Libre 3A promo 47 Bouh !

@Eileen O'Brien se décida enfin à affronter son épouvantard, à la suite de Lavinia. Un miroir brisée, éclatant son reflet en de multitudes de facettes d'elle-même... Mais Lavinia était trop loin pour comprendre ce que cela pouvait avoir de terrifiant. Elle plissa les yeux, essaya de se décaler pour capter les détails des fractures de verre, sans succès. La Serdaigle fut plus rapide et contre-attaqua avec assurance. Pour un peu, Lavinia trouvait son ridikkulus plus effrayant que son épouvantard... Les peurs étaient tellement différentes d'une personne à l'autre...

Un Gryffondor s'avança enfin pour défendre l'honneur de sa maison, mais à sa grande surprise, ce fût le calme @Lyam Coyle qui se dévoua. L'épouvantard de ce dernier l'aurait presque fait bâiller, si elle n'avait pas été intriguée par son aspect. Une jeune fille qui lui ressemblait, un peu plus jeune. Une sœur ? Une cousine ? Avait-il était malmené par cette dernière, pour que sa plus grande peur prenne la forme d'un visage si familier ? Lavinia capta le regard du garçon, lorsqu'il termina de repousser son épouvantard. Un regard d'avertissement, de colère, mais son air, qu'il croyait peut-être menaçant, était largement atténué par les tremblements qui agitaient ses lèvres. Qu'est-ce qu'une gosse pouvait donc bien avoir de si menaçant pour lui ?

L'élève suivante attisa une nouvelle fois la curiosité de Lavinia. @Merinda Swart. La fougueuse, la fière, l'entière. Parmi ses camarades, c'est bien une de celles qu'elle imaginait le moins avoir une peur secrète. Que pouvait-on craindre, quand on avait son mordant, son assurance, et les fidèles amis qui allaient avec ? Dans une autre vie, elles auraient pu être l'une d'entre elles. Peut-être. Mais pour le moment, Lavinia n'éprouvait pour elle que jalousie, méfiance... Et une pointe de regret.

Un nouveau miroir se dressa devant sa camarade, ce qui exaspéra un peu la vipère. Cet épouvantard manquait-il cruellement d'imagination, ou les peurs d'enfants de quatorze ans se ressemblait-il tant ? Lavinia corrigea cependant sa première impression, au fur et à mesure que le reflet se précisa. D'abord, elle crût que ce n'était que le reflet de Merinda, mais il lui semblait quand même un peu différent. Un jeune homme blond, à l'allure fière et respectable apparut à ses côtés. La ressemblance avec Aliosus frappa Lavinia, qui s'étrangla. Quoi ? Merinda avait peur de tenir la main d'un sang-pur ? Elle en était vraiment à là, dans la haine de son propre peuple ?...

Puis vinrent les enfants. Plusieurs blondinets qui ne ressemblaient en rien à Merinda, et l'estomac de Lavinia se tordit en même temps qu'elle vit sa camarade pâlir à cette vision. Lavinia ne saurait l'expliquer, mais cette vision la rendait incroyablement mal à l'aise. Trop d'enfants, beaucoup trop d'enfants, comme des insectes grouillants qui venaient parasiter l'image de ce couple presque parfait.

Et lorsque Lavinia reconnut la silhouette qui semblait se rapprocher dans le reflet, reconnut la voix qui s'éleva du miroir, la vipère ressentit la même sensation de nausée qu'il y a un an. Elle connaissait cet homme. C'était celui qui avait essayé de vendre ses petites filles d'une manière abjecte au bal de Yule organisé par les Joyce, lors de leur première rencontre mondaine. Celui qui avait atteint le rang de Sang-Pur, et qui avait agi comme s'il prenait ses semblables comme une bande de porcs en rut, et non pas pour l'élite de la nation sorcière, à l'éducation élevée et irréprochable. Et c'est de cet homme méprisable que dépendait le futur de sa lignée ?

Lavinia comprenait parfaitement la peur de Merinda. Elle comprenait aussi que, malgré sa force de caractère, le premier sortilège de Ridikkulus, brandit comme un bouclier ou une épée, ne faisait son effet.

Allez, Merinda.

Les lèvres de Lavinia s'agitèrent dans un encouragement muet. Elle savait qu'elle ne pouvait pas la voir. Elle savait aussi que ce n'était pas son rôle, à cet instant, de l'encourager. Le regard de la vipère se porta sur les amies de la brune, ses soit disant amis dont elle ne faisait pas partie, bien plus légitimes qu'elle pour l'encourager à prendre assez de recul et réussir à ridiculiser sa plus grande peur.

La transformation du miroir en feux d'artifices soulagea Lavinia, bien plus qu'elle ne l'aurait crû. Alors qu'elle expirait lentement, elle se rendit compte qu'elle avait retenu sa respiration pendant toute la phase d'affrontement. Mais aussi que Merinda ne riait pas. Et si l'épouvantard n'était pas confronté à un rire, il pouvait très bien revenir...

- Ah ah ah !

Lavinia se mit à rire, bien plus fort qu'à son habitude, allant jusqu'à égaler le son des feux d'artifices. Son rire résonna dans la salle et sonnait parfaitement faux, froids. Mais cela pouvait peut-être suffire à aider sa camarade, si d'autres la rejoignait. Merinda avait l'aire completement déboussolée, au point de se cogner contre la vipère en reculant, avant de rejoindre Nyxis. Ce contact imprévue finit de décider la jeune Campbell. Ce n'était peut-être pas son rôle, mais Lavinia s'avança de quelques pas en direction de la métisse.

- N'importe quoi, dit-elle d'une voix neutre, modulée pour être entendu par la jeune fille sans qu'elle se rapproche trop, et sans pour autant en faire partager toute la classe. Depuis quand tu prêtes attention à ta lignée, Merinda ? Quitte à suivre les pas de ce type, j'espère bien que c'est pour l’assommer par-derrière.
Lavinia observe et juge les épouvantards de chacun. Cependant, celui de Merinda la touche plus que de mesure. Elle tente, très maladroitement (c'est Lavinia quoi), de la réconforter.

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout