Table f. | Sagittaire
La réponse vient sans attendre, si vite que mon rictus a à peine le temps de se former sur mon visage. Le temps d'un clignement d'œil, cette phrase m'est lancée et je la reçois avec une brutale violence. Je me fige, mes yeux fichés dans ceux du garçon, immobilisée à la fois par son ton et par ce que mon cerveau comprend de ce qu'il vient de me dire. Il me faut une poignée de secondes pour conscientiser sa réplique et presqu'autant pour que le mot métempsychose trouve une définition dans mon esprit... Et que cette définition m'arrache le cœur parce qu'elle me rappelle Kristen de façon si violente que ça me coupe le souffle. Mon cœur se met à battre rapidement à cause de l'image de la femme qui danse désormais dans mon esprit.
Cela ne dure que quelques secondes.
Très rapidement, c'est la compréhension de l'insulte qui vient de m'être faite qui prend toute la place, faisant disparaître l'image pourtant claire de Kristen dans ma tête. J'ai un mouvement sec et nerveux du corps lorsque mon buste se tourne à son tour vers le garçon et que mon bras glisse de quelques centimètres vers lui sans que je parvienne à le retenir, comme si dans sa volonté propre ma main allait fuser pour lui attraper le cou.
Je sens mon visage se figer dans une expression de colère aucunement contenue. Mes yeux s'assombrissent et mes mâchoires se serrent. Lui, il ouvre la bouche pour me donner le nom d'un putain de satellite et le fait que sa mémoire lui en ait offert un autre à ce moment précis ne fait qu'accentuer ma colère. Mes doigts se crispent autour de ma plume. Pendant une fraction de seconde, comme cela m'arrive souvent, je me vois dans un flash particulièrement visuel réagir à sa provocation en l'attrapant par le col pour faire se rencontrer son nez et la table. J'imagine le craquement sec de l'os et le sang qui ruisselle. Ses yeux qui se remplissent de larmes et son gémissement de douleur. La brusque envie me bouche les oreilles et couvre ma nuque d'une vive chaleur.
Puis l'image passe. Et l'envie de violence aussi. Ne reste que le mépris.
Je me rencogne presque brutalement contre le dossier de ma chaise. Mon cœur frappe dans ma gorge, comme souvent quand je suis en colère. L'année dernière, je me suis faite réprimander parce que j'ai puni un petit con d'un sortilège bien mérité. Cette année, je ne peux pas risquer une réprimande parce que j'ai éclaté le nez de cet idiot trop blond. Je dois danser avec Alice. Personne ne m'enlèvera cette danse.
Un petit rire s'échappe par mon nez. Si bref qu'il pourrait avoir été rêvé. Les yeux tournés vers la table, je remarque à peine l'arrivée des entrées.
« Tu ne connais rien à la métempsychose, » sifflé-je en ramenant mes yeux sur le gamin.
Parce que c'est évident que s'il laisse son grand-père choisir quel sujet est essentiel à l'apprentissage, il n'a aucune idée que ce qu'il pense n'être qu'un concept théorique est en fait une réalité bien tangible pour qui manipule la magie noire avec talent.
« Et avant de qualifier de... fruit de mer... » Merlin, même ses insultes sont aussi pâles que son libre-arbitre. « ...une personne dont tu ne sais rien, tu devrais te questionner sur ta propre condition. Car, entre toi et moi, je sais lequel des deux partage le plus volontiers la passivité inerte des fruits de mer. »
Ma voix est brûlante d'un mépris et d'une colère froide qui la rend aussi cassante que pourrait l'être ma plume si je serrais un peu plus fort le poing comme je désire le faire.
Je, soussignée Plume d'Aelle, née le 18 octobre 2016, décharge Aelle Bristyle de toute responsabilité en cas de dégradation physique ou morale de la personne de Herbert MacTairdelbach.
Cela ne dure que quelques secondes.
Très rapidement, c'est la compréhension de l'insulte qui vient de m'être faite qui prend toute la place, faisant disparaître l'image pourtant claire de Kristen dans ma tête. J'ai un mouvement sec et nerveux du corps lorsque mon buste se tourne à son tour vers le garçon et que mon bras glisse de quelques centimètres vers lui sans que je parvienne à le retenir, comme si dans sa volonté propre ma main allait fuser pour lui attraper le cou.
Je sens mon visage se figer dans une expression de colère aucunement contenue. Mes yeux s'assombrissent et mes mâchoires se serrent. Lui, il ouvre la bouche pour me donner le nom d'un putain de satellite et le fait que sa mémoire lui en ait offert un autre à ce moment précis ne fait qu'accentuer ma colère. Mes doigts se crispent autour de ma plume. Pendant une fraction de seconde, comme cela m'arrive souvent, je me vois dans un flash particulièrement visuel réagir à sa provocation en l'attrapant par le col pour faire se rencontrer son nez et la table. J'imagine le craquement sec de l'os et le sang qui ruisselle. Ses yeux qui se remplissent de larmes et son gémissement de douleur. La brusque envie me bouche les oreilles et couvre ma nuque d'une vive chaleur.
Puis l'image passe. Et l'envie de violence aussi. Ne reste que le mépris.
Je me rencogne presque brutalement contre le dossier de ma chaise. Mon cœur frappe dans ma gorge, comme souvent quand je suis en colère. L'année dernière, je me suis faite réprimander parce que j'ai puni un petit con d'un sortilège bien mérité. Cette année, je ne peux pas risquer une réprimande parce que j'ai éclaté le nez de cet idiot trop blond. Je dois danser avec Alice. Personne ne m'enlèvera cette danse.
Un petit rire s'échappe par mon nez. Si bref qu'il pourrait avoir été rêvé. Les yeux tournés vers la table, je remarque à peine l'arrivée des entrées.
« Tu ne connais rien à la métempsychose, » sifflé-je en ramenant mes yeux sur le gamin.
Parce que c'est évident que s'il laisse son grand-père choisir quel sujet est essentiel à l'apprentissage, il n'a aucune idée que ce qu'il pense n'être qu'un concept théorique est en fait une réalité bien tangible pour qui manipule la magie noire avec talent.
« Et avant de qualifier de... fruit de mer... » Merlin, même ses insultes sont aussi pâles que son libre-arbitre. « ...une personne dont tu ne sais rien, tu devrais te questionner sur ta propre condition. Car, entre toi et moi, je sais lequel des deux partage le plus volontiers la passivité inerte des fruits de mer. »
Ma voix est brûlante d'un mépris et d'une colère froide qui la rend aussi cassante que pourrait l'être ma plume si je serrais un peu plus fort le poing comme je désire le faire.
Je, soussignée Plume d'Aelle, née le 18 octobre 2016, décharge Aelle Bristyle de toute responsabilité en cas de dégradation physique ou morale de la personne de Herbert MacTairdelbach.
Table f. | Sagittaire
La camarade de tablée d'Herbert semblait soudainement plus remuante qu'elle ne l'avais été jusqu'alors. Le jeune homme tourna le regard en direction de cette dernière, voyant une expression comme il n'en voyait que rarement, et lui rappelant étrangement les dissensions entre Jedediah et son père, ou peut-être Cormach.
"Tu ne connais rien à la métempsychose,"
Cette phrase résonnait brutalement dans la cervelle du jeune garçon, comme si l'orgueil et l'humilité venaient violemment se percuter pour réveiller une forme de fanatisme qu'il avait laissé dans la demeure blasonnée pour enfiler -en lieu et place- un manteau de qualité pas tout à fait à sa taille.
Le regard d'Herbert s'assombrit.
"Et avant de qualifier de... fruit de mer une personne dont tu ne sais rien, tu devrais te questionner sur ta propre condition. Car, entre toi et moi, je sais lequel des deux partage le plus volontiers la passivité inerte des fruits de mer."
La qualification lui semblait parfaitement logique jusqu'alors, néanmoins, Herbert prit une seconde, non seulement pour tenter vainement de contenir ses émotions, mais pour comprendre d'où venaient ces allusions...
Effectivement, il avait peut-être dit cela.
Cela lui disait quelque chose, il se remémorait ces paroles.
Avait-il eu tort? Non, le sens du devoir semblait lui échapper, et aucune once d'honneur -sous quelque forme que ce soit- ne semblait rattraper cette tare. Elle n'était assurément pas de ce monde. Elle vivait plus bas, quelque part au milieu des individualistes sans honneur.
Une chose est sûre désormais, elle n'était pas envoyée par grand-père.
Herbert s'en serait sûrement voulu de reprendre les "bons mots" de fin de soirée d'oncle Charles, mais son visage de plus en plus renfrogné ne-lui-permettait-plus de se remettre en question.
Il n'avait plus le recul nécessaire à l'introspection et se sentait bouillir, et la pièce trembla tandis que sa gorge se serrait de plus en plus étroitement.
-"Et qu'est-ce que tu en sais, toi! Avec ton temps perdu à chercher les astres! Qui es-tu pour.. *déglutit* pour me parler sur ce ton?!"
Herbert semblait s'étrangler, il avait une pâle sensation que ses yeux s'exorbitaient, presque imperceptible tant ses nerfs étaient occupés à remonter des informations venant de son bide.
-"Qui es-tu pour juger ce que je fais, toi qui n'écoutes que toi?! Tu penses que faire ce... pourquoi je suis fait est signe de quoi?... C'est un honneur d'avoir été chargé de redresser cette famille, et je le ferais! Et ce que tu penses n'a aucun intérêt. AUCUN!
Elle se croit meilleure, avec ses..."
Le jeune homme tentait de reprendre son souffle, les dents assez serrées pour que le tartre devienne diamant. Il ne savait pas à quel moment il s'était levé de sa chaise, ni à quel moment il avait commencé à serrer son poing.
-"Et la maison MacTairdelbach retrouvera sa splendeur d'antan… Parce-qu'il-le-faut. Parce-que-j'ai-ce-qu'il-faut-où-il-faut!
Le jeune garçon semblait se battre contre une force intérieure scandant une sorte d'incantation solennelle. Il se battait pour arrêter un filet de voix qui ne lui appartenait plus, effrayé, et résigné à tenter d'arrêter les plus grosses vagues d'un tsunami.
-"Et qu'il aille au diable! Lui et son abruti de frère! Grand-père ne m'en a pas empêché, et Ebenezer..."
L'esprit d'Herbert ne semblait plus savoir lorsqu'il parlait et lorsque son grand-père semblait le faire à sa place. Par ailleurs, le jeune garçon rempli de rage ne semblait plus voir son interlocutrice, et aurait été bien incapable de dire s'il regardait dans sa direction.
"...J'en ai fait la promesse… Et lorsqu'on en sera là...!
Et même si je dois y passer le reste de ma vie, je le ferais! C'est ce qui différencie les Hommes des…"
Le souffle d'Herbert se coupa, quelque chose lui interdisait de s'être à ce point laissé aller, mais la colère lui cachait encore ce quelque chose.
Il peinait à récupérer, tant sur le plan psychologique que corporel. Son visage convulsait encore quelque peu, et il se tenait à la table pour ne pas flancher.
Il ingurgita difficilement, avant de tenter un basculement vers sa chaise, avant de souffler, sans voix véritable.
-"...fruits de mer."
600+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
"Tu ne connais rien à la métempsychose,"
Cette phrase résonnait brutalement dans la cervelle du jeune garçon, comme si l'orgueil et l'humilité venaient violemment se percuter pour réveiller une forme de fanatisme qu'il avait laissé dans la demeure blasonnée pour enfiler -en lieu et place- un manteau de qualité pas tout à fait à sa taille.
Le regard d'Herbert s'assombrit.
"Et avant de qualifier de... fruit de mer une personne dont tu ne sais rien, tu devrais te questionner sur ta propre condition. Car, entre toi et moi, je sais lequel des deux partage le plus volontiers la passivité inerte des fruits de mer."
La qualification lui semblait parfaitement logique jusqu'alors, néanmoins, Herbert prit une seconde, non seulement pour tenter vainement de contenir ses émotions, mais pour comprendre d'où venaient ces allusions...
Effectivement, il avait peut-être dit cela.
Cela lui disait quelque chose, il se remémorait ces paroles.
Avait-il eu tort? Non, le sens du devoir semblait lui échapper, et aucune once d'honneur -sous quelque forme que ce soit- ne semblait rattraper cette tare. Elle n'était assurément pas de ce monde. Elle vivait plus bas, quelque part au milieu des individualistes sans honneur.
Une chose est sûre désormais, elle n'était pas envoyée par grand-père.
Herbert s'en serait sûrement voulu de reprendre les "bons mots" de fin de soirée d'oncle Charles, mais son visage de plus en plus renfrogné ne-lui-permettait-plus de se remettre en question.
Il n'avait plus le recul nécessaire à l'introspection et se sentait bouillir, et la pièce trembla tandis que sa gorge se serrait de plus en plus étroitement.
-"Et qu'est-ce que tu en sais, toi! Avec ton temps perdu à chercher les astres! Qui es-tu pour.. *déglutit* pour me parler sur ce ton?!"
Herbert semblait s'étrangler, il avait une pâle sensation que ses yeux s'exorbitaient, presque imperceptible tant ses nerfs étaient occupés à remonter des informations venant de son bide.
-"Qui es-tu pour juger ce que je fais, toi qui n'écoutes que toi?! Tu penses que faire ce... pourquoi je suis fait est signe de quoi?... C'est un honneur d'avoir été chargé de redresser cette famille, et je le ferais! Et ce que tu penses n'a aucun intérêt. AUCUN!
Elle se croit meilleure, avec ses..."
Le jeune homme tentait de reprendre son souffle, les dents assez serrées pour que le tartre devienne diamant. Il ne savait pas à quel moment il s'était levé de sa chaise, ni à quel moment il avait commencé à serrer son poing.
-"Et la maison MacTairdelbach retrouvera sa splendeur d'antan… Parce-qu'il-le-faut. Parce-que-j'ai-ce-qu'il-faut-où-il-faut!
Le jeune garçon semblait se battre contre une force intérieure scandant une sorte d'incantation solennelle. Il se battait pour arrêter un filet de voix qui ne lui appartenait plus, effrayé, et résigné à tenter d'arrêter les plus grosses vagues d'un tsunami.
-"Et qu'il aille au diable! Lui et son abruti de frère! Grand-père ne m'en a pas empêché, et Ebenezer..."
L'esprit d'Herbert ne semblait plus savoir lorsqu'il parlait et lorsque son grand-père semblait le faire à sa place. Par ailleurs, le jeune garçon rempli de rage ne semblait plus voir son interlocutrice, et aurait été bien incapable de dire s'il regardait dans sa direction.
"...J'en ai fait la promesse… Et lorsqu'on en sera là...!
Et même si je dois y passer le reste de ma vie, je le ferais! C'est ce qui différencie les Hommes des…"
Le souffle d'Herbert se coupa, quelque chose lui interdisait de s'être à ce point laissé aller, mais la colère lui cachait encore ce quelque chose.
Il peinait à récupérer, tant sur le plan psychologique que corporel. Son visage convulsait encore quelque peu, et il se tenait à la table pour ne pas flancher.
Il ingurgita difficilement, avant de tenter un basculement vers sa chaise, avant de souffler, sans voix véritable.
-"...fruits de mer."
600+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Table f. | Sagittaire
Renversée contre le dossier de ma chaise, la nuque pliée pour pouvoir le voir, lui qui me domine de toute sa taille dressée, je lui oppose un regard brûlant aussi sombre que la plus noire des ombres pendant qu'il déverse sur moi son venin colérique. Ma respiration s'amenuise dans ma gorge et mon souffle s'affole à la sortie de mes narines évasées, mes épaules se soulèvent rapidement. Mon cœur s'abat brutalement contre ma cage thoracique. Sur la table, mon poing désormais libéré de ma plume est serré avec force. Le reste de mon corps est totalement immobile, tendu, comme une corde prête à lâcher. Mon sang dans mes veines à été remplacé par un torrent de lave à l'instant même où il a commencé hausser le ton, comme s'il n'attendait que cela pour brûler à l'intérieur de moi.
Les mots finissent par s'embrouiller dans sa bouche. Ils le font également dans mon esprit. Quoi qu'il puisse vouloir cracher désormais, je le prendrais pour une insulte. Mais plus il s'embrouille dans des paroles que je ne comprends pas, évoquant des noms qui ne m'inspirent rien et s'adressant à moi comme si j'étais en réalité une autre personne, moins je me sens concernée parce qu'il me raconte. Il éructe, ses yeux écarquillés, ses mâchoires serrées ; son corps est une œuvre de colère et il n'en maîtrise pas la moindre partie — s'il avait été moins expressif, je sais que j'aurais été moins prompt à réagir comme je le fais. Ma colère commence à faire trembler mon bras tant mes muscles sont crispés. Je ne comprends pas la moitié de ce qu'il me raconte, mais je sais que j'en déteste la totalité.
Ses premières phrases étaient insultantes et ont touché un endroit de mon âme laissé depuis à vif. Le reste n'est que bouillie verbale. J'ai parfaitement conscience que ma fierté a été touchée et que jamais cela ne sera pardonné. Ma colère est née de sa colère et elle grouille à l'intérieur de moi, coincée jusqu'à ce que je veuille bien la libérer. Et j'en meurs d'envie parce qu'il n'est qu'un gamin qui mélange tout et qui croit tout savoir sous couvert qu'il a une bonne mémoire et une éducation particulière. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Et regardez-le qui parle de son nom, qui parle de sa famille comme d'une Maison, que c'est à lui de la porter, de la redresser, et monsieur a ce-qu'il-faut-où-il-faut et il a fait des promesses et il a tellement de poids sur les épaules, à croire qu'il porte le monde, qu'il le porte et qu'il va le redresser, même, aussi ce monde !
Maigre tentative finale de m'insulter. Mais au mot homme un rictus se dessine sur mes lèvres. MacTairdelbach tangue contre sa chaise, son corps si bien traversé par la colère qu'il pourrait en être la personnification même ; mon corps à moi n'a toujours pas bougé.
Je sais que j'ai toutes les raisons de me taire. Premièrement, ce garçon ne compte pas. Il ne sait rien de moi et ne saura jamais rien de moi, toutes ses insultes sont donc vaines. Deuxièmement, il est pourri jusqu'à la moelle par les préceptes de sa famille. Incapable de réfléchir par lui-même, c'est bien ce que je disais ! Troisièmement, c'est évidemment qu'il a un ego de la taille de Saturne et de tous ses foutus satellites rassemblés. Autant le laisser s'étouffer avec sa propre fierté et lui rire au nez, cela m'épargnera une perte de temps. Quatrièmement, il n'y a rien dans ce monde qui compte davantage que moi-même et lui ne mérite pas la moindre once de ma rage. Cinquièmement, ce n'est qu'un gamin rachitique qui ne parvient même pas à s'agacer tout en continuant d'être intelligible. Sixièmement. Septièmement. Huitièmement. Neuvièmement.
Tout cela n'a pas la moindre importance. La colère est remontée du fond de mon ventre et forme désormais une boule compacte dans ma gorge. Je me fiche des raisons. Je suis en colère, c'est tout ce qui compte. J'ai envie de lui exploser sa petite tête contre un mur et de le voir baisser les yeux devant moi.
La chaise racle sur le sol et glisse sur le parquet lorsque je me redresse vivement, poings serrés au niveau des hanches. Je me dresse devant lui et plonge mon regard colérique dans le sien. Il est à peine plus grand que moi.
« Je découvrirai les mystères de la magie pendant que tu resteras bloqué à écouter les directives de ton grand-père, dis-je d'une voix sourde qui étrangement ne s'élève pas autour de nous — elle n'est destinée qu'à lui seul. Je ferai marcher les morts que tu en seras toujours à vouloir redresser ta Maison. Je façonnerai le monde à l'image que je désire que tu en seras encore à croire que tu es un homme et que ça vaut quelque chose. Et quand j'aurai fait toutes ces choses et que tu te rendras compte à quel point tu n'es absolument rien... » Ma voix semble râcler les bas-fonds de ma gorge ; je penche mon buste vers l'avant comme pour donner du poids à mes propos. « ...tu pourras toujours crever pour que je t'explique pourquoi perdre son temps à chercher des astres, c'est toujours mieux que de laisser quelqu'un, peu importe qui, penser à ta putain de place. »
Les mots finissent par s'embrouiller dans sa bouche. Ils le font également dans mon esprit. Quoi qu'il puisse vouloir cracher désormais, je le prendrais pour une insulte. Mais plus il s'embrouille dans des paroles que je ne comprends pas, évoquant des noms qui ne m'inspirent rien et s'adressant à moi comme si j'étais en réalité une autre personne, moins je me sens concernée parce qu'il me raconte. Il éructe, ses yeux écarquillés, ses mâchoires serrées ; son corps est une œuvre de colère et il n'en maîtrise pas la moindre partie — s'il avait été moins expressif, je sais que j'aurais été moins prompt à réagir comme je le fais. Ma colère commence à faire trembler mon bras tant mes muscles sont crispés. Je ne comprends pas la moitié de ce qu'il me raconte, mais je sais que j'en déteste la totalité.
Ses premières phrases étaient insultantes et ont touché un endroit de mon âme laissé depuis à vif. Le reste n'est que bouillie verbale. J'ai parfaitement conscience que ma fierté a été touchée et que jamais cela ne sera pardonné. Ma colère est née de sa colère et elle grouille à l'intérieur de moi, coincée jusqu'à ce que je veuille bien la libérer. Et j'en meurs d'envie parce qu'il n'est qu'un gamin qui mélange tout et qui croit tout savoir sous couvert qu'il a une bonne mémoire et une éducation particulière. Ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Et regardez-le qui parle de son nom, qui parle de sa famille comme d'une Maison, que c'est à lui de la porter, de la redresser, et monsieur a ce-qu'il-faut-où-il-faut et il a fait des promesses et il a tellement de poids sur les épaules, à croire qu'il porte le monde, qu'il le porte et qu'il va le redresser, même, aussi ce monde !
Maigre tentative finale de m'insulter. Mais au mot homme un rictus se dessine sur mes lèvres. MacTairdelbach tangue contre sa chaise, son corps si bien traversé par la colère qu'il pourrait en être la personnification même ; mon corps à moi n'a toujours pas bougé.
Je sais que j'ai toutes les raisons de me taire. Premièrement, ce garçon ne compte pas. Il ne sait rien de moi et ne saura jamais rien de moi, toutes ses insultes sont donc vaines. Deuxièmement, il est pourri jusqu'à la moelle par les préceptes de sa famille. Incapable de réfléchir par lui-même, c'est bien ce que je disais ! Troisièmement, c'est évidemment qu'il a un ego de la taille de Saturne et de tous ses foutus satellites rassemblés. Autant le laisser s'étouffer avec sa propre fierté et lui rire au nez, cela m'épargnera une perte de temps. Quatrièmement, il n'y a rien dans ce monde qui compte davantage que moi-même et lui ne mérite pas la moindre once de ma rage. Cinquièmement, ce n'est qu'un gamin rachitique qui ne parvient même pas à s'agacer tout en continuant d'être intelligible. Sixièmement. Septièmement. Huitièmement. Neuvièmement.
Tout cela n'a pas la moindre importance. La colère est remontée du fond de mon ventre et forme désormais une boule compacte dans ma gorge. Je me fiche des raisons. Je suis en colère, c'est tout ce qui compte. J'ai envie de lui exploser sa petite tête contre un mur et de le voir baisser les yeux devant moi.
La chaise racle sur le sol et glisse sur le parquet lorsque je me redresse vivement, poings serrés au niveau des hanches. Je me dresse devant lui et plonge mon regard colérique dans le sien. Il est à peine plus grand que moi.
« Je découvrirai les mystères de la magie pendant que tu resteras bloqué à écouter les directives de ton grand-père, dis-je d'une voix sourde qui étrangement ne s'élève pas autour de nous — elle n'est destinée qu'à lui seul. Je ferai marcher les morts que tu en seras toujours à vouloir redresser ta Maison. Je façonnerai le monde à l'image que je désire que tu en seras encore à croire que tu es un homme et que ça vaut quelque chose. Et quand j'aurai fait toutes ces choses et que tu te rendras compte à quel point tu n'es absolument rien... » Ma voix semble râcler les bas-fonds de ma gorge ; je penche mon buste vers l'avant comme pour donner du poids à mes propos. « ...tu pourras toujours crever pour que je t'explique pourquoi perdre son temps à chercher des astres, c'est toujours mieux que de laisser quelqu'un, peu importe qui, penser à ta putain de place. »
Table f. | Sagittaire
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Par le plus grand des hasards, Émeline ne s'était pas retrouvée à la table d'Alexander. L'adolescente ne s'était pas gardée de lui envoyer un regard cinglant pour l'avoir fourré dans cette situation, mais elle fit quand même l'effort de chercher sa propre table. Heureusement pour elle, son compagnon de route était à une table de la sienne. Elle se détacha de lui à contrecœur et se mit à s'approcher de la table du Sagittaire, sur laquelle il devait y avoir logiquement son nom.
En approchant de ladite table, elle remarqua qu'il n'y avait que deux personnes. Les autres ne devaient pas être encore arrivés Emeline n'était pas partie pour passer un moment convivial rempli de discussions mièvres et sans saveur. Au contraire, elle comptait picorer dans ce fichu repas qu'Alexander avait payé puis le retrouver de ce pas. Faire ami-ami avec des inconnus aurait pu lui plaire quelques mois avant, mais clairement pas ce soir.
Maintenant qu'elle était plus proche, elle reconnut Herbert. Bien qu'ils fussent tous les deux dans la même maison, Émeline ne lui avait jamais vraiment adressé la parole. Tout ce qu'elle savait de lui, c'est qu'il était un garçon plutôt sérieux, qui ne cherchait pas réellement à s'amuser. Plutôt fade, à vrai dire. Tandis que, de l'autre côté de la table, se tenait une jeune femme qui ne lui disait rien. L'inconnue se tenait debout, le regard bouillonnant qui transperçait presque la peau de son camarade. Elle n'avait pas eu le temps d'entendre ce qu'elle venait de lui dire, mais vu l'ambiance qui se dégageait de la table, ça ne devait pas être de jolis mots. Allait-elle aider son cadet ? Aucunement. Voulait-elle des explications ? Encore moins.
Déjà ennuyée par les deux convives, elle chercha sa place en tournant autour de la table et se retrouva malheureusement à la droite d'Herbert.
- Bonsoir, intervit-elle à l'intention des deux autres.
Les bonnes manières exigeaient au moins qu'elle leur souhaite une bonne soirée. Par contre, elle ne comptait clairement pas se jeter dans ce simulacre de dispute qui les animait. Elle préféra concentrer son attention sur l'étoile flottante qui portait son nom avec des lettres dorées. La coïncidence qu'elle se retrouve avec une étoile la fit automatiquement serrer les mâchoires. Même dans le monde des sorciers, le fantôme de sa mère la poursuivait.
Ma petite étoile
Mensonge. Toujours plus de mensonges.
D'un rapide reducto, elle détruit l'étoile pour ne plus l'avoir sous les yeux. Son geste allait sûrement attiser des questions, mais ça, elle n'en avait rien à faire. En n'ayant plus cette désagréable distraction, elle jeta son dévolu sur son pudding saumon qui venait d'apparaître dans son assiette.
(443 mots)
@Aelle Bristyle et @Herbert MacTairdelbach
@Dorian Peachey pour la mention d'Alexander
Dernière modification par Émeline Joyner le 22 janv. 2026, 00:28, modifié 2 fois.
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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Son cavalier ayant finalement trouvé sa table avant elle, c'est seule qu'elle fait le tour des dernières tables, toujours sans succès, avant de se rendre à l'évidence, elle ne peut que se trouver dans la dernière, ou alors on a fait une mauvaise blague à l'étudiante — elle s'imagine alors tout à fait faire le service en change d'une assiette, ce qui sera une façon bien cruelle de commencer l'année.
Cette dernière table, donc, une jeune femme brune à l'air renfrogné vient de s'y installer, et deux autres sont debout juste à côté. Herminie lève un sourcil. La brune élimine rageusement quelque chose sur la table d'un violent coup de baguette, avant de saisir sa fourchette et d'attaquer le repas. Des clients bizarres, elle en avait eu, mais ça ce n'était pas banal. Elle espère ne jamais en être témoin au Café même au plus fort de la guerre des pains au chocolat* et des chocolatines* n'a jamais été si violente. Elle relève les yeux. Les deux personnes sont proches, très proches, mais enfin l'angle lui permet de comprendre que la femme aux cheveux tressés se trouve être Aelle. Une Aelle en rogne. Merlin. Un rapide coup d'œil à l'homme — au garçon — ne lui donne que peu d'informations viable. Il est plus jeune, et elle ne le connaît pas. Les yeux écarquillés, elle tente d'agiter la main avec un sourire crispé — ça avait marché au Pitiponk, après tout.
"Et bonsoir à vous...", tente t-elle comme une question avant de faire le tour de la table, ses yeux effarés quittant difficilement les deux protagonistes pour lire les noms sur les places restantes - enfin, tout proche d'eux, une planète bleu foncée qui tournoie avec son nom. Elle s'y assoit sans décocher un autre mot, ses doigts attrapant le verre nerveusement. Quelle ambiance.
*en français dans le texte
Après avoir laissé @Gryffs Sorrow à sa table, elle trouve enfin la sienne et se trouve en pleine troisième guerre sorcière @Aelle Bristyle, @Émeline Joyner, @Herbert MacTairdelbach.
❧ Herminie Peers, 19 ans, Étudiante à l'AESM, Serveuse à temps partiel au Café du Rosier ❧
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000
Best Friend 9000, LA référence couleur Poufsouffle #BF9000
Table f. | Sagittaire
Herbert peinait à revenir à lui. Ayant parfaitement souvenir de la scène, mais n'étant pas parfaitement sûr de ce qui lui avait échappé ou non.
Sa tentative de chercher quels prisonniers avaient été récupérés à temps de la grande évasion de sa prison psychique s'écourta lorsque la chaise de son interlocutrice racla le sol.
Cette dernière à présent dressée devant lui, semblait vouloir en découdre.
Le jeune garçon laissa de côté ses recherches pour évaluer ses chances de s'en sortir en bon état: Elles étaient moindres.
Le jeune garçon évalua les chances que Jedediah ne prenne en main la situation en cas de débordement: Elles étaient hautes.
Il refusa de lâcher du regard son interlocutrice, tandis que cette dernière prit la parole.
-"Je découvrirai les mystères de la magie Qu'est-ce que... grand-père. Je ferai marcher les morts Et Averro.. redresser ta Maison. Je façonnerai le monde Que racontes tu..? un homme et que ça vaut quelque chose. Et quand j'aurai Quant t'auras fait quoi... absolument rien... "
Herbert était perplexe. Elle avait griffonné lorsqu'il avait évoqué son ouvrage. Elle parlait de faire marcher les morts…
Le jeune garçon écoutait -ou plutôt, entendait- le flot discontinu qui lui était déversé. Peut-être souhaitait elle pouvoir faire ce qu'elle dit, mais pour lui, cela ressemblait plus à une liste de souhaits, ou de promesses, qui ne sortiraient pas de cette salle.
C'était peut être autre chose, de toute façon, il n'avait saisi que la moitié du phrasé.
Elle avait su rebondir sur un sujet aussi précis? Comme si elle avait compris… À moins que ce ne soit un hasard… Et quel hasard?
Son esprit n'étant manifestement plus en état de faire de corrélations convenables entre ces évènements, il se contenta de jeter un rapide coup d'œil à la sphère du satellite désormais frappé de damnatio memoriae, afin de mémoriser le nom de cette dernière.
Si le risque premier était un coup de poing -risque semblant avorté par une tirade- une telle information pourrait de toute façon avoir son importance un jour.
...tu pourras toujours crever pour que je t'explique Je t'ai rien demandé! peu importe qui, penser à ta putain de place.
Ce n'était plus une pique, ni une déception, Herbert savait désormais à quoi s'attendre. Au même discours que son père ou que son oncle au sujet d'une liberté de pensée qui serait toujours forcément à l'antithèse de ce que le bon sens voudrait que l'on suive pour le bien commun. Une nouvelle scène allait se jouer, une redite familiale, interprétée par Herbert et... Aelle.
L'envie ne lui aurait pas manqué de le faire, s'il avait encore eu la moitié de la raison qu'il avait il y a quelques minutes de cela. Mais cette pièce qu'il connaissait pourtant par cœur allait lui échapper. De plus, elle ne servirait à rien.
Cette conversation n'avait plus de raison d'être. Elle ne mènerait nulle part. Il fallait y mettre fin. Il allait lâcher une bonne tirade un peu fainéante, avec un mot assez soutenu pour stupéfier un cerveau non-initié -comme il aimait le faire à l'école-, puis s'octroyer une pause nécessaire, tandis qu'elle chercherait.
Herbert prit quelques instants, la tête légèrement penchée vers la gauche, avant de répondre sèchement, la main droite encore tremblante depuis son discours.
-Et j'imagine que tu vas..
-Bonsoir
Le jeune garçon tourna la tête en direction la nouvelle convive. Elle lui disait quelque chose, quelque chose qui provenait de sa maison.
N'avait-il pas eu le temps de prendre la peine de chercher à mettre un nom sur ce visage que cette dernière détruisit l'étoile qui flottait en lieu et place des planètes et satellites des personnes déjà présentes.
Le sourcil droit de Herbert se haussa, tandis qu'il lâcha un mimétique "Bonsoir" d'un ton neutralisé, avant de repartir dans ses souvenirs. De tout ce flux de pensées, qu'avait-il dit?
"Et bonsoir à vous..." Non, il n'avait pas dit ça. Herbert hocha la tête, lâcha un "Bonsoir!?" d'un ton presque interrogatif.
Depuis combien de temps ces personnes attendaient-elles derrière pour qu'un tel défilé arrive à ce moment là? Peu importe, un tri s'imposait.
500+ mots
5e année InRP
#4d5684 Herbert
Expert en mobilier balistique
Coléoptérophone
Sa tentative de chercher quels prisonniers avaient été récupérés à temps de la grande évasion de sa prison psychique s'écourta lorsque la chaise de son interlocutrice racla le sol.
Cette dernière à présent dressée devant lui, semblait vouloir en découdre.
Le jeune garçon laissa de côté ses recherches pour évaluer ses chances de s'en sortir en bon état: Elles étaient moindres.
Le jeune garçon évalua les chances que Jedediah ne prenne en main la situation en cas de débordement: Elles étaient hautes.
Il refusa de lâcher du regard son interlocutrice, tandis que cette dernière prit la parole.
-"Je découvrirai les mystères de la magie Qu'est-ce que... grand-père. Je ferai marcher les morts Et Averro.. redresser ta Maison. Je façonnerai le monde Que racontes tu..? un homme et que ça vaut quelque chose. Et quand j'aurai Quant t'auras fait quoi... absolument rien... "
Herbert était perplexe. Elle avait griffonné lorsqu'il avait évoqué son ouvrage. Elle parlait de faire marcher les morts…
Le jeune garçon écoutait -ou plutôt, entendait- le flot discontinu qui lui était déversé. Peut-être souhaitait elle pouvoir faire ce qu'elle dit, mais pour lui, cela ressemblait plus à une liste de souhaits, ou de promesses, qui ne sortiraient pas de cette salle.
C'était peut être autre chose, de toute façon, il n'avait saisi que la moitié du phrasé.
Elle avait su rebondir sur un sujet aussi précis? Comme si elle avait compris… À moins que ce ne soit un hasard… Et quel hasard?
Son esprit n'étant manifestement plus en état de faire de corrélations convenables entre ces évènements, il se contenta de jeter un rapide coup d'œil à la sphère du satellite désormais frappé de damnatio memoriae, afin de mémoriser le nom de cette dernière.
Si le risque premier était un coup de poing -risque semblant avorté par une tirade- une telle information pourrait de toute façon avoir son importance un jour.
...tu pourras toujours crever pour que je t'explique Je t'ai rien demandé! peu importe qui, penser à ta putain de place.
Ce n'était plus une pique, ni une déception, Herbert savait désormais à quoi s'attendre. Au même discours que son père ou que son oncle au sujet d'une liberté de pensée qui serait toujours forcément à l'antithèse de ce que le bon sens voudrait que l'on suive pour le bien commun. Une nouvelle scène allait se jouer, une redite familiale, interprétée par Herbert et... Aelle.
L'envie ne lui aurait pas manqué de le faire, s'il avait encore eu la moitié de la raison qu'il avait il y a quelques minutes de cela. Mais cette pièce qu'il connaissait pourtant par cœur allait lui échapper. De plus, elle ne servirait à rien.
Cette conversation n'avait plus de raison d'être. Elle ne mènerait nulle part. Il fallait y mettre fin. Il allait lâcher une bonne tirade un peu fainéante, avec un mot assez soutenu pour stupéfier un cerveau non-initié -comme il aimait le faire à l'école-, puis s'octroyer une pause nécessaire, tandis qu'elle chercherait.
Herbert prit quelques instants, la tête légèrement penchée vers la gauche, avant de répondre sèchement, la main droite encore tremblante depuis son discours.
-Et j'imagine que tu vas..
-Bonsoir
Le jeune garçon tourna la tête en direction la nouvelle convive. Elle lui disait quelque chose, quelque chose qui provenait de sa maison.
N'avait-il pas eu le temps de prendre la peine de chercher à mettre un nom sur ce visage que cette dernière détruisit l'étoile qui flottait en lieu et place des planètes et satellites des personnes déjà présentes.
Le sourcil droit de Herbert se haussa, tandis qu'il lâcha un mimétique "Bonsoir" d'un ton neutralisé, avant de repartir dans ses souvenirs. De tout ce flux de pensées, qu'avait-il dit?
"Et bonsoir à vous..." Non, il n'avait pas dit ça. Herbert hocha la tête, lâcha un "Bonsoir!?" d'un ton presque interrogatif.
Depuis combien de temps ces personnes attendaient-elles derrière pour qu'un tel défilé arrive à ce moment là? Peu importe, un tri s'imposait.
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Table f. | Sagittaire
Ma respiration est une chose toute chaude qui est coincée dans ma gorge et qui refuse de retourner à sa place. Je sens la force de mon souffle sur le haut de ma lèvre, je sens mon cœur qui rebondit furieusement dans ma poitrine mais aussi dans mes oreilles, je sens mes ongles qui s'enfoncent dans la peau tendre de mes paumes, je sens mes épaules tendues qui tremblent sous ma colère à peine contenue, je sens l'attraction insupportable qu'exerce ma baguette magique sur ma main, je sens pulser mon cerveau contre mes tempes et briller mes yeux qui aimeraient être capables de lancer des sortilèges interdits. Je sens toutes ces choses, mais je n’en vois qu’une seule : le visage qui ne se détourne pas du garçon qui a réveillé ma colère. Il n’a pas la moindre idée de ce qui est en train de se passer dans ma tête, il n’a pas la moindre idée des choses que je pourrais faire, pas la moindre idée de ce que je pourrais lui faire à lui s’il décidait de me pousser un peu trop. Mais cela n’a pas la moindre importance. Parce que moi je sais, c’est clair dans ma tête pour la première fois depuis des mois, il n’a pas la moindre chance, pas le moindre pouvoir, pas la moindre étincelle de talent, de détermination, de motivation, d’envie, il n’a rien du tout et cela fait des semaines, des mois, des années que je n’ai pas été aussi certaine d’avoir l'ascendant sur une personne — à tous les niveaux. L’assurance coule dans mes veines comme la bêtise coule dans les siennes.
Allez, parle, dis quelque chose ! Je vois bien que tu en meurs d’envie. Que vas-tu opposer à ça ? Que pourrais-tu opposer à ça, toi qui n’a pas de libre-arbitre ? Même pas capable de penser… Ta réflexion ne vaut rien, si tu ne peux rien en faire que tu désires réellement.
Je serre un peu plus fort les poings lorsqu’il ouvre la bouche et mes mâchoires se serrent. Mes lèvres se retroussent légèrement, ce que je suis impatiente de savoir ce qu’il peut bien imaginer ! Ses yeux coulés dans les miens, le bleu de son regard devient une chose que j’apprend à détester, une couleur que je vais associer désormais à mon ego froissé et à la bêtise humaine. Ne restent que quelques centimètres entre nous. Je me vois déjà l’attraper brusquement par le col s’il ose une nouvelle insulte. Le rapprocher vivement de moi. Sortir ma baguette et la lui enfoncer dans la chair tendre sous le menton. Mais voilà, un « bonjour » résonne et il arrache ses yeux des miens.
C’est comme si la boule qui m’enfermait dans un monde incontrôlable venait d’exploser brutalement autour de moi. Je cligne les yeux en tournant la tête vers la nouvelle venue ; les bruits des discussions alentour résonnent dans mes oreilles et me rappellent très soudainement qu’un monde existe autour de ma colère et qu’il est rempli de gens. J'aperçois une jeune femme au visage fermé. La seconde d’après, c’est sa baguette que je regarde et dans mon esprit s’allume une lueur d’intérêt. Reducto. J’ai ce sortilège accroché à mon âme.
La réponse de MacTairdelbach me fait couler dans sa direction un regard venimeux. Cela me fait prendre conscience de la distance misérable qui nous sépare. Je recule d’un pas, les poing toujours serrés d’une colère qui ne veut pas s’en aller. De toute façon, une autre voix intervient et elle vole mon attention pour la faire sienne. Il n’a suffit que d’un mot, le premier, pour que je mette un prénom sur cette voix avant même d’apercevoir sa longue chevelure blonde et de laisser couler mes yeux sur la robe qu’elle porte.
Herminie. Je prends une longue inspiration par le nez, le regard accroché à son visage. Herminie, qui est venu avec son abruti de petit-ami. Mais lui il n’est pas là, ce soir. Il n’y qu’elle. Herminie. Son regard. Son sourire. Sa douceur. Son intelligence. Mon cœur a manqué un battement lorsque mes yeux l’ont aperçue, mais il n’a pas l’air de vouloir retrouver un rythme normal. Voir Herminie met un voile sur ma colère, comme si j’avais besoin de la voir pour me souvenir de ce qui avait de l’importance. Elle a de l’importance. Le repas que je vais passer à ses côté également. Lui ? Ce gamin misérable ? Sa colère d’enfant, ses discours incohérents, ses insultes inconscientes ? Rien. Il n’est rien. Il n'est même pas capable de savoir s'il l'a salut ou non ; est-ce qu'il a besoin de l'accord de son papy pour dire bonjour ?
En quelques secondes mes yeux analysent la situation. Deux personnes assises. Trois places restantes. Je me penche par-dessus ma chaise et attrape dans un mouvement fluide ma lune-sans-nom, mon carnet et ma plume. Sans couler le moindre regard vers le blond, je pousse ma chaise du pied pour qu’elle retourne à sa place, sous la table. Puis je fais le tour de notre galaxie en passant derrière Herminie pour rejoindre la place encore libre. Je dépose brusquement mon carnet à droite de l’assiette, attrape l’objet céleste qui flotte au milieu de celle-ci et le jete dans l’assiette que je viens de quitter. La boule sur laquelle est inscrit le nom Layana Greenwell ralentit à quelques centimètres de l’assiette et se met à flotter au milieu. Je laisse tomber mon propre satellite à ma nouvelle place.
Puis je lève les yeux pour les enfoncer dans ceux du gamin.
« Tu auras peut-être de la chance, articulé-je, toujours de ce ton ironique qu’il mérite qu’on lui oppose, tu tomberas peut-être sur une nouvelle voisine de table qui sera impressionnée par ton incapacité à réfléchir par toi-même. »
Ma chaise racle sur le parquet lorsque je la tire pour m’asseoir. Je fais en sorte de m’installer face à Herminie, si bien que je ne vois plus rien de MacTairdelbach et encore moins de la jeune femme à ma gauche qui sait maîtriser Reducto. Je n'ai besoin d'apercevoir que son visage à elle. Je croise les bras sur ma poitrine. Mes yeux courent sur sa peau pâle. Je plonge dans son regard.
« Tu arrives toujours à point nommé, » lâché-je dans un murmure.
Je ne peux ni éclaircir mon regard, ni attendrir les traits de mon visage. Elle ne verra qu’un visage de pierre et un regard noir souligné de mes sourcils froncés. Mes yeux ne se détachent pas des siens. Je ne le peux pas. Sinon je vais me lever et balancer mon assiette dans la tronche de Monsieur-qui-porte-le-poids-du-monde-sur-ses-épaules. Puis mon couteau. Puis ma fourchette. Puis ma chaise. Puis cette foutue table. Et après je sauterais par-dessus le champ de bataille pour venir réduire à coup d’un Reducto qui rendra pâle celui de l’autre fille sa vilaine bouche qui ne sait pas parler.
@Layana Greenwell, je crois qu'Aelle a volé la place de ton personnage !
@Christopher Hangoover, une petite modification du plan de table serait-elle envisageable ?
Allez, parle, dis quelque chose ! Je vois bien que tu en meurs d’envie. Que vas-tu opposer à ça ? Que pourrais-tu opposer à ça, toi qui n’a pas de libre-arbitre ? Même pas capable de penser… Ta réflexion ne vaut rien, si tu ne peux rien en faire que tu désires réellement.
Je serre un peu plus fort les poings lorsqu’il ouvre la bouche et mes mâchoires se serrent. Mes lèvres se retroussent légèrement, ce que je suis impatiente de savoir ce qu’il peut bien imaginer ! Ses yeux coulés dans les miens, le bleu de son regard devient une chose que j’apprend à détester, une couleur que je vais associer désormais à mon ego froissé et à la bêtise humaine. Ne restent que quelques centimètres entre nous. Je me vois déjà l’attraper brusquement par le col s’il ose une nouvelle insulte. Le rapprocher vivement de moi. Sortir ma baguette et la lui enfoncer dans la chair tendre sous le menton. Mais voilà, un « bonjour » résonne et il arrache ses yeux des miens.
C’est comme si la boule qui m’enfermait dans un monde incontrôlable venait d’exploser brutalement autour de moi. Je cligne les yeux en tournant la tête vers la nouvelle venue ; les bruits des discussions alentour résonnent dans mes oreilles et me rappellent très soudainement qu’un monde existe autour de ma colère et qu’il est rempli de gens. J'aperçois une jeune femme au visage fermé. La seconde d’après, c’est sa baguette que je regarde et dans mon esprit s’allume une lueur d’intérêt. Reducto. J’ai ce sortilège accroché à mon âme.
La réponse de MacTairdelbach me fait couler dans sa direction un regard venimeux. Cela me fait prendre conscience de la distance misérable qui nous sépare. Je recule d’un pas, les poing toujours serrés d’une colère qui ne veut pas s’en aller. De toute façon, une autre voix intervient et elle vole mon attention pour la faire sienne. Il n’a suffit que d’un mot, le premier, pour que je mette un prénom sur cette voix avant même d’apercevoir sa longue chevelure blonde et de laisser couler mes yeux sur la robe qu’elle porte.
Herminie. Je prends une longue inspiration par le nez, le regard accroché à son visage. Herminie, qui est venu avec son abruti de petit-ami. Mais lui il n’est pas là, ce soir. Il n’y qu’elle. Herminie. Son regard. Son sourire. Sa douceur. Son intelligence. Mon cœur a manqué un battement lorsque mes yeux l’ont aperçue, mais il n’a pas l’air de vouloir retrouver un rythme normal. Voir Herminie met un voile sur ma colère, comme si j’avais besoin de la voir pour me souvenir de ce qui avait de l’importance. Elle a de l’importance. Le repas que je vais passer à ses côté également. Lui ? Ce gamin misérable ? Sa colère d’enfant, ses discours incohérents, ses insultes inconscientes ? Rien. Il n’est rien. Il n'est même pas capable de savoir s'il l'a salut ou non ; est-ce qu'il a besoin de l'accord de son papy pour dire bonjour ?
En quelques secondes mes yeux analysent la situation. Deux personnes assises. Trois places restantes. Je me penche par-dessus ma chaise et attrape dans un mouvement fluide ma lune-sans-nom, mon carnet et ma plume. Sans couler le moindre regard vers le blond, je pousse ma chaise du pied pour qu’elle retourne à sa place, sous la table. Puis je fais le tour de notre galaxie en passant derrière Herminie pour rejoindre la place encore libre. Je dépose brusquement mon carnet à droite de l’assiette, attrape l’objet céleste qui flotte au milieu de celle-ci et le jete dans l’assiette que je viens de quitter. La boule sur laquelle est inscrit le nom Layana Greenwell ralentit à quelques centimètres de l’assiette et se met à flotter au milieu. Je laisse tomber mon propre satellite à ma nouvelle place.
Puis je lève les yeux pour les enfoncer dans ceux du gamin.
« Tu auras peut-être de la chance, articulé-je, toujours de ce ton ironique qu’il mérite qu’on lui oppose, tu tomberas peut-être sur une nouvelle voisine de table qui sera impressionnée par ton incapacité à réfléchir par toi-même. »
Ma chaise racle sur le parquet lorsque je la tire pour m’asseoir. Je fais en sorte de m’installer face à Herminie, si bien que je ne vois plus rien de MacTairdelbach et encore moins de la jeune femme à ma gauche qui sait maîtriser Reducto. Je n'ai besoin d'apercevoir que son visage à elle. Je croise les bras sur ma poitrine. Mes yeux courent sur sa peau pâle. Je plonge dans son regard.
« Tu arrives toujours à point nommé, » lâché-je dans un murmure.
Je ne peux ni éclaircir mon regard, ni attendrir les traits de mon visage. Elle ne verra qu’un visage de pierre et un regard noir souligné de mes sourcils froncés. Mes yeux ne se détachent pas des siens. Je ne le peux pas. Sinon je vais me lever et balancer mon assiette dans la tronche de Monsieur-qui-porte-le-poids-du-monde-sur-ses-épaules. Puis mon couteau. Puis ma fourchette. Puis ma chaise. Puis cette foutue table. Et après je sauterais par-dessus le champ de bataille pour venir réduire à coup d’un Reducto qui rendra pâle celui de l’autre fille sa vilaine bouche qui ne sait pas parler.
@Layana Greenwell, je crois qu'Aelle a volé la place de ton personnage !
@Christopher Hangoover, une petite modification du plan de table serait-elle envisageable ?
Table f. | Sagittaire
PNJ utilisé: Jedediah MacTairdelbach
Pas de mention inutile.. Pas de nom dont l'évocation aurait posé problème... Le devoir familial, pas de problème, ça avait pu sortir.. Pas trop de casse au final, je crois..
De la chance? Mon incapacité à réfléchir par moi même? Elle se fout de moi. Espèce de rebelle de
Herbert sortit de ses pensées, et redressa la tête tandis qu'une onde électrique commençait à remonter au sommet de sa boîte crânienne.
Il se leva, et… sentit son corps vibrer, et sa tête bouillir, et sa vue se brouiller, et son corps se lever maladroitement, avant de prendre une consistance dont il ignorait la provenance.
Il sentit son corps se mouvoir, et vit sa chaise voler en direction de son interlocutrice -c'est du moins ce qui lui semblait- , ainsi qu'un "Pau..vr'i..diote!" suivant la chaise.
Et la table se secouer. Il avait soudainement une douleur à la cuisse gauche. Et son potage serait désormais épongé par la table et les vêtements des convives. Un bourdonnement empêchait désormais au jeune garçon de comprendre ce qu'il pouvait bien être en train de proférer. Il entrevoyait les mots "libre", "devoir", "racaille" et "bas-fonds" passer dans son esprit. Ils étaient probablement sortis, au milieu d'autres qu'il n'avait pas su distinguer.
_______________________________________________________________
Une présence plus grande, et calme, avançait en direction de la table, observant les tables alentours, probablement alertées par ce vacarme, puis la tablée du jeune garçon.
Aucune expression ne transparaissait vraiment, sinon peut-être un sentiment de devoir agir contre son gré. Il enjamba une flaque de potage, d'un pas à peine plus grand que les derniers, évita les quelques bris de verre, puis posa une main ferme sur l'épaule de Herbert avant de s'adresser à lui.
-Viens!
Reducio
@Summer Jenkins@Dorian Peachey@Scarlett Valentine@Lavinia W. Campbell @Alden Wells @Adélaïde Brennen @Maxine Tremblay @Christopher Hangoover @Ivanovna Gunnray Il y a pas mal d'animation à la table à côté de la votre.
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Table f. | Sagittaire
Je me retiens au visage de Herminie, à la courbe fine de son nez. La tension dans mes épaules ne s'en va pas, j'ai douloureusement conscience de l'autre abruti de l'autre côté de la table et mon cœur n’arrive plus à battre normalement. Sa peau pâle que je sais rougir facilement, ses cils si fins et clairs, ses yeux dont j’apprends encore à lire les expressions après toutes ses années. Sa présence, la blondeur de ses cheveux, sa robe qui lui donne un air que je ne lui connais pas. Sa façon de tourner les yeux vers moi et de me regarder, de me maintenir ici et nulle par ailleurs, la ligne de ses lèvres, ses mains et son étonnante…
Un bruit aigu de l’autre côté de la table. Aussi soudain que brusque. Je me tourne aussitôt vers lui, car je sais que c’est lui. Je tombe sur son visage déchiré par la rage et mon corps réagit avant même de comprendre qu’il ne s’est absolument pas calmé. Il va quand même pas… Son corps debout, ses yeux exorbités, la colère dans son regard, son corps tendu par la même rage brute qui l’a fait se lever tout à l’heure. S’il fait le moindre geste, j’vais lui faire comprendre que… Mes bras se décroisent, ce n’est pas moi qui décide d’attraper ma baguette magique, ce n’est pas moi qui force ma main à dégainer, ce n’est pas moi qui donne l’impulsion à mon corps ; c’est la réaction logique à ce qui passe devant moi. Mon sang bout dans mes veines, mon cœur tonne dans mes oreilles. La colère revient comme si elle ne s’était pas jamais apaisée ; il aurait dû rester assis et se taire, c'était la seule réaction acceptable, s'il ouvre la bouche je ne pourrais pas me retenir de lui envoyer un sortilège bien senti. Aucune autre pensée logique que celle-ci en le voyant se relever si brusquement.
MacTairdelbach s'agrippe au dossier de sa chaise. Je ne comprends pas ce qui se passe. Dans mon imaginaire, c’est impossible qu’une telle chose arrive. Personne ne balance les chaises sur les autres dans un bal comme celui-ci, surtout pas un mec incapable de respirer sans l’accord de son grand père. Mais il s’agrippe au dossier de la chaise. Il la soulève. J’ai à peine conscience de mon bras plaqué contre la poitrine de Herminie. Un vaine tentative de la repousser, parce que j’ai compris avant même de réussir à le conscientiser ce qu’il s’apprête à faire.
Je n’en ai pas le temps.
Il soulève la chaise et la balance par-dessus la table.
Ça vrombit dans mes oreilles, c’est mon cœur qui bat fort, qui bat lourdement, c’est mon sang qui pulse avec violence, qui bout dans mes veines, qui brûle dans mon corps, de la tête au pied j’ai l’impression de brûler. Je me lève ; ce n’est pas moi qui me lève. Je brandis ma baguette ; ce n’est pas moi qui le fait. « Reducto ! » ; ce n’est pas ma bouche qui parle. Le sortilège fuse, percute la chaise. Les pieds, le dossier, l’assise, tout se réduit en une fine poussière qui retombe sur la table et ses occupants. Je la sens qui s’insinue dans mes narines, qui se dépose sur mes cheveux, qui rentre dans ma bouche. J'ai du mal à respirer, j'ai du mal à comprendre ce que je viens de faire, c'est à peine si je réalise que la baguette qui danse devant mes yeux est la mienne.
Un choc contre la table. Les verres tintent, se cognent, tombent. Certains se brisent. Les assiettes tremblent contre les couverts. Le bruit me paraît infernal. C’est lui, lui qui a percuté la table. Son regard hurle. Sa voix résonne. Je ne comprends ses paroles qu’après coup, avec quelques secondes de décalage. Pauvre idiote. Mais ce n’est pas à ça que je pense. Mon cœur est retourné à sa place et de là il bat fort, fort, fort, si fort que je n’arrive plus très bien à respirer, plus très bien à comprendre ce qui se passe autour de moi. Il continue de crier, ses mots tombent comme la foudre, je suis trop secouée pour penser à les écouter. De toute manière, ce ne sont pas à ses insultes que je pense. C’est à la chaise. La chaise, il m’a balancé une chaise dessus. Il m’a balancé une chaise dessus et Herminie était juste à côté. Il m’a balancé une chaise dessus au milieu d’une salle de bal. Il m’a balancé une chaise dessus et Herminie était juste à côté. La scène se répète en boucle dans mon esprit. Son corps enragé. Ses bras qui se tendent quand il soulève la chaise. Les muscles saillants de son cou. Son horrible visage déformé par la fureur. La chaise au-dessus de lui. La chaise qui vole. Son corps enragé. Ses bras qui se tendent quand il soulève la chaise. La chaise qui vole. Son horrible visage déformé par la fureur. La chaise qui vole. Une seule seconde. Ma baguette. Le sortilège. J’ai de la poussière dans la bouche et sur la langue. Et il continue de hurler, de faire pleuvoir des mots qui ne veulent rien dire sur moi.
Mes oreilles se débouchent soudainement, j’inspire par la bouche. Je prends conscience de mon bras qui tremble. Non, mes bras. Et de mon cœur qui remonte dans ma gorge. Je réalise ce qu’il m’a poussé à faire. Je réalise qu’il vient de m’attaquer. La fureur éclate violemment dans ma tête. Une fureur blanche qui me donne envie de hurler, mais tout s’étrangle dans ma gorge. Je suis figée devant la table, debout, mes phalanges blanchies par la force avec laquelle je serre ma baguette magique. La colère éteint mes sens, pendant un très bref moment je n’y vois plus rien du tout. Je m’imagine faire un grand geste latéral du bras et la table qui se renverse et percute le garçon. Son corps qui tombe brusquement en arrière, repoussé par une force contre laquelle il ne peut pas lutter. Tout se mélange dans ma tête, n’est réel que ce sentiment glacial qui murmure du fond de ma tête : vas-y, fais-le, tu peux le réduire en poussière, tu peux lui faire mal, tu peux lui faire payer. Et j’en meurs d’envie. De nettoyer ce visage de la rage qui le déchire et de ne plus rien laisser d’autre. Et je l’aurais fait. Je l’aurais payé, mais je l’aurais fait. Je me serais sentie bien, après. Libérée de cette pression qu’exerce la fureur derrière mes yeux.
Un homme s’approche de la table. Mon bras qui avait amorcé un mouvement s’immobilise. Mes lèvres qui avaient commencé à invoquer un sortilège se taisent. Mon esprit qui déjà avait visualisé mon œuvre s’embrouille. Mon cœur bat tellement fort qu’il me fait mal. Le vieillard s’approche du gamin et pose une main sur son épaule. Il réduit à néant mes grands plans de vengeance. Il ne m’en faut pas davantage pour comprendre que c’est lui, que c’est le grand-père.
Alors c’est tout ?
Non. Je me sens faire un pas en arrière. Je percute ma chaise que j’ai repoussée quand je me suis levée. Et tout à coup, elle me semble de trop, cette chaise. Elle me semble de trop, comme ce grand-père qui m’a rappelé par sa seule présence que je ne pouvais pas arracher les veines du corps de son petit-fils pour étranger son propre cou avec. Je ne peux pas. Et le monde autour de nous. Les gens. C’est interdit. La magie noire, c’est interdit. Et fracasser la gueule d’un gosse aussi. Et lui c’est qu’un enfant, que risque-t-il, hein ? Une tape sur les mains ? Je sens les larmes de la rage et de frustration remplir mon regard avant même de sentir l’émotion monter. Mais moi, si je me retourne subitement pour lui lancer ma chaise dessus, c’est moi qui vais… Et après je ne pourrais plus jamais… Je ne peux pas…
Je m’avance tout à coup vers la table, mes yeux vissés sur le garçon immobilisé par la main de son grand-père. La colère déforme mon visage. Le haut de mes cuisses percute le rebord de la table. Les verres qui étaient encore debout tremblent et tombent. Violemment, j'abats mes deux mains à plat sur la table ; le choc remonte juste que dans mes épaules. Mes doigts s'agrippent au plateau en bois. Je le secoue une fois pour que ma colère ait un son, qu’elle ait une constance. La table tremble, le bruit explose à mes oreilles. Alors j’ouvre la bouche et ma voix ne sort pas comme le hurlement que j’imaginais. Elle est étouffée par une colère qui la rend tremblante et sourde.
« Dégagez-le ! Dégagez-le d’ici avant que je… »
Je le regarde lui, mais c’est au grand-père que je m’adresse. La colère m’étouffe tant que je ne peux rien ajouter de plus.
Je me suis permise une réponse rapide puisque la situation exigeait une réponse rapide d'Aelle !
Un bruit aigu de l’autre côté de la table. Aussi soudain que brusque. Je me tourne aussitôt vers lui, car je sais que c’est lui. Je tombe sur son visage déchiré par la rage et mon corps réagit avant même de comprendre qu’il ne s’est absolument pas calmé. Il va quand même pas… Son corps debout, ses yeux exorbités, la colère dans son regard, son corps tendu par la même rage brute qui l’a fait se lever tout à l’heure. S’il fait le moindre geste, j’vais lui faire comprendre que… Mes bras se décroisent, ce n’est pas moi qui décide d’attraper ma baguette magique, ce n’est pas moi qui force ma main à dégainer, ce n’est pas moi qui donne l’impulsion à mon corps ; c’est la réaction logique à ce qui passe devant moi. Mon sang bout dans mes veines, mon cœur tonne dans mes oreilles. La colère revient comme si elle ne s’était pas jamais apaisée ; il aurait dû rester assis et se taire, c'était la seule réaction acceptable, s'il ouvre la bouche je ne pourrais pas me retenir de lui envoyer un sortilège bien senti. Aucune autre pensée logique que celle-ci en le voyant se relever si brusquement.
MacTairdelbach s'agrippe au dossier de sa chaise. Je ne comprends pas ce qui se passe. Dans mon imaginaire, c’est impossible qu’une telle chose arrive. Personne ne balance les chaises sur les autres dans un bal comme celui-ci, surtout pas un mec incapable de respirer sans l’accord de son grand père. Mais il s’agrippe au dossier de la chaise. Il la soulève. J’ai à peine conscience de mon bras plaqué contre la poitrine de Herminie. Un vaine tentative de la repousser, parce que j’ai compris avant même de réussir à le conscientiser ce qu’il s’apprête à faire.
Je n’en ai pas le temps.
Il soulève la chaise et la balance par-dessus la table.
Ça vrombit dans mes oreilles, c’est mon cœur qui bat fort, qui bat lourdement, c’est mon sang qui pulse avec violence, qui bout dans mes veines, qui brûle dans mon corps, de la tête au pied j’ai l’impression de brûler. Je me lève ; ce n’est pas moi qui me lève. Je brandis ma baguette ; ce n’est pas moi qui le fait. « Reducto ! » ; ce n’est pas ma bouche qui parle. Le sortilège fuse, percute la chaise. Les pieds, le dossier, l’assise, tout se réduit en une fine poussière qui retombe sur la table et ses occupants. Je la sens qui s’insinue dans mes narines, qui se dépose sur mes cheveux, qui rentre dans ma bouche. J'ai du mal à respirer, j'ai du mal à comprendre ce que je viens de faire, c'est à peine si je réalise que la baguette qui danse devant mes yeux est la mienne.
Un choc contre la table. Les verres tintent, se cognent, tombent. Certains se brisent. Les assiettes tremblent contre les couverts. Le bruit me paraît infernal. C’est lui, lui qui a percuté la table. Son regard hurle. Sa voix résonne. Je ne comprends ses paroles qu’après coup, avec quelques secondes de décalage. Pauvre idiote. Mais ce n’est pas à ça que je pense. Mon cœur est retourné à sa place et de là il bat fort, fort, fort, si fort que je n’arrive plus très bien à respirer, plus très bien à comprendre ce qui se passe autour de moi. Il continue de crier, ses mots tombent comme la foudre, je suis trop secouée pour penser à les écouter. De toute manière, ce ne sont pas à ses insultes que je pense. C’est à la chaise. La chaise, il m’a balancé une chaise dessus. Il m’a balancé une chaise dessus et Herminie était juste à côté. Il m’a balancé une chaise dessus au milieu d’une salle de bal. Il m’a balancé une chaise dessus et Herminie était juste à côté. La scène se répète en boucle dans mon esprit. Son corps enragé. Ses bras qui se tendent quand il soulève la chaise. Les muscles saillants de son cou. Son horrible visage déformé par la fureur. La chaise au-dessus de lui. La chaise qui vole. Son corps enragé. Ses bras qui se tendent quand il soulève la chaise. La chaise qui vole. Son horrible visage déformé par la fureur. La chaise qui vole. Une seule seconde. Ma baguette. Le sortilège. J’ai de la poussière dans la bouche et sur la langue. Et il continue de hurler, de faire pleuvoir des mots qui ne veulent rien dire sur moi.
Mes oreilles se débouchent soudainement, j’inspire par la bouche. Je prends conscience de mon bras qui tremble. Non, mes bras. Et de mon cœur qui remonte dans ma gorge. Je réalise ce qu’il m’a poussé à faire. Je réalise qu’il vient de m’attaquer. La fureur éclate violemment dans ma tête. Une fureur blanche qui me donne envie de hurler, mais tout s’étrangle dans ma gorge. Je suis figée devant la table, debout, mes phalanges blanchies par la force avec laquelle je serre ma baguette magique. La colère éteint mes sens, pendant un très bref moment je n’y vois plus rien du tout. Je m’imagine faire un grand geste latéral du bras et la table qui se renverse et percute le garçon. Son corps qui tombe brusquement en arrière, repoussé par une force contre laquelle il ne peut pas lutter. Tout se mélange dans ma tête, n’est réel que ce sentiment glacial qui murmure du fond de ma tête : vas-y, fais-le, tu peux le réduire en poussière, tu peux lui faire mal, tu peux lui faire payer. Et j’en meurs d’envie. De nettoyer ce visage de la rage qui le déchire et de ne plus rien laisser d’autre. Et je l’aurais fait. Je l’aurais payé, mais je l’aurais fait. Je me serais sentie bien, après. Libérée de cette pression qu’exerce la fureur derrière mes yeux.
Un homme s’approche de la table. Mon bras qui avait amorcé un mouvement s’immobilise. Mes lèvres qui avaient commencé à invoquer un sortilège se taisent. Mon esprit qui déjà avait visualisé mon œuvre s’embrouille. Mon cœur bat tellement fort qu’il me fait mal. Le vieillard s’approche du gamin et pose une main sur son épaule. Il réduit à néant mes grands plans de vengeance. Il ne m’en faut pas davantage pour comprendre que c’est lui, que c’est le grand-père.
Alors c’est tout ?
Non. Je me sens faire un pas en arrière. Je percute ma chaise que j’ai repoussée quand je me suis levée. Et tout à coup, elle me semble de trop, cette chaise. Elle me semble de trop, comme ce grand-père qui m’a rappelé par sa seule présence que je ne pouvais pas arracher les veines du corps de son petit-fils pour étranger son propre cou avec. Je ne peux pas. Et le monde autour de nous. Les gens. C’est interdit. La magie noire, c’est interdit. Et fracasser la gueule d’un gosse aussi. Et lui c’est qu’un enfant, que risque-t-il, hein ? Une tape sur les mains ? Je sens les larmes de la rage et de frustration remplir mon regard avant même de sentir l’émotion monter. Mais moi, si je me retourne subitement pour lui lancer ma chaise dessus, c’est moi qui vais… Et après je ne pourrais plus jamais… Je ne peux pas…
Je m’avance tout à coup vers la table, mes yeux vissés sur le garçon immobilisé par la main de son grand-père. La colère déforme mon visage. Le haut de mes cuisses percute le rebord de la table. Les verres qui étaient encore debout tremblent et tombent. Violemment, j'abats mes deux mains à plat sur la table ; le choc remonte juste que dans mes épaules. Mes doigts s'agrippent au plateau en bois. Je le secoue une fois pour que ma colère ait un son, qu’elle ait une constance. La table tremble, le bruit explose à mes oreilles. Alors j’ouvre la bouche et ma voix ne sort pas comme le hurlement que j’imaginais. Elle est étouffée par une colère qui la rend tremblante et sourde.
« Dégagez-le ! Dégagez-le d’ici avant que je… »
Je le regarde lui, mais c’est au grand-père que je m’adresse. La colère m’étouffe tant que je ne peux rien ajouter de plus.
Je me suis permise une réponse rapide puisque la situation exigeait une réponse rapide d'Aelle !
Table f. | Sagittaire
bbb
31 Décembre 2050
38 ans
Place Armand Malefoy
38 ans
Place Armand Malefoy
C'est en compagnie d'Alden que je rejoins ma table, accrochée à son bras. Si je suis un peu déçue de ne pas être à la même table que mes amis, je me console en me disant que ce n'est que temporaire et que cela ne me fera pas de mal de voir d'autres personnes. Nous nous retrouverons plus tard.
- J'y compte bien. Répondis-je à l'attention de mon amie avant de le laisser partir.
Je ne paye pas attention à ma table tout de suite. J'en reste un peu à l'écart, cherchant du regard la moindre position de mes amis. Je repère vite Al - après tout j'avais juste à le suivre des yeux jusqu'à ce qu'il arrive à sa place - puis après quelques minutes Miya de l'autre côté de la salle. Juste à côté de sa table, Kieran. En revanche, je ne parviens pas à repérer Alicia et Kendji dans la foule, et après quelques minutes de plus, j'abandonne. Avec un peu de chance, eux m'ont repéré.
Ce sont des cris et des éclats de verre qui finissent par attirer mon attention... A ma table, justement. Une chaise semble avoir volé, tandis qu'une marre de potage se déverse sur le sol. Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il s'est passé, cependant, il est facile d'identifier entre qui la dispute a éclaté. Une jeune femme et un garçon sont tous les deux debout, semblant l'un comme l'autre dans une colère immense. Je réduis l'écart qui me séparait de la table en un éclair, me retrouvant vite près de la jeune femme. Merlin, on en est qu'à l'entrée... Je n'ai même pas eu le temps de repérer ma place exacte !
- Ca suffit. Tous les deux. Ce n'est pas la peine de vous donner en spectacle.
Mon regard se pose sur l'homme aux côtés du jeune sorcier. Par Helga, qu'il l'éloigne d'ici avant qu'une autre bombabouse explose. Je n'ai aucunement l'intention d'assister à un autre vol de chaise, ou de vaisselle. Ma main est sur ma baguette, ingénieusement attachée à ma cuisse sous le tissu turquoise, prête à être dégainée au moindre incident supplémentaire. Je l'ai prise car je ne m'en sépare jamais, mais je n'ai pas pensé un seul instant que je pourrais me retrouver dans une situation qui nécessiterait son utilisation.
#946785 - Membre de l'UDS - #tutoiement
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