CLOS ... Élisabeth Willis

Samedi 12 février 2050
Peu après le match de Quidditch
Avec @Élisabeth Willis
Purée quel MATCH ! Mon cerveau est encore immergé dans les derniers instants, les actions de chacun des joueurs et joueuses se rejouent devant mes yeux. J'essaye en vain, encore et encore, de comprendre ce qui a bien pu se passer, durant ce match. Les Gryffondors menaient avec tellement d'aisance, et soudainement, en un éclair, deux buts encaissés, sans le moindre geste de la part du gardien pour essayer de les arrêter ? Alors j'ai beau me questionner, je me dis que la seule explication, c'est qu'il...

Tiens ? Oh, mais on dirait... Ah, Éli. Sans même le remarquer, je m'arrête un instant. Le premier instinct de mon cerveau, est simplement de de l'ignorer, et de continuer mon chemin. Puis, à ma respiration suivante, je souris. Je sais qu'elle n'a pas un mauvais fond, Éli, c'est juste impossible. Depuis le temps, depuis ce qu'il s'est passé l'année dernière, je suis sûr que de l'eau a coulé sous les ponts !

J'ai déjà plusieurs fois essayé de lui reparler, mais il y a tellement d'élèves dans cette école, tellement de choses à faire, j'oublie parfois à quel point il est facile de se laisser submerger. Bref, allez, en route ! Je m'approche d'elle, la saluant joyeusement d'un geste de main, grand sourire, avant de...

"... !"

Heh ?

Je m'étouffe brusquement, une vive douleur remontant le long de ma gorge, avec l'impression qu'un caillou racle l'intérieur de mes parois. Comme une petite boule d'une extrême dureté, elle m'empêche de respirer ! Ah, non... elle m'empêche pas respirer, tout va bien. Je me redresse, les yeux écarquillés, et rouvre la bouche en regardant Éli.

"... ?"

Une nouvelle quinte de toux brusque et vive. Oh, purée, je me souviens. J'ai plus de voix ! Ça m'est déjà arrivé quelques fois, mais là je suis pas malade !! Il m'arrive quoi, sérieux ?
Dernière modification par Narcisse Brando le 1 août 2025, 15:05, modifié 1 fois.

CLOS ... Élisabeth Willis
Comme pour beaucoup de choses depuis une semaine, Éli était complètement passé à côté de l'euphorie du match de Quidditch. Pas tant que la jeune fille n'appréciait pas d'assister de temps en temps à l'une des rencontres sportives de l'école, mais au vu des équipes sur le terrain aujourd'hui, elle avait surtout eu trop peur d'y croiser Gideon dans les gradins. Devoir se faire aussi petite qu'un boursouflet sur son banc n'était pas forcément dans ses plans, et puis de toute façon, crier des encouragements lui aurait demandé l'énergie qu'elle n'avait plus en ce moment, trop fatiguée de ses dernières nuits à sangloter jusqu'au petit matin.

Si la Poufsouffle avait fui la partie qui se jouait sur le terrain, elle n'en avait pas pour autant décidé de rester enfermée. L'air frais du parc rendu presque désert par l'affluence des élèves pour l'événement, faisait du lieu un espace encore plus agréable pour elle et ses pensées tourmentées. Il ne faisait vraiment pas très chaud dehors malgré les quelques percées de soleil, mais pour une fois, Éli n'avait pas oublié d'enfiler un gros pull sous sa cape. Malgré tout, de légers tremblements venaient ponctuellement la faire tirer sur ses manches, et y rentrer ses mains, tentant par ce geste de se réchauffer un peu.

Marchant sur l'herbe fraîche, complètement perdue dans ses réflexions, la jeune fille ne s'aperçut pas directement de la présence d'un camarade s'approchant d'elle, jusqu'à ce que ce "salut trop joyeux" qu'elle reconnut en une seconde, et qu'elle n'était pas du tout préparée à recevoir à cet instant, attire son attention. Éli avait volontairement évité tout contact avec Narcisse depuis son retour de renvois, et pour cause. Bien sûr qu'elle se sentait mal à l'aise de leur dernier échange, bien sûr qu'elle avait largement exagérée avec lui, son renvoi en avait été l'un des témoins, mais pour autant, elle n'avait jamais pris la peine de revenir vers lui pour apaiser les choses. Elle n'en avait eu ni la force, ni l'envie pour être honnête, même si elle avait sûrement tort de ne pas l'avoir fait. Est ce que le sourire, et le geste visiblement amical de sa part lui signaler que les compteurs étaient remis à zéro ? Comme ça si facilement ? Est-ce qu'il avait tiré un trait sur toute cette histoire sans rien attendre d'elle ? La Poufsouffle avait vraiment du mal à y croire, pourtant en l'observant elle ne voyait aucune attitude hostile venant du garçon.

Et puis, sans avoir le temps de comprendre ce qu'il se passait sous ses yeux, Narcisse sembla stopper son élan de gentillesse pour une douloureuse chorégraphie. Est-ce qu'il se moquait d'elle ? Est-ce qu'il faisait une espèce de malaise ? La jeune fille mi-inquiète, mi-perplexe se contenta de l'observer en fronçant les sourcils, interrogative. Jetant malgré tout un coup d'œil à droit et à gauche, elle chercha quelqu'un de loin, prête à alerter rapidement si la situation venait à empirer, mais Narcisse reprit vite une contenance un peu plus rassurante, marquant malgré tout un mutisme étonnant venant de lui. À peine eut-elle le temps de l'observer ouvrir la bouche, comme prêt à dire quelque chose, que le Poufsouffle coupa sa lancée une fois de plus.

- Il t'arrives quoi Brando ? Si tu pouvais éviter de mourir ici, j'ai eu un peu trop de problèmes cette année déjà. Laissant passer un léger sourire, la jeune fille reprit assez vite son sérieux. Hum... Peut-être un peu tôt encore pour les blagues. Pardon. Ca va ? T'as b'soin...d'un truc ? Un peu gênée de se retrouver en face de lui, elle ne savait pas vraiment quoi faire d'autre. Est-ce que c'était juste une façon de lui faire comprendre qu'il ne voulait plus lui parler ? Est-ce qu'il en était à simuler une toux pour s'éclipser d'une conversation qu'il n'avait pas du tout envie d'avoir avec elle ? Où est-ce qu'elle délirait complètement, et qu'il était vraiment en train de faire une crise de quelque chose ? Pourquoi est ce qu'il avait fallu qu'elle passe si près du terrain elle aussi !!!

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

CLOS ... Élisabeth Willis
Aïe, aïe, AÏEUUUH !! Étouffant une nouvelle quinte de toux dans ma main, me forçant à respirer contre ma paume pour réchauffer l'air et apaiser la brûlure de ma gorge, je reprends mon souffle par le nez. Lorsque j'entends Élisabeth, je secoue vivement la tête, ne voulant surtout pas qu'elle pense à mal, qu'elle pense qu'il allait m'arriver quelque chose ! La dernière chose que je souhaite, c'est que quelqu'un s'inquiète pour moi. Je n'ai supporté de voir cette émotion chez les autres, et plus particulièrement chez mes parents. Chez ma mère, surtout, malgré tous ses efforts, je n'arrive pas à ignorer l'inquiétude grandissante chez elle, qui la hante.

J'ouvre une dernière fois la bouche, avant de la refermer brusquement, pour me contraindre au silence, et éviter d'à nouveau m'irriter l'œsophage. Tentant de répondre par la négative à la préoccupation de mon amie, je cherche désespérément un moyen de communiquer avec elle. Mes doigts pointent ma gorge, ma main s'agite dans le vide, essayant de mimer un geste qui pourrait vouloir dire que j'ai perdu ma voix.

Trouve un truc, trouve un truc, je suis venu lui dire bonjour, je vais quand même pas l'embêter juste pour rien dire si ? Et hors de question de la laisser s'inquiéter ! Le langage des signes ? Mais non ! Je connais rien du tout à ça. J'ai du papier sur moi ? Un stylo ? Non pluuuuus, j'ai rien pris sur moi aujourd'hui ! Rah quelle galère ! Je m'agite dans tous les sens, pointant encore et encore ma gorge, partagé entre l'éclat de rire silencieux et une panique amusée.

CLOS ... Élisabeth Willis
À bien l'observer, le garçon n'avait pas vraiment l'air d'agoniser, ce qui rassura Éli presque immédiatement. Pourtant, elle n'arrivait toujours pas à comprendre ce qu'il lui faisait, ses gesticulations ne voulaient pas dire grand-chose pour elle. Plissant les yeux, entre incompréhension et interrogation, la poufsoufle tenta malgré tout de donner un sens à tout ça.

- heu...de l'air ? Un poisson hors de l'eau ? Le geste négatif du garçon en face d'elle orienta Éli sur la mauvaise direction qu'elle prenait. Non ? C'est pas ça ? C'est...ton cou ? Attends, c'est quoi ça ? Une écharpe ? T'as froid ? Légèrement agacée de ne pas comprendre se qu'il tentait de lui dire, la jeune fille abandonna les propositions aléatoires. Tu veux quoi ? j'comprends rien. Parles Brando, j't'assures que ça s'ra plus simple. J'suis nulle en mimes, mais genre vraiment, vraiment nulle.

Tentant à son tour de reproduire les gestes qu'il venait de lui montrer, comme si les faire elle-même aller lui révéler leur signification, Éli finit par croiser les bras, interdite. Ce dialogue chorégraphié devait sûrement être très drôle vu de l'extérieur, et la jeune fille se serait sans doute amusé de le voir sur d'autres, mais vu le contexte qui existait encore entre les deux élèves, à cet instant la situation mettait Éli plutôt mal à l'aise. Observant à nouveau autour d'elle, soudainement suspicieuse, elle s'attendait presque à découvrir qu'un groupe d'élèves riait depuis le début, pointant du doigt sa naïveté.

Est-ce que Narcisse était capable de se jouer d'elle comme elle l'avait fait avec lui ? Après tout, elle ne le connaissait pas tant que ça, peut-être que derrière son sourire, et sa bonne humeur à toute épreuve, il savait très bien cacher son jeu. Peut-être qu'il n'attendait qu'une occasion pour lui offrir les mornilles de son gallion.

Cherchant de nouveau le regard du poufsouffle, Éli, un peu moins sur d'elle, posa sa question, n'imaginant même pas que le problème puisse être vocal.
- Je dois comprendre un truc ? C'est un genre de vengeance c'est ça ?

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

CLOS ... Élisabeth Willis
Au fur et à mesure, j'agite mes index dans tous les sens pour essayer de réfuter ses questions. Un poisson ?? NON !

"... !"

Mais pourquoi un poisson ? Quel rapport ? AH, OUI ! MON COU ! Voilà ! Enfin, ma gorge plutôt, mais déjà on va dans la bonne direction et... NOOON ! Je secoue frénétiquement la tête, amusé par la situation, consterné par mon incapacité à communiquer sans ma langue. Mais oui moi aussi je veux parler en fait ! Et je suis ultra nul en mimes aussi, oh la la, on va pas aller loin... Je fais comment moiiii ? Je me mets à éclater d'un rire silencieux et croassant, avant de brusquement me figer en entendant la question de mon amie.

"QUOOIII ??!"

Arrachant ma gorge au passage, un filet d'air se fraie un chemin dans la congestion de mon œsophage, dans un cri quasi-muet, presque comme un corbeau qui essaierait de crier trop fort. Une vengeance ? Mais une vengeance pour quoi ?? Totalement abasourdi, je m'assois à même me sol, les yeux écarquillés. Purée, comment je communique, comment je fais ? J'essaye de dessiner des lettres dans l'air avec mes doigts, presque paniqué, mais si seulement j'avais un moyen de les écrire pour de vrai, je...

Mais... ATTENDS !

Dans une épiphanie, je dégaine ma baguette, le sourire jusqu'aux lèvres, rouge comme une pivoine, pour dessiner rapidement les lettres enflammées. Flambios, mais bien sûr !

"MAIS NON !! J'ai plus d'voix ! J'peux plus parler c'est tout !"

Le soulagement immense que je ressens, à enfin pouvoir laisser sortir ce que je voulais dire... Incommensurable.

CLOS ... Élisabeth Willis
Après ces longues minutes de silence, un son tellement faible qu'elle du lire sur les lèvres du garçon pour le comprendre, sortit enfin. Le Poufsouffle avait l'air véritablement surprit de sa question, et dans l'incompréhension totale du garçon, la jeune fille douta de son hypothèse. Est ce qu'elle c'était fait des idées ? En l'observant s'asseoir au sol, Éli resta perplexe. Narcisse dessina dans les airs quelques symboles qui n'avait pas plus de sens pour elle, et puis sans prévenir, il sortit sa baguette. Comme par reflex, elle se recula d'un pas. On ne sait jamais ! Même s'il n'avait pas l'air de la menacer, elle ne comprenait rien depuis tout à l'heure, et son instinct lui crié de rester en alerte. Après tout, c'était Narcisse, et elle était....elle. Tout pouvait arriver.

Des lettres de feu... Voilà ce qui arriva.
Des lettres formant un message qu'elle n'avait pas vu venir, et qui pourtant, une fois lu, lui parut d'une évidence folle.

Relâchant la pression d'un coup, la jeune fille observa le Poufsouffle en riant à son tour.
- Ooooookay... j'comprends mieux les mimes du coup ! Souriant de nouveau, elle ne put s'empêcher d'ajouter sans réfléchir après...c'est pas si mal quand tu parles pas aussi. Grimaçant, un peu gênée, elle se rendit compte de ce qu'elle venait de dire, et pinça ses lèvres comme pour se taire de force. Est ce qu'ajouter de l'huile sur le feu de l'année dernière était une bonne idée, certainement pas, mais visiblement ses vieux réflexes étaient bien plus encrés en elle que sa volonté d'apaiser les choses. pardon...c'est pas c'que j'voulais dire. si, un peu quand même, mais pas à haute voix quoi ! Comment t'as fait pour plus avoir de voix comme ça ? Tu devrais p't'être aller voir Mister O'Belt non ? J'suis sûr qu'il a un truc pour... ça. La jeune fille ne savait plus comment nommer le fait de perdre sa voix, elle l'avait déjà entendu, mais elle n'arrivait pas à remettre le doigt sur ce souvenir.

Pendant son renvoi, Éli avait envoyé des pastilles de Priddy à quelques personnes, pour demander pardon essentiellement, pour avouer ses erreurs, et tenter de remettre les compteurs à zéro aussi, mais à lui, elle n'avait laissé que le silence et le temps faire. Elle avait espéré que ces deux éléments suffiraient à apaiser les choses, et le comportement de Narcisse lui avait plutôt donné raison jusqu'à aujourd'hui. Il n'avait plus l'air de lui en vouloir pour quoi que ce soit, pourtant, elle n'avait jamais pris le temps de s'excuser vraiment, et elle se sentait mal. Le travail qu'elle avait fait avec Miss Vermillon lui avait appris que pour avancer, il fallait aussi qu'elle assume ce qu'elle avait fait. Est ce que se taire et laisser faire était vraiment acceptable ? Même si c'était bien plus confortable de le croire, Éli savait qu'elle avait eu tort de laisser traîner ce moment.

Le garçon était là, sans voix, que pouvait-il vraiment arriver dans ces conditions ? Il ne pourrait pas refuser ses excuses, ni la blâmer plus que par quelques mots à peine audibles... Est-ce que le moment n'était pas particulièrement bien choisit ? Reprenant un air sérieux, tirant sur ses manches pour y rentrer ses mains nerveusement, Éli respira profondément, et posa enfin les mots qui manquaient entre eux depuis des mois.

- Narcisse, j'suis vraiment désolé pour l'année dernière. J'ai aucune excuse, j'ai fait n'importe quoi, et j'aurais jamais dû mentir comme ça. J'suis désolé pour c'que Redose t'a fait aussi, c'était complètement de ma faute. Je sais que j'aurais dû m'excuser depuis longtemps, mais j'crois qu'j'avais juste...trop honte en fait. Complètement liquéfiée de gène, la Poufsouffle ressentit malgré tout un petit pincement de soulagement d'avoir enfin réussi à lui dire tout ça.

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

CLOS ... Élisabeth Willis
J'expire longuement, un sourire jusqu'aux oreilles. Ma main glisse sur ma gorge, essayant tant bien que mal d'apaiser au moins un peu la douleur qui l'enserre. Ce cri que j'ai laissé tout à l'heure, il va me le faire payer un bon moment je pense... déjà, je sens l'irritation progresser, lentement se frayer un chemin en grattant l'arrière de ma gorge. C'est un peu comme si un balais brosser avait frotté de bas en haut, raclant et érodant mon œsophage. Eurg, quel idiot purée !

Je bats des paupières, clignant des yeux, lorsqu'elle commente mon soudain mutisme. Baguette en main, posée sur mon genou, j'éclate d'un rire silencieux, sans hésiter, dissipant ses excuses d'un geste de main bienveillant. Oui, c'est vrai, c'est quand même apaisant, ce silence. L'impossibilité de parler semblait forcer mes pensées à se taire dans le même temps. Ça n'a pas beaucoup de sens, la langue n'est pas liée au cerveau, si ? J'aurais eu beaucoup de choses à dire à Elisabeth, et là, je me retrouve forcé à me contrôler, à peser ces pensées, sélectionner celle que je veux laisser sortir. Perturbant, et frustrant, mais pour le moment, je dois juste l'écouter, et voir après.

Ma main libre soutenant mon menton, réfléchissant à la réponse à sa question, à comment je pourrais répondre, sans me perdre dans mes lettres enflammées, mon amie s'engouffre soudainement dans la brèche. Je l'observe respirer rapidement, je regarde son visage devenir aussi sérieux que la pierre. Puis les mots. Je l'écoute -en silence, évidemment, visage neutre, me mordillant les lèvres. Et enfin, j'expire, soulagé. Une explication. Je souris, évidemment qu'elle ne le voulait pas, évidemment qu'elle regrette, mon sourire s'agrandit, alors que ma baguette s'agite de nouveau pour dessiner les traits de mon esprit.

Je sais. T'inquiète va ! On fait tous des boulettes hein, et j'sais qu'à ta place j'aurais aussi eu trop d'mal à revenir vers l'autre !

Je n'hésite pas un instant, et m'agenouillant devant mon amie, je viens déposer une main rassurant sur son épaule, sourire jusqu'aux oreilles. Puis, je me souviens que je ne peux pas parler, et je recule d'une tête pour laisser de la place aux flammes.

Et puis t'inquiète pour Red', le pauvre, il a pas l'air bien dans ses baskets, un peu comme toi, donc faut qu'vous fassiez attention à vous ! Si vous faites trop d'mal aux autres, c'est vous qu'vous allez abîmer dans l'histoire tu sais ?

CLOS ... Élisabeth Willis
Si Éli se sentait assez mal à l'aise de la situation, en jetant un coup d'œil au Poufsouffle son inquiétude diminua légèrement. Revenir sur le sujet alors qu'il ne lui en avait jamais reparlé, c'était un risque, mais Narcisse ne semblait ni énervé de se remémorer le moment, ni en colère contre elle. Non, à la place, une fois encore un sourire s'étaler sur son visage, pendant qu'il s'appliquait à tracer de nouveau ses lettres enflammées pour répondre.

Il sait... et c'est tout ?
Est-ce que c'était si facile pour lui de laisser couler l'eau sur les problèmes ? Elle avait mis des semaines avant de pouvoir sortir ses excuses-là, et des mois avant pour comprendre pourquoi elle avait fait tout ce qu'elle avait fait. Comment pouvait-il juste... trouver ça pas si grave, et balayer les choses tout simplement ? Incroyable, littéralement, elle commençait presque à douter de la sincérité de ses paroles.

Sortie brutalement de son étonnement par le contact de la main du garçon sur son épaule, elle tourna machinalement ses yeux vers ce geste inattendu. Tu fais quoi là Brando ? Sérieusement ? Tu ne peux pas être si compréhensif et bienveillant tout le temps... C'est pas possible ! Tu n'es pas un robot. Mais comment tu fais pour faire semblant aussi bien ? Une fois encore, la suite vint clôturer son dialogue intérieur.

T'inquiètes pour Red, le pauvre, il n'a pas l'air bien dans ses baskets...
La jeune fille faillit s'étrangler de rire. Intérieurement Éli était morte rien qu'à l'idée de savoir ce que le Gryffon aurait pu penser de ces paroles. Le pauvre... Il aurait détesté cette pitié, il aurait pu frapper pour ça ! De la provocation, on était presque dans ce domaine-là. Ne lui dis jamais ça en face Brando, sinon tu risques d'avoir le cousin de ton cocard de l'autre côté.

Mais sur le fond, Narcisse n'avait pas tort, à force de faire du mal aux autres, ils s'en faisaient à eux aussi, et Éli commencé à bien s'en rendre compte. Son déluge en approche, elle en avait conscience depuis des mois, sans vraiment réussir à endiguer les choses. Même si son renvoi avait temporisé un peu le désastre, et qu'elle se contrôler bien mieux ici, elle savait au fond d'elle que tout n'était pas réglé, qu'elle avait toujours cette espèce d'envie irrépressible de dépasser les limites. Ses fragiles barrières érigées pendant sa détention, un jour céderaient sous la pression de sa nature profonde, elle le savait. Elle n'était pas cette jeune fille sage et lisse, qui rentre dans les cases qu'ils aimeraient lui imposer, pas encore. Mais elle essayait, elle essayait vraiment d'y ressembler, de retenir un maximum sa vraie version, elle espérait qu'un jour, elle finirait par s'y habituer. Il fallait juste qu'elle tienne assez longtemps son masque pour construire quelque chose de solide, qui contiendrait définitivement son ras de marrée en public, c'était ça l'objectif !

En attendant, le comportement si tempéré de Narcisse l'intriguait. Lui arrivait très bien à contrôler ses émotions, à gérer ses frustrations, à accueillir sans colère les attaques. Comment faisait-il ça, et en souriant en plus ?! La tentation et la curiosité étaient trop fortes. Alors, comme si le trouble de parole du garçon était un signe, Éli saisit cette occasion de prendre tout l'espace pour poser ses questions sans qu'on ne la coupe.
- Jamais t'es énervé ou rancunier ? C'est presque flippant j't'assure ! Pas que j'veuille que tu m'détestes, mais... tu ne peux pas toujours être comme ça si ? Il faut te faire quoi pour que tu n'supportes plus quelqu'un ? Vraie question. Parce que depuis qu'on s'connaît, on va pas mentir, j't'ai fait pas mal de sales coups, et parfois j'me d'mande vraiment... Qu'est-ce qui pourrait dépasser tes limites ? Est ce que t'en as au moins ? Tu sais, t'as p'tetre raison, Red et moi on s'abîme en faisant du mal aux autres comme ça, mais toi c'est pas mieux. Tu supportes des trucs pas ouff, et tu dis jamais rien. Moi j'pense que tu t'abîmes aussi à force de faire ça.

Mais qu'est-ce que tu fais ?! Il te pardonne sans chercher à comprendre, et toi, tu lui donnes un bâton en lui disant "frappe moi" ? La jeune fille entendait presque les paroles de Redose face à cette scène. Donc tu aimes avoir mal Willis, je le savais espèce de coch... !

@Redose Omniak, pour la mention

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron

CLOS ... Élisabeth Willis
Rancunier ? Ca veut dire quoi ? Enfin, je pense que je connais la définition du mot, mais je ne comprends pas trop le rapport dans la situation. Rancunier, ça veut dire qu'on reste énervé contre une personne qui a pas été gentille avec nous ? C'est flippant ? Purée, c'était pas du tout ce que je voulais moi, mais je comprends pas ses questions. Evidemment que je ne veux pas la détester, ce serait totalement absurde, pourquoi elle me demande tout ça ? Vraie question ?

Qu'est-ce qu'il faut pour que je ne supporte plus quelqu'un ?

Je croise les bras, je continue de l'écouter, en silence -bien obligé, tandis qu'elle développe ses pensées, que j'essaye de rattacher aux miennes. Mes limites, je m'abime aussi en faisant rien, en me laissant faire... Mais je ne sais pas... qu'est-ce qui est hors limite ? Je réfléchis, longtemps, ma langue poussant l'intérieur de mes joues, mes dents attaquant parfois ces dernières, sans que je ne m'en rendre compte. Lorsque ma main passe devant ma bouche pour frotter mon menton, celle qui tient ma baguette se dresse pour à nouveau matérialiser les lettres enflammées.

"J'sais pas. J'me pose pas la question en fait... C'est agréable de pas en vouloir aux autres, ils méritent pas ça. Papa dit que les gens vivent suffisamment de choses pas cool pour qu'on soit pas gentil avec eux, enfin j'crois."

Je ne me rappelle plus de l'exacte formulation de sa phrase, mais je pense me remémorer de ce qu'il voulait me dire. Les gens, on ne sait jamais ce qu'ils vivent et ce qu'ils ont vécu, donc, dans le doute, autant être le plus gentil possible avec tout le monde, peut-être qu'ils en ont besoin.

Un hochement d'épaules, un soupir, et une nouvelle hésitation avant d'à nouveau catalyser ma magie.

"J'peux être triste et déçu, j'veux dire, j'l'ai été avec toi, mais ça change pas l'fait qu'tu le regrette ! Et au final, sur moi, c'est pas super important, moi j'suis super heureux, j'ai tout c'qui me faut dans ma vie, donc c'est normal que je prenne un peu sur moi pour aider les autres à aller mieux !"

Dans un grand sourire, voilà que j'arrive à une conclusion qui me paraît satisfaisante, au moins un peu !

CLOS ... Élisabeth Willis
Plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis qu'elle avait posé sa question, et pourtant aucun signe de réponse ne venait enflammer l'espace entre eux. Narcisse semblait réfléchir sérieusement à ce qu'il allait lui donner comme explication, ce qui était plutôt le signe qu'il ne se contenterait pas d'une réponse sommaire du style " aucune idée", et qu'Éli allait donc peut être enfin comprendre ce qui la dérangeait chez lui depuis le début...

...ou pas.

Les premiers mots que Narcisse traça enfin dans les airs mirent fin aux faibles espoirs de la jeune fille. Okay... sans surprise quoi ! Et puis, après un court instant la suite arriva, lui donnant envie de lire à nouveau. Il pouvait donc ressentir autre chose que de la joie et de la paix intérieure...ouff c'était plutôt rassurant. Un peu plus détendu de le savoir aussi fébrile et humain que tout le monde, Éli décrispa la tension qu'elle avait intériorisé sans s'en rendre compte...pendant exactement 3 secondes...avant de prendre connaissance de ses derniers mots et d'à nouveau ressentir cet indescriptible agacement envers lui.

"moi j'suis super heureux, j'ai tout c'qui me faut dans ma vie, donc c'est normal que je prenne un peu sur moi pour aider les autres à aller mieux !"

ARRRR, mais... ARGGGGGGG !!!
Donc il n'avait pas besoin de parler pour l'énerver, il n'avait besoin d'aucun son pour faire remonter en elle cette espèce de révolte de la perfection qu'elle ne supporterait sûrement jamais....et ce sourire....AAArggg. Non, décidément, même avec tous les efforts possibles, elle n'y arriverait pas. En-dehors de toute ressemblance avec son passé, qu'elle avait finit par mettre de côté, elle venait de prendre conscience que leur amitié était tout simplement incompatible avec leurs personnalités. Elle ne l'aimait pas, elle n'aimait ni sa bienveillance exagérée, ni cette façon de citer ses parents et de suivre leur ligne de conduite sans avoir son propre avis, elle n'aimait rien de ce qu'il dégageait, ni son sourire, ni cette impression que quoiqu'il se passerait, tout serait toujours lisse et sans reliefs avec lui. Non, elle n'arriverait pas à faire semblant, et pourquoi devait-elle faire ça d'ailleurs ?

- J'ai pas envie qu'tu m'aide à aller mieux en fait. Pour moi, si tu tiens vraiment à quelqu'un, ça ne peut pas rien te faire ce genre de trucs, j'suis pt'être trop intense parfois, et j'deconne souvent quand je gère pas les choses, mais en fait j'suis contente de pas t'ressembler. Mais tant mieux si t'as tout c'que tu veux...juste... Tout en tournant déjà vers le château, déjà prête à fuir cette conversation qui devenait de plus en plus malaisante, Éli lança une dernière phrase qui ressemblait bien plus à la conclusion qu'elle se faisait enfin à elle-même. ...j'crois qu'on est pas des amis, c'est comme ça. J'crois qu'on l'a jamais été en fait. Désolé.

Elle avait dit ça sur un ton plus embêté par sa franchise directe que par une quelconque animosité, mais malgré le soupçon de culpabilité qu'elle ressentait, étrangement, c'est un sentiment de légerté qui la parcourut à cet instant. Comme si elle avait déjà trop attendu pour enfin se libérer de cette vérité. Ce n'était pas un reproche qu'elle venait de lui jeter par méchanceté, juste une constatation qui avait mis plus de deux ans à s'imposer.

Surement un dernier post pour moi. :wink3:

❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso - bouilleur de chaudron