Peut-on ?

Cour de la tour de l'horloge - Poudlard
Mercredi 28 Septembre 2050 aux alentours de 13h10
avec @Rosaleen Winston
Je sortis de la Grande Salle en traînant un peu des pieds. Pas parce que j’étais triste ou fatigué, non, mais parce que mon ventre n’était pas d’accord avec ma démarche habituelle. J’avais sans doute un peu abusé des pommes de terre rôties. Et du poulet. Et du pudding au caramel. Oui, surtout du pudding, en fait. Je n’avais jamais compris pourquoi la digestion existait, si ce n’était pour nous punir après avoir eu la merveilleuse idée de se resservir. Ce serait quand même beaucoup plus pratique si le corps, comme une bibliothèque bien rangée, classait tout de suite ce qu’on lui donne, sans passer par cette étape lourde et vaseuse où l’on se sent… comment dire ? Comme une grenouille qui aurait avalé un caillou.
Le hall était déjà bruyant, rempli d’élèves qui sortaient à droite ou à gauche, certains pressés d’aller finir leurs devoirs, d’autres probablement pressés de ne pas les faire du tout. Moi, j’avais de l’avance. Pas juste un peu d’avance, non. Beaucoup. Au point que parfois je me demandais si j’étais en avance sur les cours, ou si les cours étaient en retard sur moi. J’aurais pu ouvrir mon sac et commencer la rédaction d’un devoir de Potions pour la semaine prochaine, ou relire les sortilèges vus en classe. Mais la lourdeur de mon estomac plaidait en faveur d’une promenade. Mon cerveau votait contre toute activité cérébrale immédiate, et je décidai de l’écouter.
Dehors, l’air m’accueillit comme une caresse un peu chaude. Septembre touchait à sa fin, mais le soleil s’accrochait encore comme s’il n’avait pas compris qu’il devait céder sa place à l’automne. Mes pas me guidèrent sans trop réfléchir vers la cour de la tour de l’Horloge. J’aimais bien cet endroit. Il avait quelque chose d’à la fois ancien et neuf. Les arches, la fontaine au centre, les statues de phénix qui semblaient surveiller le temps qui passait… tout cela avait un air solennel, presque religieux.
Il y avait déjà pas mal de monde. Des plus jeunes jouaient à la bataille explosive, les cartes claquant comme des grenouilles sur les dalles. D’autres discutaient en cercle, accroupis près de la fontaine, ou échangeaient des cartes de Chocogrenouilles avec un sérieux digne de marchands sur un port. Tout le tour était pris, et même les bancs à l’ombre des arches étaient occupés par des élèves qui lisaient, riaient, ou simplement rêvassaient.
Faute de mieux, je me dirigeai vers la fontaine. Le bruit de l’eau m’apaisa immédiatement. J’avais toujours trouvé étrange cette idée qu’un liquide en mouvement puisse calmer l’esprit. Pourtant, ça marchait. Les gouttelettes tombaient dans le bassin, l’une après l’autre. Je posai mon sac à côté de moi et laissai mon regard se perdre dans l’eau claire. Mon ventre protestait encore, comme pour me rappeler que je n’étais pas une entité purement spirituelle mais bel et bien un corps à nourrir et à supporter. L’envie de tremper mes pieds dans la fontaine me traversa comme une évidence. Ce serait frais. Agréable. Peut-être même salvateur. Mais… avais-je le droit ? Après tout, c’était une fontaine commémorative, avec des noms gravés tout autour. Des gens étaient morts, des vrais héros ou des gens malchanceux, selon le point de vue. Est-ce que plonger ses orteils là-dedans était irrespectueux ?
Je restai un moment hésitant, puis mon regard accrocha une silhouette à quelques pas. Une fille. Pas une première année, pas une minuscule créature qui découvre encore la magie, mais une élève plus âgée. Sa robe écarlate trahissait son appartenance à Gryffondor. Elle devait mesurer un bon mètre quarante, voir cinquante. Fine, élancée, avec des cheveux bruns ondulés qui retombaient sur ses épaules et semblaient faits exprès pour encadrer la clarté de ses yeux verts.
Je ne la connaissais pas, évidemment. Mais peut-être que, justement, c’était plus simple ainsi. On ose plus facilement demander quelque chose de stupide à un inconnu qu’à quelqu’un qu’on connaît. Je me raclai doucement la gorge, un son minuscule que seul moi perçus, et me tournai vers elle.
« Excuse-moi... Dis… tu crois qu’on peut tremper les pieds dans la fontaine ? »
Ma voix sortit plus hésitante que je ne l’avais prévue. Peut-être allait-elle rire. Peut-être allait-elle me dire que c’était interdit, que j’étais bizarre, ou que j’allais me faire attraper par un préfet. Mais je ne pouvais pas faire semblant de ne pas y avoir pensé. Le désir de sentir l’eau fraîche sur mes pâles chevilles battait plus fort que ma honte.
En attendant sa réponse, je fixai de nouveau la fontaine. Les phénix me toisaient avec leurs yeux de pierre, silencieux. Ils savaient, eux, ce que signifiait renaître de ses cendres. Moi, je n’étais qu’un élève de onze ans avec trop de devoirs terminés et pas assez de courage pour oser tremper ses pieds sans permission.
Je soufflai, un peu amusé de moi-même. Quelle étrange philosophie pouvait naître d’un simple déjeuner trop copieux et d’une fontaine.
Peut-on ?
Rosaleen sortit de la Grande Salle, un sourire détendu sur le visage. Malgré sa matinée de cours bien chargée avec Étude des Moldus puis Botaniques et pour finir par Soins aux Créatures Magiques, la troisième année était bien contente d'avoir un peu de répit. Enfin... Son répit consistait à se rendre à la bibliothèque dans l'objectif de réviser, d'alimenter ses cours avec des recherches et de finir son travail pour la fin de la semaine prochaine. Ce fut donc direction la bibliothèque !
Mais, une fois arrivée devant l'imposante porte, la rouge et or s'arrêta. Elle avait travaillé si dur ce matin qu'une pause semblait bien mérité. Et son esprit avait visiblement besoin de détente avant le travail qui l'attendait. Et c'était sans oublier son rendez-vous de ce soir avec Miss Hamilton. Elle devait avoir fini avant 18h mais elle ne serait jamais productive sans une pause.
La décision fut vite prise : les pas de la gryffone se dirigèrent donc loin de la bibliothèque vers la cour de la tour de l'horloge. Un endroit paisible et calme où la jeune fille pourrait trouver paix et tranquillité. Cette paix qu'elle recherchait dans les moments de doutes, d'angoisse ou encore de colère. Et puis, cet endroit n'était pas un endroit anodin pour la jeune fille. Il signifiait beaucoup pour elle puisque c'était ici qu'elle et son petit ami Zack s'étaient enfin avouer leur amour et qu'ils sont devenus officiellement un couple. Cette partie du château avait un certain charme qui n'échappait pas aux yeux rêveurs de la troisième année.
Aussi, lorsqu'elle pénétra sur les pavés familiers de la cour, le cœur de Rosaleen se réchauffa. Elle se sentait bien, chez elle et cette brise légère était si douce qu'elle ferma les yeux un instant pour savourer ce moment. Lorsqu'elle les rouvrit, le charme était d'autant plus réel. Comment un endroit dénué de magie pouvait être aussi magnifique ? Et comment pouvait-il apporter autant de paix et de beauté ? Mais bien vite, ce calme fut légèrement rompu par l'arrivée d'un élève. Non pas qu'il gâchait cette paix mais plutôt qu'il apporta une certaine fraîcheur à la tranquillité de la troisième année.
Tournant la tête vers lui, Rosaleen s'amusa face à la question de celui-ci. Il n'avait pas l'air d'être plus âgé qu'elle -un première année sans doute. Mais avec sa question quelque peu inhabituelle et ses cheveux noirs ébouriffés avec ce léger sourire hésitant, le jeune garçon semblait avoir un charme que lui seul pouvait posséder. Si sa question semblait hésitante, ses yeux noirs semblaient exprimer toute autre chose qui n'échappa pas à Rosaleen.
- Je n'ai jamais vu personne tremper les pieds dans la fontaine, répondit doucement la troisième année en dirigeant elle aussi son regard vers ladite fontaine. Je te conseillerai plutôt d'aller au lac pour te tremper les pieds. Et ce ne serait pas respectueux pour cette fontaine qui détient une partie de l'histoire de Poudlard.
Le regard de la troisième année revint ensuite lentement en direction de son camarade. Au regard de son uniforme, il était de Serdaigle. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres en se demandant s'il était une personne qui travaillait avec minution et régularité. Un questionnement qu'elle ne se permit pas de formuler à haute voix sans connaître le première année. Peut-être que l'occasion viendra où elle pourrait le lui demander.
@Artemis Fraser J'espère que mon post te convient !
Mais, une fois arrivée devant l'imposante porte, la rouge et or s'arrêta. Elle avait travaillé si dur ce matin qu'une pause semblait bien mérité. Et son esprit avait visiblement besoin de détente avant le travail qui l'attendait. Et c'était sans oublier son rendez-vous de ce soir avec Miss Hamilton. Elle devait avoir fini avant 18h mais elle ne serait jamais productive sans une pause.
La décision fut vite prise : les pas de la gryffone se dirigèrent donc loin de la bibliothèque vers la cour de la tour de l'horloge. Un endroit paisible et calme où la jeune fille pourrait trouver paix et tranquillité. Cette paix qu'elle recherchait dans les moments de doutes, d'angoisse ou encore de colère. Et puis, cet endroit n'était pas un endroit anodin pour la jeune fille. Il signifiait beaucoup pour elle puisque c'était ici qu'elle et son petit ami Zack s'étaient enfin avouer leur amour et qu'ils sont devenus officiellement un couple. Cette partie du château avait un certain charme qui n'échappait pas aux yeux rêveurs de la troisième année.
Aussi, lorsqu'elle pénétra sur les pavés familiers de la cour, le cœur de Rosaleen se réchauffa. Elle se sentait bien, chez elle et cette brise légère était si douce qu'elle ferma les yeux un instant pour savourer ce moment. Lorsqu'elle les rouvrit, le charme était d'autant plus réel. Comment un endroit dénué de magie pouvait être aussi magnifique ? Et comment pouvait-il apporter autant de paix et de beauté ? Mais bien vite, ce calme fut légèrement rompu par l'arrivée d'un élève. Non pas qu'il gâchait cette paix mais plutôt qu'il apporta une certaine fraîcheur à la tranquillité de la troisième année.
Tournant la tête vers lui, Rosaleen s'amusa face à la question de celui-ci. Il n'avait pas l'air d'être plus âgé qu'elle -un première année sans doute. Mais avec sa question quelque peu inhabituelle et ses cheveux noirs ébouriffés avec ce léger sourire hésitant, le jeune garçon semblait avoir un charme que lui seul pouvait posséder. Si sa question semblait hésitante, ses yeux noirs semblaient exprimer toute autre chose qui n'échappa pas à Rosaleen.
- Je n'ai jamais vu personne tremper les pieds dans la fontaine, répondit doucement la troisième année en dirigeant elle aussi son regard vers ladite fontaine. Je te conseillerai plutôt d'aller au lac pour te tremper les pieds. Et ce ne serait pas respectueux pour cette fontaine qui détient une partie de l'histoire de Poudlard.
Le regard de la troisième année revint ensuite lentement en direction de son camarade. Au regard de son uniforme, il était de Serdaigle. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres en se demandant s'il était une personne qui travaillait avec minution et régularité. Un questionnement qu'elle ne se permit pas de formuler à haute voix sans connaître le première année. Peut-être que l'occasion viendra où elle pourrait le lui demander.
@Artemis Fraser J'espère que mon post te convient !
Peut-on ?
Je hochai la tête, comme si j’avais compris. Comme si ça coulait de source. Sauf qu’en vrai… pas du tout.
Mes yeux revinrent vers la fontaine, et je plissai le nez.
Pas respectueux ?
Je trouvais ça bizarre, ce mot. « Pas respectueux » pour de l’eau ? Enfin, oui, d’accord, c’était une fontaine de Poudlard, donc forcément ça devait être un truc spécial, avec une histoire, tout ça. Mais quand même. C’était de l’eau, qui coulait, qui tombait dans le bassin. Est-ce qu’elle allait vraiment se vexer si je posais mes pieds dedans ? Je doutais que l’eau ait une mémoire comme les tableaux, ou une personnalité comme les fantômes.
Et puis… je ne savais pas pourquoi, mais mon cerveau s’était mis à tourner tout seul. Comme une roue lancée trop vite, et qui refusait de s’arrêter.
Pourquoi ce serait irrespectueux de sourire, de rigoler, de… de prendre du plaisir ? C’est pas comme si j’allais vandaliser la fontaine, hein. J’allais pas graver mon nom dedans en mode « Artemis était là », ni casser une pierre, ni faire pipi dedans (beurk). Je voulais juste m’asseoir, sentir l’eau froide sur mes pieds, écouter le bruit, peut-être inventer une histoire. Un lieu historique, ça veut dire qu’il faut forcément être sérieux, froncer les sourcils et faire la gueule ? Ça me paraissait… triste.
J’avais lu quelque part, enfin, pas lu, entendu, en fait, que les lieux gardent les souvenirs de ceux qui les habitent. Bon, c’était probablement papa qui disait ça, mais ça m’était resté dans la tête. Et du coup, si la fontaine gardait vraiment une trace des gens qui passaient là… est-ce qu’elle préférerait retenir des élèves en mode « attention, défense de tremper ses pieds, lieu sacré » ? Ou bien des gamins qui rigolent, qui vivent, qui laissent un peu de joie collée dans ses pierres ? Moi, j’étais plutôt sûr que les gens qui l’avaient construite, il y a longtemps, seraient contents de voir ça. D’imaginer que leur fontaine, sert encore. Sert à donner du bonheur.
Sauf que… je ne savais pas comment dire tout ça sans avoir l’air bête. Parce que dans ma tête, c’était clair mais, maladroit que j'étais avec les mots, dès que j’ouvrais la bouche, ça sortait de travers. Ça s’emmêlait, ça se cognait, ça se cassait.
Je croisai les bras, un peu comme pour me donner une contenance, puis je relevai la tête vers la Gryffondor. Elle avait l’air gentille, et même temps avenante. Son sourire me donnait envie de parler, mais mes pensées se bousculaient tellement que j’avais un peu peur qu’elle me regarde de travers.
« J’sais pas trop, » commençai-je, la voix plus basse que je voulais. « Moi… je trouve pas que ce soit irrespectueux. »
Mes yeux glissèrent encore une fois vers la fontaine, puis au ciel, comme si j’allais trouver les mots là-haut, accrochés entre deux nuages.
« C’est pas parce qu’un endroit est vieux… enfin, historique, que ça veut dire qu’il doit être… euh… triste. Enfin, pas triste-triste, mais… sérieux, quoi. Comme un cimetière. Peut-être que… au contraire… »
Je fis une pause. Ma langue ne voulait plus coopérer. Et mes doigts s’agitaient dans le vide, comme s’ils essayaient d’attraper un argument qui m’échappait.
« Pour... Pour moi, les gens qui ont construit ça, ils l’ont pas fait pour qu’on reste figés devant en se disant “ oh quelle belle fontaine ” et qu’on parte ensuite, l’air grave. Enfin, j’espère pas. Moi je pense qu’ils voulaient… qu’elle serve à quelque chose. Qu’elle vive. Qu’on la regarde et qu’on soit bien. Et… si quelqu’un est bien en mettant les pieds dedans, ben c’est pas irrespectueux, c’est… c’est profiter de ce qu’ils ont créé. »
Mes joues chauffèrent. Ça sonnait mieux dans ma tête que dans ma bouche. Mais maintenant c’était trop tard, c’était dit. Alors autant continuer.
« Enfin… tu vois, si moi je construisais un jour un banc… genre un joli banc en bois, avec des dessins, tout ça… j’aimerais pas que les gens s’assoient dessus en mode “ attention, objet historique ”. J’aimerais qu’ils s’assoient, qu’ils rient, qu’ils se reposent, qu’ils mangent une glace dessus. Parce que ça voudrait dire que mon banc… ben… il fait partie de la vie des gens. »
Je haussai les épaules, un peu trop brusquement, comme si ça effaçait ma gêne. Mes yeux se perdirent dans l’eau de la fontaine, hypnotisés par les éclats de lumière qui dansaient dessus.
« Alors voilà. Je crois pas que ce soit irrespectueux. Je crois que… que respecter, c’est pas forcément être sérieux. Ça peut être aussi… montrer que ça nous rend heureux. Quitte à tremper ses pieds... »
Un silence s’installa. J’avais parlé beaucoup trop longtemps, et je regrettais déjà un peu. Je triturai la manche de ma robe de sorcier, le regard fuyant, comme si je pouvais me cacher dedans. Puis, timidement, je relevai les yeux vers elle, un demi-sourire maladroit accroché aux lèvres.
« Enfin… peut-être que je dis n’importe quoi, hein. C’est sûrement un peu… euh… bizarre. Mais… voilà. »
Et là, comme pour me sauver de moi-même, mon ventre choisit pile ce moment pour gargouiller, fort, signe que la digestion ne se passait pas très bien. Je sursautai, écarquillai les yeux, puis me mis à rire tout seul, nerveux.
« … Oh... On dirait que même mon estomac proteste... »
@Rosaleen Winston