Petit voyage à Edimbourg Solo One-Shot

Mes parents avaient réellement mis le paquet cet été ci pour passer du temps avec moi. Je ne les comprenais que trop bien. Dès septembre, ce serait fini, tous ces beaux moments passés avec eux, tout du moins, pour une année. J'avais déjà eu un aperçu de ce qu'être séparé d'eux faisait, lorsque j'avais du aller sur le Chemin de Traverse.

Aussi, appréciais-je tout particulièrement ce petit voyage surprise organisé par mon père : l’Écosse, il adorait ce pays -moi un peu moins-. Non pas que je détestait cet endroit, loin de là, mais disons que je n'y ai jamais trouvé quoi que ce soit de passionnant. Édimbourg ne satisfaisait que peu ma soif d'aventure, et il pleuvait, souvent, trop souvent à mon goût. Normalement la pluie ne me posait aucun problème, mais pas en ville, l'odeur de la pluie en ville était... sale. Le goudron, et parfois d'autres odeurs encore moins appréciables étaient déterrées par la pluie.

Ma mère avait pu se libérer pour ce petit voyage, j'en étais très heureux. Et je marchai au milieu de la rue en leur tenant chacun la main, essayant d'apprécier chaque pas que je faisais en leur compagnie. Ils avaient leurs raisons pour ne pas me lâcher, nous avions plusieurs fois discuté de mon avenir, et des conséquences que la découverte de ma nature entraînait. Car ils n'étaient pas sans crainte, ma mère, avait apparemment quelques connaissances dans ce monde, mais seulement pour des raisons professionnelles, alors elle ne s'étendait évidemment pas dessus. Ils me rassurèrent, m'expliquant que je me ferais sûrement beaucoup plus de nouveaux amis que je ne m'en étais fait dans toute ma vie.

Et bien que je sois d'accord avec eux, cela me faisait un peu rire, ils présentait cela comme une sorte de pouvoir de l'amitié qui rendrait tout plus supportable, mais ça restait encore à prouver.

Mon regard fut soudainement attiré par quelque chose. Une couleur. Des cheveux rouge vifs. Je tournai rapidement la tête, mais les gens me gênaient. Une petite fille, de mon âge peut-être, sur les épaules de son père. Je ne pus détourner mon regard d'elle jusqu'à ce la poigne de mes parents me soulèvent du sol pour me ramener entre eux. Je la perdis de vue. Maudit soit ma taille !

"Papa, maman, est-ce que je finirai par grandir ?" Leur demandais-je, blâmant évidemment mon petit mètre trente de la perte de vue de cette fille.

Ils s'arrêtèrent un instant, l'air inquiets, puis mon père se baissa pour me regarder.

"Tu as vu ta mère ? Ne t'inquiètes pas bonhomme, je suis sûr que tu finira par me dépasser !" Il frotta ma tête gentiment, je fis mine de résister avant de regarder ma mère.

"J'espère que je te dépasserai aussi maman !" Nous rîmes tous trois avant de reprendre notre marche, non sans un petit regard en arrière de ma part.