Serons
![]() Avec un froid pareil, imaginez des bas plus chauds. |
Dans quelques bâtiments de sacm. Précédemment. Mercredi 02.02.2050. 7ème année de @Leta Blackbirds à Poudlard. [♛] 6ème année de @Ruby Everheart à Poudlard. [♛] Anniversaire + le futur + cours express = la recette du bonheur ? |
Le cours de divination avait été un peu long. Non pas que je détestais la matière, mais mon esprit divaguait sans cesse. Qui plus est, je n'étais pas la plus compétente en divination : je n'avais que deux yeux et c'était bien suffisant comme ça. J'avais déjà eu sortilèges dans la matinée et mon attention avait grandement baissé. Bon, ça serait mentir si j'omettais le fait que mes pensées ne se focalisaient que sur un point : une jeune fille qui, sans le vouloir, avait pris toute la place restante dans mon cerveau pour la matinée. La raison était simple, malgré la soirée, euuh, spéciale, de la veille, j'avais décidé d'invoquer une discussion nécessaire. Et puis c'était mon anniversaire alors je voulais avoir un rendez-vous avec ma petite amie. J'avais longuement hésité sur le lieu, passant en réalité plus de temps à m'imaginer tous les scénarios possibles. J'étais finalement parvenu à la conclusion que, oui, un date en plein hiver dans le parc était une bonne idée, il s'agissait là d'une déformation professionnelle due à des vacances des plus révélatrices. Mais ma chère invitée sera au courant en temps voulu des choses importantes que j'avais à lui an.
Pour l'informer de ce petit évènement quelque peu surprise, je l'avais interpellée pendant l'inter cours, pratique, elle avait divination juste avant moi, pour lui voler un baiser (vraiment cools ces emplois du temps). N'ayant pas cours l'après-midi, je lui avais dit de me rejoindre en zone de sacm, pour que je puisse aller me changer et m'habiller plus chaudement. J'avais donc opté pour une jupe noire et des collants épais (à droite sur l'image), et un pull. Je voulais être coquette pour ce jour spécial : ces fameux 18 ans, mon dernier anniversaire à Poudlard.
Ce ne fut qu'une fois sortie que j'ai regretté l'absence d'un sort qui permettrait aux habits de nous réchauffer. Pourquoi Maman ne l'avait toujours pas inventé ??? Bref, me voilà en direction des enclos et autres espaces animaliers que je connais si bien, en témoignera ma moyenne de O. Aie, je crois que j'ai été un peu longue à me préparer, était-ce un coup d'eyeliner ou cet éclat rouge flambant qui orne mes lèvres qui m'ont autant retardé ? Qu'importe, ma beauté fera oublier à Ruby ces quelques minutes, secondes même, de retard (enfin j'espère). Je la vois d'ailleurs patiemment postée et trottine vers elle, pour chauffer mes muscles et la rejoindre plus rapidement. Une fois à distance parfaite, j'entame un espèce de vol plané disgracieux et m'envole direction ses bras : la splendeur d'un amour candide qui ne s'est pas érodé malgré le temps passé, bien au contraire. La voir me fait toujours autant d'effet : un sourire m'échappe et mon cœur s'emballe. Ne repense pas à la veille, ne repense pas à la veille, ne repense pas à la veille, le mantra que je répète dans ma tête a bien du mal à chasser ces images oniriques, belles mais terriblement inavouables. Je rougis et enfonce ma tête dans son cou. Voilà le summum de ma discrétion ! Je serais folle également de ne pas lui arracher un bout de peau avec mes dents mais je frôlerai ici un meurtre prémédité alors je m'en tiens à un croc gentillet qui ne lui fera, je l'espère, aucunement mal. Tant que mon rouge à lèvres tient, tout va bien.
Coucouuuu, dis-je en me redressant joyeusement. Ça faisait longtemps qu'on s'était pas vues, tu m'as manqué ! Je papillonne des yeux pour souligner le fait qu'on s'est laissées il y a même pas 3 heures en haut de la tour nord.
Cela fait un an en effet, un an et un mois (presque) pour être précise. Je ne cherche plus le contact constant du début de notre relation, mais diantre que cela fait du bien de me tenir près d'elle.
Il fait fraiiiiis. Viens on va regarder le vivarium ! J'agrippe sa main pour l'entraîner dans la danse pétillante qui m'emmènera là où se trouve une myriade d'animaux incroyables.
Orch- Mais non Leta, t'es folle, pas maintenant, pas comme ça. Je suis vraiment trop impulsive quand il s'agit de toi, c'est fou. Je vais te laisser patienter avant ma petite surprise.
Mon ventre gargouille et je réalise soudainement que je n'ai pas mangé ce midi. Les friandises pour créatures sont elles comestibles pour moi ? Très bonne question.
Serons
RUBY, 16 ans
2 février 2050
Zone de soin aux créatures magiques, Extérieurs, Poudlard
•••
2 février 2050
Zone de soin aux créatures magiques, Extérieurs, Poudlard
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Fichu cours de vol. Le froid m'avait congelé les os et puis la sueur avait manqué de cristalliser sur ma peau, sous toutes les couches de vêtements. Fichus escaliers, aussi. Le temps de me battre avec ces marches qui n'en faisaient qu'à leur tête, de remonter cinq étages, de me doucher, de me changer et d'attraper à la volée un petit quelque chose empaqueté, il était déjà l'heure de redescendre. Et fichu mois de février. Ressortir par ce froid tenait de l'inconscience, à la limite de la stupidité. Mais l'amour sait m'entraîner vers des choses bien déraisonnées, parfois, et rien ne saurait mettre à mal ma motivation pour rejoindre Leta.
Lorsque je passe les portes du château, le vent hivernal me mord immédiatement le visage. L'air que j'inspire à plein poumons s'applique quant à lui à me réfrigérer les bronches. Je balance mon écharpe par dessus mon épaule et allonge le pas pour gagner le nord de l'île aussi vite que possible.
Au lieu de rendez-vous (car c'en est un), un coup d'œil à ma montre, accrochée en pendentif à mon cou, me signale que je suis pile à l'heure. En regardant autour de moi, je constate que l'endroit n'est pas très peuplé et que les quelques silhouettes venues s'y perdre tout comme moi ne me sont pas familières. Je ne tarde pas à repérer celle que mes yeux guettent dans chaque foule que je vois. Leta. Radieuse et resplendissante, je remarque aussi le soin qu'elle a mis à se préparer, le noir qui orne le ras de ses cils et le rouge qui veloute ses lèvres. J'accueille son étreinte avec délice, je peux même sentir une joie liquide circuler dans mes veines ; sans compter que la chaleur de son corps collé au mien me réconforte aussitôt. J'aimerais pouvoir la tenir dans mes bras pour toujours, rester contre elle à tout jamais. Ses canines dans ma chair me dérident, je glousse un peu sous l'effet de la surprise et me dégage pour lui faire face.
« Hey », je réponds d'une voix douce, tout sourire. Son air innocent ne trompe personne et je la regarde en secouant la tête, faussement réprobatrice. Elle m'a manqué aussi. Mais je n'ai pas le temps d'en dire davantage, non : la voilà qui s'élance déjà en direction du vivarium et me tire par la main. Je me laisse porter par son énergie et sa gaieté débordante — je me sens bien auprès d'elle, quel que soit l'endroit, le cadre et le moment. A-t-elle vu ce que mon autre main renferme ?
Son esprit semble tourné vers d'autres considérations. Lorsqu'elle arrête sa phrase tout net, je la regarde du coin de l'œil, sourcils froncés, suspicieuse mais pas sérieuse. Je ne me formalise pas de cette bizarrerie : un tout autre sujet occupe mes pensées.
« Au fait, joyeux anniversaire » soufflé-je posément, mes yeux perdus au fond des siens. En disant cela, je lui tends le fameux paquet, enveloppé dans du kraft par mes soins. « C'est pour tes créatures, tes recherches et puis pour tous les jours » ajouté-je, dotée de mon plus beau sourire. Ainsi délestée de mon cadeau, je ramène mes deux mains jointes sur mon cœur dans l'attente de son verdict. En déballant le papier ocré, elle y trouvera une petite fiole de potion développante, ainsi qu'un joli appareil photo magique, couleur rubis.
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Serons
Je suis complètement surprise. Enfin, oui et non. D'un côté je sais que c'est mon anniversaire, de l'autre je ne m'attendais pas à ce que Ruby me tende un cadeau d'entrée de jeu. Mon expression étonnée est donc totalement réelle : je souris à pleine dents devant cette gentille attention.
Merciiii ! Pour un peu et je lui sauterai à nouveau dessus.
Je ne déballe pas frénétiquement, non, je prends le temps et retire avec minutie les fines couches d'emballage. Et oh, comble de joie, c'est un appareil photo. Objet que l'on ne m'avait jamais offert et que je n'avais pas acheté non plus. Pour quelle bonne raison n'en avais-je jamais eu un en ma possession ? Je souris encore plus.
Bah tu sais quoi, on va l'inaugurer maintenant ! Tiens installe toi devant ce vivarium.
Je pose l'appareil sur un banc, vérifie mon cadrage, enclenche le minuteur et cours me positionner aux côtés de ma chère et tendre pour lui faire un bisous sur la joue (pouah, cliché nan ?). Un flash m'éblouit et voilà que la photo est prise ! L'image sort de l'appareil, j'attends que l'image apparaisse. Faut-il que j'applique la lotion maintenant ? Je suis bête de ne pas avoir lu la notice, oups. Je prends le tube et applique la crème sur la photo naissante.
Le résultat n'est pas parfait mais j'aime beaucoup. Étonnamment j'ai peu de photos de moi et même si je me regarde souvent dans des miroirs, j'ai rarement une image fidèle comme celle que j'ai devant les yeux.
Moi je pourrai en faire plein grâce à toi. Aloooors, cadeau ! Je lui tends la photo avec un grand sourire. Eh ouais, y'a pas qu'elle qui sait être généreuse.
Dis moi Ruby, tu sais que... que l'an prochain je suis plus à Poudlard ?
Merciiii ! Pour un peu et je lui sauterai à nouveau dessus.
Je ne déballe pas frénétiquement, non, je prends le temps et retire avec minutie les fines couches d'emballage. Et oh, comble de joie, c'est un appareil photo. Objet que l'on ne m'avait jamais offert et que je n'avais pas acheté non plus. Pour quelle bonne raison n'en avais-je jamais eu un en ma possession ? Je souris encore plus.
Bah tu sais quoi, on va l'inaugurer maintenant ! Tiens installe toi devant ce vivarium.
Je pose l'appareil sur un banc, vérifie mon cadrage, enclenche le minuteur et cours me positionner aux côtés de ma chère et tendre pour lui faire un bisous sur la joue (pouah, cliché nan ?). Un flash m'éblouit et voilà que la photo est prise ! L'image sort de l'appareil, j'attends que l'image apparaisse. Faut-il que j'applique la lotion maintenant ? Je suis bête de ne pas avoir lu la notice, oups. Je prends le tube et applique la crème sur la photo naissante.
Le résultat n'est pas parfait mais j'aime beaucoup. Étonnamment j'ai peu de photos de moi et même si je me regarde souvent dans des miroirs, j'ai rarement une image fidèle comme celle que j'ai devant les yeux.
Moi je pourrai en faire plein grâce à toi. Aloooors, cadeau ! Je lui tends la photo avec un grand sourire. Eh ouais, y'a pas qu'elle qui sait être généreuse.
Dis moi Ruby, tu sais que... que l'an prochain je suis plus à Poudlard ?
Serons
Le présent semble déjà être apprécié, si j'en crois l'expression de surprise qui habille son visage. Intérieurement, je m'amuse un peu de ses précautions envers le papier cadeau : ce n'est que du papier, inanimé, insensible, presque inutile, alors elle pourrait bien le déchirer en mille morceaux si ça lui chantait. Mais elle ne le fait pas et je trouve ça mignon. D'ailleurs, je fais tout mon possible pour ne pas tressaillir lorsqu'elle plante ses yeux dans les miens. Je la vois toute heureuse, ce qui me rend heureuse aussi. J'obéis à son ordre et m'en vais prendre la pose ; son baiser impromptu qui vient chatouiller ma joue m'arrache un petit rire au moment où le clic! sonore de l'appareil retentit. Je la vois alors s'activer pour prendre soin de ce cliché naissant. Mes yeux observent la scène, tableau de tous les jours ou presque, alors qu'un sourire demeure étalé sur mes traits apaisés.
« C'est ton anniversaire, pas le mien, » je réplique, sur un ton laissant transparaître la joie et non le reproche. Dans le même temps, je m'empare du précieux instantané qu'elle me tend. Il trouvera sa place près de mon chevet, sur le mur ou bien dans l'un des tiroirs qui renferment tous les trésors auxquels je tiens. Je pousse un léger soupir de contentement. Elle va sans doute m'entraîner vers un terrarium inconnu au bataillon tout en m'expliquant gaiement comment distinguer un Grapcorne d'un Éruptif alors que les deux sont de toute façon classés XXXX dans mes souvenirs. Ou bien elle me traînera vers les aquariums où l'on peut voir des Verlieux et autres bizarreries du monde aquatique. Et je me laisserai faire, docile, parce que j'aime l'écouter parler et que cette journée est la sienne.
Mais elle ne fait rien de tout cela, non ; elle fait pire. Toute à mes pensées, je n'ai pas eu le temps de me préparer à la phrase qu'elle me jette, je n'ai pas vu venir le sujet de conversation qu'elle décide d'aborder. Une brique dans le visage m'aurait fait moins d'effet. Oh Leta, pourquoi avoir choisi de ruiner l'instant présent ?
Forcément, mes traits ont perdu leur éclat et leur gaieté ; le bleu de mes yeux a viré au sombre et au renfermé. « Je sais » j'articule du bout des lèvres, piquée. La bonne humeur qui m'avait transportée en lui offrant mon cadeau s'est bel et bien envolée, et je me contiens pour ne pas lui en vouloir d'avoir tout gâché. Et puis quel genre de question est-ce là ? Si elle croit m'apprendre quelque chose, elle se trompe lourdement : l'idée de son départ a forcément déjà effleuré mon esprit, et elle le sait tout autant que moi. Alors je ne comprends pas ce qu'elle me veut, hormis me rappeler la douleur de l'inéluctable séparation qui nous guette. Je hausse les épaules, l'air de dire « Et qu'est-ce que je peux y faire, moi ? » Voilà : je ne vois pas bien quoi dire, je ne vois pas bien quoi faire d'autre. Je peux seulement baisser la tête et essayer de chasser l'image qui s'est depuis longtemps imposée dans mon esprit. Celle de la silhouette de Leta me jetant un dernier regard en arrière avant de s'éloigner sur le quai de la gare.
« C'est ton anniversaire, pas le mien, » je réplique, sur un ton laissant transparaître la joie et non le reproche. Dans le même temps, je m'empare du précieux instantané qu'elle me tend. Il trouvera sa place près de mon chevet, sur le mur ou bien dans l'un des tiroirs qui renferment tous les trésors auxquels je tiens. Je pousse un léger soupir de contentement. Elle va sans doute m'entraîner vers un terrarium inconnu au bataillon tout en m'expliquant gaiement comment distinguer un Grapcorne d'un Éruptif alors que les deux sont de toute façon classés XXXX dans mes souvenirs. Ou bien elle me traînera vers les aquariums où l'on peut voir des Verlieux et autres bizarreries du monde aquatique. Et je me laisserai faire, docile, parce que j'aime l'écouter parler et que cette journée est la sienne.
Mais elle ne fait rien de tout cela, non ; elle fait pire. Toute à mes pensées, je n'ai pas eu le temps de me préparer à la phrase qu'elle me jette, je n'ai pas vu venir le sujet de conversation qu'elle décide d'aborder. Une brique dans le visage m'aurait fait moins d'effet. Oh Leta, pourquoi avoir choisi de ruiner l'instant présent ?
Forcément, mes traits ont perdu leur éclat et leur gaieté ; le bleu de mes yeux a viré au sombre et au renfermé. « Je sais » j'articule du bout des lèvres, piquée. La bonne humeur qui m'avait transportée en lui offrant mon cadeau s'est bel et bien envolée, et je me contiens pour ne pas lui en vouloir d'avoir tout gâché. Et puis quel genre de question est-ce là ? Si elle croit m'apprendre quelque chose, elle se trompe lourdement : l'idée de son départ a forcément déjà effleuré mon esprit, et elle le sait tout autant que moi. Alors je ne comprends pas ce qu'elle me veut, hormis me rappeler la douleur de l'inéluctable séparation qui nous guette. Je hausse les épaules, l'air de dire « Et qu'est-ce que je peux y faire, moi ? » Voilà : je ne vois pas bien quoi dire, je ne vois pas bien quoi faire d'autre. Je peux seulement baisser la tête et essayer de chasser l'image qui s'est depuis longtemps imposée dans mon esprit. Celle de la silhouette de Leta me jetant un dernier regard en arrière avant de s'éloigner sur le quai de la gare.
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Serons
Je sais pertinemment que je n'ai pas pris de gants pour envoyer ma petite bombe. En réalité, mon départ de l'école tremblait en Épée de Damoclès au dessus de nos têtes depuis le début de l'année sans que nous n'eussions besoin d'en parler. Et pourtant, si je voulais évoluer avec Ruby ; et sans mentir, après plus d'un an dans cette relation pour le moins bucolique, je le voulais ; il fallait que l'on évoque le moment où je ne serai plus à l'école, plus disponible tout les jours, le moment où je serai grande. J'avais donc décidé d'entacher mon anniversaire par cette conversation pas drôle du tout mais d'utilité planétaire.
Sa réponse vient donc, logiquement, s'effacer dans l'air soudainement devenu lourd du vivarium. Évidemment que tu fuis la réalité, nous ne sommes pas folles : en parler, l'évoquer revient à croquer une pomme et pouf, notre paradis disparaîtra et nous, deux jolies Eve, serions mises à nues par la dure réalité de la vie.
Mais je préfère de loin amorcer doucement ma descente aux Enfers que me prendre un coup du lapin le jour où j'empaquèterai mes affaires. Donc rebelotte.
Pour de vrai, il faut qu'on en discute. Ma voix est douce, je crois. Je la rassure autant que je me rassure.
On pourra se voir souvent tu sais, je peux transplaner et faire des allers et retours avec toi. Ca nous fera même découvrir de nouvelles choses ! Et puis, t'as pas hâte de quitter Poudlard et vivre des aventures palpitantes ? J'ai envie de te faire découvrir le monde moi. Et c'est pas en restant deux éternelles étudiantes ici qu'on pourra faire ça. T'en dis quoi ?
Essayons donc de positiver non ?
Sa réponse vient donc, logiquement, s'effacer dans l'air soudainement devenu lourd du vivarium. Évidemment que tu fuis la réalité, nous ne sommes pas folles : en parler, l'évoquer revient à croquer une pomme et pouf, notre paradis disparaîtra et nous, deux jolies Eve, serions mises à nues par la dure réalité de la vie.
Mais je préfère de loin amorcer doucement ma descente aux Enfers que me prendre un coup du lapin le jour où j'empaquèterai mes affaires. Donc rebelotte.
Pour de vrai, il faut qu'on en discute. Ma voix est douce, je crois. Je la rassure autant que je me rassure.
On pourra se voir souvent tu sais, je peux transplaner et faire des allers et retours avec toi. Ca nous fera même découvrir de nouvelles choses ! Et puis, t'as pas hâte de quitter Poudlard et vivre des aventures palpitantes ? J'ai envie de te faire découvrir le monde moi. Et c'est pas en restant deux éternelles étudiantes ici qu'on pourra faire ça. T'en dis quoi ?
Essayons donc de positiver non ?
Serons
Mes mains se tordent entre elles, agitées par l'anxiété qui a surgi de nulle part au fond de moi. Il y a deux étés de cela, je me trouvais dans la même position : nerveuse, silencieuse et amoureuse, à martyriser mes paumes comme pour y trouver mon salut. C'est drôle comme l'instant présent reflète les évènements du passé. La situation redeviendrait-elle inextricable ? Me voilà tourmentée par toutes les choses qui n'ont pas encore été dites.
Plus que la réalité, c'est son regard que je fuis. Je braque mes yeux sur des salamandres dont je me fiche éperdument à présent. Je n'arrive pas à savoir si je lui en veux d'avoir parlé ou si je m'en veux de ne pas oser l'écouter. Mais Leta est plus forte que moi ; je me détourne, elle me rattrape avec sa voix ; je lui cache mes yeux un peu humides, elle sèche mes larmes de son timbre. Je ne sais pas pourquoi je voudrais me mettre à pleurer, c'est d'un ridicule sans nom, j'ai seize ans et aujourd'hui Leta en a dix-huit alors les larmes n'ont rien à faire entre nous. Elle voudrait discuter. Cela paraît tellement simple, oui, de pouvoir tout régler en une conversation. Je secoue imperceptiblement la tête, laissant ondoyer mes cheveux au milieu des courants d'air, vacillante et démunie. Comment gérer l'abandon, comment surmonter l'attachement et apprendre à exister comme avant ? Leta, as-tu seulement les réponses aux questions qui m'obsèdent ? Y a-t-il une vie après toi auprès de moi ?
Sa réplique m'arrache un maigre sourire. J'ai une scolarité à terminer avant de découvrir le monde, je me sens bien à Poudlard et je vais devoir me confronter à cette ultime année quoi qu'il arrive. Mais Leta semble enthousiaste à la perspective de quitter le château ; elle ne comprend pas ma délicate position qui consistera à tout revivre pour la septième fois, sans plus personne cette fois pour m'épauler jour après jour. L'imaginer me laisse déjà un arrière-goût amer sur le cœur ; pourtant il me faudra bien m'y faire. Elle comme moi le savons parfaitement.
Je ne peux pas la retenir, pas plus qu'elle ne peut me faire partir. Alors mes yeux retrouvent les siens, et puis je capitule, purement et simplement.
« D'accord, » je parviens à lâcher, la gorge un peu serrée. Mes mains cherchent les siennes, maintenant. Et dans un souffle, je lui redis « D'accord. »
Plus que la réalité, c'est son regard que je fuis. Je braque mes yeux sur des salamandres dont je me fiche éperdument à présent. Je n'arrive pas à savoir si je lui en veux d'avoir parlé ou si je m'en veux de ne pas oser l'écouter. Mais Leta est plus forte que moi ; je me détourne, elle me rattrape avec sa voix ; je lui cache mes yeux un peu humides, elle sèche mes larmes de son timbre. Je ne sais pas pourquoi je voudrais me mettre à pleurer, c'est d'un ridicule sans nom, j'ai seize ans et aujourd'hui Leta en a dix-huit alors les larmes n'ont rien à faire entre nous. Elle voudrait discuter. Cela paraît tellement simple, oui, de pouvoir tout régler en une conversation. Je secoue imperceptiblement la tête, laissant ondoyer mes cheveux au milieu des courants d'air, vacillante et démunie. Comment gérer l'abandon, comment surmonter l'attachement et apprendre à exister comme avant ? Leta, as-tu seulement les réponses aux questions qui m'obsèdent ? Y a-t-il une vie après toi auprès de moi ?
Sa réplique m'arrache un maigre sourire. J'ai une scolarité à terminer avant de découvrir le monde, je me sens bien à Poudlard et je vais devoir me confronter à cette ultime année quoi qu'il arrive. Mais Leta semble enthousiaste à la perspective de quitter le château ; elle ne comprend pas ma délicate position qui consistera à tout revivre pour la septième fois, sans plus personne cette fois pour m'épauler jour après jour. L'imaginer me laisse déjà un arrière-goût amer sur le cœur ; pourtant il me faudra bien m'y faire. Elle comme moi le savons parfaitement.
Je ne peux pas la retenir, pas plus qu'elle ne peut me faire partir. Alors mes yeux retrouvent les siens, et puis je capitule, purement et simplement.
« D'accord, » je parviens à lâcher, la gorge un peu serrée. Mes mains cherchent les siennes, maintenant. Et dans un souffle, je lui redis « D'accord. »
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Serons
Le seul mot que j'arrache est "d'accord". Et elle me le répète. Merci Ruby pour ta participation à cette discussion. Au moins je sais que ça ne sert à rien de continuer. J'ai 18 ans aujourd'hui, pas question de me miner le moral. Et puis j'ai pas l'impression qu'elle soit très bavarde sur le sujet, et donc que ça l'intéresse. Désolée beauté mais fallait quand même l'évoquer avant que je parte sinon j'allais m'en vouloir.
Mais bon, il faut bien faire avancer le moment donc j'enchaîne avec des questions plus... questionnantes.
T'as déjà embrassé quelqu'un sur la bouche ? Et avec la langue ?Avant moi hein.
Et euuh, tu sais si quelqu'un a déjà été amoureux ou amoureuse de toi ? Nan mais on sait jamais, au besoin je peux devenir super assassine hein.
Je rigole à moitié. Quiconque volerait, avec de mauvaises intentions, autour de ma dulcinée en paierait un prix incommensurable. Je souris. Expression qui s'efface immédiatement de mon visage quand soudainement je rougis fortement. Pourquoi diable mon cerveau repense à hier soir ? Je ne vais quand même pas me décomposer de honte devant elle ? Vite, il faut que je trouve une autre question gênante. Un truc rapide à dire, pas besoin de réfléchir pour masquer mes véritables pensées.
Et... t’as déjà eu une pensée vraiment... étrange? Un truc tellement osé que tu n'oserais jamais l'admettre à voix haute ?
Ouais voilà, c'est parfait. J'espère. Tant que Ruby ne lit pas mes pensées, je suis sauve.
Mais bon, il faut bien faire avancer le moment donc j'enchaîne avec des questions plus... questionnantes.
T'as déjà embrassé quelqu'un sur la bouche ? Et avec la langue ?Avant moi hein.
Et euuh, tu sais si quelqu'un a déjà été amoureux ou amoureuse de toi ? Nan mais on sait jamais, au besoin je peux devenir super assassine hein.
Je rigole à moitié. Quiconque volerait, avec de mauvaises intentions, autour de ma dulcinée en paierait un prix incommensurable. Je souris. Expression qui s'efface immédiatement de mon visage quand soudainement je rougis fortement. Pourquoi diable mon cerveau repense à hier soir ? Je ne vais quand même pas me décomposer de honte devant elle ? Vite, il faut que je trouve une autre question gênante. Un truc rapide à dire, pas besoin de réfléchir pour masquer mes véritables pensées.
Et... t’as déjà eu une pensée vraiment... étrange? Un truc tellement osé que tu n'oserais jamais l'admettre à voix haute ?
Ouais voilà, c'est parfait. J'espère. Tant que Ruby ne lit pas mes pensées, je suis sauve.
Serons
Voici un "What If". Bien qu’il n’ait jamais eu lieu, cette projection (quelque peu innatendue pour Leta) a existé un court instant dans ses propres pensées.
Figure-toi que... oui. Il fallait trouver un moyen détourné, de jolies métaphores pour masquer mon propos. Le rendre indicible. C’est comme si tu étais devenue mon centre de gravité. Dans le noir de mes paupières closes, je vois des constellations que je n'ose nommer. En voilà un début. Continuons doucement. Des trajectoires qui se frôlent jusqu'à l'impact, et pourtant cette petite mort est douce. Ces étoiles m'éclairent, m’éblouissent et je ne me rappelle ensuite plus si tu es vraiment absente. Oh, voilà qui est parfait. Si j’étais inflammable, on m'aurait élue feu de joie de l’année 2050 : de la fumée s'échapperait de mes oreilles. Je n’ai même pas le temps de continuer ma phrase quand je réalise soudain que je viens d'imaginer ce scénario. Merde. J’aurais presque voulu qu’elle l'entende finalement. Mais je suis trop prude, je crois.
Je suis interdite. Je me sens comme Méduse prise au piège par Persée. Voici un retour de flamme surprenant et me voilà encore plus cramoisie. Punaise de punaise Ruby, ton sourire en dit long. Veux-tu vraiment que je te racontes ces obscures pensées venant éclaircir mes nuits ? Oh non, tu ne me verrais plus de la même façon. Et je n’oserai même plus croiser ton regard. Mais soit, "jouons" me disent tes yeux.Ruby Everheart a écrit :
Elle la toise avec un regard surpris, cligne des yeux, pour le moins déconcertée. Et puis un fin sourire vient étirer ses lèvres. Elle croise les bras. « Toi d'abord » lui lance Ruby, amusée, rallumant une lueur de défi dans ses propres yeux.
Figure-toi que... oui. Il fallait trouver un moyen détourné, de jolies métaphores pour masquer mon propos. Le rendre indicible. C’est comme si tu étais devenue mon centre de gravité. Dans le noir de mes paupières closes, je vois des constellations que je n'ose nommer. En voilà un début. Continuons doucement. Des trajectoires qui se frôlent jusqu'à l'impact, et pourtant cette petite mort est douce. Ces étoiles m'éclairent, m’éblouissent et je ne me rappelle ensuite plus si tu es vraiment absente. Oh, voilà qui est parfait. Si j’étais inflammable, on m'aurait élue feu de joie de l’année 2050 : de la fumée s'échapperait de mes oreilles. Je n’ai même pas le temps de continuer ma phrase quand je réalise soudain que je viens d'imaginer ce scénario. Merde. J’aurais presque voulu qu’elle l'entende finalement. Mais je suis trop prude, je crois.
Serons
Devant moi, le vide. Sous mes pieds, la corniche. Je ne vais pas bouger. Je laisse seulement le vent caresser mes cheveux et la brise effleurer mes paupières fermées. J'attends que Leta accoure, qu'elle surgisse dans mon dos et m'entoure de ses bras dans une étreinte infinie.
Le sentiment d'égarement qui m'a happée toute entière s'en est allé. Parti aussi subitement qu'il était venu, chassé par la chaleur des mains que j'ai retrouvées. Je ressasserai plus tard, je l'ai déjà suffisamment fait ces derniers temps. Une longue inspiration, et puis je me tourne de nouveau vers ma belle alors même qu'elle reprend la parole. Et sa question me prend tellement de court que je la dévisage, incrédule, sachant pertinemment qu'elle n'est pas en train de plaisanter, que c'est une véritable question et qu'elle la pose avec toute la candeur et la sincérité du monde, comme à son habitude. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi cela me surprend encore.
Je fronce imperceptiblement les sourcils, un peu boudeuse et l'air renfrogné, vexée de m'être fait avoir comme une débutante. Mais ce mécontentement est à moitié feint. Mes yeux pétillent, ils lui disent Sérieusement, Blackbirds ? L'inéluctabilité de la réponse qu'elle s'apprête à m'arracher ne parvient pas à dissimuler les étincelles au fond de mes pupilles.
« Non. » Je lève les yeux au ciel, stupéfaite d'être bel et bien en train de le lui avouer franchement. « Contente ? » raillé-je.
Je lui jette un regard faussement accusateur. « Pourquoi, toi oui ? » Et au moment même où je prononce ces mots, je les regrette immédiatement. Je voudrais les reprendre, les ravaler, mais c'est bien impossible. Je les ai lancés dans l'air comme un trait d'humour, comme s'il pouvait s'agir de l'histoire la plus fantasque et la plus invraisemblable de l'année. Parce qu'il est tout bonnement inconcevable que les lèvres de Leta se soient un jour abandonnées à d'autres que les miennes.
Du moins, c'est ce que j'ai toujours pensé. Et je me rends compte que je ne connais pas grand chose de la mécanique de son cœur. Un vertige me saisit ; est-ce de la jalousie ? de la tristesse, aussi ? Sans doute. Un problème pour plus tard. De toute façon, Leta se charge bien vite de me ramener sur terre avec ses questions. Je cligne des yeux, toujours plus étonnée par cette discussion qui n'a plus rien à voir avec la conversation qu'elle avait choisi d'entamer peu avant. Mais cette fois, un rictus malicieux s'invite sur ma bouche.
« Sûrement plein de gens » je réponds avec un clin d'œil espiègle. « Des tas, même ! J'ai arrêté de compter » renchéris-je en balayant les airs de la main, provocatrice.
Au fond, c'est certainement un peu vrai. À qui ai-je laissé mon image en souvenir, comme une icône à placer sur l'autel des sentiments ? Je n'ai pas la réponse, ni le temps d'y réfléchir davantage : Leta reprend son interrogatoire. Je plisse les yeux, un peu suspicieuse, à mesure qu'elle laisse échapper ses mots. Des mots si précis qu'ils sonnent très exactement comme si Leta se questionnait elle-même. Ma douce, on a vu plus subtil. Je recule machinalement, croisant les bras. « Pourquoi ? » Que cherches-tu à admettre, Leta ? Et à me faire cracher ? Crois-tu vraiment que tu liras dans mes iris tous les secrets que mon cœur tait ? Ces histoires cent fois remodelées dans lesquelles tu apparais ? Ces images étranges et osées ? Pourtant, les voilà qui défilent comme des éclairs devant mes yeux.
Mais je ne dis rien de plus. Je laisse le silence s'étirer entre nous, histoire de lui faire savoir que c'est tout ce qu'elle obtiendra. Et maintenant, je compte bien reprendre l'avantage.
« J'ai une question pour toi, moi » dis-je en enfonçant un index inquisiteur dans son pull. Mes yeux glissent jusqu'aux siens, s'arrêtent et suspendent la légèreté du moment.
« Tu m'aimes ? »
Un oui sincère me suffirait. Je pourrais le capturer dans ma mémoire, l'enfermer dans un bocal et le garder tout près de mon lit, pour combler la distance, chasser tous les moments de doute et d'éloignement. J'ai juste besoin de savoir qu'à cet instant, j'ai sa préférence. C'est tout ce qui m'importe vraiment.
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Le sentiment d'égarement qui m'a happée toute entière s'en est allé. Parti aussi subitement qu'il était venu, chassé par la chaleur des mains que j'ai retrouvées. Je ressasserai plus tard, je l'ai déjà suffisamment fait ces derniers temps. Une longue inspiration, et puis je me tourne de nouveau vers ma belle alors même qu'elle reprend la parole. Et sa question me prend tellement de court que je la dévisage, incrédule, sachant pertinemment qu'elle n'est pas en train de plaisanter, que c'est une véritable question et qu'elle la pose avec toute la candeur et la sincérité du monde, comme à son habitude. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi cela me surprend encore.
Je fronce imperceptiblement les sourcils, un peu boudeuse et l'air renfrogné, vexée de m'être fait avoir comme une débutante. Mais ce mécontentement est à moitié feint. Mes yeux pétillent, ils lui disent Sérieusement, Blackbirds ? L'inéluctabilité de la réponse qu'elle s'apprête à m'arracher ne parvient pas à dissimuler les étincelles au fond de mes pupilles.
« Non. » Je lève les yeux au ciel, stupéfaite d'être bel et bien en train de le lui avouer franchement. « Contente ? » raillé-je.
Je lui jette un regard faussement accusateur. « Pourquoi, toi oui ? » Et au moment même où je prononce ces mots, je les regrette immédiatement. Je voudrais les reprendre, les ravaler, mais c'est bien impossible. Je les ai lancés dans l'air comme un trait d'humour, comme s'il pouvait s'agir de l'histoire la plus fantasque et la plus invraisemblable de l'année. Parce qu'il est tout bonnement inconcevable que les lèvres de Leta se soient un jour abandonnées à d'autres que les miennes.
Du moins, c'est ce que j'ai toujours pensé. Et je me rends compte que je ne connais pas grand chose de la mécanique de son cœur. Un vertige me saisit ; est-ce de la jalousie ? de la tristesse, aussi ? Sans doute. Un problème pour plus tard. De toute façon, Leta se charge bien vite de me ramener sur terre avec ses questions. Je cligne des yeux, toujours plus étonnée par cette discussion qui n'a plus rien à voir avec la conversation qu'elle avait choisi d'entamer peu avant. Mais cette fois, un rictus malicieux s'invite sur ma bouche.
« Sûrement plein de gens » je réponds avec un clin d'œil espiègle. « Des tas, même ! J'ai arrêté de compter » renchéris-je en balayant les airs de la main, provocatrice.
Au fond, c'est certainement un peu vrai. À qui ai-je laissé mon image en souvenir, comme une icône à placer sur l'autel des sentiments ? Je n'ai pas la réponse, ni le temps d'y réfléchir davantage : Leta reprend son interrogatoire. Je plisse les yeux, un peu suspicieuse, à mesure qu'elle laisse échapper ses mots. Des mots si précis qu'ils sonnent très exactement comme si Leta se questionnait elle-même. Ma douce, on a vu plus subtil. Je recule machinalement, croisant les bras. « Pourquoi ? » Que cherches-tu à admettre, Leta ? Et à me faire cracher ? Crois-tu vraiment que tu liras dans mes iris tous les secrets que mon cœur tait ? Ces histoires cent fois remodelées dans lesquelles tu apparais ? Ces images étranges et osées ? Pourtant, les voilà qui défilent comme des éclairs devant mes yeux.
Mais je ne dis rien de plus. Je laisse le silence s'étirer entre nous, histoire de lui faire savoir que c'est tout ce qu'elle obtiendra. Et maintenant, je compte bien reprendre l'avantage.
« J'ai une question pour toi, moi » dis-je en enfonçant un index inquisiteur dans son pull. Mes yeux glissent jusqu'aux siens, s'arrêtent et suspendent la légèreté du moment.
« Tu m'aimes ? »
Un oui sincère me suffirait. Je pourrais le capturer dans ma mémoire, l'enfermer dans un bocal et le garder tout près de mon lit, pour combler la distance, chasser tous les moments de doute et d'éloignement. J'ai juste besoin de savoir qu'à cet instant, j'ai sa préférence. C'est tout ce qui m'importe vraiment.
Ruby-Amber, Gryffone alchimiste, bijou bientôt rouillé
Serons
Je me suis rassurée candidement en me disant que ces questions sont des plus normales. J’ai 18 ans. Ça fait déjà longtemps que ces choses-là se dandinent joyeusement dans ma tête. Mais je suis quand même presque anxieuse d’avoir ses réponses (qui ne tardent pas d’ailleurs).
Je crois que je n’ai rien rétorqué non plus. Je l’ai laissé me parler, me questionner à mon tour. Je suis idiote de ne pas avoir pensé à ça : ce revirement de situation, je m'étais fait le film dans ma tête mais, à mon avis, je serais bien incapable d'avouer gaiement ce genre de pensées. Puis la question sur le bisou me trouble. Me ramenant quelques années en arrière quand... C’est dur, si ces mots sortent de ma bouche, son cœur se serrera comme le mien l'aurait fait. Dois-je lui dire la vérité ? Dois-je lui mentir ? Dawn n’a été qu’une... je ne sais même pas, maladresse ? Non, c’était réel, mais ce n’était clairement pas de l’amour, j’en suis consciente. Dois-je omettre sa question, laisser le blanc ? Dur. Me voilà avec trois grosses interrogations de sa part, me voilà prise au piège par mon propre jeu. Tu es rudement maligne, Ruby.
Je ne saurai pas comment l'expliquer mais tout me ramène à hier soir. Cet amour que je lui porte crée une tension qu’il est si... doux de relâcher. J’ai honte de moi. Si tu savais la vie secrète que tu vivais avec moi en ton absence... Mais je vois aussi ce qui trouble tes yeux. Il me semble que tu caches des choses. Mais ton "pourquoi" est incontournable : je ne peux pas m’y soustraire ou te le retourner. Bravo.
Je crois qu’une dizaine de secondes au moins se sont écoulées depuis sa dernière question.
Cessons de tergiverser. Avouons tous nos crimes. Enfin, j’espère.
Oui. Oui j’ai déjà embrassé quelqu’un. C’est vieux, ce n’était pas de l’amour, je le sais aujourd'hui. Je pense que c’était un peu pour la sauver, la raccrocher à quelque chose dans le réel. Et... et ma voix se tait. En fait, je n’ai rien à dire de plus à son sujet. Je reprends mon souffle et entame le deuxième sujet.
Pourquoi... Je mords mes lèvres. Tu as gagné mais tu n'auras pas les mots que je t’ai imaginés ? Oh non. Parce que. Parce que je crois que moi oui. Comme si ma défense était solide, je me réfugie derrière ce verbe "croire" pour rendre mes pensées obscènes moins tangibles. Je n’ai pas cessé de rougir. Puis je souffle doucement : Je nous imagine et... Cette fois-ci, mon silence veut dire plus que le silence. Je ne veux plus être la seule à ressembler à une tomate, j’espère que mon traquenard fonctionnera.
Continuons donc sur cette lancée.
Moi aussi j’ai une question pour toi. Est-ce que t’aimer rendrait les choses vraies, intenses, sérieuses ? Ne le sont-elles pas déjà ? Nombreux sont les mots adressés à toi et que tu n’as jamais entendus.
Puis-je vraiment laisser le suspense ?
Mon cœur bat la chamade et mon ventre est en ébullition. Je ne l’avais pas imaginé comme ça, et pourtant j’avais répété hier. Je ne te laisse pas le temps de réagir et soutiens fermement ton regard d’ange.
Oui, je t’aime, Ruby.
Je crois que je n’ai rien rétorqué non plus. Je l’ai laissé me parler, me questionner à mon tour. Je suis idiote de ne pas avoir pensé à ça : ce revirement de situation, je m'étais fait le film dans ma tête mais, à mon avis, je serais bien incapable d'avouer gaiement ce genre de pensées. Puis la question sur le bisou me trouble. Me ramenant quelques années en arrière quand... C’est dur, si ces mots sortent de ma bouche, son cœur se serrera comme le mien l'aurait fait. Dois-je lui dire la vérité ? Dois-je lui mentir ? Dawn n’a été qu’une... je ne sais même pas, maladresse ? Non, c’était réel, mais ce n’était clairement pas de l’amour, j’en suis consciente. Dois-je omettre sa question, laisser le blanc ? Dur. Me voilà avec trois grosses interrogations de sa part, me voilà prise au piège par mon propre jeu. Tu es rudement maligne, Ruby.
Je ne saurai pas comment l'expliquer mais tout me ramène à hier soir. Cet amour que je lui porte crée une tension qu’il est si... doux de relâcher. J’ai honte de moi. Si tu savais la vie secrète que tu vivais avec moi en ton absence... Mais je vois aussi ce qui trouble tes yeux. Il me semble que tu caches des choses. Mais ton "pourquoi" est incontournable : je ne peux pas m’y soustraire ou te le retourner. Bravo.
Je crois qu’une dizaine de secondes au moins se sont écoulées depuis sa dernière question.
Cessons de tergiverser. Avouons tous nos crimes. Enfin, j’espère.
Oui. Oui j’ai déjà embrassé quelqu’un. C’est vieux, ce n’était pas de l’amour, je le sais aujourd'hui. Je pense que c’était un peu pour la sauver, la raccrocher à quelque chose dans le réel. Et... et ma voix se tait. En fait, je n’ai rien à dire de plus à son sujet. Je reprends mon souffle et entame le deuxième sujet.
Pourquoi... Je mords mes lèvres. Tu as gagné mais tu n'auras pas les mots que je t’ai imaginés ? Oh non. Parce que. Parce que je crois que moi oui. Comme si ma défense était solide, je me réfugie derrière ce verbe "croire" pour rendre mes pensées obscènes moins tangibles. Je n’ai pas cessé de rougir. Puis je souffle doucement : Je nous imagine et... Cette fois-ci, mon silence veut dire plus que le silence. Je ne veux plus être la seule à ressembler à une tomate, j’espère que mon traquenard fonctionnera.
Continuons donc sur cette lancée.
Moi aussi j’ai une question pour toi. Est-ce que t’aimer rendrait les choses vraies, intenses, sérieuses ? Ne le sont-elles pas déjà ? Nombreux sont les mots adressés à toi et que tu n’as jamais entendus.
Puis-je vraiment laisser le suspense ?
Mon cœur bat la chamade et mon ventre est en ébullition. Je ne l’avais pas imaginé comme ça, et pourtant j’avais répété hier. Je ne te laisse pas le temps de réagir et soutiens fermement ton regard d’ange.
Oui, je t’aime, Ruby.
