14 août 2022, 21:43
Caché par les nuages.  privé L.G. 
@Lumah Greenleaf
Il y a des mots qui, sans chercher à blesser, sont plus douloureux que des coups: ils meurtrissent l’âme et tuent l’espérance.
-Inconnu
12 août 2047


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Antonn. C’est moi, enfin je crois. En tout cas, c’est comme ça que les gens m'appellent. Je ne saurais dire si ce prénom me correspond, je suppose que non puisque c’est ma mère qui l’a choisi et que nous sommes tous deux totalement incompatibles. Je n’ai jamais réussi à être moi devant elle. D’ailleurs, je ne sais même pas qui je suis. J’ai tant de mal à me trouver, alors je ne peux que continuer à me chercher désespérément. Et elle, que dire sinon qu’elle me terrifie. Elle génère en moi tellement de douleur que je pense qu’elle ne s’en rend plus compte, c’est devenu une évidence, autant que respirer le serait. Peut-être qu’au fond d’elle, elle m’aime, et que ses mots tranchants sont sa façon de me le montrer. J’ai lu récemment un livre dans lequel les parents de l’héroïne se comportaient mal avec elle pour la rendre plus forte et par peur qu’elle soit trop faible devant la société. Depuis je cherche à me rassurer, à me faire croire que ma mère m’aime sincèrement elle aussi, qu’elle est simplement maladroite et peu démonstrative. Alors j’essaie de ne plus la décevoir, car dans le doute, je ne veux risquer de perdre cet amour. Surtout depuis que je sais que mon père est destiné à une mort prochaine, son état s’est encore empiré ces derniers jours, les médecins pensent qu’il lui reste au plus un an et demi à vivre, passé ce delai, Maman sera mon seul pilier familial.

Leur principale source de déception, à mes parents, étaient mes fréquentations. Alors, pour ne plus prendre aucun risque, je ne parle plus à personne. Les deux seules qui comptaient vraiment énormément pour moi étaient Lexa et Lumah. Je me suis mis à les éviter toutes deux. Les rares fois où je les croisais, j’esquissais quelques mots d’excuses et m’esquivait au plus vite. Les autres élèves ne me cherchant pas vraiment, je n’ai eu qu’à rester dans des endroits peu fréquentés pour pouvoir approcher au plus près la solitude. Je n’ai jamais été vraiment sociable ni bavard, pourtant, je me rends maintenant compte qu’il est rude de ne pouvoir jamais parler à personne de ce que l’on a sur le coeur. Surtout depuis que mon coeur s’est considérablement alourdi.

Ca fait deux ans maintenant environ que je vois des choses que les autres ne voient pas. Au début, c'était simplement durant mes insomnies, des espèces de cauchemars qui me suivaient dans le dortoir. Ils ont après commencé à me suivre partout dans l’école, silencieux, prêt à m’encercler à tout moment. Mais récemment c’est devenu bien pire, je peux les entendre et je jurerais même pouvoir les toucher. Le seul avantage de ma condition actuelle est qu’il ne sont plus là en permanence, ils apparaissent rarement plus de dix minutes. Ils me parlent. Alors j’ai appris à ne plus détester ces apparitions, car elles sont en quelque sorte devenues ma vie sociale. Certaines fois leurs propos sont incompréhensibles, d’autres elles se moquent de moi, me raillent, me rejettent toutes mes angoisses en plein visage. Mais elles sont devenues mon secret, mon truc à moi. Jusqu’à aujourd’hui j’ai toujours été le seul à les voir, alors je considère ça comme un drôle de privilège. C’est la première fois que j’ai quelque chose que les autres n’ont pas. Malgré tout, je pleure dès qu’elles sont parties, même si j’essaie de me retenir car mes parents m’ont toujours dit que pleurer n’était pas acceptable pour l’homme en devenir que je suis. Elles me font du mal, mais au final, peut-être que grâce à elles je finirais enfin par être immunisée contre toutes ces émotions encombrantes. Je l’espère.

Il y a maintenant une semaine, je suis tombée sur des photos de moi à ma rentrée en première année. Je me suis vraiment senti bizarre. Je n’ai plus rien à voir avec l’enfant de la photo, il était plein de défauts que je ne supporte pas chez l’autre aujourd’hui. Pourtant, à voir son grand sourire plein d’assurance, il était bien plus heureux que je ne pense plus jamais l’être. Mais si je pouvais redevenir lui, si c’était possible, le ferais-je? Je l’ignore, j’ai l’impression que je n’ai jamais été si imparfait qu’en étant dans une quête désespérée de la perfection. Peut-être parce que je me suis concentrée sur la vision que ma mère, ou que la société a de ce mot, au point d’en oublier quelle était la signification de ce mot pour moi. Suis-je vraiment? En tout cas, j'aimerais recommencer à être. Peut-être cette année sera-t-elle l'occasion pour moi de redevenir quelqu’un. Je me surprend à l'espérer. Moi qui n’avait plus vraiment d’envie depuis un an, ce cliché a remis en moi les graines de celui que je rêvais d’être. Mais ai-je encore les capacités de réussir? Je l’ignore. Ceci étant dit, je serais vite fixé, la rentrée arrivera vite, alors il ne tient qu’à moi d’être assez fort pour redevenir quelqu’un dont je pourrais être fier.

15 août 2047

Je suis décidé, je veux pouvoir accéder au bonheur. J’ai fait une liste ce matin de tout ce qui peut me rendre heureux. En haut de cette liste, se trouve Lumah, qui était mon rayon de soleil. L’année dernière, j’ai recommencé à la traiter de manière banale, j’ai remis ce mur entre nous, je le regrette atrocement maintenant. Alors, j’ai trouvé la solution, enfin je crois: des excuses et des explications. Je vais lui écrire une lettre. Je ne peux pas attendre la rentrée, j’ai trop peur qu’un événement me fasse perdre mon courage. Je me saisis d’une plume et commence à rédiger avec un soin tout particulier, j’espère qu’elle le constatera.
Chère Lumah,

Je pense que ce courrier sera une surprise totale pour toi. C’est vrai que même moi, je ne pensais pas avoir le culot de t'écrire après cette année. Mais me voilà.

Je ne sais par où commencer, j’ai tellement de choses à te dire et pourtant je ne sais pas comment les aborder.

Alors, tout d’abord, pardon. Milles excuses pour mon comportement à la rentrée dernière et tout au long de cette année. J’ai fait comme si rien ne s'était passé l’an dernier, tu ne peux deviner à quel point j’en ai honte, j’ai l’impression d’avoir gâché cette chose spéciale qu’il y avait entre nous.

Cependant j’ai quelques excuses de mon côté, j’espère que tu les entendras. Tu as toujours su que ma relation avec mes parents est compliquée mais depuis l’année dernière c’est devenu bien pire car mon père est mourant. Il a une maladie à laquelle ni la science ni la magie n’a de remèdes. J’étais donc piégé, ne voulant pas le décevoir dans ses derniers moments alors j’ai obéi, même si ça voulait dire que je devais essayer de te rayer de ma vie. Mais il y a quelques jours, j’ai compris qu’il était la preuve que la vie est éphémère et je ne veux regretter mes choix.

Je ne sais pas si cette explication te contentera, tu me connais, je n’ai jamais été bon pour m’exprimer correctement, ça fait mon charme je suppose?

Tu me manques énormément, j’ai besoin de toi, je ne me sens jamais vraiment bien lorsque tu n’es pas là.

J’espère de tout coeur que tu me répondras mais ne t’en sens pas obligée.

Je t’embrasse,

Antonn
Je mets la lettre dans une enveloppe et commence à l’accrocher à la patte d’un de nos hiboux lorsque j’entend un murmure lugubre derrière moi.

-Et sssssi elle ne veut plus de toi? Que ffferas-tu?

Je comprends instantanément que c’est l’une d’elle. L’une de ses ombres qui me suit partout. Je chuchote, agacé.

-Dégage.

Elle ne fait plus de bruit, je suppose qu’elle est repartie. Sans doute. Je ne veux pas me retourner pour vérifier. J’envoie le hibou en espérant qu’elle ait eu tort.
Dernière modification par Antonn Clifford le 24 août 2022, 12:16, modifié 2 fois.

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c

15 août 2022, 16:47
Caché par les nuages.  privé L.G. 
@Antonn Clifford
17 août 2047
QUATRIÈME ANNÉE


Qu'est-ce qu'il pouvait faire chaud ! Lumah soupira, referma son roman , le jeta au coin de son lit et s'étira, se cognant au passage la tête au plafond. Crotte de zut, ça faisait pourtant quelques années qu'elle dormait dans un lit à hauteur, mais elle ne s'y était toujours pas habituée. Elle se massa le crâne, puis posa son pied doigt sur le premier barreau de l'échelle, avant d'essayer de poser le second, cherchant hasardeusement le barreau suivant... Et de le louper, tombant avec un grand bruit les fesses les premières sur le sol.

« OOF ! », lâcha-t-elle, toute endolorie. Décidément, elle n'était pas bien réveillée : elle aurait mieux fait de ne pas s'endormir en lisant ce roman... Mais c'était plus fort qu'elle, il était vraiment ennuyeux. Après quelques instants à contempler ses pieds, la tête dans la lune, Lumah se leva, sortit de sa chambre et dévala les escaliers, direction la cuisine, pour se prendre un verre d'eau.

Alors, elle vit à travers la fenêtre un hibou à l'air épuisé, une lettre à la patte, se poser sur la table du jardin avant s'y écrouler. Curieuse, mais également soucieuse vis-à-vis de la santé de la bestiole, Lumah se dépêcha de prendre un bol d'eau et des snacks pour celle-ci, puis les déposa à côté, et, pendant qu'elle se régalait, prit la lettre dans ses mains, qui lui était d'ailleurs apparemment destinée. Elle n'avait cependant absolument aucune idée de qui pouvait bien avoir pensé à elle. Elle ne discutait qu'avec sa meilleure amie, mais sa meilleure amie n'avait plus besoin de lui écrire des lettres, puisqu'elles habitaient maintenant ensemble. Tiens, si, on lui avait bien envoyé des lettres il y a deux ans... Mais ça ne pouvait pas être lui, si ? Elle vérifia à nouveau l'écriture, puis retourna l'enveloppe. Il semblait que si. Ni contente ni mécontente, la jeune sorcière fronça les sourcils. Bonne nouvelle ? Mauvaise nouvelle ? Elle ne savait pas à quoi s'attendre, aussi elle ouvrit l'enveloppe et lut la lettre qui y était contenue.

Elle termina sa lecture avec un sourire au visage. Elle était déjà au courant de sa situation, au moins partiellement, alors elle avait réussi à prendre de la distance vis-à-vis du fait qu'il l'évite pendant une année (ce qu'elle avait fait également, qui plus est), mais une justification de sa part ne faisait pas de mal, pour sûr. Empressée, Lumah caressa le crâne de la chouette puis courut dans le salon prendre une plume, une enveloppe et du papier dans le tiroir du bureau, avant de se poser à nouveau dehors. Elle saisit alors la plume, posa sa main sur coin du papier pour le stabiliser, et écrit.
Cher Antonn,

C'est vrai que je ne m'y attendais pas ! J'étais même carrément trop surprise en voyant ton hibou arriver chez moi. Comment il s'appelle d'ailleurs ? Je pense le laisser dormir un peu avant de te le renvoyer, il a l'air au bout de sa vie.

Et si c'est du culot, c'est du culot positif, alors ! C'est toujours mieux que de rester muet. D'ailleurs, je t'ai fait la même, alors on est quittes, paf !

Je suis vraiment désolée pour ton père et je t'envoie de mon courage. Je suis d'ailleurs heureuse que malgré ça, tu aies fait le choix de ne pas me rayer de ta vie.

Ma foi, laisse-moi réfléchir... Je blague, ça me suffit amplement, va ! Héhé oui, tu as raison.

Tu me manques fort fort aussi.

Bisous,

Lumah
Lumah se relit, puis, satisfaite, attendit que le hibou d'Antonn se remette de ses émotions avant de lui confier la lettre.
Dernière modification par Lumah Greenleaf le 24 août 2022, 12:13, modifié 1 fois.

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

15 août 2022, 23:48
Caché par les nuages.  privé L.G. 
@Lumah Greenleaf
Là où il n'y a pas d'espoir, nous devons l'inventer.
-Albert Camus
20 août 2047


Papa va bientôt aller s'installer à l'hôpital. Les médecins ont dit qu'il serait dangereux de le laisser vivre à la maison bien plus longtemps. Si personne n'est là pour le soigner en permanence, il risque de mourir encore plus vite qu'on ne l'avait envisagé. Je suis mitigé à propos de cette nouvelle. Bien sûr, je ne veux pas qu'il parte tout de suite, tant qu'il vit, je garde espoir qu'une solution soit trouvée. Mais je me questionne, je ne peux m'en empêcher. L'homme qu'il était aurait-il vraiment voulu finir sa vie dans un hôpital? J'en doute. Louis Clifford était un homme bien trop fier pour ne serait-ce qu'envisager d'être dépendant de quelqu'un d'autre. Mais aujourd'hui, il n'est plus que l'ombre de lui même. Il s'accroche à la vie comme un fou s'accroche à sa folie. J'ai vu ma mère pleurer tout à l'heure, c'était la première fois. Au moins, j'ai la preuve qu'elle a un coeur, c'est déjà ça. Elle et mon père sont un peu comme le Ying et le Yang, opposés sous plusieurs angles mais étrangement complémentaires. Papa l'aide à trouver un semblant d'équilibre lorsqu'elle perd pied. Ce qui arrive souvent puisqu'elle est complètement folle. Egoïstement, je me met à penser que ma vie risque de devenir encore bien pire si il meurt. C'est pitoyable, comme si le monde tournait autour de moi.

Alors, à mon tour je pleure. J'essaie de me retenir, honteux d'être si faible, mais je n'y arrive pas, mes larmes ne veulent pas cesser de pleuvoir sur mes joues. J'enfouis ma tête dans l'oreiller, tentant d'étouffer quelques sanglots.

-Pourrrrquoi est-ce que ça te fffait tant de mal? Il n'a pourrrtant pas fait grrrrand chose pour toi ces derrrnières années. On ne peut pas dirrrre qu'il ait été un père exemplairrrre.

Suivit d'un grand rire sinistre? Il ne manquait plus que ça. Encore elle. Perdant mon sang froid, je me retourne et lance violemment mon oreiller vers là où je suis persuadée de l'avoir entendue en hurlant.

-Va t'en! Tu ne sais pas de quoi tu parles!

Je crois qu'elle m'a obéi avant même que je ne prononce mon ordre, elle n'est plus là. Mon oreiller s'écrase dans un grand bruit contre l'une de mes lampes, qui se casse sous le choc.

-Merde.

Il ne manquait plus que ça, je dois vite nettoyer avant que quelqu'un ne rentre. Mais les paroles de l'ombre ne me lâchent pas. Encore une fois, elle a su viser là où ça fait mal. C'est vrai que mon père a été plutôt absent ces derniers temps, il a laissé faire ma mère, a été le spectateur de ma chute. Cependant, je ne peux plus lui en vouloir, plus maintenant. Et je l'aime. Je ne peux rien y faire, c'est comme.

Un léger bruit de tapotement interrompt mon raisonnement. Je sursaute et cherche aussitôt d'où il vient, sur la défensive. Je me détend en voyant Aléa à la fenêtre, mon joli hibou. Lui aussi a été abandonnée par maman alors on se comprend. Lui, il n'était plus assez jeune et moi, j'étais trop décevant. Je m'approche un peu angoissé, c'est l'instant de vérité, Lumah m'a t-elle répondu? Lorsque je vois une enveloppe accroché à la patte du rapace, un grand sourire sincère naît sur mon visage. Je m'en rend compte aussitôt. J'avais bien raison, si quelqu'un peut m'aider à être heureux, il s'agit de Lumah. Je lis la lettre en vitesse, une, deux, trois et même quatre fois. Je n'y crois pas, Lumah a accepté mes excuses. Elle ne m'en veut pas. J'en pleurerais presque encore, de joie cette fois, mais je ne suis pas sensible à ce point. J'attrape ma plus belle plume, ma plus belle encre et mon plus beau papier à lettre, celui qui est reservé aux occasions spéciales, et j'écris ma réponse.
Lumah,

Tu ne peux savoir à quel point je suis heureux de pouvoir te lire en retour. Le fait que tu acceptes mes excuses est un vrai soulagement pour moi, ça peut paraître anodin mais ça compte beaucoup à mes yeux. Tout est si horrible ici que ta lettre est un véritable rayon de soleil dans ma journée! Je suis si content de pouvoir avoir de tes nouvelles, je me retiens d'en prendre depuis si longtemps!

Le hibou s'appelle Aléa. C'est un hibou familial mais ma mère n'en prend plus vraiment soin puisqu'on en a un nouveau, plus jeune et rapide. Alors c'est moi qui m'en occupe lorsque je suis à la maison. Tu as eu raison de le laisser se reposer, c'est un vieux pépère! C'est vraiment un amour, il ne mérite pas d'être mis de côté. Si je me rappelle bien toi, tu as un chat non? Il va bien?

A la rentrée, il faudra vraiment qu'on se voit, j'ai tellement de choses à te raconter. Tout ce que je me suis retenu de te dire pendant un an en fait. Aussi, je veux que tu saches, j'ai pris une résolution pour l'année prochaine! J'aimerais recommencer à m'ouvrir un peu aux autres, sociabiliser tu vois! Le hic, c'est que je ne sais plus vraiment comment on fait, tu m'aideras pas vrai?

Il me tarde de te revoir.
Je pense fort à toi et je t'embrasse,
Antonn
Voilà, je pense que c'est bien, je ne veux pas me relire sinon je risque de ne plus oser envoyer. Je regarde Aléa, qui se nourrit à côté de moi. Je lui caresse la tête et accroche la lettre à sa patte en lui murmurant quelques mots.

-Je compte sur toi, ce courrier est très important pour moi.

Je sais qu'il saura se reposer sur le trajet si il en a besoin et je lui fais confiance. A peine mon courrier envoyé, me voilà déjà à attendre la réponse de Lumah, comme si elle risquait d'arriver dans l'heure. Ce qui est loin d'être le cas. Je pense que je vais devoir prendre mon mal en patience. Peut importe, je relirais la première lettre des milliers de fois si l'autre venait à ne pas arriver.
Dernière modification par Antonn Clifford le 24 août 2022, 11:39, modifié 2 fois.

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
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16 août 2022, 15:24
Caché par les nuages.  privé L.G. 
Lumah n'avait pas eu l'impression d'être très active durant ces vacances. C'est vrai, elles avaient été en Irlande, elle avait accompagné Elicia à Glasgow pour aller voir Brett, et puis ils avaient eu la visite des cousins et cousines de celle-ci, Lyam, Maxence et Tess, ainsi que de sa cousine à elle, Mary. C'étaient d'agréables moments, mais depuis, elle n'avait plus rien fait et elle se sentait assez vide. En plus, avec la chaleur qu'il faisait, difficile de s'activer... La lettre d'Antonn n'avait donc pas pu arriver à point mieux nommé. Elle lui avait redonné de la motivation et un brin de joie. Désormais, elle s'activait dans la maison, faisait du rangement, préparait sa valise, étudiait, lisait, préparait à manger, tout en regardant par la fenêtre de temps en temps, au cas-où le hibou d'Antonn pointe à nouveau le bout de son bec.

Et ce fut le cas, un ou deux jours plus tard. Toute excitée, elle alla donc à sa rencontre, lui fit des carresses, lui donna de quoi se requinquer puis lut la lettre qu'il lui avait amenée avec attention, un sourire s'étirant sur son visage de temps à autres. Puis, aussitôt sa lecture finie, elle accourut chercher la matériel nécessaire et s'appliqua pour rédiger.
Antonn,

Je suis heureuse que ça te rende heureux ! Et ça me fait tout autant plaisir de reçevoir de tes nouvelles aussi après un an. J'espère que cette lettre-ci pourrait égayer un peu ta journée également, alors !

Aléa, hein ? C'est horrible de laisser ses animaux de compagnie de côté comme ça... Je suis heureuse que tu t'occupes de lui. Oui, j'ai deux chattes femelles, Myrtle et Moka. Les deux vont très bien, elles dorment beaucoup ces derniers temps avec la chaleur mais de temps en temps elles font les petites folles dans la maison et la mettent en désordre. Moi je trouve ça drôle, les parents un peu moins.

Et avec plaisir ! Je viendrai te voir dès que possible. Peut-être pas après le repas de rentrée, parce qu'on doit rester avec notre maison et tout, mais le lendemain ça devrait être ok ! Aah, c'est vrai ? C'est chouette comme résolution ! Et bien sûr que je pourrai t'aider, ça sera même avec plaisir ! Je ne pense pas être la plus douée pour sociabiliser, mais j'ai bien quelques techniques sous le coude.

J'ai hâte à la rentrée !

Je t'embrasse fort,
Lumah.
Relativement satisfaite, Lumah plia la lettre, qu'elle mit à l'intérieur d'une enveloppe, écrit le destinataire, l'adresse, puis la provenance, mais laissa Aléa se reposer encore un peu avant de lui confier la lettre.

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

16 août 2022, 22:31
Caché par les nuages.  privé L.G. 
@Lumah Greenleaf
Si tu te réveillais un jour,
Et que tu devais faire un voeu,
Lequel serait-il?
-INCONNU.

L'ambiance à la maison aujourd'hui était assez bizarre. Sans doute parce que nous savions tous que c'était le dernier jour de mon père ici. Enfin pas vraiment, pour l'instant il pourra encore revenir un jour dans la semaine si j'ai tout compris. Mais disons que c'est aujourd'hui que nous avons tous eu la confirmation que rien ne sera plus jamais comme avant. Certaines familles en auraient sans doute profité pour passer un ultime bon moment ensemble, avec des rires et un semblant de bonne humeur. La mienne n'en a rien fait. Nous nous sommes tous murés dans un silence pesant. Ce n'est pas comme ci nous étions de grands bavards en temps normal, la maison est rarement bruyante et animée. Mais là, l'atmosphère était vraiment désagréable, on aurait presque dit que le ciel pouvait nous tomber sur la tête d'un moment à l'autre. Ce qui n'est pas si loin de la réalité en fait. Tout s'est passé si vite que j'ai la sensation de n'avoir rien vu venir. Il y a un peu plus d'un an, tout allait bien, ou plutôt rien n'allait si mal. Maintenant, j'ai l'impression que plus rien a de sens. Tout défile si vite que je me sens spectateur, spectateur de ma propre vie. Je n'ai pas la moindre emprise sur les évènements. Cette pensée me fait un peu paniquer.

Je ne suis cependant pas le seul à ne pas être dans mon état normal. Hier, ma mère m'a serré dans ses bras en chuchotant que tout irait bien. Je ne l'ai pas étreinte en retour, j'étais pétrifié. Pour ma défense, la dernière fois qu'elle a eu ce genre de geste affectueux, c'était juste avant de me brûler le poignet où se trouvait le bracelet de Lumah il y a deux ans. De toute façon, je me sens légitime de ne pas culpabiliser. Je suis certain que c'était encore un geste égoïste, elle tentait de se rassurer elle. Alors elle a oublié un instant que j'étais son plus grand échec et s'est, inconsciemment ou pas, une fois de plus servie de moi. Cependant, une part de moi espère naïvement qu'elle s'inquiétait vraiment pour moi. Mais je ne veux pas risquer de me bercer de fausses illusions, je préfère tenter de rester lucide sur la situation.

Un instant, je pense à mes grands-parents paternels. Sont-ils au courant de ce qu'il se passe ici? Je l'ignore. Je sais qu'ils ne parlent plus vraiment à Papa, pour des raisons bien mystérieuses, mais laisseraient-ils vraiment leur fils mourir sans même venir le voir dans ses derniers moments? Si oui c'est bien cruel. Mais ça m'étonnerait. Peut-être devrais-je leur écrire moi, pour qu'au moins ils soient informés de la situation? J'ignore si c'est vraiment une bonne décision mais je le ferais demain. Je dois avoir leur adresse quelque part dans ma chambre, ils m'écrivaient à tout mes anniversaires lorsque j'étais plus jeune.

Je jette un coup d'oeil par la fenêtre et distingue quelque chose qui s'en approche. Serait-ce Aléa avec des nouvelles de Lumah? Je n'en suis pas sûr, le soleil est déjà couché alors je n'ai pas beaucoup de lumière. Dans le doute, j'ouvre en grand ma fenêtre. C'est bien le majestueux hibou qui s'y engouffre. Content de le revoir, je le serre dans mes bras, mais comme il se débat je le lâche en rigolant doucement. Il faut croire que mes câlins ne sont pas si agréables que je le pensais. Je lis la lettre attentivement, profitant de chacun des mots de la jeune fille. Son courrier est une vraie bouffée d'air frais, grâce à lui je me sens d'un coup bien moins étouffé. Immédiatement après en avoir fini la lecture, j'attrape ma plume et entame ma réponse.
Ma chère Lumah,

Encore une fois, me voilà bien heureux de te lire. Tes mots m'avaient en fait bien plus manqués que je ne l'avais imaginé. J'entend le son de ta voix lorsque je te lis, c'est assez bizarre, mais ça me donne l'impression d'être avec toi. Et crois moi j'aimerais beaucoup y être en ce moment.

Demain mon père s'installera à l'hôpital. J'aurais préféré que ça arrive après la fin des vacances, ça m'aurait fait moins mal. Là, c'est trop bizarre, j'ai l'impression qu'on lui dit adieu. Ce qui n'est pas le cas bien sûr. Et j'essaie de me rassurer en m'affirmant que ça ne sera pas le cas avant longtemps. Mais tu me connais, je suis plutôt angoissé alors c'est un peu compliqué. Surtout que chez moi, on dirait presque que l'on est déjà en deuil.

Pour Aléa je suis d'accord. Surtout que j'en ai assez vu pour savoir que la sensation d'abandon n'est pas facile à vivre. Mais finalement son malheur fait un peu mon bonheur, ça me fait du bien de m'occuper de lui. Il m'aide à me sentir utile! Est-ce que c'est un raisonnement égoïste?
Je suis content de savoir que tes animaux vont bien, j'aime beaucoup les chats mais je n'en ai jamais eu. Je crois que ma soeur est allergique, c'est sans doute pour ça. Enfin bon. Je ne sais pas si mon courrier t'es vraiment plaisant à lire, je viens de me rendre compte que je ne fais que de me plaindre!

Ca me va, le lendemain de la rentrée! Ne m'oublie pas! Je suis soulagé de savoir que tu m'aideras dans mon projet. Je n'ai plus vraiment beaucoup d'amis, la plupart se sont éloignés de moi. Ce qui est totalement ma faute, je le concède. Mais disons que parfois je me sens seul, alors je me suis dit que créer de nouveaux liens ne pouvait me faire de mal!

Tu me manques énormément, je t'aime fort.
A bientôt,
Antonn
Je me relis rapidement, concentré. Je ne veux pas passer pour un imbécile. Puis, finalement satisfait de mon courrier, je le glisse dans une enveloppe. Je caresse la tête d'Aléa qui me regarde d'un air curieux. Je le fais manger et se reposer un peu, puis je lui confie la lettre, déjà impatient d'en recevoir une réponse.

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
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23 août 2022, 22:43
Caché par les nuages.  privé L.G. 
26 août 2047
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Début d'après-midi. Le soleil tapait fort, mais Lumah avait revêtit un large chapeau blanc qui reflétait les rayons de l'orbe et la couvrait d'ombre, aussi elle pouvait profiter du jardin et de ce qu'il offrait. Elle s'était également couvrete de crème solaire, comme le lui avait demandé sa mère, qui entretenait de son côté le jardin, dont les plantes poussaient comme des rebelles. Lumah, elle, s'était donnée pour mission de faire une ceuillette d'herbes réconfortantes afin d'en insérer dans sa future lettre pour Antonn. Elle avait déjà son idée, ne suffisait plus qu'à les retrouver dans ce grand jardin.

Fort heureusement, elle n'eut pas autant de mal qu'elle pensait en avoir à trouver ses cibles. Malgré son odorat défaillant, elle savait les reconnaître une fois en visuel... Il ne suffisait qu'à les trouver entre les buissons de çi et ça. Par une jolie coïncidence, Aléa arriva au moment exact où Lumah en eut fini avec sa cueuillette. Toute heureuse, Lumah posa alors ses herbes sur la table et accourut vers le hibou, l'acceuillant à bras ouvert (enfin, en lui présentant sa main, plutôt). Elle l'amena ensuite dans la cuisine, récupérant au passage la lettre qu'il tenait, puis lui donna de quoi se rassasier, tout en le félicitant.
Elle s'en fut ensuite chercher de quoi écrire puis s'installa dehors.
Antonn,

Je suis vraiment contente de pouvoir te donner une peu de joie ! J'attends aussi tes lettres avec impatience. Et attends un peu qu'on se voie, je te ferai un gros câlin ! Mais ça ne tardera pas. La rentrée, c'est bientôt, après tout. Enfin, je dis bientôt, mais elle me paraît encore loin en même temps, je sais pas toi ?

Oh... Mais tu pourras quand même le voir de temps en temps, si j'ai bien compris ? J'espère que cette ambiance ne durera pas. Pour ton angoisse, j'ai mis dans la lettre de la lavande et de la verveine, ce sont des plantes calmantes. N'hésite pas à les sentir quand tu te sens mal. J'ai aussi mis un coquelicot fermé. Essaye de l'ouvir, tu verras, c'est drôle !

Pour Aléa : c'est loin d'être égoïste. Ce qui serait égoïste, ce serait de l'abandonner. Je suis sûre qu'Aléa est heureux que ce soit toi qui t'occupes de lui ! Et que tu te plaignes ou non, j'aime bien te lire. On ne peut pas aller bien tout le temps, tu sais ! Et puis je suis heureuse d'être celle à qui tu te confies, héhé.

Je ne t'oublierai pas, promis ! Ce serait d'ailleurs le comble, je ne pense qu'à toi ces derniers temps. Oui, ça te ferait du bien de retrouver des amis, j'en suis sûre. Tu en mérites amplement.

Je t'aime fort aussi,

Lumah.
Lumah se relut, hocha la tête, inséra sa lettre et les trois plantes dans l'enveloppe, qu'elle ferma, annota, puis patienta un peu avant d'envoyer de nouveau Aléa à Antonn.

19 ans 4B004F promo'43, diplômée

4 sept. 2022, 09:04
Caché par les nuages.  privé L.G. 
@Lumah Greenleaf
28 août 2047.

Je suis plus confus que jamais. Hier en fin d'après-midi, j'ai croisé Volts. Maximilian Volts. Nous avons eu un débat pour le moins tumultueux. Il m'a remit face aux doutes et incohérences de mon esprit et de ma façon de penser. Peut-être qu'il a tort et que j'ai raison. Oui, peut-être. Mais peut-être que c'est l'inverse en réalité. Que je me trompe sur toute la ligne. Certes je méprise les moldus, et parfois j'aimerais que ça ne soit pas le cas. Mes opinions me valent une certaine animosité de la part de beaucoup d'élèves. Mais je n'ai jamais appris à les voir autrement qu'à travers les yeux de mes parents. J'aimerais réussir à comprendre ceux qui sont fascinés par eux, mais lorsque j'essaie de m'y intéresser, leur culture m'ennuie. Je les trouve terriblement faibles. Alors oui, Maximilian a raison, je me sens supérieur à eux. Je nous sens supérieurs à eux. Mais est-ce vraiment un mal? N'ai-je donc pas le droit de nourrir une certaine méfiance à leur écart? Je veux dire, fut un temps ils voulaient nous mettre sur le bûcher. Et dans certains endroits du monde c'est toujours le cas. La seule chose qui nous permet de vivre en paix est le secret magique, sinon même sur ce territoire nous serions chassés par certains de ces énergumènes. Mais peut-être qu'en effet je devrais éventuellement cesser de tous les mettre dans le même sac. Cependant, lorsque j'effleure cette possibilité du bout de mes pensées, le médaillon des Clifford se met à peser plus lourd autour de mon cou.

Mais ce qui me perturbe le plus, ce sont les nés-moldus. Je ne sais pas comment je peux tant aimer Lumah, de tout mon cœur, alors que j'ai tenu des propos si dénigrants sur son statut de sang. Je ne sais plus en quoi je crois. Est-ce que je pense vraiment ce que j'ai dit sur les sans-statut? D'ailleurs méritent-ils d'être appelés sans-statut? Est-ce moi qui m'exprime ou ma famille à travers moi? Je l'ignore. J'aimerais parler à Lexa, je suis certain qu'elle serait de bon conseil. Je sais qu'elle n'aime pas Lumah, ni les nés-moldus en général, mais j'arrive mieux à exprimer ce que j'ai sur le cœur lorsque je suis avec elle, à mettre des mots sur mes pensées. De toute façon, je n'ai plus longtemps à attendre, nous nous reverrons sans doute dans le Poudlard Express. En attendant, je dois répondre à mon soleil. J'ai reçu sa lettre il y a une heure. Je n'ai pas encore osé entamer la réponse, rongé par la culpabilité.

-Tu n'as pas le droit de l'aimer, espèce d'égoïste. Penses-tu à tous les gens que tu blesses en faisant ce choix? Ta famille, si déçue, elle qui croit en toi. Lexa, qui n'est sûrement pas d'accord pour que tu fricotes avec quelqu'un qu'elle ne peut se résoudre à apprécier, mais qui prend sur elle pour ne pas perdre ton amitié. Et pour finir Lumah, que dira-t-elle lorsqu'elle se rendra compte que tu n'as rien d'autre à lui offrir que des trahisons et des incertitudes? Toi dont l'impureté de son sang te ferait frémir d'horreur si elle était quelqu'un d'autre.

Cette fois je n'ai pas sursauté. C'est encore elle, l'ombre. Ces derniers temps, elle ne passait plus si souvent. Sans doute parce que tous ces problèmes m'étaient sortis de l'esprit. Pour une fois, je ne m'énerve pas. Je préfère lui répondre en chuchotant, les yeux fermés, assis sur mon lit.

-Je sais.

Ces deux petits mots me font l'effet d'un coup de poignard dans le coeur. Pourtant je suis certain que ce n'est pas vrai. Lumah me pousse chaque jour à devenir une meilleure version de moi-même, Lexa fait de même, sous d'autres angles bien sûr. Alors, je ne peux pas les décevoir si je fais des efforts pour elles n'est-ce pas? Tous les efforts finissent par être récompensés, ils ne peuvent pas être faits en vain si? Je prends mon courage à demain, plus je serais honnête avec mon Soleil, moins elle aura de chance d'être déçue. J'attrape ma plume, sentant une dernière fois les plantes qu'elle a glissées dans sa lettre et caressant Aléa qui me regarde d'un air inquiet.

-Tout va bien.

Mensonge.
Lumah,

Je m'excuse si mon écriture n'est pas aussi appliquée que d'habitude, j'ai un nœud dans l'estomac pendant que je t'écris. J'adore les plantes mises dans ton courrier. Je vais les garder près de moi. J'espère qu'elles ne se faneront pas trop vite, je risque d'en avoir besoin.

Concernant mon père, je crois que je me suis plus ou moins fait à la situation. Bien qu'il soit à l'hôpital, je crois qu'il n'a jamais été autant un père pour moi qu'en ce moment. Il m'a confié le médaillon des Clifford! Je pense que tu ne t'en rends pas forcément compte mais c'est un véritable honneur pour moi qu'il m'en ait jugé digne. J'en suis profondément heureux. J'ai aussi vu ma famille, ma cousine Leta que tu connais peut-être et ses parents sont venus à la maison partager un dîner avec nous. Ça m'a fait du bien de changer un peu d'air.

J'aimerais maintenant t'écrire sur un sujet qui me tient à cœur. Vois-tu, j'ai croisé Volts sur la place Armand Malefoy hier. Nous avons discuté, ou plutôt devrais-je dire que nous nous sommes disputés. Et le sujet de notre dispute était plus ou moins la pureté de sang et les moldus. Je m'en veux terriblement, crois-moi, mais j'ai dis des choses un peu extrêmes à propos des moldus et possiblement aussi des nés-moldus. Le problème est que je ne sais pas si je le pense. Peut-être croiras-tu que je me moque de toi mais je suis vraiment perdu. Mon unique certitude à ce sujet est que je t'aime Lumah, et j'aimerais être capable de changer totalement, c'est d'ailleurs pour ça que je suis si honnête avec toi, autrement je ne t'en aurais pas parlé. Mais il y a d'autres enjeux que je ne maîtrise pas vraiment. J'espère que malgré ça tu ne m'en voudras pas et que tu seras toujours d'accord pour que nous nous reparlions à la rentrée. Je te demande juste de me laisser le temps d'y voir plus clair, une fois que je serais sûr de moi, je n'insisterais pas si la réponse à mes questions ne te plaît et que tu ne souhaites plus me voir.

J'attendrai un dernier hibou de ta part, avant la rentrée, en espérant que tu aies le temps de rédiger une réponse pour moi.

Je t'aime, vraiment, j'aimerais que ce soit la seule chose dont tu te rappelles de tout ce que j'ai écrit pour toi.

A bientôt,
Antonn
Je suis très stressé à l'idée d'envoyer mais je pense avoir fait le bon choix. Ainsi, si elle accepte de refaire partie de ma vie comme je le lui ai demandé, elle le fera en connaissance de cause.

Pas mon meilleur écrit car je suis pris de beaucoup de doutes concernant Antonn, j'espère qu'il te plaira quand même.
Je pense que c'était ma dernière réponse au vu de sa date. Je veux que tu saches que comme d'habitude ce fut un vrai plaisir d'écrire avec toi. Je suis pressé de lire ce que tu répondras.<3

6ème année RP; Batteur des Crochets d'Argent depuis la rentrée 2047; Préfet inRP à compter du 1er mai 2048 et durant l’année scolaire 2048-2049.
Couleur de dialogue #134f5c

4 sept. 2022, 22:23
Caché par les nuages.  privé L.G. 
30 août 2047
Image
Ces derniers jours - enfin, plus précisément depuis le 27 août -, Lumah passait ses journées entières à penser. Elle continuait ses habitudes, soit préparer le petit-déjeuner, faire du tri dans sa chambre, ranger par-ci par-là, aider autant qu'elle pouvait, mais on pouvait remarquer une certaine distraction dans ses gestes... Et dans les résultats. Rien de grave, bien entendu, quoiqu'elle avait réussi à se couper le pouce droit, mais Isabel et le restant des deux familles faisaient en sorte de ne pas la quitter des yeux au-cas-où. Le centre de ses pensées ? Sa discussion avec Neïa - si on pouvat encore appeler ça une discussion -, qui l'avait tant impactée qu'elle avait oublié ses échanges avec Antonn. En même temps, difficile d'oublier ces fameuses phrases sorties de la bouche de sa soeur... Il faut dire qu'elle n'y était pas allée de main morte.

« C'est toi qui a un problème, à te laisser faire comme ça ! C'est à croire que t'es maso... T'es coincée du cul. Forcément les gens te harcèlent. T'étais censée avoir appris le karaté pour te défendre, mais t'as préféré te faire victime. » (cf rp ici)

Isabel avait insité auprès de Lumah à ce que celle-ci ne prenne pas les mots de sa soeur au pied de la lettre, puisque ce n'était pas la première fois que ce genre de choses arrivait, et d'habitude, elle y arrivait, mais là... Neïa avait appuyé là où ça faisait mal. C'est vrai... Et si c'était de sa faute ? Était-elle vraiment coincée à ce point ? Elle se souvenait qu'Edmund lui en avait parlé aussi... Bon, c'était Edmund, bien sûr, mais il n'empêchait. Mais et si...?

C'est cet instant que choisit Aléa pour toquer à la fenêtre. Ravie, Lumah l'acceuillit comme à chaque fois puis entama la lecture, hâtive. Si elle était plutôt souriante début-lecture, elle sentit son coeur s'alourdir lorsqu'elle lut la troisième ligne du troisième paragraphe. Elle prit néanmoins son courage à deux mains et lut la lettre en entière. La rédaction d'une réponse à ce hibou, cependant, s'avéra plus difficile.
Antonn,

je suis heureuse que tu apprécies les plantes ! Elles sèchent plus qu'elles ne fânent, donc ne t'inquiètes pas pour leur préservation. Enfin, surtout la lavande. Le coquelicot... Bof bof.

Il y a donc un peu de postitif dans tout ça ! Je te donne quand même plein de courage. Oooh, dingue ! Je m'en rends vaguement compte. Nous n'avons pas vraiment ce genre de choses, enfin pas de bijou, mais j'ai hérité de quelques objets familiaux par hasard (ou non, je ne sais pas trop, à vrai dire) et ça me rend vraiment toute joie aujourd'hui encore. Et j'imagine. Non, je ne connais pas de Leta. Enfin, ça me dit quelque chose. J'espère que tu as pu bien profiter d'eux !

Pour ta dispute avec Volts... Je crois que je m'y suis fait. Enfin, disons, j'ai eu ton point de vue, et je comprends ta position... Ce qui ne m'empêchera pas de t'enguirlander quand on se verra, non mais oh ! Je crois que personne n'est capable de maîtriser cette situation, qui a pris trop d'ampleur avec le temps. Surtout pas nous, qui sommes encore adolescents (Je déteste ce terme d'ailleurs). Alors ça me fait mal, forcément, mais je ne t'en veux plus, parce que je tiens trop à toi pour ça.

Héhé t'as vu, j'ai eu le temps !

Je t'aime encore plus,

Lumah.
C'était son quatrième essai. Enfin satisfaite, Lumah confia la lettre à Aléa, lui fit un bisou sur le crâne et le regarda s'envoler.

Au contraire, ton écrit est très bien ! On y lit les doutes d'Antonn à travers tes propres doutes, et c'est une étape à mon avis importante dans son évolution, dans le sens où on a tous vécu un moment où on remet en question ce que pensent nos parents. Antonn ne fait que grandir... J'ai d'ailleurs hâte de voir ce que le futur lui réserve ! Ce sera ma dernière réponse également (: Le plaisir est partagé hihi

19 ans 4B004F promo'43, diplômée