Une baguette de trop
Vendredi 26 Novembre 2049
Parc
Avec @Brian Goldfarb
Parc
Avec @Brian Goldfarb
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Yggie prit une grande inspiration dès qu'elle eut passé les portes du château. Elle aurait aimé pouvoir s'asseoir quelques minutes et reprendre son souffle, mais ses jambes tremblaient encore à cause de l'éclat de panique qu'elle ressentait. Elle avait fait une stupide erreur. Elle se souvenait encore de la façon dont tout s'était déroulé quelques heures auparavant.
La Grande Salle bourdonnait d’une énergie presque écrasante. Le tintement des couverts, les éclats de rires et les conversations animées se mêlaient en une cacophonie étourdissante. Yggie, assise à la table des Poufsouffle, piquait lentement dans une part de tarte encore fumante. À côté de son assiette, son manuel de métamorphose était ouvert, révélant des paragraphes complexes sur la transformation d’allumettes en aiguilles. Elle essayait de s’absorber dans sa lecture, espérant que la magie des mots puisse étouffer un peu le tumulte qui l’entourait. Elle avait pourtant un appétit pour l’apprentissage, mais aujourd’hui, son esprit flottait entre les cris d’excitation des Gryffondors, le bavardage ininterrompu de ses camarades, et le mouvement incessant des plats qui apparaissaient et disparaissaient des tables. Chaque bruit semblait amplifier sa tension, chaque cliquetis de verre était comme une étincelle dans sa tête. Elle fronça les sourcils, tentant de ramener son attention sur le chapitre, en vain.
Avec un geste mécanique, elle referma son livre, glissa une dernière bouchée de tarte dans sa bouche et se leva, son sac en bandoulière déjà jeté sur son épaule. Elle attrapa sa baguette posée à côté de son assiette et partit en direction de sa salle de classe. Ce n’est qu’après avoir passé une bonne heure et demie dans son cours de métamorphose, ses doigts caressant nerveusement le bois qu’elle utilisait pour canaliser sa magie, qu’elle réalisa un poids qui n'avait rien à faire dans sa poche. Elle posa sa baguette sur son bureau avant de glisser sa main dans la poche de sa robe, découvrant ainsi une baguette qui lui était étrangère.
Le poids, l’équilibre… Ce n’était définitivement pas sa baguette. Elle la scruta attentivement, le souffle court. Celle-ci était d'une couleur différente, peut-être en bois de châtaigner, et était plus grande de sa propre baguette de quelques centimètres. Son estomac se serra. Elle se souvint alors du garçon assis à côté d’elle à la table des Poufsouffle. Il avait des cheveux ébouriffés et des yeux fatigués. Elle avait vu sa baguette posée près de son assiette, et dans son état de distraction totale, elle avait dû l’embarquer sans y penser. La panique monta en elle comme une marée un jour de tempête.
La fin du cours fut un véritable flou. Dès qu’elle fut libérée, Yggie s’élança hors de la salle. Elle devait absolument lui rendre sa baguette avant que quiconque ne s’en aperçoive. Elle arriva dans la Grande Salle et remarqua que le garçon n’était plus à la table des Poufsouffle. Le château semblait alors bien plus immense. La jeune fille parcourut les couloirs, son regard scrutant chaque visage, ses pensées tournant en boucle : Et s’il avait besoin de sa baguette ? Et si un professeur lui demandait pourquoi il ne l’avait pas ?
Finalement, elle poussa les grandes portes qui menaient au parc. L’air frais remplissait ses poumons et lui irritait la gorge, mais il lui permit de remettre ses idées en place. Elle s’arrêta un instant pour balayer l'étendue verte des yeux. C’est là qu’elle le vit.
Il était assis sous un arbre, ses jambes étendues devant lui et son dos appuyé contre l’écorce robuste. Son visage semblait paisible malgré l'air fatigué que la jeune fille pensait toujours apercevoir. Yggie s’avança timidement, son cœur battant si fort qu’elle avait l’impression qu’il pouvait l’entendre à des mètres. Elle ignorait comment s'y prendre.
_ Euh… Salut ? Excuses moi de te déranger... commença-t-elle d’une voix hésitante, serrant la baguette contre elle.
643 mots
J'espère que cela te convient !