Le rejet d'une sorcière OS

6 Février 2041
RP Solo
8 ans - Émeline


-Papa, regarde ce que je sais faire ! cria Émeline en tournant sur elle-même, avec un ruban dans les mains.

Ses parents, assis sur la terrasse de leur petite maison, l'observaient tout en buvant un bon thé. Pour une journée d'hiver, le soleil avait pointé un nez timide au-dessus de leur tête. L'emploi du temps de la journée n'avait pas encore été décidé, ils profitaient simplement de ce banal moment, à écouter les rires enjoués de leur fille.

Ce fut à cet instant que la sonnette sonna d'un bruit strident. Les deux parents s'échangèrent un regard interrogateur. Ils n'attendaient personne pourtant. Charlotte, la maman, se leva et partit voir qui ça pouvait être. Émeline, qui se trouvait toujours dans le jardin, ne porta pas attention à ce qui se passait à l'intérieur. Mais les jeux de l'enfant se firent rapidement interrompre par des haussements de voix venant de la maison.

Émeline s'arrêta de tournoyer autour d'elle, son ruban retombant au sol. Quelque chose n'allait pas, elle le sentait. Elle vit son père rentrer à son tour à l'intérieur, sûrement pour soutenir sa mère et apaiser les choses. La petite resserra ses mains autour du manche de son ruban, prise d'une curiosité enfantine. Devait-elle aller voir ce qui se passait ? Elle avait peur, mais en même temps, elle voulait savoir.

Sur la pointe des pieds, elle s'approcha de la véranda et se cacha sur le côté, en jetant un œil à l'intérieur. Elle y vit ses grands-parents maternels dans le salon, en train de s'énerver sur sa mère. En vérité, c'était plutôt son grand-père, qui hurlait sur elle. Le vieil homme avait les traits de son visage déformés par la rage, elle arriva à peine à le reconnaître. Émeline voyait des postillons sortir de sa bouche alors qu'il hurlait ses paroles au visage de sa mère.

Ses parents essayaient tant bien que mal de calmer l'ancien, mais celui-ci n'avait pas l'air de vouloir coopérer. Il tournait la tête de tous les côtés, comme s'il était à la recherche de quelque chose. Ses yeux bleus, froids et dénués de chaleur, rencontrèrent les siens. Il poussa son père et fonça vers elle pour l'attraper par le col de sa robe.

Émeline ne comprenait pas ce qui arrivait.

Celui qu'elle considérait comme son papi la secouait sauvagement, le regard rempli de haine braqué sur elle. Qu'avait-elle bien pu faire pour qu'il soit autant en colère ? Peut-être qu'elle n'avait pas assez bien rangé son atelier, la dernière fois qu'elle leur avait rendu visite. Peut-être qu'elle avait laissé traîner des jouets dans le grenier. Peut-être qu'elle avait les derniers bouts de chocolat qu'il adorait.

Mais au lieu de la réprimander pour ces options, de vilains mots sortirent d'entre ses lèvres. Des mots si méchants qu'elle n'arrivait pas à croire qu'il était en train de lui dire. Il venait de la traiter de monstre et l'accusait d'avoir souillé sa fille jusqu'au bout. À force de se faire secouer avec autant de violence, Émeline se mit à pleurer et demanda de l'aide.

Son grand-père la lâcha au moment où il sentit la pointe de la baguette de son père plaquée contre son dos. Peut-être qu'il n'était qu'un moldu, mais il savait à quel point un sorcier pouvait être dangereux. Jonathan, d'une voix froide, l'ordonna de s'éloigner d'Émeline. La fillette, en larmes, se jeta dans les bras de son père pour s'y réfugier.

Démon, voilà le dernier mot qu'elle entendit de la bouche de l'ancien. Le vieil homme quitta la maison, sa femme désorientée à sa suite. Charlotte, qui avait subi la scène, désarçonnée, finit par prendre Émeline dans ses bras. Elles pleurèrent toutes les deux, alors que sa mère lui disait qu'elle était désolée.

Est-ce que ces excuses étaient suffisantes pour soulager sa peine ? Pas vraiment. La terreur était encore bien trop fraiche pour que de simples mots puissent la soulager.

Jonathan rangea sa baguette et vint les entourer de ses bras. Émeline vit qu'il avait les sourcils froncés, lui non plus n'avait pas apprécié ce qui venait d'arriver. Nous pourrions nous demander ce qui avait bien pu énerver de la sorte ce grand-père, à la base, aimant. Il avait seulement suffi d'un appel de Charlotte qui, innocemment, pensait que ses parents seraient heureux d'apprendre que leur petite-fille était, comme son père, une sorcière.

Quelle erreur.
Quel manque de jugement.

La nouvelle avait consumé le grand-père, jusqu'à qu'il ne reste plus que des miettes de son amour. Il avait, sans le moindre regret, anéanti les liens qui les unissaient. Depuis ce jour, Émeline n'a plus jamais parlé de cet évènement. Elle cachait au fond d'elle même la haine qui avait animé cet homme et ne l'avait jamais oublié. Tel un rappel constant de ce qui l'attendait, si on découvrait ses pouvoirs.

La petite Émeline, du haut de ses sept ans, se promis la chose suivante : De ne plus jamais recroiser cet homme ou même parler de son existence.

(833 mots)

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline