Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv

C'est amusant d'observer l'impact d'un nom sur une personne. Un mot – un nom propre, pour être exact – avec une sonorité particulière, un sens particulier. Un mot d'une valeur incommensurable, qui s'accompagne d'une Histoire. D'un Etre. Parce que l'un implique l'autre, tous les Noms ont leur Histoire, et l'Histoire elle-même est une succession de Noms. Depuis la nuit des temps les Hommes se sont appliqués à nommer les choses et à graver leur propre nom sur ces mêmes choses. Puis l'Histoire a avancée, et les noms ont été associés à des lieux, assignés à des rues, donnés à des écoles. Les Anciens ne sont plus, mais ce n'était pas pour autant que leurs Noms ont été oubliés.

Certains noms provoquent des frissons, des exclamations. Parfois des sourires voire des rires ou – à l'inverse – des grimaces. Il est impossible de deviner l'impact que va avoir un nom sur un Individu. Par exemple, il est impossible de savoir à l'avance qu'un nom peut bouleverser quelqu'un. Il est impossible de prévoir qu'un nom va traumatiser quelqu'un. Un Nom implique beaucoup plus d'évènements que la simple information que l'on transmet en le prononçant. C'est un fait connu de tous, qui n'a jamais été discuté et ne le sera jamais.

Personne ne pourra changer cela – pas même une Etoile.

Pourtant, cette dernière aurait aimé que les choses soient différentes. Ou, au moins, qu'elles ne s'appliquent pas à elle. Mais elle n'était qu'une Humaine, et par conséquent elle avait été décalquée sur tous les modèles déjà existant. Peut-être qu'elle n'était pas si différentes des Autres. Sinon comment expliquer que depuis plusieurs minutes elle tournait et retournait son nom – à lui, ce Chasseur du Ciel – dans son esprit ? Ça n'avait pas de sens.
La petite lui en voulait de s'être imposé à elle. Sans lui, ses pensées n'auraient jamais pris ce tournant et elle ne se serait pas retrouvée coincée, perdue dans le propre enchainement de ses réflexions. Schémas complexes incompréhensibles qu'elle essayait – vainement – de déchiffrer. Qu'avait-il de si spécial ?

Sa conscience lui souffla – malgré elle – la réponse.
Parce qu'il n'avait rien de terne, rien d'insipide. Il différait des Autres par son esprit affutée, ses réflexions incongrues et sans gênes, son mépris manifeste pour les interdictions et son Ecoute. Il n'avait pas ri ou fait la grimace lorsque la Poëte qui vivait en elle avait prit le dessus et s'était exprimée à travers sa bouche, prononçant des Mots assemblés artistiquement. Il avait Ecouté. Et il avait rebondit dessus d'une voix égale, sur le ton de la conversation. Et pour cela, il avait gagné son respect et – il fallait bien l'admettre – sa pleine attention. Si seulement Etoile avait su qu'accorder de l'attention à un Autre était douloureux. Mais ce n'était pas comme si elle avait eu envie de vouloir le connaitre. *Le connaitre ?* Ce constat lui tira un tressaillement. Ainsi donc elle avait envie de le connaitre. Simplement parce qu'il sortait de la Masse ? *Faut croire*

Maintenant qu'Orion l'avait marquée ainsi – sans prévenir, avec violence, arrogance – il n'était pas question qu'il s'en tire sans dommage. Etoile ne serait pas la seule à ressentir cette envie irrépressible, dérangeant – frôlant le désespoir – de vouloir connaitre l'autre. Elle s'en assurerait.

L'inspiration profonde que prit le garçon la ramena à l'instant présent. Le Silence s'était étiré entre eux depuis qu'elle avait maladroitement conclut sur l'imprécision de l'Astrologie, et la petite Aigle se surprit à espérer qu'il reprenne vite la parole. Déjà parce qu'elle n'avait aucune envie de faire la conversation toute seule – elle y arrivait déjà très bien dans sa tête, merci bien – mais aussi parce qu'elle avait envie qu'il lui réponde. Sa question était suspendue dans l'air entre eux, attendant que l'un d'eux s'en saisisse. Lui pour y répondre, elle pour l'effacer. Elle aurait pu. Elle aurait eu le temps de se rattraper, de lui demander d'oublier. Oublier ce nom. Aydan. Encore un Nom qui l'avait marquée – au fer blanc, à vie. Un Nom écrit sur sa peau, gravé dans sa chair, sur son cœurs. Un Nom associé à une Histoire douloureuse. A un souvenir cruel. Un Nom disparu, dont il ne restait plus qu'une stèle figée dans le Temps. Pour l'éternité. Une plaie ouverte qui ne guérirait jamais et s'était à peine arrêtée de saigner.
Etoile ne voulait plus connaitre ce genre de Noms, elle refusait. Mais désormais, Orion avait rejoint le nuage des visages qu'elle connaissait. Elle espérait simplement qu'il n'ancrerait pas son prénom en elle à l'encre rouge. Et si c'était le cas, elle prierait pour qu'il ne le grave pas trop profondément.

Tu es une étoile alors ? Elle redressa vivement la tête. Il avait reprit la parole – enfin –, et un petit sourire taquin se dessinait sur ses lèvres. Ravie de l'avoir fait de nouveau sourire – indirectement, il était vrai, mais il avait tout de même souris – la petite failli rater le reste de sa phrase. Un sourire timide étira sa bouche. Elle avait toujours été fière de son prénom et de sa signification. Désolé. Elle dut se retenir pour s'empêcher d'ouvrir de grands yeux ronds. Est-ce qu'il s'était...excusé ? Lui ? Elle aurait pourtant pensé qu'il était du genre à ne jamais reconnaitre ses torts. A estimer que les autres auraient dû s'excuser d'exister au même endroit que lui. Mais après tout, peut-être l'avait-elle jugé trop vite.
Lorsqu'il retira son pull et le lui tendit, Etoile ne put retenir une expression surprise. Le geste était tendre. Gentil ? *Non, c'est surement de la pitié* Ça ne pouvait être que ça. Et pourtant.... Pourtant il lui avait tendu le pull avec précaution, en pleine conscience de son geste. Un peu embarrassée mais reconnaissante, elle attrapa le vêtement et l'enfila, les joues un peu roses – sa peau nacrée avait la fâcheuse manie de se colorer de rose dès qu'elle en avait l'occasion. La chaleur se diffusa immédiatement et la petite se détendit, cessant aussitôt de trembler.
D'ordinaire elle rechignait à emprunter le vêtement d'autrui, mais le geste lui avait paru si spontané et gentil qu'elle avait trouvé normal d'accepter. Ayant un peu l'impression de s'être glissée dans sa peau – au défaut d'arriver à se glisser dans sa tête – la Serdaigle sourit doucement.

Ainsi donc il ne connaissait pas Aydan. Son sourire glissa de ses lèvres. *Pas étonnant* Elle s'y attendait. Néanmoins, le soulagement qu'elle ressentit était sans nom – elle fut pourtant surprise de se rendre compte qu'elle était également un peu déçue. Au fond, elle aurait aimé connaitre les Autres qui avaient côtoyé Le garçon à Poudlard. « Merci pour le pull », murmura-t-elle. Elle décida d'accepter sa proposition et de se mettre en marche. Elle prit la direction qu'il lui indiquait avec son bras et – même ses muscles engourdis protestèrent – le mouvement eut l'effet escompté : elle n'avait plus l'impression de geler.
Qui est-ce ? *Bonne question* songea-t-elle avec amertume. Elle-même s'était demandé un nombre impensable de fois si elle avait vraiment connu Aydan.

C'est mon frère, répondit-elle pourtant. Enfin, il l'était, aujourd'hui je ne sais plus. Vous vous ressemblez beaucoup, c'est pour ça que je me suis demandé si tu le connaissais. L'avais connu. Qu'importe, soupira-t-elle avec un pincement au cœur. Parler de son frère au passé était toujours aussi douloureux. Enfin j'veux dire... La ressemblance est frappante et tu me troublais alors...

La fin de sa phrase mourut sur ses lèvres lorsqu'elle se rendit rendue compte qu'elle venait d'admettre qu'il la troublait. Elle s'était pourtant juré de ne rien laisser paraitre. Furieuse contre elle-même, Etoile tourna la tête vers le mur, consciente que ses joues risquaient de s'enflammer.
Un courant d'air chatouilla le sommet de son crâne et elle enfonça la tête dans le col du pull pour se tenir au chaud. Se faisant, une odeur agréable parvint jusqu'à elle. Surprise, elle en oublia sa colère. Elle huma le vêtement. Orion portait surement du parfum, car une senteur douce, chaude, qui mêlait épices et une note musquée était accrochée au tissus. En tout cas, il avait bon goût. « J'aime beaucoup ton parfum », déclara-t-elle distraitement.




@Orion Blackburn, le plaisir est partagé, je n'ai jamais trouvé une Valse aussi captivante !
~1335 mots, je n'essaye même plus de me contenir à ce point

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Ainsi, ils prirent la route. Pour où ? Orion n'était pas sûr, mais il n'était même pas vraiment sûr non plus de vouloir le savoir. Au bout de la nuit, certainement. Quelque part, loin du lieu où les deux adolescents venaient d'échanger leurs premiers mots et où, sans crier garde, elle avait commencé à le torturer malgré elle, sans en avoir la moindre conscience. Un pas après l'autre, il quittait l'endroit où, en quelques minutes à peine, il avait traversé plus d'émotions qu'il n'aurait pu en quelques mois. Alors, peut-être, il se rendrait compte de l'absurdité du moment et sortirait d'une possible trance pour se retrouver, lui, Orion, coeur de pierre et visage de marbre, chasseur de mots et d'âmes.

Pourtant... Pourtant, rien ne se passa. La torture demeura. Il voulait savoir qui était Aydan, pourquoi il suscitait son intérêt — était-il plus intéressant que lui ? —, était-ce ce Aydan qu'elle allait retrouver avant de tomber sur lui ? Que se tramait-il dans sa tête ? Bien plus que connaitre, il voulait, ô il voulait savoir. Et s'approprier ce savoir pour pouvoir en jouer de ses mains habiles comme bon lui semblait. Plus que ça encore, il voulait le posséder et le décimer s'il le souhaitait. La urge qu'il ressentait était insoutenable et inattendue ; jamais il n'en avait ressentie une similaire. Elle l'intriguait beaucoup trop. Beaucoup. Trop. Si bien que son coeur rata un battement à l'idée que s'il ne l'avait pas entendue un peu plus tôt, elle serait peut-être sur le chemin pour retrouver le fameux Aydan et ces derniers instants n'auraient été qu'une flamme insignifiante dont il n'aurait jamais vu la fumée.

Il tourna la tête et l'observa, son pull sur ses épaules. Elle semblait si petite, sous le tissu qui avait imprimé la carrure du garçon à force de le porter. C'était un petit chaton. Mais elle n'était plus farouche comme quand il l'avait approchée. Elle était plus sereine, moins sur la défensive. Elle s'était acclimatée au garçon, avait apprivoisé son ombre au point de ne plus la craindre. Ses joues étaient rougies, portant le rose timide des pétales à l’aube tout en donnant l'impression d'avoir volé un baiser au crépuscule. Il ne l'aurait pas remarqué dans la pénombre, en temps normal, mais les yeux du garçon semblaient comme hypnotisés par son visage, cherchant la moindre forme d'expression qui lui aurait permis de lire à travers elle. De la savoir de fond en comble, sans devoir trop chercher. Et s'il pouvait deviner que lui avoir donné son pull l'avait secouée par ses joues, semblables à deux nuages de printemps qui caressaient son visage, cela n'expliquait en revanche pas pourquoi son regard se perdait dans les ombres de la nuit. Je veux savoir.

Il se rappela de son murmure, son remerciement timide pour le bout de tissu qu'il s'était abandonné à lui donner pour éviter plus de tourments, espérant peut-être y trouver une réponse puis se demanda si elle aussi était éprise d'angoisses à l'idée qu'il puisse tout avoir d'elle comme elle commençait à avoir de lui. D'abord, en le secouant, l'affaiblissant à coup d'émotions absurdes et inconnues. Puis, en lui arrachant des excuses d'habitude si difficiles à lui prendre mais qu'il avait laissées glisser de lui comme une plume portée par le vent. Enfin, en le faisant s'accrocher au moment aussi bref que dérisoire pour le commun des mortels qu'ils partageaient. Était-il le seul torturé par ce désespoir ?

Stella. Il se reprit à faire tourner son prénom dans son esprit. Orion en était sûr, maintenant, l'étoile cherchait à l'éventrer de l'intérieur pour récupérer ce qu'elle voulait. Sinon, pourquoi se serait-elle donner tant de mal pour l'abattre ? Il voulut remonter ses défenses, il criait intérieurement pour que son cerveau fasse quelque chose, mais sa garde ne cessait de baisser. Parce qu'elle était là, dans son pull, rougissante, inoffensive, innocente. C'était comme si le désespoir le frappait à coups de massue pour laisser son envie irrépressible de la savoir prendre le dessus. Il était désormais impossible pour lui de revenir en arrière — il s'était déjà avoué qu'elle l'intéressait plus que nature —, mais il n'y avait également plus aucune possibilité pour lui de l'ignorer et de passer outre. Il le fallait. Non, plus que cela. Il se devait de l'éplucher jusqu'à trouver son noyau, sa raison de vivre. Alors, peut-être, trouverait-il un moyen de la devancer et de l'éventrer de l'intérieur avant elle.

Elle le sortit de sa trance quand elle brisa le silence pour parler d'Aydan. Une sensation dans son estomac le laissa penser qu'il aurait préféré qu'elle se taise, jusqu'à la mention de frère. Pour une raison qui lui était inconnue, il l'aurait imaginée enfant unique, parce qu'elle semblait de ceux dont la compagnie se suffisait à eux-même. Puis, il se rappela que lui-même avait une soeur et que sa supposition devenait automatiquement caduque — bien que la compagnie de sa soeur était l'une des rares qu'il appréciait. Ce fut la première fois depuis le début de leur rencontre qu'il fit un rapprochement entre les deux jeunes filles. Étrange. Elles ne se ressemblaient pas, à peine. Quand il regardait dans les yeux de Stella, le seul point commun qu'il pouvait trouver avec ceux de sa soeur était la même couleur bleue profonde et envoûtante, mais il était incapable de trouver la même étincelle qu'il y avait dans ceux d'Aurore. Chez l'Etoile, il ne pouvait y voir qu'un voile de douleur. Mais il éprouvait envers elle un semblant de la douceur qu'il avait pour sa benjamine, ce qui la rendait bizarrement similaire. C'était la même sensation qu'il avait eue plus tôt, en lui donnant son pull. D'une certaine manière — et plutôt inhabituelle, par ailleurs —, il se sentait comme s'il devait prendre soin d'elle. Orion n'osa explorer sa curiosité plus loin, car si elle commençait à avoir les mêmes pouvoirs que sa soeur avait sur lui, il ne pouvait espérer un jour arracher son coeur aux griffes du néant qu'il ressentirait si elle finissait par l'oublier.

C'est le présent et le passé qu'elle emmêla qui fit tiquer le garçon en premier. Il se demanda à quel point cela relatait à la douleur qu'il y avait sur ses bras et dans ses yeux. Et le fait qu'il ressemblait à son frère le questionna sur la raison pour laquelle elle était devenue plus chaleureuse auprès de lui. Orion sentit sa gorge se nouer ; d'abord, à la simple pensée qu'il puisse lui aussi mélanger le passé et le présent à l'évocation de sa soeur — il ne pourrait vivre sans elle —, puis à l'idée égoïste que toute leur discussion n'ait pu être qu'un tissu de mensonges, une manière pour Stella de raviver les fantômes de son passé. Et si la ressemblance frappante avec son frère était la seule raison qui l'avait poussée à lui parler ? Est-ce que cela voulait dire qu'il poursuivait une chimère, s'éprenait d'un vide, d'une illusion ? Une veine commença à battre dans son cou, signe de sa détresse interne, jusqu'à ce que...

Tu me troublais. Son esprit cria victoire ; c'était lui qui la troublait, et elle qui le subissait. Il faillit laisser échapper un soupir de soulagement, mais se retint. Il ne put cependant réprimander un sourire malicieux face à cette nouvelle. Tout rentrait dans l'ordre. Du moins, il tenta veinement de s'en convaincre, en vain. Si, pendant un court instant, il avait eu l'impression que ça avait étouffé ses tribulations, il se rendit rapidement compte qu'il n'en était rien : la voir détourner son regard ranima son envie de le verrouiller dans le sien. Il se sentit complètement démuni.

Orion ne voulait pas qu'elle le fuie.

Pas comme ça, pas si soudainement, après avoir admis ce qu'il espérait qu'elle admette depuis ce qui lui semblait comme une éternité. Il devait gagner et elle devait avouer sa défaite pour le libérer. Il l'implorait. Mais il était incapable de le faire si elle continuait de le faire s'interroger sur ses propres envies. Ce n'était tout bonnement pas possible, pas s'il continuait de vouloir son attention.

Orion eût l'impression qu'elle essayait de détourner le sujet en parlant de son parfum — c'était en fait plus que probable —, ce qui fit grandir des sentiments aléatoires chez lui. Elle l'avait humé ? Mais que cherchait-elle, bon sang ? Il ne savait plus où donner de la tête. Déclarait-elle forfait en le laissant avoir l'ascendant sur elle ou bien voulait-elle continuer à l'emporter dans un vertige qu'il ne savait nommer ? Il se gratta l'arrière de la tête, gêné, nouvelle preuve de sa décontenance.

« Oh, hum, s'étouffa-t-il avec sa propre salive. Euh, merci. C'est, euh, enfin, on me l'a offert. Mon parfum, je veux dire. Attends, tenta-t-il pour retrouver sa flegme, laissant un temps de latence pour la suite de sa phrase, on peut rembobiner, un peu ? Ton frère, Aydan, c'est ça ? Je... lui ressemble, tu dis ? »

Son ton trahissait son urgence, il n'arrivait pas à s'y retrouver, ni même à s'intéresser à elle tant il voulait être un tant soit peu réuni avec sa dignité — il détestait parler avec un manque d'assurance, c'était à lui faire hérisser les poils.

« Pardon, euh, pourquoi je m'excuse maintenant, se gronda-t-il. Ce n'est pas ce que je voulais dire, reprit-il après une courte inspiration. Que... lui est-il arrivé ? J'ai l'impression que tu le mélanges avec un souvenir... »

@Stella Ruewen, Orion est en pleine détresse, j'admire le travail de Stella — bien qu'elle n'en est probablement même pas consciente...
1572 mots — à ce stade, on peut dire que je n'ai même pas regardé le compteur augmenter !

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Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

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TW : mention de blessures

Son parfum était captivant, entêtant, enivrant – Etoile n'aurait su dire quel terme était le plus adapté, le plus à même de correspondre au vertige qui la prenait lorsqu'elle en captait les fragrances. C'était déroutant, inconnu. Nouveau. Sensibles aux odeurs depuis toujours, elle avait appris à distinguer les différentes essences et elle aimait leur associer une idée, une couleur, un souvenir. Quelque chose pour les ancrer dans sa mémoire et ainsi lui permettre de les reconnaitre dans une situation différente, plus tard.

Le parfum d'Orion lui évoquait un millier de choses. C'était la chaleur. Agréable, enveloppante, presque paresseuse. Etrange, la petite aurait pourtant imagé que son odeur reflèterait sa façade – elle se serait imaginé une odeur froide voire glaciale. Mais non, au contraire, elle était très chaleureuse. Accueillante, comme une étreinte solide que l'on attendait pour pouvoir s'effondrer. Elle se demanda soudain comment il avait réagit s'il l'avait rencontrée pendant une mauvaise Nuit. Le genre de Nuit qui ne repoussait pas ses démons et prenait plaisir à lui faire pleuvoir des gouttes salées. Elle chassa bien vite cette pensée. Hors de question qu'il la voie un jour pleurer, elle ne se le pardonnerait jamais. La fillette préféra se reconcentrer sur son parfum, c'était un terrain plus sûr – du moins c'était ce qu'elle pensait. Orion. Son odeur. Le chaud. L'étreinte. Oui, mais aussi un avertissement. Une touche épicée qui ajoutait à cette senteur l'étincelle dont elle avait besoin. Une bref impression de danger ; de volonté de dominer, d'écraser l'autre ; des rêves de victoire totale, absolue. Cette pensée lui arracha un rictus. Mais elle, elle ne se laisserait pas vaincre, elle se l'était promis.
Son esprit, pourtant, montrait des signes de faiblesse et sa détermination s'effritait de seconde en seconde. Après tout, qu'était la Vie sans le frisson du risque ? De la même manière, que serait la lumière sans obscurité ? Etoile aurait pu se laisser séduire par le danger, et le laisser l'entrainer où bon lui semblait. Elle l'aurait laissé faire avec plaisir, désireuse de découvrir où l'aurait menée les paroles tentatrices du Diable.

Elle n'aurait aucun problème à côtoyer le Diable – ne vivait-il pas déjà dans sa tête ? – mais elle l'aurait dompté. Par les Mots ou le Silence, elle saurait le faire vaciller, le faire plier le genou et courber l'échine. Ce ne serait pas elle qui baisserait les yeux en premier – à moins que ça ne soit pour le voir à genoux devant elle. Si le Diable lui promettait de l'aimer, de la considérer comme il considérait l'Enfer, elle n'aurait aucune objection à devoir subir sa présence. Non, Etoile ne craignait pas le danger. Et la note menaçante qu'elle percevait dans l'arôme porté par Orion ne l'effarouchait pas, au contraire. Elle la poussait à lui opposer un bouclier solide sur lequel il continuerait – inlassablement – de se heurter, une résistance qu'il ne saurait briser. Pas tant qu'il ne se serait pas rendu fou à essayer de la connaitre. A essayer de la lire. De la savoir.
Car il était toujours hors de question qu'elle soit la seule à vouloir désespérément le savoir.

Autant de pensées qui papillonnaient autour d'elle.

A ses côtés, elle sentait le regard du garçon pesait sur elle. Lorsqu'elle avait croisé son regard pour la première fois, Etoile avait immédiatement songé que ses yeux noirs semblaient la sonder, comme s'il avait eu le pouvoir de la lire. De lui extirper ses secrets les mieux gardés, ses pensées les plus sombres, ses idées les plus incongrues. Elle n'aimait pas ça, se sentir vulnérable sous le regard d'un Autre, avoir la sensation qu'il pouvait la décrypter sans problème. Comme si elle n'était qu'une énigme de plus à résoudre. Elle ne voulait pas ça, elle voulait l'intéresser. Elle voulait qu'il bafouille, dérape. Qu'il perde le contrôle à cause d'elle, de la même manière que lui l'avait renversée, mise sans-dessus-dessous.
Elle n'appréciait pas non plus qu'il cherche à capturer son regard, à posséder ses iris. Car s'il y parvenait, elle savait qu'il réussirait à y déchiffrer l'intérêt désespéré et douloureux qu'elle lui portait. Et elle ne doutait pas qu'il s'en délecterait. Non, il fallait que ce soit elle qui lise la détresse dans ses yeux noir comme les abysses. Elle ne supporterait pas le contraire – et encore moins qu'il ne se passe rien.

Son geste – qu'elle perçut malgré son visage sciemment éloigné de lui – la poussa à tourner la tête. Sa main derrière son crâne et son expression la firent s'interroger. Etait-il gêné ? *Tant mieux* La petite saurait apprécier chaque instant qui passerait en lui offrant l'avantage avec une raffinerie inégalée.
Il commença quelque chose, s'étouffa, chercha ses mots. Un petit sourire taquin en coin, Etoile attendit qu'il reprenne ses esprits. *Oh... Evidemment* Il voulait comprendre pourquoi elle l'avait comparé à Aydan. Sa voix vibrait, sous le coup d'une émotion qu'elle ne put qu'associer à...l'urgence ? La fébrilité ? Jamais elle n'avait autant aimé voir quelqu'un hésiter face à elle.

Il s'excusa, bredouilla de nouveau quelques mots puis souffla rapidement, cherchant probablement à se rassembler. Pendant ce temps, elle souriait doucement, tranquille. Pas goguenarde, mais juste assez amusée et posée pour affirmer son ascendance. Son regard, profond, sondait l'âme d'Orion. Orion, Orion, Orion. D'abord un Intru ; puis une menace ; et enfin le Chasseur du Ciel. Et à présent ? Une obsession violente, qui la mettait à fleur de peau. Un désir de connaissance brutal, obsédant, qu'elle assouvirait par tous les moyens. Mais pas sans lui avoir rendu monnaie de la pièce – même si pour en arriver là elle devait lui sacrifier un morceau d'elle.
Que lui est-il arrivé ? Cette question, innocente, purement curieuse, la ramena violemment en arrière. Etoile, 9 ans, dans la neige. Ce blanc immaculé. Et, au milieu, une fleur. Rouge carmin, qui s'étalait dans la rue. Cette odeur métallique. Ce liquide chaud, poisseux, qui se faufilait entre ses doigts. Ce corps allongé. Inconscient de son trouble, Orion poursuivit sa phrase. Ses oreilles sifflaient. Elle entendait encore le bruit de l'impact. Au loin, elle entendit Orion lui faire part de son impression qu'elle le confondait avec un souvenir. Confondre qui ? Du rouge. Beaucoup trop de rouge. Son cœur battait la chamade. Une fleur rouge qui avait fleuri sur le ventre d'Aydan. Le crissement de pneu. Le choc. L'impact. Rouge. Le choc. Le corps. Rouge. L'odeur. Le bruit. Rouge.
Rouge.
Rouge.
Rouge.

Elle hoqueta, prisonnière du souvenir. Un souvenir. J'ai l'impression que tu le mélanges avec un souvenir. Oui, c'était exactement ça. *Je suis réelle, pas le rouge* se rassura-t-elle. *Je suis réelle, je suis réelle, je suis réelle.* Elle releva les yeux vers le garçon, consciente qu'il risquait d'y lire sa terreur. Mais elle avait besoin de s'accrocher au Réel. Et pour le moment, Orion était la seule chose qui subsistait. *Il est réel. Orion est réel, je suis réelle. Pas le rouge* Et, progressivement, sa panique recula.

Je..J..je ne sais pas comment parler de lui, confia-t-elle, hésitant à aller plus loin, à donner plus de détails. Il est...mort, acheva-t-elle finalement après un silence. Quand j'avais 9 ans, à la veille de Noël. On jouait, on ne faisait rien de mal... Si seulement... C'est ma faute. Mais je... Il avait seulement 13 ans et il s'est...il a...Il m'a sauvée. Il voulait que je vive mais.. Mais j'refuse de vivre sa vie. C'est pas une vie, c'est une demi-vie. Une vie maudite, salie par le sang que j'ai pas versé.

Plus tard, elle se sermonnerait surement de s'être laissée aller à lui parler de ça. Elle s'en mordrait peut-être les doigts, s'en voudrait à mourir. Mais pour l'instant, elle avait besoin qu'il l'écoute. Qu'il la regarde. Elle avait changé d'avis, elle voulait qu'il la voie dans la détresse, qu'il soit suspendu à ses lèvres, qu'il lui accorde toute son attention. Il avait voulu savoir ? Très bien, alors il saurait. Tout. Il la saurait entièrement, dans les moindres détails, mieux que quiconque. Elle l'envahirait. Et il devrait assumer, la reconnaitre, la vouloir. Elle voulait qu'il la veuille. Etrange. « J'voudrais me pardonner, me dire qu'il m'a sauvée et que j'devrais être reconnaissante » ajouta-t-elle, plus amère, évitant de nouveau le regard inquisiteur du garçon. « Mais j'arrive pas à passer à autre chose, tout m'y ramène, je le retrouve partout. »
Si seulement elle avait pu faire son deuil. Si seulement elle arrêtait de se retrouver dans cette rue enneigée, forcée de vivre encore et encore le même évènement. Le crissement de pneu. Le choc. L'impact. Rouge. Elle secoua légèrement la tête, désireuse de se débarrasser de la sensation de panique qui menaçait de l'engloutir de nouveau. « Tu m'as fais penser à lui parce que lui aussi pouvait se montrer déstabilisant », poursuivit-elle d'une voix plus chaude, les yeux dans le vague, perdus dans ses souvenirs. « Et ce sourire espiègle, taquin... » Mais la ressemblance s'était arrêtée là, et les émotions que lui inspirait Orion n'avaient rien à voir avec Aydan. Une fois de plus, elle avait laissé sa douleur prendre le dessus et elle s'était laissée aller à espérer retrouver un peu de son grand frère en cet Inconnu. Quelle idée risible.

Finalement je suis soulagée que tu l'aies pas connu, je préfère que tu sois juste Orion, conclut-elle avec un sourire léger, relevant le visage vers lui. Le Chasseur du Ciel, ajouta-t-elle avec un petit rire doux.




@Orion Blackburn, mon Etoile passe par toutes les couleurs, et moi je meurs déjà d'envie de lire le pdv d'Orion !
~1559 mots, je n'ai rien à dire pour ma défense–

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Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Il était plutôt curieux qu'Orion n'ait pas encore fait le rapprochement entre Stella et sa petite sœur, son Aurore, jusqu'à maintenant, parce que plus il y songeait, plus il se disait qu'elles avaient des choses en commun. Au-delà du physique, elles étaient toutes les deux arrivées comme ça, sans prévenir, sans pudeur et sans aucune excuse. Elles sont arrivées, tout simplement, et ont déclenché des émotions cataclysmiques qu'il n'aurait pas pu imaginer lui-même, tout en l'invitant à exprimer sa douceur sans prononcer aucune demande. Cependant, il pouvait noter une différence claire et nette : jamais il n'avait eu envie de décortiquer, disséquer sa sœur jusqu'à la moelle. Au contraire, il avait pour elle un amour simple, qu'on ne demande pas mais qui nous est dû, pour la simple et bonne raison que l'on existe. Pour Stella, ce n'était pas ça. Il ne la connaissait pas, ne l'aimait certainement pas, mais il éprouvait envers elle une ambition qui virait à l'obsession que ce soit elle qui l'implore de la libérer. Qu'il lui brise ses chaines, la délie de son emprise, tout en en ayant besoin pour vivre. Au-delà de l'envie et de l'obsession, c'était une volonté consciente et délibérée, celle de lui enlever toutes les couches qui la composaient jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien. Orion songea à user de stratagèmes pour la faire flancher un peu plus, pour la faire plier et la dominer de tout son être. Il aurait pu partir, la laissant plantée là, sans même un au revoir. Elle aurait désiré le retenir, il le savait, parce que lui-même n'aurait pas pu vaincre l'urge de la retenir par le bras pour quelques instants de plus, quelques mots de plus. Mais il n'en était pas capable.

Il ne voulait pas partir. Il ne pouvait pas partir.

En réalité, il aurait pu rester là des heures — il y comptait — à converser, à récolter des petits bouts d'elle petit à petit, tout en douceur. Ainsi, peut-être viendrait-elle compléter une collection précieuse propre à sa personne, dont il ne connaissait même pas encore l'existence quelques heures auparavant. Orion se sentait faible. Il ne savait mettre sur le doigt sur cette force invisible qui le maintenait devant elle. Sa conscience soupçonnait que c'était ce rapprochement soudain avec son Aurore qui l'avait pétrifié un peu plus, l'avait laissé dans cet état second qui dessinait sa descente vers la folie, vers les abysses.

Sombrer. Sombrer, c'était l'art silencieux de disparaitre, comme un navire las qui, lentement, s’enfonçait dans les profondeurs d’un monde sans lumière, emportant avec lui les rêves et les regrets, mais aussi la simple volonté d'exister. C’était la chute douce d’une étoile qui abandonnait le ciel pour l’abîme, c'était une âme qui glissait entre les doigts du jour pour s'enfoncer dans les ténèbres de l'enfer. Sombrer, ce n’était pas seulement couler, c’était se livrer à l’invisible, c'était s'effacer dans un murmure, c'était ployer sous le poids de l'inéluctable.

Sombrer. C'était un verbe qu'Orion détestait et méprisait par-dessus tout. Lui, il ne sombrait jamais. Lui, il restait droit, il ne flanchait pas, il ne se courbait pas sous le désir des autres. Jamais.
Vraiment ?
Pourtant, il avait l'impression de perdre le contrôle de la situation. De sombrer vers des abysses dont l'existence lui était inconnue. L'empathie avait ce soir beaucoup plus de pouvoir sur lui qu'elle n'en avait jamais eu, le rendant presque fou à s'arracher les cheveux pour se soucier d'une gamine qu'il avait simplement aperçue au détour d'un couloir à parler à des fichus tableaux. Lui qui voulait la dominer se retrouvait à balbutier en sa présence, comme un enfant dénué de toute assurance. Orion se sentait faible. Orion avait honte. Honte, parce que quand elle hoqueta, il eût l'envie irrépressible de lui apporter du soutien d'une quelconque manière que ce soit. Honte parce que, quand elle releva les yeux vers lui, remplie de terreur, il oublia instantanément qu'elle n'aurait pu lui parler que pour raviver son passé. Honte parce qu'à la place de lever les yeux aux ciel et de s'en aller, il avait envie de la rassurer et de lui dire qu'il était là et que lui n'était ni une chimère ni un souvenir. Il en était maintenant sûr. La comparer à sa soeur, son Aurore, avait ouvert une vanne vers sa tendresse la plus sincère, la plus douce. Mais il fallait qu'il se reprenne. Vite.

Intimement, il espérait qu'elle sombrait, elle aussi. S'ils se laissaient tomber tous les deux dans les tréfonds, alors ils pourraient devenir fous à deux. Et s'il retrouvait sa sanité avant elle, alors il pourrait la laisser là, seule, et sortir la tête de l'eau en s'appuyant sur elle, en l'enfonçant un peu plus loin dans l'abîme. Et là, , il aurait gagné. Mais l'heure n'était pas à ça, parce qu'elle semblait tomber vers des abysses qu'il ne pouvait pas atteindre et où il ne pourrait pas la toucher pour l'y enfoncer un peu plus. Ses yeux transpiraient la terreur et sa voix tremblait quand elle évoqua finalement le démon qui la hantait et le regard d'Orion était rivé sur elle, imperturbable.

Il aurait aimé dire que ses paroles ne l'avait pas touché, qu'il s'en fichait et qu'il ne faisait que se délecter du secret qu'elle lui avait soufflé, lui offrant sur un plateau d'argent la fébrilité qu'il recherchait depuis ce qui lui semblait comme une éternité. Mais la vanne avait été ouverte et Orion ne pouvait plus se permettre de simplement faire semblant qu'elle ne faisaient pas vibrer les cordes de son être. Elle avait toute son attention, il ne pouvait plus l'éviter. Les yeux d'Orion se remplirent d'une peine non dissimulée alors qu'elle racontait un bout, une petite parcelle de son passé. Au fond de lui, il sentait que ce partage n'était pas anodin et il aurait à nouveau aimé pouvoir s'en nourrir pour satisfaire sa faim de savoir, de la savoir. Mais il n'osait se réjouir d'un malheur qu'il n'aurait pu supporter. Sa sœur était tout pour lui, la seule raison pour laquelle il ne s'était pas encore transformé en pierre. Son Aurore était la seule chose qui lui faisait croire en la douceur et en la beauté humaine. Si elle n'était plus là... Il n'osait pas imaginer un monde sans elle. Une demi-vie. Stella avait trouvé le mot. À quoi bon vivre dans un monde où son Aurore n'existe pas ?

Orion mourrait d'envie de lui montrer qu'il la comprenait. Il ne pouvait partager son sentiment, son Aurore était en pleine santé, mais il voulait qu'elle sente qu'il la comprenait. Je te comprends. Il espérait qu'elle l'entende. Mais les mots n'arrivaient pas à franchir la barrière de ses lèvres et il n'était plus sûr de savoir comment agir. Puisque c'était la spécialité de l'Étoile, il se sentait à nouveau démuni de ses capacités. Seuls ses yeux parlaient, criant l'expression d'une tristesse profonde. Pour la première fois de sa vie, Orion partageait les émotions de quelqu'un et il se sentait ébranlé, éventré. L'espace d'un instant, il regretta de l'avoir croisée au détour de ce couloir. Jamais, jamais il n'aurait voulu imaginer des choses aussi atroces, aussi noires — surtout pas concernant son Aurore —, mais bien au-delà de ça, il avait l'impression de ne plus être le maître de ses émotions, car elles étaient maintenant contrôlées par la brune aux yeux saphir.

Il se sentit presque égoïste quand elle rapporta le sujet vers lui. Comme quelques minutes plus tôt, il aurait aimé crier victoire et souffler quand elle avoua qu'il était déstabilisant. Mais son cœur était toujours bloqué à l'image de son Aurore dans un cercueil et il ne sut que réprimer un vague sourire quand Stella mentionna la taquinerie qui habillait habituellement ses lèvres. Il n'était capable de rien de plus, bien qu'il commençait à s'habituer à ce que l'Étoile le mette dans des états qu'il ne connaissait pas.

Orion eût l'impression que l'oxygène refaisait enfin surface dans ses poumons quand elle conclut sa phrase sur le ton de la légèreté. Il n'avait même pas réalisé qu'il avait bloqué son souffle pour s'imprégner complètement des paroles de la jeune fille et ne pas être dérangé par le bruit de sa propre respiration. Les yeux du garçon se verouillèrent dans les siens quand elle releva la tête vers lui, essayant toujours de lire à travers elle. Parce que même si son rire était aussi doux que le murmure d'une harpe oubliée, et que son nom sonnait dans sa bouche comme le dernier mot d'un rêve qu'on ne veut pas quitter, il ne pouvait imaginer qu'il n'y avait pas là une manière d'effacer ce qu'elle venait de lui avouer. Mais Orion ne voulait pas oublier.

Il lui attrapa gentiment le poignet, d'une douceur inégalée pour l'arrêter et la placer face à lui. Le chasseur du ciel. En temps normal, ça aurait suffi à le faire monter sur ses grands chevaux mais l'appellation sembla glisser au-dessus de sa tête. Il ne voulait pas chasser le ciel. Pas quand elle souffrait autant. C'était ses démons qu'il voulait chasser, transpercer d'une flèche pour qu'ils la laissent tranquille, quitte à se blesser au passage. Dans un coin de sa tête, il sentait son Aurore l'encourager.

« Stella, murmura-t-il. Je... »

Les mots semblaient rester bloqués dans sa gorge. Allez !, lui souffla Aurore.

« Je suis désolé », réussit-il à articuler après un silence.

Sa main lâcha son poignet pour trouver son épaule frêle qu'il pressa avec bienveillance — ç'aurait presque pu sonner faux venant de lui — et il lui adressa un regard et un demi sourire gorgés de sincérité.

« Personne ne devrait vivre ça. Si quelque chose arrivait à ma s- », il se coupa net, n'osant s'aventurer plus loin.

Sa sœur lui appartenait, il ne pouvait la partager avec une inconnue — l'était-elle vraiment, à présent ? Il songea un instant à finir sa phrase mais il ne pouvait se résoudre à la laisser posséder une plus grande partie de lui.

« Enfin, personne ne devrait avoir à vivre ça », finit-il, plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu, comme gêné de montrer autant d'empathie.

Orion laissa sa main retomber le long de son corps, laissant la chaleur de sa paume sur l'épaule de Stella, espérant que ça lui suffirait à laisser une trace indélébile. Sur un ton plus simple, pour qu'elle ne croit pas non plus qu'il était à sa merci, il reprit :

« Mais je suis content de n'être qu'Orion. Enfin, juste Orion, c'est quand même déjà pas mal. Je ne suis pas sûr que quelqu'un d'autre m'arrive à la cheville, pas même toi, petite Étoile. »

Il réprima un soupir de soulagement d'avoir réussi à retomber sur ses pattes, mais sa cage thoracique semblait comprimé par le poids de la culpabilité d'avoir essayé d'épousseter sa douleur d'un revers de la main. De la culpabilité ? Mais depuis quand Orion ressentait ça ? S'il le pouvait, il se serait gifler.

« Donc comme ça, je suis déstabilisant, hein ? », ajouta-t-il, sur un ton sarcastique.

Il n'aurait pas volé une seconde gifle, mais sa bouche semblait parler sans que ses idées ne se mettent en place au préalable. Affligeant, ridicule, aurait du souffler Aurore...

@Stella Ruewen, parce qu'Orion ne serait pas Orion s'il avait les codes sociaux... J'ai hâte de lire ce qui se trâme dans la tête de Stella !
1868 mots — Comment dire que je n'ai pas réussi à m'arrêter ?

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Etoile aurait volontiers céder n'importe quoi pour pouvoir lire ce qui se passait dans l'esprit du garçon qui marchait à côté d'elle. Ils étaient proches, une distance respectable entre deux humains. Quelques centimètres, suffisant pour sentir la chaleur de l'autre mais pas assez pour qu'ils ne se frôlent. La proximité mais pas le contact ; la présence mais pas l'invasion ; la distance mais pas l'effacement ; le toucher sans toucher. C'était suffisant pour la petite. Elle n'avait jamais été friande de contact, et il n'était pas rare que le toucher d'autrui la dérange voire la contrarie, lui donne envie de se dégager et de s'éloigner.

Son corps était quelque chose de sacré, son temple. Et en tant que prêtresse elle était la seule à pouvoir choisir que faire d'elle, comment décorer son autel. La petite gardait jalousement les secrets de sa peau, des marques sur ses bras – vestiges de vieux combats contre d'anciens démons qui avaient bien faillis l'emporter sur elle – et de l'histoire gravée sur son corps. Chaque blessure, chaque cicatrice, chaque déformation, chaque défaut représentait à ses yeux un trésor, les joyeux d'une collection qui renfermaient des fragments de vie. A chacun elle pouvait relier un souvenir, une personne, une douleur, un instant suspendu. Et elle faisait à ces mémoriaux avec tous les honneurs, trop respectueuse de l'Existence pour oser lui reprocher ces défauts. En un sens, elle était responsable de chacun d'eux, elle aurait pu les lister, conter leur histoire à chacun. Ses pensées dérivèrent vers Orion, vers ce Chasseur du Ciel qui s'était révélé doux sous son sourire narquois, gentil dans ses mots sous ses paroles acides, attentif sous son regard blasé. Que penserait-il des histoires qu'elle pourrait conter à partir de la cartographie de son corps ?
Son corps était un ciel étoilé, couvert de constellations et de planètes. Chaque astre qui brillait sur elle cachait des merveilles, des galaxies de réminiscences et d'images maladroitement dessinées, aux contours flous. Si l'Histoire se retraçait avec des Noms, l'histoire de cette Etoile pouvait se lire dans le ciel, se déchiffrer dans les étoiles. De nouveau, ses pensées dérivèrent vers Orion. C'en était presque agaçant de constater la facilité avec laquelle son esprit était distrait par le garçon, la poussait à s'interroger sur lui. Qu'arriverait-il à lire si elle lui présentait son ciel ? Y retrouverait-il sa propre constellation ? Comptait-il l'ajouter sur sa peau ? A cette pensée, son estomac se retourna. Non, elle était guérie et elle se l'était promis. Jamais plus elle ne graverait son histoire dans sa chair, jamais plus elle ne ferait saigner l'Univers.

Son corps méritait mieux que ça. Surement. Aydan n'aurait pas aimé savoir que sa vie s'était arrêtée à la place de celle de sa sœur et qu'elle avait décidé d'abîmer ce qu'il avait sauvé au détriment de son existence. Était-ce pour cela qu'inconsciemment elle avait tendance à repousser les Autres ? Parce qu'ils n'avaient pas le droit malmener ce corps qui était le sien ? Elle faillit partir dans un grand rire sarcastique. Qu'elle hypocrisie de justifier son comportement de la sorte, elle qui avait trouvé du réconfort en traçant de belles arabesques sur sa peau blanche, immaculée. Le rouge sur le blanc. Le sang sur la neige. Sa vision vacilla, elle sentit un éclair de douleur dans sa tête puis tout redevint normal. *Non, non, non, non !* Quand pourrait-elle enfin laisser partir cet accident ? Quand son corps comprendrait-il que ce qu'il ressentait n'était rien d'autre qu'une douleur fantôme, un mirage destiné à lui faire perdre la tête ?
Mais peut-être était-ce Aydan qui refusait de lui accorder le repos tant qu'elle n'aurait pas fait son deuil.

Comment faire le deuil d'un être qu'on a toujours connu ? Il n'existait – malheureusement – pas de manuel pour ça, la fillette qu'elle était à l'époque s'était renseignée, désespérée.

Quand Etoile avait relevé la tête vers Orion, elle s'était attendue à y découvrir de la pitié.
C'était toujours la même chose, dès qu'elle mentionnait Aydan – ce qui était normalement assez rare, mais il semblait que ce Chasseur ait un certain talent pour la faire se dévoiler – les Autres changeaient de regard sur elle. "Pauvre petite, Comment tu te sens ?, Je suis désolé(e). A quoi bon ? Elle ne voulait pas de leur pitié, ni de leur fausse inquiétude ou de leurs excuses. Aydan était parti, ça ne servait plus à rien de se lamenter.
Pourtant, dans le noir intense des prunelles du garçon, rien de tout cela. Seulement une tristesse infinie. Pas de larmes – la petite doutait qu'Orion soit le genre à beaucoup pleurer – mais plus que ce que des mots auraient pu lui dire. Elle se sentit absorbée par le noir intense de ses iris, si intense qu'il lui donnait le tournis. Tout chez lui semblait lui provoquer un vertige incompréhensible, indescriptible.
Il était arrivé sans prévenir, sans crier gare, sans s'annoncer. Il n'avait pas toqué à sa porte et attendu qu'elle lui réponde comme la plupart des Semblables, non. Il avait d'abord percé la Nuit avec adresse et insolence, s'était frayé un chemin jusqu'à elle. Puis, lentement mais surement, il avait préparé son coup. Elle avait commencé par le haïr, puis elle l'avait méprisé. Malgré tout elle avait presque aussitôt eut l'envie déroutante de le connaitre. Elle lui avait arraché un sourire et avait eu la sensation d'avoir tout gagné. Et, pour sa plus grande surprise, lui aussi lui avait extirpé un sourire. Puis il n'avait même pas pris la peine de toquer, il avait simplement tout fracassé. Avec violence, il avait simplement défoncé les battants, tordu les verrous et les brisé les gonds.

Et c'est comme ça que, sans qu'elle s'en rende compte, cet Enfant du Ciel avait fait irruption partout. Dans sa vie. Qu’est-ce qui est ridicule ? Dans sa tête. Peux-tu m’apprendre à apprécier la nuit ? Dans son identité. Je m’appelle Orion. Orion, la constellation. Stella, l'étoile. Mais avait-elle seulement envie d'être un morceau de lui ? Oui, lui murmura une petite voix malicieuse dans un souffle.

Une pression chaude sur son poignet, l'ordre sous-entendu de s'arrêter. Etoile se figea et pivota, laissant le garçon la faire bouger à sa guise. Surprise mais pas aussi agacée qu'elle l'aurait été avec un autre Semblable, la petite baissa brièvement les yeux, observant la main d'Orion qui s'était emparée de l'extrémité de son bras. De nouveau, le geste n'était pas dominant, ni agressif. Il ne lui avait même pas fait mal en lui intimant silencieusement de s'arrêter, il l'avait fait d'une simple inflexion du poignet. Et son geste avait été...doux. La petite décela une nuance de tendresse qu'elle ne lui aurait pas imaginé. Puis elle revit son bras se tendre simplement avec le pull. Silencieuse, elle remonta son regard sur lui, cherchant à le décrypter autant qu'elle cherchait à se décrypter elle. Pourquoi l'avait-elle laissé la toucher, elle qui ne supportait pas qu'on envahisse son espace vital ?
L'entendre prononcer son prénom avait une saveur surprenante. Elle qui préférait ne rester qu'une ombre elle avait osé confier son Nom, elle lui avait cédé un moyen de la contrôler, de la posséder. Je suis désolé.

Son cœur se contracta douloureusement. Elle ne voulait pas de ses excuses, elle ne voulait pas qu'il la prenne en pitié. Et dire qu'elle l'avait pensé diff- La suite la laissa sans voix. Ainsi donc le Chasseur avait une sœur – du moins c'était ce qu'il avait faillis échapper avant de se rattraper in extremis. Presque blessée de retrouver la sècheresse dans sa voix, Etoile essaya de se concentrer sur le vestige de l'empreinte de sa main – qu'il avait délicatement posée sur son épaule. Pas même toi, petite étoile. Elle esquissa un sourire. Son cœur avait retrouvé sa forme normale.
Sa dernière réplique, qu'il lança sur un ton vacillant entre la raillerie et l'ironie, se fit sentir comme un coup de feu. Les deux enfants s'observèrent un instant, puis, sans prévenir, la fillette sentie un rire lui chatouiller les lèvres. Elle essaya – vainement – de le retenir à la bordure de sa bouche, mais elle ne put le museler plus longtemps et elle le laissa avec soulagement passer la barrière de ses lèvres. Son rire n'était pas méchant, et elle ne voulait pas se montrer méchante. C'était un simple rire, sincère, spontané, qui lui venait du cœur. Cristallin, bref, rare. Car si la petite Aigle ne riait pas souvent, elle collectait chacun comme une pierre précieuse qui trouvait sa place dans sa collection de merveilles.

Orion avait de nouveau trouvé un moyen de s'ancrer en elle, dans sa mémoire. Elle espérait simplement que son éclat de rire n'allait pas lui donner étrange. Qui s'esclaffait dans un couloir sombre avec un inconnu à qui l'on vient de raconter la mort de son frère ? Personne, probablement.

Tu serais surement surpris de la force avec laquelle la petite Etoile peut briller, s'amusa-t-elle en souriant, une petite fossette en coin. En tout cas c'est bien la première fois qu'on me fait rire après que j'ai parlé d'Aydan mais... J'imagine que, où qu'il soit, il préfère me voir rire.

Sa joie s'évapora. Que s'était-il passé ? Pourquoi diable lui avait-elle raconté tout cela ? Comment l'avait-il convaincue de lui confier quelques bribes de son histoire ? L'utiliserait-il contre elle ? Intimement, la petite était certaine que non. Oh, elle ne doutait pas qu'il aurait adoré se délecter de la voir se démanteler face à lui, mais elle avait senti son regard. Elle avait senti sa présence. Son attention. Pendant ces quelques minutes, elle en était certaine, il n'avait existé que pour elle.

Déstabilisant ? reprit-elle rapidement, désireuse de conserver le monopole de la parole. J'ai dis ça moi ? Hm, possible... Tu as une sœur, n'est-ce pas ?

Elle connaissait déjà la réponse à la question, mais ce n'était pas cela qui l'intéressait. Elle voulait qu'il lui parle d'elle, qu'il s'ouvre, qu'il lui livre un morceau de lui. Elle en avait déjà bien trop dévoilé, et elle ne souhaitait pas que leur jeu – quelle qu'en soit la nature – prenne fin si vite, elle ne le supporterais pas. Pas tant qu'elle n'aurait pas gagné. « Je suppose qu'elle est...plus jeune ? » réfléchit-elle à voix haute, gardant un œil discret sur lui. « Et si tes parents ont suivi la même logique pour son prénom, j'imagine que ça tourne autour du ciel également...peut-être Cassiopée ? Ou bien Diana ? » Elle aurait presque aimé qu'il l'interrompe, lui oppose une résistance. « Voyons.... Séléné ? Luna ? Aurore ? Céleste ? »
Tout en parlant, Etoile reprit sa marche. Voulant s'assurer que le garçon la suive, elle glissa sa main dans la sienne et l'entraina à sa suite.

Il était temps qu'elle joue son jeu. Il perdrait – sans même s'en rendre compte – et elle pourrait ne conserver de lui qu'un Nom et un Visage. Elle emprisonna le noir de ses yeux dans le bleu des siens, le sondant à travers ses cils d'ébènes. Si elle coulait, il coulerait à ses côtés. Elle chercha dans ses prunelles les Mots qui lui permettrait de le cerner.
Et là, elle le vit. Son désespoir, similaire à celui qui la rongeait.

Tu veux me connaitre, n'est-ce pas ? souffla-t-elle presque d'un ton doux, presque victorieux, tout en essayant d'ignorer son propre trouble. Et tu détestes ça...




@Orion Blackburn, il semblerait que Stella soit persuadée d'avoir trouvé le point sensible d'Orion
(je me demande où cette intrusion la mènera, gare à elle)
~1901 mots, essayons de ne pas y prêter trop d'attention

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Elle eût la réaction la plus comique, mais surtout la plus inattendue. Elle... rit ? Ce rire, il l'avait vu venir : ses lèvres s'étaient pincé, essayant de le contenir, mais son amusement devait être bien trop fort parce qu'il franchit la barrière de ses lèvres. Ce n'était pas un rire comme les autres, c'était un rire sincère, vrai, qui venait du cœur. D'ordinaire, ce n'était pas les autres qu'Orion cherchait à amuser, plutôt lui-même. Il éprouvait un certain plaisir à se moquer, mais ce n'était pas un bouffon — il n'était pas là pour divertir. Et la réalité était qu'il n'avait même pas cherché à la faire rire. Il avait simplement voulu s'extirper de la tristesse de la jeune fille pour retrouver un semblant de contrôle sur son propre corps et ses émotions. Jamais, au grand jamais n'avait-il voulu qu'elle rit. Au mieux, il aurait voulu qu'elle soit gênée, mais pas amusée. Pourtant, il ne lui en voulut pas ; il ne se sentit pas insulté, la douceur de son rire cristallin ne pouvant le laisser blessé, mais il dut simplement s'avouer que sa réponse était cocasse, voire grotesque. Par Merlin, qui donc faisait une blague — si elle avait ri, il se devait de considérer ses bredouillements ainsi — après avoir entendu le récit de la mort d'un être cher ? Mais Stella avait tout de même ri, et Orion ne savait pas réellement quoi faire de ce rire. Il se demanda un instant s'il devait le capturer, le collecter au cas où il pouvait être une rareté, ou bien encore le faire taire. Comment ? Il n'était pas encore sûr. Mais il finit par le laisser glisser, simplement et doucement dans le silence des couloirs déserts. Il virevolta, caressa ses oreilles et alla s'éteindre un peu plus loin, là où personne ne pouvait plus s'en emparer, pas même lui, pas même l'Etoile. Et Orion n'en fit rien, il ne le partagea même pas — impossible pour lui de rire de lui-même, et même Stella ne pouvait pas le faire agir de la sorte. Mais il l'ancra dans sa mémoire. De ça, il ne pouvait plus se défaire : elle était comme une lame qui entrait dans sa peau pour laisser sa trace, par surprise et sans aucun état d'âme.

Il voulait la trouver menaçante mais il ne savait trop si c'était son rire ou sa manière de répondre en souriant qui semblait le faire oublier l'épée de Damoclès qui pendait au-dessus de sa tête, attendant de le transpercer pour faire exploser tous ses secrets hors de lui. J'imagine que, où qu'il soit, il préfère me voir rire. Et lui aussi. Il préférait ses rires à sa tristesse, ce qui était une première pour l'écossais. Trop proche, trop proche. Elle était trop proche. Comme un loup, elle avançait à pas de velours pour creuser une tannière au creux de son cerveau. Mais à quoi bon lutter, puisque cela semblait la faire sourire ? Elle avait raison, il n'arrivait pas à imaginer à quel point elle pouvait briller mais il avait envie de le découvrir. Ses yeux brillaient presque en la regardant. Elle dont il avait d'abord ri, en la voyant injurier des tableaux stupides, puis dont il avait été blessé, quand elle le catégorisa comme incapable d'apprécier les silences et les ombres offerts par la nuit, et qui l'avait ensuite rendu fou, le faisant souhaiter de la dépecer de tout ce qui la composait afin de pouvoir s'en servir à sa guise, et enfin, elle qui lui donnait envie de chercher où se cachait son étincelle. Parce qu'il avait beau connaître sa tâche d'ombre, il savait que rien n'était plus puissant que la lumière. Voulait-il seulement encore éteindre sa lumière ? Non, mais je ne risque rien à l'avoir en option. Du moins, c'est ce qu'il pensait jusqu'à ce qu'elle fasse mention de sa sœur, son Aurore.

Orion pouvait compter sur les doigts d'une main les choses auxquelles il tenait. Il y avait un livre, renfermant des années de souvenirs et de parfums. Dans ses pages tronaîent des centaines de fleurs séchées qu'il avait soigneusement pris le soin de cueillir, puis d'enfermer dans ses pages pour que leur beauté persiste pour l'éternité. Au fil des années et en grandissant, il avait annoté les pages pour qu'elles renferment des parts de lui, de sa mémoire et qu'il puisse dater les moments de paix qu'il avait pu ressentir, seul avec ses pensées et Mère Nature. Il y avait également ses chaussures de danse ; des années de sa vie qu'il avait passées dans un studio, à se discipliner, à donner son être à un sport exigeant mais qui réussissait à changer sa perception du monde. Quand il dansait, il exprimait des émotions qu'il ne dévoilait jamais ; seul lui et son miroir — et parfois son professeur — étaient capables de voir la réelle personne qui se cachait sous ses traits froids et son sourire moqueur. Il y avait aussi un dessin. De bêtes traits de crayon que, si vous y jetiez un coup d'œil, vous trouveriez grossiers tant ils étaient brouillons et, pour ainsi dire, plutôt affreux. Mais c'était de la main de son Aurore, alors il ne pouvait se résoudre à ne pas les trouver magnifiques. Une représentation approximative des deux enfants, proches, heureux, aimés et aimants. Et puis, finalement, il y avait elle, son Aurore, sa sœur, son humanité, sa douceur et la seule raison pour laquelle il y a du réel bon en lui. Son seul réel point faible, c'était elle. Elle était sienne, personne n'avait le droit d'y toucher à part lui.

Et Stella s'aventurait sans aucun doute en terrain dangereux. Des ailes lui poussaient mais elle volait trop près du Soleil, et bien que la Lune était leur seul témoin, il fallait qu'elle fasse attention à ne pas se brûler. Orion sentit une veine battre dans sa tempe ; comment osait-elle parler d'elle ? Ce n'était pas parce qu'elle l'avait laissé voir dans son propre passé qu'elle avait le droit de creuser dans son présent à lui. Rien ni personne n'avait le droit de mentionner son Aurore. Encore moins s'il ne la connaissait pas. Certes, il avait presque fait l'erreur de la libérer, en la donnant à Stella. Mais il ne l'avait pas fait.

Le regard d'Orion durcit aussitôt, son cœur se serrant en imaginant son Aurore se faire malmener par la brune. Il sentit tous ses muscles se tendre sous sa peau, prêts à riposter à la moindre menace, bien que son Aurore n'était pas là et ne risquait rien. Il dut même se faire violence pour ne pas pousser l'Etoile au sol quand elle commença à insulter sa sœur de noms qui ne la représentaient pas. Les yeux d'Orion étaient à présent noirs ; elle venait probablement de tirer sur sa corde la plus sensible sans même s'en rendre compte, mais elle n'allait pas pouvoir s'en sortir indemne, il s'en assurerait. Le garçon ne put s'empêcher de la trouver odieuse quand elle noya le prénom de sa sœur parmi d'autres Comme s'il n'était pas intéressant, comme s'il était banal, comme si... Comme si...

Le petite main de l'Etoile vint trouver la sienne. Orion baissa ses yeux encore imprégnés de colère, son visage encore tordu par la stupeur, et regarda leurs doigts entrelacés. Il hésitait entre lui tordre les phalanges ou le poignet. Pourtant, il se laissa simplement entraîner par elle. Elle se trouvait peut-être maligne, à essayer de le bousculer aussi violemment mais Orion n'était pas dupe. Parce qu'elle avait laissé la porte ouverte en parlant de son Aydan, elle se pensait avoir acheté un passe-droit pour toucher à son bien le plus précieux ? Elle ne savait pas dans quoi elle venait de mettre les pieds, mais Orion mit un point d'honneur à ce qu'elle le découvre, peu importe la manière. Il releva ses yeux sombres vers elle, calmé, la respiration neutre alors même qu'il n'avait pas remarqué qu'il soufflait comme un buffle.

Tu veux me connaitre, n'est-ce pas ? Absolument pas. Et tu détestes ça... Il se sentit stupide de n'avoir ne serait-ce qu'hésiter à l'idée de laisser sa lumière allumée. Certes, elle avait eu toute son attention. Il voulait même qu'elle le libère, il y a quelques instants à peine. Mais c'est le problème avec ce genre de choses ; elles sont éphémères, fragiles. Tout était clair, à présent : s'il finissait par la connaître, ce ne serait que pour mieux l'écraser. Et elle, elle n'aurait rien de lui. Pas un soupçon, pas une pincée de qui il était. Ses yeux scannèrent le sourire qui arborait ses lèvres, confiant — trop confiant — , doux mais surtout naïf. Alors, elle essayait de le sonder avant qu'il ne le fasse ? Orion se surprit à apprécier ce sourire présomptueux puisqu'il le liait à ce jeu qu'elle essayait de jouer. Stella pouvait essayer de s'inventer ses propres règles, mais elle n'était pas au courant qu'Orion avait une longueur d'avance. Orion avait toujours une longueur d'avance.

Les lèvres du garçon dessinèrent un sourire en coin, joueur. Tu veux jouer ? On va jouer. Il pressa gentiment sa main qu'elle avait saisi, se délectant de la douceur de sa peau, aussi fragile que son hôte.

« Oh, ma Stella, dit-il avec une pointe d'amusement dans sa voix. Je te connais déjà, tu t'es déballée devant moi sans même que je fasse le moindre effort. C'était presque trop facile. Tu penses que je déteste ça ? »

Ma Stella. Orion se félicita ; c'était comme s'il l'avait obligée à lui appartenir. Si elle voulait être l'étoile qui composait sa constellation, il ne lui laissait en revanche plus le choix. Il pencha sa tête sur le côté, la scrutant avec intensité. Puis il la stoppa nette avec un simple coup de poignet. Même si elle se débattait, il restait plus massif et fort qu'elle, elle n'aurait pu s'échapper de son emprise.

« Et tu penses me savoir, en citant des noms à la pelle ?, demanda-t-il hautainement. J'ai une sœur, c'est vrai. Mais tu penses qu'en noyant son prénom parmi tant d'autres, tu lui fais honneur ? Elle mérite mieux, je trouve. Tu n'aurais pas aimé que je continue d'appeler Aydan par des prénoms aussi insignfiants que Bob ou Will, si ? »

Il approcha son visage du sien, les yeux ardents à l'idée de pouvoir un peu plus plonger dans ses iris bleutées, pour essayer de lire n'importe quoi qui puisse la faire flancher un peu plus, lui faire courber l'échine jusqu'à ce qu'elle se sente minuscule. La distance entre leurs deux regards étaient respectables, rien d'indécent, mais il sentit tout de même sa respiration se mêler avec la sienne. Ç'aurait été mentir de dire qu'il ne sentait pas un peu déstabilisé par leur proximité, lui qui aimait toujours être à distance des autres. Mais la relation qu'il avait développé avec Stella depuis le début de leur rencontre l'avait assez secoué pour qu'il se défasse de ses habitudes. Perdu pour perdu...

« Allons, avouons-le. Tu me trouves déstabilisant, tu l'as déjà avoué. Tu veux savoir qui je suis ? Tu veux me découvrir autant que j'en ai envie, avoua-t-il tout en lui forçant la main. Seulement, tu n'oses pas encore avouer que je te sais mieux que toi tu ne me sais, et ça te fait peur. »

Orion éloigna son visage, se sentant lui-même pris de vertiges de part le faible espace qui les séparait ; son cœur battait la chamade alors même qu'il était celui qui avait créé cet espace propice à perdre toute sanité. Sa main lâcha sa grippe un peu plus intense autour de ses doigts, s'autorisant à caresser le dos de sa main de son index avec grâce.

« J'avoue que j'aurais apprécié plus de finesse de ta part, pour le coup, ricana-t-il. Ma pauvre petite sœur... Cassiopée ? Luna ? Pour accompagner un chasseur ? Je ne sais pas, j'avoue que j'aurais préféré autre chose. Mais je suis peut-être un peu difficile, tu as raison. »

@Stella Ruewen, j'ai eu un réel plaisir à écrire cette portion de l'histoire, j'espère que tu en seras aussi satisfaite ! Encore une fois, Stella l'a fait passé par mille-et-une émotions...
2009 mots — sans commentaire...

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Depuis le départ d'Aydan, Stella avait perdu l'étincelle qui l'avait toujours animée.
Ses sourires s'étaient raréfiés, ses éclats de rires spontanés s'étaient faits de plus en plus espacés – jusqu'à éventuellement disparaitre – et la joie qui peignait habituellement son visage s'était fondue en un masque neutre, terne, insipide. A quoi bon vivre si on n'a pas mérité cette vie ? Telle était la manière dont la petite appréhendait la Vie qu'elle avait gagnée. Même Charlie – son meilleur ami, qu'elle connaissait depuis des années – n'avait pas réussi à lui redonner le goût de la vie. Et ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais la petite Ruewen s'était tout simplement fermée au bonheur. L'Etoile s'était éteinte d'un coup et ne s'était plus jamais rallumée, comme retenue dans l'obscurité par une force malveillante. Comme anesthésiée, elle ne ressentait plus rien. Les aliments n'avaient plus de saveur, les couleurs plus de variantes, les sons plus de subtilité et les autres plus d'intérêt. C'était à ce moment de sa vie qu'elle avait commencé à considérer les choses avec des majuscules et c'était ainsi que les autres n'étaient plus plusieurs "un", ils étaient devenus une masse. Les Autres, les Semblables, les Individus. Toutes les sensations s'étaient étouffées pour ne laisser qu'un gouffre de culpabilité et de tristesse infini.

Désespérée, la fillette avait cherché par tous les moyens possibles à se ranimer, à ressentir de nouveau les choses. Rien ne semblait marcher. Sa lettre pour Poudlard avait peut-être réussi à la faire clignoter, mais la faible lumière qu'elle avait émise s'était vite perdue dans le noir.
Pourtant, Poudlard avait tout de même été la réponse.

Se perdre dans la Foule l'aidait à s'oublier elle-même, et essayer de décortiquer les Autres était un passe-temps qui la maintenait éveillée, attentive. Elle en était venue à chercher le visage de son frère dans les traits des Inconnus, à guetter un éclat de voix qui lui rappellerait celui de l'être disparu, à prier pour retrouver le garçon dans ses interactions avec les Autres. Ce manège la gardait consciente, attachée au Monde. Et surtout, il lui permettait de s'accrocher à quelque chose, de trouver un intérêt nouveau à la vie qu'Aydan lui avait offerte. Mais plus que ça, c'était le frisson du danger qui l'aidait à reconstruire sa lumière. Tout ce qui lui permettait de ressentir quelque chose était le bienvenu – sortir dans les couloirs la nuit par exemple – et la sortait de sa torpeur habituelle. Désespérée de vivre, elle aurait fait n'importe quoi pour s'accrocher à l'étincelle qui la chatouillait dès qu'elle se mettait en danger. Elle était addicte, et la Vie était sa drogue.

Alors évidemment, Orion représentait à ses yeux un Etre rare.

Il l'intriguait autant qu'il l'agaçait. Il la perturbait autant qu'il l'amusait. Mais surtout, il avait une odeur de danger et un regard qui ne présageait rien de bon. Cet Enfant de la Nuit avait-il été envoyé par le Diable pour l'amuser un peu ? Ou bien la conduirait-il à sa perte ? Quoi qu'il en soit, Etoile avait envie de voir jusqu'où il la laisserait aller. Elle voulait le pousser au bord, l'amener tout près du précipice, à la limite de la chute. Puis voir comment il allait réagir. Son arme était les Mots, pas les gestes. Il ne la blesserait pas physiquement, elle en était certaine – peut-être même qu'elle était trop confiante sur ce point – mais elle ne craignait pas la violence verbale. Il ne pourrait jamais la blesser, elle-seule en avait le pouvoir.
Enfin...elle, et le Fantôme.

Son sourire en coin contredisait la douceur avec laquelle il pressa sa main. *Tant mieux* songea-t-elle avec fougue. Elle n'avait pas envie de plus s'attacher à lui. Il fallait que ce soit lui qui s'attache à elle et veuille la connaitre, pas l'inverse. Sa voix se faufila jusqu'à elle, telle un serpent qui glissait silencieusement dans l'herbe. Ma Stella. Quelle mouche l'avait piqué ? Perplexe, elle se retint de froncer les sourcils. Elle ne lui appartenait pas, pour qui se prenait-il ? Elle n'eut pas plus le temps de réfléchir, de nouveau il la força à s'arrêter. Mais contrairement à plus tôt, ce geste se voulait ouvertement dominant. Furieuse qu'il essaye d'assoir sa supériorité sur elle, la petite se débattit brièvement avant de reconnaitre malgré elle qu'il était plus fort – et ce n'était pas sa carrure plus frêle que la plupart des filles qui allait l'aider à se détacher de sa poigne. Abandonnant la lutte, elle releva le visage vers lui, les yeux brillant de défiance. Il approcha son visage du sien et elle se força à ne pas reculer. Leur respirations se mêlaient – elle respirait son air et il respirait le sien – et leurs regards s'affrontaient. Leurs corps uniquement reliés par la poigne d'Orion sur celle de Stella – mais n'était-ce pourtant pas elle qui avait pris sa main ? – ils étaient aussi proches que c'était possible sans se toucher. Ils se frôlaient à peine, mais la petite sentait la chaleur du garçon sur elle. Tu veux me découvrir autant que j'en ai envie. Elle serra les dents.

J'ai peur de rien ni personne, grommela-t-elle dans un souffle.

Enfin, il écarta son visage du sien et la fillette retrouva la vue. Ce ne fut que lorsqu'il disparut qu'elle réalisa que pendant quelques secondes, son seul horizon avait été la vue de ce visage déchiré par la colère, ces yeux noirs brillants d'arrogance et d'une violence contenue, ce parfum sauvage, étouffant. Oh comme elle le haïssait. Il libéra sa main de la force avec laquelle il l'écrasait et laissa son doigt courir sur sa peau.

La petite ne s'était jamais sentie si vivante, même si elle aurait préféré mourir plutôt que devoir lui faire cet aveu. Certes, elle s'était plus dévoilée que lui, et alors ? La colère lui brouillait la vue, son sang battait dans ses tempes – tant et si bien qu'elle n'entendit pas la suite. Ainsi il prétendait pouvoir lui faire peur ? La menacer ? Cette pensée était si ridicule qu'elle retint difficilement un rire moqueur. Il ne possédait rien d'elle, il pouvait rien utiliser contre elle. Et s'il pensait le contraire, c'est qu'il était stupide. Or Orion lui apparaissait tout sauf stupide – mais bon, beaucoup d'Autres l'avait déçue avant lui, il ne serait pas le premier et certainement pas le dernier. N'arrivant pas à croire ce qu'elle avait entendue, Etoile, aurait pu trembler de rage. « Tu ne sais rien de moi » cracha-t-elle en détachant chacun de ses mots, le regard flamboyant. D'un geste sec, elle arracha sa main à la prise du garçon, sans le lâcher des yeux. « Tu penses que tu peux me faire peur ? Alors que tu as réagis comme un animal effrayé quand j'ai simplement évoqué ta petite sœur ? » poursuivit-elle en s'approchant, les yeux plissés, le forçant à reculer vers le mur s'il ne voulait pas qu'ils se parlent littéralement nez-à-nez. « Réfléchis, qui de nous deux a peur de l'autre ? Je t'ai confié la mort de mon frère sans sourciller alors que tu as souhaité me faire taire quand j'ai juste parlé de ta sœur, sans rien connaitre d'elle. » continua-t-elle lentement, ivre de colère. Il était très proche du mur.

Si elle venait à avoir peur de lui, ce ne seraient ni le noir de ses yeux, ni ses répliques acerbes, ni ses mimiques goguenardes, ni sa volonté de dominer qui l'aurait poussée à le craindre. Ce serait parce qu'il aurait malgré tout réussi à se faire un place dans sa vie, dans son cœur. Plus on aime et plus on a à perdre, la Vie le lui avait parfaitement bien enseigné. *Message reçu, ne t'attache à personne*

Rassure-toi, ta sœur ne m'intéresse absolument pas, reprit-elle avec dédain. C'est toi que je veux savoir.

A ce stade, elle ne perdrait rien à l'admettre ouvertement. Et puis, elle n'avait pas menti. Sa sœur n'avait aucun intérêt à ses yeux, alors que lui, Orion, était un mystère dont elle mourrait d'envie d'extirper les secrets. Elle réalisa soudain qu'elle ne connaissait même pas sa Maison – même si elle aurait parié n'importe quoi sur Serpentard. Ses pensées n'avaient plus de sens et plus d'ordre, elle ne savait plus quoi penser. Comment avait-elle pu songer un seul instant que ce Chasseur aurait pu essayer de la dompter ? Elle, ce chat sauvage, ce félin au poil sombre et aux yeux d'océan, cette bête farouche. « Déstabilisant n'est pas égal à effrayant » siffla-t-elle dans un son proche du feulement. « Tu me fais autant peur que je te fais peur. » Avec cette comparaison elle reconnaissait peut-être qu'elle n'était pas effrayante, mais lui faire peur n'était de toute manière pas son but. « Tu cherches juste désespérément à avoir le contrôle sur moi. »

Pourquoi, ça la petite n'aurait su le dire. Qu'avait-elle de si menaçant à ses yeux ? Pourquoi voulait-il la connaitre à ce point, alors qu'elle n'était qu'une pauvre épave qui s'accrochait tant bien que mal aux flots de la Vie ? Ça n'avait pas de sens. Et pourquoi diable cherchait-elle à cultiver cet intérêt, à le garder vif et brûlant comme une flamme ?
Et soudain, elle comprit. Horrifiée, elle aurait pu tomber à genoux là, maintenant.
Son intérêt pour elle la rassurait, lui faisait plaisir. Une fois n'était pas coutume, la petite avait envie de sentir que quelqu'un avait envie de la connaitre jusqu'au noyau, de la décortiquer, de la découvrir dans les moindres détails. Un Visage parmi les Autres, voilà ce qu'elle voulait être. Mais saurait-il la reconnaitre au Soleil alors que la Lune seule était la témoin de cette rencontre insolite ? *Peu importe !* se reprit-elle. Il ne fallait surtout pas qu'elle continue d'être rassurée par cet intérêt, sans quoi il aurait un moyen de pression sur elle. Mais qu'en ferait-il ? Aucune importance, elle ne voulait surtout pas le découvrir.

Pourquoi ? demanda-t-elle brusquement en attrapant son col, ses prunelles bleues plantées dans ses iris noires. Qu'est-ce que tu y gagnes, toi, à me savoir, à me contrôler ?

Elle l'avait poussé légèrement et elle craignit un instant qu'il ne se soit cogné l'arrière de la tête sur le mur de pierre contre lequel il était à présent adossé. Elle chassa bien vite cette pensée, trop préoccupée par sa réponse. Suspendue à ses lèvres, elle en oublia presque sa colère. *Pourquoi ? Pourquoi veux-tu me connaitre ?* Et elle savait, au fond, qu'elle ne voulait pas être déçue par sa réponse. Elle savait qu'il avait à cet instant un pouvoir total sur elle, mais elle s'en moquait. Elle avait besoin de savoir. Pourquoi. Ce mot la taraudait, hantait son esprit, prenait toute la place dans sa tête. Pourquoi. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ! Pourquoi avait-il soulevé chez elle cet intérêt ? Pour avait-elle soulevé chez lui un intérêt ? Ça n'avait absolument aucun sens. Elle n'était rien. Insignifiante. Un brouillon inachevé perdu dans une Oeuvre.

Elle le lâcha doucement, lentement, sans le quitter des yeux.

Pourquoi ? Je ne suis rien, personne. Tu n'as rien à gagner en me connaissant, seulement plus à perdre, grogna-t-elle d'une voix rauque. Même le Chasseur que tu es ne pourra m'attraper, je suis trop sauvage.

Et pourtant, la chasse la faisait se sentir vivante. Etrange. Sauvage, solitaire, méfiante. Un animal pris au piège, voilà comment elle se sentait depuis qu'Aydan était partie. Elle avait toujours été sauvage, mais jamais aussi farouche. Elle repensa aux mots qu'il avait employés plus tôt pour se moquer d'elle. Un chat errant. Il n'aurait pu mieux la décrire, il fallait le reconnaitre. « Et si tu veux me savoir à ce point, prépare-toi, parce que j'ai des griffes et des crocs et je sais m'en servir. » S'il s'attendait à une humaine saine d'esprit il aurait dû passer son chemin. L'Etoile était folle, et il sombrerait avec elle dans sa folie.




@Orion Blackburn le cœur de ma Stella fait des montagnes russes, j'ose espérer qu'Orion saura comment lui éviter l'arrêt cardiaque.
~1992 mots, je n'ai rien à dire

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
La peur. C'était un mot qu'Orion utilisait rarement, voire jamais. La seule chose qu'il craignait, c'était que quelque chose arrive à sa petite sœur. Mais il la protégeait, comme il le pouvait, de loin, de près. Tout ce qu'il pouvait mettre en place pour sauver son âme, il le faisait. Et il était fier qu'elle soit en sécurité, grâce à lui. Elle ne pleurait jamais, son Aurore, elle n'avait jamais peur. Alors, Poudlard avait peut-être représenté un obstacle à sa protection, mais il lui avait donné toutes les armes pour qu'elle se défende — elle avait de la répartie, de la joie, elle était sociable, quasi tout ce qu'Orion n'était pas pour qu'elle puisse épargner son existence fragile. Il lui donnait tout, de manière désintéressée et sans aucune hésitation. Il lui avait expliqué comment répondre aux autres pour se mettre sur un piédestal, qu'il fallait parler aux gens si on ne voulait pas se sentir seul, qu'elle était belle, intelligente, et que c'était des raisons pour lesquelles tout le monde voudrait son bien. Et sa lumière était telle que tout le monde adorait sa sœur ; toute sa famille pensait qu'elle était un ange tombé du ciel, et elle était entourée d'une multitude d'amis — bien qu'Orion les appelait plutôt suivants — qui lui léchaient le cul pour pouvoir ne percevoir qu'un faisceau du feu qui l'animait. Elle était en sécurité, au chaud, dans une étreinte qu'il avait construit lui-même, brique par brique, pour que des murs invisibles la protège des menaces extérieures.

Alors, Orion, forcément, n'avait pas peur. Son Aurore ne pouvait souffrir, de là où elle était, et les mots de la brune ne pouvait pas l'atteindre, il s'en était convaincu en essayant de se calmer. Pourtant, c'était Stella qui s'efforçait de prouver qu'elle n'avait pas peur. Était-ce seulement ce qu'il souhaitait lui inspirer ? Peut-être. Peur de rien ni personne. Elle avait l'air de se débattre avec elle-même, face à des pièges invisibles. N'était-elle pourtant pas celle qui avait dit qu'il n'avait pas l'air dangereux ? Elle avait retiré abruptement sa main de son emprise, laissant un feu ardent lécher sa paume face au vide qu'elle avait laissé. Il se surprit à regretter que sa poigne ait quitté la sienne, parce qu'elle paraissait plus libre ainsi. Orion ne pouvait plus la dominer de sa main, mais par chance, c'était son esprit qu'il voulait posséder. Il voulait se glisser, comme une ombre, et remplir tous les espaces vides qui composaient ses pensées. Qu'elle soit obsédée à l'idée qu'il s'approche un peu plus, qu'elle n'ait qu'une envie : se protéger de son emprise, tout en désirant du plus profond de son être qu'il la détienne davantage.

L'adrénaline, ou bien encore la folie qui s'immiscait petit à petit dans son esprit, il ne savait trop ce qui le faisait palpiter à ce point, mais un éclair de défi s'anima dans ses yeux quand elle commença à s'approcher, le forçant à reculer vers le mur. Presque ruminant de plaisir, il opéra, parce qu'il savait que, pour la berner, il devait lui donner le goût que c'était de l'emprisonner un peu. Il comprit au fur et à mesure de sa tirade qu'elle voulait lui faire peur. Elle avait veinement essayé en mentionnant sa sœur, vulgairement. Et elle avait presque réussi, il fallait se l'avouer. Orion avait automatiquement vu rouge, brouillé par une fureur qu'il ressentait à de très rares occasions. Mais il n'était plus aveugle, à présent. Il y voyait même très clair. Qui de nous deux a peur de l'autre ? Le dos d'Orion effleurait presque le mur mais c'était ses émotions qu'il avait l'impression survoler dangereusement. Il pouvait lire la colère dans ses yeux, dont le bleu avait viré au noir. Ma Stella, tu es terrifiée. Il aurait presque pu ronronner tant il se sentait soumis à une excitation qui le faisait jouir de plaisir. Il la sentait, cette petite porte, qui s'ouvrait petit à petit pour le laissait passer un pied, une main, un soupir, assez proche pour qu'il la hante.

Tous les mots qu'elle crachait, il les accueillait comme des baisers. Son sourire narquois n'arrivait pas à quitter ses lèvres ; comment pouvait-il, alors qu'il la voyait prendre vie sous ses yeux ? Il avait produit une étincelle, il le savait. Si Orion avait d'abord commencé leur rencontre de manière méthodique — calme, posée —, il s'était senti petit à petit crouler sous son regard, sous ses mots, jusqu'à presque avoir l'impression de se perdre lui-même. Il avait senti le poids qu'elle avait sur les épaules, elle avait presque secoué chez lui par des émotions qui n'étaient pas les siennes. Le Serpent avait vu qu'elle avait perdu une partie d'elle-même dans l'accident de son frère, qu'elle n'était qu'à moitié vivante. Mais sa fougue se remettait en marche, elle s'animait à coups de mots qu'elle aurait voulu semblables à des poignards mais qui apparaissaient pour Orion comme des cadeaux.

C'est toi que je veux savoir. Il roucoulait silencieusement. Se déshabillait-elle pour lui sans qu'il n'ait rien à faire ? Enlevait-elle chaque couche de sa peau pour qu'il s'immisce sans effort dans ses veines ? Orion continua d'observer ses grands yeux bleus avec intensité. Elle voulait être sauvage, se libérer, mais elle ne savait pas qu'elle ne faisait que mordre à l'hameçon sans même s'en rendre compte ; parce qu'elle lui donnait tout ce qu'il voulait, parce qu'il n'avait même pas à prononcer des mots pour qu'il le fasse. Tu cherches juste désespérément à avoir le contrôle sur moi. Il se permit d'un peu plisser les yeux, serrant légèrement les dents. Peut-être qu'elle n'était pas si dupe. Son sourire subsistait, mais il sembla plus dubitatif, comme s'il essayait de voir à quel point elle avait réussi à lire ses pensées. Il se sentit serrer la machoîre quand elle attrapa son col. Orion n'était pas particulièrement friand des situations de faiblesse, même s'il éprouvait un certain plaisir à ressentir sa petite main aussi proche de son visage. Il se laissa même heurter le mur, mais tut le léger coup qu'il reçut à la tête. Il était bien trop pendu à ses lèvres, attendant de voir quels autres mots allaient les quitter. Orion sentait son cœur battre la chamade, sûrement à cause de leur proximité, mais bien plus encore parce qu'elle l'embrasait. Pourtant, les serpents n'étaient-ils pas réputés pour être de sang froid ?

Elle le rassura quand elle lui demanda pourquoi il voulait ainsi la posséder. Ainsi, elle n'était pas tout à fait sûre de ce qu'il lui voulait, mais cela lui allait. Il demeurait un mystère à ses yeux, et c'était tout ce qu'il voulait être pour elle — si on écartait aussi le fait qu'il voulait qu'elle vive à travers lui. Stella commença presque à le supplier qu'il se dévoile, il s'en délectait.

« Oh, Stella, ronronna-t-il, je ne sais pas si c'est toi ou moi que tu essaies de convaincre. Ce n'était pas toi qui avais dit que je n'avais pas l'air dangereux ? Tu penses réellement que je veux te faire peur ? Je n'en ai pas besoin. »

Il approcha sa main pour enrouler une mèche de ses longs cheveux noirs autour de son doigt, avec douceur. Comme elle, il ne la quittait pas des yeux, ses pupilles dilatées d'adrénaline plongées dans les siennes. Bien que la main de Stella avait quitté son col pour rompre le contact qui la liait à lui, Orion le réimplanta en caressant sa joue constellée de tâches de rousseur. À cette distance, il pouvait voir jusqu'aux plus minimes détails de sa peau. Elle en était presque déstabilisante. Elle était plutôt jolie, Orion ne pouvait pas le nier, encore plus avec ses yeux maquillés d'une rage de le comprendre.

« Peut-être que tu me fais un peu peur. Tu as raison, j'ai été bête d'être vexé pour ma sœur. Mais tu comprends, mon..., les mots semblaient rester bloqués dans sa gorge, comme si on essayait de les lui arracher. Mon Aurore, réussit-il finalement, elle ne mérite pas qu'on la confonde avec n'importe qui. C'est dommage qu'elle ne t'intéresse pas, tu en saurais probablement plus sur moi en parlant avec elle qu'avec moi. Elle est spéciale. Un peu comme toi. C'est peut-être pour ça que tu m'intrigues. Peut-être que pour toi, tu n'es rien ni personne. Mais tu... Enfin, je te l'ai déjà dit, tu m'as piqué, tout à l'heure. Ça ne m'arrive pas souvent. »

Son index glissa sur sa joue rosée. Il choisissait ses mots avec prudence ; il fallait lui donner de quoi mordre, sans pour autant qu'elle ne puisse ne faire qu'une bouchée de lui. Un soupçon, c'était tout ce qu'il fallait.

« Je crois que tu as réveillé chez moi la même chose que j'ai réveillé chez toi. Des choses étrangères, dont on n'a pas l'habitude. Des émotions... inédites ? Alors ça te démarque, forcément. Et tu parles de contrôle, ricana-t-il. Mais c'est un peu culotté. C'est moi qui suis contre le mur, non ? »

Un éclair de malice traversa ses yeux. Il descendit alors sa main vers la sienne, la leva au-dessus de sa tête et, d'un coup sec mais délicat, la fit faire un tour sur elle-même pour inverses les rôles. À présent, c'était elle qui se retrouvait contre le mur. Il la lacha et mit sa main à côté de son visage, s'appuyant sur la pierre pour garder le contact avec ses yeux. Orion pouvait encore sentir son souffle sur son visage et, l'espace d'un instant, il sembla presque le humer.

« Là, je veux bien te croire, fit-il en la dominant de toute sa carrure, un petit rire moqueur quittant la barrière de ses lèvres. Tout à coup, tu as l'air un peu plus en cage, non, pour une sauvageonne ? Et tu te demandes ce que j'y gagne ? La question est vite répondue, tu ne crois pas ? Tu recherches la même chose, 'toute façon. Je peux le lire dans tes yeux. Tu aimes que je puisse lire en toi parce que ça doit faire une éternité qu'on n'a pas essayé de déchiffrer qui tu étais vraiment. »

Il récupéra une nouvelle mèche de ses cheveux. Il trouvait assez amusant de n'avoir qu'une infime part d'elle physiquement tout en se faufilant petit à petit dans sa tête. De son côté, il n'avait pas envie de lui avouer qu'il ressentait la même chose ; elle semblait déterminée à le savoir, juste un petit peu, et ça lui plaisait. D'ordinaire, ça l'aurait repoussé comme la peste, mais Stella était comme son aimant ; elle l'attirait sans qu'il ne puisse plus rien y faire.

« Alors, non, je ne pense pas que j'ai quelque chose à perdre à te savoir complètement, du tout au tout. Je veux même bien te faire cet honneur, je sais que t'en crèves d'envie. Il suffit juste que tu me dises qui tu es. En réalité, je pense même que tu te sentiras plus libre, une fois que je t'aurai. Parce que je sais que tu es fatiguée de te débattre, alors que tu pourrais simplement t'abandonner ici, maintenant, sourit-il. Tu veux savoir quelle satisfaction j'aurai, je suppose ? Je te l'ai dit, tu m'intrigues. Plus que ça, je meurs d'envie de savoir quel pouvoir tu peux avoir sur moi, parce que tu as réussi à en avoir avec quelques mots seulement, et ça m'obsède. Je veux savoir ce qui t'animes, parce que je déteste qu'on puisse réveiller des choses chez moi. »

Soudain, Orion se sentit giflé par une force intérieure. Il en avait trop dit. Il avait été trop imprudent, lui qui pourtant avait essayé de piocher ses mots soigneusement. Sa respiration se bloqua dans sa bouche, espérant que l'Etoile ne le remarque pas. Il ne fallait pas qu'elle sache à quel point elle l'avait bouleversé. Il se sentait stupide, naïf, des mots qui ne le décrivaient pourtant jamais. Etait-il allé trop loin ? Allait-il le regretter ? Allait-elle embrasser sa faiblesse pour le faire sombrer plus bas que terre ?

@Stella Ruewen, désolée pour cette attente, mais comme d'habitude, quel plaisir d'avancer pas à pas dans ce RP !
2005 mots — aucune honte, pour ma part...

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige

Quand se rencontrent les Enfants de la Nuit nocturne, pv
Avec la Plume d'@Orion Blackburn, nous avons murement réfléchis sur cette Valse qui a fait l'objet d'une modération et de discussions avec un MJ (très agréable et compréhensif, et nous sommes très reconnaissantes de la prévenance de l'équipe <3 ) et nous sommes venues à la conclusion que nous n'avons pas envie d'écrire une suite à ce RP.

En revanche, parce que nous savons que certain.e.s avaient envie d'en connaitre le dénouement, si vous voulez qu'on explique dans les grandes lignes l'idée qui était derrière, vous pouvez toujours passer par nos Volières pour en savoir plus. ^^ Nous ferons de notre mieux pour résumer rapidement la fin de cette rencontre des Enfants de la Nuit, mais de manière à ne heurter la sensibilité de personne, notre objectif n'étant en aucun cas de choquer les joueurs et joueuses. :cute:

Des bisous,
Plumes de Stella et d'Orion

15 ans / 4eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."