11 févr. 2022, 11:31
Une terrible annonce

Avec Talía Mason
Hopital de la communauté sorcière
22 Février 2042
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Comme à son habitude, lorsque l'équipe de Quidditch dans laquelle il travaillait était en pause hivernale, Rafael s'appliquait à trouver des missions de courte durée dans les hôpitaux de proximité. Ce n'était pas la première fois qu'il travaillait dans l'hôpital de la communauté sorcière d'Aberdeen et il commençait à bien connaître les locaux et les personnes qui y travaillaient. Il avait commencé cette nouvelle mission une dizaine de jours plus tôt dans le service des accidents matériels. C'était le service où l'on pouvait retrouver des explosions de chaudron, des courts-circuits de baguettes ou encore des chutes de balais. Un panel varié de soins qui plaisait à l'infirmier quand il n'était pas sur un balai pour assister les joueurs de Quidditch.
Ce jour là, Rafael devait travailler de seize heures à minuit et il avait compris, dés qu'il était arrivé, que ce serait une journée mouvementée. Plusieurs patients attendaient déjà de voir un médicomage et la tension était palpable, démontrant ainsi que les délais d'attente étaient hauts. Il ne perdit pas une seconde et commença à faire ce pourquoi il était là, soigner tout ceux qui avaient besoin de soins urgents. Le flux de nouveaux patients ne diminuait pas et l'infirmier avait l'impression que plus il accélérait dans les prises en charges, plus le nombre de patients augmentait, ce n'était pas censé se passer ainsi.
En début de soirée, alors qu'il renseignait la famille d'un patient qu'il venait de voir, il entendit d'autres sorciers, assis en salle d'attente, parler d'un attentat qui venait d'avoir lieu dans le monde sorcier. Curieux de savoir ce qu'il se passait, Rafael s'était approché du couple pour leur demander plus d'informations afin d'anticiper un probable afflux de patients. La femme répondit à l'infirmier qu'un attentat venait d'avoir lieu au ministère de la magie et qu'il y avait visiblement plusieurs morts et des dizaines de blessés. Il essaya de ne rien laisser paraitre mais il pensa aussitôt à ses soeurs qui travaillaient toutes les deux au ministère, Mila en temps qu’Auror et Talía en temps que chercheur en métamorphose pour le ministère. Cette dernière ne passait que peu de temps au sein du ministère de la magie, elle partageait son temps entre les pays de galle où elle formait les étudiants en métamorphose et au ministère où elle menait ses recherches.
Il ne savait plus si elles travaillaient là-bas aujourd'hui, il aurait aimé envoyé une note, transplaner ou trouver un moyen de s'assurer qu'elles allaient bien mais il ne pouvait pas quitter son lieu de travail. Il devrait attendre de finir sa journée pour transplaner et savoir comment elles allaient. Il n'était pas facile de se concentrer sur son travail mais il n'avait pas le choix. Il se focalisa sur les patients qu'il voyait et parvint à se détacher un petit peu de ce qu'il entendait en salle d'attente. Mais deux heures avant de la fin de sa garde, il reçut une note magique de la part de son supérieur, il lui demandait de le rejoindre à l'accueil de l'hôpital et Rafael pensa alors qu'un patient n'avait pas pu se déplacer jusqu'à son service. Il fit des rapides transmissions à ses collègues sur les patients qui devaient être vus dans l'immédiat. Il se dirigea ensuite vers le hall en soufflant, il y avait déjà suffisamment à faire dans le service, il aurait pu demander à une autre personne d'accompagner le patient, il aurait pu lui même l'accompagner.
Malgré tout, Rafael n'était qu'intérimaire dans ce service et il lui semblait mal venu de faire ce genre de commentaire à son supérieur. Il acceptait ce qu'il devait faire et sans faire d'esclandre descendit les marches le séparant du Hall. De loin, il aperçut son supérieur entouré de trois sorciers, des collègues à lui à n'en pas douter. Que pouvait-il bien se passer pour qu'il ait besoin d'être entouré ainsi? Rafael accéléra le pas et alors qu'il posait le pied sur la dernière marche, il vit une silhouette fine contourner l'un des sorciers accompagnant son supérieur.
Il reconnut aussitôt sa plus jeune soeur, Talía, et il fut alors soulagé, il avait oublié cet attentat pendant plusieurs minutes. Mais si elle était là, cela signifiait qu'elle allait bien. Mais c'est alors qu'il remarqua la tristesse qui déformait ses traits, il avait l'impression qu'elle avait pleuré. Talía était présente, mais pas Mila. Si ses deux soeurs se portaient bien, il n'y avait aucune raison pour que l'une d'entre elle vienne le voir sur son lieu de travail. Alors il réalisa, il n'y avait qu'une seule raison pour expliquer la présence de sa petite soeur. Il connaissait ce visage, il l'avait vu plusieurs fois, c'était le visage de quelqu'un qui venait d'apprendre la mort d'un être cher. Leur regard se croisèrent et Talía se jeta dans les bras de son frère.
11 févr. 2022, 17:41
Une terrible annonce
Par réflexe, Rafael entoura sa petite soeur de ses bras. Elle semblait si fragile en cet instant, elle qui s'était montrée être la sorcière le plus douée de la famille. Elle qui, habituellement, ne reculait devant rien, et qui croyait que tout était possible, paraissait ce jour être une toute autre personne. L'infirmier savait que cette réaction était normale, il avait appris à l'école que la mort d'un être cher pouvait transformer une personne. Il l'avait vu des dizaines de fois et pourtant, voir sa soeur ainsi le bouleversait totalement.
Ses bras se refermèrent autour des épaules de sa soeur et il enfouit le visage de la blonde contre son thorax. Il ne réalisait toujours pas, sa soeur n'avait pas confirmé ses craintes et tant qu'il n'avait pas eu de confirmation, son inconscient espérait se tromper. Il sentit le pouls de sa soeur accélérer contre son torse et après quelque secondes, des soubresauts légers animèrent le corps de la jeune femme et elle laissa échapper un sanglot qu'elle voulait sûrement discret.
De son côté, Rafael n'arrivait pas à parler. Rester dans cette étreinte muette lui permettait de se raccrocher à l'espoir que l'attentat n'avait pas emporté sa soeur. Peut-être serait-il préférable de rester ainsi, la pire crainte de Rafael ne serait jamais réelle. Malheureusement cette pensée était utopiste et il le savait autant que sa soeur qui tentait de contrôler ses sanglots. Il devait affronter la vérité et pour cela, elle devait lui dire ce pourquoi elle avait transplaner dans cet hôpital. Talía s'extirpa lentement de l'étreinte de son frère et parvint à dire:
« — C’est horrible! Ils ont attaqué le ministère, Mila était là bas, elle est ...! »
La fin de sa phrase se perdit dans le silence et Rafael n'eut pas la confirmation que ce qu'il pensait était vrai. Et pour autant, alors qu'il pensait qu'il avait besoin de l'entendre pour le comprendre, ce ne fut pas le cas. L'infirmier croisa de nouveau le regard de sa soeur et la tristesse était palpable, ses yeux bleu semblaient avoir perdu leur vivacité, elle semblait vidée de toute émotion. Finalement, Rafael n'avait pas besoin d'entendre le mot maudit pour comprendre le message que lui passait sa soeur.
Les quelques secondes qui s'étaient écoulés entre l'annonce de sa soeur et le regard qu'elle lui avait lancé semblaient être des minutes pour Rafael. Ce n'était pas facile pour lui mais il réalisait petit à petit ce que tout cela signifiait. Sa soeur avec qui il avait échangé tellement de choses, celle qu'il était censé protéger des dangers de la vie avait été assassinée lors d'un attentat. La dernière fois qu'il l'avait vue, cela remontait à plusieurs mois et il ne la reverrait plus, il ne pourrait plus lui parler ni la serrer dans ses bras comme il le faisait actuellement avec Talía. Son cerveau semblait se rendre compte petit à petit de ce que tout cela impliquait. Il raffermit son étreinte autour de sa soeur et celle-ci éclata en sanglot.
Elle laissa échapper tout ce qu'elle avait ressenti depuis qu'elle l'avait appris. Elle était parvenue à se retenir jusqu'à maintenant mais elle n'y arrivait plus, c'était trop dur pour elle. Rafael ressentit une peine qu'il n'avait jamais connu jusqu'alors. Il savait que c'était physiologiquement impossible mais il lui semblait que son coeur se déchirait en plusieurs parties et que celles-ci se compressaient les unes contres les autres. L'air vint à lui manquer et il dut ouvrir la bouche pour reprendre sa respiration.
C'était donc ça ce que l'on ressentait! C'était à ce que ressemblait la perte d'un être aimée. Alors qu'il essayait de se ressaisir, une salve de souvenirs apparut dans son esprit et il revit alors plusieurs souvenirs de lui et sa soeur. Il la revoyait lui faire des accolades, essayer de le battre lors d'une course de balais. Il entendit ensuite son rire lorsqu'elle parvenait à le doubler, elle avait un rire unique qui donnait envie à celui qui l'entendait de rire avec elle. Elle n'était que joie et bonne humeur, une femme indépendante et sure d'elle. Rafael cligna des yeux deux fois, chassant les larmes qui s'accumulaient dans ses yeux.
Le souvenir du rire fut alors interrompu par le souffle rauque de Talía, elle était là, dans ses bras, elle souffrait. Cela ramena l'infirmier à la réalité, il ne devait pas craquer maintenant, il devait être présent pour sa plus jeune soeur. Elle souffla alors entre deux sanglots:
« — Elle est morte Raf'!»
Nouveau coup de poignard, nouvelle déchirure! Finalement, c'était encore plus dur lorsque le mot était dit. Et pourtant on lui avait appris qu'il devait le présenter ainsi aux proches des défunts pour que ces-derniers puissent entamer leur deuil. Cela n'avait rien de facile, ce n'était que souffrance et tristesse. Il avala difficilement le noeud qui s'était formé dans sa gorge et se concentra pour ne pas s'effondrer à son tour. Talía avait besoin de lui. Il se tourna pour aider la jeune femme à marcher vers un espace un petit peu reculé où ils pourraient s'asseoir. Ils marchèrent quelques mètres et Rafael aide sa soeur à s'installer puis il s'assit ensuite à ses côtés.
Talía ne parvenait pas à retenir ses sanglots et la souffrance qu'elle ressentait était visible. Nul besoin de la connaître pour savoir ce qu'elle éprouvait. Plusieurs minutes passèrent et la jeune femme s'allongea en position foetale sur la banquette la tête posée sur les cuisses de Rafael. Ce-dernier essayait de calmer les sanglots de sa soeur en la berçant doucement, tout en caressant sa nuque. Du coin de l'oeil, il vit son supérieur et les trois autres sorciers venir vers lui.
Ses bras se refermèrent autour des épaules de sa soeur et il enfouit le visage de la blonde contre son thorax. Il ne réalisait toujours pas, sa soeur n'avait pas confirmé ses craintes et tant qu'il n'avait pas eu de confirmation, son inconscient espérait se tromper. Il sentit le pouls de sa soeur accélérer contre son torse et après quelque secondes, des soubresauts légers animèrent le corps de la jeune femme et elle laissa échapper un sanglot qu'elle voulait sûrement discret.
De son côté, Rafael n'arrivait pas à parler. Rester dans cette étreinte muette lui permettait de se raccrocher à l'espoir que l'attentat n'avait pas emporté sa soeur. Peut-être serait-il préférable de rester ainsi, la pire crainte de Rafael ne serait jamais réelle. Malheureusement cette pensée était utopiste et il le savait autant que sa soeur qui tentait de contrôler ses sanglots. Il devait affronter la vérité et pour cela, elle devait lui dire ce pourquoi elle avait transplaner dans cet hôpital. Talía s'extirpa lentement de l'étreinte de son frère et parvint à dire:
« — C’est horrible! Ils ont attaqué le ministère, Mila était là bas, elle est ...! »
La fin de sa phrase se perdit dans le silence et Rafael n'eut pas la confirmation que ce qu'il pensait était vrai. Et pour autant, alors qu'il pensait qu'il avait besoin de l'entendre pour le comprendre, ce ne fut pas le cas. L'infirmier croisa de nouveau le regard de sa soeur et la tristesse était palpable, ses yeux bleu semblaient avoir perdu leur vivacité, elle semblait vidée de toute émotion. Finalement, Rafael n'avait pas besoin d'entendre le mot maudit pour comprendre le message que lui passait sa soeur.
Les quelques secondes qui s'étaient écoulés entre l'annonce de sa soeur et le regard qu'elle lui avait lancé semblaient être des minutes pour Rafael. Ce n'était pas facile pour lui mais il réalisait petit à petit ce que tout cela signifiait. Sa soeur avec qui il avait échangé tellement de choses, celle qu'il était censé protéger des dangers de la vie avait été assassinée lors d'un attentat. La dernière fois qu'il l'avait vue, cela remontait à plusieurs mois et il ne la reverrait plus, il ne pourrait plus lui parler ni la serrer dans ses bras comme il le faisait actuellement avec Talía. Son cerveau semblait se rendre compte petit à petit de ce que tout cela impliquait. Il raffermit son étreinte autour de sa soeur et celle-ci éclata en sanglot.
Elle laissa échapper tout ce qu'elle avait ressenti depuis qu'elle l'avait appris. Elle était parvenue à se retenir jusqu'à maintenant mais elle n'y arrivait plus, c'était trop dur pour elle. Rafael ressentit une peine qu'il n'avait jamais connu jusqu'alors. Il savait que c'était physiologiquement impossible mais il lui semblait que son coeur se déchirait en plusieurs parties et que celles-ci se compressaient les unes contres les autres. L'air vint à lui manquer et il dut ouvrir la bouche pour reprendre sa respiration.
C'était donc ça ce que l'on ressentait! C'était à ce que ressemblait la perte d'un être aimée. Alors qu'il essayait de se ressaisir, une salve de souvenirs apparut dans son esprit et il revit alors plusieurs souvenirs de lui et sa soeur. Il la revoyait lui faire des accolades, essayer de le battre lors d'une course de balais. Il entendit ensuite son rire lorsqu'elle parvenait à le doubler, elle avait un rire unique qui donnait envie à celui qui l'entendait de rire avec elle. Elle n'était que joie et bonne humeur, une femme indépendante et sure d'elle. Rafael cligna des yeux deux fois, chassant les larmes qui s'accumulaient dans ses yeux.
Le souvenir du rire fut alors interrompu par le souffle rauque de Talía, elle était là, dans ses bras, elle souffrait. Cela ramena l'infirmier à la réalité, il ne devait pas craquer maintenant, il devait être présent pour sa plus jeune soeur. Elle souffla alors entre deux sanglots:
« — Elle est morte Raf'!»
Nouveau coup de poignard, nouvelle déchirure! Finalement, c'était encore plus dur lorsque le mot était dit. Et pourtant on lui avait appris qu'il devait le présenter ainsi aux proches des défunts pour que ces-derniers puissent entamer leur deuil. Cela n'avait rien de facile, ce n'était que souffrance et tristesse. Il avala difficilement le noeud qui s'était formé dans sa gorge et se concentra pour ne pas s'effondrer à son tour. Talía avait besoin de lui. Il se tourna pour aider la jeune femme à marcher vers un espace un petit peu reculé où ils pourraient s'asseoir. Ils marchèrent quelques mètres et Rafael aide sa soeur à s'installer puis il s'assit ensuite à ses côtés.
Talía ne parvenait pas à retenir ses sanglots et la souffrance qu'elle ressentait était visible. Nul besoin de la connaître pour savoir ce qu'elle éprouvait. Plusieurs minutes passèrent et la jeune femme s'allongea en position foetale sur la banquette la tête posée sur les cuisses de Rafael. Ce-dernier essayait de calmer les sanglots de sa soeur en la berçant doucement, tout en caressant sa nuque. Du coin de l'oeil, il vit son supérieur et les trois autres sorciers venir vers lui.
18 févr. 2022, 22:50
Une terrible annonce
Les sorciers s'approchaient lentement vers Rafael et sa soeur et il sentait le regard lourd de son supérieur, Mr Stein. Il savait, il ne faisait aucun doute qu'il avait été mis au courant du décès de sa soeur. Mais l'infirmier ne pouvait s'empêcher de se demander depuis quand. Cela ne changerait pas grand chose pour et pourtant, il avait l'impression que sa souffrance serait proportionnelle au temps qu'avait mis son supérieur pour le prévenir.
De son côté, Talía semblait s'apaiser, ou, du moins, ses sanglots perdaient en intensité. Mais Rafael sentait les larmes couler sur sa cape et il voyait une partie du visage de sa petite soeur. Elle avait les joues rouges et son regard était perdu au loin. Il était persuadé qu'elle ne voyait pas les sorciers qui venaient vers eux, son corps était là mais depuis qu'elle avait laissé couler ses premières larmes, son esprit était ailleurs. Pourquoi une jeune femme qui semblait si fragile devait-elle affronter une telle perte? Et surtout, pourquoi une femme de trente ans perdait-elle la vie dans un attentat ciblant la figure de la politique de son pays?
Tant de questions auxquelles Rafael n'avait pas les réponses. Tant de colère qui grandissait chez l'infirmier. Et toujours ces sorciers qui venaient vers lui! Qu'est ce qu'ils leur voulaient? Ils ne pouvaient pas les laisser seuls face à cette terrible annonce. C'était déjà assez dur comme ça mais sentir leur présence n'aidait en rien Rafael, il n'avait qu'une envie, prendre sa baguette et transplaner loin d'ici. Loin de cet hôpital, loin de ces vautours, loin de cette souffrance. L'infirmier baissa la tête et ferma les yeux, il ravala une nouvelle fois le noeud qui se formait dans sa gorge et resta ainsi quelques secondes.
« — Mr Mason... Rafael... Je ... votre soeur vous l'a dit mais ...commença à dire le supérieur de Rafael
— Mais quoi? répliqua Rafael. Qu'est ce que vous voulez de plus? Je n'ai pas envie de vous entendre me répéter que Mila est ... Je le sais, vous n'avez pas besoin d'être là, je n'ai pas besoin de vous ici. Que faites-vous encore ici?
Rafael ne voulait pas de réponse, il ne voulait pas entendre la voix de Stein. Et pourtant, son silence ne fit qu'aggraver la situation. Rafael, qui était déchiré entre tristesse et colère, sentait ses poings se serrer. Désormais, il ne voulait plus transplaner, il voulait écraser ses poings sur le visage des sorciers devant lui. Il souhaitait laisser sa rage quitter son corps à travers ces coups. Eux n'y étaient pour rien mais cela importait peu à Rafael, il voyait rouge. Il cria:
— Depuis quand? Depuis quand vous savez?
— Je le sais depuis... Cela fait deux heures maintenant.
— Deux heures ! Deux heures que vous savez que ma soeur est morte et vous me le dites que maintenant? Mais c'est quoi votre problème? Vous aviez tellement besoin d'un infirmier que vous ne pouviez pas me faire sortir du service!
Le coeur de Rafael se déchirait encore plus. Crier le mot mort n'avait fait qu'empirer son état. Cela rendait les choses bien plus réelles et bien plus douloureuses qu'elles ne l'étaient jusqu'alors. Mais la colère était telle qu'il n'arrivait pas à se rendre compte de cette souffrance, il voulait jeter un sort aux sorciers devant lui. La seule chose qui l'en empêchait était la présence de Talía sur ses genoux et ses larmes silencieuses, il ne pouvait pas se permettre de lui rendre les choses plus difficiles.
Il jeta un regard plein de haine à son supérieur et vit ce dernier baisser les épaules. Il semblait démuni par toute cette situation et ne savait que répondre à l'infirmier. Ce-dernier se rendit alors compte de la raison de la présence des trois autres sorciers, ils étaient des membres de la sécurité de l'hôpital, ils étaient présents dans le cas où Rafael craquerait. Réaliser cela n'aidait pas le trentenaire à se calmer, bien au contraire. Il laissa néanmoins Stein lui donnait son explication.
— Je voulais vous en parler dés que j'ai reçu une note express de l'équipe du ministère. Mais votre soeur a envoyé une seconde note en m'interdisant de vous prévenir, elle voulait que vous l'entendiez de sa bouche mais elle devait d'abord aller parler à vos parents.
Ses parents! Ils étaient au courant. Talía s'était assurée qu'ils l'apprennent par une personne de confiance. Qu'avait-elle endurer depuis qu'elle avait appris la mort de leur soeur? Elle avait du mettre sa souffrance de côté pour aller informer leurs parents puis venir ici. Rafael devait prendre le relais, c'était à lui de s'occuper d'elle. Elle avait déjà beaucoup trop fait. Il releva la tête, il ne savait pas quoi répondre au sorcier devant lui mais il reprit la parole pour lui dire:
— Je sais ... Prenez le temps qu'il vous faut, rentrez chez vous, occupez vous de vous et votre famille. »
Rafael acquiesça en signe de remerciement. Il savait qu'il lui devait des excuses mais ce ne serait pas pour aujourd'hui, la colère était encore trop présente. Son supérieur comprenait, il n'attendant pas de réponse. Il se retourna, fit signe aux membres de la sécurité de partir et rebroussa chemin lui aussi. Rafael se retrouva enfin seul en compagnie de sa soeur et la colère se transforma peu à peu, laissant place à la douleur masquée par la colère jusque là. Rafael se concentra sur sa soeur, si fragile. Sa Talía.
De son côté, Talía semblait s'apaiser, ou, du moins, ses sanglots perdaient en intensité. Mais Rafael sentait les larmes couler sur sa cape et il voyait une partie du visage de sa petite soeur. Elle avait les joues rouges et son regard était perdu au loin. Il était persuadé qu'elle ne voyait pas les sorciers qui venaient vers eux, son corps était là mais depuis qu'elle avait laissé couler ses premières larmes, son esprit était ailleurs. Pourquoi une jeune femme qui semblait si fragile devait-elle affronter une telle perte? Et surtout, pourquoi une femme de trente ans perdait-elle la vie dans un attentat ciblant la figure de la politique de son pays?
Tant de questions auxquelles Rafael n'avait pas les réponses. Tant de colère qui grandissait chez l'infirmier. Et toujours ces sorciers qui venaient vers lui! Qu'est ce qu'ils leur voulaient? Ils ne pouvaient pas les laisser seuls face à cette terrible annonce. C'était déjà assez dur comme ça mais sentir leur présence n'aidait en rien Rafael, il n'avait qu'une envie, prendre sa baguette et transplaner loin d'ici. Loin de cet hôpital, loin de ces vautours, loin de cette souffrance. L'infirmier baissa la tête et ferma les yeux, il ravala une nouvelle fois le noeud qui se formait dans sa gorge et resta ainsi quelques secondes.
« — Mr Mason... Rafael... Je ... votre soeur vous l'a dit mais ...commença à dire le supérieur de Rafael
— Mais quoi? répliqua Rafael. Qu'est ce que vous voulez de plus? Je n'ai pas envie de vous entendre me répéter que Mila est ... Je le sais, vous n'avez pas besoin d'être là, je n'ai pas besoin de vous ici. Que faites-vous encore ici?
Rafael ne voulait pas de réponse, il ne voulait pas entendre la voix de Stein. Et pourtant, son silence ne fit qu'aggraver la situation. Rafael, qui était déchiré entre tristesse et colère, sentait ses poings se serrer. Désormais, il ne voulait plus transplaner, il voulait écraser ses poings sur le visage des sorciers devant lui. Il souhaitait laisser sa rage quitter son corps à travers ces coups. Eux n'y étaient pour rien mais cela importait peu à Rafael, il voyait rouge. Il cria:
— Depuis quand? Depuis quand vous savez?
— Je le sais depuis... Cela fait deux heures maintenant.
— Deux heures ! Deux heures que vous savez que ma soeur est morte et vous me le dites que maintenant? Mais c'est quoi votre problème? Vous aviez tellement besoin d'un infirmier que vous ne pouviez pas me faire sortir du service!
Le coeur de Rafael se déchirait encore plus. Crier le mot mort n'avait fait qu'empirer son état. Cela rendait les choses bien plus réelles et bien plus douloureuses qu'elles ne l'étaient jusqu'alors. Mais la colère était telle qu'il n'arrivait pas à se rendre compte de cette souffrance, il voulait jeter un sort aux sorciers devant lui. La seule chose qui l'en empêchait était la présence de Talía sur ses genoux et ses larmes silencieuses, il ne pouvait pas se permettre de lui rendre les choses plus difficiles.
Il jeta un regard plein de haine à son supérieur et vit ce dernier baisser les épaules. Il semblait démuni par toute cette situation et ne savait que répondre à l'infirmier. Ce-dernier se rendit alors compte de la raison de la présence des trois autres sorciers, ils étaient des membres de la sécurité de l'hôpital, ils étaient présents dans le cas où Rafael craquerait. Réaliser cela n'aidait pas le trentenaire à se calmer, bien au contraire. Il laissa néanmoins Stein lui donnait son explication.
— Je voulais vous en parler dés que j'ai reçu une note express de l'équipe du ministère. Mais votre soeur a envoyé une seconde note en m'interdisant de vous prévenir, elle voulait que vous l'entendiez de sa bouche mais elle devait d'abord aller parler à vos parents.
Ses parents! Ils étaient au courant. Talía s'était assurée qu'ils l'apprennent par une personne de confiance. Qu'avait-elle endurer depuis qu'elle avait appris la mort de leur soeur? Elle avait du mettre sa souffrance de côté pour aller informer leurs parents puis venir ici. Rafael devait prendre le relais, c'était à lui de s'occuper d'elle. Elle avait déjà beaucoup trop fait. Il releva la tête, il ne savait pas quoi répondre au sorcier devant lui mais il reprit la parole pour lui dire:
— Je sais ... Prenez le temps qu'il vous faut, rentrez chez vous, occupez vous de vous et votre famille. »
Rafael acquiesça en signe de remerciement. Il savait qu'il lui devait des excuses mais ce ne serait pas pour aujourd'hui, la colère était encore trop présente. Son supérieur comprenait, il n'attendant pas de réponse. Il se retourna, fit signe aux membres de la sécurité de partir et rebroussa chemin lui aussi. Rafael se retrouva enfin seul en compagnie de sa soeur et la colère se transforma peu à peu, laissant place à la douleur masquée par la colère jusque là. Rafael se concentra sur sa soeur, si fragile. Sa Talía.
18 févr. 2022, 23:58
Une terrible annonce
La perte d'un être cher est un événement brutal, inattendu et douloureux. Rafael le savait mais l'expérimentait pour la première fois. Ressentir toutes ces émotions en même temps était une épreuve particulière, il aurait préféré s'en passer. Mais il ne pouvait pas faire machine arrière, il aurait pourtant aimé trouver un retourneur de temps et remonter le temps de quelques heures. Il aurait transplané à Londres et aurait fait sortir sa soeur du ministère. Il aurait aimé prévenir les autorités locales de la menace à venir mais savait qu'il ne pouvait pas s'y risquer, cela l'impliquerait dans cet attentat et il savait que jouer avec le temps était bien trop risqué.
Rafael savait qu'il n'y avait plus de retourneur de temps sur le territoire anglais et savait qu'il ne pouvait pas se permettre cela, que c'était illégal. Et pourtant, il ne cessait d'y penser dans un coin de sa tête. Rafael voulait retrouver sa soeur, il voulait la sauver d'une mort brutale et prématurée. Ce matin, tout allait bien, il ne se s'était pas rendu compte que sa soeur lui manquait à ce point, mais désormais, il ne pensait plus qu'à elle. Il ne pensait qu'à sa soeur, sa soeur qu'il ne reverrait plus jamais vivante. La douleur se fit de nouveau ressentir et l'infirmier, perdit de nouveau le fil de ses pensées. Ce n'est que lorsque la voix rauque, modifiée par la tristesse, de sa soeur retentit dans le hall qu'il se recentra sur le moment présent.
« — Raf', ramène moi à la maison s'il te plait. Je veux rentrer.souffla-t-elle difficilement.
Talía semblait épuisée, elle était pâle, des cernes colorés s'étaient formés sous ses yeux et son visage était encore humide à cause des larmes qui avaient coulé. Elle semblait à bout de force et Rafael réalisa de nouveau qu'elle souffrait et qu'elle avait poussé son corps au maximum, elle était vidée. Il l'aida à se redresser mais même cet acte simple lui demandait un effort inconsiderable, elle ne pourrait pas transplaner dans cet état. Rafael l'aida, elle était la priorité. Il s'empara maladroitement de sa baguette et lança un Accio pour récupérer ses affaires.
Lorsqu'il eut tout récupéré, il aida sa soeur à se mettre de bout, l'entoura de son bras libre. il l'embrassa sur le front et quelques secondes avant de transplaner, il lui souffla ces quelques mots.
— Je suis la Talía. Je serai toujours là pour toi.
L'infirmier n'était pas sur que c'est ce qu'elle voulait entendre maintenant mais ce qu'il avait besoin de lui dire. Il avait envie qu'elle sache qu'il serait toujours présent pour elle, il ne pouvait pas concevoir sa vie sans elle alors qu'il venait de perdre son autre soeur. Il comprenait doucement ce que cela impliquait mais ne pouvait pas se concentrer sur ça. Il devait protéger Talía et la remmener cher elle. Il jeta un dernier regard au hall, vide, et transplana chez sa soeur.
Il était habitué à le faire et cela ne lui demandait presque plus aucun effort particulier. Ils arrivèrent sans encombre dans l'appartement de sa soeur et le Pop habituel résonna dans le salon de la jeune femme. Il regarda sa soeur et se rendit compte qu'elle avait perdu connaissance, elle était dépassée par tout ces évènements. Il la porta jusqu'à son lit et lui mit une tenue plus confortable, il la borda ensuite avec sa couette et recula jusqu'au pas de la porte de sa chambre. Il resta ainsi, immobile pendant plus de cinq minutes, avant de se diriger vers la salle de bain.
Il découvrit alors son reflet dans le miroir et se rendit compte que son visage était déformé par la colère, son propre reflet lui faisait peur. Une rage sans nom s'empara de lui et il frappa contre son reflet brisant le verre par la même occasion. Il avait envie de hurler mais savait qu'il se trouvait dans un immeuble en pleine nuit. Il n'attendit pas une seule seconde, il s'empara de nouveau de sa baguette et transplana dans une plaine reculée en périphérie de Londres.
Il prit alors une énorme inspiration avant de laisser sa rage quitter son corps dans un cri long et grave. Il ne s'arrêta que quelques secondes pour reprendre son souffle et laissa un nouveau cri s'échapper. Il n'arrivait pas à s'arrêter. Il se retourna ensuite vers un vieil arbre derrière lui et le rua de coup. Il déchargeait toute sa colère sur cet arbre centenaire. Chaque coup porté sur le tronc lui permettait de se libérer de sa colère. Il continua cette pratique jusqu'à ce que la douleur prenne le dessus, du sang coulait lentement de ses mains et il ne faisait aucun doute qu'il s'était fracturé des os de la main droite.
Vidé à son tour, il se laissa tomber au sol, se réceptionna sur ses genoux et laissa les larmes couler, il ne le retenait plus et laissait toute la tristesse qu'il avait retenu jusque là le quitter. Il resta ainsi pendant plusieurs minutes sans se soucier des frissons dus au froid sur la plaine ni des gouttes de sang qui s'écrasaient sur le terre. La colère avait disparu pour laisser place à la tristesse, à cette sensation de perte. Il avait perdu sa soeur. Elle avait été tuée et il ne la reverrait plus. Les pleurs se firent plus puissants, Rafael ne contrôlait plus rien, il resta ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes jusqu'à ce que les sanglots cessent, que les soubresauts s'apaisent au fur et à mesure que les larmes disparaissaient et qu'il réalise tout ce qu'il s'était passé ce soir. Il n'en retenait qu'une seule chose et cela raisonnait dans sa tête au moment où il transplana chez sa soeur.
Rafael savait qu'il n'y avait plus de retourneur de temps sur le territoire anglais et savait qu'il ne pouvait pas se permettre cela, que c'était illégal. Et pourtant, il ne cessait d'y penser dans un coin de sa tête. Rafael voulait retrouver sa soeur, il voulait la sauver d'une mort brutale et prématurée. Ce matin, tout allait bien, il ne se s'était pas rendu compte que sa soeur lui manquait à ce point, mais désormais, il ne pensait plus qu'à elle. Il ne pensait qu'à sa soeur, sa soeur qu'il ne reverrait plus jamais vivante. La douleur se fit de nouveau ressentir et l'infirmier, perdit de nouveau le fil de ses pensées. Ce n'est que lorsque la voix rauque, modifiée par la tristesse, de sa soeur retentit dans le hall qu'il se recentra sur le moment présent.
« — Raf', ramène moi à la maison s'il te plait. Je veux rentrer.souffla-t-elle difficilement.
Talía semblait épuisée, elle était pâle, des cernes colorés s'étaient formés sous ses yeux et son visage était encore humide à cause des larmes qui avaient coulé. Elle semblait à bout de force et Rafael réalisa de nouveau qu'elle souffrait et qu'elle avait poussé son corps au maximum, elle était vidée. Il l'aida à se redresser mais même cet acte simple lui demandait un effort inconsiderable, elle ne pourrait pas transplaner dans cet état. Rafael l'aida, elle était la priorité. Il s'empara maladroitement de sa baguette et lança un Accio pour récupérer ses affaires.
Lorsqu'il eut tout récupéré, il aida sa soeur à se mettre de bout, l'entoura de son bras libre. il l'embrassa sur le front et quelques secondes avant de transplaner, il lui souffla ces quelques mots.
— Je suis la Talía. Je serai toujours là pour toi.
L'infirmier n'était pas sur que c'est ce qu'elle voulait entendre maintenant mais ce qu'il avait besoin de lui dire. Il avait envie qu'elle sache qu'il serait toujours présent pour elle, il ne pouvait pas concevoir sa vie sans elle alors qu'il venait de perdre son autre soeur. Il comprenait doucement ce que cela impliquait mais ne pouvait pas se concentrer sur ça. Il devait protéger Talía et la remmener cher elle. Il jeta un dernier regard au hall, vide, et transplana chez sa soeur.
Il était habitué à le faire et cela ne lui demandait presque plus aucun effort particulier. Ils arrivèrent sans encombre dans l'appartement de sa soeur et le Pop habituel résonna dans le salon de la jeune femme. Il regarda sa soeur et se rendit compte qu'elle avait perdu connaissance, elle était dépassée par tout ces évènements. Il la porta jusqu'à son lit et lui mit une tenue plus confortable, il la borda ensuite avec sa couette et recula jusqu'au pas de la porte de sa chambre. Il resta ainsi, immobile pendant plus de cinq minutes, avant de se diriger vers la salle de bain.
Il découvrit alors son reflet dans le miroir et se rendit compte que son visage était déformé par la colère, son propre reflet lui faisait peur. Une rage sans nom s'empara de lui et il frappa contre son reflet brisant le verre par la même occasion. Il avait envie de hurler mais savait qu'il se trouvait dans un immeuble en pleine nuit. Il n'attendit pas une seule seconde, il s'empara de nouveau de sa baguette et transplana dans une plaine reculée en périphérie de Londres.
Il prit alors une énorme inspiration avant de laisser sa rage quitter son corps dans un cri long et grave. Il ne s'arrêta que quelques secondes pour reprendre son souffle et laissa un nouveau cri s'échapper. Il n'arrivait pas à s'arrêter. Il se retourna ensuite vers un vieil arbre derrière lui et le rua de coup. Il déchargeait toute sa colère sur cet arbre centenaire. Chaque coup porté sur le tronc lui permettait de se libérer de sa colère. Il continua cette pratique jusqu'à ce que la douleur prenne le dessus, du sang coulait lentement de ses mains et il ne faisait aucun doute qu'il s'était fracturé des os de la main droite.
Vidé à son tour, il se laissa tomber au sol, se réceptionna sur ses genoux et laissa les larmes couler, il ne le retenait plus et laissait toute la tristesse qu'il avait retenu jusque là le quitter. Il resta ainsi pendant plusieurs minutes sans se soucier des frissons dus au froid sur la plaine ni des gouttes de sang qui s'écrasaient sur le terre. La colère avait disparu pour laisser place à la tristesse, à cette sensation de perte. Il avait perdu sa soeur. Elle avait été tuée et il ne la reverrait plus. Les pleurs se firent plus puissants, Rafael ne contrôlait plus rien, il resta ainsi pendant plusieurs dizaines de minutes jusqu'à ce que les sanglots cessent, que les soubresauts s'apaisent au fur et à mesure que les larmes disparaissaient et qu'il réalise tout ce qu'il s'était passé ce soir. Il n'en retenait qu'une seule chose et cela raisonnait dans sa tête au moment où il transplana chez sa soeur.
Mila est morte.