Que dire face à la sensation de vide ?
18 Janvier 2051
16h, bureau de psychomagie
PV : @Hyacinthe Kyros
7e année
TW : Changement de comportement,
Cauchemars,
Possibles mentions de trauma liés à de la violence parentale
16h, bureau de psychomagie
PV : @Hyacinthe Kyros
7e année
TW : Changement de comportement,
Cauchemars,
Possibles mentions de trauma liés à de la violence parentale

Noir, comme ses yeux.
Infini, profond et sans lumière.
Le bruit de la mine raturant le papier flottait dans la salle d'attente. Un trait, puis deux, les ombres se dessinaient, dévorant la blancheur de la feuille. Des formes s'exprimaient à travers ses esquisses. Elles vivaient au milieu d'une cohésion incomplète, fragile. Pourtant elles persistaient à envahir l'espace, à se forger une place en dehors du cœur de l'adolescente.
Émeline n'avait pas voulu revenir dans ce bureau. Attendre là, son carnet sur les genoux, rendait l'instant difficile à supporter. Si elle n'avait pas voulu rassurer Dorian, elle serait restée dans sa salle commune ou n'importe où qu'ici. Était-ce le fait qu'elle allait devoir parler avec le psychomage qui la stressait autant ? Non, pas vraiment. Elle savait que l'adulte n'était pas méchant, elle l'avait bien remarqué et l'avait même félicité pour son travail avec le jeune Poufsouffle. Cependant, où était la limite ? Qu'est-ce qu'elle devait éviter de dire pour ne pas que l'histoire prenne des proportions démesurées ?
Oh, bien sûr, il n'était pas commun de passer de la fille souriante à celle qui serait prête à sauter à la gorge du premier venu qui l'ennuyait un peu trop. Elle en avait conscience, que quelque chose clochait chez elle. Entre ses sautes d'humeur, ses soucis en Potions et ses nuits blanches à répétition, Émeline s'embourbait dans un cycle à peine tenable. Et si elle ne faisait rien, qu'est-ce qu'il adviendrait ? Sur qui allait-elle finir par lâcher ce profond mal-être et exploser ?
Exploser, oui, c'était le bon terme. C'était la sensation qui la traversait quand la colère montait, que le dégoût prenait place au fond de sa gorge et assombrissait ses traits. Et que dire de ses cernes violacées ? Marques des nuits loin de Morphée et des agitations nocturnes. Émeline ne pouvait les dissimuler avec ses cheveux, elle n'avait que l'option de les assumer ou plutôt, de les accepter sans rien dire.
Elle allait devoir affronter cette nouvelle épreuve sans craquer. Émeline savait qu'elle était capable de la surmonter, de paraître pas trop mal en point pour éviter qu'un possible signalement chez les professeurs se fasse. Parce que si le corps professoral venait à se poser des questions sur son cas, elle allait devoir parler, expliquer au grand jour ces soirées qui l'hantaient encore. Et par la même occasion, exposer Alexander à d'énièmes tracas. Pour l'adolescente, elle préférait subir tout toute seule plutôt que d'emporter avec elle son protecteur.
"Êtes-vous sûr d'être la fautive dans cette histoire ?"
S'il avait besoin qu'elle soit la plus forte, elle le serait.
S'il avait besoin qu'elle soit la plus forte, elle le serait.
"Émeline, accepterais-tu une dance entre père et fille ?"
S'il avait besoin de la voir sourire, elle le ferait.
S'il avait besoin de la voir sourire, elle le ferait.
"Je ne regrette en aucun cas de t'avoir accosté à la fontaine ce jour-là."
S'il avait besoin qu'elle...reste, alors, elle resterait.
S'il avait besoin qu'elle...reste, alors, elle resterait.
Les minutes défilaient.
Son dessin avançait.
Le rendez-vous, lui, allait commencer.
(482 mots)
Les phrases en italiques sont des paroles qu'Alexander a dit à Emeline - Si quelque chose ne va pas, n'hésite pas à passer me voir par hibou
@Dorian Peachey pour la mention
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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Que dire face à la sensation de vide ?
Cette après-midi là était légère et d'une tranquillité bienvenue. Elle avait permit au psychomage de Poudlard une certaine souplesse vis-à-vis de son emploi du temps, impactant grandement son humeur. Bien sûr, cela n'était pas tout : Hyacinthe avait passé une nuit revigorante et s'était trouvé particulièrement joyeux tout au long de la matinée. Lernie, semblant elle aussi affectée par ce doux maux, avait été très câline dès le réveil. Le trentenaire s'était donc permit une visite en salle des professeurs entre deux rendez-vous amplement éloignés. Faire connaissance avec Jane était agréable, et Hyacinthe se surprit à penser qu'il aurait dû, s'il en avait eu le temps, l'aborder avec plus d'attention lors de la fête costumée à La Fausse Danse. Enfin, ce qui était fait était fait, et aucun d'eux ne pouvait revenir dessus. Même si le roux n'envisageait pas une proximité exceptionnelle avec Jane, elle restait une collègue à la compagnie très agréable. Il était content qu'ils puisse avoir la possibilité de se côtoyer tous les jours à Poudlard, espérant secrètement pouvoir se tourner vers elle lorsqu'il aurait un moment de solitude.
Cela étant, Hyacinthe se retrouvait alors dans le couloir du troisième étage maintenant aussi familier que ses propres appartements, se dirigeant vers son bureau d'un pas assuré. Rien d'inhabituel, en soit. Il avait prit le temps de s'habituer à certaines rencontres depuis sa prise de poste, jusqu'à se retrouver aujourd'hui serein face à de potentielles situations fortuites. C'est donc avec une tranquillité acquise qu'il entre dans la salle d'attente menant à son bureau, non sans se douter, en vue de l'heure, que son prochain rendez-vous serait déjà là.
Le doux son de la mine de crayon sur le papier l'atteignit avant même qu'il ne le voie. Son précis, presque agressif dans sa répétition, qui était d'un rythme qui lui faisait bien plus penser au dessin qu'à l'écriture. Hyacinthe s'immobilisa une fraction de seconde sur le seuil de la porte, l'observant un instant sans se montrer intrusif, puis referma la porte avec douceur.
- Bonjour, Émeline, salua-t-il avec un doux signe de tête.
La jeune Joyner était là, penchée sur son carnet, comme si le monde autour d’elle pouvait disparaître à condition de noircir suffisamment la page. Hyacinthe nota passivement la tension de ses épaules et la manière dont ses doigts semblaient s’agripper au crayon plus qu’ils ne le guidaient. Ce dessin n'avait pas vraiment l'air distrayant, nota-t-il.
Il ouvrit enfin la porte de son bureau et s'arrêta quelques pas derrière son encolure, à une distance raisonnable de la bulle qu'avait construit la Serdaigle. La pièce, toujours lumineuse en cette heure, avait la même apparence chaleureuse qu'à son habitude. Le psychomage fit rapidement l'inventaire de ses stocks - il était toujours limité en chocolat, mince - , puis adressa un sourire chaleureux à Émeline. Il repensa soudainement au petit mot qu'elle lui avait laissé concernant Dorian et son sourire s'élargit un peu plus.
- Veuillez m'excusez, j'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Souhaitez-vous entrer ?
Une invitation claire, un choix qui était entre les mains de la jeune fille. Il n’y avait ni obligation ni injonction dans ses mots, et Hyacinthe se savait capable de mener son entretien aussi bien dans le confort de son fauteuil que dans les sièges de cette salle, tant que son patient était à l'aise. Son regard, attentif, glissa brièvement sur le carnet avant de revenir vers son visage, respectant le rideau de cheveux derrière lequel elle se dissimulait. Hyacinthe se contenta de rester là, patient et ancré, dans l'objectif d'offrir un cadre stable à l'adolescente.
Cela étant, Hyacinthe se retrouvait alors dans le couloir du troisième étage maintenant aussi familier que ses propres appartements, se dirigeant vers son bureau d'un pas assuré. Rien d'inhabituel, en soit. Il avait prit le temps de s'habituer à certaines rencontres depuis sa prise de poste, jusqu'à se retrouver aujourd'hui serein face à de potentielles situations fortuites. C'est donc avec une tranquillité acquise qu'il entre dans la salle d'attente menant à son bureau, non sans se douter, en vue de l'heure, que son prochain rendez-vous serait déjà là.
Le doux son de la mine de crayon sur le papier l'atteignit avant même qu'il ne le voie. Son précis, presque agressif dans sa répétition, qui était d'un rythme qui lui faisait bien plus penser au dessin qu'à l'écriture. Hyacinthe s'immobilisa une fraction de seconde sur le seuil de la porte, l'observant un instant sans se montrer intrusif, puis referma la porte avec douceur.
- Bonjour, Émeline, salua-t-il avec un doux signe de tête.
La jeune Joyner était là, penchée sur son carnet, comme si le monde autour d’elle pouvait disparaître à condition de noircir suffisamment la page. Hyacinthe nota passivement la tension de ses épaules et la manière dont ses doigts semblaient s’agripper au crayon plus qu’ils ne le guidaient. Ce dessin n'avait pas vraiment l'air distrayant, nota-t-il.
Il ouvrit enfin la porte de son bureau et s'arrêta quelques pas derrière son encolure, à une distance raisonnable de la bulle qu'avait construit la Serdaigle. La pièce, toujours lumineuse en cette heure, avait la même apparence chaleureuse qu'à son habitude. Le psychomage fit rapidement l'inventaire de ses stocks - il était toujours limité en chocolat, mince - , puis adressa un sourire chaleureux à Émeline. Il repensa soudainement au petit mot qu'elle lui avait laissé concernant Dorian et son sourire s'élargit un peu plus.
- Veuillez m'excusez, j'espère que je ne vous ai pas trop fait attendre. Souhaitez-vous entrer ?
Une invitation claire, un choix qui était entre les mains de la jeune fille. Il n’y avait ni obligation ni injonction dans ses mots, et Hyacinthe se savait capable de mener son entretien aussi bien dans le confort de son fauteuil que dans les sièges de cette salle, tant que son patient était à l'aise. Son regard, attentif, glissa brièvement sur le carnet avant de revenir vers son visage, respectant le rideau de cheveux derrière lequel elle se dissimulait. Hyacinthe se contenta de rester là, patient et ancré, dans l'objectif d'offrir un cadre stable à l'adolescente.
596 - @Émeline Joyner
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Que dire face à la sensation de vide ?
Ancrée dans son univers factice, elle n'avait pas entendu l'arrivée furtive du psychomage. Quand sa voix s'éleva dans la pièce, brisant la solitude des ratures incessantes, Émeline fit un trait bien trop long sur son dessin. Ses sourcils se froncèrent à la vue de sa maladresse. Elle ne pouvait pas laisser le dessin dans cet état. Sa main partit récupérer sa gomme qui trainait près d'elle et elle se mit à effacer l'erreur qu'elle avait provoquée. Le trait diminué à une bonne taille, elle releva enfin le visage vers le roi des lieux.
- Bonjour, Monsieur Kyros.
Sa voix était basse mais dénuée de mauvaises notes. Sa contrariété liée à l'esquisse n'avait pas débordé sur ses mots ni dans le regard qu'elle porta sur l'adulte. Il était drôle d'enfin se trouver proche de celui à qui elle avait adressé ce mot quelques mois plus tôt. Malgré les nombreux repas qu'ils avaient dû partager dans la Grande Salle, Émeline n'avait jamais fait attention à l'apparence du psychomage. La blancheur des quelques mèches de cheveux détonnait avec sa rousseur. Et, loin d'être dégoûtée par la découverte, la Serdaigle faillit faire un commentaire, sûrement un compliment sur cette particularité. Pourtant, avant même que l'idée ne parvienne jusqu'à sa langue, Émeline se retint de le faire. Il n'était pas correct de faire ça. Même si c'était pour complimenter, elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise.
Un sourire chaleureux, une distance adéquate. Il savait comment mettre quelqu'un à l'aise, visiblement. Brièvement, elle se demanda s'il dédiait à chaque fois les mêmes phrases, les mêmes salutations à chacun de ses patients. N'était-ce pas ennuyant de toujours se répéter ? Ça aussi elle allait éviter de le dire à voix haute. Au lieu de s'aventurer dans des questionnements inutiles, Émeline lança un regard vers le bureau qui était enfin ouvert, disposé à être envahi par sa présence. Mr Kyros l'invitait à rentrer tout en s'excusant de l'attente. Délicate attention qu'elle nota mais qu'elle garda sous silence.
Elle était là pour le voir, pas pour rester dans sa salle d'attente. Alors elle se forcerait, même si ses jambes désiraient se mouvoir et l'emmener ailleurs.
- Oui, bien sûr.
Tel un automate, elle rangea son matériel d'art dans son sac et garda près d'elle son carnet. Même si elle ne comptait pas dessiner durant la séance, elle sentait qu'elle avait besoin de le sentir contre elle pour la surmonter. Debout, elle fit de son mieux pour ne pas baisser la tête et pour garder le dos plutôt droit. Simples détails qu'elle souhaitait dissimuler, bien qu'elle se doutât qu'il en avait déjà dû en remarquer quelques-uns.
Elle passa devant lui pour rentrer dans le bureau et elle fut frappée par l'ambiance qui s'y dégageait. Émeline s'attendait presque à une salle typique des hôpitaux, seulement faite de blanc et de quelques meubles. Mais là, c'était comme si elle dans le salon d'une maison. Les couleurs de l'automne et l'omniprésence du bois apportaient un côté accueillant, quasiment réconfortant. Ici, elle avait presque l'impression d'être de retour chez Alexander, plus particulièrement dans sa bibliothèque.
L'adolescente osa avancer dans la pièce, les yeux observateurs. Deux fauteuils et un canapé étaient disponibles et Émeline ne savait pas sur lequel d'entre eux elle devait s'asseoir. Elle s'arrêta près du canapé, passa sa main dessus pour tester sa douceur. Avec tous ses coussins, il paraissait être le meilleur choix. Après quelques secondes d'hésitation, elle prit place sur celui-ci, son carnet toujours plaqué contre elle.
Bien installée mais gênée par le commencement de ce rendez-vous, Émeline serra un peu plus fort l'étreinte autour de son précieux cahier. Puis, pour briser la note silencieuse qui s'était imposée dans le bureau, elle parla.
- Vous avez passé une bonne journée ?
À peine avait-elle posé sa question qu'elle réalisa que ce n'était pas à elle de mener la conversation. Zut. Tant pis, il n'y avait pas de mal à demander ça.
(654 mots)
@Hyacinthe Kyros
- Bonjour, Monsieur Kyros.
Sa voix était basse mais dénuée de mauvaises notes. Sa contrariété liée à l'esquisse n'avait pas débordé sur ses mots ni dans le regard qu'elle porta sur l'adulte. Il était drôle d'enfin se trouver proche de celui à qui elle avait adressé ce mot quelques mois plus tôt. Malgré les nombreux repas qu'ils avaient dû partager dans la Grande Salle, Émeline n'avait jamais fait attention à l'apparence du psychomage. La blancheur des quelques mèches de cheveux détonnait avec sa rousseur. Et, loin d'être dégoûtée par la découverte, la Serdaigle faillit faire un commentaire, sûrement un compliment sur cette particularité. Pourtant, avant même que l'idée ne parvienne jusqu'à sa langue, Émeline se retint de le faire. Il n'était pas correct de faire ça. Même si c'était pour complimenter, elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise.
Un sourire chaleureux, une distance adéquate. Il savait comment mettre quelqu'un à l'aise, visiblement. Brièvement, elle se demanda s'il dédiait à chaque fois les mêmes phrases, les mêmes salutations à chacun de ses patients. N'était-ce pas ennuyant de toujours se répéter ? Ça aussi elle allait éviter de le dire à voix haute. Au lieu de s'aventurer dans des questionnements inutiles, Émeline lança un regard vers le bureau qui était enfin ouvert, disposé à être envahi par sa présence. Mr Kyros l'invitait à rentrer tout en s'excusant de l'attente. Délicate attention qu'elle nota mais qu'elle garda sous silence.
Elle était là pour le voir, pas pour rester dans sa salle d'attente. Alors elle se forcerait, même si ses jambes désiraient se mouvoir et l'emmener ailleurs.
- Oui, bien sûr.
Tel un automate, elle rangea son matériel d'art dans son sac et garda près d'elle son carnet. Même si elle ne comptait pas dessiner durant la séance, elle sentait qu'elle avait besoin de le sentir contre elle pour la surmonter. Debout, elle fit de son mieux pour ne pas baisser la tête et pour garder le dos plutôt droit. Simples détails qu'elle souhaitait dissimuler, bien qu'elle se doutât qu'il en avait déjà dû en remarquer quelques-uns.
Elle passa devant lui pour rentrer dans le bureau et elle fut frappée par l'ambiance qui s'y dégageait. Émeline s'attendait presque à une salle typique des hôpitaux, seulement faite de blanc et de quelques meubles. Mais là, c'était comme si elle dans le salon d'une maison. Les couleurs de l'automne et l'omniprésence du bois apportaient un côté accueillant, quasiment réconfortant. Ici, elle avait presque l'impression d'être de retour chez Alexander, plus particulièrement dans sa bibliothèque.
L'adolescente osa avancer dans la pièce, les yeux observateurs. Deux fauteuils et un canapé étaient disponibles et Émeline ne savait pas sur lequel d'entre eux elle devait s'asseoir. Elle s'arrêta près du canapé, passa sa main dessus pour tester sa douceur. Avec tous ses coussins, il paraissait être le meilleur choix. Après quelques secondes d'hésitation, elle prit place sur celui-ci, son carnet toujours plaqué contre elle.
Bien installée mais gênée par le commencement de ce rendez-vous, Émeline serra un peu plus fort l'étreinte autour de son précieux cahier. Puis, pour briser la note silencieuse qui s'était imposée dans le bureau, elle parla.
- Vous avez passé une bonne journée ?
À peine avait-elle posé sa question qu'elle réalisa que ce n'était pas à elle de mener la conversation. Zut. Tant pis, il n'y avait pas de mal à demander ça.
(654 mots)
@Hyacinthe Kyros
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Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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Que dire face à la sensation de vide ?
Hyacinthe referma la porte derrière eux avec lenteur, comme on scelle un cocon. Le cliquetis discret de la poignée résonna brièvement, puis fut aussitôt englouti par le calme feutré du bureau. Il laissa Émeline avancer sans la précéder, observant du coin de l’œil cette hésitation presque imperceptible dans sa démarche, cette attention extrême portée à chaque détail, comme si elle cherchait à deviner les règles d’un lieu dont elle ignorait encore tout. C'était une attitude très méticuleuse, qui ne le surprenait pas chez une élève de septième année. La curiosité, la maturité, et la conscience de devoir savoir où l'on mettait les pieds, étaient des éléments cohérents qui ne purent qu'être compris par le psychomage.
Celui-ci ne dit rien pendant qu’elle découvrait l’espace. Il connaissait ce moment, l'ayant lui-même vécu lors de son premier jour. Des quelques autres qui ont suivi, aussi. Le roux savait combien l’environnement était nécessaire dans le développement d'un sentiment de sécurité. Les teintes chaudes, le bois ancien, les étagères chargées de livres annotés, quelques objets personnels qu'il avait ramené de Grèce... rien n’était laissé au hasard. Il fallait que ses patients et lui-même s'y sentent bien, et cela était le cas. Mia l'avait très bien compris, et le Gallois n'avait trouvé aucune objection à laisser son bureau tel quel.
Lorsqu'Émeline posa la main sur le canapé, Hyacinthe sentit ses épaules se détendre légèrement. Il s’installa à son tour non pas en face d’elle de manière frontale mais légèrement de biais, sur un fauteuil bas, laissant entre eux une distance confortable. Il croisa les jambes, posa ses mains sur l’accoudoir dans une posture d'une légèreté élégante, puis releva vers elle un regard attentif et rassurant.
Le peu d'adaptation nécessaire pour faire face à la question de la Serdaigle fit sourire Hyacinthe. Bien sûr, il menait les entretiens, là était son métier. Mais cela n'empêchait en rien la jeune fille de discuter avec lui, la conversation se faisant à double sens. Pourtant, cela faisait longtemps qu’on ne le lui avait pas posée sans arrière-pensée, et le roux ne pu que répondre avec une honnêteté complète.
- Oui, répondit-il simplement. Une très bonne journée, même. Il inclina légèrement la tête, comme pour accompagner ses mots, et développa. J'ai eu l'occasion de discuter avec Miss Plogeth un peu plus tôt, en salle des professeurs. Ce sont des moments... apaisants.
Il marqua une courte pause, le regard perdu sur le carreau de la fenêtre, puis ajouta d’un ton plus léger, plus vivant :
- Et le soleil était de la partie ! C'est une sacrée aubaine, surtout dans cette région. Et vous ? Comment s’est passée votre journée jusqu’ici ?
Il se redressa sur son siège avec un rire franc, puis réalisa qu'il devait encore aborder un sujet avant de plonger dans le cœur de la venue d'Émeline. Le roux reprit alors avant qu'elle ne puisse répondre, se déplaçant à nouveau afin de se lever d'un mouvement fluide.
- Maintenant que j'y pense, avant toute chose, reprit-il, j’aimerais vous proposer quelque chose à boire.
Il désigna d’un geste le petit meuble près de son bureau, où les vestiges d'une théière vide attendait impatiemment d'être utilisée.
- J’ai du thé - de plusieurs sortes, bien sûr. De l’eau, du chocolat chaud, et... du café, si vous en avez l'habitude ?
La jeune fille était bien assez grande pour qu'il lui propose du café, c'était certain. Qu'elle en boive ou non, peu importait. L'idée était surtout que Hyacinthe ne pouvait se permettre de proposer du café à un élève de douze ans. Là, en revanche... Il attendit simplement, prêt à servir la boisson ou à reprendre place, laissant à Émeline le temps - toujours, toujours du temps - de répondre, à la question comme à l’invitation.
Celui-ci ne dit rien pendant qu’elle découvrait l’espace. Il connaissait ce moment, l'ayant lui-même vécu lors de son premier jour. Des quelques autres qui ont suivi, aussi. Le roux savait combien l’environnement était nécessaire dans le développement d'un sentiment de sécurité. Les teintes chaudes, le bois ancien, les étagères chargées de livres annotés, quelques objets personnels qu'il avait ramené de Grèce... rien n’était laissé au hasard. Il fallait que ses patients et lui-même s'y sentent bien, et cela était le cas. Mia l'avait très bien compris, et le Gallois n'avait trouvé aucune objection à laisser son bureau tel quel.
Lorsqu'Émeline posa la main sur le canapé, Hyacinthe sentit ses épaules se détendre légèrement. Il s’installa à son tour non pas en face d’elle de manière frontale mais légèrement de biais, sur un fauteuil bas, laissant entre eux une distance confortable. Il croisa les jambes, posa ses mains sur l’accoudoir dans une posture d'une légèreté élégante, puis releva vers elle un regard attentif et rassurant.
Le peu d'adaptation nécessaire pour faire face à la question de la Serdaigle fit sourire Hyacinthe. Bien sûr, il menait les entretiens, là était son métier. Mais cela n'empêchait en rien la jeune fille de discuter avec lui, la conversation se faisant à double sens. Pourtant, cela faisait longtemps qu’on ne le lui avait pas posée sans arrière-pensée, et le roux ne pu que répondre avec une honnêteté complète.
- Oui, répondit-il simplement. Une très bonne journée, même. Il inclina légèrement la tête, comme pour accompagner ses mots, et développa. J'ai eu l'occasion de discuter avec Miss Plogeth un peu plus tôt, en salle des professeurs. Ce sont des moments... apaisants.
Il marqua une courte pause, le regard perdu sur le carreau de la fenêtre, puis ajouta d’un ton plus léger, plus vivant :
- Et le soleil était de la partie ! C'est une sacrée aubaine, surtout dans cette région. Et vous ? Comment s’est passée votre journée jusqu’ici ?
Il se redressa sur son siège avec un rire franc, puis réalisa qu'il devait encore aborder un sujet avant de plonger dans le cœur de la venue d'Émeline. Le roux reprit alors avant qu'elle ne puisse répondre, se déplaçant à nouveau afin de se lever d'un mouvement fluide.
- Maintenant que j'y pense, avant toute chose, reprit-il, j’aimerais vous proposer quelque chose à boire.
Il désigna d’un geste le petit meuble près de son bureau, où les vestiges d'une théière vide attendait impatiemment d'être utilisée.
- J’ai du thé - de plusieurs sortes, bien sûr. De l’eau, du chocolat chaud, et... du café, si vous en avez l'habitude ?
La jeune fille était bien assez grande pour qu'il lui propose du café, c'était certain. Qu'elle en boive ou non, peu importait. L'idée était surtout que Hyacinthe ne pouvait se permettre de proposer du café à un élève de douze ans. Là, en revanche... Il attendit simplement, prêt à servir la boisson ou à reprendre place, laissant à Émeline le temps - toujours, toujours du temps - de répondre, à la question comme à l’invitation.
627 - @Émeline Joyner
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Que dire face à la sensation de vide ?
Sans se retourner, elle l'entendit refermer la porte du bureau, scellant la pièce le temps de leur séance. Émeline avait suivi du regard son avancée vers le fauteuil qu'il avait choisi. Encore une fois, elle fut étonnée par un autre détail qui lui sauta aux yeux . S'il s'était placé juste en face d'elle, cela aurait accentué l'effet de rendez-vous, de concertation. Mais en se plaçant de biais, cela ressemblait presque à un moment goûter, un instant sans prise de tête entre deux connaissances. C'était un choix avisé et qui marchait. Il était fort, très fort.
Au lieu de simplement lui répondre banalement à sa question, il s'était détendu et lui avait répondu avec une sincérité agréable. Il avait glissé quelques détails sur sa matinée et une remarque sur le beau temps. Si elle n'était pas consciente qu'elle était dans le bureau de psychomagie, elle ne serait pas certaine d'être dans un rendez-vous "médical". L'ambiance qui était en train de se former était plus détendue à laquelle elle s'était attendue et, petit à petit, elle desserra son étreinte autour de son carnet.
Elle comptait lui partager sa pensée sur sa journée à son tour, mais la proposition d'une boisson chaude la coupa dans sa lancée. Émeline écouta les options et ne put retenir une petite moue refrognée à la dernière. Le café...Cette boisson du démon qui avait marqué à vie ses papilles...Il était hors de question qu'elle en accepte une tasse.
- Je vais prendre un chocolat-chaud, s'il-vous-plaît, répondit-elle en regardant s'il y avait du sucre sur le meuble. Vous avez du sucre ? C'est toujours meilleur avec un carré ou deux.
Sa lubie pour les choses sucrées ne s'était pas affaiblie avec le temps. Malgré les fois où elle ne ressentait pas la faim quand le moral n'était pas là, elle ne refusait jamais quelque chose de chocolaté. En attendant que sa commande soit prête, elle se permit de s'appuyer contre le dossier du canapé et déplaça une main vers un des coussins qui l'entouraient. À mesure que les secondes s'écoulaient, elle tentait de détendre son corps et de ne pas oublier le pourquoi de l'entrevue.
Mais pour l'instant, elle pouvait bien parler comme si de rien n'était.
- J'ai eu cours de Sortilèges ce matin et c'était...intéressant. Un peu comme à chaque fois, Miss Priddy fait du super travail, dit-elle avec un petit sourire. Même si je n'ai plus de mercredi sans cours, je ne regrette pas d'avoir pris cette option. La magie vaut bien le coup de sacrifier quelques heures de mon temps.
Sa voix se coupa un instant pour qu'elle puisse lancer un regard vers la fenêtre. Le soleil brillait d'une douce lueur et partageait gracieusement un peu de chaleur pour ce mois de janvier. En se répétant le commentaire du psychomage en tête, ses lèvres s'étirèrent un peu plus et un air détendu se joua sur ses traits tirés.
- Vous avez raison, ça fait du bien d'avoir du soleil, surtout en ce moment.
Une discussion sans arrière-pensée, sans traquenard au détour d'une phrase. C'était la sensation qu'elle avait depuis qu'il avait opté pour la sincérité. Cependant, la Serdaigle savait que l'essence même de leur échange allait finir par changer à un moment donné. Et dans l'attente de ce changement, elle se préparait à y faire face.
(554 mots)
@Hyacinthe Kyros
Au lieu de simplement lui répondre banalement à sa question, il s'était détendu et lui avait répondu avec une sincérité agréable. Il avait glissé quelques détails sur sa matinée et une remarque sur le beau temps. Si elle n'était pas consciente qu'elle était dans le bureau de psychomagie, elle ne serait pas certaine d'être dans un rendez-vous "médical". L'ambiance qui était en train de se former était plus détendue à laquelle elle s'était attendue et, petit à petit, elle desserra son étreinte autour de son carnet.
Elle comptait lui partager sa pensée sur sa journée à son tour, mais la proposition d'une boisson chaude la coupa dans sa lancée. Émeline écouta les options et ne put retenir une petite moue refrognée à la dernière. Le café...Cette boisson du démon qui avait marqué à vie ses papilles...Il était hors de question qu'elle en accepte une tasse.
- Je vais prendre un chocolat-chaud, s'il-vous-plaît, répondit-elle en regardant s'il y avait du sucre sur le meuble. Vous avez du sucre ? C'est toujours meilleur avec un carré ou deux.
Sa lubie pour les choses sucrées ne s'était pas affaiblie avec le temps. Malgré les fois où elle ne ressentait pas la faim quand le moral n'était pas là, elle ne refusait jamais quelque chose de chocolaté. En attendant que sa commande soit prête, elle se permit de s'appuyer contre le dossier du canapé et déplaça une main vers un des coussins qui l'entouraient. À mesure que les secondes s'écoulaient, elle tentait de détendre son corps et de ne pas oublier le pourquoi de l'entrevue.
Mais pour l'instant, elle pouvait bien parler comme si de rien n'était.
- J'ai eu cours de Sortilèges ce matin et c'était...intéressant. Un peu comme à chaque fois, Miss Priddy fait du super travail, dit-elle avec un petit sourire. Même si je n'ai plus de mercredi sans cours, je ne regrette pas d'avoir pris cette option. La magie vaut bien le coup de sacrifier quelques heures de mon temps.
Sa voix se coupa un instant pour qu'elle puisse lancer un regard vers la fenêtre. Le soleil brillait d'une douce lueur et partageait gracieusement un peu de chaleur pour ce mois de janvier. En se répétant le commentaire du psychomage en tête, ses lèvres s'étirèrent un peu plus et un air détendu se joua sur ses traits tirés.
- Vous avez raison, ça fait du bien d'avoir du soleil, surtout en ce moment.
Une discussion sans arrière-pensée, sans traquenard au détour d'une phrase. C'était la sensation qu'elle avait depuis qu'il avait opté pour la sincérité. Cependant, la Serdaigle savait que l'essence même de leur échange allait finir par changer à un moment donné. Et dans l'attente de ce changement, elle se préparait à y faire face.
(554 mots)
@Hyacinthe Kyros
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
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Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que dire face à la sensation de vide ?
Hyacinthe accueillit la réponse d'Émeline avec un sourire franc, presque amusé, qui illumina brièvement ses traits fatigués. Le chocolat chaud ne le surprit pas vraiment, puisque l'ensemble de Poudlard semblait s'être donné le mot pour vider ses réserves. Les jeunes avaient une tendance flagrante au sucré, et lui-même n'y avait pas échappé. Le roux se permit un léger rire puis hocha la tête une première fois, déjà en mouvement vers le petit meuble.
- Je vous prépare ça de suite, mettez vous à l'aise.
Distraitement et avec une habitude certaine, il ouvrit un tiroir d'où il sortit une petite coupelle en porcelaine, remplie de carrés de sucre irréguliers, certains légèrement dorés. Il revint poser la coupelle à portée de main sur la table basse, non loin du canapé, avant de s'atteler à la préparation du chocolat. Hyacinthe versa le lait chaud, ajouta le chocolat, remua lentement avec une petite cuillère métallique qu'il laissa dans la tasse une fois son travail accomplit. Pendant qu’il s’occupait, le trentenaire écoutait attentivement Émeline parler. Sa voix, le léger sourire qu'il pouvait entendre quand elle évoqua les Sortilèges, cette étincelle qui perçait malgré la fatigue, lui donna un air de plus en plus détendu. Hyacinthe se sentit à son tour soulagé : les entretiens se tenaient toujours bien mieux lorsque chacun était à l'aise.
- J'entend beaucoup de bien des classes de Miss Priddy. Elle semble particulièrement douée dans son travail, commenta-t-il avec un naturel évident. Votre option Sortilège est-elle un complément à votre filière, ou l'avez-vous choisi pour ne pas totalement abandonner cette matière ?
De ce que Hyacinthe se souvenait, certains de ses anciens camarades de classes s'étaient retrouvé contraints de prendre certaines matières en option sous peine de ne plus les travailler jusqu'à la fin de leurs études. Les plus studieux ou passionnés d'entre eux avaient pris les options qui leur plaisaient le plus, même si leur filière comportait déjà plusieurs heures de ces même matières. Un choix qu'il aurait aimé prendre en connaissance de cause, s'il n'avait pas été dans sa mauvaise période. Quel caractère il avait eu... Il revint vers la Serdaigle avec la tasse fumante, la posa doucement devant elle en veillant à ne pas la claquer contre la table.
- Attention, c’est encore chaud.
Le psychomage reprit ensuite place sur son fauteuil et croisa les jambes en posant une main sur l’accoudoir. L'autre restait négligemment posée sur sa cuisse, tapotant de temps à autre le tissu de ses robes du bout des doigts. Il inclina légèrement la tête, son regard se faisant plus attentif. La lumière hivernale baignait la pièce d’un éclat agréable, et Hyacinthe inspira lentement. Il aimait le soleil, la chaleur. Une grâce rare à cette période de l’année, du moins, dans cette région. (Le soleil de Grèce lui manquait.)
- Janvier peut être... rude, reprit le roux en haussant les sourcils. Même quand tout va bien. Alors quand ce n’est pas le cas, je vous laisse imaginer. Beaucoup de gens parlent de dépression hivernale. C'est un tic de langage, bien entendu, mais cela montre à quel point le climat nous influence.
Il observa Émeline un instant, nota la manière dont son corps semblait s’ancrer peu à peu dans le canapé, et décida qu'il pouvait doucement infléchir la conversation.
- Je suis content que vous soyez venu, sincèrement. Avez-vous des questions sur ce que nous allons faire ici ? N'hésitez pas, que ce soit maintenant ou au cours de notre entretien, je suis à votre disposition pour vous répondre aussi clairement que possible.
- Je vous prépare ça de suite, mettez vous à l'aise.
Distraitement et avec une habitude certaine, il ouvrit un tiroir d'où il sortit une petite coupelle en porcelaine, remplie de carrés de sucre irréguliers, certains légèrement dorés. Il revint poser la coupelle à portée de main sur la table basse, non loin du canapé, avant de s'atteler à la préparation du chocolat. Hyacinthe versa le lait chaud, ajouta le chocolat, remua lentement avec une petite cuillère métallique qu'il laissa dans la tasse une fois son travail accomplit. Pendant qu’il s’occupait, le trentenaire écoutait attentivement Émeline parler. Sa voix, le léger sourire qu'il pouvait entendre quand elle évoqua les Sortilèges, cette étincelle qui perçait malgré la fatigue, lui donna un air de plus en plus détendu. Hyacinthe se sentit à son tour soulagé : les entretiens se tenaient toujours bien mieux lorsque chacun était à l'aise.
- J'entend beaucoup de bien des classes de Miss Priddy. Elle semble particulièrement douée dans son travail, commenta-t-il avec un naturel évident. Votre option Sortilège est-elle un complément à votre filière, ou l'avez-vous choisi pour ne pas totalement abandonner cette matière ?
De ce que Hyacinthe se souvenait, certains de ses anciens camarades de classes s'étaient retrouvé contraints de prendre certaines matières en option sous peine de ne plus les travailler jusqu'à la fin de leurs études. Les plus studieux ou passionnés d'entre eux avaient pris les options qui leur plaisaient le plus, même si leur filière comportait déjà plusieurs heures de ces même matières. Un choix qu'il aurait aimé prendre en connaissance de cause, s'il n'avait pas été dans sa mauvaise période. Quel caractère il avait eu... Il revint vers la Serdaigle avec la tasse fumante, la posa doucement devant elle en veillant à ne pas la claquer contre la table.
- Attention, c’est encore chaud.
Le psychomage reprit ensuite place sur son fauteuil et croisa les jambes en posant une main sur l’accoudoir. L'autre restait négligemment posée sur sa cuisse, tapotant de temps à autre le tissu de ses robes du bout des doigts. Il inclina légèrement la tête, son regard se faisant plus attentif. La lumière hivernale baignait la pièce d’un éclat agréable, et Hyacinthe inspira lentement. Il aimait le soleil, la chaleur. Une grâce rare à cette période de l’année, du moins, dans cette région. (Le soleil de Grèce lui manquait.)
- Janvier peut être... rude, reprit le roux en haussant les sourcils. Même quand tout va bien. Alors quand ce n’est pas le cas, je vous laisse imaginer. Beaucoup de gens parlent de dépression hivernale. C'est un tic de langage, bien entendu, mais cela montre à quel point le climat nous influence.
Il observa Émeline un instant, nota la manière dont son corps semblait s’ancrer peu à peu dans le canapé, et décida qu'il pouvait doucement infléchir la conversation.
- Je suis content que vous soyez venu, sincèrement. Avez-vous des questions sur ce que nous allons faire ici ? N'hésitez pas, que ce soit maintenant ou au cours de notre entretien, je suis à votre disposition pour vous répondre aussi clairement que possible.
590 - @Émeline Joyner
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Que dire face à la sensation de vide ?
Du canapé, elle écoutait distraitement le tintement des cuillères contre la porcelaine, le glissement de la poudre de cacao dans la tasse et l'ajout du lait chaud s'écoulant dans son nouveau contenant. Les effluves de la boisson flottèrent jusqu'à ses narines et Émeline ne se priva pas de renifler l'air pour en savourer chaque note. Elle avait déjà hâte de pouvoir y tremper ses lèvres et sentir le goût du chocolat-chaud parvenir à ses papilles.
- Non, j'ai pris l'option pour pouvoir continuer la matière, informa Émeline. Je ne me voyais pas l'arrêter, tout comme DCFM. Mais bon, elles ne ne font pas partie de la filière Sciences...J'ai dû me contenter de les prendre en options.
Elle s'était stoppée là avant que la note de déception soit bien trop présente dans sa voix. Quand elle parlait de son orientation, Émeline ressentait toujours de l'amertume et un regret grandissant dans sa poitrine. Fort heureusement, avant que le sujet ne prenne trop d'ampleur, l'adulte lui apporta sa tasse fumante.
- Merci, Monsieur, souffla-t-elle en faisant attention.
Ses mains s'enroulèrent autour de la tasse et la chaleur qui s'en dégageait réchauffa ses paumes. Appréciant la sensation, elle souffla quelques fois pour refroidir légèrement le breuvage et le goutta. Un nouveau sourire fleurit sur ses lèvres en avalant sa gorgée.
- Il est vraiment bon. Vous devez avoir l'habitude d'en faire.
Un constat simple mais qui donnait une petite idée à la Serdaigle de l'activité du psychomage. Dorian et elle-même n'étaient visiblement pas les seuls élèves du château à rendre visite au rouquin bicolore. Au moins, ce sorcier avait de quoi remplir ses journées, se dit-elle en se permettant une nouvelle gorgée de son chocolat. Émeline ne pouvait concevoir l'idée de s'enfermer dans un travail qui ne la passionnait pas un minimum. La Serdaigle savait que beaucoup d'adultes n'avaient pas la chance de pouvoir lier passion et boulot. Mais pour elle, c'était quelque chose de rédhibitoire. Si elle devait s'investir dans un métier, autant qu'il lui plaise pour éloigner l'ennui.
Après avoir préparé les collations, il s'était réinstallé dans son fauteuil tout en rebondissant sur la météo et son possible impact sur le moral. Ah bah ça, elle n'allait pas le contredire là-dessus. D'habitude, elle appréciait quand la pluie tombait dans le parc et assombrissait le ciel. Mais depuis la rentrée, elle n'avait jamais autant détesté le mauvais temps et le fait qu'il amplifiait ses propres maux.
Silencieuse, elle attendit qu'il passe à la suite. Celle-ci, comme elle s'en était doutée, arrivait enfin. La tournure de la conversation abordait enfin les prémices de leur bulle. Il était maintenant temps d'apporter des raisons à sa venue et de cesser de parler de mondanités.
Elle allait le faire. Oui, elle finirait par le faire, de toute façon. Assise en plein dans le bureau du psychomage, la marche arrière n'était plus envisageable.
- Pourquoi ? ne put-elle s'empêcher de demander. Je ne comprends pas pourquoi ça pourrait vous faire plaisir que je vienne vous voir. On ne se connait pas.
Oups, son ton avait peut-être paru plus dur qu'avant. Cela lui avait échappé avant même qu'elle ne puisse retenir les mots de sortir de sa bouche. Pour Émeline, ce genre de phrase était totalement vide, presque factice. Mais pour paraître moins sur la défensive, la Serdaigle se redressa contre son dossier et reprit, moins tranchante.
- Je ne sais pas vraiment comment ça doit se faire...Est-ce que je dois vous laisser mener la discussion ?
Tandis qu'elle posait sa question sur leur entrevue, elle abandonna sa tasse de chocolat pour revenir sur son carnet de dessin. En le sentant contre sa peau, elle arrivait à contrôler le stress qui montait petit à petit dans un coin de sa tête.
(623 mots)
@Hyacinthe Kyros
- Non, j'ai pris l'option pour pouvoir continuer la matière, informa Émeline. Je ne me voyais pas l'arrêter, tout comme DCFM. Mais bon, elles ne ne font pas partie de la filière Sciences...J'ai dû me contenter de les prendre en options.
Elle s'était stoppée là avant que la note de déception soit bien trop présente dans sa voix. Quand elle parlait de son orientation, Émeline ressentait toujours de l'amertume et un regret grandissant dans sa poitrine. Fort heureusement, avant que le sujet ne prenne trop d'ampleur, l'adulte lui apporta sa tasse fumante.
- Merci, Monsieur, souffla-t-elle en faisant attention.
Ses mains s'enroulèrent autour de la tasse et la chaleur qui s'en dégageait réchauffa ses paumes. Appréciant la sensation, elle souffla quelques fois pour refroidir légèrement le breuvage et le goutta. Un nouveau sourire fleurit sur ses lèvres en avalant sa gorgée.
- Il est vraiment bon. Vous devez avoir l'habitude d'en faire.
Un constat simple mais qui donnait une petite idée à la Serdaigle de l'activité du psychomage. Dorian et elle-même n'étaient visiblement pas les seuls élèves du château à rendre visite au rouquin bicolore. Au moins, ce sorcier avait de quoi remplir ses journées, se dit-elle en se permettant une nouvelle gorgée de son chocolat. Émeline ne pouvait concevoir l'idée de s'enfermer dans un travail qui ne la passionnait pas un minimum. La Serdaigle savait que beaucoup d'adultes n'avaient pas la chance de pouvoir lier passion et boulot. Mais pour elle, c'était quelque chose de rédhibitoire. Si elle devait s'investir dans un métier, autant qu'il lui plaise pour éloigner l'ennui.
Après avoir préparé les collations, il s'était réinstallé dans son fauteuil tout en rebondissant sur la météo et son possible impact sur le moral. Ah bah ça, elle n'allait pas le contredire là-dessus. D'habitude, elle appréciait quand la pluie tombait dans le parc et assombrissait le ciel. Mais depuis la rentrée, elle n'avait jamais autant détesté le mauvais temps et le fait qu'il amplifiait ses propres maux.
Silencieuse, elle attendit qu'il passe à la suite. Celle-ci, comme elle s'en était doutée, arrivait enfin. La tournure de la conversation abordait enfin les prémices de leur bulle. Il était maintenant temps d'apporter des raisons à sa venue et de cesser de parler de mondanités.
Elle allait le faire. Oui, elle finirait par le faire, de toute façon. Assise en plein dans le bureau du psychomage, la marche arrière n'était plus envisageable.
- Pourquoi ? ne put-elle s'empêcher de demander. Je ne comprends pas pourquoi ça pourrait vous faire plaisir que je vienne vous voir. On ne se connait pas.
Oups, son ton avait peut-être paru plus dur qu'avant. Cela lui avait échappé avant même qu'elle ne puisse retenir les mots de sortir de sa bouche. Pour Émeline, ce genre de phrase était totalement vide, presque factice. Mais pour paraître moins sur la défensive, la Serdaigle se redressa contre son dossier et reprit, moins tranchante.
- Je ne sais pas vraiment comment ça doit se faire...Est-ce que je dois vous laisser mener la discussion ?
Tandis qu'elle posait sa question sur leur entrevue, elle abandonna sa tasse de chocolat pour revenir sur son carnet de dessin. En le sentant contre sa peau, elle arrivait à contrôler le stress qui montait petit à petit dans un coin de sa tête.
(623 mots)
@Hyacinthe Kyros
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que dire face à la sensation de vide ?
Malgré une expression d'une ouverture étudiée, Hyacinthe tiqua au ton que prit Émeline. Bien qu'il ne soit sûr de rien, il songea, sans pour autant l'interrompre, que la façon dont elle évoquait ses options portait une certaine amertume. Une cassure, peut-être un regret ? Puisque son ton semblait en contradiction avec ses mots, il décida de taire ce sujet jusqu'à ce qu'elle décide -ou non- de l'aborder ultérieurement. Comprenant la situation scolaire affichée de la Serdaigle, le trentenaire écoutait attentivement tout en observant distraitement la façon dont ses mains entourèrent la tasse. Le sourire qui suivit la première gorgée de chocolat lui arracha une expression attendrie et une satisfaction totale. Il hocha la tête avec une simplicité désarmante en répondant avec chaleur.
- J’ai eu beaucoup d’entraînement, admit-il. Et un public exigeant. Un mauvais chocolat chaud se fait vite sentir, je le crains.
Le coin de ses lèvres se releva légèrement ; puis vint la question.
Elle tomba un peu brusquement, avec une franchise forte qui ne désarma pas Hyacinthe. C'était même tout à fait valable : Émeline avait raison sur ce point, ils ne se connaissaient pas. Du moins, dans un certain sens. Le ton sec ne fit que participer à l'amusement du trentenaire, loin de se sentir attaqué, tandis qu'il laissait toujours ses doigts vagabonder sur l'accoudoir. Il ferma les yeux quelques secondes, puis les réouvrit pour regarder la brune avec cette légère espièglerie qui le caractérisait. Il pouvait voir, du coin de l'œil, la couleur bleue marine de ses robes. Ces dernières épousaient la forme du torse maigre du trentenaire puis s'élançaient à partir de sa taille jusqu'à recouvrir ses genoux, laissant une élégante ouverture diviser le tissu en son centre afin de faciliter ses déplacements. L'une des pièces préférées de Hyacinthe, sans aucun doute, même si celui-ci était, de façon générale, très fier de sa garde robe.
- Vous avez raison, nous ne nous connaissons pas. Vous n'avez de moi qu'un visage, un nom, un métier. Peut-être des bruits de couloir, je n'en doute pas, répondit-il en haussant un sourcil. Je n'ai de vous que la même chose, ainsi qu'une lettre laissée dans une petite boîte.
Il n’y avait aucune ironie dans sa voix, aucune défense non plus. Hyacinthe identifia une attitude plutôt défensive lorsqu'il la vit reprendre son carnet contre elle. Il ne se retint cependant pas pour mentionner l'écrit qu'il avait reçu quelques mois plus tôt et l'attention dont avait fait preuve la jeune fille envers le jeune Peachey. Cela avait été son premier lien avec l'adolescente, et cela lui avait donné un avant-goût particulièrement agréable de la personne à qui il faisait face aujourd'hui. Hyacinthe inclina légèrement la tête, examinant la question sous un autre angle, puis reprit.
- Cela étant, ces détails m'ont semblé suffisant pour attiser ma curiosité, et... ainsi, je me sens content de pouvoir vous parler de vive voix.
Un sourire bref passa sur les lèvres du rouquin. Son regard glissa brièvement vers la tasse fumante entre les mains d'Émeline, avant de revenir à elle. Alors que la deuxième question de la jeune fille volait toujours entre eux, Hyacinthe prit quelques secondes pour répondre. C'était une question tout à fait légitime, de même qu'il n'existait pas une réponse unique. Vulgariser sans trop simplifier ce que le psychomage envisageait dans sa propre pratique et en fonction de diverses circonstances prenait du temps.
- Hm... Il n'y a pas de règle stricte, finit-il par dire. Cela dépend surtout de ce que vous préférez. Je peux guider la conversation de façon fermée, comme je peux vous aiguiller en vous posant des questions plus ouvertes. Nous pouvons aussi simplement discuter, si cela vous semble plus agréable.
Son regard se posa brièvement sur le carnet qu’elle serrait contre elle tandis qu'il réajustait le devant de ses robes. Les pans de tissu tombaient de part et d'autre de ses jambes croisées, d'une façon qui n'était pas étrangère à Hyacinthe puisqu'il s'agissait d'une posture dans laquelle il retombait régulièrement une fois assis. Calme, tranquille. Sans pression. Il était détendu, et cela pouvait se sentir dans la façon dont il se tenait, malgré toute la réflexion qui pouvait baser ses faits et gestes.
- J’ai eu beaucoup d’entraînement, admit-il. Et un public exigeant. Un mauvais chocolat chaud se fait vite sentir, je le crains.
Le coin de ses lèvres se releva légèrement ; puis vint la question.
Elle tomba un peu brusquement, avec une franchise forte qui ne désarma pas Hyacinthe. C'était même tout à fait valable : Émeline avait raison sur ce point, ils ne se connaissaient pas. Du moins, dans un certain sens. Le ton sec ne fit que participer à l'amusement du trentenaire, loin de se sentir attaqué, tandis qu'il laissait toujours ses doigts vagabonder sur l'accoudoir. Il ferma les yeux quelques secondes, puis les réouvrit pour regarder la brune avec cette légère espièglerie qui le caractérisait. Il pouvait voir, du coin de l'œil, la couleur bleue marine de ses robes. Ces dernières épousaient la forme du torse maigre du trentenaire puis s'élançaient à partir de sa taille jusqu'à recouvrir ses genoux, laissant une élégante ouverture diviser le tissu en son centre afin de faciliter ses déplacements. L'une des pièces préférées de Hyacinthe, sans aucun doute, même si celui-ci était, de façon générale, très fier de sa garde robe.
- Vous avez raison, nous ne nous connaissons pas. Vous n'avez de moi qu'un visage, un nom, un métier. Peut-être des bruits de couloir, je n'en doute pas, répondit-il en haussant un sourcil. Je n'ai de vous que la même chose, ainsi qu'une lettre laissée dans une petite boîte.
Il n’y avait aucune ironie dans sa voix, aucune défense non plus. Hyacinthe identifia une attitude plutôt défensive lorsqu'il la vit reprendre son carnet contre elle. Il ne se retint cependant pas pour mentionner l'écrit qu'il avait reçu quelques mois plus tôt et l'attention dont avait fait preuve la jeune fille envers le jeune Peachey. Cela avait été son premier lien avec l'adolescente, et cela lui avait donné un avant-goût particulièrement agréable de la personne à qui il faisait face aujourd'hui. Hyacinthe inclina légèrement la tête, examinant la question sous un autre angle, puis reprit.
- Cela étant, ces détails m'ont semblé suffisant pour attiser ma curiosité, et... ainsi, je me sens content de pouvoir vous parler de vive voix.
Un sourire bref passa sur les lèvres du rouquin. Son regard glissa brièvement vers la tasse fumante entre les mains d'Émeline, avant de revenir à elle. Alors que la deuxième question de la jeune fille volait toujours entre eux, Hyacinthe prit quelques secondes pour répondre. C'était une question tout à fait légitime, de même qu'il n'existait pas une réponse unique. Vulgariser sans trop simplifier ce que le psychomage envisageait dans sa propre pratique et en fonction de diverses circonstances prenait du temps.
- Hm... Il n'y a pas de règle stricte, finit-il par dire. Cela dépend surtout de ce que vous préférez. Je peux guider la conversation de façon fermée, comme je peux vous aiguiller en vous posant des questions plus ouvertes. Nous pouvons aussi simplement discuter, si cela vous semble plus agréable.
Son regard se posa brièvement sur le carnet qu’elle serrait contre elle tandis qu'il réajustait le devant de ses robes. Les pans de tissu tombaient de part et d'autre de ses jambes croisées, d'une façon qui n'était pas étrangère à Hyacinthe puisqu'il s'agissait d'une posture dans laquelle il retombait régulièrement une fois assis. Calme, tranquille. Sans pression. Il était détendu, et cela pouvait se sentir dans la façon dont il se tenait, malgré toute la réflexion qui pouvait baser ses faits et gestes.
698 - @Émeline Joyner
Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
Tonton Hya - #5f957c
Que dire face à la sensation de vide ?
Le terme public était adéquat pour représenter les patients du psychomage. À chaque regard, chaque mot qu'il prononçait avec l'aisance qui lui était propre, Émeline avait l'impression d'assister à une véritable prestation. Point besoin de magie dans ces instants au sein de ce bureau, non, ici, il s'agissait de l'art du langage et de l'observation. Une pratique que la Serdaigle appréciait mais qui était loin d'être au même niveau que celui du sorcier installé non loin d'elle. Et, en acceptant de passer la porte de son repaire, la Serdaigle avait accepté par la même occasion d'être observée, analysée avec une minutie propre à celui du métier de Mr Kyros.
Paraître plus visible était quelque chose d'étrange. Désarçonnant. Surtout en étant face à quelqu’un qui était là pour décortiquer sa propre psyché. La tenue élégante qu'il portait, sa manière de se tenir, de réagir, tous ces détails composant l'homme en face d'elle lui faussaient sa perception. Elle ne parlait pas simplement à un inconnu sûr de lui et plein de charisme. Il s'agissait, avant tout, de la personne qui pourrait avoir la capacité de lui mettre des bâtons dans les roues s'il venait à faire un rapport aux professeurs.
Pour ne point oublier à qui elle s'adressait, Émeline l'imagina avec deux petites cornes au-dessus de la tête, juste le temps qu'elle immortalise la vision mentalement. Tout en l'écoutant lui répondre, elle renforçait leur couleur, leur pointe et leurs reliefs Le travail terminé et bien ancré dans son esprit, Émeline hocha de la tête, prenant à son tour la parole.
- Vous êtes assez franc et curieux, j'imagine que c'est de bons atouts pour faire votre travail, commenta-t-elle l'air de rien, ses doigts parcourant la couverture de son carnet.
L'entendre parler de la lettre qu'elle lui avait envoyée quelques mois plus tôt ne l'avait pas gêné. Il s'agissait d'un des seuls liens qu'elle partageait avec lui, et elle n'en avait pas honte. À l'époque, et même maintenant, elle pensait tout ce qu'elle avait pu écrire à l'intérieur. Elle se demanda même s'il n'avait pas fait exprès de la mentionner dans l'espoir de la détendre, d'atténuer ses nerfs tendus qui l'empêchaient d'adopter une pose comme la sienne. Et quelque part, ça avait été un bon choix de le faire.
- Moi aussi vous me rendez curieuse, avoua-t-elle, jouant toujours de ses doigts sur son précieux. Et je ne dois pas être la seule.
Son regard s'était relevé dans sa direction, l'observant ouvertement, sans une once de jugement dans ses prunelles.
- Vous avez l'air d'être quelqu'un d'atypique, plutôt sûr de vous. Fin', peut-être que c'est une simple apparence que vous vous donnez, je ne saurais pas trop dire...Mais en tout cas, c'est le genre de choses qui attisent la curiosité, selon moi.
Une pause l'arrêta, comme si ses propres paroles résonnaient dans son esprit. À vrai dire, ce qu'elle venait de prononcer ne s'adressait pas au psychomage, mais à l'homme qu'il était, à l'être derrière ce poste à responsabilités. La pulpe de ses doigts se mit à tapoter son carnet comme pour donner un tempo régulier et rassurant.
Son regard s'était perdu un peu dans le décor de la pièce. Le fait de beaucoup parler, à un adulte en plus de ça, exigeait qu'elle fasse des temps d'arrêts pour souffler, pour remettre de l'ordre dans le brouhaha de son esprit.
Puis, dans un murmure, elle lâcha :
- Ça doit être usant à la longue.
Le tapotis de ses doigts continuait en rythme, prenant parfois quelques notes qu'elle y glissait pour le rendre plus dynamique. Si elle avait pu être seule, elle aurait sûrement commencé à chantonner tout en se rejetant dans le dessin qu'elle avait mis de côté pour débuter le rendez-vous. Quelque part, n'était-ce pas plus intéressant pour elle de discuter avec Kyros, plutôt qu'avec le psychomage ? Il reviendrait naturellement dans la conversation, c'en était même certain. Mais maintenant qu'elle avait ouvert sa propre porte intérieure, elle ne comptait pas s'arrêter, à moins qu'il la prévienne qu'elle dépassait les bornes.
Il lui avait bien assuré qu'elle pouvait diriger la conversation. Alors, s'il lui en donnait les rênes, l'adolescente les prendrait.
- Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vous sentir vide, Monsieur ?
Poser des questions était sa façon à elle de contrôler, de maintenir un cap tout en apprenant par l'expérience des autres. Après tout, elle avait fait exactement la même chose, quelques années plus tôt, quand elle avait rencontré Alexander.
(744 mots)
@Hyacinthe Kyros
Paraître plus visible était quelque chose d'étrange. Désarçonnant. Surtout en étant face à quelqu’un qui était là pour décortiquer sa propre psyché. La tenue élégante qu'il portait, sa manière de se tenir, de réagir, tous ces détails composant l'homme en face d'elle lui faussaient sa perception. Elle ne parlait pas simplement à un inconnu sûr de lui et plein de charisme. Il s'agissait, avant tout, de la personne qui pourrait avoir la capacité de lui mettre des bâtons dans les roues s'il venait à faire un rapport aux professeurs.
Pour ne point oublier à qui elle s'adressait, Émeline l'imagina avec deux petites cornes au-dessus de la tête, juste le temps qu'elle immortalise la vision mentalement. Tout en l'écoutant lui répondre, elle renforçait leur couleur, leur pointe et leurs reliefs Le travail terminé et bien ancré dans son esprit, Émeline hocha de la tête, prenant à son tour la parole.
- Vous êtes assez franc et curieux, j'imagine que c'est de bons atouts pour faire votre travail, commenta-t-elle l'air de rien, ses doigts parcourant la couverture de son carnet.
L'entendre parler de la lettre qu'elle lui avait envoyée quelques mois plus tôt ne l'avait pas gêné. Il s'agissait d'un des seuls liens qu'elle partageait avec lui, et elle n'en avait pas honte. À l'époque, et même maintenant, elle pensait tout ce qu'elle avait pu écrire à l'intérieur. Elle se demanda même s'il n'avait pas fait exprès de la mentionner dans l'espoir de la détendre, d'atténuer ses nerfs tendus qui l'empêchaient d'adopter une pose comme la sienne. Et quelque part, ça avait été un bon choix de le faire.
- Moi aussi vous me rendez curieuse, avoua-t-elle, jouant toujours de ses doigts sur son précieux. Et je ne dois pas être la seule.
Son regard s'était relevé dans sa direction, l'observant ouvertement, sans une once de jugement dans ses prunelles.
- Vous avez l'air d'être quelqu'un d'atypique, plutôt sûr de vous. Fin', peut-être que c'est une simple apparence que vous vous donnez, je ne saurais pas trop dire...Mais en tout cas, c'est le genre de choses qui attisent la curiosité, selon moi.
Une pause l'arrêta, comme si ses propres paroles résonnaient dans son esprit. À vrai dire, ce qu'elle venait de prononcer ne s'adressait pas au psychomage, mais à l'homme qu'il était, à l'être derrière ce poste à responsabilités. La pulpe de ses doigts se mit à tapoter son carnet comme pour donner un tempo régulier et rassurant.
Son regard s'était perdu un peu dans le décor de la pièce. Le fait de beaucoup parler, à un adulte en plus de ça, exigeait qu'elle fasse des temps d'arrêts pour souffler, pour remettre de l'ordre dans le brouhaha de son esprit.
Puis, dans un murmure, elle lâcha :
- Ça doit être usant à la longue.
Le tapotis de ses doigts continuait en rythme, prenant parfois quelques notes qu'elle y glissait pour le rendre plus dynamique. Si elle avait pu être seule, elle aurait sûrement commencé à chantonner tout en se rejetant dans le dessin qu'elle avait mis de côté pour débuter le rendez-vous. Quelque part, n'était-ce pas plus intéressant pour elle de discuter avec Kyros, plutôt qu'avec le psychomage ? Il reviendrait naturellement dans la conversation, c'en était même certain. Mais maintenant qu'elle avait ouvert sa propre porte intérieure, elle ne comptait pas s'arrêter, à moins qu'il la prévienne qu'elle dépassait les bornes.
Il lui avait bien assuré qu'elle pouvait diriger la conversation. Alors, s'il lui en donnait les rênes, l'adolescente les prendrait.
- Est-ce que ça vous est déjà arrivé de vous sentir vide, Monsieur ?
Poser des questions était sa façon à elle de contrôler, de maintenir un cap tout en apprenant par l'expérience des autres. Après tout, elle avait fait exactement la même chose, quelques années plus tôt, quand elle avait rencontré Alexander.
(744 mots)
@Hyacinthe Kyros
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Cheffe de la secte des vampires - Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que dire face à la sensation de vide ?
Il n'y avait rien d'anodin dans la direction qu'Émeline prenait, et Hyacinthe se retrouva à l'écouter d'autant plus finement. C'était une conversation qui avait à peine commencée, et pourtant, elle titillait déjà son intérêt d'une façon qui ne l'avait pas été depuis longtemps. La Serdaigle contournait les évidences et posait ses repères à sa manière, non pas en se livrant mais en observant, testant et déplaçant le centre de gravité de l'échange. Le roux, face à cela, sentit naître une certaine forme de respect : preuve d'intelligence, d'une certaine résistance, aussi. C'était un défi que Hyacinthe voulait tenter avec un plaisir immense.
Lorsqu’elle mentionna sa propre curiosité vis-à-vis de ce qu'il dégageait, Hyacinthe tenta de rester neutre face à ce petit bout d'analyse. Elle est douée, pensa-t-il avec une surprise sincère. La brune n'était vraiment pas loin de la vérité, pour une analyse du premier coup d'œil. C'était un regard presque clinique qui l'interpella un instant, et le trentenaire se demanda s'il allait devoir se laisser comprendre avant de pouvoir essayer de faire de même. Il eut un léger souffle amusé mais ne tarda pas à répondre, les sourcils légèrement relevés.
- C’est une hypothèse intéressante, répondit-il calmement. Amusé, impressionné ? Qui pouvait donc le savoir. Hyacinthe se demandait surtout depuis combien de temps Émeline traînait ces observations. Je m'efforce d'être aussi honnête que possible, bien que mon rôle me demande une certaine objectivité et un recul professionnel. Quant à vos observations... Apparence ? Naturel ? Adaptation ? Beaucoup de choses sont construites au fil du temps, ne trouvez-vous pas ? Il me semble plus intéressant de connaître les raisons derrière ces constructions. Néanmoins, je prend votre intérêt pour un compliment, merci beaucoup.
Émeline remarquerait sûrement qu'il avait détourné sa question avec une autre. Néanmoins, cela ne dérangea pas Hyacinthe pour le moment. Il ne comptait certainement pas y répondre, surtout en remarquant à quel point la vérité était claire, à quel point il y avait une dichotomie entre son lui social et son lui solitaire. Être seul faisait toujours ressortir à la fois sa fragilité et ses pire traits, cela l'empêchait de pouvoir se glisser derrière les murs agréablement portés qu'il avait construit afin de survivre au monde. Cela faisait partie de lui tant il en avait l'habitude. Mais pouvait-il dire que même comme ça, il n'était pas lui-même ? L'homme insécure dont les blessures guérissaient, et pourtant si passionné était-il le même que celui qui cherchait tant à plaire malgré le subterfuge et la distance ?
Le regard de Hyacinthe glissa un instant vers ses propres mains, longues, fines, immobiles à présent. Il ne resta pas longtemps perdu dans ses pensées - ces questions, ces réflexions, n'étaient en rien nouvelles : elles le travaillaient depuis années et il les exploitait avec ardeur. Le roux savait ce qu'Émeline voyait en surface. Il pouvait aussi supposer de ce qu’elle ne voyait pas, et de ce qu'elle pouvait supposer. Lorsqu’elle évoqua l’usure, un instant plus tard, le psychomage inclina légèrement la tête dans un signe de négation.
- Ce n’est pas tant le travail qui use, répondit-il. Il est au contraire agréable, parfois gratifiant ? Il est emprunt d'émotions en tout genre, c'est certain. Ce sont ces dernières qui peuvent être lourdes, si l'on n'arrive pas à faire la part des choses.
Puis, en suivant le mouvement avec une certaine ironie, il ajouta : "Saviez-vous que la plupart des psychomage ont eux-même un psychomage ? C'est une pratique fortement recommandée afin de ne pas se retrouver seul dans la gestion des émotions que peuvent induire certaines séances."
À vrai dire, Hyacinthe avait agréablement terminé son suivit peu avant son départ de Grèce. Sans emploi depuis son retour au Pays de Galle, il n'avait pas jugé bon de dépenser son argent dans son bien-être mental. Peut-être aurait-il du, mais de toute façon, il en avait été bien incapable avant septembre dernier. L'année scolaire se passait à merveilles, et Hyacinthe restait attentif à son état mental afin d'envisager un suivit lorsqu'il le sentirait nécessaire. Bien sûr, Hyacinthe était individu de réflexion, et il savait bien quels sujets il fallait aborder - son isolement personnel, ses retrouvailles avec Chris, son attachement à Elijah, ou encore la façon dont il projetait ses idées de déménagement. Le sujet restait néanmoins une touche d'amusement agréable - il aimait parler de son métier aux intéressés - avant de revenir sur une question plus sérieuse. Bien qu'il n'en ait pas l'impression, le roux se demanda s'il commençait à cerner un minimum la façon dont Émeline fonctionnait : le fait qu'il s'attende à une question de ce type, dirigée vers lui mais restant évidemment très intime, étant assez étonnant pour un début de séance.
Et bien qu'il continue à faire son travail autant qu'il le pouvait en analysant du mieux qu'il le pouvait la jeune femme qui était face à lui, que ce soit en notant mentalement le clapotis de ses doigts ou en tentant de prévoir la route qu'elle comptait prendre, Hyacinthe n'hésita pas un instant à se plonger pleinement dans ses paroles. Cela ne fut pas complexe : le mot "vide" trouva immédiatement des échos dans ses expériences passées.
Les souvenirs étaient tantôt effacés, tantôt suffisamment forts pour qu'il puisse presque voir la scène face à lui. Mais ils restaient contrôlés, aussi brefs qu'il le leur permettait. Le roux connaissait la dérive que pouvait entraîner ses propres pensées, cette sensation de flotter sans direction ni attache réelle, cette impression de n'être qu'une coquille fonctionnelle, polie mais creuse. Mais surtout, il connaissait intimement les conséquences que cela avait eu sur sa vie, ses actions et son estime.
C'était pour cela qu'il restait ferme sur leur impact, non seulement pour son bien-être, mais surtout maintenant qu'il devait rester concentrer sur son interlocutrice. Interlocutrice à qui il ne pouvait répondre pleinement, malheureusement. C'était trop privé, trop intime pour que Hyacinthe ne se permette d'offrir de telles pensées de façon aussi brute. Il comptait lui livrer quelque chose, bien sûr. Il semblait qu'Émeline ait besoin d'un encouragement de sa part avant d'envisager l'idée de parler d'elle-même. Mais le roux devait choisir avec soin, il ne voulait pas lier impressions et expériences, il devait rester le plus droit possible.
- Cela m'est arrivé, dit-il après une profonde inspiration. Sa voix restait basse, contrôlée, preuve d'une certaine retenue. Parfois comme un reste d'une chose longue, intense, qui se termine brusquement. Ou quelque chose de plus insidieux, comme un bruit de fond très léger au début, que l'on croit pouvoir ignorer. Et puis ça reste. Ça s’installe. Ça finit par recouvrir le reste sans qu’on s’en rende compte... Hyacinthe fit à nouveau une pause, ses sourcils se fronçant de perplexité. Ca ne vient pas de l'extérieur, c'est difficile à fuir, car à ce moment là, tout est déjà flou et étouffé, allait-il dire. Néanmoins... il en avait déjà beaucoup dit. Là serait donc la limite.
- Je pourrais vous en parler davantage, mais je crains de devoir m'arrêter là. C'est le genre de chose qui est profondément lié à l'intimité. Je pense... que cela nécessite un peu plus de temps, de confiance. Des deux côtés.
Un léger sourire passa sur ses lèvres, sans aucune froideur, sentant que se protéger derrière sa posture professionnelle ne l'aiderait pas dans ces circonstances. Le trentenaire resta alors honnête dans son refus. Il considérait avoir fait un pas suffisamment grand pour créer une brèche, et espérait sincèrement qu'Émeline puisse en avoir conscience. Non, il savait qu'elle saurait comprendre. Ses doutes se portaient plus sur le fait qu'elle rende ou non la pareille. Son regard se posa sur elle avec douceur. Alors, très légèrement, il inclina la tête et reprit.
- J'ose supposer que ce mot n'est pas choisi par hasard. Seriez-vous prête à partager ce à quoi ressemble ce vide, chez vous ?
Lorsqu’elle mentionna sa propre curiosité vis-à-vis de ce qu'il dégageait, Hyacinthe tenta de rester neutre face à ce petit bout d'analyse. Elle est douée, pensa-t-il avec une surprise sincère. La brune n'était vraiment pas loin de la vérité, pour une analyse du premier coup d'œil. C'était un regard presque clinique qui l'interpella un instant, et le trentenaire se demanda s'il allait devoir se laisser comprendre avant de pouvoir essayer de faire de même. Il eut un léger souffle amusé mais ne tarda pas à répondre, les sourcils légèrement relevés.
- C’est une hypothèse intéressante, répondit-il calmement. Amusé, impressionné ? Qui pouvait donc le savoir. Hyacinthe se demandait surtout depuis combien de temps Émeline traînait ces observations. Je m'efforce d'être aussi honnête que possible, bien que mon rôle me demande une certaine objectivité et un recul professionnel. Quant à vos observations... Apparence ? Naturel ? Adaptation ? Beaucoup de choses sont construites au fil du temps, ne trouvez-vous pas ? Il me semble plus intéressant de connaître les raisons derrière ces constructions. Néanmoins, je prend votre intérêt pour un compliment, merci beaucoup.
Émeline remarquerait sûrement qu'il avait détourné sa question avec une autre. Néanmoins, cela ne dérangea pas Hyacinthe pour le moment. Il ne comptait certainement pas y répondre, surtout en remarquant à quel point la vérité était claire, à quel point il y avait une dichotomie entre son lui social et son lui solitaire. Être seul faisait toujours ressortir à la fois sa fragilité et ses pire traits, cela l'empêchait de pouvoir se glisser derrière les murs agréablement portés qu'il avait construit afin de survivre au monde. Cela faisait partie de lui tant il en avait l'habitude. Mais pouvait-il dire que même comme ça, il n'était pas lui-même ? L'homme insécure dont les blessures guérissaient, et pourtant si passionné était-il le même que celui qui cherchait tant à plaire malgré le subterfuge et la distance ?
Le regard de Hyacinthe glissa un instant vers ses propres mains, longues, fines, immobiles à présent. Il ne resta pas longtemps perdu dans ses pensées - ces questions, ces réflexions, n'étaient en rien nouvelles : elles le travaillaient depuis années et il les exploitait avec ardeur. Le roux savait ce qu'Émeline voyait en surface. Il pouvait aussi supposer de ce qu’elle ne voyait pas, et de ce qu'elle pouvait supposer. Lorsqu’elle évoqua l’usure, un instant plus tard, le psychomage inclina légèrement la tête dans un signe de négation.
- Ce n’est pas tant le travail qui use, répondit-il. Il est au contraire agréable, parfois gratifiant ? Il est emprunt d'émotions en tout genre, c'est certain. Ce sont ces dernières qui peuvent être lourdes, si l'on n'arrive pas à faire la part des choses.
Puis, en suivant le mouvement avec une certaine ironie, il ajouta : "Saviez-vous que la plupart des psychomage ont eux-même un psychomage ? C'est une pratique fortement recommandée afin de ne pas se retrouver seul dans la gestion des émotions que peuvent induire certaines séances."
À vrai dire, Hyacinthe avait agréablement terminé son suivit peu avant son départ de Grèce. Sans emploi depuis son retour au Pays de Galle, il n'avait pas jugé bon de dépenser son argent dans son bien-être mental. Peut-être aurait-il du, mais de toute façon, il en avait été bien incapable avant septembre dernier. L'année scolaire se passait à merveilles, et Hyacinthe restait attentif à son état mental afin d'envisager un suivit lorsqu'il le sentirait nécessaire. Bien sûr, Hyacinthe était individu de réflexion, et il savait bien quels sujets il fallait aborder - son isolement personnel, ses retrouvailles avec Chris, son attachement à Elijah, ou encore la façon dont il projetait ses idées de déménagement. Le sujet restait néanmoins une touche d'amusement agréable - il aimait parler de son métier aux intéressés - avant de revenir sur une question plus sérieuse. Bien qu'il n'en ait pas l'impression, le roux se demanda s'il commençait à cerner un minimum la façon dont Émeline fonctionnait : le fait qu'il s'attende à une question de ce type, dirigée vers lui mais restant évidemment très intime, étant assez étonnant pour un début de séance.
Et bien qu'il continue à faire son travail autant qu'il le pouvait en analysant du mieux qu'il le pouvait la jeune femme qui était face à lui, que ce soit en notant mentalement le clapotis de ses doigts ou en tentant de prévoir la route qu'elle comptait prendre, Hyacinthe n'hésita pas un instant à se plonger pleinement dans ses paroles. Cela ne fut pas complexe : le mot "vide" trouva immédiatement des échos dans ses expériences passées.
Les souvenirs étaient tantôt effacés, tantôt suffisamment forts pour qu'il puisse presque voir la scène face à lui. Mais ils restaient contrôlés, aussi brefs qu'il le leur permettait. Le roux connaissait la dérive que pouvait entraîner ses propres pensées, cette sensation de flotter sans direction ni attache réelle, cette impression de n'être qu'une coquille fonctionnelle, polie mais creuse. Mais surtout, il connaissait intimement les conséquences que cela avait eu sur sa vie, ses actions et son estime.
C'était pour cela qu'il restait ferme sur leur impact, non seulement pour son bien-être, mais surtout maintenant qu'il devait rester concentrer sur son interlocutrice. Interlocutrice à qui il ne pouvait répondre pleinement, malheureusement. C'était trop privé, trop intime pour que Hyacinthe ne se permette d'offrir de telles pensées de façon aussi brute. Il comptait lui livrer quelque chose, bien sûr. Il semblait qu'Émeline ait besoin d'un encouragement de sa part avant d'envisager l'idée de parler d'elle-même. Mais le roux devait choisir avec soin, il ne voulait pas lier impressions et expériences, il devait rester le plus droit possible.
- Cela m'est arrivé, dit-il après une profonde inspiration. Sa voix restait basse, contrôlée, preuve d'une certaine retenue. Parfois comme un reste d'une chose longue, intense, qui se termine brusquement. Ou quelque chose de plus insidieux, comme un bruit de fond très léger au début, que l'on croit pouvoir ignorer. Et puis ça reste. Ça s’installe. Ça finit par recouvrir le reste sans qu’on s’en rende compte... Hyacinthe fit à nouveau une pause, ses sourcils se fronçant de perplexité. Ca ne vient pas de l'extérieur, c'est difficile à fuir, car à ce moment là, tout est déjà flou et étouffé, allait-il dire. Néanmoins... il en avait déjà beaucoup dit. Là serait donc la limite.
- Je pourrais vous en parler davantage, mais je crains de devoir m'arrêter là. C'est le genre de chose qui est profondément lié à l'intimité. Je pense... que cela nécessite un peu plus de temps, de confiance. Des deux côtés.
Un léger sourire passa sur ses lèvres, sans aucune froideur, sentant que se protéger derrière sa posture professionnelle ne l'aiderait pas dans ces circonstances. Le trentenaire resta alors honnête dans son refus. Il considérait avoir fait un pas suffisamment grand pour créer une brèche, et espérait sincèrement qu'Émeline puisse en avoir conscience. Non, il savait qu'elle saurait comprendre. Ses doutes se portaient plus sur le fait qu'elle rende ou non la pareille. Son regard se posa sur elle avec douceur. Alors, très légèrement, il inclina la tête et reprit.
- J'ose supposer que ce mot n'est pas choisi par hasard. Seriez-vous prête à partager ce à quoi ressemble ce vide, chez vous ?
1304 - @Émeline Joyner
J'écris de plus en plus de mots.
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Psychomage depuis septembre 2050.
Tonton Hya - #5f957c
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