Que dire face à la sensation de vide ?
Ce fut au tour du psychomage de prendre un temps pour répondre. Quelques secondes, rien de bien dramatique. Pourtant, du côté de la Serdaigle, cela avait paru comme une éternité. D'interminables grains de sable qui tombaient dans le sablier de sa patience et de sa réticence.
Plus l'attente était étirée, plus elle craignait qu'il puisse se faire de fausses idées. Elle ne comprenait pas réellement pourquoi son approbation lui importait. Il n'était qu'un sorcier comme un autre, un adulte vivant au château. Il n'y avait rien de spécial entre eux, pas de lien à proprement parler. Mais il était important pour Dorian. Il avait joué sur le moral de ce petit frère qu'elle chérissait, parfois, bien plus qu'elle-même.
C'était suffisant pour qu'elle l'estime plus que les autres. Suffisant pour qu'elle soit touchée par son analyse qui mit fin à l'attente.
La douceur qui se dégageait de ses gestes, de son sourire, de son ton, était désarmante. Les mots, qu'il employait pour la décrire, grignotaient ce bouclier dont elle s'était emparée avant de mettre un pied dans la pièce.
Il était dangereux. Dangereusement gentil. Dangereusement compréhensif. Tout ce dont Émeline avait eu besoin ces derniers mois se révélait dans ce rouquin bicolore. Pourquoi n'était-il pas arrivé plus tôt ?
Sous le coup de l'émotion qui enflait dans sa poitrine, Emeline détourna le regard pour le perdre dans un coin au hasard du bureau.
- Ce n'est pas grand-chose, fit-elle pour couper court à l'analyse du psychomage.
Elle ne rajouta rien de plus sur ce sujet, car elle ne souhaitait pas entendre la suite. Ce qu'elle cherchait dans leur échange, c'était du donnant-donnant. Pas d'un miroir reflétant sa personne telle qu'elle était.
Malgré sa réticence à entendre ses analyses, Émeline était, quelque part, venue pour ça. Il n'y avait qu'une personne dans ce château qui était en mesure de l'aider. Même si elle devait supporter les longs échanges de regards et la sensation d'être scrutée au millimètre près, elle le ferait. Puisque pour comprendre, pour se comprendre, elle devait passer par là.
Mais ce n'était pas si simple. Entre le vouloir et complètement lâcher prise, il y avait au moins dix Poudlard. Et encore, dix, c'était pour être sympa.
Le regard encore perdu sur des détails invisibles, Émeline ne pouvait que se baser sur ses propres sensations. Il l'observait, ou plutôt la zone dans laquelle elle se trouvait. Était-il intéressé par son dessin ? Il s'était gardé de faire le moindre commentaire sur ce dernier. Autant sur le contenu que sur sa manière de le détruire. L'émietter pour ensuite le réparer sans explications, sans réelle conclusion.
Comptait-il le marquer quelque part, dans un calepin quelconque qu'il tenait pour ses séances ? L'image du parfait petit psychomage tenant toutes les infos qu'il récoltait était à la fois marrante et dérangeante. Émeline préférerait qu'il se contente d'enregistrer tout ce qu'il percevait dans sa mémoire plutôt que de laisser quelque part une trace de leur conversation.
Le son de son redressement l'arracha de sa fuite visuelle, la poussant à l'accepter dans son champ de vision. Il prenait la parole. Plus, il s'exposait pour répondre à ses questions à l'allure enfantine. Elle ne savait pas s'il le faisait avec tous ses patients, de parler aussi franchement, mais la Serdaigle écouta avec la plus grande attention ses mots. Ce qu'il disait n'avait rien d'aberrant ou qui allait à contre-courant de sa propre manière de penser. Tout ce qu'il racontait se greffait parfaitement avec sa propre manière de se mettre à l'écart pour préserver ses amis. Garder ses distances lui permettait d'éviter ces situations où l'ami cher à son cœur dépasse ses limites. Puis que la colère s'éveille, en réaction à cet écart qu'elle considérait insupportable à vivre.
- C'est jamais simple de faire comprendre ça, surtout à ses amis, commenta-t-elle à voix basse avant qu'il ne passe sur ce qui lui semblait être la meilleure réaction à avoir.
L'inconscient, elle en connaissait bien le concept. Le sien prenait plaisir à se jouer d'elle, à titiller ses nerfs déjà étirés au possible. Elle ne serait donc pas étonnée que certaines de ses actions ou réactions soient directement influencées par lui. Comme le fait qu'elle soit autant impactée en Potions, qu'elle soit persuadée de sentir la présence de son père dans la pièce. Ce mélodrame qui se jouait à chaque fois qu'elle passait la porte du laboratoire venait essentiellement de sa tête. Jonathan n'avait jamais été là quand elle préparait ses potions. Encore moins ici, à l'école. Pourtant elle se sentait toujours épiée par son regard aussi semblable au sien. Attendant qu'elle fasse la moindre faute, un quelconque écart dans la préparation, pour lui rappeler à quel point elle était une incapable..
Elle avait beau se dire que ce n'était pas vrai, ça persistait.
Sur le coup, les épaules d'Émeline s'étaient relevées, comme si elle allait répondre à sa vision des choses. L'aiglonne s'apprêtait à lui dire à quel point elle était d'accord, qu'elle avait tenté les trois façons de faire mais qu'au final elle avait l'impression de ne jamais faire le bon choix.
Mais rien ne sortit.
Rien ne devait passer la barrière de ses lèvres. Parce que si elle prenait la parole, elle avait la terrible impression que des perles salées allaient finir par s'ajouter sur son visage. La sensation l'avait prise à la gorge, comme si ses réserves de larmes n'étaient pas aussi asséchées qu'elle ne le pensait. N'avait-elle déjà pas assez pleuré ce soir-là, debout sous la neige ? Elle en était persuadée, pourtant. Persuadée d'avoir perdu la capacité à pleurer après s'être desséchée.
Son mouvement s'était donc stoppé, sans amener de suite. Elle baissa son regard sur ses mains jointes. Ses doigts avaient fini par venir jouer les-uns avec les autres. Gestes agités, à peine maîtrisés.
Un passage automatique ne serait pas de trop. Il serait salvateur pour l'adolescente. Oui, c'était une bonne idée à adopter. Comme quand elle était prendre le magicobus pour rejoindre Alexander. Ne plus réfléchir, ne plus ressentir.
Ne plus être soi.
Le silence s'était étendu après son léger énervement. Elle l'avait peut-être cherché, ce silence. Tout comme elle cherchait le moyen de fuir ses propres sentiments.
Encore un peu et elle finirait par totalement refermer la brèche. Émeline finirait par simplement acquiescer à tout ce qui allait suivre, patienter jusqu'à que la fin de l'heure n'arrive et qu'elle puisse bouger sa carcasse de là...Qu'était-elle venue faire là, déjà ? Parler, à quoi bon faire ? Ça n'allait pas lui servir. Réviser, ça, ça allait finir par être bénéfique à son futur. Dormir une heure ou deux pour tenir plus longtemps. Grignoter un petit peu pour ne pas avoir mal au ventre.
Elle ne se rendait pas compte du dérapage qu'elle engendrait elle-même. De son côté, ça lui permettait de souffler sans montrer ses faiblesses. De l'extérieur, il s'agissait d'un rejet pur et simple qu'il puisse lire plus profondément en elle.
La glissade se produisait au rythme de ses pensées, tandis que le ballet produit par ses doigts s'intensifiait. Le cerveau ordonnait, mais le corps, lui, prenait ses aises. Il volait, s'octroyant la liberté d'agir sans sa propre permission. Le contrôle était déplorable...Mettre fin à la séance semblait être la chose la plus logique à faire.
Se lever, prendre ses affaires et s'en aller.
Partir. Partir avant de se trahir.
Elle pouvait le faire. Plus personne ne lui donnait d'ordres.
Son buste s'avança en écho à ses pensées. Prête à amorcer sa fuite du jour, Émeline s'arrêta nette en percevant la voix basse du sorcier.
Lentement, ses yeux retrouvèrent le visage du psychomage. Il la regardait sans jugement, sans aprioris. Je comprends. Ces deux mots avaient suffi à la garder en place.
- Vous comprenez...vraiment ? murmura-t-elle, alors qu'il venait de détourner le regard.
Dans les yeux de la Serdaigle, une lueur venait d'y briller. Un intérêt. Un espoir ? Elle s'accrocha à ses lèvres, quémandant presque la suite. Que par Merlin, il cesse de fuir son regard et qu'il parle ! S'il la comprenait réellement, elle voulait l'entendre.
Une longue respiration, puis il revint sur elle.
Il continua, répondant à son besoin de savoir. Comprendre l'origine de sa douleur. Le processus pour s'en soigner...Ce n'était pas réellement ce qu'elle espérait entendre. Ses doigts se crispèrent sur son uniforme, ça n'allait pas dans le sens qu'elle souhaitait.
Une nouvelle déception qu'elle aurait préféré éviter.
Mais il n'abandonna pas malgré le froncement de ses sourcils et la disparition de cette lueur dans ses yeux. Il attesta de sa propre expérience personnelle, d'un changement qui apportait une comparaison qui faisait mal. Voilà quelque chose qui était vrai, qu'elle vivait tous les jours.
Par la force de ses mots, le visage d'Émeline se dérida à mesure qu'il exposait ce qui pouvait être son propre travail : l'acceptation.
Accepter ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle était devenue et, par la même occasion, se laisser une chance.
Le méritait-elle ?
Une de ses mains vint s'accrocher à sa chemise et serra aussi fort qu'elle pouvait. Le sourire du sorcier était doux. Tellement doux que ça lui faisait presque mal à le voir.
Sa bouche se tordit en sourire bien moins scintillant que celui de Hyacinthe.
- J'ai le droit de faire ça ?
Le droit de mettre de côté.
Le droit d'avancer sans culpabiliser.
Le droit de ressembler à celle qui l'avait rejeté.
Était-ce aussi simple ? Elle en doutait. Mais elle n'arrivait pas à se détourner de ce regard chocolaté et des réponses qui pouvaient sortir de la bouche de ce sorcier.
1588 mots
@Hyacinthe Kyros
Plus l'attente était étirée, plus elle craignait qu'il puisse se faire de fausses idées. Elle ne comprenait pas réellement pourquoi son approbation lui importait. Il n'était qu'un sorcier comme un autre, un adulte vivant au château. Il n'y avait rien de spécial entre eux, pas de lien à proprement parler. Mais il était important pour Dorian. Il avait joué sur le moral de ce petit frère qu'elle chérissait, parfois, bien plus qu'elle-même.
C'était suffisant pour qu'elle l'estime plus que les autres. Suffisant pour qu'elle soit touchée par son analyse qui mit fin à l'attente.
La douceur qui se dégageait de ses gestes, de son sourire, de son ton, était désarmante. Les mots, qu'il employait pour la décrire, grignotaient ce bouclier dont elle s'était emparée avant de mettre un pied dans la pièce.
Il était dangereux. Dangereusement gentil. Dangereusement compréhensif. Tout ce dont Émeline avait eu besoin ces derniers mois se révélait dans ce rouquin bicolore. Pourquoi n'était-il pas arrivé plus tôt ?
Sous le coup de l'émotion qui enflait dans sa poitrine, Emeline détourna le regard pour le perdre dans un coin au hasard du bureau.
- Ce n'est pas grand-chose, fit-elle pour couper court à l'analyse du psychomage.
Elle ne rajouta rien de plus sur ce sujet, car elle ne souhaitait pas entendre la suite. Ce qu'elle cherchait dans leur échange, c'était du donnant-donnant. Pas d'un miroir reflétant sa personne telle qu'elle était.
Malgré sa réticence à entendre ses analyses, Émeline était, quelque part, venue pour ça. Il n'y avait qu'une personne dans ce château qui était en mesure de l'aider. Même si elle devait supporter les longs échanges de regards et la sensation d'être scrutée au millimètre près, elle le ferait. Puisque pour comprendre, pour se comprendre, elle devait passer par là.
Mais ce n'était pas si simple. Entre le vouloir et complètement lâcher prise, il y avait au moins dix Poudlard. Et encore, dix, c'était pour être sympa.
Le regard encore perdu sur des détails invisibles, Émeline ne pouvait que se baser sur ses propres sensations. Il l'observait, ou plutôt la zone dans laquelle elle se trouvait. Était-il intéressé par son dessin ? Il s'était gardé de faire le moindre commentaire sur ce dernier. Autant sur le contenu que sur sa manière de le détruire. L'émietter pour ensuite le réparer sans explications, sans réelle conclusion.
Comptait-il le marquer quelque part, dans un calepin quelconque qu'il tenait pour ses séances ? L'image du parfait petit psychomage tenant toutes les infos qu'il récoltait était à la fois marrante et dérangeante. Émeline préférerait qu'il se contente d'enregistrer tout ce qu'il percevait dans sa mémoire plutôt que de laisser quelque part une trace de leur conversation.
Le son de son redressement l'arracha de sa fuite visuelle, la poussant à l'accepter dans son champ de vision. Il prenait la parole. Plus, il s'exposait pour répondre à ses questions à l'allure enfantine. Elle ne savait pas s'il le faisait avec tous ses patients, de parler aussi franchement, mais la Serdaigle écouta avec la plus grande attention ses mots. Ce qu'il disait n'avait rien d'aberrant ou qui allait à contre-courant de sa propre manière de penser. Tout ce qu'il racontait se greffait parfaitement avec sa propre manière de se mettre à l'écart pour préserver ses amis. Garder ses distances lui permettait d'éviter ces situations où l'ami cher à son cœur dépasse ses limites. Puis que la colère s'éveille, en réaction à cet écart qu'elle considérait insupportable à vivre.
- C'est jamais simple de faire comprendre ça, surtout à ses amis, commenta-t-elle à voix basse avant qu'il ne passe sur ce qui lui semblait être la meilleure réaction à avoir.
L'inconscient, elle en connaissait bien le concept. Le sien prenait plaisir à se jouer d'elle, à titiller ses nerfs déjà étirés au possible. Elle ne serait donc pas étonnée que certaines de ses actions ou réactions soient directement influencées par lui. Comme le fait qu'elle soit autant impactée en Potions, qu'elle soit persuadée de sentir la présence de son père dans la pièce. Ce mélodrame qui se jouait à chaque fois qu'elle passait la porte du laboratoire venait essentiellement de sa tête. Jonathan n'avait jamais été là quand elle préparait ses potions. Encore moins ici, à l'école. Pourtant elle se sentait toujours épiée par son regard aussi semblable au sien. Attendant qu'elle fasse la moindre faute, un quelconque écart dans la préparation, pour lui rappeler à quel point elle était une incapable..
Elle avait beau se dire que ce n'était pas vrai, ça persistait.
Sur le coup, les épaules d'Émeline s'étaient relevées, comme si elle allait répondre à sa vision des choses. L'aiglonne s'apprêtait à lui dire à quel point elle était d'accord, qu'elle avait tenté les trois façons de faire mais qu'au final elle avait l'impression de ne jamais faire le bon choix.
Mais rien ne sortit.
Rien ne devait passer la barrière de ses lèvres. Parce que si elle prenait la parole, elle avait la terrible impression que des perles salées allaient finir par s'ajouter sur son visage. La sensation l'avait prise à la gorge, comme si ses réserves de larmes n'étaient pas aussi asséchées qu'elle ne le pensait. N'avait-elle déjà pas assez pleuré ce soir-là, debout sous la neige ? Elle en était persuadée, pourtant. Persuadée d'avoir perdu la capacité à pleurer après s'être desséchée.
Son mouvement s'était donc stoppé, sans amener de suite. Elle baissa son regard sur ses mains jointes. Ses doigts avaient fini par venir jouer les-uns avec les autres. Gestes agités, à peine maîtrisés.
Un passage automatique ne serait pas de trop. Il serait salvateur pour l'adolescente. Oui, c'était une bonne idée à adopter. Comme quand elle était prendre le magicobus pour rejoindre Alexander. Ne plus réfléchir, ne plus ressentir.
Ne plus être soi.
Le silence s'était étendu après son léger énervement. Elle l'avait peut-être cherché, ce silence. Tout comme elle cherchait le moyen de fuir ses propres sentiments.
Encore un peu et elle finirait par totalement refermer la brèche. Émeline finirait par simplement acquiescer à tout ce qui allait suivre, patienter jusqu'à que la fin de l'heure n'arrive et qu'elle puisse bouger sa carcasse de là...Qu'était-elle venue faire là, déjà ? Parler, à quoi bon faire ? Ça n'allait pas lui servir. Réviser, ça, ça allait finir par être bénéfique à son futur. Dormir une heure ou deux pour tenir plus longtemps. Grignoter un petit peu pour ne pas avoir mal au ventre.
Elle ne se rendait pas compte du dérapage qu'elle engendrait elle-même. De son côté, ça lui permettait de souffler sans montrer ses faiblesses. De l'extérieur, il s'agissait d'un rejet pur et simple qu'il puisse lire plus profondément en elle.
La glissade se produisait au rythme de ses pensées, tandis que le ballet produit par ses doigts s'intensifiait. Le cerveau ordonnait, mais le corps, lui, prenait ses aises. Il volait, s'octroyant la liberté d'agir sans sa propre permission. Le contrôle était déplorable...Mettre fin à la séance semblait être la chose la plus logique à faire.
Se lever, prendre ses affaires et s'en aller.
Partir. Partir avant de se trahir.
Elle pouvait le faire. Plus personne ne lui donnait d'ordres.
Son buste s'avança en écho à ses pensées. Prête à amorcer sa fuite du jour, Émeline s'arrêta nette en percevant la voix basse du sorcier.
Lentement, ses yeux retrouvèrent le visage du psychomage. Il la regardait sans jugement, sans aprioris. Je comprends. Ces deux mots avaient suffi à la garder en place.
- Vous comprenez...vraiment ? murmura-t-elle, alors qu'il venait de détourner le regard.
Dans les yeux de la Serdaigle, une lueur venait d'y briller. Un intérêt. Un espoir ? Elle s'accrocha à ses lèvres, quémandant presque la suite. Que par Merlin, il cesse de fuir son regard et qu'il parle ! S'il la comprenait réellement, elle voulait l'entendre.
Une longue respiration, puis il revint sur elle.
Il continua, répondant à son besoin de savoir. Comprendre l'origine de sa douleur. Le processus pour s'en soigner...Ce n'était pas réellement ce qu'elle espérait entendre. Ses doigts se crispèrent sur son uniforme, ça n'allait pas dans le sens qu'elle souhaitait.
Une nouvelle déception qu'elle aurait préféré éviter.
Mais il n'abandonna pas malgré le froncement de ses sourcils et la disparition de cette lueur dans ses yeux. Il attesta de sa propre expérience personnelle, d'un changement qui apportait une comparaison qui faisait mal. Voilà quelque chose qui était vrai, qu'elle vivait tous les jours.
Par la force de ses mots, le visage d'Émeline se dérida à mesure qu'il exposait ce qui pouvait être son propre travail : l'acceptation.
Accepter ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle était devenue et, par la même occasion, se laisser une chance.
Le méritait-elle ?
Une de ses mains vint s'accrocher à sa chemise et serra aussi fort qu'elle pouvait. Le sourire du sorcier était doux. Tellement doux que ça lui faisait presque mal à le voir.
Sa bouche se tordit en sourire bien moins scintillant que celui de Hyacinthe.
- J'ai le droit de faire ça ?
Le droit de mettre de côté.
Le droit d'avancer sans culpabiliser.
Le droit de ressembler à celle qui l'avait rejeté.
Était-ce aussi simple ? Elle en doutait. Mais elle n'arrivait pas à se détourner de ce regard chocolaté et des réponses qui pouvaient sortir de la bouche de ce sorcier.
1588 mots
@Hyacinthe Kyros
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline