Retour aux sources
S'il y avait bien quelque chose que Cinaed détestait par dessus tout, c'était l'impression de ne rien pouvoir faire. D'être un incapable, d'être faible. Il avait toujours juré par ses compétences, avait toujours excellé dans les choses qu'il entreprenait à partir du moment où elles avaient un intérêt particulier pour lui. Il avait toujours fini par réussir ce qu'il considérait important. Alors, évidemment, se retrouver sans voix face à la femme en face de lui, ça ébranlait pas mal des fondations que Cinaed pensait incassables. Il avait toujours pensé que si on voulait, alors on pouvait. Il avait toujours voulu énormément de choses et avait toujours fini par les obtenir parce que c'était comme ça que fonctionnait la vie. La sienne, tout du moins, et celle des autres, il s'en fichait.
S'il voulait, il pouvait.
Ca avait toujours fonctionné comme ça et ça devait toujours fonctionner ainsi.
Alors pourquoi ne pouvait-il pas convaincre Arianna d'être une meilleure mère ? Ou que sa fille en valait la peine ? Pourquoi ne pouvait-il pas prendre la parole avec plus d'entrain pour lui faire rentrer dans la tête que l'enfant était loin, très loin d'être aussi horrible qu'elle ne la dépeignait ? Ne le voulait-il pas assez ? Y'avait-il quelque chose qui coinçait dans sa volonté d'y arriver ? Cinaed avait l'impression de ne pas essayer assez fort ou de ne pas penser assez sincèrement du bien d'Adeline pour que cela ait un vrai impact. Il avait l'impression que son subconscient se soumettait à Arianna et buvait ses paroles comme de l'eau de roche parce qu'il n'arrivait pas à obtenir ce qu'il souhaitait. Ou alors, c'était parce qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait, à cet instant. Faire en sorte que Adeline puisse rentrer chez elle et que sa mère soit correcte, ou au contraire la tirer sous son bras pour aller se cacher à l'autre bout du monde ? La renvoyer dans un endroit qu'elle n'appréciait manifestement pas - et où sa propre mère ne l'appréciait pas non plus - ou la tirer de là ?
Prendre des responsabilités qui n'étaient pas les siennes ou au contraire, profiter de la confirmation qu'il n'était pas son père pour se barrer ? Il avait été certain, il y a un instant, qu'il voulait protéger Adeline et prendre une place pour elle qui n'était pas la sienne mais qui était restée vacante trop longtemps inutilement. Mais s'il n'y arrivait pas, est-ce que c'était parce que, au fond, il ne le voulait pas vraiment ? Etait-il une personne tellement centrée sur elle-même qu'il refusait par réflexe de se mouiller pour les autres ?
Ou, pire encore, était-il devenu un incapable ? Est-ce que la vie avait arrêté de lui sourire ? Et si oui, que ferait-il, à présent ? On ne lui avait jamais vraiment apprit à se battre, il avait toujours eu une option A et quarante autres. Ses parents avaient toujours été là pour le sortir de toutes les galères avec un peu d'argent et Ewan pouvait le sortir de toutes les situations qui ne pouvaient pas se résoudre avec quelques galions. Il n'avait jamais été incapable de faire quelque chose, il avait simplement choisi le chemin difficile pour beaucoup de choses, uniquement par ego. Il avait choisi de se priver pour que l'achat de sa boutique et tout son art aient un sens. Il avait choisi de faire une formation professionnalisante difficile au lieu de se contenter de son diplôme qui aurait pu lui ouvrir les meilleures portes. Il avait toujours choisi de se mettre des bâtons dans les roues. Personne ne lui en avait jamais fourré de force jusqu'à le faire dérailler complètement.
C'était déroutant de ne pas être en position de force.
Cinaed décida instinctivement qu'il n'aimait pas ça du tout.
La lassitude revint en force et il peina même à rester droit devant Arianna. Il aurait voulu s'asseoir par terre jusqu'à ce que quelqu'un vienne le sortir de là. Il aurait voulu s'installer dans un coin et attendre que Ewan vienne le récupérer et ne lui chuchote des mots doux jusqu'à ce qu'il puisse reprendre sa vie comme avant. Il se sentait lourd, étrangement dans le coton. Comme s'il était sous le choc, mais c'était stupide, n'est-ce pas ? Ce n'était pas lui que Arianna insultait à chaque phrase. Et ses insultes envers lui, ses menaces, étaient passées au dessus de lui rapidement. Alors pourquoi se sentait-il tellement à l'ouest ?
Peut-être parce que Arianna venait d'ébranler tous les fondements de ses idées. Le rôle des parents étaient de soigner, d'aimer et de protéger leurs enfants, mais certains choisissaient de ne pas le faire. Et ce n'était pas parce qu'on voulait très fort quelque chose qu'on pouvait l'obtenir....
A moins que si, finalement ?
Il prit une inspiration brusque quand l'idée germa en lui. Elle faisait son chemin depuis le début de la conversation mais le plan semblait enfin s'être imposé à lui. Il avait des relations, et probablement assez de preuve pour s'en sortir. Et, s'il n'en avait pas assez, elles ne seraient pas difficiles à trouver. En fait, ça pouvait presque fonctionner.
Il se redresse, observe froidement Arianna alors qu'elle commence à récupérer sa veste et annonce, d'une voix claire : Tu aurais été une mauvaise mère, même pour un garçon. J'aurais préféré que tu t'occupes correctement d'elle, mais comme c'est trop te demander, oui, la foutre en famille d'accueil aurait sûrement fait bien plus pour elle que les onze année pendant lesquelles tu as joué à la maman. Tes enfants ne sont pas des poupons, tu ne peux pas décider de t'amuser avec eux quand tu as envie pour ensuite les ranger dans une boite. J'ai presque eu de l'empathie pour toi, mais la vérité c'est que tu n'es qu'une femme pathétique.
Il lui offre un regard dédaigneux et rajoute : Ne t'en fais pas, je ne mettrais plus un pied dans une maison aussi pourrie que la tienne, Arianna. Elle transplane après ça et Cinaed n'a pas la moindre idée d'où elle est partie, mais ça ne fait rien. Son départ lui donne presque envie de fouiller la maison, mais il préfère ne pas tenter le diable et commence à se diriger vers la sortie. Où qu'elle soit allée, Cinaed est sûr d'une chose : elle oubliera ses soucis au fond d'une bouteille, comme le font tous les gens comme elle. L'empathie qu'il ressentait pour elle a laissé place à un froid glacial. Le genre de froid qui vous susurre que vous avez été idiot d'éprouver de l'empathie en premier lieu et qui met en garde contre l'univers en entier. Le genre de froid, aussi, qui se glisse sous la peau et vous fait vous sentir très sale. Il a couché avec cette femme à un moment donné. Il l'a trouvé belle, intéressante. Au moins un minimum. Quel manque de jugement. Ca lui donne l'impression que des fourmis rampent sous sa peau et il se sent honteux, comme si on l'avait mis en face d'une bêtise particulièrement dégoutante qu'il était incapable d'expliquer. Arianna était devenue une boue sous ses chaussures qui le collait au sol et rendait lourd chacun de ses pas.
Il prendrait un bain en rentrant. Un très long bain. Evidemment, pas dans son petit appartement miteux. Non, là où il va, c'est bien plus spacieux et il ne s'y rend pas que pour prendre un bain.
Alors qu'il passe les imposantes portes de la résidence Sgaeyl, sa baguette se pointe devant lui et quelques secondes après une incantation forte, une petite crevette bleutée émerge du vide devant lui. Pendant quelques instants, elle se dandine joyeusement autour de lui avant qu'il ne lui ordonne de transmettre un message. Il n'a demandé de l'aide à ses parents qu'une seule fois, et c'était après des années à économiser noise par noise. Là, il ne se pose même pas deux fois la question avant d'envoyer un "Maman, j'ai besoin de ton aide" qu'il sait sonner pathétique. Probablement que sa pauvre mère sera paniquée quand il arrivera vu le peu de détails qu'il donne mais il n'a pas la force d'expliquer la situation à voix haute à l'instant. Il veut rentrer dans la maison où il a passé son enfance, prendre un bain et aller se blottir sur les genoux de sa maman comme il le faisait quand il était jeune.
Eilidh avait toujours été une maman un peu stricte mais elle avait su, chaque jour, montrer à son fils qu'elle l'aimait. Avec le temps et les années qu'il prenait, ces démonstrations avaient changé et ne correspondait parfois plus du tout à ce que Cinaed attendait, mais il ne faisait aucun doute que sa maman l'aimait plus qu'elle ne pourrait aimer quelque chose en ce monde. Même s'il était loin d'être parfait et même s'ils se prenaient la tête. Même si elle n'appréciait pas ses choix et se disputait avec son précieux rejeton à ce sujet, elle éprouvait pour lui bien plus d'amour que Arianna ne serait jamais capable d'offrir à ses enfants. Même aux trois réunis. Parce que Eilidh était une vraie maman, pas une génitrice qui jouait à la marâtre.
Et à presque 40 ans, Cinaed voulait un câlin de sa maman et un baiser sur le front, pour qu'elle lui promettre que tous les problèmes pouvaient s'arranger et qu'elle prenne les choses en main parce que lui, il était totalement perdu. Et c'était terrifiant.
S'il voulait, il pouvait.
Ca avait toujours fonctionné comme ça et ça devait toujours fonctionner ainsi.
Alors pourquoi ne pouvait-il pas convaincre Arianna d'être une meilleure mère ? Ou que sa fille en valait la peine ? Pourquoi ne pouvait-il pas prendre la parole avec plus d'entrain pour lui faire rentrer dans la tête que l'enfant était loin, très loin d'être aussi horrible qu'elle ne la dépeignait ? Ne le voulait-il pas assez ? Y'avait-il quelque chose qui coinçait dans sa volonté d'y arriver ? Cinaed avait l'impression de ne pas essayer assez fort ou de ne pas penser assez sincèrement du bien d'Adeline pour que cela ait un vrai impact. Il avait l'impression que son subconscient se soumettait à Arianna et buvait ses paroles comme de l'eau de roche parce qu'il n'arrivait pas à obtenir ce qu'il souhaitait. Ou alors, c'était parce qu'il ne savait pas vraiment ce qu'il voulait, à cet instant. Faire en sorte que Adeline puisse rentrer chez elle et que sa mère soit correcte, ou au contraire la tirer sous son bras pour aller se cacher à l'autre bout du monde ? La renvoyer dans un endroit qu'elle n'appréciait manifestement pas - et où sa propre mère ne l'appréciait pas non plus - ou la tirer de là ?
Prendre des responsabilités qui n'étaient pas les siennes ou au contraire, profiter de la confirmation qu'il n'était pas son père pour se barrer ? Il avait été certain, il y a un instant, qu'il voulait protéger Adeline et prendre une place pour elle qui n'était pas la sienne mais qui était restée vacante trop longtemps inutilement. Mais s'il n'y arrivait pas, est-ce que c'était parce que, au fond, il ne le voulait pas vraiment ? Etait-il une personne tellement centrée sur elle-même qu'il refusait par réflexe de se mouiller pour les autres ?
Ou, pire encore, était-il devenu un incapable ? Est-ce que la vie avait arrêté de lui sourire ? Et si oui, que ferait-il, à présent ? On ne lui avait jamais vraiment apprit à se battre, il avait toujours eu une option A et quarante autres. Ses parents avaient toujours été là pour le sortir de toutes les galères avec un peu d'argent et Ewan pouvait le sortir de toutes les situations qui ne pouvaient pas se résoudre avec quelques galions. Il n'avait jamais été incapable de faire quelque chose, il avait simplement choisi le chemin difficile pour beaucoup de choses, uniquement par ego. Il avait choisi de se priver pour que l'achat de sa boutique et tout son art aient un sens. Il avait choisi de faire une formation professionnalisante difficile au lieu de se contenter de son diplôme qui aurait pu lui ouvrir les meilleures portes. Il avait toujours choisi de se mettre des bâtons dans les roues. Personne ne lui en avait jamais fourré de force jusqu'à le faire dérailler complètement.
C'était déroutant de ne pas être en position de force.
Cinaed décida instinctivement qu'il n'aimait pas ça du tout.
La lassitude revint en force et il peina même à rester droit devant Arianna. Il aurait voulu s'asseoir par terre jusqu'à ce que quelqu'un vienne le sortir de là. Il aurait voulu s'installer dans un coin et attendre que Ewan vienne le récupérer et ne lui chuchote des mots doux jusqu'à ce qu'il puisse reprendre sa vie comme avant. Il se sentait lourd, étrangement dans le coton. Comme s'il était sous le choc, mais c'était stupide, n'est-ce pas ? Ce n'était pas lui que Arianna insultait à chaque phrase. Et ses insultes envers lui, ses menaces, étaient passées au dessus de lui rapidement. Alors pourquoi se sentait-il tellement à l'ouest ?
Peut-être parce que Arianna venait d'ébranler tous les fondements de ses idées. Le rôle des parents étaient de soigner, d'aimer et de protéger leurs enfants, mais certains choisissaient de ne pas le faire. Et ce n'était pas parce qu'on voulait très fort quelque chose qu'on pouvait l'obtenir....
A moins que si, finalement ?
Il prit une inspiration brusque quand l'idée germa en lui. Elle faisait son chemin depuis le début de la conversation mais le plan semblait enfin s'être imposé à lui. Il avait des relations, et probablement assez de preuve pour s'en sortir. Et, s'il n'en avait pas assez, elles ne seraient pas difficiles à trouver. En fait, ça pouvait presque fonctionner.
Il se redresse, observe froidement Arianna alors qu'elle commence à récupérer sa veste et annonce, d'une voix claire : Tu aurais été une mauvaise mère, même pour un garçon. J'aurais préféré que tu t'occupes correctement d'elle, mais comme c'est trop te demander, oui, la foutre en famille d'accueil aurait sûrement fait bien plus pour elle que les onze année pendant lesquelles tu as joué à la maman. Tes enfants ne sont pas des poupons, tu ne peux pas décider de t'amuser avec eux quand tu as envie pour ensuite les ranger dans une boite. J'ai presque eu de l'empathie pour toi, mais la vérité c'est que tu n'es qu'une femme pathétique.
Il lui offre un regard dédaigneux et rajoute : Ne t'en fais pas, je ne mettrais plus un pied dans une maison aussi pourrie que la tienne, Arianna. Elle transplane après ça et Cinaed n'a pas la moindre idée d'où elle est partie, mais ça ne fait rien. Son départ lui donne presque envie de fouiller la maison, mais il préfère ne pas tenter le diable et commence à se diriger vers la sortie. Où qu'elle soit allée, Cinaed est sûr d'une chose : elle oubliera ses soucis au fond d'une bouteille, comme le font tous les gens comme elle. L'empathie qu'il ressentait pour elle a laissé place à un froid glacial. Le genre de froid qui vous susurre que vous avez été idiot d'éprouver de l'empathie en premier lieu et qui met en garde contre l'univers en entier. Le genre de froid, aussi, qui se glisse sous la peau et vous fait vous sentir très sale. Il a couché avec cette femme à un moment donné. Il l'a trouvé belle, intéressante. Au moins un minimum. Quel manque de jugement. Ca lui donne l'impression que des fourmis rampent sous sa peau et il se sent honteux, comme si on l'avait mis en face d'une bêtise particulièrement dégoutante qu'il était incapable d'expliquer. Arianna était devenue une boue sous ses chaussures qui le collait au sol et rendait lourd chacun de ses pas.
Il prendrait un bain en rentrant. Un très long bain. Evidemment, pas dans son petit appartement miteux. Non, là où il va, c'est bien plus spacieux et il ne s'y rend pas que pour prendre un bain.
Alors qu'il passe les imposantes portes de la résidence Sgaeyl, sa baguette se pointe devant lui et quelques secondes après une incantation forte, une petite crevette bleutée émerge du vide devant lui. Pendant quelques instants, elle se dandine joyeusement autour de lui avant qu'il ne lui ordonne de transmettre un message. Il n'a demandé de l'aide à ses parents qu'une seule fois, et c'était après des années à économiser noise par noise. Là, il ne se pose même pas deux fois la question avant d'envoyer un "Maman, j'ai besoin de ton aide" qu'il sait sonner pathétique. Probablement que sa pauvre mère sera paniquée quand il arrivera vu le peu de détails qu'il donne mais il n'a pas la force d'expliquer la situation à voix haute à l'instant. Il veut rentrer dans la maison où il a passé son enfance, prendre un bain et aller se blottir sur les genoux de sa maman comme il le faisait quand il était jeune.
Eilidh avait toujours été une maman un peu stricte mais elle avait su, chaque jour, montrer à son fils qu'elle l'aimait. Avec le temps et les années qu'il prenait, ces démonstrations avaient changé et ne correspondait parfois plus du tout à ce que Cinaed attendait, mais il ne faisait aucun doute que sa maman l'aimait plus qu'elle ne pourrait aimer quelque chose en ce monde. Même s'il était loin d'être parfait et même s'ils se prenaient la tête. Même si elle n'appréciait pas ses choix et se disputait avec son précieux rejeton à ce sujet, elle éprouvait pour lui bien plus d'amour que Arianna ne serait jamais capable d'offrir à ses enfants. Même aux trois réunis. Parce que Eilidh était une vraie maman, pas une génitrice qui jouait à la marâtre.
Et à presque 40 ans, Cinaed voulait un câlin de sa maman et un baiser sur le front, pour qu'elle lui promettre que tous les problèmes pouvaient s'arranger et qu'elle prenne les choses en main parce que lui, il était totalement perdu. Et c'était terrifiant.
1570.
Fin pour moi aussi, merci beaucoup pour ce RP !
A QUAND LE PROCHAIN ?
Fin pour moi aussi, merci beaucoup pour ce RP !
Comte Wallace, chevalier Modératus, Seigneur des Sylves - Aaron Bagans
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Aussi polyvalente qu'un Fa dièse d'après la grande Abigail Grey
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon