Le dîner des corbeaux
11 mai 2050
@Morgan Rosenwald
Thème J5 : Famille
@Morgan Rosenwald
Thème J5 : Famille
Reducio
- Votre PJ est présent ? Oui
- Nom et prénom du PNJ : Elinor Hawthorne (mère - PNJ actif)
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt d'utiliser ces PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Elinor exploite pleinement son fils aîné pour servir ses ambitions personnelles ; dans ce RP, elle profite du retour de celui-ci sur le sol britannique pour l'emmener rencontrer les Rosenwald, dans l'optique de futures alliances interfamiliales.
De sa main gracile parcourue par les marques du temps, Elinor Hawthorne se saisit d’un verre de vin rouge qu’elle porte à ses lèvres. Ses prunelles métalliques sont rivées sur sa fenêtre qui donne sur le jardin du domaine, où les fleurs prospéraient en ce mois de mai. La britannique boit une gorgée du liquide rouge piégé dans la coupe, perdue dans ses pensées.
Son fils aîné était de retour sur ses terres natales depuis une demi-douzaine de mois, toujours célibataire et éloigné de ses responsabilités en tant qu’héritier de la famille. Les fins sourcils de la blonde se plissent à cette pensée. Douce Circé, faudrait-il donc toujours traîner les hommes de cette famille par le col pour qu’ils daignent préserver ce nom ? L’esprit de la presque septuagénaire dévie naturellement vers son benjamin, et les traits de son visage se détendent quelque peu. Elle aurait tout donné pour que son tendre et doux fils cadet soit à la tête de sa lignée, l’héritier de la famille, à la place de cet indolent et arrogant énergumène qui lui servait de frère aîné.
La sorcière boit une seconde gorgée, avant de déposer la verrerie devant elle, sur son bureau. Elle expire doucement en posant sa paume à plat sur le meuble. La chevalière en or blanc ornant son doigt claque sur l’ébène de la table dans un bruit sourd. De son autre main, la blonde attrape une plume, plongeant son embout dans le noir liquide de l’encrier face à elle.
Il était grand temps de prendre cette famille en main.
Kieran,
Je t'attends à la maison. Vendredi, dix-neuf heures.
✤
13 mai 2050
Il y a bien des choses alarmantes dans ce mot que j’ai reçu avant-hier au matin. À commencer par le sceau des Forsythe qu’il portait, ainsi que l'écriture de ma génitrice qui se profilait en ces deux lignes succinctes. Depuis quand prenait-elle donc la peine de m’écrire ? Il s’agissait bien là de la première lettre depuis plusieurs années. Sans l’ombre d’une volonté de prendre un peu de mes nouvelles, évidemment – le contraire m’aurait fait douter de l’auteur de ce courrier –, elle demandait à me voir.
Pour ceux qui ne le savaient peut-être pas encore, Elinor Hawthorne est une femme gouvernée par les superstitions. C’est son obsession des signes et des présages qui l’avait poussée, jadis, à m’imposer l’usage de la main droite pour l’écriture – parce que « la gauche est celle du péché ». J’avais hésité, d’ailleurs, à emmener ma corneille avec moi ; la présence de la créature incarnant malheur et mauvais présage perché sur l'épaule de son fils lui aurait peut-être arraché une réaction intéressante. Mais pousser Elinor Hawthorne à bout n’était jamais sans risques ; et aujourd’hui, j’avais choisi de rester prudent – plus ou moins. Ironiquement, c’est un soir de vendredi treize qu’elle m’invitait à la rejoindre : preuve (du moins, s’il en fallait encore une) que ses principes se plient toujours lorsque sa propre convenance est en jeu.
Le choix du terme « maison » était tout aussi singulier. Le domaine aux murs sombres et aux couloirs aux silences glacés a-t-il seulement été, un jour, un chez-moi ? Même l’appartement miteux de Londres que j’avais loué peu après l’obtention de mon diplôme universitaire avait su être un foyer plus chaleureux que ce lugubre manoir. Mais sa lettre n’avait rien d’une demande. C’était une injonction à peine déguisée, et Merlin seul sait ce qu’elle fera si j’osais commettre l’affront de ne pas s’y plier. Il aurait été tentant de voir jusqu’où elle irait, en vérité, mais la curiosité de découvrir la raison de cette première entrevue après tant d’années l’avait emporté sur le reste, me portant jusque dans le hall d’entrée de la résidence.
« Kieran. »
La voix qui résonne depuis les escaliers est aussi doucereuse qu’elle est sèche. Mon regard détaille la silhouette qui se dévoile progressivement à mesure qu’elle descend les marches à pas félins. Elle n’a pas changé dans son air : elle avance toujours avec cette même démarche. Celui de la conquérante, de la maîtresse des lieux ; celui qui, d’emblée, vous fait sentir comme un intrus, un étranger sur son territoire. Elle s'arrête à la pénultième marche, me surplombant de sa hauteur. Je souffle du nez devant ce qui semblait être une risible tentative de prolonger, ne serait-ce que de quelques secondes, son illusion de domination.
« Mère, me contenté-je de reprendre sur le même timbre doucereux. Bonsoir.
— Ne tardons donc point ; nos hôtes nous attendent. Je fronce les sourcils.
— Où allons-nous ? »
Elle me dépasse, se dirigeant vers cette même porte par laquelle je suis entré quelques secondes plus tôt. Dubitatif d’abord, je finis par lui emboîter le pas. Les talons de son escarpin martèlent le sol au rythme de ses enjambées, puis s'arrêtent sur le perron alors qu’elle se retourne, une main tendue en ma direction.
« À Cardiff. »
La main au creux de laquelle je place la mienne (non sans une certaine réserve) est glacée, et un frisson me parcourt le bras pour s'étaler jusque sur ma nuque. Mais la seconde suivante, un tourbillon nous emporte pour nous recracher sur le haut d’une colline, devant les grilles d’un imposant et austère manoir.
« M'épargnerez-vous peut-être l’embarras de devoir deviner le nom de notre hôte ? l’interrogé-je après un court silence, mes yeux ne quittant pas le manoir qui se dressait devant moi.
— Garwen Rosenwald. Inutile de préciser sa position au Consilium, n’est-ce pas ? Je m’attends donc à un comportement irréprochable.
— Allons. Il est révolu, le temps où vous pouviez me réprimander à la manière d’un garçon, ne croyez-vous pas ? »
Mes lèvres se tordent en un mince sourire insolent alors que je devine sans mal le presque imperceptible tressaillement de son sourcil gauche, signe d’un agacement certain. Mais je ne me tourne pas pour faire face à ce regard noir que je sens brûler contre ma joue : je me contente de détailler la demeure que j’aperçois entre les grilles, attendant patiemment que l’on vienne nous ouvrir. Mes pensées convergent inévitablement vers une unique préoccupation : la véritable raison de ma présence en ces lieux.
1030 mots
Le dîner des corbeaux
La sorcière n’était pas d’humeur.
Elle était, pour ainsi dire, frustrée.
Un vendredi 13. Un vendredi 13. Un—
Arrête de ruminer, Morgan.
C’était l’un de ces jours où la boutique d’antiquités attirait toujours des clients intéressants, parfois même un pic de fréquentation. Et elle avait dû la laisser à Reid, Jacob et Daithe. Pour quoi ? Pour un dîner avec Garwen, sa grand-mère, au manoir Blethen - un endroit austère, cerné de brume et de cyprès, hérissé de tourelles et de gargouilles rongées par le temps.
Ce genre de rendez-vous était devenu presque banal — la vieille galloise affectionnait les mondanités et s’animait dès qu’il s’agissait de se tailler une place en dehors des terres galloises déjà bien assez retournées. Sur ce point, comme sur bien d’autres, les deux Rosenwald étaient radicalement différentes : la plus jeune ne goûtait guère ces pertes de temps, même si elle savait faire preuve de patience et manier la superficialité à l’occasion.
Mais lui voler un vendredi 13 ?
Elle aurait pu se porter pâle, mais elle s’en était abstenue, et elle était donc venue, arrivée deux heures plus tôt comme l’hôtesse l’avait exigé — pour s’assurer que sa petite-fille soit convenablement présentable, comme toujours. Et comme toujours — ou plutôt très souvent — Ludwig ne serait pas là. Ni à table, ni même dans la demeure. Car c’était vendredi. Et le grand-père de la trentenaire n’était jamais là, un vendredi.
Elle savait ce que cela voulait dire. Et cela n’aidait certainement pas à rendre l’idée du dîner plus agréable.
Plus vite ce moment serait passé, plus vite elle pourrait se débarrasser de sa robe de sorcière, renfiler un pantalon et aller jeter un œil à la boutique. Ou peut-être à l’établissement voisin.
Alors elle attendait, debout à la fenêtre de la salle à manger, une main agrippée au rideau, observant les environs.
« Morgan, que faites-vous donc ? »
Elle ne bougea pas. Inutile. Elle connaissait cette voix à la perfection — cela, et le son des pas sur le parquet.
« J’attends, que voulez-vous que je fasse d’autre ? Que je me joigne à vos employés pour finir de préparer le repas, peut-être ?
— Ne commencez pas avec vos sarcasmes, répondit la vieille femme dans un claquement de langue exaspéré. Nous allons passer une bonne soirée, vous verrez. »
Au loin, au niveau des grilles, Morgan perçut une distorsion, suivie de deux silhouettes. Ce n’est qu’alors qu’elle se tourna vers sa grand-mère. Sans grande surprise, celle-ci était suivie comme une ombre par une silhouette plus petite. Morgan connaissait le nom de cet elfe — mais ce détail n’apportait rien à l’histoire.
« Eh bien, nous verrons. Vos invités viennent d’atteindre les grilles. Souhaitez-vous que j’aille les accueillir ?
— Nous avons des elfes pour cela. »
À peine la phrase achevée qu’un plop se fit entendre, et l’ombre elfique disparut. Un simple coup d’oeil à l’extérieur à nouveau, et elle le vit au niveau du portail aux lourdes portes de fer forgé, flanqués de statues d’anges déchus.
« Charmant accueil. »
PNJ actif : Garwen Rosenwald
Elle était, pour ainsi dire, frustrée.
Un vendredi 13. Un vendredi 13. Un—
Arrête de ruminer, Morgan.
C’était l’un de ces jours où la boutique d’antiquités attirait toujours des clients intéressants, parfois même un pic de fréquentation. Et elle avait dû la laisser à Reid, Jacob et Daithe. Pour quoi ? Pour un dîner avec Garwen, sa grand-mère, au manoir Blethen - un endroit austère, cerné de brume et de cyprès, hérissé de tourelles et de gargouilles rongées par le temps.
Ce genre de rendez-vous était devenu presque banal — la vieille galloise affectionnait les mondanités et s’animait dès qu’il s’agissait de se tailler une place en dehors des terres galloises déjà bien assez retournées. Sur ce point, comme sur bien d’autres, les deux Rosenwald étaient radicalement différentes : la plus jeune ne goûtait guère ces pertes de temps, même si elle savait faire preuve de patience et manier la superficialité à l’occasion.
Mais lui voler un vendredi 13 ?
Elle aurait pu se porter pâle, mais elle s’en était abstenue, et elle était donc venue, arrivée deux heures plus tôt comme l’hôtesse l’avait exigé — pour s’assurer que sa petite-fille soit convenablement présentable, comme toujours. Et comme toujours — ou plutôt très souvent — Ludwig ne serait pas là. Ni à table, ni même dans la demeure. Car c’était vendredi. Et le grand-père de la trentenaire n’était jamais là, un vendredi.
Elle savait ce que cela voulait dire. Et cela n’aidait certainement pas à rendre l’idée du dîner plus agréable.
Plus vite ce moment serait passé, plus vite elle pourrait se débarrasser de sa robe de sorcière, renfiler un pantalon et aller jeter un œil à la boutique. Ou peut-être à l’établissement voisin.
Alors elle attendait, debout à la fenêtre de la salle à manger, une main agrippée au rideau, observant les environs.
« Morgan, que faites-vous donc ? »
Elle ne bougea pas. Inutile. Elle connaissait cette voix à la perfection — cela, et le son des pas sur le parquet.
« J’attends, que voulez-vous que je fasse d’autre ? Que je me joigne à vos employés pour finir de préparer le repas, peut-être ?
— Ne commencez pas avec vos sarcasmes, répondit la vieille femme dans un claquement de langue exaspéré. Nous allons passer une bonne soirée, vous verrez. »
Au loin, au niveau des grilles, Morgan perçut une distorsion, suivie de deux silhouettes. Ce n’est qu’alors qu’elle se tourna vers sa grand-mère. Sans grande surprise, celle-ci était suivie comme une ombre par une silhouette plus petite. Morgan connaissait le nom de cet elfe — mais ce détail n’apportait rien à l’histoire.
« Eh bien, nous verrons. Vos invités viennent d’atteindre les grilles. Souhaitez-vous que j’aille les accueillir ?
— Nous avons des elfes pour cela. »
À peine la phrase achevée qu’un plop se fit entendre, et l’ombre elfique disparut. Un simple coup d’oeil à l’extérieur à nouveau, et elle le vit au niveau du portail aux lourdes portes de fer forgé, flanqués de statues d’anges déchus.
« Charmant accueil. »
PNJ actif : Garwen Rosenwald
Dernière modification par Morgan Rosenwald le 22 mai 2026, 19:04, modifié 1 fois.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
Le dîner des corbeaux
Mon insolence est accueillie par un long silence expressif. Dans ma vision périphérique, je la vois s’approcher de moi d’un pas mesuré. Et deux claquements de talons sur le parquet plus tard, elle se plante face à moi, me disséquant du regard comme on examine un mécanisme défectueux. Et lorsqu’elle lève lentement la main en ma direction, mes instincts prennent le dessus : un imperceptible mouvement de recul trahit la mémoire ancienne du geste, marquée au fer rouge dans un recoin de ma mémoire.
« Quel tragique hommage à mon éducation. Un fin sourire carnassier naît sur ses lèvres. Depuis quand la main qui nourrit suscite-t-elle la crainte ?
— Nourrir est un terme bien trop généreux. Tout comme votre mémoire, qui étrangement diverge grandement de la mienne, semblerait-il. »
Par Merlin, comme j’enrage, en cet instant précis, de redevenir ce gamin tétanisé qui tremblait sous le joug de sa mère. Je me force à planter mon regard dans le sien, alors que ses mains attrapent avec grâce le col de ma chemise qu’elle arrange avec lenteur et dextérité.
« Cette allure de garçon effarouché te sied bien mieux que cette puérile outrecuidance. Veille toutefois à ce qu’elle ne transparaisse point en présence des Rosenwald. », susurre-t-elle d’une voix sans chaleur.
L’acerbe réplique qui me brûle les lèvres est tue par ses phalanges qui se posent sur la naissance de mon cou, et qui remontent légèrement jusqu’à effleurer avec précision là où ma jugulaire palpite sous ma peau. Elle semble jouir de cette symbolique : dans son regard s’imprime un « C’est moi qui t’ai insufflé la vie, et c’est moi qui la tiens, là, entre mes doigts ». Ma mâchoire se contracte, à l’instar de chaque muscle de mon corps qui se voient raidis sous le simple contact de cette femme que j'abhorre avec toute la force de l’âme qui m'est conférée.
Alors que je m’apprête à attraper ses poignets pour les écarter, j’aperçois une ombre chétive se matérialiser derrière les grilles. Suivant mon regard par-dessus son épaule, la sorcière se retourne pour remarquer l’elfe de maison, et reprend position à mes côtés. Ce n’est que lorsqu’elle s'éloigne que mes muscles se détendent, mes poumons happant enfin l’air à nouveau.
La grille métallique s’ouvre sur l’elfe, qui nous accueille avec courtoisie. Il nous mène sur le chemin du manoir, où nous lui emboîtons le pas dans le plus grand des silences, rythmé seulement par le bruit de nos pas sur le gravier. Puis, nous entrons dans le hall, et j’y distingue sans mal la silhouette de cette fameuse Secrétaire d’Etat.
« Bonsoir, Mrs. Rosenwald. Nous vous remercions de l’honneur de votre accueil. »
Un léger signe de tête respectueux et un sourire diplomatique accompagnent ces salutations. Je ne tarde pas à l’imiter, m’inclinant en une sobre révérence.
« C’est un réel plaisir de vous rencontrer. »
« Quel tragique hommage à mon éducation. Un fin sourire carnassier naît sur ses lèvres. Depuis quand la main qui nourrit suscite-t-elle la crainte ?
— Nourrir est un terme bien trop généreux. Tout comme votre mémoire, qui étrangement diverge grandement de la mienne, semblerait-il. »
Par Merlin, comme j’enrage, en cet instant précis, de redevenir ce gamin tétanisé qui tremblait sous le joug de sa mère. Je me force à planter mon regard dans le sien, alors que ses mains attrapent avec grâce le col de ma chemise qu’elle arrange avec lenteur et dextérité.
« Cette allure de garçon effarouché te sied bien mieux que cette puérile outrecuidance. Veille toutefois à ce qu’elle ne transparaisse point en présence des Rosenwald. », susurre-t-elle d’une voix sans chaleur.
L’acerbe réplique qui me brûle les lèvres est tue par ses phalanges qui se posent sur la naissance de mon cou, et qui remontent légèrement jusqu’à effleurer avec précision là où ma jugulaire palpite sous ma peau. Elle semble jouir de cette symbolique : dans son regard s’imprime un « C’est moi qui t’ai insufflé la vie, et c’est moi qui la tiens, là, entre mes doigts ». Ma mâchoire se contracte, à l’instar de chaque muscle de mon corps qui se voient raidis sous le simple contact de cette femme que j'abhorre avec toute la force de l’âme qui m'est conférée.
Alors que je m’apprête à attraper ses poignets pour les écarter, j’aperçois une ombre chétive se matérialiser derrière les grilles. Suivant mon regard par-dessus son épaule, la sorcière se retourne pour remarquer l’elfe de maison, et reprend position à mes côtés. Ce n’est que lorsqu’elle s'éloigne que mes muscles se détendent, mes poumons happant enfin l’air à nouveau.
La grille métallique s’ouvre sur l’elfe, qui nous accueille avec courtoisie. Il nous mène sur le chemin du manoir, où nous lui emboîtons le pas dans le plus grand des silences, rythmé seulement par le bruit de nos pas sur le gravier. Puis, nous entrons dans le hall, et j’y distingue sans mal la silhouette de cette fameuse Secrétaire d’Etat.
« Bonsoir, Mrs. Rosenwald. Nous vous remercions de l’honneur de votre accueil. »
Un léger signe de tête respectueux et un sourire diplomatique accompagnent ces salutations. Je ne tarde pas à l’imiter, m’inclinant en une sobre révérence.
« C’est un réel plaisir de vous rencontrer. »
477 mots
Le dîner des corbeaux
Garwen Rosenwald les accueillit dès l’instant où ils franchirent le seuil du manoir, et en réponse aux salutations de ses invités, elle inclina légèrement la tête et leur adressa un sourire d’une politesse presque chaleureuse — presque seulement.
« Je vous souhaite la bienvenue dans notre demeure, et appelez-moi Garwen, voyons. Vous êtes ici les invités de la famille Rosenwald. » Pendant qu’elle parlait, l’elfe de maison les ayant accompagné les invita silencieusement et discrètement à lui confier leurs vestes, pour les placer par la suite dans le petit vestiaire de l’entrée. « J’espère que le voyage ne vous a pas été trop éprouvant. Le transplanage exige souvent davantage d’énergie qu’on ne l’imagine, même pour ceux qui y sont habitués. »
Son regard glissa sur eux sans insistance, mais sans jamais réellement se détourner. Puis, d’un ton parfaitement mesuré : « Mon mari ne pourra malheureusement pas se joindre à nous ce soir. J’espère que vous lui pardonnerez cette absence. Il a ses habitudes et il est rare qu’il y déroge. »
« Mais fort heureusement, ma charmante petite-fille… » Son regard se porta alors vers le couloir menant à la salle à manger « … que voici saura se montrer d’aussi bonne compagnie. »
L’employée de Barjow & Beurk, qui ne semblait d’ailleurs point l’être à cet instant, avait fini par rejoindre le hall après plusieurs minutes passées à envisager, très sérieusement, une fuite de dernière minute. Mais disparaître maintenant reviendrait à provoquer directement la colère de la maîtresse des lieux — et elle n’avait aucune envie d’ajouter cela à sa soirée.
Même s’il lui faudrait bien plus de temps pour oublier l’amertume de passer son vendredi 13, ici.
Un instant, elle demeura parfaitement immobile, pesant une dernière fois des options qui n’existaient déjà plus. Puis elle inspira lentement, et le masque reprit sa place — celui des convenances impeccablement apprises.
« Je vous prie de m’excuser, Grand-Mère, » dit-elle en s’approchant du petit groupe. « Je n’avais pas entendu vos invités arriver. Je vous aurais rejointe immédiatement, autrement. »
Le mensonge était assez fluide pour être naturel, et une fois qu’elle fut assez proche, elle s’intéressa finalement aux nouveaux arrivants.
« C’est un plaisir de vous— »
Une infime pause. À peine perceptible. Juste assez pour qu’un juron ne se fraye un chemin éclair dans son esprit.
« - rencontrer. »
Garwen, elle, n’eut aucune réaction visible à ce décalage minime. Elle se contenta de réajuster l’attention sur elle-même.
« Voyons, ce n’est rien, ma chère. Tu es là, c’est l’essentiel. »
Puis elle se tourna de nouveau vers les Hawthorne avec une élégance irréprochable.
« Je vous présente ma petite-fille, Morgan. Et Morgan, voici Elinor Hawthorne, ainsi que son fils, Kieran. Nos convives pour la soirée. »
Inutile gaspiller votre temps en présentation, Grand-Mère, aurait-elle dit, dans un tout autre contexte. Car Morgan connaissait déjà ce dernier prénom. Ce visage aussi. Et soudain, ce dîner — qui ressemblait déjà à un piège soigneusement dressé — venait de prendre une tournure bien ironique. Ce qui, pour l’instant, ne l’amusait que très moyennement.
« Je vous souhaite la bienvenue dans notre demeure, et appelez-moi Garwen, voyons. Vous êtes ici les invités de la famille Rosenwald. » Pendant qu’elle parlait, l’elfe de maison les ayant accompagné les invita silencieusement et discrètement à lui confier leurs vestes, pour les placer par la suite dans le petit vestiaire de l’entrée. « J’espère que le voyage ne vous a pas été trop éprouvant. Le transplanage exige souvent davantage d’énergie qu’on ne l’imagine, même pour ceux qui y sont habitués. »
Son regard glissa sur eux sans insistance, mais sans jamais réellement se détourner. Puis, d’un ton parfaitement mesuré : « Mon mari ne pourra malheureusement pas se joindre à nous ce soir. J’espère que vous lui pardonnerez cette absence. Il a ses habitudes et il est rare qu’il y déroge. »
« Mais fort heureusement, ma charmante petite-fille… » Son regard se porta alors vers le couloir menant à la salle à manger « … que voici saura se montrer d’aussi bonne compagnie. »
L’employée de Barjow & Beurk, qui ne semblait d’ailleurs point l’être à cet instant, avait fini par rejoindre le hall après plusieurs minutes passées à envisager, très sérieusement, une fuite de dernière minute. Mais disparaître maintenant reviendrait à provoquer directement la colère de la maîtresse des lieux — et elle n’avait aucune envie d’ajouter cela à sa soirée.
Même s’il lui faudrait bien plus de temps pour oublier l’amertume de passer son vendredi 13, ici.
Un instant, elle demeura parfaitement immobile, pesant une dernière fois des options qui n’existaient déjà plus. Puis elle inspira lentement, et le masque reprit sa place — celui des convenances impeccablement apprises.
« Je vous prie de m’excuser, Grand-Mère, » dit-elle en s’approchant du petit groupe. « Je n’avais pas entendu vos invités arriver. Je vous aurais rejointe immédiatement, autrement. »
Le mensonge était assez fluide pour être naturel, et une fois qu’elle fut assez proche, elle s’intéressa finalement aux nouveaux arrivants.
« C’est un plaisir de vous— »
Une infime pause. À peine perceptible. Juste assez pour qu’un juron ne se fraye un chemin éclair dans son esprit.
« - rencontrer. »
Garwen, elle, n’eut aucune réaction visible à ce décalage minime. Elle se contenta de réajuster l’attention sur elle-même.
« Voyons, ce n’est rien, ma chère. Tu es là, c’est l’essentiel. »
Puis elle se tourna de nouveau vers les Hawthorne avec une élégance irréprochable.
« Je vous présente ma petite-fille, Morgan. Et Morgan, voici Elinor Hawthorne, ainsi que son fils, Kieran. Nos convives pour la soirée. »
Inutile gaspiller votre temps en présentation, Grand-Mère, aurait-elle dit, dans un tout autre contexte. Car Morgan connaissait déjà ce dernier prénom. Ce visage aussi. Et soudain, ce dîner — qui ressemblait déjà à un piège soigneusement dressé — venait de prendre une tournure bien ironique. Ce qui, pour l’instant, ne l’amusait que très moyennement.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b