19 mars 2025, 21:58
Prendre le coup de main
Un samedi de fin février
Terrain d'entraîment, Poudlard
Avec @Astrid Kaety <3

Quand il n'y avait pas de course organisée par leurs professeurs, Lavinia avait pris l'habitude de s'entraîner quand même au maniement de son balai. Elle se rendait alors sur le terrain d'entraînement, évitant autant que possible de discuter avec d'autres élèves, et se concentrait à réaliser des pointes de vitesse autour du stade, slalomant parfois autour des piquets que les équipes de Quidditch avaient oublié de retirer. Elle était alors plongée dans son monde, dans les airs, et elle y tirait la même satisfaction que quand elle se laissait flotter dans son bassin des secrets. À la différence que l'effort physique lui faisait encore plus de bien, elle l'avait remarqué. À la suite de ses entraînements, ses muscles étaient chauds, elle dégoulinait de transpiration, ce qui la dégoûtait passablement. Et pourtant, elle se sentait plus légère, dans son corps comme dans son esprit. À croire que le sport ne faisait pas seulement sortir de la sueur, mais permettait aussi de se libérer pour un moment de tracas inutiles qui tournaient en boucle dans ses pensées, comme un fonds sonore mentale désagréable et agaçant. Après le sport, son esprit était de nouveau clair et silencieux.

Cependant, Lavinia était une Serpentard, et elle était une Campbell. Bientôt, la simple idée de faire du sport pour faire du sport ne l'enchanta plus autant. Elle avait besoin de voir ses efforts récompensés, qu'ils lui soient utiles, qu'ils lui apportent quelque chose. Un peu de reconnaissance. Et elle commençait à s'agacer d'être abonnée aux marches du podium qui ne la gratifiaient pas de la médaille d'or, même sur une pauvre course verte. Elle avait rapidement identifié ses faiblesses, les mêmes que lors de ses premiers cours de balai, les mêmes qu'elle ne réussissait pas à surmonter. L'endurance, ça allait venir. Elle avait même l'impression qu'elle s'améliorait. Le problème, c'étaient ses mains, crispées sur le manche de son balai comme si on leur avait lancé un Colloshoo. Elle s'accrochait au bois comme s'il s'agissait de sa boussole, et perdait presque aussitôt l'équilibre dès qu'elle s'aventurait à lever un bras. En théorie, elle n'en avait pas besoin pour courir... Mais elle avait déjà essayé d'attraper des branches, de flirter difficilement avec les règles du jeu, et surtout, elle savait qu'à partir du niveau rouge, les sorts étaient autorisés. Et étant donné qu'elle n'avait pas encore trouvé le don de lancer des sorts sans catalyseur dans une Chocogrenouille, elle allait vite avoir un problème.

Comment font les joueurs de Quidditch ? C'était la question qui la hantait, alors qu'elle observait, assise sur une estrade, l'équipe de Serdaigle s'entraîner. D'habitude, elle s'organisait pour venir quand le terrain d'entraînement était libre, mais il devait y avoir un loupé, elle n'avait pas vu que les bleus avaient réquisitionné le terrain. Elle ne connaissait pas les joueurs, à l'exception de deux élèves de sa promotion. Si elle se souvenait bien des règles de quidditch, la petite rousse devait être batteuse, avec son manche en bois dans la main. Elle n'imaginait pourtant pas la douce, gentille, polie, studieuse Astrid Kaety balancer des cognards à la tronche de ses adversaires... Mais force était de constater que c'était le cas. Non seulement, elle semblait n'avoir aucune difficulté à lâcher son balai, mais réussissait aussi à envoyer valser sa batte avec force, sans perdre son équilibre pour autant, et en visant juste. Elle était douée, et Lavinia l'avait déjà constatée lors de la bataille volante de balle au prisonnier.

L'entraînement semblait se terminer. Lavinia empoigna son balai emprunté à l'école, et commença à se diriger vers le terrain qui se vidait. Apercevant de nouveau la masse de cheveux roux de sa camarade, la petite Campbell ralentit le pas légèrement, hésitante. Elle l'observa un moment, incapable de prendre une décision, trouver toutes les excuses possibles et imaginables pour se soustraire à ce que son esprit logique lui demandait pourtant de faire si elle voulait s'améliorer. Finalement, elle réussit à ravaler sa frustration et sa honte et s'approcha de la Serdaigle, tout en jetant des regards autour d'elle. Si possible, elle aimerait bien ne pas attirer l'attention sur elle, surtout pas pour ce qu'elle s'apprêtait à faire, et à reconnaître.

- Bonjour Astrid. Est-ce que... Je peux te déranger un instant ?

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

8 mai 2025, 03:04
Prendre le coup de main
Les entraînements des Ailes d'Airain, trois fois par semaine, étaient devenu une sorte de rituel pour la troisième année. Elle prenait beaucoup de plaisir à partager ces quelques heures avec ses coéquipiers. Et elle aimait surtout se dépenser physiquement. Ressentir cette euphorie familière qu’elle associait depuis longtemps au Vol. Elle n'était pas certaine de pouvoir dire si elle préférait cela aux sensations ressenties lorsqu'elle voguait sur le voilier de sa mère. Si les deux se ressemblaient, dans le fond, de nombreux détails différaient, en faisant des expériences totalement différentes. Et toutes deux occupaient une place importante dans le cœur de l’Irlandaise.

Astrid envoya une dernière fois valser le cognard sur la cible qu'elle utilisait pour ses entraînements, avant de rejoindre le plancher des veaudelunes. Sa capitaine termina par quelques derniers mots, avant de libérer l'équipe. Aux yeux de la troisième année, il s'agissait d'une assez bonne matinée. Elle avait relativement bien réussi les différents exercices proposés par Zoey, et, surtout, en ressortait en sueur et vidée. C'était ainsi que devaient se finir ses aventures aériennes! Comme ils avaient un peu de temps avant le repas du midi, elle avait décidé cette fois de se doucher en salle commune: les lieux étaient largement plus spacieux et confortables que dans les vestiaires. Ça valait largement le trajet et l'énigme du heurtoir à ses yeux, surtout en plein hiver. Elle salua donc son amie d'un signe de la main, et la laissa avec celui désigné pour l'aider à ranger cette semaine.

Son balai en main, la texture familière du bois contre sa paume, elle s'éloigna du terrain. Elle imaginant déjà l'eau chaude effacer les dernières traces de l'entraînement et détendre ses muscles. Mais son rêve de propreté s'évanouit quand une de ses camarades de promotion l'interpella. Elle fronça les sourcils, et s'arrêta, s'immobilisant un instant pour la fixer, surprise par sa demande. Elle n'était pas sûre de vraiment associer Lavinia à la sociabilité, et ne se serait jamais attendue à la voir l'aborder ainsi. Après, la compagnie de la jeune Serpentard ne lui déplaisait pas particulièrement. Tout comme elle ne lui plaisait pas spécialement non plus. Elle était plutôt une connaissance relativement neutre avec qui elle n'avait jamais spécifiquement pris le temps de discuter, malgré les trois années passées presque dans les mêmes classes. Pourtant, elle soupçonnait la Campbell d'avoir quelques points communs avec elle. Notamment en lien avec les symboles nordiques, comme elle avait pu le voir récemment en cours de runes. L'astronomie peut-être, aussi? Elle se souvenait l'avoir vue à l'atelier sur l'éclipse de l'année passée.

Elle n'avait aucune raison d'envoyer bouler la blonde, à part peut-être son odeur corporelle dont elle avait hâte de se débarrasser en toute honnêteté. Une grimace étira ses lèvres. Elle avait toujours vu Lavinia plutôt bien habillée, bien coiffée, et tout ce qui allait avec. Est-ce qu'elle risquait de s'offusquer qu'elle n'ait pas encore pris de douche? Bah. C'était le lot des sportifs au sortir d'un entraînement. Si elle n'en voulait pas, elle devrait sûrement s'en contenter pour l'instant.

La batteuse posa la pointe de son balai sur le sol, les brindilles s'élançant vers le ciel, et s'appuya dessus. C'est que, mine de rien, avec la fatigue des deux heures qui venaient de s'écouler, il commencer à peser. Le regard empli de curiosité, elle détailla le visage de sa camarade une seconde de plus, cherchant toujours à deviner ce qui l’amenait. C'était drôle, d'ailleurs. Elle n'avait jamais imaginé Lavinia se promener du côté du terrain d'entraînement. Elle ne la savait pas joueuse de Quidditch (à moins que ça ne soit tout récent?), assistait-elle seulement aux matchs? Et elle ne parvenait pas à imaginer pourquoi la Verte pourrait bien la chercher elle, en particulier. Donc elle n'avait aucune réponse. Et elle n'aimait pas ne pas avoir de réponse.

-Bien sûr. Tu veux quoi?

Pas d'agressivité dans sa voix, une simple question à laquelle elle n'avait pas de réponse. Sa posture restait ouverte, une main sur son balai, l'autre le long du corps. Et cette curiosité sincère qui ne quittait pas son regard complétait le tableau.

-Tu viens souvent ici?

Elle n'avait pas pu s'en empêcher. Cette autre question ne pouvait pas rester sans réponse. Impossible. Pas pour Astrid.
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<3
Non je ne suis pas à la bourre. Trop pas.

Quatrième année RP - Ex-Préfète RP (01.09.2049 - 01.03.2050)
#873636 | | | | Marraine-origami

28 août 2025, 22:56
Prendre le coup de main
Les paupières de Lavinia tressautèrent légèrement, alors qu'elle plongeait son regard dans les yeux de la Serdaigle. Elle avait accepté un peu trop facilement, et le ton lui semblait bien plus brutal que ce qu'elle avait pensé au début. En deux mots, elle se montrait à l'écoute, mais les trois suivants mettaient de la distance entre elles deux. Pourtant, même si elle avait utilisé les mêmes mots que la vipère utilisait d'habitude pour envoyer paitre les indésirables, Astrid semblait ouverte, prête à accepter ce fardeau.

Peut-être que la vipère n'avait pas eu la meilleure des idées de venir l'aborder tout de suite après son entraînement. Au sortir d'une course, Lavinia pouvait elle-même être d'une humeur exécrable selon le degré de plaisir que celle-ci lui avait procuré. Et souvent, elle rêvait d'une douche. Lavinia regarda Astrid de la tête en bas, tout en équipement de quidditch, toute dégoulinante de transpiration et les cheveux en bataille sous l'effet du vent qui les avaient secoués pendant les exercices. Elle ne doutait pas qu'elle aurait davantage envie de s'écrouler sur le banc des vestiaires que de tenir compagnie à la petite princesse de Serpentard.

- ça peut attendre, hein, si tu as mieux à faire, marmonna Lavinia, indécise sur la suite qu'elle devait donner à cet échange qu'elle jugeait lunaire.

En bonne Serdaigle chez qui une question ne vient jamais seule, Astrid n'attendit même pas que Lavinia daigne lui répondre, pour enchaîner sur un autre sujet. Cela soulage un peu Lavinia, qui y trouve une bonne porte dérobée pour revenir au sujet qui l'amenait.

- Pas tellement. Les équipes de Quidditch monopolisent le terrain d'entraînement. Mais étant donné que la clairière aux courses est indisponible en dehors des compétitions, j'ai bien besoin d'un endroit pour m'entraîner, donc il m'arrive de m'y rendre parfois, oui.

Lavinia jette un regard autour d'elle, observant les autres élèves qui rejoignaient les vestiaires, alors que des élèves d'une autre maison prenaient leur place.

- Et puis, cela me permet d'observer. D'apprendre. Parce que le Quidditch et la course, ce n'est pas si différent, d'une certaine manière. Ce qui me mène au point suivant...


Les yeux de la vipère retournèrent dans ceux de l'Aiglonne, avec une assurance presque forcée. Heureusement, l'élan de sincérité qui lui fait prononcer les mots suivants lui permit de soutenir le regard d'Astrid, et de ne pas hésiter dans son monologue.

- Je t'ai déjà observé, lors de vos entraînements, et lors de la partie de ballons prisonniers. Tu es une joueuse de quidditch qui commence à avoir de l'expérience, tu es à l'aise sur un balai, tu manie la batte aussi facilement que des boules-de-neige, tu peux improviser des mouvements en plein vol et réussir tes manœuvres de manière efficace.

Lavinia se pince la lèvre supérieure, dans un petit air à la fois buté et fier.

- Oh, je parie que je n'aurais aucun mal à te distancer lors d'une course de balai, ça ne m'inquiète pas trop. Mais ce que tu as, et ce qu'il me manque pour décrocher la victoire et écraser mes concurrents, c'est ton aisance avec... tes mains.


La vipère rebaisse les yeux et secoue la tête, ressemblant soudain davantage à l'enfant dépité qu'elle était en ce moment même. Dépitée de devoir avouer sa faiblesse, débitée de devoir le faire devant un pro-moldue, peut-être même devant une sang-moldue. Dépitée de ne pas être à la hauteur de ses propres attentes, alors qu'elle était en troisième année.

- Comment tu fais, pour lâcher aussi facilement le balai, sans perdre l'équilibre et tout gâcher ?
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Bien sûr que tu n'es pas à la bourre, moi non plus d'ailleurs !

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