22 févr. 2016, 20:59
Trois petits lutins perturbés
La question posée, Abby eut la sotte idée de se figurer que c'en était fini de la partie la plus effrayante/impressionnante/difficile de leur discours, qui était tour à tour un peu de tout ça et tout ça à la fois. Maintenant, tout dépendait de Miss Loewy : elles avaient intelligemment et intelligiblement exprimé leur point de vue, leur requête, leur inquiétude, et leur gentille, protectrice, adorable, effrayante, impressionnante, imposante et surpuissante directrice allait les rassurer et, dans la douceur qui la caractérisait, abolir le Quidditch de manière irrévocable et définitive, ou tout du moins instaurer des pénalités à chaque parole trop dure, chaque cognard atteignant son but, si bien qu'on ne gagnerait plus des points qu'en protégeant ses adversaires de l'assaut terrible des balles de fer. Avalant une dragée qu'elle avait piochée quelques secondes auparavant avec un visage distordu par une moue désespérément ennuyée, la jeune femme leur assura avec une bonté déconcertante son accord absolu et sa totale compréhension de leur point de vue :
« Avez-vous des problèmes avec vos camarades ? »
Ou presque. Comme Joy niait à haute voix, Abby exprima sa négation par une moue déconcertée. Elle, non. De toute manière, elle ne savait pas lancer le Souafle droit et maniait la batte comme un pingouin atrophié, sans compter son aptitude si particulière à se prendre le vif dans le nez – il devenait alors évident que cette petite-là ne mettrait jamais le pied sur un terrain de Quidditch, ou du moins ailleurs que dans les tribunes. En revanche, elles avaient dans leurs rangs un petit prodige du balai volant, une adolescente plus frêle qu'un roseau toute en cape verte et cheveux noirs, qui avait lors de la saison précédente vaillamment combattu pour sa Maison au grand dam de ses amis. Qu'Amaëlle, après trois cognards dans la tronche, ait finalement décidé de se retirer de l'équipe avait valu le sacrifice d'une innocente compote qui n'avait rien demandé.
Abby avait cependant d'autres amis – ou tout du moins des connaissances – qui continuaient à s'adonner à ce sport barbare que l'on disait être le préféré des sorciers (comme si ils ne pouvaient pas se contenter de joyeuses courses de balai dont son père lui avait autrefois raconté la tenue en Suède, Norvège ou Danemark), et c'était pour leur frimousse boutonneuse que la petite allait parfois à s'inquiéter. Surtout depuis les nouvelles règles, en réalité, qui poussaient à la sacralisation de figures en tous genres, et plus le taux d'échec était élevé, plus les joueurs se défiaient mutuellement de les réaliser ; elle voulait bien que quelques Gryffondors attardés se laissent aller à jouer à l’Épiméthée (elle avait l'habitude, puisque c'était justement un trait de caractère qu'elle avait appris à partager), mais elle voyait moins comment quelques vénérables Serdaigles ou les plus Poufsouffles des Poufsouffles (elle ne parlerait pas des Serpentards, puisque leur comportement relevait sans le moindre doute d'une intense réflexion sur ce qui leur ferait le plus profitable) avaient pu se laisser entraîner dans une pareille absurdité.
« En tout cas, mesdemoiselles, vous vous doutez bien que je ne tolérerai pas que des élèves ressentent un mal-être à ce propos dans cette école » ajouta Miss Loewy, arrachant un sourire soulagé à la fillette, avant de continuer sur un ton égal : « Puisque vous êtes toutes les trois préfètes, je compte aussi sur vous pour raisonner vos camarades et éviter au mieux les débordements. »
Abigail se surprit à acquiescer, comme une élève prise en faute, alors qu'elles venaient justement demander de l'aide pour quelque chose qui les dépassait. Si elle était en ce moment prise sur le fait, c'était justement dans l'exercice de ses fonctions. Reprenant contenance d'une inspiration discrète, elle se prépara à préciser le point de vue qu'elle partageait avec ses alliées d'une bataille ; étrange comme leur confrontation avec la Directrice de Poudlard se parait d'adjectifs aux connotations agressives, presque guerrières.
« C’est tout ? » questionna finalement la jeune femme, ouvrant par ces mots la deuxième manche d'un combat inégal – d'un côté, le sport préféré des sorciers occidentaux, et ce depuis plusieurs siècles ; de l'autre, trois brins de sorcière déterminées à rectifier le tir.
« En fait... non. »
Joy fut, une fois encore, la première à reprendre la parole, saisissant des deux mains l'éloquence que lui confiait son jeune âge. Elle avait la voix un peu rocailleuse, et un coup d’œil alarmé appris à Abby que ses yeux semblaient se remplir de larmes contenues. Allons bon, était-elle tant blessée par les paroles de leur aînée ?
« On parlait du Quidditch. C'est pas trop cool comme sport.. pour heu.. ben pour la sécurité des gens.. »
Ah ben non, elle avait juste envie de tousser. De cette toux impromptue qui s'entête à vous piquer la gorge et vous prend par surprise dans les situations les moins appropriées ; Abby compatissait sincèrement à la douleur de sa cadette, et perdue dans ses froncements de sourcils et ses moues... compatissantes, elle laissa Amaëlle enchaîner avec brio :
« Bah euh… c'est parce qu'au Quidditch on peut insulter les gens pour les déconcentrer, qu'on peut frapper sur les gens avec des balles en métal et que ça fait partie du jeu… c'est quand même pas très rassurant dit comme ça, et c'est vrai quoi. Du coup c'est quand même assez violent, très violent. En plus de ça y'a des choses vraiment dangereuses ! Les figures où faut se jeter dans le vide et tout... moi quand je vois du Quidditch j'ai peur pour les joueurs vous savez… beaucoup. »
« C'est pas qu'on doute de votre capacité à arrêter une chute vertigineuse de plus d'une dizaine de mètres de haut par temps pluvieux, hein » embraya Abigail lorsqu'elle sentit la voix de sa meilleure amie s'éteindre sur ses derniers mots. « Ou enneigé, d'ailleurs, y'a pas de raison. Non, c'est juste que bon, y'a toujours un risque, et puis même, on parle des joueurs et tout, mais les cognards ça peut viser tout le monde hein ! Rien que l'arbitre, il doit se retrouver une quinzaine de fois en danger de mort ! Et une chute ? Ça arrive même au meilleur des finisseurs ! »
Elle fit une (très) courte pause et conclut avec une moue embêtée :
« Nous, on veut bien faire tout ce qu'on peut en tant que préfètes, arrêter les bagarres et tout, mais ça, c'est définitivement un système pourri pour lequel on a besoin de l'appui d'un adulte. Et on est sûre, maintenant, que vous voulez garder vos élèves en vie. Or l'exercice du Quidditch, qu'il s'agisse d'entraînements ou de matchs officiels, est à l'origine de quarante pourcents des accidents nécessitant un séjour à l'infirmerie, j'ai vérifié auprès de Miss Lloyd. C'est moins de la moitié, mais c'est franchement beaucoup, et déjà bien assez. »
Les 60% restants se composaient d'un savant mélange d'accidents ménagers (foulure de la narine gauche par une petite cuillère, marche défectueuse à l'origine d'une entorse du petit orteil, bras cassé pour cause de tapis farceur...), de soucis d'ordre magique (disparition des cordes vocales, pousse d'un troisième bras, cécité momentanée...) et d'un petit nombre de problèmes plus basiques (crises d'hypoglycémie, crampes des mollets, reflux gastro-œsophagien...), mais Abby ne jugea pas nécessaire de le préciser. Maintenant qu'elles étaient entrées dans le vif du sujet, la petite arborait une expression soucieuse ; le regard fixé sur les mains pâles de son professeur, dont l'une était gantée de noir, elle attendait la réponse en se fustigeant pour son attitude à la limite de l'insolence, sans oser lever les yeux sur le visage creusé par la fatigue.
« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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« Avez-vous des problèmes avec vos camarades ? »
Ou presque. Comme Joy niait à haute voix, Abby exprima sa négation par une moue déconcertée. Elle, non. De toute manière, elle ne savait pas lancer le Souafle droit et maniait la batte comme un pingouin atrophié, sans compter son aptitude si particulière à se prendre le vif dans le nez – il devenait alors évident que cette petite-là ne mettrait jamais le pied sur un terrain de Quidditch, ou du moins ailleurs que dans les tribunes. En revanche, elles avaient dans leurs rangs un petit prodige du balai volant, une adolescente plus frêle qu'un roseau toute en cape verte et cheveux noirs, qui avait lors de la saison précédente vaillamment combattu pour sa Maison au grand dam de ses amis. Qu'Amaëlle, après trois cognards dans la tronche, ait finalement décidé de se retirer de l'équipe avait valu le sacrifice d'une innocente compote qui n'avait rien demandé.
Abby avait cependant d'autres amis – ou tout du moins des connaissances – qui continuaient à s'adonner à ce sport barbare que l'on disait être le préféré des sorciers (comme si ils ne pouvaient pas se contenter de joyeuses courses de balai dont son père lui avait autrefois raconté la tenue en Suède, Norvège ou Danemark), et c'était pour leur frimousse boutonneuse que la petite allait parfois à s'inquiéter. Surtout depuis les nouvelles règles, en réalité, qui poussaient à la sacralisation de figures en tous genres, et plus le taux d'échec était élevé, plus les joueurs se défiaient mutuellement de les réaliser ; elle voulait bien que quelques Gryffondors attardés se laissent aller à jouer à l’Épiméthée (elle avait l'habitude, puisque c'était justement un trait de caractère qu'elle avait appris à partager), mais elle voyait moins comment quelques vénérables Serdaigles ou les plus Poufsouffles des Poufsouffles (elle ne parlerait pas des Serpentards, puisque leur comportement relevait sans le moindre doute d'une intense réflexion sur ce qui leur ferait le plus profitable) avaient pu se laisser entraîner dans une pareille absurdité.
« En tout cas, mesdemoiselles, vous vous doutez bien que je ne tolérerai pas que des élèves ressentent un mal-être à ce propos dans cette école » ajouta Miss Loewy, arrachant un sourire soulagé à la fillette, avant de continuer sur un ton égal : « Puisque vous êtes toutes les trois préfètes, je compte aussi sur vous pour raisonner vos camarades et éviter au mieux les débordements. »
Abigail se surprit à acquiescer, comme une élève prise en faute, alors qu'elles venaient justement demander de l'aide pour quelque chose qui les dépassait. Si elle était en ce moment prise sur le fait, c'était justement dans l'exercice de ses fonctions. Reprenant contenance d'une inspiration discrète, elle se prépara à préciser le point de vue qu'elle partageait avec ses alliées d'une bataille ; étrange comme leur confrontation avec la Directrice de Poudlard se parait d'adjectifs aux connotations agressives, presque guerrières.
« C’est tout ? » questionna finalement la jeune femme, ouvrant par ces mots la deuxième manche d'un combat inégal – d'un côté, le sport préféré des sorciers occidentaux, et ce depuis plusieurs siècles ; de l'autre, trois brins de sorcière déterminées à rectifier le tir.
« En fait... non. »
Joy fut, une fois encore, la première à reprendre la parole, saisissant des deux mains l'éloquence que lui confiait son jeune âge. Elle avait la voix un peu rocailleuse, et un coup d’œil alarmé appris à Abby que ses yeux semblaient se remplir de larmes contenues. Allons bon, était-elle tant blessée par les paroles de leur aînée ?
« On parlait du Quidditch. C'est pas trop cool comme sport.. pour heu.. ben pour la sécurité des gens.. »
Ah ben non, elle avait juste envie de tousser. De cette toux impromptue qui s'entête à vous piquer la gorge et vous prend par surprise dans les situations les moins appropriées ; Abby compatissait sincèrement à la douleur de sa cadette, et perdue dans ses froncements de sourcils et ses moues... compatissantes, elle laissa Amaëlle enchaîner avec brio :
« Bah euh… c'est parce qu'au Quidditch on peut insulter les gens pour les déconcentrer, qu'on peut frapper sur les gens avec des balles en métal et que ça fait partie du jeu… c'est quand même pas très rassurant dit comme ça, et c'est vrai quoi. Du coup c'est quand même assez violent, très violent. En plus de ça y'a des choses vraiment dangereuses ! Les figures où faut se jeter dans le vide et tout... moi quand je vois du Quidditch j'ai peur pour les joueurs vous savez… beaucoup. »
« C'est pas qu'on doute de votre capacité à arrêter une chute vertigineuse de plus d'une dizaine de mètres de haut par temps pluvieux, hein » embraya Abigail lorsqu'elle sentit la voix de sa meilleure amie s'éteindre sur ses derniers mots. « Ou enneigé, d'ailleurs, y'a pas de raison. Non, c'est juste que bon, y'a toujours un risque, et puis même, on parle des joueurs et tout, mais les cognards ça peut viser tout le monde hein ! Rien que l'arbitre, il doit se retrouver une quinzaine de fois en danger de mort ! Et une chute ? Ça arrive même au meilleur des finisseurs ! »
Elle fit une (très) courte pause et conclut avec une moue embêtée :
« Nous, on veut bien faire tout ce qu'on peut en tant que préfètes, arrêter les bagarres et tout, mais ça, c'est définitivement un système pourri pour lequel on a besoin de l'appui d'un adulte. Et on est sûre, maintenant, que vous voulez garder vos élèves en vie. Or l'exercice du Quidditch, qu'il s'agisse d'entraînements ou de matchs officiels, est à l'origine de quarante pourcents des accidents nécessitant un séjour à l'infirmerie, j'ai vérifié auprès de Miss Lloyd. C'est moins de la moitié, mais c'est franchement beaucoup, et déjà bien assez. »
Les 60% restants se composaient d'un savant mélange d'accidents ménagers (foulure de la narine gauche par une petite cuillère, marche défectueuse à l'origine d'une entorse du petit orteil, bras cassé pour cause de tapis farceur...), de soucis d'ordre magique (disparition des cordes vocales, pousse d'un troisième bras, cécité momentanée...) et d'un petit nombre de problèmes plus basiques (crises d'hypoglycémie, crampes des mollets, reflux gastro-œsophagien...), mais Abby ne jugea pas nécessaire de le préciser. Maintenant qu'elles étaient entrées dans le vif du sujet, la petite arborait une expression soucieuse ; le regard fixé sur les mains pâles de son professeur, dont l'une était gantée de noir, elle attendait la réponse en se fustigeant pour son attitude à la limite de l'insolence, sans oser lever les yeux sur le visage creusé par la fatigue.
Reducio
Sincèrement navrée pour le retard.
« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)
20 mars 2016, 15:42
Trois petits lutins perturbés
La surprise de Kristen se traduisit sur son visage par un petit geste de recul et un haussement de sourcils incontrôlé. Ainsi donc, ces élèves se levaient corps et âme contre les dangers du Quidditch, mais ne s’étonnaient pas de la tenue d’un Tournoi des Trois Sorciers juste sous leurs yeux ? Elle prit une nouvelle dragée et retint un sourire amusé. Croisant les doigts, elle s’avança, posant son regard sur chacune des trois jeunes filles tour à tour.
« Je vois. »
Alors qu’elle poursuivait son inspection, son sourire s’étendit et elle soupira.
« Sachez, mesdemoiselles, que le Quidditch est un sport vieux de plusieurs siècles, et que de nombreuses règles ont été ajoutées depuis sa création afin de garantir la sécurité maximale des joueurs – vous noterez d’ailleurs qu’aucune de ces règles n’oblige les joueurs à faire le poirier sur leur balai… Et que suis-je, à hauteur d’une dizaine de siècles, pour m’opposer à la tenue de ce sport, quand la plupart de la communauté magique s’extasie devant lui et ceux qui le pratiquent ? »
Kristen n’avait pas d’affinité particulière avec le Quidditch, pas plus qu’elle n’en avait avec tout ce qui avait trait à la compétition. Si elle assistait aux matches de Quidditch et qu’elle supportait actuellement l’équipe de Poudlard, c’était aussi par devoir : elle se devait d’apparaître pour supporter l’équipe de son école.
« Par ailleurs, nous veillons à ce que rien ne tourne trop mal sur le terrain, soyez rassurées. Nous avons également de la chance d’avoir une infirmière particulièrement qualifiée pour traiter les maux que le Quidditch pourrait causer. »
Les arguments des jeunes filles se tenaient tout à fait ; cependant, Kristen ne pouvait se permettre de dire « oui, vous avez raison, on arrête tout ! mort au Quidditch ! », tout simplement car elle n’avait en réalité aucun pouvoir pour dire cela et parce que le nombre de personnes qui adoraient – voire vouaient un culte – au Quidditch était moindre par rapport à ceux qui manifestaient leurs réticences à l’égard de ce sport, il est vrai, assez violent.
Il en allait de même pour le Tournoi des Trois Sorciers : si médiatisé, cet événement en devenait tout à fait intouchable. Elle posa tout de même une question aux trois fillettes :
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Elle posa son coude sur son bureau, mit sa joue dans sa paume et sourit, plissant les yeux, comme si elle les mettait au défi.
«Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
« Je vois. »
Alors qu’elle poursuivait son inspection, son sourire s’étendit et elle soupira.
« Sachez, mesdemoiselles, que le Quidditch est un sport vieux de plusieurs siècles, et que de nombreuses règles ont été ajoutées depuis sa création afin de garantir la sécurité maximale des joueurs – vous noterez d’ailleurs qu’aucune de ces règles n’oblige les joueurs à faire le poirier sur leur balai… Et que suis-je, à hauteur d’une dizaine de siècles, pour m’opposer à la tenue de ce sport, quand la plupart de la communauté magique s’extasie devant lui et ceux qui le pratiquent ? »
Kristen n’avait pas d’affinité particulière avec le Quidditch, pas plus qu’elle n’en avait avec tout ce qui avait trait à la compétition. Si elle assistait aux matches de Quidditch et qu’elle supportait actuellement l’équipe de Poudlard, c’était aussi par devoir : elle se devait d’apparaître pour supporter l’équipe de son école.
« Par ailleurs, nous veillons à ce que rien ne tourne trop mal sur le terrain, soyez rassurées. Nous avons également de la chance d’avoir une infirmière particulièrement qualifiée pour traiter les maux que le Quidditch pourrait causer. »
Les arguments des jeunes filles se tenaient tout à fait ; cependant, Kristen ne pouvait se permettre de dire « oui, vous avez raison, on arrête tout ! mort au Quidditch ! », tout simplement car elle n’avait en réalité aucun pouvoir pour dire cela et parce que le nombre de personnes qui adoraient – voire vouaient un culte – au Quidditch était moindre par rapport à ceux qui manifestaient leurs réticences à l’égard de ce sport, il est vrai, assez violent.
Il en allait de même pour le Tournoi des Trois Sorciers : si médiatisé, cet événement en devenait tout à fait intouchable. Elle posa tout de même une question aux trois fillettes :
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Elle posa son coude sur son bureau, mit sa joue dans sa paume et sourit, plissant les yeux, comme si elle les mettait au défi.
«Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
Équipe Modératus
Mère du dragon - Justice funèbre - Grande Prêtresse Noire - DJ Kraken | ▶
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5 avr. 2016, 13:41
Trois petits lutins perturbés
Les trois camarades avaient dévoilé toutes leurs ressources. Avant de venir déranger la directrice, les trois jeunes filles s'étaient concertées et, voyant qu'elles étaient d'accord sur le sujet « Quidditch », s'étaient senties capables d'aller en parler à la personne la plus haut placée de Poudlard. Si celle-ci se montrait réticente, alors les préfètes n'auraient d'autre choix que d'abandonner leur idée d'abolir le Quidditch. Elles devraient continuer à subir l'engouement des autres élèves quant à ce sport terrifiant. Étaient-ils fous, idiots, inconscients ou passionnés ? Joy n'arrivait pas à comprendre comment le Quidditch pouvait récolter autant de succès auprès d'un public pourtant averti ; beaucoup de chiffres témoignaient de la dangerosité de ce sport. À croire que plus ça faisait mal et mieux c'était.
Au grand dam de Joy, miss Loewy ne semblait pas particulièrement emballée par l'idée de rayer le Quidditch de Poudlard. Elle les fixa avant d'arguer que tout était surveillé, que l'infirmière savait s'y prendre pour soigner les victimes des battes, des cognards, des souafles et autres, et que de toute façon, même la directrice de la prestigieuse école Poudlard ne pouvait s'opposer à un sport qui remportait la faveur de la foule depuis des centaines d'années. Joy, bien qu'elle comprenne que miss Loewy ne pouvait pas répondre favorablement à leur requête, se sentait immensément déçue. Elle y avait cru. L'espace d'un instant, elle s'était sentie pousser des ailes, comme si en compagnie d'Amaëlle et d'Abigail, rien n'aurait pu leur être refusé.
Joy crut que c'en était terminé et qu'elles pouvaient retourner vaquer à leurs occupations lorsque la directrice reprit, enchaînant sur un sujet qui planta la fillette sur place.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Puis elle leur fit une remarque à propos de banderoles que Joy n'osa pas relever. Elle était trop concentrée sur ses introspections concernant le Tournoi. Miss Loewy marquait un point ; le Quidditch et le Tournoi se ressemblaient considérablement sur le point de la sécurité - pas assez présente dans les deux cas. La Serdaigle ne pouvait nier qu'elle avait assisté à la première tâche et qu'elle avait trouvé ça divertissant, qu'elle avait apprécié voir la façon dont les champions se débrouillaient. Elle se demanda un instant si cela faisait d'elle une personne sadique. Elle s'en voulut légèrement avant de se rappeler qu'elle n'était pas la seule et que, de toute façon, s'il arrivait quelque chose, elle n'était pas la première personne à inculper - loin de là. Rares étaient les élèves qui exécraient le Tournoi. Malgré tout, miss Loewy n'avait pas tort en disant qu'apprécier le Tournoi et détester le Quidditch n'avait pas beaucoup de sens.
« Oui... oui, c'est vrai que le Tournoi n'est pas très sécurisé non plus. Mais... le Tournoi des Trois Sorciers c'est un peu différent quand même. J'veux dire, c'est la coupe qui... ben qui désigne les champions, quoi. Et la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger... »
Elle se tortilla les mains, écouta ses deux camarades se prononcer, puis, lorsqu'elles eurent fini, elle dit :
« En tout cas, merci beaucoup de nous avoir écouté. C'est dommage que vous puissiez pas retirer le Quidditch et... heu, ben, merci. Au revoir et bonne journée, miss. »
Elle quitta ensuite les lieux en compagnie d'Amaëlle et d'Abigail, déçue d'avoir échoué mais fière d'avoir osé. Elle n'avait rien perdu et gagné l'occasion de passer un peu de temps avec deux élèves qu'elle appréciait.
Les gens du pays pensent que la vie est belle ici. La vie est belle, oui, mais quand on la rêve.
Au grand dam de Joy, miss Loewy ne semblait pas particulièrement emballée par l'idée de rayer le Quidditch de Poudlard. Elle les fixa avant d'arguer que tout était surveillé, que l'infirmière savait s'y prendre pour soigner les victimes des battes, des cognards, des souafles et autres, et que de toute façon, même la directrice de la prestigieuse école Poudlard ne pouvait s'opposer à un sport qui remportait la faveur de la foule depuis des centaines d'années. Joy, bien qu'elle comprenne que miss Loewy ne pouvait pas répondre favorablement à leur requête, se sentait immensément déçue. Elle y avait cru. L'espace d'un instant, elle s'était sentie pousser des ailes, comme si en compagnie d'Amaëlle et d'Abigail, rien n'aurait pu leur être refusé.
Joy crut que c'en était terminé et qu'elles pouvaient retourner vaquer à leurs occupations lorsque la directrice reprit, enchaînant sur un sujet qui planta la fillette sur place.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Puis elle leur fit une remarque à propos de banderoles que Joy n'osa pas relever. Elle était trop concentrée sur ses introspections concernant le Tournoi. Miss Loewy marquait un point ; le Quidditch et le Tournoi se ressemblaient considérablement sur le point de la sécurité - pas assez présente dans les deux cas. La Serdaigle ne pouvait nier qu'elle avait assisté à la première tâche et qu'elle avait trouvé ça divertissant, qu'elle avait apprécié voir la façon dont les champions se débrouillaient. Elle se demanda un instant si cela faisait d'elle une personne sadique. Elle s'en voulut légèrement avant de se rappeler qu'elle n'était pas la seule et que, de toute façon, s'il arrivait quelque chose, elle n'était pas la première personne à inculper - loin de là. Rares étaient les élèves qui exécraient le Tournoi. Malgré tout, miss Loewy n'avait pas tort en disant qu'apprécier le Tournoi et détester le Quidditch n'avait pas beaucoup de sens.
« Oui... oui, c'est vrai que le Tournoi n'est pas très sécurisé non plus. Mais... le Tournoi des Trois Sorciers c'est un peu différent quand même. J'veux dire, c'est la coupe qui... ben qui désigne les champions, quoi. Et la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger... »
Elle se tortilla les mains, écouta ses deux camarades se prononcer, puis, lorsqu'elles eurent fini, elle dit :
« En tout cas, merci beaucoup de nous avoir écouté. C'est dommage que vous puissiez pas retirer le Quidditch et... heu, ben, merci. Au revoir et bonne journée, miss. »
Elle quitta ensuite les lieux en compagnie d'Amaëlle et d'Abigail, déçue d'avoir échoué mais fière d'avoir osé. Elle n'avait rien perdu et gagné l'occasion de passer un peu de temps avec deux élèves qu'elle appréciait.
Reducio
Amaëlle, Abigail et moi nous sommes mises d'accord pour faire encore un dernier post chacune. Voici le mien, c'est donc terminé pour ma part. Merci beaucoup pour ce RPG ! 
Les gens du pays pensent que la vie est belle ici. La vie est belle, oui, mais quand on la rêve.
16 mai 2016, 23:13
Trois petits lutins perturbés
La petite verte et argent inclina la tête, fronçant très légèrement les sourcils : pourquoi diable Miss Loewy souriait-elle ? Les trois petites filles venaient de lui parler d'agressions et de violences scolaire qui avait lieu au sein de l'établissement et même étaient encouragées sous sa direction, il n'y avait pas de quoi sourire en théorie. Si ? A moins que ce ne soit quelque sourire de soulagement qui ne décrive rien d'autre que la joie d'avoir enfin rencontré des élèves qui se préoccupent du problème. Pourtant et curieusement Amaëlle n'y croyait pas tant que cela.
D'ailleurs le mince petit espoir qui subsistait encore sur l'expression à la fois étonnée et perplexe d'Amaëlle disparu rapidement : de toute évidence Miss Loewy n'avait ni l'envie ni le pouvoir de faire quoique ce soit. Le petit sourire devait donc bien être un petit sourire moqueur, ou peut-être bien attendri par ce qui serait vu comme une petite lubie enfantine, ce qui était sans doute pire. Si elle n'avait pas été pas si apeurée à l'idée de se faire punir par la grande directrice de Poudlard Amaëlle n'aurait sans doute pas retenu le petit sourire railleur qu'elle sentait vouloir monter sur ses lèvres : apparemment les choses étaient parfaitement sécurisées. Oui il était vrai après tout que Miss Lloyd faisait des merveilles pour réparer côtes et membres cassés mais la petite verte ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle allait bien pouvoir faire le jour où on lui ramènerait un enfant dont le crâne aurait rencontré un cognard à pleine puissance ou un autre au cœur perforé. Un cœur pouvait-il se perforer d'ailleurs ? La jeune Nelly savait qu'en abîmant la cage thoracique d'une personne on pouvait faire des trous dans ses poumons mais était-ce la même chose avec le cœur ? Ça semblait logique après tout, sauf si le cœur était protégé par une sorte de barrière magique le maintenant dans un petit cocon vital. Ou bien alors s'il était si solide que rien ne pouvait l'abîmer. Mais passons, là n'était pas la question de toute façon, il était sûr que certains dommages étaient irréversibles et Miss Loewy avait bien de la chance de n'avoir jamais eu de graves accidents, elle aurait très certainement perdu ce sourire autrement.
Mais soudain, alors qu'Amaëlle pestait intérieurement contre les arguments que venait de leur opposer leur directrice, cette dernière leur posa à son tour une question.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Bouche entrouverte, ne sachant que dire, la jeune préfète était surprise. Tout d'abord elle était en premier lieu très étonnée de voir que la directrice avait remarqué leur présence dans une foule d'élèves, alors même qu'Amaëlle était arrivée en retard et qu'elles n'avaient pas fait tant d'éclats que cela… ou alors… Etait-ce possible qu'elle ait assisté à leur bataille, amicale certes mais assez puérile, qui consistait à embrigader le plus d'élèves possibles dans leur camp, c'est à dire les entraîner à parier pour un des trois champions ? A cette pensée les joues de la petite fille se colorèrent de rouge avant qu'elle n'arrive à reprendre plus ou moins contenance : elle devait aussi réfléchir sur ce qu'impliquait l'argument du Tournoi. Le tournoi était-il vraiment dangereux ? La première tâche avait consisté pour Amaëlle à observer quelque chose de trop grand pour elle, une élève faisant des cabrioles sur son balai avec une logique incompréhensible pour qui ne voyait pas ce qu'elle voyait, un autre déclenchant un tremblement de terre et l’émergence d'immense lianes et une dernière chargeant le ciel d'orage et se changeant en ce spectre si affreux qu'elle avait déjà vu le jour où elle avait rencontré un épouvantard avec Melpomène. Les comportements dangereux avaient plus l'air de venir des champions que des épreuves à première vue.
«Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
Apparemment c'était une sorte de provocation, comme si elles étaient mises au défi. Sauf que sachant qu'elles n'avaient pas l'appui de l'adulte cela revenait à les mettre au défi de s'agiter vainement en tous sens pour se couvrir à ses yeux de ridicule. Ou peut-être que Miss Loewy trouverait au contraire qu'elles avaient le mérite d'avoir du cran, elle ne savait pas trop, elle n'était pas une spécialiste de la psychologie des anciens Gryffondor devenus directeurs de Poudlard, encore moins de celle de Miss Loewy à l'air si grave qui était bien trop mystérieuse pour que l'on puisse tenter de comprendre ce qui l'animait lorsqu'on avait 13 ans et qu'on était une élève lambda.
«… la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger »
Absorbée dans ses réflexions Amaëlle avait loupé le début de la réponse de la Serdaigle, néanmoins elle était bien décidée à prendre la suite, d'autant que l'argument de Joy était bon.
« Oui voilà ! Et puis le Tournoi des trois sorciers c'est un peu comme dans les examens de fin d'année. Quand on est en première année à la fin de l'année on a des examens où on se fait attaquer par des tomates, ou par des petites créatures pas trop méchantes et c'est facile. Enfin si on avait pas été en cours ça aurait été dur et peut-être dangereux si les tomates étaient… enfin bref, voyez après les examens c'est de plus en plus dur mais on est plus fort aussi. Et bah là Elina elle est très très très forte et le Tournoi du coup c'est pas dangereux, et puis on peut se protéger puisqu'on a la magie...»
Se rendant compte qu'elle baragouinait encore un discours sans queue ni tête sa voix s'éteignait doucement : les choses étaient plus claires avant qu'elle ne les expose à l'oral, indubitablement. Aussi laissa t-elle Abby terminer, elle qui savait si bien y faire. Néanmoins la directrice n'avait pas l'air de vouloir accéder pour autant à leur requête et elle du bien se résoudre à suivre Joy lorsque son amie, peut-être la plus censée des trois, décida de faire marche arrière et de laisser l'éminente souveraine de l'endroit seule avec sa conscience qui sans aucun doute la titillerait longtemps de ne pas les avoir aidé. Il n'était pas interdit d'espérer n'est ce pas ? Aussi lâchant simplement un petit « Au revoir Miss » elle observa une dernière fois l'adulte avant de quitter la pièce, avec la vague impression que Miss Loewy était douée pour changer de sujet.
Même le plus petit serpent a du venin (si si)
Cinquième année RP
D'ailleurs le mince petit espoir qui subsistait encore sur l'expression à la fois étonnée et perplexe d'Amaëlle disparu rapidement : de toute évidence Miss Loewy n'avait ni l'envie ni le pouvoir de faire quoique ce soit. Le petit sourire devait donc bien être un petit sourire moqueur, ou peut-être bien attendri par ce qui serait vu comme une petite lubie enfantine, ce qui était sans doute pire. Si elle n'avait pas été pas si apeurée à l'idée de se faire punir par la grande directrice de Poudlard Amaëlle n'aurait sans doute pas retenu le petit sourire railleur qu'elle sentait vouloir monter sur ses lèvres : apparemment les choses étaient parfaitement sécurisées. Oui il était vrai après tout que Miss Lloyd faisait des merveilles pour réparer côtes et membres cassés mais la petite verte ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle allait bien pouvoir faire le jour où on lui ramènerait un enfant dont le crâne aurait rencontré un cognard à pleine puissance ou un autre au cœur perforé. Un cœur pouvait-il se perforer d'ailleurs ? La jeune Nelly savait qu'en abîmant la cage thoracique d'une personne on pouvait faire des trous dans ses poumons mais était-ce la même chose avec le cœur ? Ça semblait logique après tout, sauf si le cœur était protégé par une sorte de barrière magique le maintenant dans un petit cocon vital. Ou bien alors s'il était si solide que rien ne pouvait l'abîmer. Mais passons, là n'était pas la question de toute façon, il était sûr que certains dommages étaient irréversibles et Miss Loewy avait bien de la chance de n'avoir jamais eu de graves accidents, elle aurait très certainement perdu ce sourire autrement.
Mais soudain, alors qu'Amaëlle pestait intérieurement contre les arguments que venait de leur opposer leur directrice, cette dernière leur posa à son tour une question.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. Vous ne tolérez pas le Quidditch, mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Bouche entrouverte, ne sachant que dire, la jeune préfète était surprise. Tout d'abord elle était en premier lieu très étonnée de voir que la directrice avait remarqué leur présence dans une foule d'élèves, alors même qu'Amaëlle était arrivée en retard et qu'elles n'avaient pas fait tant d'éclats que cela… ou alors… Etait-ce possible qu'elle ait assisté à leur bataille, amicale certes mais assez puérile, qui consistait à embrigader le plus d'élèves possibles dans leur camp, c'est à dire les entraîner à parier pour un des trois champions ? A cette pensée les joues de la petite fille se colorèrent de rouge avant qu'elle n'arrive à reprendre plus ou moins contenance : elle devait aussi réfléchir sur ce qu'impliquait l'argument du Tournoi. Le tournoi était-il vraiment dangereux ? La première tâche avait consisté pour Amaëlle à observer quelque chose de trop grand pour elle, une élève faisant des cabrioles sur son balai avec une logique incompréhensible pour qui ne voyait pas ce qu'elle voyait, un autre déclenchant un tremblement de terre et l’émergence d'immense lianes et une dernière chargeant le ciel d'orage et se changeant en ce spectre si affreux qu'elle avait déjà vu le jour où elle avait rencontré un épouvantard avec Melpomène. Les comportements dangereux avaient plus l'air de venir des champions que des épreuves à première vue.
«Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
Apparemment c'était une sorte de provocation, comme si elles étaient mises au défi. Sauf que sachant qu'elles n'avaient pas l'appui de l'adulte cela revenait à les mettre au défi de s'agiter vainement en tous sens pour se couvrir à ses yeux de ridicule. Ou peut-être que Miss Loewy trouverait au contraire qu'elles avaient le mérite d'avoir du cran, elle ne savait pas trop, elle n'était pas une spécialiste de la psychologie des anciens Gryffondor devenus directeurs de Poudlard, encore moins de celle de Miss Loewy à l'air si grave qui était bien trop mystérieuse pour que l'on puisse tenter de comprendre ce qui l'animait lorsqu'on avait 13 ans et qu'on était une élève lambda.
«… la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger »
Absorbée dans ses réflexions Amaëlle avait loupé le début de la réponse de la Serdaigle, néanmoins elle était bien décidée à prendre la suite, d'autant que l'argument de Joy était bon.
« Oui voilà ! Et puis le Tournoi des trois sorciers c'est un peu comme dans les examens de fin d'année. Quand on est en première année à la fin de l'année on a des examens où on se fait attaquer par des tomates, ou par des petites créatures pas trop méchantes et c'est facile. Enfin si on avait pas été en cours ça aurait été dur et peut-être dangereux si les tomates étaient… enfin bref, voyez après les examens c'est de plus en plus dur mais on est plus fort aussi. Et bah là Elina elle est très très très forte et le Tournoi du coup c'est pas dangereux, et puis on peut se protéger puisqu'on a la magie...»
Se rendant compte qu'elle baragouinait encore un discours sans queue ni tête sa voix s'éteignait doucement : les choses étaient plus claires avant qu'elle ne les expose à l'oral, indubitablement. Aussi laissa t-elle Abby terminer, elle qui savait si bien y faire. Néanmoins la directrice n'avait pas l'air de vouloir accéder pour autant à leur requête et elle du bien se résoudre à suivre Joy lorsque son amie, peut-être la plus censée des trois, décida de faire marche arrière et de laisser l'éminente souveraine de l'endroit seule avec sa conscience qui sans aucun doute la titillerait longtemps de ne pas les avoir aidé. Il n'était pas interdit d'espérer n'est ce pas ? Aussi lâchant simplement un petit « Au revoir Miss » elle observa une dernière fois l'adulte avant de quitter la pièce, avec la vague impression que Miss Loewy était douée pour changer de sujet.
Reducio
Fin du rp pour moi aussi, merci beaucoup pour l'expérience !
Même le plus petit serpent a du venin (si si)
Cinquième année RP
4 juil. 2016, 20:41
Trois petits lutins perturbés
« Je vois. »
Elle souriait. Fort bien. Maintenant, mademoiselle, il ne vous reste plus qu'à signer au bas de ce formulaire – ne vous préoccupez pas des treize lignes de clauses écrites en tout petit et mille fois raturées, ce n'est pas important – et nous pourrons annoncer dès demain au petit-déjeuner que les équipes de Quidditch des Quatre Maisons sont dissoutes au profit de clubs de Bridge...
« Sachez, mesdemoiselles, que le Quidditch est un sport vieux de plusieurs siècles, et que de nombreuses règles ont été ajoutées depuis sa création afin de garantir la sécurité maximale des joueurs – vous noterez d’ailleurs qu’aucune de ces règles n’oblige les joueurs à faire le poirier sur leur balai… Et que suis-je, à hauteur d’une dizaine de siècles, pour m’opposer à la tenue de ce sport, quand la plupart de la communauté magique s’extasie devant lui et ceux qui le pratiquent ? »
...et que le Tournoi des Trois Empereurs est remplacé par une course d'obstacle et un tournoi de mimes. Nul besoin de changer les joueurs, il n'y a aucun doute quant à leurs qualifications : si on sélectionnait les représentants du Collège parmi les pires brutes et langues de vipères qui soient, Poudlard écoperait d'une bien triste réputation. Quel établissement, sinon l’École Polytechnique Bunson et Lacroix, ou dans une moindre mesure et avec bien plus d'élégance le Pensionnat de Mademoiselle Géraldine pour Jeunes Dames de Qualité, encourageait ses élèves à... Une seconde. Abby s'extirpa de ses divagations pour reporter son regard vert sur le visage toujours souriant de Miss Loewy. Elle était très jolie, quand elle souriait, cela changeait de son austérité habituelle. En outre, elle avait l'air moins fatiguée.
En revanche, pensa la petite fille en revenant de sa digression avec une moue qui mêlait déception, peine et incrédulité, il n'y avait franchement pas de quoi sourire en leur donnant une réponse pareille. Ses arguments se tenaient, bien sûr, Abby elle-même en tant que première supportrice des Harpies de Holyhead pouvait en attester. Elle savait bien que le Quidditch était ancré dans la culture sorcière occidentale, et à plus forte raison anglaise, de manière irrémédiable ; elle avait eu tout son temps pour l'observer au cours de sa courte vie. Après réflexion, elle en était sûrement plus consciente que ses deux camarades, Nées-Moldues, dont elle doutait qu'elles n'avaient jamais pénétré dans un stade autre que celui de Poudlard. Mais on ne lui demandait pas de changer les règles de la société magique de Grande-Bretagne, ni même d'Europe ; simplement de donner son accord pour que Poudlard cesse d'être vue dans le milieu comme un terrain de chasse pour des recruteurs avides de nouveaux talents.
« Par ailleurs, nous veillons à ce que rien ne tourne trop mal sur le terrain, soyez rassurées. Nous avons également de la chance d’avoir une infirmière particulièrement qualifiée pour traiter les maux que le Quidditch pourrait causer. »
Abigail tenait Miss Lloyd en haute estime. Bon, elle la trouvait un peu effrayante, et son air déterré l'avait plus d'une fois poussée à se demander si elle n'avait pas quelques liens de parenté avec les zombies de Haïtis, ou avec les vampires de Transylvanie, mais c'était une infirmière très compétente. Sans le moindre doute. C'était elle qui s'occupait de tous les maux, graves ou non, des élèves atrophiés dont recélait l'école, elle qui trimait toute la journée, paresseusement avachie sur sa chaise de bureau, une tisane à la main, elle qui administrait à longueur de minutes des potions achetées la veille chez l'apothicaire du coin après les avoir étiquetées pour faire plus authentique. Même si elle paraissait plutôt jeune pour une vieille peau, mais elle traînait sans doute quantité d'expérience et de diplômes derrière elle. Ou pas. La petite se figurait parfois que Poudlard était un refuge pour marginaux.
Quoiqu'il en ait été, il semblait qu'elles avaient perdu cette bataille. C'était... enrageant. Abigail n'avait pas été la plus convaincue des trois pour cette expédition, passionnée par le Quidditch qu'elle était. Néanmoins, il allait sans dire que tout ce qui avait été énoncé résultait d'une enquête du cas très approfondie, et par conséquent ne pouvait être considéré autrement que comme la stricte vérité. Par ailleurs, si elle se tenait présentement face à la Grande Directrice aux côtés de ses camarades, c'était qu'elle approuvait et appuyait cette cause de toutes ses maigres forces. Elles avaient rassemblé tout leur courage pour toquer à la porte, dédaignant le heurtoir qui faisait trop guindé, s'étaient équipées de toutes leurs convictions pour avancer dans le bureau austère, sous le regard ennuyé de l'adulte. C'était cruel d'abandonner ce en quoi elles croyaient à en défier des règles millénaires. Elle en aurait presque frisé le désespoir.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. »
Abby leva un regard profondément désolé sur son ancien professeur, et hocha mécaniquement la tête en attendant la suite qui résonna comme un claquement de fouet – elle en savait quelque chose :
« Vous ne tolérez pas le Quidditch » rappelait la sorcière d'une voix égale : « mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Nouveau sourire, qui montait jusqu'aux yeux, à les en plisser.
« Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
« Oui... » répondit aussitôt Joy, fière Serdaigle qu'elle était : « Oui, c'est vrai que le Tournoi n'est pas très sécurisé non plus. Mais... le Tournoi des Trois Sorciers c'est un peu différent quand même. J'veux dire, c'est la coupe qui... ben qui désigne les champions, quoi. Et la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger... »
« Oui voilà ! »
Amaëlle avait pris le relais. C'était à croire qu'elles se livraient à un étrange jeu de rôle, comme si leurs temps de parole avaient été précédemment défini, ainsi que l'ordre dans lequel elles se prononceraient, et où Miss Loewy faisait office de maître du jeu, confrontant encore et encore les trois preux chevalières pour vérifier de la pureté de leur cœur et de leur conscience. Pure, sa conscience à elle ne l'était pas : elle se souvenait encore de la confiture de entamée à la cuillère dans sa cachette secrète à la lumière d'un soleil d'après-midi. La confiture était à la prune, et elle avait levé sur sa mère un regard empli d'innocence lorsque cette dernière avait haussé un sourcil devant ses trois enfants, l'objet du délit à la main.
« Et puis » continuait la préfète de Serpentard : « le Tournoi des trois sorciers c'est un peu comme dans les examens de fin d'année. Quand on est en première année à la fin de l'année on a des examens où on se fait attaquer par des tomates, ou par des petites créatures pas trop méchantes et c'est facile. Enfin si on avait pas été en cours ça aurait été dur et peut-être dangereux si les tomates étaient… enfin bref, voyez après les examens c'est de plus en plus dur mais on est plus fort aussi. Et bah là Elina elle est très très très forte et le Tournoi du coup c'est pas dangereux, et puis on peut se protéger puisqu'on a la magie...»
« Je suis pour les banderoles contestataires » termina Abby avec tout le sérieux dont elle était capable. « C'est un sujet qui mérite réflexion. Mais c'est vrai que quand on voit la magie qu'utilisent les champions, c'est assez difficile de comparer. Pour nous, en tous cas, parce que ce n'est pas du tout de notre niveau. Joy et Amaëlle ont raison : la Coupe, elle sait de quoi elle parle. Et puis, le Tournoi a été stoppé pendant un bon paquet d'années, non ? Si on peut de nouveau y participer, c'est que les règles ont été révisées, non ? En plus, je suppose que les épreuves sont décidées par des professionnels... Pas le Quidditch. »
Il n'y a que la chance, le hasard, le temps, le talent et les hormones qui ont voix au chapitre, voulut-elle ajouter. Et les cognards. Personne ne savait ce qui guidait ces balles-là, hormis les professionnels. A Poudlard, même Nora Starks ne pouvait être vraiment considérée comme une professionnelle. Abby garda ses pensées pour elle et, à la suite de ses complices, salua timidement Miss Loewy avant de quitter la pièce avec un dernier regard contrit.
« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
Avatar: Aiwatan (https://www.zerochan.net/1279118)
Elle souriait. Fort bien. Maintenant, mademoiselle, il ne vous reste plus qu'à signer au bas de ce formulaire – ne vous préoccupez pas des treize lignes de clauses écrites en tout petit et mille fois raturées, ce n'est pas important – et nous pourrons annoncer dès demain au petit-déjeuner que les équipes de Quidditch des Quatre Maisons sont dissoutes au profit de clubs de Bridge...
« Sachez, mesdemoiselles, que le Quidditch est un sport vieux de plusieurs siècles, et que de nombreuses règles ont été ajoutées depuis sa création afin de garantir la sécurité maximale des joueurs – vous noterez d’ailleurs qu’aucune de ces règles n’oblige les joueurs à faire le poirier sur leur balai… Et que suis-je, à hauteur d’une dizaine de siècles, pour m’opposer à la tenue de ce sport, quand la plupart de la communauté magique s’extasie devant lui et ceux qui le pratiquent ? »
...et que le Tournoi des Trois Empereurs est remplacé par une course d'obstacle et un tournoi de mimes. Nul besoin de changer les joueurs, il n'y a aucun doute quant à leurs qualifications : si on sélectionnait les représentants du Collège parmi les pires brutes et langues de vipères qui soient, Poudlard écoperait d'une bien triste réputation. Quel établissement, sinon l’École Polytechnique Bunson et Lacroix, ou dans une moindre mesure et avec bien plus d'élégance le Pensionnat de Mademoiselle Géraldine pour Jeunes Dames de Qualité, encourageait ses élèves à... Une seconde. Abby s'extirpa de ses divagations pour reporter son regard vert sur le visage toujours souriant de Miss Loewy. Elle était très jolie, quand elle souriait, cela changeait de son austérité habituelle. En outre, elle avait l'air moins fatiguée.
En revanche, pensa la petite fille en revenant de sa digression avec une moue qui mêlait déception, peine et incrédulité, il n'y avait franchement pas de quoi sourire en leur donnant une réponse pareille. Ses arguments se tenaient, bien sûr, Abby elle-même en tant que première supportrice des Harpies de Holyhead pouvait en attester. Elle savait bien que le Quidditch était ancré dans la culture sorcière occidentale, et à plus forte raison anglaise, de manière irrémédiable ; elle avait eu tout son temps pour l'observer au cours de sa courte vie. Après réflexion, elle en était sûrement plus consciente que ses deux camarades, Nées-Moldues, dont elle doutait qu'elles n'avaient jamais pénétré dans un stade autre que celui de Poudlard. Mais on ne lui demandait pas de changer les règles de la société magique de Grande-Bretagne, ni même d'Europe ; simplement de donner son accord pour que Poudlard cesse d'être vue dans le milieu comme un terrain de chasse pour des recruteurs avides de nouveaux talents.
« Par ailleurs, nous veillons à ce que rien ne tourne trop mal sur le terrain, soyez rassurées. Nous avons également de la chance d’avoir une infirmière particulièrement qualifiée pour traiter les maux que le Quidditch pourrait causer. »
Abigail tenait Miss Lloyd en haute estime. Bon, elle la trouvait un peu effrayante, et son air déterré l'avait plus d'une fois poussée à se demander si elle n'avait pas quelques liens de parenté avec les zombies de Haïtis, ou avec les vampires de Transylvanie, mais c'était une infirmière très compétente. Sans le moindre doute. C'était elle qui s'occupait de tous les maux, graves ou non, des élèves atrophiés dont recélait l'école, elle qui trimait toute la journée, paresseusement avachie sur sa chaise de bureau, une tisane à la main, elle qui administrait à longueur de minutes des potions achetées la veille chez l'apothicaire du coin après les avoir étiquetées pour faire plus authentique. Même si elle paraissait plutôt jeune pour une vieille peau, mais elle traînait sans doute quantité d'expérience et de diplômes derrière elle. Ou pas. La petite se figurait parfois que Poudlard était un refuge pour marginaux.
Quoiqu'il en ait été, il semblait qu'elles avaient perdu cette bataille. C'était... enrageant. Abigail n'avait pas été la plus convaincue des trois pour cette expédition, passionnée par le Quidditch qu'elle était. Néanmoins, il allait sans dire que tout ce qui avait été énoncé résultait d'une enquête du cas très approfondie, et par conséquent ne pouvait être considéré autrement que comme la stricte vérité. Par ailleurs, si elle se tenait présentement face à la Grande Directrice aux côtés de ses camarades, c'était qu'elle approuvait et appuyait cette cause de toutes ses maigres forces. Elles avaient rassemblé tout leur courage pour toquer à la porte, dédaignant le heurtoir qui faisait trop guindé, s'étaient équipées de toutes leurs convictions pour avancer dans le bureau austère, sous le regard ennuyé de l'adulte. C'était cruel d'abandonner ce en quoi elles croyaient à en défier des règles millénaires. Elle en aurait presque frisé le désespoir.
« Je me pose une question, mesdemoiselles. »
Abby leva un regard profondément désolé sur son ancien professeur, et hocha mécaniquement la tête en attendant la suite qui résonna comme un claquement de fouet – elle en savait quelque chose :
« Vous ne tolérez pas le Quidditch » rappelait la sorcière d'une voix égale : « mais il me semble vous avoir vues toutes trois assister à la première tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Peut-être ne comprenez-vous pas encore tout à fait ce qu’est ce Tournoi, mais si vous boycottez le danger, il serait étrange d’apprécier le spectacle lors des Tâches suivantes. »
Nouveau sourire, qui montait jusqu'aux yeux, à les en plisser.
« Si j'étais vous, j’amènerais les banderoles contestataires la prochaine fois. »
« Oui... » répondit aussitôt Joy, fière Serdaigle qu'elle était : « Oui, c'est vrai que le Tournoi n'est pas très sécurisé non plus. Mais... le Tournoi des Trois Sorciers c'est un peu différent quand même. J'veux dire, c'est la coupe qui... ben qui désigne les champions, quoi. Et la coupe est fiable, non ? Elle désigne des sorciers très doués comme Elina. Le Quidditch, n'importe qui peut y participer sans réfléchir au danger... »
« Oui voilà ! »
Amaëlle avait pris le relais. C'était à croire qu'elles se livraient à un étrange jeu de rôle, comme si leurs temps de parole avaient été précédemment défini, ainsi que l'ordre dans lequel elles se prononceraient, et où Miss Loewy faisait office de maître du jeu, confrontant encore et encore les trois preux chevalières pour vérifier de la pureté de leur cœur et de leur conscience. Pure, sa conscience à elle ne l'était pas : elle se souvenait encore de la confiture de entamée à la cuillère dans sa cachette secrète à la lumière d'un soleil d'après-midi. La confiture était à la prune, et elle avait levé sur sa mère un regard empli d'innocence lorsque cette dernière avait haussé un sourcil devant ses trois enfants, l'objet du délit à la main.
« Et puis » continuait la préfète de Serpentard : « le Tournoi des trois sorciers c'est un peu comme dans les examens de fin d'année. Quand on est en première année à la fin de l'année on a des examens où on se fait attaquer par des tomates, ou par des petites créatures pas trop méchantes et c'est facile. Enfin si on avait pas été en cours ça aurait été dur et peut-être dangereux si les tomates étaient… enfin bref, voyez après les examens c'est de plus en plus dur mais on est plus fort aussi. Et bah là Elina elle est très très très forte et le Tournoi du coup c'est pas dangereux, et puis on peut se protéger puisqu'on a la magie...»
« Je suis pour les banderoles contestataires » termina Abby avec tout le sérieux dont elle était capable. « C'est un sujet qui mérite réflexion. Mais c'est vrai que quand on voit la magie qu'utilisent les champions, c'est assez difficile de comparer. Pour nous, en tous cas, parce que ce n'est pas du tout de notre niveau. Joy et Amaëlle ont raison : la Coupe, elle sait de quoi elle parle. Et puis, le Tournoi a été stoppé pendant un bon paquet d'années, non ? Si on peut de nouveau y participer, c'est que les règles ont été révisées, non ? En plus, je suppose que les épreuves sont décidées par des professionnels... Pas le Quidditch. »
Il n'y a que la chance, le hasard, le temps, le talent et les hormones qui ont voix au chapitre, voulut-elle ajouter. Et les cognards. Personne ne savait ce qui guidait ces balles-là, hormis les professionnels. A Poudlard, même Nora Starks ne pouvait être vraiment considérée comme une professionnelle. Abby garda ses pensées pour elle et, à la suite de ses complices, salua timidement Miss Loewy avant de quitter la pièce avec un dernier regard contrit.
Reducio
Sincèrement navrée pour le retard, c'était également mon dernier post. Merci beaucoup d'avoir accepté de partager ce RPG avec nous !
« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles. » – Oscar Wilde
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