Un départ sur des chapeaux de glaçons.
Pour plus de contexte, de détails et une meilleure compréhension de ce post, allez lire cet OS.
·𖥸·
Sinon, voici un petit résumé de la situation : Artamiel vient tout juste d'accepter l'arrivée d'une "petite sœur" dans sa famille.
·𖥸·
Sinon, voici un petit résumé de la situation : Artamiel vient tout juste d'accepter l'arrivée d'une "petite sœur" dans sa famille.
Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
*Pensées*
Gestes / Narration
Paroles
Samedi 29 Octobre
Le matin, à l'arrivée du Poudlard Express
Le matin, à l'arrivée du Poudlard Express
Je n’ai pas dis un mot dans la voiture, seul le bruit du moteur accompagnait le silence lourd entre mes pères, les gazouillements de ma sœur, et moi. Arrivé sur le quai, je ne me suis pas retourné. Je crois qu’ils se sont excusés : je ne sais plus, je n’ai pas écouté. Malgré tout mes efforts pour ne pas leur prêter attention, le coin de mon regard aperçoit les cheveux cendrés de la petite fille maintenant aux côtés de ma famille. Je passe la parcelle de briques le plus vite possible. La sensation, toujours aussi désagréable, me paraît bien plus supportable maintenant que mon propre chez moi m’étouffe.
Le bruit de chaque chariot résonne quand ils se touchent, se bousculent, et chacun cris ses vœux d’amour avant de monter dans le train, empirant le brouhaha ambiant. De la bile me monte, mais je déglutis seulement, prenant mon mal en patience pour monter à mon tour dans l’une des cabines. Aussi seul que l’es un Veaudelune en plein jour, je me glisse contre la fenêtre, espérant faire redescendre ma tension le plus possible.
*Je les détestes.*
C’est un mensonge, et je le sais, mais je suis tellement en colère. Ou démunis ? Je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas qui a tort, qui a raison, qui est responsable. Alors, je regarde le paysage défiler devant mes yeux, mes iris argentées assombris par les nuages dans le ciel, ou par ma propre tempête intérieure. J’essaie de penser à autre chose, le son de chaque goutte d’eau contre la vitre résonnant dans l’espace. Mon visage reste neutre, indifférent, aussi lisse que de l’ivoire. Voir la pluie pleurer pour moi me fais desserrer ma poigne sur le siège, et ma boucle d’oreille, le tintement de celle-ci me faisant fermer les paupières. Je me sens si seul, si froid dans ce petit espace rien qu’à moi pour la durée du trajet. Trahis, blessé, c’est un abandon que je vis de nouveau qui me dévore les tripes. Pourtant, pas la moindre grimace, le moindre sourire amer, aucun de mes traits n’es tirés en une quelconque émotions.
*Je pensais que ça allait, que ça irait bien.*
Mais tout ce bonheur, cette vie confortable, ce cocon qui m'était unique, les voir s’écrouler aussi vite, m’a rappelé que je ne suis que chanceux d’être né, et rien d’autre. Devoir réapprendre à vivre avec un autre, en prendre soin, l’aimer : tout ce que je ne sais pas faire. Cet enfant me surpassera et de loin, que ce soit en tant que personne, ou en l’honneur de mes pères, et ça me ronge de le savoir, et de ne pouvoir qu’acquiescer. Le pire, c’est que je ne peux lui en vouloir, parce qu’elle est en droit d’avoir un foyer, d'avoir une famille. Il n'y a aucuns obstacles pour ça, et le problème n’est pas sa présence, mais bien la mienne.
*Pourquoi j’y arrive pas, je comprends pas, je comprends pas...*
Que ce soit à Poudlard ou, maintenant, mon propre chez moi, mon cœur de pierre restera donc le même. Épuisé par toutes ces réflexions, je me blottis un peu plus contre la vitre, m’endormant au fur et à mesure que mon cœur réchauffé il y a peu accepte enfin de nouveau la froideur de mon indifférence.
550 mots
"I don’t belong in the world.
That’s what it is."
That’s what it is."