Une introspection bienvenue
26/10/2047
19:00
19:00
Tout partait à vau-l'eau. Tout avait si bien commencé pourtant. Ses premiers jours à Poudlard ? Un véritable rêve éveillé, ou chaque lendemain recélait son lot de surprise par rapport à hier. Jamais déçu, jamais ennuyé, toujours quelque chose à faire, quelque chose de nouveau à découvrir. Et pourtant, depuis bientôt deux mois, tout lui apparaissait différent. Il s'était même retrouvé à imiter le nom du concierge pour attirer Sixtine à l'affronter... Mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête ?
En cognant de la pointe du pied dans un caillou qui partit voler quelques mètres en l'air avant de toucher l'eau du lac d'un "plouf" satisfaisant, Narcisse parcourait la berge. Le regard baissé, incapable de se souvenir de ce qui avait bien pu le rendre aussi heureux les jours, mois, années passées. Cela ne lui ressemblait pas de s'apitoyer. D'habitude, il relevait toujours la tête, peu importe ce qui se présentait, mais il semblait en porter trop désormais. Il vit une grosse pierre et décida de s'y asseoir, pour réfléchir.
Tout en sortant sa baguette, il réalisa à quel point le monde était différent de ce qu'il avait imaginé. Tout du moins ce monde. Ou alors peut-être qu'il avait simplement été trop naïf, et qu'il s'était aveuglé durant toute sa vie sur la réalité des choses. Tout paraissait si facile avant. Simplement aller à l'école, discuter avec ses amis, maths, français, tout le tralala habituel, rentrer, jouer aux échecs avec sa mère, perdre. Déguster le délicieux repas de son père, s'enfermer dans le bureau avec lui en écoutant ses musiques toutes aussi variées les unes que les autres et lire des livres qu'il ne comprenait pas. Tout ceci lui manquait, mais en même temps, pas tellement.
Les choses sont ce qu'elles sont. Se lamenter dessus n'aide en rien, à part ajouter de la souffrance sur la souffrance. En contemplant sa baguette posée dans les paumes de sa main, il réalisa à quel point elle avait pris une place importante dans sa vie. Sa seule compagne qui ne pourrait pas la trahir s'il la traitait bien. Aucun secret, aucune entourloupe, pas de jeu ni de cachotterie. Instinctivement, il ferma les yeux pour mieux se connecter à son catalyseur.
Elle mit quelques minutes avant de vibrer entre ses doigts. Bien plus long qu'à l'accoutumée. Mais peut-être ne prenait-il pas assez le temps de l'écouter ? Qu'avait-elle à lui dire ?
Peut-être. Mais si on écartait ces obstacles comme s'ils ne représentaient rien, alors pourquoi vivait-on ? Quel intérêt si ce n'était surmonter les obstacles que la vie dressait sur notre chemin ? Pour les choses dont on était responsable, évidemment qu'il fallait faire amende honorable et démontrer un minimum de remords, sinon, quelle sorte de personne est-on ? Un psychopathe ? Un monstre ? Mais se sentir coupable des choses qui nous échappent, est-ce vraiment une bonne chose ?
Peut-être. Mais devait-on réellement faire comme si on n'y était pour rien ? Qu'est-ce que cela coûtait, de montrer juste un peu de compassion ? Même quand on ne pouvait pas influer comment la personne se sent. Chacun se sent comme il se sent. Et personne ne devrait dicter à quelqu'un comment on devrait ressentir les choses. Mais parfois, est-ce que les autres n'exagéraient pas un petit peu ? Par recherche de réaction, ou simplement pour tester les limites de l'interlocuteur ? Si l'on n'avait aucune influence sur le ressenti des autres, c'était bien triste non ? Le bonheur que l'on pouvait lire sur le visage d'un ami lors d'une belle discussion, y était-on totalement étranger ?
Peut-être... Mais regarder en spectateur impuissant, était-ce réellement un état de fait que l'on ne pouvait pas changer ? Ne peut-on rien faire pour s'améliorer et par conséquent aider ceux qui nous entourent ? Il pensa à Gryffs. Que se serait-il passé, à cet instant, si j'avais été plus rapide ? On ne connaîtrait jamais la réponse à cette question, le passé est passé, hier est derrière. Et si demain était un mystère, n'était-il pas normal de vouloir s'y préparer au mieux ? Devait-on rester faible jusqu'à ce que la nature nous autorise à grandir ? Ou bien pouvait-on provoquer soi-même ce changement, par une pratique et une détermination à toute épreuve ? Et si nos actes n'influencent en rien notre destin, à quoi bon s'échiner ?
Peut-être. Oui, c'était probablement sûr même. Certain.
Il ne voulait pas changer. Narcisse s'aime bien, comme il est. Même s'il avait l'impression de taper sur le système de beaucoup de monde en ce moment, sans vraiment être capable d'expliquer pourquoi. Peut-être était-ce simplement son ressenti, mais dans ce cas, rien ne pourrait y changer quoi que ce soit, pas vrai ?
Baissant les yeux vers ses mains, sa baguette vibrait comme jamais elle n'avait vibré. Et il sentit l'air autour de lui vibrer également, il se demandait si, en lâchant sa baguette, elle ne resterait pas en l'air, défiant la gravité. L'herbe autour de lui était balayée par des rafales de vents, qui parfois venait lui ébouriffer les cheveux et les emmêlaient. L'air s'était rafraîchit, combien de temps était-il resté sur ce rocher ? Il eut une petite idée en se redressant et en sentant ses muscles ankylosés alors qu'il s'étirait. Serrant sa baguette dans sa main, il sourit, franchement et profondément, en aucun cas un sourire de façade. S'il ne s'occupait pas convenablement de celle qui était devenue sa compagne de tous les jours, comment pourrait-il prendre soin de lui-même ?
On se révèle dans nos pires actions. Mais on pouvait compenser par nos meilleures. Il était temps de rentrer, et vite, s'il ne voulait pas écoper d'une autre réprimande.
En cognant de la pointe du pied dans un caillou qui partit voler quelques mètres en l'air avant de toucher l'eau du lac d'un "plouf" satisfaisant, Narcisse parcourait la berge. Le regard baissé, incapable de se souvenir de ce qui avait bien pu le rendre aussi heureux les jours, mois, années passées. Cela ne lui ressemblait pas de s'apitoyer. D'habitude, il relevait toujours la tête, peu importe ce qui se présentait, mais il semblait en porter trop désormais. Il vit une grosse pierre et décida de s'y asseoir, pour réfléchir.
Tout en sortant sa baguette, il réalisa à quel point le monde était différent de ce qu'il avait imaginé. Tout du moins ce monde. Ou alors peut-être qu'il avait simplement été trop naïf, et qu'il s'était aveuglé durant toute sa vie sur la réalité des choses. Tout paraissait si facile avant. Simplement aller à l'école, discuter avec ses amis, maths, français, tout le tralala habituel, rentrer, jouer aux échecs avec sa mère, perdre. Déguster le délicieux repas de son père, s'enfermer dans le bureau avec lui en écoutant ses musiques toutes aussi variées les unes que les autres et lire des livres qu'il ne comprenait pas. Tout ceci lui manquait, mais en même temps, pas tellement.
Les choses sont ce qu'elles sont. Se lamenter dessus n'aide en rien, à part ajouter de la souffrance sur la souffrance. En contemplant sa baguette posée dans les paumes de sa main, il réalisa à quel point elle avait pris une place importante dans sa vie. Sa seule compagne qui ne pourrait pas la trahir s'il la traitait bien. Aucun secret, aucune entourloupe, pas de jeu ni de cachotterie. Instinctivement, il ferma les yeux pour mieux se connecter à son catalyseur.
Elle mit quelques minutes avant de vibrer entre ses doigts. Bien plus long qu'à l'accoutumée. Mais peut-être ne prenait-il pas assez le temps de l'écouter ? Qu'avait-elle à lui dire ?
"Tu t'inquiètes trop des choses que tu ne peux pas contrôler."
Peut-être. Mais si on écartait ces obstacles comme s'ils ne représentaient rien, alors pourquoi vivait-on ? Quel intérêt si ce n'était surmonter les obstacles que la vie dressait sur notre chemin ? Pour les choses dont on était responsable, évidemment qu'il fallait faire amende honorable et démontrer un minimum de remords, sinon, quelle sorte de personne est-on ? Un psychopathe ? Un monstre ? Mais se sentir coupable des choses qui nous échappent, est-ce vraiment une bonne chose ?
"Tu n'es pas responsable de ressenti des autres."
Peut-être. Mais devait-on réellement faire comme si on n'y était pour rien ? Qu'est-ce que cela coûtait, de montrer juste un peu de compassion ? Même quand on ne pouvait pas influer comment la personne se sent. Chacun se sent comme il se sent. Et personne ne devrait dicter à quelqu'un comment on devrait ressentir les choses. Mais parfois, est-ce que les autres n'exagéraient pas un petit peu ? Par recherche de réaction, ou simplement pour tester les limites de l'interlocuteur ? Si l'on n'avait aucune influence sur le ressenti des autres, c'était bien triste non ? Le bonheur que l'on pouvait lire sur le visage d'un ami lors d'une belle discussion, y était-on totalement étranger ?
"Tu n'es pas responsable de la sécurité des autres."
Peut-être... Mais regarder en spectateur impuissant, était-ce réellement un état de fait que l'on ne pouvait pas changer ? Ne peut-on rien faire pour s'améliorer et par conséquent aider ceux qui nous entourent ? Il pensa à Gryffs. Que se serait-il passé, à cet instant, si j'avais été plus rapide ? On ne connaîtrait jamais la réponse à cette question, le passé est passé, hier est derrière. Et si demain était un mystère, n'était-il pas normal de vouloir s'y préparer au mieux ? Devait-on rester faible jusqu'à ce que la nature nous autorise à grandir ? Ou bien pouvait-on provoquer soi-même ce changement, par une pratique et une détermination à toute épreuve ? Et si nos actes n'influencent en rien notre destin, à quoi bon s'échiner ?
"On est comme on est, chasse le naturel, il reviendra au galop."
Peut-être. Oui, c'était probablement sûr même. Certain.
Il ne voulait pas changer. Narcisse s'aime bien, comme il est. Même s'il avait l'impression de taper sur le système de beaucoup de monde en ce moment, sans vraiment être capable d'expliquer pourquoi. Peut-être était-ce simplement son ressenti, mais dans ce cas, rien ne pourrait y changer quoi que ce soit, pas vrai ?
Baissant les yeux vers ses mains, sa baguette vibrait comme jamais elle n'avait vibré. Et il sentit l'air autour de lui vibrer également, il se demandait si, en lâchant sa baguette, elle ne resterait pas en l'air, défiant la gravité. L'herbe autour de lui était balayée par des rafales de vents, qui parfois venait lui ébouriffer les cheveux et les emmêlaient. L'air s'était rafraîchit, combien de temps était-il resté sur ce rocher ? Il eut une petite idée en se redressant et en sentant ses muscles ankylosés alors qu'il s'étirait. Serrant sa baguette dans sa main, il sourit, franchement et profondément, en aucun cas un sourire de façade. S'il ne s'occupait pas convenablement de celle qui était devenue sa compagne de tous les jours, comment pourrait-il prendre soin de lui-même ?
On se révèle dans nos pires actions. Mais on pouvait compenser par nos meilleures. Il était temps de rentrer, et vite, s'il ne voulait pas écoper d'une autre réprimande.
988