma poche ! J'espère qu'elle tiendra parole et qu'elle tiendra sa langue.

640 - Fin du RP aussi pour moi :cute: merci à toi @Kimberly Harlez pour ce RP qui s'est écrit de façon inattendue :happy:

6ème Année RP ~ #81186a ~ ~ ~En retour progressif ~ ~
Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's :fire: