03 nov. 2025, 00:00
Pour tout l'or du monde
RUBY, 15 ans
4 janvier 2049 19h56
Salle des trophées, Troisième étage, Poudlard

Précédemment — Comme il pleut sur la ville.


[work]
•••

Elle sera là d'un instant à l'autre. Le formuler ainsi me terrifie intérieurement. C'est si concret, tellement soudain que je voudrais détaler à chaque seconde qui passe — mais je ne le fais pas. Je me suis pourtant joué la scène des centaines de fois, j'ai anticipé ce moment, parfois avec excitation, bien souvent avec une bonne dose d'appréhension. Mais rien ne m'avait préparée à ce trac sans pareil, celui qui fait des nœuds au fin fond de mon ventre et qui agit comme un poison lent, qui corrode mes entrailles.

Un simple billet glissé dans sa main entre les cours avait suffi pour lui demander de me rejoindre, là dans cette salle rutilante, à vingt heures. D'ordinaire, je ne suis pas aussi impérieuse avec Leta, mais la situation l'exigeait, elle. Les jours que j'avais passés à ressasser encore et encore l'état de notre relation avaient usé jusqu'à la dernière de mes cellules grises. Et la seule échappatoire se jouait ce soir.

J'ai des sentiments pour toi.

Tels étaient les mots qu'elle m'avait jetés au visage. Ils m'avaient fait l'effet d'une bombe. Si j'avais été un peu moins aveugle, peut-être aurais-je pu voir que cela me pendait au nez, mais les jeux étaient faits désormais. Le reste de sa tirade était demeuré intact dans ma mémoire, mes souvenirs marqués au fer rouge.

Entre les coupes, dans les allées, je fais les cent pas. Je pourrais presque entendre le bruit du temps qui passe, je peux sentir les minutes s'écouler, leur tic-tac sonore résonner silencieusement dans mes oreilles. Elle sera là d'un instant à l'autre.

Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé

04 nov. 2025, 13:34
Pour tout l'or du monde
La matinée s'était globalement bien passée jusqu'au moment où, furtivement, Ruby avait glissé dans ma main un mot des plus étranges.

Reducio
Leta,
Viens me voir à vingt heures dans la salle des trophées.
Je dois te parler.
R.

La signature m'avait un peu parue inutile mais peut-être l'avait-elle mise sur le papier dans le cas où j'aurais eu une amnésie dans l'après-midi (comme elle m'avait elle-même remit le mot, je ne pouvais donc pas avoir de doute).

La plus grosse question qui tourna dans ma tête depuis que j'eusse lu ce mot était la suivante : Pourquoi donc dans la salle des trophées ? Avait-elle trouvé une coupe sur laquelle figurait le nom des Blackbirds ? Oui, vraiment, sans ça, je ne comprenais pas pourquoi elle m'avait invité à la rejoindre si tardivement après les cours.

Au repas du soir, j'y pensais encore. Que pouvait-elle donc m'annoncer ? Et pourtant, la question me taraudait fortement.

*

Je monte les escaliers quand soudain je tilte qu'en fait, entre Ruby et moi, c'est toujours flou. Je stresse, la pression monte. L'adrénaline me fait monter les marches deux par deux. Me voilà qui vais bientôt suer et puer pour ce fameux "rendez-vous" avec la blonde qui m'obsède depuis déjà trop de temps. Je me force à ralentir, de toute façon, je sais que je serai à l'heure.

Cela faisait trop de temps, qu'allait-elle m'annoncer de si terrible ? J'espère vraiment qu'elle a repéré mon grand-père sur une vieille photo animée d'un club d'intellectuels.

Je passe alors la porte de la salle des trophées, le cœur battant la chamade, à cause du chemin, et peut-être à cause de toi, Ruby…

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

05 nov. 2025, 16:00
Pour tout l'or du monde
Vingt heures. Je reconnais la cadence de son pas qui s'approche avant même de voir sa silhouette franchir le pas de la porte. Lorsque je l'entends entrer, je suis à la fois délivrée de toute la tension qui grandissait en moi et accablée d'un poids bien plus important. Je ne peux plus faire marche arrière, désormais. Ou peut-être le pourrais-je, à l'aide d'un peu d'inventivité, mais ma décision est déjà prise et il est temps pour mon cœur d'avouer la vérité.

Mon regard, auparavant fixé sur mes chaussures, se relève dans sa direction. Tout mon être se fige, et un drôle de frisson me parcourt ; est-il dû à l'austérité de la pièce, au froid qui y règne ou à la proximité grandissante qui s'établit entre Leta et moi ? J'ai l'impression d'avoir des millions de pensées qui se fraient toutes un chemin vers le centre de mon crâne. Certaines me crient de tout lui déballer maintenant, d'autres me supplient d'y mettre les formes, d'autres encore me parlent de la beauté de celle qui me fait face comme si je n'étais pas suffisamment distraite. Si je n'y prends pas garde, elles risquent bien de me déséquilibrer, ces entêtantes pensées.

Je l'accueille avec un sourire, qui dit tout de même ma joie face à sa présence.

« Merci d'être venue. Je suis contente de te voir. »

J'hésite, ne sachant pas si je dois cracher le morceau tout de suite.

« Comment étaient tes vacances ? »

Je me plie finalement à la solution la plus simple, la plus lâche peut-être mais qui déliera sans doute ma langue au fil de la conversation.

Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé

05 nov. 2025, 18:29
Pour tout l'or du monde
Je suis accueillie par cette figure que je connais tant. Et son grand sourire, évidemment.

Moi aussi je suis contente de te voir ? Genre oui, c’est logique, on est, jusqu’à preuve du contraire, amies, normal d’être heureuses de se voir non ? Puis est-ce que ça a vraiment quelque chose d'exceptionnel. Je fais fi des mes interrogations et la laisse continuer voir si ce qu'elle a à m'annoncer est plus intéressant.

Et bien non.

Après, encore une fois, c’est logique, on rentre de vacances et la première chose que l’on se pose généralement, c’est de savoir comment elles se sont passées.

Mais j’ai un arrière goût en bouche, je ne m’attendais à rien et je suis quand même déçue. Le "Je dois te parler." me faisait rêver d’une meilleure annonce.

C’était de bonnes vacances. J’ai encore presque pas parlé à Az- à Papa. Maman a été gentille comme d’habitude et Pluton, lui aussi comme d’habitude, a été insupportable. Bref, un Noël à la Demeure. Et toi ?

Tu m’as manqué.

Assumons donc cette folie. Si j’avais continué à enchaîner des banalités où aurait donc été cette conversation ? Je ne veux d’ailleurs absolument pas la gérer ; ce sera toi, Ruby, prêtresse de ce cœur en ébullition, de mener la dance. Je le sens dans tes yeux, tu es déstabilisée. Éclatons donc cette coquille qu’est la tienne.

Tu devais me parler ?

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

07 nov. 2025, 00:50
Pour tout l'or du monde
Nerveusement, je mordille ma lèvre inférieure, appréhendant désormais chaque mot de sa part. On ne peut pas dire que je sois impassible. Je fais tout pour l'être, mais la situation m'en empêche légèrement. Et puis, j'ai toujours tendance à baisser ma garde en compagnie de Leta. Je ne suis plus aussi dure dans mon regard, ni dans mon port de tête. Je suis simplement une jeune fille de quinze ans, démunie face à ce qu'elle ressent.

La voir debout à quelques pas de moi me bouscule intérieurement. C'est comme si je ne l'avais pas vue depuis deux mille ans — ce qui est idiot. Je tente de déchiffrer chaque micro expression de son visage, chaque battement de cil, jusqu'aux plus petits tressaillements de ses sourcils, comme si récolter ces indices pouvait m'aider à présager de la suite des évènements et de la tournure qu'ils allaient prendre.
Elle me parle de la Demeure, j'acquiesce ; et puis je réalise qu'elle me retourne la question. Ma respiration se fige, et mon cœur s'arrête carrément lorsqu'elle ajoute ces petits mots : tu m'as manqué. Alors mon regard se perd dans les reflets des vitres qui nous entourent. Je ne fuis pas, non, je suis désarmée. Le sait-elle ?

« Très bien, oui. J'avais du temps. Pour réfléchir », je confesse, d'une voix qui s'abîme dans un murmure.

Je relève les yeux vers son visage lorsqu'elle me rappelle la tâche qui m'a fait la convoquer ici. J'ai l'impression qu'elle pourrait entendre le bruit que fait mon cœur, tant il s'agite sous ma poitrine, reparti comme un fou. Il me trahira sûrement avant que je ne prononce une seule parole. Peut-être serait-ce préférable, au fond ; ainsi je n'aurais pas à trouver les mots pour tout lui dire.

« Oui », je réponds, en me dandinant légèrement, ne sachant pas très bien comment me tenir. « Je crois que je t'ai suffisamment fait attendre. J'imagine que tu sais de quoi je veux parler. »

Encore une esquive. Sauf que je ne peux pas laisser Leta sans réponse.

« De nous », je termine alors, les yeux rivés au sol et le cœur battant à tout rompre.

Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé

07 nov. 2025, 15:52
Pour tout l'or du monde
Et bien voilà quelque chose d'intéressant, son Noël lui a permis de réfléchir. À quoi ? Je n'ai subitement plus de doute que la suite va être des plus… révélatrice. Que gardes-tu donc dans ton sac très chère ?

Me revient alors cette pensée obsédante qui commençait à germer dans mon esprit en montant les escaliers. Serions-nous enfin face au moment tant attendu ? Ce que j'avais tenté de profondément enfouir, sans réel succès, car revenait en mémoire, à chaque fois que ses cheveux blonds dansaient devant mes yeux, cet après-midi août idyllique. J'ai essayé d'oublier que j'avais cassé un bout de notre relation, porté le plus beau masque pour ne rien laisser transparaître, et pourtant, me revoilà avec cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête.

Elle me fixe, son trouble est évident. Lâche le morceau, libère moi, libère toi. Si tu savais que je me fichais de la réponse, j'en veux juste une pour retirer ce poids que je tire chaque jour. Si tu savais comment tu me troublais toi aussi Ruby.

« Je crois que je t'ai suffisamment fait attendre. J'imagine que tu sais de quoi je veux parler. »

Je ne dis toujours rien. Déglutis. Oh que oui Ruby, je pense savoir exactement où tu veux aller, quel est le vecteur de notre discussion, de notre relation en fait. Je le sais. Dis-le. Dis-moi.

Elle ne me regarde plus, fixe ses chaussures.

« De nous »


Dites-moi que je rêve.
Elle n'a pas dit "de toi".
Le vide qui s'ensuit est accablant. J'ai l'impression qu'il dure des heures. Je savais que le sujet allait revenir sur le tapis. Je le savais, le pressentais. Que dire, que faire, je suis pétrifiée.
Elle n'a pas dit "de moi".
Ruby, quand donc ce qui me sert de cœur est-il tombé amoureux de toi ? T'ai-je choisie ? Donne un sens à ce qu'il se passe, ce qui me trouble. Explique-moi ces nuits, où ô honte, je me réveille en sursaut. Pour la simple et bonne raison que tu es venue m'y rendre visite. Libère-moi. Libère mon cœur, libère mon corps, mes pensées. Tu es partout. Disparais ou englobe moi, car je ne résisterai plus à toi. Où est notre paroxysme ?
Elle veut donc parler de nous, de notre relation, de ce qui nous lie.
Tout cela a-t-il commencé dans ce premier rêve ? Ou lorsque je t'ai recroisé une froide journée de janvier ? Était-ce quand, tendrement, elle m'a offert un bouquet de fleurs ? Je ne puis décerner le début, et toi, décideras-tu de notre fin ?


Combien de temps s'est-il réellement passé depuis sa phrase ? Je n'en ai aucune idée. Des micro-secondes ? Quelques minutes ? Je ne sais plus. Je ne l'ai pas entendu renchérir. Alors je le fais.

De nous ?

Reprends ce courage Leta, relance cette pièce, fais nous à nouveau pile. J'y repense encore.

[Tant pis s'il me reste une infinité de possibilités, et tant pis si je dois user jusqu'à la toute dernière de mes questions ; très chère [...], je finirai bien par t'arracher les mots que tu as enfouis en secret au plus profond de toi.]

Qu'en est-il de ce nous ?
Qu'en est-il du fait que moi, Leta Blackbirds, t'aime profondément ?

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

09 nov. 2025, 01:05
Pour tout l'or du monde
Les secondes s'égrènent sans qu'une réponse ne me parvienne. Subitement, je réalise ce qu'a dû endurer Leta par cette étouffante après-midi d'août. J'attends, la boule au ventre, comme un lapin pris dans les phares d'une voiture ; non, je ne peux rien faire hormis attendre qu'elle veuille bien pousser cette porte que j'ai entrouverte. Et si elle décline cette invitation à aller plus loin que je n'en suis capable maintenant, si elle ne dit rien, si elle fait quoi que ce soit d'autre — Merlin seul sait ce qu'elle pourrait faire car je n'en ai aucune idée — alors je resterai là, penaude et sans réponse, avec le seul sentiment d'avoir tout gâché. Et j'espère, j'espère de tout mon cœur battant qu'elle ne sera pas aussi égoïste que je ne l'ai été. C'est bien trop accablant de me rendre compte qu'elle avait besoin de moi comme j'ai besoin d'elle à cet instant. Je me sens si vulnérable que je pourrais en crever.

Mais elle ne joue pas la partie comme je l'avais jouée. Sa voix s'élève enfin et perfore le silence. Elle redit ces deux petits mots : de nous. Contre toute attente, les yeux toujours baissés, je laisse un sourire en coin naître sur mes lèvres. C'est si doux de l'entendre s'emparer de ce nous. Et elle répète ce mot, encore, ce pronom qui sonne si bien lorsqu'elle le fait rouler sur sa langue. Mon sourire grandit, il devient impossible à dissimuler et puis mes joues rosissent sûrement mais je m'en fiche. L'entendre prononcer mes mots me redonne du courage. C'est pour ce nous que j'ai voulu la voir, que j'ai voulu lui parler. C'est pour nous que je me dois d'aller au bout de cette conversation. Alors je parle. Sans oser la regarder, je lui dis ce qu'il en est.

« Je crois que nous irions bien ensemble. »

J'ai envie que mon sourire s'élargisse encore, j'aimerais même rire tant l'euphorie me prend, parce que c'est si bon d'enfin me libérer de ce verdict. Tant de questionnements, de doutes et de moments d'incertitude totale qui m'avaient torturé l'esprit, pour aboutir à cette conclusion.
Mais je ne peux pas me permettre ces folies, ces débordements de mon âme. Je dois encore entendre ce que Leta a à me dire et j'ai peur, j'ai si peur tout à coup de ne plus pouvoir rire ou sourire lorsqu'elle aura parlé. Elle n'aurait qu'à dire non, elle n'aurait qu'à partir pour que tous mes espoirs s'effondrent. Elle me laisserait là, le cœur à vif, et alors je ne saurais plus très bien comment fonctionner.

Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé

09 nov. 2025, 16:06
Pour tout l'or du monde
Peut-être aurai-je du garder le mental breakdown précédent à ce qui arrive là. Pourtant, mes oreilles sont formelles : aucun son n'aurait pu brouiller ce que tu as dit. Tourne-t-elle encore autour du pot ? Est-ce là ma délivrance ? Je crois que nous irions bien ensemble. Cela fait quand même beaucoup de conditions : je pense, irions bien. Es-tu donc sûre de toi? Je veux dire, on se connait depuis longtemps, est-ce que cela est suffisant à tes yeux ? Tu as quand même raison d'émettre des réserves, être amis ne veut pas dire être en couple, les conséquences ne sont pas les mêmes. Mais je n'aime pas ces pincettes : assumes tes paroles. C'est toi qui m'a fait attendre, toi qui devait me parler. Je vais t'écouter sans piper mot.

Tes yeux sont plantés dans les miens. Essayes-tu de décrypter mes pensées ? Ah ! Insensée § Mon âme est mienne et ne crois pas un seul instant que je suis en position de faiblesse ici. Oh non, je me délecte de cette attente, du moment où, chancelante, tu craqueras. Mais te laisserai-je t'effondrer ? Je n'en suis pas sûr, tu n'as pas besoin de ça pour te dévoiler. Peut-être te faut-il de l'aide ? Je ne sais point. Essayons ?

Et donc ? Je laisse mes mots en suspend. Il n'y avait aucune question, aucune affirmation, aucune proposition dans ta phrase. Va plus loin. Par orgueil je veux t'entendre avouer ce que tu ressens au plus profond de toi car tu ne peux pas débarquer et annoncer "nous irions bien ensembles".

Je fais un pas en avant.
2 mètres 50
Un deuxième.
1 mètres 50
Un troisième.
50 centimètres
Sans quitter tes yeux du regard, j'ai considérablement réduit la distance entre nous. Si tu as du mal avec les mots, je te propose les gestes. C'est bien plus qu'une tension qu'il y a là. Mon souffle se fait plus fort.
Tu te souviens quand je t'interdisais mes pensées ? Essayes donc. Tu y lirais tout mon accord.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.

10 nov. 2025, 00:25
Pour tout l'or du monde
Lorsque je lui jette un rapide coup d'œil pour jauger sa réaction, elle l'intercepte immédiatement. Pire, elle soutient mon regard. Et moi je ne peux rien lire sur son visage. Elle est citadelle imprenable, je ne suis qu'une otage à sa merci. Quand elle parle à son tour, sa voix est atone, incolore, complètement indécryptable. Merlin, elle devient meilleure que moi pour ne rien laisser paraître. Quand elle parle à son tour, elle ne dit pas non, elle ne me dit pas non plus oui, ni d'accord, ni même très bien. Elle dit « Et donc ? ».
Comme c'est intelligent. Elle me pousse vers mes limites, elle attend simplement de voir laquelle je franchirai. Elle n'a rien de plus à faire et elle le sait pertinemment.

Et donc, Leta, cela change tout, enfin il me semble. Je reprends la conversation que nous n'avions pas terminée. Je lui offre une nouvelle fin, je change les règles du jeu. Je te donne enfin ce que tu veux. Ne peux-tu donc pas comprendre cela ?

En tout cas, elle ne semble pas décidée à me montrer qu'elle comprend. Plus butée que jamais, elle poursuit sur sa lancée pour me déstabiliser ; prise au dépourvu, j'écarquille brièvement les yeux lorsqu'elle choisit de s'approcher. Je ne fais plus un geste, je n'ose même plus respirer. On dirait qu'elle fait tout pour me compliquer la tâche. Comment suis-je censée m'en sortir, comment puis-je remettre un peu d'ordre dans mes pensées lorsqu'elle se trouve à cinquante centimètres de moi ? Elle est tout près, si près. Un pas de plus et tout ce qui nous a un jour séparées serait définitivement aboli.

« Et donc je veux plus, moi aussi. »

Les mots s'échappent avant que je n'aie pu les retenir. Tout est avoué. Je n'ai plus rien à cacher, c'est chose faite, j'ai enfin parlé pour de bon. Contente, Leta ? Parce que moi j'ai le cœur plus léger que jamais.
Amies, l'étions nous vraiment jusqu'ici ? Par ma faute, oui, nous n'étions que cela, même si mon cœur se plaisait parfois à rêver d'autre chose. Je veux dissiper toutes les ambiguïtés qui se sont un jour dressées sur notre chemin, et ma voix plus si affirmée se mue en chuchotement.

« Je veux qu'on soit plus qu'amies. »

Si tu le veux toujours. Si tu n'as pas changé d'avis entre temps, si je n'arrive pas trop tard. Par Circé, faites que je n'arrive pas trop tard. Mon orgueil en serait anéanti, persuadé d'avoir su te garder. Parce que je t'ai gardée tout près de moi, comme il me plaisait, certaine de ta patience, de ta docilité pour attendre que je daigne changer mes plans, sans même savoir si cela arriverait un jour. Maintenant, au pied du mur, je peux seulement espérer. Leta, veux-tu encore de moi ?

Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé

10 nov. 2025, 11:58
Pour tout l'or du monde
Ruby, j’ai finis pas croire que je n’aurai jamais eu droit à... à nous. Je suis vraiment heureuse que tu aies pris le temps de faire le point avec toi même.

Quand je t’ai avoué mes sentiments, je ne savais pas si tu, si tu aimais, les... les filles. J’ai eu énormément peur de te perdre et n’ai jamais voulu remettre le sujet entre nous. Pourtant ces derniers mois ont été rudes : ce sentiment oppressant d’avoir tout cassé ne m’a pas lâché. Et non ! Ça n’est pas ta faute ! Je suis sûre que tu as pris la bonne décision, celle d’attendre. Merci de ne pas t'être précipitée tête baissée, peut-être que ça n’aurait pas marché ?

Tu es belle, perspicace, et, et... tu as beaucoup de qualités que je suis sûrement la seule à connaître depuis le temps.

Attendre m’a fait plus de bien qu'autre chose. Je suis heureuse de pouvoir en discuter aujourd'hui, posée.

Oui je suis heureuse tout court en fait.

Je... je suis prête à être... plus qu’amie avec toi... à être ta... petite copine ? Petite amie ? Punaise, ahah, je sais même pas comment me, te, définir. Quel boulet que je suis pfff. Puis j’vais pas t'appeler Rub', genre je sais pas c’est bizarre nan ? T’as un surnom d’ailleurs ? Hmm non en vrai faut que j'en trouve un moi-même... ou pas de surnom du tout ? Raaaah c’est dur.

J’étais tellement impatiente que face au fait accompli, je ne sais plus quoi dire, plus quoi faire.

Même, euuh, t'embrasser ça parait bizarre... Est-ce qu’on fera ça un jour ? Mon cœur bat si fort si tu savais. Punaise je raconte n'importe quoi, je suis un moulin à parole, faut vraiment m'interrompre quand je pars en live comme ça ahah.

...

La salle est pas bien chauffée. J’ai froid, aux mains.

FSCM - 19 ans - Fille de papier.