Il faut que tu saches...
2 Décembre 2048
RP Solo
La neige était tombée toute la nuit, recouvrant l'entièreté du parc et des alentours du château d'un manteau blanc immaculé. Et en plein milieu de ce décor aux airs de fantaisie, la Serdaigle montait jusqu'à la Volière, tout en jetant des regards distraits autour d'elle.
Une fille de sa maison l'avait prévenu que du courrier l'attendait. Sans qu'elle sache pourquoi, cette nouvelle ne l'avait pas réjouie.
Elle qui, habituellement, adorait avoir des nouvelles de ses proches, ressentait une intuition inexplicable qui lui broyait l'estomac. L'envie de manger quelque chose pour calmer ses angoisses lui vint, mais elle n'avait rien à se mettre sous la dent. Son impulsion devait attendre. Il fallait d'abord qu'elle aille voir cette fameuse lettre.
En gravissant les marches de la tour, chaque pas lui demandait de l'énergie. Ses pieds lui donnaient l'impression de peser des tonnes. Son corps lui hurlait de ne pas y aller. Mais pourquoi toute cette crainte ? Ce n'était qu'une missive, sûrement venant de ses parents. Son père allait encore une fois lui demander quelles notes elle avait eu et lui dire à quel point il comptait sur elle pour reprendre ses affaires. Et pour sa mère, elle allait lui rappeler à quel point elle leur manquait et qu'elle avait hâte de l'avoir pour les vacances. Oui, ça ne pouvait qu'être ça.
Lucky, la chouette de son père, l'attendait. Malheureusement pour l'animal, elle n'avait rien pris avec elle pour la récompenser. Émeline lui caressa le haut du crâne et lui prit la lettre. Comme elle se l'était dit, son père n'avait pas pu attendre Noël pour lui parler.
Elle décacheta l'enveloppe et se mit à lire :
Bonjour Émeline,
J'espère tout d'abord que tu n'as pas attrapé froid...
Émeline ? Son père ne l'appelait jamais par son prénom. Il faisait toujours exprès de l'appeler "sa chère fille" dans ses lettres. Ce petit détail fit froncer les sourcils de la Serdaigle qui reprit le cours de sa lecture.
..tu n'as pas attrapé froid.
Je devais t'écrire cette lettre pour te demander si tu pouvais passer les vacances à Poudlard cette année. Je ne peux pas te cacher la raison qui se cache derrière. Je suis désolé de t'apprendre ça comme ça, mais ta mère et moi avons besoin de temps, car nous...
Émeline lâcha la lettre. La fine feuille se fit emporter par la brise et s'envola vers l'entrée de la Volière. Ses jambes la lâchèrent doucement, et elle se laissa glisser contre le mur de pierre. Elle ne réalisait pas encore ce qu'elle venait de lire. C'était le genre d'évènement qui n'arrivait qu'aux autres en général. Il était impossible qu'elle puisse connaître ce genre de douleur, n'est-ce pas ?
Et pourtant, la nouvelle était tombée comme une massue : ses parents comptaient divorcer.
Elle n'avait rien vu venir, rien pressenti avant aujourd'hui. Jamais elle n'aurait pu penser qu'ils puissent un jour se séparer. Eux, qui représentaient le couple parfait à ses yeux, venaient de briser cette vision qu'elle avait de l'amour indéfectible.
Des larmes traîtresses se mirent à couler sur ses joues. Elle n'arrivait pas à gérer la peine qu'elle ressentait à cette annonce. Plusieurs questions importantes lui vinrent en tête, juste pour alourdir un peu plus son cœur.
Avec qui allait-elle vivre ?
Qui choisir entre son père ou sa mère ?
Allaient-ils ne plus jamais se voir ?
Comment son quotidien allait pouvoir se passer avec ce divorce ?
Par Morgane, sa tête allait exploser si elle ne faisait pas taire ces voix. Nerveusement, elle se gratta le poignet, à l'endroit où la peau est la plus fine. Plus elle essayait de se calmer, plus les larmes inondaient son visage. Si quelqu'un la trouvait là, que pouvait-elle dire ? L'air lui manqua, tout comme ce qu'elle venait de perdre.
Comment était-ce possible ? Comment allait-elle vivre avec ça ? Elle n'était plus une enfant, elle pouvait normalement encaisser ce genre de nouvelle. Et pourtant, en réalisant que sa famille venait de se briser, son coeur hurlait toute sa peine contre sa poitrine.
Adieu à tous ces moments à trois.
Adieu à leur vie de famille.
Adieu à leur paisible quotidien.
Adieu à leur amour.
(704 mots)
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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