Silencio pour un idiot
Léonidas soupira longuement intérieurement, puisqu’il était toujours privé de parole. À cause de l’incompétence du Serpentard. Ce n’était pourtant pas compliqué. Il baissa les yeux vers les livres que le jeune Serpentard tenait contre lui. Des Trolls, de la métamorphose psychique, du compostage magique. Rien d’utile pour rendre sa voix à un Serpentard assez idiot pour s’être réduit lui-même au silence.
Le Serpentard n’avait aucune envie de jouer les mimes et de se couvrir de ridicule, mais il devait bien faire quelque chose. S’il comptait sur son acolyte pour agir, il resterait sans doute muet jusqu’à la fin de ses jours.
Il leva un doigt.
Il mima ensuite très lentement le mouvement du sortilège, essayant de lui expliquer les raisons de son échec, mais en silence. Le geste était moins hésitant, net et précis. Il pointa Ernest du doigt, puis lui-même, avant de secouer la tête de gauche à droite. Recommence. Mieux. Dépêche-toi.
Le portrait ricana de nouveau.
— Voyez-vous cela, l’impétrant découvre le mime. Un grand jour pour Serpentard.
L’aîné des deux Serpentards releva lentement la tête en direction de ce foutu tableau bien trop pénible. Il lui jeta un regard noir, comme si sa précédente menace n’était pas assez explicite. Il le fixa de longues secondes, de sorte à faire passer en silence le message qu’il désirait. Ensuite seulement, son regard revint sur Ernest.
Il soupira longuement avant d’inspirer profondément, posant une main sur son plexus avant de la lever et de l’abaisser lentement pour signifier au plus jeune qu’il devait se calmer. Respirer. Se concentrer. Ne pas s’agiter comme s’il essayait de frapper une mouche ennuyeuse. Il pointa ensuite sa gorge, puis la baguette du jeune garçon.
Il bougea ensuite lentement les lèvres, en articulant même si aucun son ne fut produit :
Fi-ni-te.
Léonidas était resté parfaitement silencieux, mais il espérait sincèrement que le Serpentard qui lui faisait face avait pu lire sur ses lèvres. Ou au moins deviner. Il n’était pas si stupide que ça ? Si ?
Puis, comme si cela lui coûtait réellement, il leva cinq doigts.
Le marché tenait toujours.
Je ne sais pas pourquoi mais quand je pense au tableau de ce rp je pense à Aliosus
Le Serpentard n’avait aucune envie de jouer les mimes et de se couvrir de ridicule, mais il devait bien faire quelque chose. S’il comptait sur son acolyte pour agir, il resterait sans doute muet jusqu’à la fin de ses jours.
Il leva un doigt.
Il mima ensuite très lentement le mouvement du sortilège, essayant de lui expliquer les raisons de son échec, mais en silence. Le geste était moins hésitant, net et précis. Il pointa Ernest du doigt, puis lui-même, avant de secouer la tête de gauche à droite. Recommence. Mieux. Dépêche-toi.
Le portrait ricana de nouveau.
— Voyez-vous cela, l’impétrant découvre le mime. Un grand jour pour Serpentard.
L’aîné des deux Serpentards releva lentement la tête en direction de ce foutu tableau bien trop pénible. Il lui jeta un regard noir, comme si sa précédente menace n’était pas assez explicite. Il le fixa de longues secondes, de sorte à faire passer en silence le message qu’il désirait. Ensuite seulement, son regard revint sur Ernest.
Il soupira longuement avant d’inspirer profondément, posant une main sur son plexus avant de la lever et de l’abaisser lentement pour signifier au plus jeune qu’il devait se calmer. Respirer. Se concentrer. Ne pas s’agiter comme s’il essayait de frapper une mouche ennuyeuse. Il pointa ensuite sa gorge, puis la baguette du jeune garçon.
Il bougea ensuite lentement les lèvres, en articulant même si aucun son ne fut produit :
Fi-ni-te.
Léonidas était resté parfaitement silencieux, mais il espérait sincèrement que le Serpentard qui lui faisait face avait pu lire sur ses lèvres. Ou au moins deviner. Il n’était pas si stupide que ça ? Si ?
Puis, comme si cela lui coûtait réellement, il leva cinq doigts.
Le marché tenait toujours.
348 mots
Je ne sais pas pourquoi mais quand je pense au tableau de ce rp je pense à Aliosus
A genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)
Silencio pour un idiot
Ernest observa le cinquième année s’agiter. Ses livres serrés contre sa poitrine opéraient un peu comme une sorte de bouclier. Le savoir avait toujours été son refuge et le contexte de la situation lui faisait peu à peu comprendre qu’il pouvait aussi être autre chose. Un moyen de pression. Peut-être même une arme. L’idée le dérangeait même s’il savait que sa mère luttait contre des mages qui utilisaient la sorcellerie à des fins douteuses. Dans sa tête, ça restait un concept bien loin de l’utilisation de la magie au quotidien.
Le petit brun fronça les sourcils et sentit la boule de peur au fond du ventre se serrer un peu plus. Devenir autre chose. Il avait fait face aux intimidations et aux bully toute sa scolarité moldue parce qu’il était différent des autres gamins. Des années durant, il avait encaissé les moqueries au nom du Secret Magique, sans toujours comprendre pourquoi. Lui qui pensait que tout serait différent une fois entré à Poudlard, que tous les jeunes sorciers vivraient en bonne entente et à l’abri des préjugés sur les origines, il avait rapidement réalisé que les clivages étaient bien présents. Être réparti à Serpentard exacerbait peut-être cette sensation.
Et s’il doutait souvent de ses capacités, de sa place dans l’écosystème, c’était différent quand c’était quelqu’un d’autre qui remettait en question ses compétences. Sans s’en rendre, Léonidas plaçait Ernest face à l’échec et à l’image qu’il renvoyait à sa maison. Et sans le vouloir, il commençait à incarner aux yeux du petit brun le symbole d’un monde qui s’opposait à lui. Le monde des grands, des confiants. Des dominants et des intimidants.
Les réminiscences de la confrontation qu’il avait eu la veille avec un garçon de Gryffondor avaient maintenu quelques braises de colère et d’injustice qui ne demandait qu’à être attisées. Un mécanisme de protection non plus contre la peur mais contre l’humiliation. Le regard du jeune garçon passa de la baguette de Léonidas à ses cinq doigts levés qui signifiait que le marché tenait toujours. Comme si tout était simple. Comme s’il suffisait d’essayer plus fort. Ou de se concentrer davantage.
La machoire du gamin se crispa. Le cinquième année ne comprenait pas. Pour lui, le contre-sort était probablement devenu un sortilège aussi naturel à lancer que le fait de respirer. Il avait probablement oublié ce que cela représentait pour un élève qui venait d’arriver à Poudlard, les heures passées à répéter des gestes maladroits. Oubliés les échecs et les regards des autres.
Et alors que cette pensée s’imposait à lui, la peur, elle, reculait. La colère était plus confortable. Là où la première lui murmurait qu’il allait échouer, la seconde lui soufflait que c’était injuste. Sa prise se serra un peu plus fermement sur ses livres. Injuste. Le mot résonnait dans son esprit alors qu’il observait l’autre Serpentard mimer une nouvelle fois la gestuelle du sortilège. Comme si c’était parfaitement évident. Comme si la solution se trouvait juste là, devant lui, et qu’il refusait simplement de la voir.
Une voix à l’intérieur de lui criait qu’il n’était pas paresseux. Qu’il n’étiat pas stupide. Ernest travaillait. Plus que beaucoup d’autres. Il passait des heures à s’entraîner, à lire, à observer. À recommencer jusqu’à tant qu’il comprenne. Mais malgré tous ses efforts, il restait des choses qu’il n’était pas capable de faire. Des choses qu’il n’était pas censé savoir. Ses yeux clairs quittèrent momentanément le cinquième année pour se poser sur son propre catalyseur. Il refusait qu’on le regarde comme si sa valeur dépendait d’un sortilège qu’il n’était même pas censé maîtriser.
Le problème n’était peut-être pas qu’il manquait de concentration. Le problème était peut-être simplement qu’on lui demandait l’impossible. Et par son insistance, Léonidas le forçait à se heurter à une limite réelle. Pour le jeune garçon, reconnaître cette limite et l’accepter était probablement plus difficile que de recommencer dix fois. Alors, pour la première fois depuis le début de leur échange, Ernest soutint véritablement le regard de l’autre Serpentard.
“Continue à m’regarder comme si j'étais stupide si ça t’rassure… J’suis qu’en première année. Si ton sort dépend des compétences d'un gamin de douze ans pour être annulé, le silence, c’est p’t’-être pas ton plus gros problème…”
Il y avait bien un peu de Serpentard qui coulait dans ces veines-là. Suffisamment pour viser juste lorsqu'il cessait de se défendre.
Le petit brun fronça les sourcils et sentit la boule de peur au fond du ventre se serrer un peu plus. Devenir autre chose. Il avait fait face aux intimidations et aux bully toute sa scolarité moldue parce qu’il était différent des autres gamins. Des années durant, il avait encaissé les moqueries au nom du Secret Magique, sans toujours comprendre pourquoi. Lui qui pensait que tout serait différent une fois entré à Poudlard, que tous les jeunes sorciers vivraient en bonne entente et à l’abri des préjugés sur les origines, il avait rapidement réalisé que les clivages étaient bien présents. Être réparti à Serpentard exacerbait peut-être cette sensation.
Et s’il doutait souvent de ses capacités, de sa place dans l’écosystème, c’était différent quand c’était quelqu’un d’autre qui remettait en question ses compétences. Sans s’en rendre, Léonidas plaçait Ernest face à l’échec et à l’image qu’il renvoyait à sa maison. Et sans le vouloir, il commençait à incarner aux yeux du petit brun le symbole d’un monde qui s’opposait à lui. Le monde des grands, des confiants. Des dominants et des intimidants.
Les réminiscences de la confrontation qu’il avait eu la veille avec un garçon de Gryffondor avaient maintenu quelques braises de colère et d’injustice qui ne demandait qu’à être attisées. Un mécanisme de protection non plus contre la peur mais contre l’humiliation. Le regard du jeune garçon passa de la baguette de Léonidas à ses cinq doigts levés qui signifiait que le marché tenait toujours. Comme si tout était simple. Comme s’il suffisait d’essayer plus fort. Ou de se concentrer davantage.
La machoire du gamin se crispa. Le cinquième année ne comprenait pas. Pour lui, le contre-sort était probablement devenu un sortilège aussi naturel à lancer que le fait de respirer. Il avait probablement oublié ce que cela représentait pour un élève qui venait d’arriver à Poudlard, les heures passées à répéter des gestes maladroits. Oubliés les échecs et les regards des autres.
Et alors que cette pensée s’imposait à lui, la peur, elle, reculait. La colère était plus confortable. Là où la première lui murmurait qu’il allait échouer, la seconde lui soufflait que c’était injuste. Sa prise se serra un peu plus fermement sur ses livres. Injuste. Le mot résonnait dans son esprit alors qu’il observait l’autre Serpentard mimer une nouvelle fois la gestuelle du sortilège. Comme si c’était parfaitement évident. Comme si la solution se trouvait juste là, devant lui, et qu’il refusait simplement de la voir.
Une voix à l’intérieur de lui criait qu’il n’était pas paresseux. Qu’il n’étiat pas stupide. Ernest travaillait. Plus que beaucoup d’autres. Il passait des heures à s’entraîner, à lire, à observer. À recommencer jusqu’à tant qu’il comprenne. Mais malgré tous ses efforts, il restait des choses qu’il n’était pas capable de faire. Des choses qu’il n’était pas censé savoir. Ses yeux clairs quittèrent momentanément le cinquième année pour se poser sur son propre catalyseur. Il refusait qu’on le regarde comme si sa valeur dépendait d’un sortilège qu’il n’était même pas censé maîtriser.
Le problème n’était peut-être pas qu’il manquait de concentration. Le problème était peut-être simplement qu’on lui demandait l’impossible. Et par son insistance, Léonidas le forçait à se heurter à une limite réelle. Pour le jeune garçon, reconnaître cette limite et l’accepter était probablement plus difficile que de recommencer dix fois. Alors, pour la première fois depuis le début de leur échange, Ernest soutint véritablement le regard de l’autre Serpentard.
“Continue à m’regarder comme si j'étais stupide si ça t’rassure… J’suis qu’en première année. Si ton sort dépend des compétences d'un gamin de douze ans pour être annulé, le silence, c’est p’t’-être pas ton plus gros problème…”
Il y avait bien un peu de Serpentard qui coulait dans ces veines-là. Suffisamment pour viser juste lorsqu'il cessait de se défendre.
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@Léonidas Vance
@Léonidas Vance
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- COMPTE EN HIATUS -
- COMPTE EN HIATUS -
Silencio pour un idiot
Léonidas resta interloqué quelques secondes, le regard fixé sur le gamin.
Il était désolé.
Vraiment ?
Formidable. Prodigieux.
À mesure que les secondes s’écoulaient, que les minutes passaient, la situation devenait de plus en plus humiliante. Non seulement il était toujours muet comme une goule, non seulement un portrait se délectait de sa décadence comme un vieux vautour à perruque, mais en plus le première année devant lui était un bon à rien.
Ses excuses ? Il n’en voulait pas. Lui, ce qu’il voulait, c’était sa voix. Pouvoir parler, insulter le tableau et tous ses ancêtres et descendants réunis. Il voulait expliquer au gamin qu’un Vance, même réduit au silence, restait un Vance. Pour une fois qu’il comptait utiliser son sang comme argument, c’était vraiment que la situation était désespérée.
Ses lèvres s’entrouvrirent de nouveau.
Rien. Toujours rien.
Le Serpentard inspira lentement. Il n’était pas en colère. La colère avait toujours une cible. Quelqu’un ou quelque chose. Ce première année trop honnête et nerveux, incapable de réussir un sort rudimentaire, aurait pu faire l’affaire. Mais, hélas, toutes ses belles paroles restaient coincées dans sa gorge. Un sac de venin brûlant et inutile qu’il ne pouvait pas cracher.
Il rouvrit les yeux et fixa le Serpenteau plus durement, avant que son regard ne tombe sur son propre sac, abandonné un peu plus loin contre le mur.
Eurêka !
Une idée lui traversa l’esprit. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? C’était presque vexant, d’ailleurs. Il plissa légèrement les yeux avant de lever un doigt en direction d’Ernest. Son geste signifiait : ne bouge pas. Ou peut-être bien : ne profite pas de mon absence pour devenir davantage inutile.
Lui-même ne savait pas.
Il se précipita vers son sac et s’accroupit, fouillant dedans avec brutalité. Un manuel de sortilèges tomba sur le côté. Évidemment qu’il avait de quoi écrire. Une plume, un carnet froissé, des devoirs à moitié commencés qu’il aurait probablement dû terminer pour la veille, et sans doute trempés à cause de la pluie, parce qu’il était atteint d’une maladie incurable : l’absence de bon sens. Une feuille pliée fut jetée à quelques mètres avant qu’il ne tombe sur un vieux morceau de parchemin couvert de gribouillis. Sans doute des notes de cours de Divination.
Ça ferait très bien l’affaire.
Il leva les yeux au ciel, repensant aux longues minutes qui venaient de s’écouler et durant lesquelles il était resté parfaitement muet. Il avait dû gesticuler comme un clown. Il avait laissé ce portrait se moquer de lui. Pourtant, il avait de quoi écrire dans son sac.
Cette journée devait donc être officiellement rayée de l’histoire. Effacée, comme si elle n’avait jamais existé. Et pour une raison simple : elle n’existait plus officiellement.
Le portrait ricana de nouveau.
— Voilà donc notre grand sorcier réduit à chercher de quoi écrire sa prose misérable sur un bout de papier. Quelle chute. Une leçon pour la jeunesse.
Léonidas tourna la tête dans sa direction. Lentement. En souriant. Sans joie. Un sourire inquiétant, bien plus que toutes les menaces formulées à voix haute. Il pointa du doigt le portrait, puis le mur, sa baguette et enfin la boue qui se trouvait au sol. Le message n’était sans doute pas très clair pour un observateur extérieur. Mais, pour Léonidas, il était limpide : dès qu’il aurait retrouvé l’usage du verbe, ce portrait allait vivre des heures sombres.
Très sombres.
Son attention se reporta de nouveau sur le Serpentard de première année. Le garçon avait légèrement reculé. Tout chez lui hurlait la prudence. Ses livres serrés contre lui, ses épaules remontées, même sa façon de tenir sa baguette. Dans d’autres circonstances, Léonidas aurait trouvé cela pathétique. Mais quelque chose dans le regard du garçon l’en empêchait. Ce n’était pas seulement de la peur. Il voyait également cette résistance. La braise de la rébellion, fragile, mais réelle, qui ne demandait qu’à s’embraser.
Et ça l’agaçait autant que cela l’intéressait.
Après avoir emporté le livre de sortilèges et le bout de parchemin, il s’appuya contre le mur et utilisa le livre comme support, écrivant d’une plume rapide et pas très élégante.
Ce n’est pas permanent. Mais je ne veux pas rester comme un imbécile dans ce couloir.
Il tourna le parchemin en direction du jeune garçon avant de le reprendre et d’ajouter :
Tu as essayé. C’était mauvais.
Il fixa sa phrase.
C’était trop brutal. Alors il raya d’un coup de plume le terme mauvais.
Insuffisant.
C’était mieux. Plus élégant. Plus pédagogique.
Il continua alors d’écrire.
Tu connais Finite Incantatem. Tu as compris le principe. Le truc, c’est que tu le lances comme si tu demandais s’il te plaît à ta baguette.
Léonidas releva les yeux dans sa direction et mima de nouveau le geste. Plus lentement. Cette fois-ci, il prit le temps. Le poignet. La direction. Le geste. Puis il pointa de nouveau la baguette d’Ernest avec la sienne, avant de désigner sa gorge.
Encore.
Non seulement le marché tenait toujours, mais Léonidas venait d’essayer de donner une leçon. Par Merlin. Il était en train d’enseigner.
— C’est touchant. Il ne manquait plus qu’un professeur muet. On aura tout vu à Poudlard, ricana le portrait.
Léonidas ne lui accorda aucune attention. Il était trop occupé à fixer son nouvel élève, qui n’avait rien demandé et qui recevait pourtant une leçon.
Léonidas n’était pas bienveillant. Mais exigeant. Par Merlin, ça aurait pu être un truc que la vieille bique de Pinehead ou son oncle Darius aurait pu sortir.
Il écrivit de nouveau sur son parchemin :
Respire. Vise. Lance le sort.
Il ajouta également, après une brève hésitation :
Tu es un Serpentard, oui ou non ? Alors arrête de t’excuser avant d’avoir raté.
Il montra le parchemin au jeune garçon avant de se redresser et d’écarter légèrement les bras.
Allez, recommence.
Que ce moment ridicule cesse pour de bon.
974 mots
Il était désolé.
Vraiment ?
Formidable. Prodigieux.
À mesure que les secondes s’écoulaient, que les minutes passaient, la situation devenait de plus en plus humiliante. Non seulement il était toujours muet comme une goule, non seulement un portrait se délectait de sa décadence comme un vieux vautour à perruque, mais en plus le première année devant lui était un bon à rien.
Ses excuses ? Il n’en voulait pas. Lui, ce qu’il voulait, c’était sa voix. Pouvoir parler, insulter le tableau et tous ses ancêtres et descendants réunis. Il voulait expliquer au gamin qu’un Vance, même réduit au silence, restait un Vance. Pour une fois qu’il comptait utiliser son sang comme argument, c’était vraiment que la situation était désespérée.
Ses lèvres s’entrouvrirent de nouveau.
Rien. Toujours rien.
Le Serpentard inspira lentement. Il n’était pas en colère. La colère avait toujours une cible. Quelqu’un ou quelque chose. Ce première année trop honnête et nerveux, incapable de réussir un sort rudimentaire, aurait pu faire l’affaire. Mais, hélas, toutes ses belles paroles restaient coincées dans sa gorge. Un sac de venin brûlant et inutile qu’il ne pouvait pas cracher.
Il rouvrit les yeux et fixa le Serpenteau plus durement, avant que son regard ne tombe sur son propre sac, abandonné un peu plus loin contre le mur.
Eurêka !
Une idée lui traversa l’esprit. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? C’était presque vexant, d’ailleurs. Il plissa légèrement les yeux avant de lever un doigt en direction d’Ernest. Son geste signifiait : ne bouge pas. Ou peut-être bien : ne profite pas de mon absence pour devenir davantage inutile.
Lui-même ne savait pas.
Il se précipita vers son sac et s’accroupit, fouillant dedans avec brutalité. Un manuel de sortilèges tomba sur le côté. Évidemment qu’il avait de quoi écrire. Une plume, un carnet froissé, des devoirs à moitié commencés qu’il aurait probablement dû terminer pour la veille, et sans doute trempés à cause de la pluie, parce qu’il était atteint d’une maladie incurable : l’absence de bon sens. Une feuille pliée fut jetée à quelques mètres avant qu’il ne tombe sur un vieux morceau de parchemin couvert de gribouillis. Sans doute des notes de cours de Divination.
Ça ferait très bien l’affaire.
Il leva les yeux au ciel, repensant aux longues minutes qui venaient de s’écouler et durant lesquelles il était resté parfaitement muet. Il avait dû gesticuler comme un clown. Il avait laissé ce portrait se moquer de lui. Pourtant, il avait de quoi écrire dans son sac.
Cette journée devait donc être officiellement rayée de l’histoire. Effacée, comme si elle n’avait jamais existé. Et pour une raison simple : elle n’existait plus officiellement.
Le portrait ricana de nouveau.
— Voilà donc notre grand sorcier réduit à chercher de quoi écrire sa prose misérable sur un bout de papier. Quelle chute. Une leçon pour la jeunesse.
Léonidas tourna la tête dans sa direction. Lentement. En souriant. Sans joie. Un sourire inquiétant, bien plus que toutes les menaces formulées à voix haute. Il pointa du doigt le portrait, puis le mur, sa baguette et enfin la boue qui se trouvait au sol. Le message n’était sans doute pas très clair pour un observateur extérieur. Mais, pour Léonidas, il était limpide : dès qu’il aurait retrouvé l’usage du verbe, ce portrait allait vivre des heures sombres.
Très sombres.
Son attention se reporta de nouveau sur le Serpentard de première année. Le garçon avait légèrement reculé. Tout chez lui hurlait la prudence. Ses livres serrés contre lui, ses épaules remontées, même sa façon de tenir sa baguette. Dans d’autres circonstances, Léonidas aurait trouvé cela pathétique. Mais quelque chose dans le regard du garçon l’en empêchait. Ce n’était pas seulement de la peur. Il voyait également cette résistance. La braise de la rébellion, fragile, mais réelle, qui ne demandait qu’à s’embraser.
Et ça l’agaçait autant que cela l’intéressait.
Après avoir emporté le livre de sortilèges et le bout de parchemin, il s’appuya contre le mur et utilisa le livre comme support, écrivant d’une plume rapide et pas très élégante.
Ce n’est pas permanent. Mais je ne veux pas rester comme un imbécile dans ce couloir.
Il tourna le parchemin en direction du jeune garçon avant de le reprendre et d’ajouter :
Tu as essayé. C’était mauvais.
Il fixa sa phrase.
C’était trop brutal. Alors il raya d’un coup de plume le terme mauvais.
Insuffisant.
C’était mieux. Plus élégant. Plus pédagogique.
Il continua alors d’écrire.
Tu connais Finite Incantatem. Tu as compris le principe. Le truc, c’est que tu le lances comme si tu demandais s’il te plaît à ta baguette.
Léonidas releva les yeux dans sa direction et mima de nouveau le geste. Plus lentement. Cette fois-ci, il prit le temps. Le poignet. La direction. Le geste. Puis il pointa de nouveau la baguette d’Ernest avec la sienne, avant de désigner sa gorge.
Encore.
Non seulement le marché tenait toujours, mais Léonidas venait d’essayer de donner une leçon. Par Merlin. Il était en train d’enseigner.
— C’est touchant. Il ne manquait plus qu’un professeur muet. On aura tout vu à Poudlard, ricana le portrait.
Léonidas ne lui accorda aucune attention. Il était trop occupé à fixer son nouvel élève, qui n’avait rien demandé et qui recevait pourtant une leçon.
Léonidas n’était pas bienveillant. Mais exigeant. Par Merlin, ça aurait pu être un truc que la vieille bique de Pinehead ou son oncle Darius aurait pu sortir.
Il écrivit de nouveau sur son parchemin :
Respire. Vise. Lance le sort.
Il ajouta également, après une brève hésitation :
Tu es un Serpentard, oui ou non ? Alors arrête de t’excuser avant d’avoir raté.
Il montra le parchemin au jeune garçon avant de se redresser et d’écarter légèrement les bras.
Allez, recommence.
Que ce moment ridicule cesse pour de bon.
974 mots
A genius in a foolish disguise - Sir Adidas Vance du Ouin Ouin - Le Gang des Licornes - Toujours partant pour un RP (cf ici)
Silencio pour un idiot
Une scène étonnante à laquelle Sarah assistait. Elle allait intervenir en voyant l'adolescent pointer sa baguette vers une toile mais les choses s'étaient déroulées d'une façon si rapide et si surprenante, qu'elle se contentait d'observer depuis le couloir adjacent, désormais à l'abri des regards derrière une armure bien bâtie. Elle hésitait à intervenir depuis quelques instants à vrai dire, laissant avec une pointe de plaisir qu'elle devait bien admettre, le jeune Vance s'enliser dans une situation dont il se serait probablement bien passé mais dont il était totalement responsable au final. Le tableau au mur rajoutait régulièrement un commentaire sarcastique sans compter le petit Stevens qui se montrait bien moins timide qu'en classe, au point que la sorcière devait parfois se retenir pour ne pas pouffer. Néanmoins, il n'aurait pas été professionnel de continuer à se terrer dans son coin de couloir alors que le gamin se mettait en danger en demandant à un autre de lui lancer un sort qu'il ne maîtrisait pas.
" Destructum "
Un mot qui en disait long, un contre-sort radical et bien moins couteux en énergie dans ce genre de situation. La sorcière, baguette pointée sur le cinquième année était définitivement sortie de l'ombre et s'approchait du petit duo, ou trio si on comptait le tableau bavard.
" Vous prenez des risques Monsieur Vance en demandant à un première année de vous lancer un sort qu'il ne maîtrise pas, sans compter que de son côté, si par hasard, il avait réussi, il aurait pompé grassement dans son flux magique pour réussir à mettre fin à un sort d'une puissance élevée. Vous en avez conscience ? "
Elle s'adressait surtout au grand mais son regard dévia sur le plus jeune malgré tout. Elle espérait qu'il noterait l'information qu'elle venait de donner pour lui éviter des accidents ou épuisements futurs.
" Destructum "
Un mot qui en disait long, un contre-sort radical et bien moins couteux en énergie dans ce genre de situation. La sorcière, baguette pointée sur le cinquième année était définitivement sortie de l'ombre et s'approchait du petit duo, ou trio si on comptait le tableau bavard.
" Vous prenez des risques Monsieur Vance en demandant à un première année de vous lancer un sort qu'il ne maîtrise pas, sans compter que de son côté, si par hasard, il avait réussi, il aurait pompé grassement dans son flux magique pour réussir à mettre fin à un sort d'une puissance élevée. Vous en avez conscience ? "
Elle s'adressait surtout au grand mais son regard dévia sur le plus jeune malgré tout. Elle espérait qu'il noterait l'information qu'elle venait de donner pour lui éviter des accidents ou épuisements futurs.
304 mots
Coucou ! Et oui, j'étais cachée un peu plus loin.
Coucou ! Et oui, j'étais cachée un peu plus loin.
#343663 -------- absence totale du 6 au 24 août
... ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.
... ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page.