28 août 2020, 00:37
Les rives de l'importun  PV 
2 Octobre 2044


Ma journée commence de la même manière que tous les dimanches matins depuis quelques années. Je me suis levée tranquillement une bonne heure avant l'horaire habituel de réveil de Lyn, histoire d'aller courir avant notre petit-déjeuner, puis je suis allée la retrouver au dortoir où elle était encore au lit, les yeux toujours embrumés de sommeil. Après une bonne douche, time for breakfast ! Comme tous les dimanches matin -et en réalité à peu près comme tous les jours de la semaine depuis quoi... deux ans ?- je guette l'arrivée de Taun et de mon courrier. Plus précisément, une petite part de moi attend l'arrivée d'une lettre précise.
J'ai beau me forcer à t'oublier, parce que j'en deviens juste ridicule, comment je suis sensée arrêter de guetter tes mots alors que je les attends depuis deux putains d'années ? C'est juste impossible, quand on attend quelque chose quotidiennement depuis aussi longtemps, de cesser d'un coup, parce que l'espoir est ce qui meurt en dernier. Puis je sais que même inconsciemment, quoi que je fasse je vais continuer à attendre un signe, une lettre, quoi que ce soit. Parce que je n'oublie pas ta promesse. Ta promesse d'une prochaine fois, qui ne vient pas. Et que chaque jour qui passe voit ma colère envers toi prendre de plus en plus de place. Qu'est-ce que je vais en faire de cette colère moi, si je cesse d'attendre ? Je crois que c'est ça qui me pousse à continuer à espérer.
Mais quand même, quand on ne compte pas tenir une promesse, bah on ne la fait pas.

L'arrivée de Taun sur mon épaule me ramène à la réalité et je croise le regard de Lyn. Je la rassure d'un petit sourire, puis m'occupe de mon petit hibou en manque de caresses et de contact visiblement. Après quelques minutes, elle me quitte pour se poser sur la table et me vole un petit morceau de jambon. Je lui fais les gros yeux, mais je sais pertinemment qu'elle n'y comprend absolument rien, puis même si elle comprenait, je sais très bien qu'elle n'en aurait rien à faire du tout. Son méfait accompli, elle s'envole et quitte la Grande Salle pour se rendre je ne sais où, nous laissant tranquillement finir notre petit-déjeuner avec Lyn.




Après le déjeuner, je laisse mon amie tranquillement en salle commune pour qu'elle puisse terminer ses devoirs, ayant déjà achevés les miens la veille au soir. Décidant de profiter de la douceur du temps en ce début Octobre, je choisis d'aller lire en extérieur plutôt que d'aller m'enfermer à la Bibliothèque. *J'aurais tout le temps pour ça en Hiver* Au dortoir, je récupère un des livres que Papa m'a envoyé dans son dernier colis. Comme j'avais un peu envie de lire autre chose que mes romans pour ado ou des bouquins sur le monde magique, j'ai demandé à mes parents de m'envoyer quelques classiques -français ou anglais- que je pourrai lire histoire de découvrir. Dernièrement, j'ai terminé Au bonheur des Dames de Zola que j'ai vraiment bien aimé, mais mon gros coup de cœur du moment reste Ruy Blas de Hugo, que j'ai juste trouvé magnifique et émouvant, même si je ne saurais pas trop dire pourquoi.
Si je connaissais le nom ces deux auteurs pour les avoir déjà vu écrits sur des livres de Maman et pour l'avoir déjà entendue m'en parler, je n'avais pas du tout connaissance de leurs livres et j'avais été assez agréablement surprise. Je continuais donc mon "périple des classiques" avec cette fois un livre issu de la sélection de Papa :
Orgueil et Préjugés d'Austen. Il m'avait prévenue qu'il était possible que je sois encore un peu trop jeune pour apprécier ce livre, mais il me l'avait quand même mis "au cas où". Donc j'allais tester cette après-midi.

Après avoir enfilé un pull, je me rends tranquillement jusqu'au lac, mon nouveau livre sous le bras. Entendez évidemment le terme nouveau comme "nouveau pour moi". Vu la tête du bouquin et la couleur des pages, il est tout sauf nouveau, je suis certaine qu'il a connu les années 2000 voire pire. Mais le contenu des pages reste le même et il a cette bonne odeur de vieux livre, donc ça me va, je vais lui laisser sa chance.

Malgré la douceur de la journée, le parc n'est pas très rempli, et je me trouve sans aucun souci une place au pied d'un arbre près du lac. Je m’assoie confortablement en tailleur, dépose le livre sur mes jambes, puis l'ouvre en faisant attention à ne pas l'abîmer. Je tombe en début de livre sur une introduction que je tente de lire sérieusement. Malheureusement, je ne dois pas parler le même anglais que l'éditeur parce que je ne comprends que couic à cette intro. Après quelques instants à persévérer, je laisse tomber.
*Après tout, c'est même pas de l'auteure* Ça aurait été de l'auteure, pas sûr que je l'aurais plus lu pour autant, mais c'est une très bonne excuse à moi-même. Je tourne donc les pages pour arriver enfin au premier chapitre, et j'entame doucement ma lecture.

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier"

*Ah.* Je ne suis pas trop sûre d'avoir le lien entre les deux infos. Mais bon, c'est une autre époque, alors j'imagine que ça devait se passer comme ça : tu es riche, donc t'as envie de te marier. Mais tu fais quoi si t'es pauvre ? T'as pas envie de te marier du coup ? Je hausse les épaules. Peut-être était-ce ironique ? Aucune idée. J'espère.

"Et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles."

*Wahou...* Cette première phrase donnait le ton. Au moins à la fin du roman j'aurais un bon aperçu de ce qu'était la société anglaise à cette époque, ce serait instructif. Mais un peu déprimant. Parce que savoir qu'à cette époque si on était celib et qu'on avait de l'argent on était considéré comme un quasi objet par les parents de jeunes filles alentours, bon. Bof quoi.

Tout en jouant avec une de mes tresses, je me replongeai dans le roman.
Dernière modification par Solwen Estendle le 3 sept. 2020, 23:46, modifié 1 fois.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

2 sept. 2020, 00:51
Les rives de l'importun  PV 
« Je me sens frais, aujourd'hui. »

Je me suis réveillé avec une haleine meilleure que les jours précédents. Ça ne peut être qu'un bon signe !

C'est pourquoi j'ai passé dix minutes de plus qu'habituellement dans la salle de bain, à refaire mon trait une quinzaine de fois et à pomponner une bonne centaine de fois l'endroit où j'ai éclaté mon bouton hier. C'était pas très joli à voir...

Je me suis même permis d'emprunter un gel qui traînait par-là. Le propriétaire n'avait qu'à pas l'abandonner aux yeux de tous ! Quoi qu'il en soit, cette mèche figée ne rendait le tout que plus envoûtant. Rah, j'ai envie de me draguer.

« Stop. Arrête tout de suite ou tu vas passer la journée dans la salle de bain, mon petit Edmund. »

En plus, il fait beau, aujourd'hui ! ... Je crois. En tout cas, la surface du lac n'est pas martelée de gouttes de pluie et il est plutôt éclairé. Ça veut dire qu'il y a un beau soleil, non ?

Je sors finalement des ténèbres après un bon repas afin d'accéder à l'air frais du parc et la lumière du jour. En effet : il y a quelques nuages mais pas énormément non plus. Une belle journée, en soi. Je gambade presque dans ce parc, à respirer le magnifique air que m'offre la nature. Peut-être que je suis un peu trop guilleret. Qu'importe : je suis joie et nul ne m'ôtera ma joie.

Oh, tiens. Ce petit Edgar qui me sert de chat a aussi voulu faire bronzette sous ce soleil doux... Ou pas. Il vient d'arrêter de s'étirer et tape son meilleur sprint vers le lac, désormais.

« Décidément... Jamais je ne le comprendrai. »

Je décide de le suivre en m'aidant de sa fourrure flamboyante pour le distinguer parmi les arbres qui me laissent un champ de vision de plus en plus étroit... Jusqu'à ne plus l'apercevoir du tout.

« Vraiment jamais. »

Ce petit chenapan m'a amené jusqu'au bord du lac, là où il n'y a jamais rien à fai-...

« Oh. »

Je me coupe moi-même en réalisant la présence d'une jeune fille, adossée contre un arbre, dos à moi. Tout ce que je peux apercevoir d'elle sont ses longs cheveux noirs ondulés, descendant jusqu'à sa taille, mais c'est vraiment tout. Après, je peux facilement déduire qu'elle a la peau plutôt pâle, vue sa main qui est bien du genre à prendre des coups de soleil en deux secondes... Mais, cette fois-ci, c'est vraiment tout.

Après, elle lit... J'ai horreur d'être interrompu quand je lis. Dans mon top trois des choses que je déteste le plus avec sortir sans maquillage et les poivrons. Aprèès, ça dépend ma lecture, quoi. Si, genre, c'est un manuel d'Histoire de la Magie, je vais supplier l'Univers d'envoyer quelqu'un m'embêter dans le but que je n'avance jamais dans ma lecture.

Je me décide finalement à m'approcher à pas de loup, remerciant au passage l'herbe qui ne me fait pas faire un boucan insupportable, afin de regarder par-dessus l'épaule de la jeune fille quelques éventuelles lignes parmi celles qu'elle peut bien lire.

Mes yeux s'écarquillent de terreur à la première phrase que je relis encore et encore dans l'espoir de décoder celle-ci mais rien n'y fait : cet anglais est décidément bien trop vieux pour moi.

« Il faut que je la sauve de ce livre diabolique ! »

Je m'accroupis silencieusement à distance très peu respectable de l'oreille de la jeune fille et prends enfin le temps d'hausser la voix :

Il date de quelle époque ?

J'espère l'avoir fait sursauter.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini

4 sept. 2020, 01:24
Les rives de l'importun  PV 
Plongée dans ma lecture, j'accorde toute mon attention disponible au livre posé sur mes genoux, quitte à me couper complètement du reste du monde et du temps qui passe.
Certaines tournures de phrases sont un peu alambiquées, avec du vocabulaire qui n'est plus utilisé de nos jours, donc j'ai du mal au début. C'est juste le temps de me faire à cet ancien anglais, je le sais, il n'empêche que pour le moment je dois encore relire plusieurs fois certaines phrases pour être sûre d'en comprendre le sens. Mais je sais que ça va venir, à force de ne lire que ça je vais m'y habituer. J'ai bien réussi avec mes deux précédents romans -qui en plus étaient en Français, donc pas la langue que je lis ni parle le plus au quotidien-, il n'y a aucune raison que celui-ci me pose un problème. Normalement en tout cas.

J'avance lentement mais sûrement, tournant petit à petit les pages jaunies et raidies par le temps. Je ne fais tellement plus attention à rien en dehors de ces mots d'encre noire que je ne vois pas le jeune garçon qui s'approche de moi dans mon dos et observe mon livre par dessus mon épaule. Pourtant, il a fait de l'ombre sur la page, mais mon cerveau a dû l'interpréter comme un nuage, je ne sais pas.
Je ne le vois pas non plus s'accroupir quelques centimètres derrière moi et approcher son visage du côté du mien. En réalité, je ne prends conscience de sa présence que lorsqu'il se met soudainement à parler. Avec un volume bien trop important pour quelqu'un situé à cette distance de l'oreille de son interlocuteur.


- Il date de quelle époque ?

Je laisse échapper un petit bruit surpris en entendant si soudainement une voix aussi proche de moi. Au même moment, par réflexe, le haut de mon corps s'incline du côté opposé à celui de l'intrus et je referme mon livre dans un claquement, sans prendre le temps de marquer la page à laquelle j'étais arrivée. Sur le moment, ça m'importe peu, tout mon esprit est concentré sur celui qui est venu m'interrompre et qui n'a rien à faire là, aussi proche de moi, sans m'avoir ne serait-ce qu'avertie avant de me faire peur. Je reste de longues secondes occupée à le fixer, toujours sous le choc. La seule chose dont j'ai conscience c'est qu'il est toujours drôlement près et que mon cœur est sur le point de sortir de ma poitrine tant il bat avec force. Du moins c'est l'impression que j'ai.

Une fois un peu remise du choc, j'avale ma salive un bon coup dans l'espoir de réhydrater ma gorge devenue soudainement très sèche. Je prends ensuite quelques secondes supplémentaires pour mettre un minimum de distance entre nous : je dépose mes deux mains à plat sur le sol, puis en poussant sur mes bras je décale mes fesses de quelques centimètres pour les réaligner avec mon buste, toujours éloigné de l'inconnu.
*C'est déjà mieux* Je dissimule enfin mes mains dans les larges manches de mon pull et presse mon livre contre ma poitrine.

"Il date de quelle époque ?" *De quoi a-t-il voulu parler ?* Si je n'avais pas peur de paraître malpolie, je lui aurais bien rétorqué un "Hein ?" très peu distingué qui m'aurait évité toute réflexion. Mais vu qu'il vient de me faire peur (exprès, j'en suis certaine, personne ne s'approche dans le dos des gens qui ne les attendent pas pour une autre raison que celle-ci) je me dis qu'il peut bien attendre quelques instants de plus, ça ne lui fera aucun mal.

Il faut quelques secondes à mon cerveau pour effectuer les connexions nécessaires à la compréhension de la phrase prononcée par le jeune homme. Quand enfin je comprends qu'il parle de mon roman, mes lèvres forment un petit "oh" inaudible. Est-ce qu'il me demande ça parce qu'il a vu l'état du livre, ou est-ce qu'il a lu un passage par dessus mon épaule et vu qu'il était dans un assez vieil anglais ? Peu m'importe au final, dans tous les cas il m'a observée à mon insu pour voir ce que je faisais et je n'aime pas vraiment les gens qui font ça, ça me stresse.

Je me décide cependant à lui répondre, en essayant de le faire avec gentillesse, bien que je ne sois pas totalement certaine qu'il le mérite.


- Si tu veux parler du livre, il date de... Je regarde rapidement la date d'impression. De 1994. Et le roman est du début du XIXème.

Ma voix est un peu sèche malgré tout, et je sais que je ne dois pas avoir l'air à l'aise, mais c'est vraiment le mieux que j'ai à lui offrir. J'espère juste que cette réponse lui suffira et qu'il ne s'attardera pas ici.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

15 sept. 2020, 22:04
Les rives de l'importun  PV 
« Oulah. »

J'ai réussi à lui faire peur... Un peu trop, même : son cri m'a moi-même fait flipper et j'ai failli tomber en arrière. Très peu pratique, cet appui léger. Je n'ai aucun équilibre, je vais tomber à la première bourrasque.

Je prends alors le temps de répartir mon poids : genou droit vers l'herbe, genou gauche vers le ciel. Voilà. La rosée va mouiller l'entièreté de mon jean au niveau de mon tibia droit mais c'est toujours mieux que de tomber sur mon postérieur. Quoique...

Je plisse les yeux en pensant au désastre que peut faire l'herbe mouillée sur des jeans innocents : une nouvelle coloration à base de bleu délavé et de vert graisseux... Eurk. À la rigueur, si mon jean avait été vert, ça aurait donné une nuance supplémentaire, ça aurait donné un truc... Mais, là, non. Et puis, de toute façon, personne ne met de jeans verts. Personne n'a aussi peu de goût... Je crois.

Tant pis. Je n'aurai qu'à courir à en perdre haleine jusqu'à ma salle commune en espérant que personne ne remarque cet affreux mélange de couleur.

Je finis par ramener mes pensées avant qu'elles ne divaguent trop. Mes yeux se raccommodent au réel. Mon esprit refait passer les événements qu'il a enregistrés durant ma micro-absence... C'est-à-dire rien.

Elle est restée bloquée comme ça à me regarder d'un air choqué pendant tout ce temps. Sans rien faire.

« Patiente, dis donc. »

J'aurai déjà foutu une tape amicale dans le dos de mon agresseur en ricanant « Même pas peur ! » alors que mon cœur battrait encore à cent dix à l'heure... Mais bon, on ne réagit pas tous de la même manière.

Oh, d'ailleurs, elle se décide enfin de la manière dont elle procédera à mon affront : s'éloigner drastiquement de moi.

M'enfin, en soi, je comprends : mes yeux ont tendance à un peu trop transpercer. Elle a besoin de reculer pour avoir une vision globale de ma beauté.

Je prends tout de même le temps de souffler du nez en esquissant un magnifique sourire amusé. Il ne faudrait pas qu'elle pense qu'elle m'a vexé, bien au contraire !

Malheureusement, elle ne semble pas décidée à s'exprimer plus que cela... Hmm. Est-elle perdue dans ma splendeur ? Médite-t-elle ? À quoi ?

Mes yeux s'écarquillent soudainement. Mon cœur s'emballe. Mes mains deviennent moites. Tout mon corps s'est retrouvé en alerte au moment où cette terrible pensée a traversé mon esprit :

« Et si elle a un traumatisme ? »

Cela expliquerait sa réaction qui s'est faite si longue en plus de ce regard qui ne veut pas me lâcher... Mais quel idiot je fais.

Un regard inquiet se tourne vers elle avant qu'elle ne finisse par répondre à ma question. En temps normal, j'aurais rebondi dessus mais, en ce moment, tout ce qui m'importe est de rattraper ma boulette... Même si je prends tout de même note dans un coin de ma tête de la date. Enfin des dates. Non, du siècle et de la date. Donc début dix-neuvième et 1994...

« Attends. »

Je fronce les sourcils en me ressassant ces informations : 1994 est fin vingtième, pas début dix-neuvième... Donc ce bouquin date de 1994 ou 1800 ? Il faut se décider !

J'euh... T'avouerais ne pas avoir saisi. Il date de début dix-neuvième ou de la fin du vingtième ?

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini

18 sept. 2020, 17:13
Les rives de l'importun  PV 
Le temps que je lui réponde, le jeune homme à côté de moi a changé de position pour une autre qui me semble... Je ne saurais quoi choisir entre complètement inconfortable et totalement instable. En tout cas, personnellement, je ne m'installerais pas de cette manière pour parler à quelqu'un, j'aurais plutôt confortablement posé mes fesses dans l'herbe. Ça laisse quand même beaucoup moins de chances de tomber bêtement, mais bon.

Après ma réponse, un court blanc s'installe entre nous durant lequel je le vois froncer les sourcils, comme s'il réfléchissait à ce que je venais de dire. A voir sa tête, on aurait dit que je venais de lui poser une énigme. Peut-être que je n'ai pas été très claire dans mes explications ? Si d'habitude je me serais sentie gênée de ne pas m'être correctement faite comprendre, là, honnêtement, je m'en fiche un peu. Ce garçon ne laisse pas vraiment une bonne première impression.

Pendant qu'il réfléchit, je prends quelques secondes pour observer l'élément perturbateur de ma lecture. Il m'a l'air plus jeune que moi, mais pas de beaucoup. Peut-être en Troisième ou Quatrième année je dirais. Ce n'est clairement pas un Serdaigle, puisque je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam, et à mon avis ce n'est pas non plus un Poufsouffle, vu la manière dont il vient de se comporter. En vérité, peu m'importe sa maison, dans ma tête il est maintenant rangé dans la case des personnes intrusives. Pas vraiment une très bonne case.

En le regardant plus attentivement, je me rends compte qu'il est particulièrement soigné : ses cheveux semblent avoir été coiffés au gel (ou alors ils ne connaissent pas la gravité, au choix) et son visage est maquillé de manière légère, avec juste un petit trait de liner sous les yeux. S'il n'est pas très haut dans mon estime actuellement, il remonte quand même d'un pouième. Parce qu'à son âge, être un garçon qui se maquille j'imagine que ça doit attirer les moqueries. Pourtant je trouve ça assez cool. C'est joli et c'est dommage que les garçons s'en privent sous prétexte que la société a décrété que c'était "pour les filles".
Je me demande si, si j'étais un garçon, j'aurais eu le courage de mettre du vernis.
*Pas sûr* Les moqueries auraient sûrement été trop dures à supporter pour moi. C'est dommage, parce que c'est quelque chose que j'aime énormément. Quand je me pose tranquillement quelque part pour peindre mes ongles, c'est mon moment de détente juste à moi.

Il me tire soudainement de mes spéculations, et sur le coup ses mots s'embrouillent dans mon esprit, rendant sa question complètement floue et m'obligeant à la repasser dans ma tête.


- J'euh... T'avouerais ne pas avoir saisi. Il date de début dix-neuvième ou de la fin du vingtième ?

Définitivement, je n'ai pas été claire dans ma première explication. *On recommence*

- Le roman a été écrit au début du XIXème, mais ce livre D'un léger geste je lui montre l'ouvrage que je tiens toujours contre moi. a été imprimé en 1994.

Je fais une courte pause pour lui laisser le temps de saisir ce que je viens de dire.

- C'est plus clair comme ça ?

J'ai beau avoir essayé de répondre avec ma voix la plus normale possible, je ne suis pas très à l'aise. Il est toujours assez proche de moi, trop proche même. J'aimerais m'éloigner encore un peu plus, mais j'ai peur que mon geste ne soit pas très bien pris et qu'il se vexe. Ce n'est pas parce que je le trouve relativement impoli que j'ai envie qu'il pense la même chose de moi.
Alors je prends sur moi et commence à jouer avec mes ongles, un automatisme quand je ne me sens pas à l'aise où je suis. Mes mains s'animent d'une vie propre et mon ongle de majeur droit -que j'ai cette semaine, comme les neuf autres, coloré en une teinte presque noire- vient se frotter rapidement contre la chair mon pouce, dans un mouvement assez discret mais qui m'aide à me calmer.
Dernière modification par Solwen Estendle le 4 oct. 2020, 23:08, modifié 1 fois.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

27 sept. 2020, 09:08
Les rives de l'importun  PV 
Aanw !

Diablement plus clair ainsi. En même temps, je devais bien m'en douter : un livre n'aurait jamais survécu deux siècles durant... Mais bon, généralement, on passe la date d'imprimerie sous silence et on se contente de sa date d'écriture. Même si 1994 commence à dater. Etrange qu'il ne tombe pas en miettes.

Un léger soufflement du nez m'échappe lorsqu'elle me pose la question : elle doit vraiment me prendre pour un imbécile. Mais bon, on ne peut pas dire que j'ai fait la meilleure des premières impressions avec mon incompréhension totale.

Oui, merci beaucoup.

Je me garde bien de lui faire remarquer qu'elle doit être la seule à préciser la date d'impression d'un livre : elle doit déjà l'entendre quarante-douze fois par jour, pas la peine d'en rajouter une couche.

Je détourne lentement mon regard vers la surface lisse du lac. Je n'ai pas encore eu le temps d'admirer plus en profondeur son visage au teint bien pâle : trop perdu dans mes pensées précédemment et ça ne sert à rien de se mettre à la fixer intensément maintenant. Je vais juste paraître flippant et la faire fuir à toutes jambes. Mieux vaut avoir l'air de profiter de l'instant présent.

Elle n'a pas l'air très bavarde, en tout cas. Timidité ou envie de me tuer suite à une interruption de sa lecture ? Impossible à déterminer pour le moment... Même si les deux en même temps serait l'option la plus probable. En même temps, l'aborder en criant dans ses or-...

« MINCE. »

Le traumatisme ! Ça m'était totalement sorti de l'esprit avec mon débat sur la date du livre !

Je reporte mon regard, désormais anxieux, vers elle et prend seulement maintenant la liberté de la détailler. J'ai une excuse : celle de mon inquiétude.

Elle ne semble pas traumatisée à vie, ni transpirante ou sur le point de faire une crise d'asthme. C'est déjà ça.

Des tâches de rousseur contrastent avec la clarté de sa peau. Cela donne quelque chose de... Curieux. Presque plus que sa frange noire — qui n'est d'ailleurs pas noire mais brune, cette petite maligne — et la même peau d'un blanc éclatant. Blanc, roux, noire. Totalement logique. Avec du bleu au milieu, on ne sait pas ce qu'il fait là. Certes, il s'harmonise merveilleusement bien avec la noirceur de ses mèches et ses petites tâches de rousseur mais pas les deux en même, pardi ! Quoique... Oui, en fait, ça les rassemble. Fichtre, mais son visage est bien trop bien construit ! Et si on y ajoute le fait que ses yeux respirent l'innocence au vu de leur taille... Sans parler de sa magnifique forme de visage ovale qui ne fait que renforcer cet aspect et son toout petit nez qu'on a envie de pincer. Grr. Si son corps ne montrait pas le contraire, j'aurais bien dit qu'elle aurait onze ans tout au plus. Elle sent l'innocence à plein nez.

« Et mince, je m'égare encore. »

Je secoue la tête dans l'espoir de reprendre mes esprits, aussi peu nombreux soient-ils, avant de me munir de mon expression inquiète :

Tu n'as pas de traumatismes dus à mon entrée en scène, au moins... ? Je m'excuse : cette idée ne m'était même pas passée par la tête avant maintenant. Je n'aurais pas dû, c'était idiot de ma part.

En espérant qu'il ne soit pas trop tard...

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini

5 oct. 2020, 00:03
Les rives de l'importun  PV 
Suite à mon explication, le garçon me remercie et me rassure en disant qu'il m'a cette fois comprise. Je ne sais pas si j'aurais eu le courage de lui réexpliquer une nouvelle fois pour quelque chose d'aussi futile.

Le silence s'installe entre nous, et, paradoxalement, il me semble particulièrement bruyant. Je ne me sens pas à l'aise comme je le serais avec Lyn. Cette absence de bruit me fait prendre conscience du moindre son et mouvement de mon corps. Je sens mon cœur battre sourdement dans mes oreilles, j'entends le son de ma respiration tout comme j'entends la sienne non loin, je ressens les va et vient de mes bras plaqués sur mon torse au rythme de mes inspirations et expirations, je sens la terre dure sous mes fesses et mes jambes qui s'appuient l'une contre l'autre dans la position de tailleur que je viens d'adopter. Si j'apprécie habituellement le silence, il se fait maintenant assourdissant et inconfortable. J'en viendrais presque à espérer que le jeune homme se remette à parler pour briser mon malaise d'être avec lui.

A mes côtés, je le sens bouger, mais il ne reprend pas la parole. A la place, il se met à me regarder. Je ne le vois pas vraiment faire, mais ma vision périphérique m'indique qu'il a le visage tourné vers moi, et je sens son regard posé sur moi. Je sens qu'il me détaille, parce qu'il ne détourne pas les yeux durant plusieurs secondes. Au final ce n'était pas si mal d'être juste assis l'un à côté de l'autre, plongés dans ce silence dérangeant. C'était toujours mieux que ce regard. Je me demande surtout ce qui peut bien lui passer par la tête. Je suis quasiment certaine qu'il doit me trouver bizarre. J'aimerais dire que je m'en fiche, mais ce ne serait pas totalement vrai.

Au bout de ce qui m'a paru être une éternité, il finit enfin par parler.


- Tu n'as pas de traumatismes dus à mon entrée en scène, au moins... ?

*Pardon ?* Ma surprise me fait tourner brusquement le visage dans sa direction. Son expression semble inquiète, comme si j'avais réellement l'air traumatisée. Je n'y connais pas grand chose, mais mes vagues connaissances me soufflent que je n'aurais pas cette tête s'il m'avait traumatisée ou s'il avait ravivé l'un de mes traumatismes. Ou alors je fais une tête pire que ce que je pense.

- Je m'excuse : cette idée ne m'était même pas passée par la tête avant maintenant.

L'idée me semble tellement farfelue que ce qui m'étonne n'est pas qu'il n'y ait pensé que maintenant, mais surtout qu'il y ait pensé tout court. Mais au moins il s'excuse, ce que je n'aurais jamais pensé qu'il ferait.

- Je n'aurais pas dû, c'était idiot de ma part.

*Je vais pas dire le contraire, c'était bête oui* Mais bon, pour sa défense il a réellement l'air désolé et inquiet à l'idée de m'avoir fait peur, on va dire que ça rattrape un peu son comportement.

Lui demander si j'ai une tête de traumatisée me brûle les lèvres, mais j'ai peur qu'il le prenne comme si je lui reprochais de penser que c'est le cas, alors je me tais. Je laisse le silence se refaire une place entre nous, le temps que je trouve quoi répondre. Au bout de quelques secondes, je plonge mon regard dans le lac.


- Tu m'as juste surprise, ne t'inquiète pas. C'était pas très adroit de ta part, mais bon.

Je hausse les épaules et tourne la tête vers lui pour lui offrir un petit sourire, lui signifiant que je ne lui en veux pas plus que ça. Après tout, il a compris que c'était bête et il s'est excusé. Continuer à lui en vouloir trois cents ans serait bête et assez rancunier de ma part, et à mon avis c'est juste du temps perdu.
Je dis ça mais ça fait bientôt deux ans que je t'en veux pour ton silence.
*C'est pas pareil ça.* Sauf que si, ça l'est. Mais j'arrive pas à arrêter.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

19 déc. 2020, 23:45
Les rives de l'importun  PV 
Oulah. Elle se tourne un peu trop brusquement vers moi, l'air de me servir un « Pardon ?! » magistral. Peut-être que c'était un peu recherché, en effet. Un peu beaucoup. Cela me semblait pourtant cohérent sur le moment mais, à en voir son expression... Peut-être que je devrais installer des dents dans mon cerveau. Les mêmes que celles qui retiennent ma langue quand je m'apprête à répondre au tac au tac d'une réponse automatique relativement cinglante pour éviter de me retrouver avec toute l'école à dos : cela permettrait d'arrêter mes pensées avant qu'elles ne franchissent le point de non-retour. Très pratique. Après, comment installer ce système ? Ça a beaucoup de chance d'être plus compliqué que mes dents de mâchoire préinstallées. Il faudrait que je trouve un moyen de stopper celles-ci lorsqu'elles atteignent le point de non-retour. Et que je trouve un moyen de définir le point de non-retour, aussi, oui. Mais ultérieurement : là, je suis en pleine conversation avec... Enfin, bribes de conversation étant donné la timidité, voire asociabilité, de mon interlocutrice dont je ne connais pas le nom. Et je crois bien que j'ai précédemment atteint le point de non-retour, en plus.

ENFIN BON.

Je balaye mes pensées désorganisées dans le coin Insomnies de mon cerveau avant de me recentrer sur le moment présent.

Elle ne m'a toujours pas répondu. Elle me regarde sans me regarder. Elle aussi, elle a atteint son point de non-retour et tente désespérément de revenir sur la voie de la raison ?

Mais non. Je ne suis pas dans la tête des gens, je ne sais pas ce qu'ils peuvent penser. Il faut que j'arrête de tout ramener à moi : chaque esprit a un fonctionnement différent et ne réagit pas de la même manière aux situations. La preuve : elle n'a pas réagi comme moi j'aurais réagi. Ce qui donne un silence gênant. Très gênant. Ça doit de l'asociabilité, oui... J'essaye d'être cool et tout mais elle ne fait strictement aucun effort.

Ah, elle sort de ses pensées ! ... Pour tourner la tête vers le lac.

Ne suis-je donc pas beau à regarder ?

Aah, voilà qu'elle parle ! Elle ne pouvait juste pas supporter mes prunelles noires. Je sais qu'elles sont emplies de mystère mais ce n'est pas une raison pour prendre quatre ans à me répondre. Sans même me regarder. Vraiment dommage que la propriétaire d'un visage aussi mignon soit infectée par la maladie de l'asociabilité.

Elle finit par oser affronter mon regard... Et m'envoie même un sourire ! Ah, elle n'est pas si associable, alors ! Il lui faut juste du temps pour accepter les autres. M'ouais, c'est de l'asociabilité.

Je me contente de lui rendre son sourire, n'ayant pas spécialement d'idées de réponses appropriées à sa déclaration. On ne peut pas dire qu'elle soit douée pour faire la conversation. Embêtant.

Je pose brièvement mon regard sur son livre. J'ai bien envie de rebondir sur ce dernier mais je ne sais pas. Ce serait trop... Niais.

Je passe furtivement ma main gauche sur ma besace. Qu'ai-je emporté qui pourrait m'occuper ? Oh, un livre. Ça doit être mon manuel d'Histoire de vendredi qui n'a pas bougé d'un pouce. Belle ironie du sort... Je fouillerai plus en profondeur après. Peut-être que, par miracle, elle pourrait engager la conversation d'elle-même et il serait bien bête que je sois concentré sur autre chose lors dudit moment.

C'est pourquoi je me contente de porter mon regard sur le lac, histoire de me donner un genre.

Sinon, il faudrait que je pense à chatouiller Edgar à la mort : c'est pas très très cool de faire balader son meilleur pote pour rien.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini

31 janv. 2021, 18:02
Les rives de l'importun  PV 
Excuse moi pour ce retard...


Le jeune garçon me renvoie mon sourire mais ne répond rien, se contentant de me regarder. Je soutiens son regard quelques instants espérant qu'il finisse par parler, mais rien ne vient. Son silence me semble étrange, alors j'espère que son sourire n'était pas forcé et surtout qu'il n'est pas fâché. Il s'attendait peut-être à ce que je le rassure en lui disant que son comportement n'était pas idiot ? Avec le recul, je me rends compte que c'est ce que j'aurais dû faire, par politesse. Mais ç'aurait été hypocrite, parce que oui, c'était un peu bête de sa part de chercher à me faire sursauter.

Les secondes passent, et je l'observe discrètement pendant qu'il dirige son regard vers mon livre. Peut-être que je devrais m'excuser quand même ?
Mais de quoi ? D'avoir juste confirmé la vérité ? Puis est-ce qu'il attend de moi que je lui présente des excuses ? Parce que s'il n'est pas blessé de ma franchise, je n'ai pas vraiment de raison de lui demander pardon, je n'ai pas été méchante. Et je n'ai pas l'impression qu'il soit vexé, en tout cas mon corps ne m'indique aucune tristesse, colère ou autre venant de lui. Au contraire, quand je le regarde, je ne ressens que du calme, mon cœur ne se serre pas, je n'ai aucune boule au ventre ni rien alors j'ai plutôt l'impression qu'il est détendu, ce qui me rassure. Je sais que je ne me trompe jamais sur les émotions des autres alors je fais confiance à mon impression.

Cette trop grande sensibilité qui me complique la vie quotidiennement a quand même quelques petits côtés positifs.
*Encore heureux*
Et malgré tous les embêtements qu'elle m'apporte, est-ce que je l'échangerais pour une sensibilité normale ? Si je suis honnête avec moi même, je sais que non. Elle me pourrit la vie, mais je crois que malgré tout je l'aime bien. Avec le temps, c'est devenu une si grosse part de moi que m'en défaire me semble inconcevable, j'aurais l'impression de ne plus être réellement moi. C'est triste quand même d'être autant attachée à un truc aussi chiant. Je souffle légèrement du nez, un peu fatiguée par moi-même.

M'extrayant de mes pensées, je tourne une nouvelle fois mon regard vers le garçon, qui n'a toujours rien dit. Je le vois tâter sa sacoche à gauche de lui, mais il n'en sort rien. Est-ce qu'il veut partir, trouver une échappatoire ? Ou est-ce qu'il espérait y trouver une occupation ? Si c'est le cas, est-ce qu'il n'ose pas la sortir pas tout comme je n'oserais pas me remettre à mon livre, ou est-ce qu'il se rend compte qu'il n'y a rien d'intéressant dedans ? Dans tous les cas, j'en déduis qu'il doit se sentir un peu coincé ici et/ou qu'il s'ennuie. Pourtant, il n'en montre aucun signe, et au contraire se met à regarder le lac avec une attitude très détendue.

Pendant quelques secondes, je laisse mon regard errer dans la même direction que le sien, appréciant le soleil qui se reflète sur le miroir formé par l'étendue d'eau. Puis, voyant qu'il ne dit toujours rien, je réfléchis à mes possibilités. Soit j'attends là à regarder le lac comme une idiote en espérant qu'il finisse par se lasser et s'en aller. Mais je ne sais pas pour combien de temps je serais coincée là, et on a connu situation plus sympa. Soit je recommence à lire, mais ça me semble vraiment très peu poli, alors je raye immédiatement cette possibilité. Soit je me creuse la tête et cherche un début de discussion, puisque lui n'a pas l'air décidé à le faire. Je déteste cette option beaucoup plus stressante, mais après les deux précédentes c'est la seule qui me vienne, et elle a l'avantage d'être à la fois beaucoup plus polie et moins chiante que les autres.

Alors je prends sur moi, contrôle mon stress à l'idée de reprendre la parole après un si gros blanc, et commence à chercher un truc à dire. J'essaye de me rassurer en me disant que ce sera vite passé, une fois la discussion lancée, si tout se passe bien, je serai avec un peu de chance plus à l'aise. Puis de toute manière ça ne sera jamais pire que de rester assise en silence à côté de lui en laissant le malaise se faire une place entre nous. Au moins je fais un effort. Mais je ne sais pas trop si ça me rassure.

Pendant que je réfléchis, je joue nerveusement avec l'une de mes tresses, stressée d'avoir l'esprit aussi vide d'idées de conversation. Comment font les gens pour discuter aussi facilement de tout et de rien n'importe quand ? C'est un mystère pour moi, on a dû m'enlever cette capacité et foutre à sa place un surplus de sensibilité, c'est pas possible autrement.


*Je me suis pas présentée* Mon cerveau allume soudainement cette pensée dans mon esprit, et je me sens sauvée, je sais quoi dire. C'est nul, aussi peu original que parler de la météo, mais au moins c'est un début et je n'ai absolument pas le courage de chercher autre chose. Alors je me lance.

- Je m'appelle Solwen au fait.

Voilà, je pose ça là et il en fait ce qu'il en veut.
Je souffle légèrement et sens que ma respiration est soudain plus facile. C'était beaucoup d'efforts pour un résultat pas très intéressant, mais au moins j'y ai mis du mien. S'il veut répondre, il peut, sinon tant pis, je suis déjà contente de moi d'avoir osé.

"If your absence doesn't bother them, then your presence never mattered to them in the first place"
"C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.” Le Petit Prince

14 mars 2022, 00:45
Les rives de l'importun  PV 
Je devrais revenir ici avec une tasse de thé.

Je n'aime pas les activités calmes qui durent dans le temps. Un bon vieux livre, ce n'est pas une activité calme : il se passe plein de choses en une page, c'est revigorant ! En revanche, une balade en barque sur un lac, au bout d'un moment, cela est ennuyeux. Si encore c'est pour aller à Pré-au-Lard, ça va : il y a un but au trajet. On fait une activité longue et ennuyeuse mais on en voit la fin. Alors que, lorsque c'est juste une balade pour se balader, on se lasse bien vite.

Or, si on a une activité à côté, qu'importe si c'est une activité aussi futile que de celle de boire un thé, là, l'activité devient soudainement bien plus agréable. Puisqu'on fait quelque chose de nos mains, on ne peut qu'admirer la beauté du lac et des couleurs que la nature nous offre avec nos yeux. Puisque c'est, de toute manière, la seule possibilité d'activité en parallèle. Et, là, l'instant devient reposant. Satisfaisant. Pas comme si on se contentait de juste ne rien faire de nos mains. Ô joie.

Sur le moment, le fait de méditer aux possibilités pour rendre un tel instant avec une telle météo optimal ne me dérange pas. Mais, maintenant, que j'ai fini d'y méditer, c'est bon, je m'ennuie de nouveau. Et j'ai l'abominable impression de perdre mon temps, à rien faire.

C'est donc tout naturellement que je dévie mon regard en quête, cette fois-ci, de la vue d'étoiles inexistantes. Hmpf, on ne peut pas dire que le ciel ait sa plus belle teinte bleue. L'automne arrive à grands pas. Et ces pluies avec. Pauvres joueurs de Quidditch qui vont encore devoir jouer sous la pluie sans le moindre petit bout de plastique au-dessus de leur tête pour les protéger... Ce n'est pourtant pas comme si cela coûtait une fortune de faire des efforts pour ne pas organiser un match sous la pluie. Ce n'est pas comme s'ils devaient demander une aide pécuniaire à chaque fois, à un tel point que les dates étaient immutables. Surtout si c'est pour, au final, ne pas même utiliser cet argent pour le bien des joueurs !

Mais bon. La direction, que voulez-vous ? Il est après tout de notoriété publique que leur conception du monde est à l'opposé de la conception du monde d'approximativement cent pourcents des autres membres de l'humanité. À croire qu'ils seraient en réalité non pas sélectionnés parmi les êtres humains normaux mais parmi certains êtres humains qu'on aurait faits répertorier au préalable pour qu'on leur injecte un membre d'une espèce reptilienne qui parlerait Fourchelangue pour communiquer entre eux et qui prendraient donc l'apparence d'humains dans le but de contrôler l'humanité et qui, donc, contrôlerait cette dernière mais sans comprendre les subtilités de la société de ces derniers. Harry Potter serait donc un reptilien. ET DEPUIS LE DÉBUT.

Mais je divague un chouïa, là.

Boarf, de toute manière, je peux bien me permettre de divaguer comme bon me semble. Ce n'est pas comme si la conversation fusait comme jamais. J'irais même oser dire qu'on vit actuellement l'exact contraire d'une conversation censée fuser. Eet ouais.

Après... Ouais, je peux pas lui en vouloir, en fait. Elle était là et elle lisait, tranquille, dans son coin, et il y a moi qui a débarqué. Elle a rien demandé. Elle avait très probablement aucune envie de voir la tête d'un autre humain. Et il y a eu moi. Si elle s'est autant isolée, c'est peut-être qu'il y avait une petite raison. Mais non, cela n'a pas voulu traverser mon cerveau. Foutu cerveau.

B-...

À peine ma bouche ouverte, je l'ai aussi refermée : c'est précisément cet instant qu'a choisi ma camarade pour parler. Miracle ! Hors de question je lui coupe la parole : ses paroles sont bien trop rares.

Solwen. C'est vrai qu'on ne s'est pas présentés, il me semble...

Edmund.

Voilà ! On peut désormais mettre des prénoms sur nos visages respectifs !

M'enfin... Inutile de laisser de nouveau un blanc de je-ne-sais-combien de temps. Autant directement aborder ledit sujet.

Tu sais, Solwen... Très beau prénom au passage. Je vois bien que tu n'es pas à l'aise. Que tu étais bien, tranquillement, assise avec ton livre, sans que personne ne vienne t'importuner. Je vois bien que tu n'as pas spécialement envie de parler avec moi donc... Désolé. Voilà. Je n'ai pas envie de te déranger plus que ça...

Suite à mes mots, je me lève de nouveau en récupérant ma besace au passage. Liberté : je ne serai plus condamné à observer un lac en laissant mes pensées divaguer !

Ta présence est certes discrète mais vraiment très agréable, sache-le. Je te laisse donc à ta lecture... Bonne fin de journée !

Va pour embêter quelqu'un d'un peu plus loquace. Ça va être plus intéressant.

Mots soulignés pour Au fil des mots. (Content des couleurs, Nolan ?)
Mes excuses pour ce retard monstrueux...
Fin du RP pour moi. Merci de l'avoir partagé avec moi ! (En espérant que nos personnages arrivent à tenir une réelle conversation à l'avenir... :lol:)

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
Avatar retouché par Gemini