Un Noël plus calme que prévu
Tout semblait se passer pour le mieux depuis le retour d’Alf de Poudlard le 23 décembre. À part cette discussion. Judy lui avait raconté deux jours après son arrivée.
POV : Alf Wytte
12 ans Judy Wytte - soeur
Sally Wytte - mère
John Wytte - père
Un gros coup de mou. Une descente en enfer. La Fin. Alf en saurait dire à quoi ressemblait son état après que sa sœur lui ai raconté tout cela. Je n’ai plus de fils. Les mots de son père. Enfin… De ce qu’il pensait être son père jusqu’à cet instant. Comment expliquer à sa mère qui le regardait bizarrement à chaque fois qu’il croisait son père qu’il ne pouvait le regarder dans les yeux depuis qu’il savait. Comment lui expliquer que Judy les avait surpris. Apparement, eux, ne l’avaient pas surprise.
Noël. Une fête de famille non ? De quel famille parle-t-on ? Pour Alf, cette fête n’était qu’un mensonge. Pourtant il avait toujours adoré cette fête. Elle permettait de retrouver des gens que nous voyons que rarement. Elle permettait aux enfants de se remplir les poches de papillotes qui collent aux dents. Elle permettait de repartir pleins de cadeaux. Mais cette année la place n’était pas à la joie. En tout cas du côté d’Alf. Judy, elle, semblait faire un effort pour faire abstraction de ce qu’elle avait entendu quelques jours auparavant. Ou alors a-t-elle vraiment oublié ?
Toute la famille était réunie dans le salon. Oncles, tantes, cousins, cousines, grands parents, parents, tout le monde. Alf était enfermé dans sa chambre avec son cousin. Ils jouaient. Joyeusement. Une façade. Le monde d’Alf ne finissait pas de s’écrouler. Il ressassait en boucle ces paroles. J’ai eu un fils. Ces atroces paroles. Je n’ai plus de fils.
C’était l’heure des cadeaux. Placardant le sourire du fils parfait sur son visage, Alf descendit la volée de marche qui le séparait du rez-de-chaussée et se précipita sur les cadeaux. Les remerciements volèrent de part et d’autre du salon, tout le monde serrant tout le monde dans ses bras. Alf se leva et se dirigea vers sa mère pour la serrer dans ses bras :
« Merci maman, la remercia-t-il. »
« Ce n’est rien, lui assura-t-elle. »
Il entendit sa sœur qui remerciait leur père d’un « Merci » mignon. Enfin, son père a elle…
Il marcha comme un robot vers son père, tout en essayant d’adopter la posture la plus naturelle qu’il soit :
« Merci papa, le remercia-t-il. »
« Ce n’est rien, lui assura-t-il. »
Rien de plus. Rien de moins. Une simple façade. Aucune animosité. Mais aucun amour. Aucun sentiment. Un mur blanc.
C’est avec cette image qu’Alf partit s’amuser avec ses cousins et cousines sur le tapis du salon avec leurs nouveaux jeux…
C'est la larme à l'oeil qu'Alf, ce gentil p'tit bonhomme, tourna le dos à sa famille, ses amis, son école, pour s'enfuir loin, très loin, dans les méandres d'une forêt, pour ne jamais en revenir...