Privé Rue des petites rancunes et des grandes trahisons PNJ A&J

Post introductif du RP

1- Personnages en présence :


PNJ joué en l'absence du PJ (au titre de PNJ actif) : Jacob Tramontane (né en 2030, ancien Gryffondor, promotion 2042)

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Reducio
Raison de l'absence du PJ et apport pour le PJ :
- ça va parler de thèmes très vulnérables donc j'ai besoin de l'absence du PJ qui est extérieur aux intrications délicates à dénouer ou renouer
- mais ça va parler de thèmes très vulnérables justement et donc je vais être très au point sur la façon d'aborder des thèmes comme "loyauté dans les relations hors de la famille", "relation amoureuse", "trahison", "perspective", "soi vs. autrui" entre mon PNJ et mon PJ.



et


PNJ joué en l'absence du PJ (au titre de PNJ joker) : July Dale (née en 2029, ancienne Serdaigle, promotion 2040)


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2- Auparavant :
En reducio, une chrono du point de vue de Jacob de l'enchaînement qui a conduit à la désagrégation de leur relation (en particulier pour ceux qui n'ont pas accès aux dossiers du dortoir des Gryffons, j'en mets une partie à disposition ici) - accessible si besoin il y a de s'y reporter lorsque les personnages y feront allusion sans doute de leur angle propre, partiel et partial, dans le RP. Pour résumer : la relation Jacob/July, c'est une histoire amoureuse où tout se passait à peu près bien jusqu'à ce que l'un des deux (en l'occurrence Jacob) soit retenu pour le Dominion et où, à partir de là, tout a vrillé à tous les niveaux, façon cascade de kapla d'imprévu en imprévu :)

Reducio
Au temps reculé de cette chronologie :
- July Dale est en 6A à Serdaigle
- Jacob est en 4A à Gryffondor
(- Edmund, le frère de July, est alors en 3A à Serpentard, et
- Leo, alors meilleure amie de Jacob est en 3A à Gryffondor (des temps reculés, comme je disais :ninja: >> actuellement, ces 4 personnages sont tous diplômés de Poudlard))





Petite chrono (qui suit Jacob) :
⓵ il y a bien un début de la relation où tout se passe bien (même si ça ne s'est pas longtemps passé aussi bien que les premiers moments sous le lapacho ou dans les souterrains) : Jacob est un peu maladroit et au fond très heureux, on le voit par exemple dans le RP "J." (des posts sont joints ci-dessous)

Reducio
Jacob Tramontane a écrit : 23 mars 2021, 23:01
Je vais placer ce RP dans le dortoir en considérant que Jacob revoit ces scènes en rêve (dans son lit du dortoir), ce sera le plus aisé plutôt que de le disperser dans les lieux de Poudlard :ninja:

Souvenirs du midi, table de Gryffondor.

Derrière Max. Je la vois parler. Dans sa façon de croquer ses mots avec ses dents, il y a de l'intensité, de la profondeur. Elle penche la tête et fait osciller mon coeur de craquements doux. Parce qu'elle m'intrigue. Quelques signes d'étonnement. "Non je ne la fixe pas.", je souffle pour répondre. Bien sûr que non. Mon regard est très mobile. De ses dents, il se déplace vers sa bouche.

La mienne boit l'eau de mon verre. Jusqu'à ce que je m'étouffe. Non, je ne bois pas ses paroles à la place, que racontent-ils. Non, je ne m'étouffe pas comme Harry Potter devant Cho. Rien à voir. Mais non, je ne bois pas la tasse parce que je ne peux plus respirer. Je respire vite, c'est un signe de santé.

Je ne vois pas les clins d'oeil qu'échangent mes voisins. Je suis en train de me dire : *Pauvre Gryffon en face de moi, dos à elle, il ne peut pas la voir.*

Une nouvelle voix féminine cette fois s'étonne de mon silence inhabituel. Non, on ne m'a pas piqué la langue comme elle le dit. Ils parlent décidément une langue lointaine, presque du chinois et ne comprennent rien de moi.

Ils devraient se concentrer sur le plat. La peau de mes joues picote doucement. Ce plat n'est pas fade comme ils l'ont dit mais très pimenté, sûrement. En plus de me douter qu'ils regardent du mauvais côté *la table bleu et bronze est en face, regardez !*, je vois qu'ils réfléchissent de façon tordue. Je préfère me concentrer sur la Serdaigle en face.

Il y a dans les éclats éraillés de sa voix quelque chose de cassé qu'il faut voir de plus près. Une façon de hacher les mots comme ses bouchées, qui emballe l'auditeur dans son rythme, même sans les comprendre. Cette fille aux cheveux noirs, elle est fascinante.
Jacob Tramontane a écrit : 23 mars 2021, 23:07 L'inviter. Dans un endroit risqué, un peu intimidant, plein d'ombres. Les cachots étaient trop humides. Notre rencontre nous permettrait de visiter les souterrains. Qui sait si le temps ne s'oubliait pas, tout en bas ?

C'était l'instant T(ramontane) et j'avais enfilé un tee-shirt brun, moins "Gryffondor" pour ce lieu très "Serpentard", comme sa famille. Il paraîtra peut-être plus bleuté dans le demi-jour qui transparaissait. Vingt minutes à l'avance, je resserrais mes mains en silence, paumes trop vides.

Sa voix occupera à elle seule le lieu vide de tout autre. J'ai pris mon chaud manteau sur mon bras au cas où. Je peux lui donner, j'ai mon pull et... mes joues sont couleur Gryffondor clair, il ne doit pas faire si froid que cela. Elle a... une présence. Et puis donner son manteau, ça donne un style un peu moldu, rebelle comme elle les aime, non ?

Nous nous lançons des défis. Pour le goût de l'aventure. Je prends beaucoup de plaisir à être là. Elle sourit aussi, je crois. Jusqu'à ce que je vois son sourire de beaucoup plus près. Sourire contre sourire, l'instant est magique. Des heures à courir déjà avant ce moment, mais j'ai oublié le temps. Si les Gryffons avaient été là, ils auraient dit que j'étais sur un petit nuage. Mais c'était faux. J'étais dans les vastes souterrains.

A faire clignoter les baguettes à coups de Lumos et de Nox pour se chercher et se retrouver - se toucher sans faire exprès. A découvrir un nouvel endroit arrondi, un peu comme un cocon. A se laisser bander les yeux pour aller dans une autre pièce.

A faire quelques remarques de géométrie très sérieuso-serdaiglienne pour l'impressionner : ses courbes, impeccablement mises en valeur par le lieu angulaire. Avec les échos pour tomber d'accord à chaque nouveau pas. A chuter par inadvertance sur un sol un peu trop rugueux, il valait mieux être deux. Mais le sol était souvent rugueux à Poudlard, non ? C'était bizarre de ne pas y avoir encore pensé. Mais justement, puisque tu es là, ne voudrais-tu pas...

Je tapotai du pied et du coeur d'impatience de la voir à nouveau. J. July. Ma nouvelle petite amie.

⓶ la première difficulté vient quand l'urne noire désigne Jacob, parce que les perceptions de Jacob et July sur la question du Dominion sont vraiment très différentes au point que cela crée des non-dits et des problèmes de communication dans le couple, qui irriguent beaucoup de RP (Jacob est soucieux ici face à July qui voit le Dominion comme une fierté, il a des doutes là aussi, etc.)

⓷ vient alors la Saint-Valentin : un nouveau niveau de difficulté, les non-dits dans le couple sont tels que Jacob réalise le déséquilibre de proximité qu'il y a entre sa relation amoureuse et la relation qu'il a avec sa meilleure amie (en gros, sa meilleure amie Leo subit une Amortentia, elle s'enamoure d'un autre et Jacob pourtant en couple nous fait une jolie crise de jalousie à ce sujet dans "Une journée de Jacob dans le dortoir" joint ci-dessous) = on voit donc déjà que le couple Jacob-July rencontre de grandes difficultés à ce stade :)

Reducio
Jacob Tramontane a écrit : 29 mai 2021, 22:51
Contexte : Jacob a appris les évènements de ce RP partagé par Edmund et Leo par bouche-à-oreille.

 
15 février 2046, avant le temps de midi, lendemain de la Saint-Valentin

Leo est donc en cours de potions (emploi du temps de 3ème année, filière sports et soins, jusque 12h30). Jacob n'a pas cours le jeudi matin (pas d'HDLM en pratique et ouverture).


Le tumulte trotte dans sa tête. Jacob traverse le dortoir les yeux un peu écarquillés. Il a appris une drôle de rumeur. Le frère de July serait en couple avec sa… comment l’appeler, hum, amie ? meilleure amie ? Oui, sa merveilleuse amie. Et elle ne lui en aurait rien dit. *Visage déconfit.* D’habitude, les histoires de couple de Poudlard l’intéressaient autant que la chevelure laide de Rusard. Autant dire… à ras des pierres des sous-sols des cachots près de Serpentard. Mais c’était un peu différent quand c’était le frère de sa petite amie qui était… associé… à sa… merveilleuse amie, nan ?

Ses pieds frappaient avec vigueur le sol à mesure qu’il tournait dans le dortoir, faisant les moins de cent pas permis par le petit espace. Comment une rumeur grosse comme le château tout entier avait bien pu lui filer sous le nez ? Deux capitaines de quidditch, on ne pouvait tout de même pas passer à côté. Tandis qu’il haussait un sourcil puis l’autre, il attendait avec impatience dans la salle commune que le cours des troisièmes années fût achevé. Il comptait bien intercepter son amie à l’entrée dès qu'elle serait arrivée.

Un peu plus et... Miller apprenait la nouvelle avant le quatrième année, c’était dire à quel point il se sentait complètement dépassé. Pour anticiper… il aurait souhaité... qu’est-ce qu’il était en train de penser ? Non, sûrement pas, ce n’était pas son genre d'anticiper ses réactions, de les calculer, de les millimétrer. Ce n'était pas pour anticiper qu'il aurait aimé le savoir. Mais pourquoi ?

Il ne savait pas, ne posait pas la question, pris par une légère irritation. Ou plutôt un petit peu de déception. Lui en parler aurait été un signe de confiance, non ? Il se disait qu’il était un peu déçu sans autre raison qu'on ne peut être au cœur de l’information. Mais ce fait-même était une frustration.

En ce 14 février, il avait passé une agréable journée avec July qui était fascinante, comme à son habitude. A jouer avec la distance et la proximité, elle savait attacher toutes les attentions sur elle. Mais resté la journée avec July, Jacob n’était pas du tout passé dans le lieu de toutes les folies, le lieu où apparemment les faits s’étaient produits, la table non pas de Serpentard ou des doxys, non, la table de sa maison - à lui. Il n’était vraiment pas très ravi. C’était idiot de sa part de surréagir ainsi, ce n’était pas comme s’il était maître de leur vie. Mais pour une fois, avoir été là lui aurait plu. Pour voir la manière dont tout cela était advenu. Il était très rare que sa curiosité porte sur un fait déjà passé, mais elle était cette fois-là tout à fait attisée.

Mais même en face de ces deux-là ce midi, qu’est-ce qu’il aurait fait ou dit ? Sans doute que nenni, il aurait juste souri. Il voulait tout le meilleur au frère de sa petite amie et lui souhaitait plein de bonheur. Mais c’était tombé de manière tellement inattendue que Jacob en était étonné. Est-ce que Leo allait lui en parler une fois qu’il l’aurait intercepté ? Il se rendit alors compte qu’il ne lui avait jamais vraiment parlé de July. D’un autre côté, ce n’était pas comme si les rencontres du duo July-Jacob concernaient tout le château, ni Leo.

Mais Leo savait tout à fait que Jacob avait une petite amie. Il la mentionnait, il passait du temps avec elle. Il aurait bien aimé que Leo lui en parle, de cet Edmund, qu’il ne connaissait qu’à travers les paroles pas toujours très positives de sa sœur July. Comme toute personne qui comptait à ses yeux, n’est-ce pas ?

Reducio
Entre la vélane et la Saint-Valentin, aïe aïe :lol:. Direction les autres sujets, dans les posts après, tout de même, heureusement.
Jacob Tramontane a écrit : 29 mai 2021, 22:58
15 février, lendemain de la Saint-Valentin, soir.


Un gâteau ensorcelé.
C’était un gâteau ensorcelé. Jacob s’étendit sur son lit en soufflant de soulagement. Pas de nouvelle à effet Bombarda en vue. Apaisement, nous voilà. Sa capacité à être très concerné très vite par une nouvelle lui en réservait de belles. Il n’aurait pas su décrire ce qu’il ressentait. C’était dommage, Leo et Edmund auraient fait le couple de quidditch parfait – même si au fond, les Griffes ardentes sur le terrain ne pourraient que gagner – avec leur passion dévorante du quidditch.          

Il n’aurait jamais cru Leo intéressée par ce genre de sujets. Remarquez, fallait-il vraiment s’y intéresser ? A lui, ils lui étaient tombés dessus comme Lily arrivant ni vu ni connu dans la pénombre de la tour d’astronomie ou July impromptue dans les souterrains. Mais il était bien décidé à un peu de stabilité. Cette relation, il allait essayer de la faire durer, ou il n’en aurait plus. C’était ce qu’il se disait. Ça avait déjà été si compliqué après Lily. L’amitié, c’était tout de même sa relation préférée. Moins de choses compliquées. Moins de tensions.

Non, du haut de ses 15 ans, il n’avait juste pas envie de réfléchir autant. Il n’avait pas envie d’y réfléchir, pas envie d’en parler. Depuis quand on parlait de ses « sentiments » ? Comme si ils étaient assez simples pour être expliqués. Il regretta amèrement de ne pas avoir de dessin animé pour canaliser son énergie dans une aventure le soir. Le couvre-feu était passé, et impossible d’aller se dégourdir les jambes. Mais il avait besoin de bouger. Il étendit les bras pour s’étirer, donna un coup de pied dans les airs, se leva et descendit le couloir vers la salle commune, avant de le remonter et refaire le trajet. C’était donc cela, « être un lion en cage » ?

Il débordait d’énergie, bouillait d'envie de bouger, coincé dans la salle de commune immobile du soir. Il s’essaya dans un coin au « Locomotor Wibbly » sur un chat passé par là. Un sort au nom amusant, un des rares qu’il avait maîtrisé rapidement. Rah, que faire quand on a 15 ans, qu’il est 20h40 et qu’on a besoin de bouger ? On fait trois fois le tour de la salle commune, en observant les murs qu’on connaît totalement, et comme ce n’est pas intéressant, on remonte faire trois fois le tour du dortoir, et on rage un peu contre l’idiot qui a fixé la même règle pour les 1ère et les 7ème année. Pas bien futé.

La tête à nouveau sur l’oreiller vient le méli-mélo des pensées mouvementées à défaut de pouvoir bouger son corps, à cause de ce couvre-feu. Rah là là, il détestait ces quelques soirées où il n’avait pas eu l’occasion de se dépenser. Il ne trouvait pas rapidement le sommeil, ainsi agité. Le couvre-feu, c’était pour les trolls à parfaite placidité, pas pour des adolescents normalement constitués. Il mit son corps sur le côté. Il pouvait désormais voir Lee allongé immobile sur son lit, avec dans ses mains un manuel d’histoire de la magie. Comment faisait-il ? Jacob se remit sur le dos, entreprit de faire des échauffements des jambes et des bras, tendant puis détendant ses membres, demandant à son voisin du dessus qu’il savait dans son lit s’il n’avait pas des idées d’exercice.

Jacob se fichait de l’aspect visuel amusant que devaient avoir ses mouvements – grosso modo un Jacob battant des jambes comme pour nager et des bras comme pour voler, mais il lui semblait que des fourmis allaient lui apparaître en cas d’immobilité. Mouvements de plus en plus lents, de plus en plus empreints de stabilité, qui ne durèrent que quelques minutes. Moment d’évacuation du trop-plein d’énergie de la journée. Mais l’incompréhension du couvre-feu demeurait, elle, intacte. Il n’aimait pas vraiment les règles qu’on lui imposait, encore moins sans les expliquer, parce qu’en plus de restreindre sa liberté, cela ne lui permettait pas d’en saisir l’intérêt.
Jacob Tramontane a écrit : 29 mai 2021, 23:08
16 février, matin.

toujours dans cette lignée de moments dans le dortoir
pour préciser le rapport de Jacob avec cet espace
et l'organisation de son quotidien.


"Le réveil, un objet démoniaque qui fait driiiing." (description issue de la boutique d'artisanat moldu)

Boum ! Une main s’abat sur un réveil le matin. A bien y regarder, elle ressemblait fort à celle de Jacob. Mais il n’était déjà plus là. Il avait bondi à l’autre bout de la pièce. Bouing, bouing, bouing, dans son pyjama de Gryffon jusqu’à la salle de bain. Premier aux douches avant six heures trente, premier à déborder d’énergie sur ses jambes rebondissantes. La douche prise, hop hop, aucun soin particulier, Poudlard n’était pas un défilé de beauté, pas besoin de se coiffer ou de se maquiller comme le frère de July. Tee-shirt et short, l’équipement parfait pour aller faire du sport en ce beau vendredi matin de février avant le petit-déjeuner.

Il prendra tout son temps dès qu’il y sera descendu, c’est le moment de beaucoup parler, de tout apprendre et de rigoler pour faire la réserve de bonne humeur pour la matinée. L'histoire des gâteaux ensorcelés qui l'avait tant occupé la veille mise de côté. Mais avant, il était 6h30 sur le réveil, c’était l’heure de décoller. Vioum, 6h31 n'étaient pas encore passées qu’un bolide rouge fonçait à travers le couloir du cinquième. 5, 4, 3, 2, 1… « Accio Brossdur ! », le voilà fin prêt pour décoller. « Debout ! » Un tour, deux, le vent importe peu, ressentir la puissance de son corps filant dans les airs, la peau contre le vent, l'urgence du mouvement. Après deux tours, il est presque 7 heures. C'est l’heure !

Un Gryffon motivé monte quatre à quatre, trois à trois, deux à deux puis une à une quand ses réserves d’énergie commencent à l’y obliger l’escalier, arrivant, rouge comme sa maison et essoufflé aux portes du dortoir. Mini-douche et petit-déjeuner avec sac, hop, hop, il y a teeellement d’anecdotes à raconter. Sûr que les Gryffons ont raté cet oiseau noir bizarre qui tournait autour des tribunes de Serpentard ce matin. Cela annonce une victoire des Griffes ardentes, c’est sûr… ou tout au moins une anecdote chatoyante au petit-déjeuner.

*Salut, salut, salut*. Dans les couloirs, la stratégie pour descendre c’est de contourner et de filer. Autrement, on peut vite reste bloqué. Une autre technique peut être de ne jamais emprunter le même escalier qu’Henry. C’est son ami, il l’apprécie… mais le Serdaigle choisit même sans le vouloir bien sûr toujours les escaliers prêts à faire des leurs contre les élèves. Pas du tout de quoi amuser le quatrième année. Quand on veut aller d’un point A à un point B, comme pour un but à marquer avec rapidité au quidditch, vioum, on y va en fonçant et les détours ne viennent que poser des obstacles au trajet fixé.

⓸ pourtant le Dominion approche, et Jacob choisit de maintenir sa relation avec July avant le Dominion, alors que le sillon de la distance est bien creusé : c'est "Rester ensemble quand le coeur n'y est plus" joint ci-dessous (RP qui fait donc suite à la crise de jalousie du 14, mais aussi à ce RP de salle des potions où le lendemain de l'Amortentia, Jacob et Leo avaient eu un dialogue de sourds à ce sujet)

Reducio
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1____________________________________________ lendemain du RP avec Leo - 16 février.

Dans la soirée, salle de répétition, Jacob et July.

Elle me demande c'est qui.
J'hausse un sourcil surpris. *Une fille de Paris* Evidemment non. Tu penses bien qu'elle est dans mon entourage, nom de nom. Je le vois, tu penses en même temps que moi et tu égrènes les noms : "Ennis." Euh... non. "Siobhán." A côté. "Lilly" Dans l'eau. "Alienor". Elle n'est pas à Poufsouffle. "Blaise." Et puis quoi encore ? "Ne me dis pas que... Leo !?" Tu lis dans mon regard. A tes propres yeux, je peux savoir que tu sais. Mais je suis au moins aussi certain que ça ne te plaît pas. Oh la la. Quel fatras. Dans quoi je me suis plongé ? J'hausse les sourcils devant les difficultés qui commencent sérieusement à s'accumuler.

Mais tu ne me laisses guère le temps de les énumérer. Non, évidemment elle ne m'aime pas, pourquoi tu me poses cette question ? Je pensais néanmoins qu'en te le disant, ce regard luisant que je n'aime pas partirait. Oui, elle en aime un autre. Non, je ne te le dirais pas. Ça ne te regarde pas. Tu invoques la confiance. Tu invoques notre couple. En disant que je la place au-dessus de ce qui est le plus important. Tu serres mon vêtement, je ne t'ai jamais vu dans un tel état d'agacement. Je me mords les lèvres devant le chambardement que j'ai créé. Involontairement.

Ou si, mais, je ne pensais pas qu'en te disant... la vérité... euh. Mais je n'ai pas le temps de penser. Voilà que tu listes des noms en scrutant mon regard. Je ne sais que faire. Te dire de te calmer ne fera que plus t'énerver et tu me dirais que c'est un paradoxe tout de même que ce soit moi qui ai créé tout cela qui le dise. Aïe.

Tu énumères tous les 3ème année. Sérieusement ? Leo avec Gabryel ? Non, mais, tu as vu la différence de personnalité ? Mais au moins c'est un garçon plein de respect, contrairement à ce Edmund. Si je te dis que tu ne devineras jamais je ne ferai qu'aiguillonner ton envie de trouver et si je te dis ce nom... ça ne ferait qu'accroître la confusion et diminuer la confiance.

Je n'y tiens plus : "Arrête de m'interroger !". Tu me secoues comme un cocotier, je cherche à t'immobiliser. Mains dans les mains, nous sommes si près et tu es si loin de la solution. Tu es trop près, avec ta frénésie, un instant, je ne sais plus où j'en suis. Instant de trop où tu viens m'embrasser. Mais ?!

Je ne réponds pas ou pas comme il le faut à ton geste et tu commences à tourner. "Je sais. Edmund." Alors, là, je ne comprends pas. Et avec ma stupéfaction, je crois que je me suis une nouvelle fois trahi. Et tu as compris de qui il s'agit. Merlin, pourquoi faut-il que je complique une situation compliquée ?

J'essaie de t'entourer de mes bras. Tu recules. "On en reparlera." j'arrive encore à te le glisser. Je crois. Tu es partie comme une fusée. Avec un regard à tout écraser. Une meilleure amie à qui on ne peut pas avouer et une petite amie en furie à qui au contraire on a peut-être trop dit. Youpi, Jacob, souris, tout roule comme sur des roulettes rouillées dans la vie.



2____________________________________________lendemain de l'entrevue dans la salle de répétition, 17 février, Jacob seul

avant le petit-déjeuner, dortoir des Gryffons

Ca va être compliqué, là. Pas de faire la deuxième journée de la mort [lundi et vendredi sont les jours denses en pratique et ouverture]. Non, la série métamorphose-divination-EDM, c'est du pipi du boursouflet. Ce qu'il y a entre la métamorphose et la divination. C'est là. C'est là le grand écart, plus couramment appelé déjeuner.

Ce moment de la journée à la table des Gryffons avec Leo et avec July, ma petite amie, à côté. Je ne sens vraiment pas le triangle, là. Vraiment pas. Et rien ne sert de me cacher derrière ma mousse à raser. Ce n'est pas aujourd'hui que je pourrai rire de l'air de Père-Noël qu'elle me donne.

Deux rides soucieuses au centre du front, je me coupe en me rasant. Trop de tension. Ca va mal se passer. Je serre ma cravate, comme si elle pouvait étouffer mon souci en même temps que mon cou. Merlin, Merlin, Merlin, quel pêle-mêle j'ai créé, je passe le temps de tirer mes couvertures pour les mettre dans le tas pour les elfes à me figurer le trio méridien. Et plus j'y pense et plus ça ne me dit rien de bien.

En passant la porte, je me rends compte que j'ai oublié ma ceinture. Super. Une histoire de filles et de sentiments et voilà que j'en suis retourné. Ca m'énerve de me sentir si concerné et si ennuyé, dans le royaume inépuisable des "mais" et des "si". Et si elle faisait une remarque à Leo ?

petit-déjeuner, dans la Grande Salle

Leo, justement. Parlons-en. Elle a vu Edmund en tête-à-tête, hier soir. Je l'apprends au petit-déjeuner des on-dit. Il faudra apprendre la subtilité plutôt que de baisser la voix en le disant devant moi comme si j'allais rapporter, ou au contraire en le disant fort comme si je le savais.

Un jour, je décapiterai les rumeurs. Je mange mon petit-déjeuner parmi les garçons et même dans les sujets légers comme des avions de papier, ma tête est lourde de ce bruit des on-dit et de la perspective du midi. Je crois n'avoir jamais vu pareil embrouillamini.

cours de métamorphose des 4ème année et juste après

Et si July blessait Leo ? La colère que j'ai vu hier ne me rassure pas du tout, je m'accroche pour faire apparaître des petits dragons. Mais mon esprit n'y est pas là. Pourtant j'adore d'habitude ces créatures mais je suis à côté. Sorti de cours, je m'apprête à faire un passage aux toilettes des garçons avant la grande descente vers la fameuse table des Gryffons, salue Lee, m'en sépare et tombe droit sur... July. Ou plutôt July tombe droit sur moi.

*On ne se rejoignait pas à table ?*



3____________________________________________Suite immédiate du précédent

Jacob et July, fin de matinée, abords de la salle de métamorphose

Elle me dit.

Elle me dit d'être loyal à ma relation, que ce n'est pas grave. Que mes doutes, nous allons les dépasser ensemble. Un couple, ça ne s'effondre pas pour un conflit, ça sait le dépasser. Et les défis ne m'ont jamais effrayé, elle me le dit et me prend dans ses bras. Je suis stupéfait. Je m'attendais peut-être à tout sauf à ça.

Je ne sais pas ce qu'elle fait, si ce n'est encore plus m'embrouiller, en me serrant contre elle. "On va continuer", répète-t-elle. "C'est une mauvaise passe. Je vais te sortir de là, je ne t'abandonnerai pas." Elle ne m'a jamais dit ces mots-là.

Je croyais m'exposer à la crise, à la colère et aux cris et voilà des murmures tout bas et des bras en douceur autour de moi.

Elle, la sixième année qui balaye de son passage n'importe quel élève de Poudlard et foudroie de son regard. Elle me dit que je suis quelqu'un de loyal, quelqu'un de sincère et que nous croyons en nous, en notre avenir.

Et je pose à mon tour mes bras autour d'elle. Dans cette étreinte, je sens les pulsations dans sa peau. Comme celles d'un coeur qui bat. Ou alors comme si je l'avais mise en danger. C'est la sensation qui en moi est en train de s'immiscer.

Je la serre un peu plus fort contre moi, mais rien ne peut arrêter cette sensation de culpabilité. Je murmure que ça va aller, qu'elle est forte, que je crois en elle. Elle m'assure que oui, nous sommes forts et sincères dans notre couple et que c'est ce qui nous unit.

Je suis loyal, oui, je suis sincère de caractère, oui, mais. Et là je vois un éclair de souffrance dans son regard contre le mien comme un poignard. J'ai mal, à mon tour, du mal que j'ai causé. Oui, c'est idiot, de ressentir quelque chose pour une autre que sa petite amie et impossible. Elle a raison.

Je ferai attention à toi, July, à l'avenir, je te le promets. Tu ne souffriras pas par moi, pas par ce que je te dirai. Ne te fais pas de souci, je t'en prie.

Je t'envoie toute l'affection que je peux dans mon regard. Ca va aller, July. Tu sais toi-même que tu es cette fille assurée qui ne se laisse pas marcher les pieds, et que tu as cette assurance qui nous relie. Nous, nous osons. Nous ne sommes pas des gens de l'attente. Tu m'entends, July ?

Je sais ce que ça fait d'être abandonné. Une certaine Lily l'an dernier que j'ai sincèrement aimé, partie à l'étranger. Alors crois-moi, je ne le souhaiterai jamais à personne. Et ce n'est pas par moi que cela se passera. C'est débile, comme idée.

Ok, va pour la table des Serdaigle. C'est moins sympa de passer moins de temps avec Leo, mais je ne vois de toute façon pas comment calmer les choses sans diviser le tout.



4____________________________________________Quelques jours après

Salle de bain du dortoir le matin, Jacob seul

E-d-m-u-n-d e-t L-e-o s-e t-i-e-n-n-e-n-t l-a m-a-i-n.

Comme si me doucher allait rincer mes soucis. Je suis parfois d'une telle naïveté que c'en est poétique. Ou pathétique. Je laisse encore l'eau couler à longs flots sur ma tête éberluée. Je n'arrive pas à faire le vide dans mes idées.

Certes il y a le Dominion et je dois m'y préparer et les cours à côté mais j'ai un cognard à encaisser. La nouvelle est arrivée ce matin au petit-déjeuner. Heureusement que je n'ai pas cours ce matin. Je veux sérieusement réussir à me concentrer en cours. Et là... j'aurais été pris de court.

Que faire ? Je n'arrive pas à y voir clair, alors que l'eau transparente coule sur ma peau. Le miroir de la salle de bain est embué par l'eau chaude, je pense. Mon discernement ne vaut pas mieux, embué. Je l'ai laissé partir, bon sang de dragon. Pire, je l'ai aidée. Et je savais. Une série de jurons passe dans mes pensées, sans discontinuer.

C'est si différent de l'apprendre en vrai que de l'envisager comme possibilité. Le coup atteint un autre degré. Je laisse encore l'eau et mes pensées couler. L'eau glisse sur mes joues. Cette nouvelle a un goût salé.

J'ai finalement éteint l'eau. J'aimerais tellement faire taire toutes ces rumeurs. Elles tournent comme une ronde dans le château, dansent, s'accrochent à mes pensées comme des joncheruines. J'aimerais... j'aimerais... bloquer toutes ces langues fourchues qui répandent ces bruits éperdus. Mais comment les faire taire sans soi-même être intégré dans leur système et l'objet d'une rumeur ?

Je crois que je vais écraser quelqu'un sous le poids de mes soucis si je ne pars pas vite d'ici. Voler, voler, voler. Je connais la solution. Voler. Ou plutôt elle m'échappe et je ne fais que créer du bien-être temporaire. Voler pour échapper aux problèmes. Super. Mais comme qui dirait, facile, il n'y a qu'à consulter Leo. Ce n'est pas comme si elle faisait partie de la situation irrésolue. Non, pas du tout. Turlututu, impasse en vue.


Grande Salle au déjeuner, Jacob en présence de July.

Et voilà, je mâche mon déjeuner, July à mes côtés. Oui j'étais encore au terrain d'entraînement. Nan, ce n'était pas pour croiser Leo. Je te le promets, oui, laisse-moi en paix, July, je t'en prie ! Je sens qu'elle va faire une scène. Je la prends par la main. D'un regard, je lui signifie qu'on sort. Ne vient pas ce que j'attends - ce fameux reproche d'aller dans les lieux de Leo plutôt que la bibliothèque ou la salle d'études que je n'ai jamais voulu fréquenter, à la place, elle m'enlace de ses bras.

Ses yeux cherchent les miens. Dans ce regard-là, j'ai l'impression que je suis son seul pilier, et que je lui suis nécessaire. C'est vrai, elle est solitaire. Je mâche mes mots, alors que nous venons de sortir après le plat - ça m'est égal, cette sortie prématurée, ce que je veux c'est voir les soucis réglés. Et point. Mais la vérité, c'est que je ne sais que dire. Un "ça va" me semble tellement ridicule après ce que je lui ai fait subir. Alors je continue simplement de poser mon regard sur le sien et maintiens notre étreinte.


Moment du coucher

E-d-m-u-n-d a e-m-b-r-a-s-s-é L-e-o. E-d-m-u-n-d e-t L-e-o. L-e-o e-t E-d-m-u-n-d. E-d-m-u-n-d e-t L-e-o. L-e-o e-t E-... E-d-m-u-n-d e-t L-e-o. Bonne nuit, fais de beaux rêves, Jacob.

⓹ ensuite Jacob part dans le Dominion : perspective de July / perspective de Jacob - perspective de Leo / perspective de Jacob


⓺ après le Dominion a lieu le RP "Le retour du Dominion" (joint ci-dessous)
Reducio

[1]

J’ai mal, tellement mal. A ma dignité. A ce que je suis. Dans mon corps. Et c’est les yeux pleins de douleur que je reviens vers Poudlard. Je ne sais combien de temps j’ai passé là-bas. Je ne me suis jamais senti aussi éloigné d’ici. Rien dans le Dominion ne m’a rappelé le château. Et en voyant le château arrivé, je me serais senti un total étranger si certains mots ne me rappelaient pas combien j’en étais un familier.

Un nuage de noms. Parmi lesquels *Leo. July. Infini.*. Mais la vérité, c’est que Leo est en couple avec cet Edmund avec qui je ne peux vraiment pas m’entendre. Je sors avec sa soeur et les relations soeur-frère sont compliquées. Et quand je les vois, je vois des complications qui me font mal, simplement. Leo l'aime, et je ne le comprends pas. Et la vérité, c'est aussi que July, July, elle n’est plus pareille. Elle ne se ressemble pas ; elle est différente et je ne la reconnais pas. Ca me fait mal de ne pas être fichu de reconnaître ceux que j’aime. Ou de les avoir fait évoluer vers des personnes plus sombres. Je me sens terriblement coupable.

Cette relation avec July, je sens qu’on n’y arrive plus. Si je n’avais pas été dans le Dominion, je n’aurais pas tout cassé. Et me le répéter me fait mal : je me sens coupable. Et ne peux en parler. Leo est toute occupée à son Edmund avec qui je ne m’entends pas. Et surtout, je déteste accabler les autres encore plus. Une bonne partie de Poudlard a besoin de soutien psychologique, je ne vais pas en rajouter une couche, je ne suis pas idiot. Alors je serre les dents et ce que je ressens en moi. Et je tiens les apparences normales. Ne balaye pas les *ça va ?* comme si ça ne pouvait pas aller. Au contraire, je raconte le Dominion comme une anecdote, je fais rire avec les détails sur la lumière et sur le sol, quand intérieurement, le souvenir sombre pèse et est loin de me faire sourire. Mais je m'en sors. En embellissant le Dominion, je sauve mes relations, je préserve tout le monde. Et je parviens à m'installer dans le mensonge.


[2]

Jusqu’à.



Jusqu’à ce jour où.
 Jusqu’à ce jour où je découvre le stratagème (1). Je ne sais plus comment, je ne sais plus pourquoi. Mais un prénom appelé et je me rends compte que ces quelques jours n’étaient que mensonge. Et je pique une des colères les plus froides de ma vie, plaquant July, renvoyant June. En quelques mots laconiques pour des mois de relation. Ca fait mal. Mais c’est sincère, contrairement à ce qu’elles ont été. June, se faire passer pour July. Caractère changé, tu m'étonnes, plutôt caractère échangé.

Et voilà, j’ai tout brisé. Je suis revenu du Dominion où je n’ai pas été habitué à développer de bonnes intentions. J’arrive à Poudlard et je détruis mon couple et renvoie les deux soeurs Dale loin de moi. Elles m'ont trahi, mais je n’ai pas de quoi être fier, ça fait plus mal que prévu cette affaire. Et puis il y a ce merveilleux Edmund, le capitaine des Crochets, le frère de June et de July. J’ignore s’il était au courant de la trahison avant. Sûrement. Et qui sort avec Leo. Il a pas intérêt à la laisser tomber comme il a laissé tombé Lili, la soeur de Dylan. Pas intérêt à duper sa confiance comme l'ont fait ses soeurs à mon égard. Il a pas intérêt.

Tête dans les mains, je refuse l’infirmerie pour ne pas avoir à croiser June ou July. Qui pourraient y être prises en charge en tant que proches de personnes allées dans le Dominion. Mais bien sûr, "proches", on respire l'ironie, par ici. Le problème dont je me rends compte à Poudlard, c’est que tout est public, impossible de s’isoler. Alors, pour se remettre, il faut se remettre en public, en adoptant le plus grand des masques.

C’est dangereux de se refermer comme cela. Alors on se raccroche à tout ce qui passe. Les examens. Les révisions des examens avec Lucas et Lee. Et l’apparence qu'on maintient reflète de moins en moins l’intériorité en train de s’écrouler. Et on se raccroche à un sourire inébranlable, comme si l’apparence signifiait ce qu’on voulait à l’avenir. Et on est de plus en plus positif avec les autres pour se convaincre soi-même que tout va bien. Se mentir pour se faire du bien. Et puis on vole, beaucoup, parce que quand on vole, on est seul, illisible aux regards des autres dans le vent et on peut grimacer tant qu’on le veut. Et on peut crier intérieurement sa difficulté. Et voler jusqu'à ses limites pour oublier dans la tension des muscles sa tension intérieure.

Alors on croit au quidditch, et on vient encourager de toutes ses forces l’équipe. Parce qu’on l’a toujours fait dans le passé et que ça permet de renouer. Mais là, il y a Edmund, celui qui était sans doute au courant du stratagème de ses soeurs qui vous a (re)brisé, celui qui vient de plaquer votre meilleure amie à son tour, sans ménagement et qui se met à débiter un long pavé d’insultes. A votre meilleure amie qu’il vient de quitter. Juste avant qu’elle reçoive un des plus grands trophées de sa vie. Décidément, tout sourit.


[3]

C’est ce moment où vous sentez que vous ne pouvez compter que sur vous.
Qu’au fond, si le Dominion vous a démoli, dans les circonstances, rien n’a changé. Les adultes qui ont laissé faire le Dominion laissent Edmund insulter comme ils avaient laissé les troubles à la table des Gryffondor. Les Sang-Pur tergiversent toujours sur leurs questions de sang alors qu’ils n’ont aucune idée de ce que signifie la mort et ce qui signifie "risquer sa vie". Et la directrice fait entrer le mot Dominion dans les mots à ne pas placer lors de la cérémonie de fin d’année.

Bref, c’est le moment où vous êtes parfaitement rasséréné. Un Moldu dirait : aussi rasséréné qu'Orelsan disant que tout va bien. C’est le moment de bascule où de l’ado spontané que vous étiez vous apprenez à être beaucoup davantage dans la maîtrise, beaucoup davantage dans le contrôle de ce que vous faisez et faisez paraître. Alors que vous exprimiez votre opposition aux professeurs, vous laissez désormais filer ce qui est hors de votre portée. Qu’il dise s’il veut que tout est facile si on a bien révisé. Mais intérieurement vous pensez que vraiment il n’a aucune sensibilité pour le contexte qui n’est pas très propice à réviser. Et vous vous acharnez de toute votre volonté pour achever votre année.

Et puis, comme ce n’est pas suffisamment compliqué, c’est le moment, où en voyant votre meilleure amie avec un autre, vous comprenez ce que vous ressentez pour elle. Mais quelle idée. Vous n'avez aucune envie d'être proche de quelqu'un vu votre état. Vous risqueriez de lui porter malheur. Alors vous vous contentez d'être cet être positif pour tous, mais fondamentalement en retrait dans ses relations approfondies. Qui ne se livre ni ne se confie. Et vous ne faites pas le premier pas. Vous vous contentez d'écarter l'autre zigoto d'ex qui décharge la colère, sans commentaire. Et vous vous demandez si ce n'est pas autant celle que vous aimez que vous fuyez en tirant le Serpentard. Vous savez que vous n'êtes pas bon pour une relation, pas avec une personne qui vient d'être assaillie d'insultes. Vous ne voulez pas la briser. Et alors que vous êtes en train de renouer avec votre plus forte amitié avec elle, vous vous sentez au comble de l'insincérité dans la présence même de cette amitié. Et vous ne savez que dire, ne savant pas lui mentir.

Jacob, bienvenue dans le Poudlard post-Dominion.


______________________________________________________________
(1) construit par et convenu avec le joueur derrière les Dale : June se fait passer pour July au retour du Dominion.

Mentionnés :
Edmund (3A), June (6A) et July (6A) Dale
Leo Ginger
Lili et Dylan Cooper
Infini Parker


⓻ Jacob ne réévoquera jamais directement le traumatisme de la trahison* de July subie juste après le Dominion, mais en revanche il est très souvent présent par échos cf. ce passage avec Leo et ce passage avec Lilly par exemple... et il se voit aussi dans la façon dont Jacob intervient lors de la rupture très publique des deux capitaines de quidditch que sont Leo (sa meilleure amie) et Edmund (le frère de July avec qui elle sortait...) sur le terrain où sa colère et la vivacité de sa réaction apparaît complètement hors caractère quand on le connaît et on n'a pas tout ce contexte : 1-2-3-4.

⓼ d'ailleurs, la bonne entente (ironie) des Dale avec Jacob aura d'autres répercussions ensuite, avec Edmund cherchant à se venger en fomentant un plan pour séparer Leo et Jacob qui sortent ensemble plus tard dans l'année par exemple : pour en savoir plus, c'est le RP "Le serment inviolable" qu'Edmund avait partagé avec Phoebe pour la partie conception du plan et ses actions lors du bal d'Halloween où il manipule Orphéa , , etc. pour la partie application qu'Edmund commente lui-même avec beaucoup d'ironie ensuite quand il recroise Jacob le lendemain ici, etc. :)


Par ailleurs :
- *à propos de ce mot "trahison" : l'histoire Jacob/July est liée à une série de quiproquos à plein de niveaux impliquant une galerie d'autres PJ (dont le quiproquo qui conduit à la rupture, qui n'est à ce jour toujours pas perçu de la même manière du tout par les deux personnages), donc la perception de July de beaucoup de ces évènements est complètement différente de celle de Jacob (tout en trouvant ses propres chambres d'écho qui viennent la confirmer), j'ai fait la chrono juste du point de vue de Jacob mais on pourrait tout à fait en faire une entièrement différente du point de vue de July qui la conduit jusqu'à son arc de différenciation de sa soeur jumelle June, au moment où July se coupe les cheveux après la rupture avec Jacob pour se différencier du modèle trop pesant de June par exemple. Bref, qui dit quiproquos, dit aussi grand enjeu sur la perspective adoptée plutôt que côté noir/côté blanc dans l'histoire.

- également, il y a effectivement trois arcs de développement différents pour cette histoire Jacob-July, j'ai juste résumé celui qui implique Leo et Edmund pour plus de facilité. Cependant ! Si je vois celui qui implique la relation avec Lilly (une autre des quatre élèves dominiés, celle qui venait de Poufsouffle), rejaillissement du Dominion, de sa préparation et de ses suites ou/et celui qui implique la vélane du Dominion apparaître dans les dialogues, je ferai aussi des petites chronos pour ces arcs-là au vu de leur richesse en imprévus potentiellement un peu labyrinthique aussi sans souci :)

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Jacob

July.


C'est elle.


Tout droit venue des fibres tendues de sa mémoire Jacob retrouvait et la posture droite, et la silhouette élancée, et la grâce inaccessible qui semblait toujours échapper au monde. Tout revenait, piquait, comme une aiguille qu'on aurait à nouveau plantée dans une zone oubliée, dans une cicatrice qui à jamais purulait.

Par petites touches, il sentait la pâleur de la peau de l'ex-Serdaigle contre son teint plus hâlé des jours d'été. L'enveloppement de son silence délicat comme un cocon autour de l'éclat chaleureux, gryffonesque et ensoleillé de sa propre voix. Mais son teint semblait lunaire, comme s'il l'avait halluciné, et son silence désormais plutôt que de l'abriter semblait lui confirmer qu'elle n'était qu'une projection qu'il avait rêvée.

Non, elle n'avait jamais sincèrement été comme elle s'était dite être. Quand il contemplait toutes ces petites touches de leur histoire qui arrivaient encore à s'aimanter à lui, il sentait la trahison qui s'immisçait, comme une tache sombre, douloureuse, qui comprimait d'abord la poitrine et petit à petit absorbait, souillait tout ce qu'ils avaient vécu. Noircissait, avait noirci un à un les photos de leurs souvenirs communs. Tout était ombré, tous ces petits bouts de papier qu'étaient ce qu'ils avaient aimé ensemble, espéré à deux, partagé se tordaient dans une piquante fumée, recroquevillés, fumant, bavant d'une encre qui stagnait. Les résidus de ce avec quoi ils avaient écrit leur histoire subsistaient, mais déformés, comme contaminés de cette encre collante de l'incompréhension de ce qu'elle avait fait, et de la rancune, c'est vrai, qu'elle charriait.

Et Jacob haïssait ce qu’il croyait qu’elle avait fait, il haïssait le fait de l'avoir aimée ; il haïssait avoir détruit tout ce qu'ils avaient comme il haïssait savoir que ce qu'"ils" avaient n'avait été qu'une vaste illusion. Comme s'il n'y avait rien eu à détruire au moment de la rupture en vérité. Comme tout avait été château de cartes et écran de fumée. Alors que la rupture l'avait dévasté. Il se haïssait, il la haïssait, il serrait les dents, les poings dans ses poches serrés. Dans son esprit était imprimé le sourire froid, le rictus de moquerie, le regard mesuré, millimétré, tout ce qu'il avait imaginé être elle en coulisse, elle machinant son plan, elle imaginant comment le faire souffrir en-dedans. Tandis qu'au-devant ils souriaient tous deux en apparence heureux. Tandis que lui avait eu la sensation d'être vraiment amoureux d'une personne qui était vraiment elle.

Et puis après le Dominion, chaque émotion était plus forte, plus nue, plus brûlante. Chaque sourire apportait un millier de câlins de réconfort. Chaque mot coupait dans les nerfs, arrachait à vif. Alors que dire d'une trahison, et d'une trahison de sa propre petite amie. Ca avait fait, ça faisait mal. Ca avait explosé et la déflagration respirait encore avec lui. Le silence saignait en la regardant.

Alors oui, elle avait changé quelque chose à sa vie, avec sa retenue, son intelligence, la façon dont elle conduisait les choses avec sa tête - il n'avait plus jamais été exactement celui qu'il avait été avant de la rencontrer, suivant spontanément tous les élans de son coeur, sans réfléchir aux conséquences, défendant, aidant, riant fort, vivant dans le vertige. Il avait développé l'envie de rester, la forte stabilité qui était la sienne, à sa manière, dans le domaine amoureux - mais il l'avait développée auprès de Leo, et là était la forte différence. Elle l'avait recollé, il s'était recollé, là où il s'était ouvert à l'époque de July par craquements internes, là où il se rappelait avoir fait sauter de nombreuses barrières en lui, crevé ses limites pour elle, l'avoir accueilli à coups de fissures et de fendillements qu'il voyait dès qu'il voyait sa silhouette maintenant.

Vu d'ici, il avait l'impression qu'il n'avait jamais vraiment été en contact doux avec July, plutôt qu'ils étaient entrés en collision ; que pour intégrer les aspects de l'autre si différent, il avait fallu se fissurer de l'intérieur. Que pour être ensemble, ils avaient toujours été au bord d'eux-mêmes, sur la ligne de crête du possible. Une ligne grisante... une ligne dangereuse, une ligne d'où il avait fini par tomber, douloureusement. Oui, il relisait toute leur histoire à la lumière de cette trahison.

Comme une ligne de givre et une étincelle, leurs collisions avaient fini par le détruire. Et le feu qu'ils avaient partagé avait un goût de cendre, de rancune et de trahison. D'électrique, il était devenu âpre. Il donnait juste envie de grimacer, et d'être recraché. Tout semblait érodé, tout semblait à tousser.

Maintenant au centre de lui-même, bien ancré dans sa vie, il était dur de la revoir, elle qui l'avait portée aux confins de lui, elle avec qui et pour qui il s'était porté aux confins de lui-même. Qu'il était dur de revoir cette version de lui à travers elle.

Y'a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
(...)
Y'a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout

🎵




Alors quand il fut désigné pour être en duo pour le jeu de piste de la matinée avec July, il fut pris d'une grande toux qui fit trembler ses épaules et dont il tenta, tant bien que mal, d'étouffer le son, l'irruption. *Par les runes de Merlin.* Il y a dix minutes, il pensait l'avoir oubliée. Désormais il se trouvait enfermé, avec elle. Cette idée faisait saccader ses tempes.

Une matinée avec July.

Lèvres pincées, traits crispés.

La gêne.



@Edmund Dale

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LUNDI 20 DÉCEMBRE 2049
15H08

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Lui.

Il fallait que ce soit lui. Il fallait qu'il se retrouve ici. Il ne pouvait pas, bien évidemment, vaguer à ses occupations, comme tout le monde. Réviser. Travailler. Préparer ses cadeaux de Noël. Faire n'importe quoi. N'importe quoi. Tout sauf ça. Tout sauf être là. Présent, au beau milieu d'un lundi, ici. Pour cette exposition, à mes côtés.

Non. C'était un peu trop demandé pour monsieur. Evidemment. Après m'avoir tourné allègrement le dos suite à sa sortie du Dominion alors que c'était le moment où j'avais le plus besoin de lui. Après m'avoir trompé avec ma propre soeur sans avoir même eu l'audace de me l'avouer en face. Après m'avoir fui sans vouloir croiser mon regard par honte de ce qu'il avait fait. Et après l'annonce qu'a dû me faire ma propre soeur pour me signaler qu'elle avait entretenu une relation avec lui.

Je répète : ma propre soeur, avec laquelle il m'a trompée, a dû me signaler qu'il m'avait trompé avec elle et que c'était pour cette raison qu'il m'évitait depuis sa sortie du Dominion. Alors que j'étais morte d'inquiétude à l'idée de ne plus le reconnaître lorsqu'il sortirait et que j'ai donc battu en retraite dans le lieu où on se donnait toujours rendez-vous pour éviter de fondre en larmes devant toute l'école, lui, au lieu de me rejoindre dans ce lieu calme, a préféré se jeter sur ma propre soeur puis m'esquiver comme la peste. Non mais quel genre de culot faut-il avoir pour oser faire une chose pareille ?!

Elle essayait bien de le défendre, jouant sur le fait qu'on se ressemblait tant, avec June, pour que la confusion puisse se faire. Mais donc, June, explique-moi pourquoi tu n'as pas voulu le repousser ? À supposer que ce ne soit pas elle qui lui ai sauté dessus et que j'aie eu une version faussée de toute cette histoire... Mais donc, Jacob, explique-moi comment tu n'as pas su distinguer ta propre petite amie ? Dans ce cas, c'est bien plus flippant que ce que je ne le croyais. C'est qu'il ne me connaissait tout simplement pas aussi bien que ça. C'est qu'il ne m'aimait pas autant que ça. Il ne m'aimait pas vraiment.

Maintenant que j'ai un peu plus de recul sur la situation, ma réaction m'a parue totalement disproportionnée sur le coup. Couper mes cheveux avec une lame de rasoir et me mettre une tonne de maquillage au quotidien pour prouver que je ne ressemble pas à ma soeur ? Un peu extrême. Surtout pour June et Jacob. Ils n'en valaient simplement pas le coup. Je n'aurais jamais dû changer pour eux.

Même si, au final, j'ai fini par apprécier cette petite coupe que je me suis faite sur le moment. Il a simplement fallu qu'elle repousse un peu et qu'elle soit, par la suite, entretenue par un véritable coiffeur, au risque d'être aussi catastrophique que la première fois que je l'ai tentée.

Il y a quelques minutes à peine, cette histoire était loin derrière moi. Il y a quelques minutes à peine, j'étais heureuse. Je faisais enfin un métier que j'aime. Et je partageais ma vie avec une personne que j'aime. Et qui m'aimait vraiment, en bonus. Non négligeable, dans une relation saine. Pas comme celle que j'ai pu entretenir par le passé avec...

Lui.

Et maintenant, toute la rancœur. Toute la haine qui n'a jamais pu sortir, faute d'avoir eu une vraie rupture, dans les règles de l'art, est revenue.

Je pensais que cette histoire était derrière moi. J'étais bien heureuse de ne plus y penser. J'étais bien heureuse d'avoir quitté les murs de Poudlard. De ne plus risquer de le croiser après la trahison, la souffrance et l'humiliation qu'il m'a fait endurer. Mais il faut croire que le monde des sorciers est définitivement bien trop petit.

Et... Il fallait bien évidemment que ce soit lui.

Parmi toutes les personnes qui se sont retrouvées présentes ici, en ce moment-même, pour l'exposition sur laquelle je devais faire une revue pour mon nouveau job, il fallait que les organisateurs se sentent pousser des ailes et veuillent faire un jeu de piste. Et il fallait que je me retrouve en binôme avec lui. C'était vraiment tout simplement inévitable.

Je vais commencer à croire Edmund, lorsqu'il ne cesse de répéter que notre famille est maudite.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
« Roi du Drama & du Suspens » — JT (ou LD-M)
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Privé Rue des petites rancunes et des grandes trahisons PNJ A&J
Tous ces mots qu’on ne dit pas.

(remix d'un titre de Linkin Park)



Jacob quand il aimait aimait comme on se jette dans un lac glacé : sans retenue, sans calcul, tout entier. Il y avait eu les mille fissures, tous les doutes, toutes les difficultés, mais toujours, toujours cette estime, cette intrigue, cette curiosité. Même avec le coeur en tempête parce qu’on sait qu’il n’est plus là où il devrait être [1], il y avait toujours, profondément, ce souci de l’autre, ce souci de bien faire, de ne pas blesser.

Alors quand il revoyait les derniers mois de leur relation, il voyait certes tout à la lumière de la trahison : comment il avait serré les dents, comment il avait mécanisé ses sourires, comment il avait minimisé ce qu’il ressentait pour rentrer dans le moule tendu, pour s’y tordre, s'y trahir pour ne pas elle, la trahir, s'y bâillonner pour que les volontés qu'elle exprimait soient satisfaites. Et vous savez quoi ? Il n'arrivait même pas à regretter de l'avoir choisie jour après jour. Parce que c'était le choix à faire quand on était avec quelqu'un, il en restait des années après encore, persuadé.

Alors il revoyait avec difficulté le velours des mots de la Serdaigle, les "c’est une mauvaise passe" et les "on va tout traverser", la jalousie, le ton accusatoire en filigrane, aussi. Le goutte-à-goutte de culpabilité. La pression qu’il avait ressentie à ses côtés. Comment plus que leur relation, c’était elle qui était le centre de gravité de leur vie. C’était elle qu’ils suivaient. A l’orée de lui-même, aux confins de ce qu’il pouvait. Il était devenu ce qu’elle voulait qu’il soit, espérant que ses besoins à elle soient enfin comblés. Mais.
Mais il la revoyait avec ce goût de celui qui n'a pas réussi à réparer mais aurait aimé pouvoir le faire, aimé que le contexte soit différent, aimé pouvoir la satisfaire, et la conscience qu'elle aussi avait souffert, au fond, de la situation, avant le Dominion. Après non... après, c'était la trahison.

Et du moment où ils s'étaient aimés au moment où tout avait éclaté, il revoyait la dégringolade. Comment aimer était petit à petit devenu endurer à ses côtés. Comment la peur d’être remplacée qu’il avait fait naître avec sa sincérité [2], la peur de July de voir les actes du Gryffon se conformer à ses sentiments, ses pensées, avait alimenté sa peur à lui de la faire souffrir et de se découvrir capable de la faire souffrir. Comment l’un et l’autre étaient restés accrochés juste avant le Dominion par leurs peurs mutuelles. Mais.
Mais dans cette dégringolade, il n'arrivait, toujours pas, non, n'arrivait à rien regretter. Parce qu'il l'avait aimée, dans ses hauts, ses bas, tout ce qu'il croyait être elle. Parce qu'ils avaient choisi d'être ensemble après tout, elle ne l'avait pas forcé.

Il était terrible, ce "mais" qu'il sentait émerger si fort du champ de ruines à l'odeur de brûlé qu'était la rancoeur, ce "mais" qui lui soufflait qu'il l'aurait encore choisie et aurait encore tout, vraiment tout tenté, traversé la Terre et mordu la poussière, s'il avait été dans sa robe de sorcier de l'époque et avec les données dont il disposait...

comme il l'avait fait à une seule chose, oui une seule chose près.
*Mais merde alors, j'n'allais quand même pas soutenir le Conseil des Sorciers et le Dominion juste pour sauver ma relation ?*


... terrible, ce "mais", "mais j't'aurais choisie", "mais j'aurais encore tout fait", quand on savait le coup de poignard dans le dos qu'il avait reçu après, quand June s'était faite passer pour July, quand les soeurs s'étaient vengées, avec leur plan complètement détraqué, d'une relation en train de se déliter.

Alors derrière les pointes de suavité de ces élans d'absence de regret, jamais très loin l'arrière-goût qui piquait. Il sentait encore sur ses lèvres l'amertume de ce baiser échangé, ces lèvres posées les unes contre les autres qui avaient la forme familière, mais pas la manière. Ce n’était pas July. Et c'était l'autre soeur du plan impossible à imaginer autrement que dans leur esprit de Dale à qui il avait dit : "C’est terminé", oui.

Il essuya machinalement ses lèvres en repensant au baiser de June dont il avait cauchemardé, entre ses problèmes de vélane, de tasse de thé, de baguette, d'Asiatique et de ronces dans la paume des mains après celle du cou plantées. Et la bague ! La bague de Rowena Serdaigle [3] et l'effet sur Lilly avec qui seul il avait partagé le secret, la façon dont une de ses meilleures amies s'était isolée pour un foutu objet retrouvé dans ce fichu Dominion. Et dans cette masse de problèmes, du corps à la magie HS sans même encore parler de l'état psychologique, toujours remontait ce baiser. Cette trahison. "C'est terminé."

Ce baiser. - Cette trahison. - "C'est terminé." - Le film était toujours aussi aigre, quel que soit l'angle de vue que la caméra employait. Il voyait encore tous les détails de la Grande Salle ce jour-là, à la table des Serdaigle où il n’était plus de l'année retourné. Les éclats froids des bougies au-dessus de leurs têtes au moment où il avait ouvert les yeux sur ce qu'il s'était passé. La remontée dos tourné des escaliers après l’entrée et les trois mots exactement prononcés. De ses lèvres qui avaient touché les lèvres étrangères, face à June qui baragouinait à propos de leur plan inimaginable en vérité, il s'entendait encore prononcer : "C'est terminé.".

Et puis, et puis... l’envie de pleurer en retrouvant son lit d’infirmerie, où il était hôte permanent dans la durée en ce temps, avec Lilly, qui avait sauté le dîner comme lui. Cette sensation d’être incapable d’aimer, incapable d’être aimé, d'avoir tout cassé, d’avoir été incapable de réparer. Qu'il n'avait pas pu à ce moment du tout extérioriser. Pour July, pour la vélane, la sensation profonde d’être impuissant face à l’abandon, la trahison. Et en plus d'avoir tout cassé, d’être tout cassé. Il en fallait tout de même, de la colère, pour demander à sa soeur de se faire passer pour soi. Il en fallait de l’envie de se venger. Et c'était tombé sur lui, entre tous, le Dominié. Un concerné parmi les centaines de garçons du château, quelle était la probabilité ?

Ils s’étaient, pourtant, il le croyait, voulait le croire, à un moment réellement aimés, non ? Non ? Alors le *Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?* retentissait, cri intérieur irrésolu qui rejaillissait des souterrains, refaisait surface des profondeurs où il semblait s'être juste ensommeillé.

On leur donnait des enveloppes avec des indices dans les mains. Bonjour, merci, de rien. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Dans le musée, on leur expliquait les règles du jeu et comment faire les associations pour gagner. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? On leur attribuait une salle, ils allaient monter. Tenez, la direction à emprunter. Pourquoi ?

Une fois la salle atteinte, il fut repris d’une quinte de toux. Il allait falloir se parler. Okay. Eh ben, c’était pas gagné.

P't'être bien qu'il y avait des situations si surréalistes qu'on ne pouvait pas y poser de mot.




_________________________________________________________________
[1] cf. "Rester ensemble quand le coeur n’y est plus" post 3 dans le premier post de ce RP si pas clair.
[2] cf. "Rester ensemble quand le coeur n'y est plus" post 1 dans le premier post de ce RP si pas clair.
[3] cf. ces éléments du contexte post-Dominion, si pas clair (attention, posts tronqués pour avoir juste les éléments pertinents ici) :


Reducio
3.1 : conséquences imposées
Sujet : [ÉP. 47.4 - L.Z.] La Prison noire
Kristen Loewy a écrit : 19 août 2021, 21:25
Épilogue
〚 Lilly 〛
Plus tard..

Vous êtes à l'infirmerie. Vos camarades sont allongés non loin et vous êtes tous interdits de visite pour le moment. Vous tenez toujours fermement la bague dans votre poing et nourrissez l'inquiétude que votre secret sera bientôt révélé, que l'on voudra vous la voler, qu'Elowen doit savoir, et Jacob aussi : et s'ils disaient quelque chose ? Et s'ils vous trahissaient pour la prendre ? Votre inquiétude se transforme en méfiance, et votre méfiance en colère.

⇝ Vous possédez la Bague d'Omniscience. Créée par Rowena Serdaigle, cette bague permet à votre esprit de prendre de la hauteur et d'explorer par la pensée les moindres recoins de votre environnement. C'est pour le moment tout ce que vous en savez. En contrepartie, cette bague vous rend agressive envers tous ceux qui tenteraient de s'en approcher et a fortement développé votre méfiance. Vous avez désormais du mal à vous faire des amis sans penser qu'ils connaissent votre secret et se rapprochent de vous par intérêt.

Ces conséquences vous sont imposées. Bien sûr, vous pouvez utiliser le reste de votre aventure comme bon vous semble : souvenirs réconfortants ou traumatismes, cela vous regarde !


Épilogue
〚 Jacob 〛
Plus tard...

Vous êtes à l'infirmerie. Vos camarades sont allongés non loin et vous êtes tous interdits de visite pour le moment. Votre baguette a été posée sur votre table de chevet, complètement brisée. La tristesse de voir votre fidèle amie inutilisable se joint à celle que vous éprouvez au fond de votre cœur : c'est un sentiment qui vous tord les entrailles et obsède votre esprit... Ce sentiment que vous ne trouverez jamais l'amour, que vous avez tout perdu en quittant le Dominion, puisque vous l'avez perdue, Elle...

⇝ Suite à votre rencontre avec la Vélane, vous vivez un douloureux chagrin d'amour, comme si vous aviez perdu l'amour de votre vie dans le Dominion. Vous en rêvez plusieurs fois par semaine et y pensez régulièrement, ce qui vous empêche de construire des relations amoureuses sincères et vous glisse l'idée d'y retourner. Un suivi psychologique est recommandé.

Ces conséquences vous sont imposées. Bien sûr, vous pouvez utiliser le reste de votre aventure comme bon vous semble : souvenirs réconfortants ou traumatismes, cela vous regarde !

3.2 : leur application
Sujet : [RP] Péripéties du club de Chocobataille
Lilly Zarbi a écrit : 18 oct. 2021, 19:43
Ses mains se posent sur les épaules de l'adolescente comme des charbons ardents. Ce contact chaleureux achève de la rassurer pleinement et ses joues s'enflamment un peu plus. Elle se laisse aller. Un peu trop. Dans un élan elle se colle encore plus à lui, afin qu'il perçoive ou devine la bague précieusement glissée dans sa poche.

Elle lui était déjà tombée dans les bras de toute façon, elle avait cette sensation qu'aucune distance n'avait lieu d'exister entre eux. Elle ne s'expliquait toujours pas pourquoi elle s'était jetée sur lui ce soir là. Un trop plein d'émotions qui déborde. Une volonté de lâcher prise, de s'éloigner de la réalité. De celle qu'ils avaient ensuite affrontée. Portée par ce sentiment, elle danse.

Il la protégeait. Il les protégeait toutes les deux.



Reducio

Jacob et July :
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meanwhile June absente, qui sait que la réalité est : 7,5 :laugh:

***

Représentations de la situation, version noir et blanc
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Version moderne, colorisée
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***
Force à nous et à nos PJ (June+sortie de Dominion=PLS au carré :sly:/ :lol: )


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Dos droit, tête haute, je me saisis de l'enveloppe qu'on me tend. Sèchement. Froidement. On peut qualifier ma posture de tous les adjectifs associés possibles, je m'en fiche bien à l'heure actuelle. Et j'espère que cela se lit dans ma posture aussi bien que dans mon mouvement lorsque je saisis cette enveloppe et le visage totalement fermé dont je me suis vêtue dès l'instant où je suis rentrée dans la même pièce que ce... Ce... Ce trou à rats. Ce veracrasse. Ce troll perfide. Ce lycanthrope déguisé en sorcier qui attaque dès qu'on a le dos tourné. Ce détraqueur qui a aspiré toutes mes émotions en même temps que mon âme lorsqu'il a osé. Ce moremplis qui se tapit dans l'ombre en attendant d'avoir le moment opportun pour frapper efficacement. Ce...

Mais non. Toutes les pires créatures que ce monde n'ait jamais connu ne seraient pas suffisantes pour parvenir à qualifier cette infâme âme avec j'ai osé sortir. J'ai osé accorder ma confiance. J'ai osé croire que... J'ai osé croire en nous.

Ha. Ha. Belle ironie du sort. Visiblement la seule à avoir réellement cru en cette relation pourtant bien vouée à l'échec. Puisqu'elle démarrait avec un désavantage de taille : celui d'être composée d'un être perfide. Une relation, en règle générale, c'est deux êtres. Et deux seulement. Donc, dès lors qu'un des deux renferme une toxicité sans pareille, c'est déjà mort. De base. Par défaut. Puisque la moitié de la relation est déjà détruite. Et il en faut beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de l'autre moitié pour pallier cette toxicité. Sauf que, au bout d'un moment... L'autre moitié n'a plus d'énergie. Plus de force. À force de trop tout donner, tout le temps. Elle n'a plus rien pour elle et se retrouve juste à essayer désespérément de ramasser les bouts de la relation. Dont la grande majorité ont été cachés sous le tapis par l'autre partie. Cette partie qui était censée constituer la moitié entière de la relation mais l'utilise à saboter l'autre moitié et par conséquent la relation en elle-même au lieu d'essayer de recoller les morceaux.

Oui. C'est comme... Pédaler toute seule sur un tandem. Mais, cette fois-ci, c'est pire. Puisque c'est avec un poids à l'arrière. Je suis seule. Et je me traîne une moitié qui était censée m'aider. Mais qui, à la place, me fait couler.

Donc non. En effet. Je ne suis pas très très enthousiaste à l'idée de faire une sorte de jeu de piste avec... Cette chose. Donc vous m'excuserez si je ne souris pas. Je ne dis pas merci. Je ne dis pas au revoir. Je ne pipe pas mot du trajet. Et je ne montre aucun entrain lorsqu'on nous laisse seuls. Non.

La seule chose que j'aurais aimé aurait pourtant été quelque chose de très simple : une simple visite d'exposition. Sans contact avec autrui. Du simple blabla à écouter au lieu de se décarcasser à rendre l'activité ludique.

Sérieusement. J'ai envie de me jeter un Avada Kedavra, là. Tout de suite et sur le champ.

Sans jeter l'ombre d'un regard derrière moi puisque je sais pertinemment ce qui se trouve derrière mon dos et je n'ai guère envie de voir cela, je déballe mon indice et commence à le lire de mon côté.

Je parviendrai au bout de ce jeu, et j'y parviendrai seule. Et qu'il ne s'avise pas d'oser m'adresser la parole.

@Finn Wigglewing, 10 gallions si t'as la ref ! (Et si tu captes le message subliminal :disguise:)
Oui bon, j'ai prévenu qu'elle serait pas très très contente, la July :wise:

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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Et July remporte le roi (la reine) du silence, je crois :ninja:
Et puis franchement, ça pourrait être pire, elle n'a pas encore dit qu'elle jetterait un Avada Kadavra sur Jacob. Bon, on se remonte le moral comme on peut dans cette atmosphère de détraqueur, ouille :laugh:


Bon, July ferait le jeu de piste seule visiblement. Et Jacob l'observerait depuis le coin, comme un élève puni. Il s'était d'ailleurs assis en tailleur, dos contre le mur. Il ne doutait pas de l'intelligence de l'ancienne Serdaigle, elle était mille fois plus réfléchie que lui, et n'avait pas besoin de lui pour tout résoudre en deux-deux. N'était-il pas tombé amoureux de son esprit, aussi, il y a quelques années ? Deuxième Serdaigle. Il n'était peut-être pas Einstein, mais on ne pouvait pas dire qu'il ne savait pas reconnaître l'intelligence quand il la voyait. Ce serait vraiment faux.

Le fait qu'elle fasse le jeu seule était une bonne métaphore de la fin de leur relation finalement. Quand il était même au sommet de lui-même, donnait tout pour être aux confins de ce qu'il était... et n'était jamais assez bien. Jamais calqué au moule du petit ami parfait. Celui qui cachait ses défauts, ou mieux, n'en avait pas, quand lui en avait avoué un gigantesque.

Être perfectionniste comme elle l'avait été et l'était sans doute encore était sans doute une qualité. Il le voyait chez July, il le voyait chez Luke. Mais juste, parfois, pour être perfectionniste pour les autres, il fallait s'adapter à leur échelle de qualités. *Salutations Père, salutations Mère, du haut du Titanic de votre mépris de mes non-qualités. Vous aussi êtes très bons au décompte des quantités de non-qualités.*

Et Jacob avait dû se tordre comme il pouvait pour atteindre le niveau dans les qualités requises que petit à petit July avait attendues de lui quand la confiance était partie, même si aucun des deux n'avait su verbaliser que cette confiance s'était carapatée. Les mêmes qu'elle. Or, il n'était pas bon là où elle excellait. Leurs qualités s'emboîtaient de manière complémentaire. Et s'il l'avait aimée pour l'avoir porté aux confins de lui-même, c'était très exactement aussi du vertige du décentrement permanent de son côté que venait ce qui avait rendu sa relation compliquée.

Car à un moment donné, à trop se tordre, on se sentait contrôlé. Il les avait passés, les 100% des déjeuners et dîners à la table des Serdaigle, durant sa quatrième année. Mais en rétrospective, c'était pas très évident de mettre cela en cohérence avec ce qu'il était. Et pour cette raison, avec le corps et le coeur ainsi comprimés, il lui était parfois, de plus en plus souvent cette année-là, difficile de respirer la joie parfaite quand il était aux côtés de celle qu'il continuait d'estimer.

Alors cela aboutissait à un énième désaccord, sur le pourquoi de ce manque d'allant, de verve, de vivacité, cette même énergie qui lui avait plue à elle chez lui à leurs débuts, et que malgré tous ses efforts pour plus que la retrouver, même la dépasser, se surpasser, dans les moments de fatigue et de pression du Gryffon -ne lui avait-on pas légèrement annoncé qu'il allait aller dans le Dominion, ne devait-il pas porter par ailleurs l'inquiétude des proches pas rassurés parallèlement à sa relation, et puis s'y entraîner, et puis...-, elle sentait rater les attentes fixées. Désaccord sur ses questions à lui aussi, ses remises en question, qui n'entraient naturellement pas dans les qualités de celui avait déjà tout bon. La réflexion qui aboutissait à la certitude à tous les niveaux, il savait. Pas de souplesse, de la structure. Pas de flexibilité, du planifié. Bien droit, comme un moule pour faire les tartes. Avoir l'esprit carré. Il entendait.

Mais c'était dur, aussi, de mettre les mots que maintenant, parce qu'il avait laissé couler le temps et qu'il s'y forçait, ainsi assis en tailleur et à grosses gouttes de sueur pour assécher la rancoeur au burin du carnaval des pensées, il mettait, un peu.

Car lui avait -à l'époque aussi- fait confiance à la perspicacité de July, quand elle avait balayé les doutes et les questions, balayé l'autre nom qui résonnait au bout de ses lèvres à coups de futurs de certitude bien carrés conjugués à la première personne du pluriel et de baisers appuyés à faire taire tous les jobarbilles du ciel. Parce qu'au fond il savait que la perspicacité réfléchie n'était pas ce qu'il apporterait à la relation si on lui laissait apporter à la relation ce qu'il pouvait y apporter. Il était loin d'être bête, dans la moyenne de la rationalité disons, capable d'utiliser sa réflexion comme il le faisait là en somme, bien posé, sans que tout penser de la tête soit jamais naturel, mais elle frisait le profil surdoué. Et puis l'intelligence du coeur, la générosité, donnée sans compter, gratuitement, comme on se vide de son sang pour l'être aimé, ça ne comptait pas dans les critères, juste la tête, le bien mesuré, le moule, il savait.

Alors bonant malant, ils avaient persévéré à travers "la mauvaise passe" comme elle disait, de la force des efforts, ils avaient renoué les fils qui réparaient la cicatrice béante. Point de suture par point de suture. La bouche du Gryffon toujours plus cousue. Mais la cicatrice de la relation toujours mieux cousue. Et alors que la cicatrice était bien recousue, et qu'il était enfin rentré du Dominion, qu'est-ce qu'elle avait fait ? Demander à sa soeur de se faire passer pour elle. Eclater toutes les coutures qu'ils avaient pu jamais tresser. Et cette explosion sanglante -il avait encore l'impression d'avoir des morceaux sur le visage en la regardant tellement le choc avait été violent-, même assis en tailleur façon Bouddha des musées, posé et cherchant sincèrement à comprendre, il ne la comprenait pas.

Alors, finalement, après s'être éclairci la voix, le Gryffon demanda doucement, en travaillant son timbre pour toucher à une neutralité articulée qui ne lui ressemblait pas, de sa place toujours assis en tailleur à l'autre bout de la pièce dans le dos d'une July affairée avec le papier du jeu de piste légèrement complété, plantant de sa voix prononcée entre ses dents le couteau droit dans la plaie qui allait gicler : "Ce plan avec ta soeur, pourquoi ? Je t'aimais. Mal. Mais je t'aimais." Le Gryffon avait mal au coeur et aux yeux de sa propre question. Un coeur, ça saignait ou ça pleurait ?

Reducio
Je prépare un plaid pour la prochaine réponse. Façon défense anti-missiles verbaux :wise:

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Ouh, l'Avada Kedavra sur Jacob n'avait pas effleuré l'esprit de July ! ... Mais je sens que ça va très vite devenir le cas au vu de ce que Jacob vient de lâcher... :ninja:


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Bouche bée.

Je lâche la lettre avec les indices qui me fait face.

Elle ne me paraît plus si importante, maintenant. Plus maintenant que je ressens la plaie béante de mon cœur se rouvrir brutalement. Devant... Ce... Ce... Ce culot. Cette audace. Cette insolence. Ce...

Ce foutage de gueule.

Oui. Ce foutage de gueule, oui. Il se fout très littéralement de ma grosse gueule, là. Comme si cela ne lui avait pas déjà suffi lorsqu'on était ENSEMBLE.

Tu te fous de ma gueule ?

Je n'ose même pas pivoter pour regarder ce veracrasse dans les yeux. Il ne le mérite pas. Certainement pas.

Non. Ce n'était pas une question. Tu te fous de ma gueule.

Heureusement. Heureusement que cette lettre est tombée. Sinon, la pauvre, elle aurait fini déchiquetée. Parce que, là, j'ai clairement besoin d'évacuer mes nerfs. Et ce sera sur le premier venu.

Pas de chance. Il semblerait qu'il s'agisse d'un petit veracrasse "innocent"...

Ni une ni deux, je me retourne brusquement pour aller lui aboyer directement ce que je pense de son petit cirque, un doigt accusateur levé.

Premièrement, tu me trompes. TROMPES. Avec ma PROPRE SOEUR. Donc soit c'était volontaire, soit tu ne m'as pas assez vu pour imprimer mon visage dans ta tête ? Dans tous les cas, c'est terrifiant ? Soit tu savais très bien ce que tu faisais et tu avais un fantasme absolument malsain de vouloir te taper la soeur de ta petite amie. Soit tu n'as pas été capable de reconnaître ta propre petite amie, tant tu ne la connaissais pas. Et si tu la connaissais réellement, tu aurais su où aller. Tu aurais parfaitement su que je t'attendais à la cour de l'horloge. Mais j'ai bien compris que je suis visiblement la seule à m'être rappelée de l'endroit où on s'est... Embrassés pour la première fois...

Merlin, le simple fait de me remémorer cet événement me dégoûte au plus haut point.

Deuxièmement, tu m'ignores. Tu me laisses sans explication et je me fais un sang d'encre. Et j'estime que ce n'est pas normal que j'aie appris de la bouche de June que TU m'avais trompé. J'estime tout de même que généralement, quand on trompe une personne, on prend le temps de le lui dire avant que la tierce personne ne lui révèle la supercherie ? Non mais juste comme ça. Dans le doute. Je pense que c'est ce que la plupart des gens doués d'intelligence font. Au lieu d'ignorer royalement leur partenaire. Je pense, hein.

Comment ai-je pu sortir avec quelqu'un de si débile ?! Je me suis tellement pas respectée !

Troisièmement, tu me largues. En trois mots. Sans plus d'explication. Sans même prendre le temps d'avoir un semblant de conversation l'un envers l'autre. Sans potentiellement espérer pouvoir s'expliquer des conneries que TU as faites. Non, juste « C'est terminé ». Point. Bieen ! Bien joué ! Franchement, quand t'as fait ça, j'ai DIRECT compris à quel point tu tenais à moi en réalité. C'est-à-dire QUE DALLE.

Je bouillonne. Y en a une qui va partir. Je le sens.

Quatrièmement, tu... Oses. Me remettre ça sur le dos ? Tu oses me parler d'un "plan" que j'aurais mis en place ? Alors que c'est toi qui m'a trompé ? Bordel, mais qu'est-ce qui va pas chez toi ?! À quel point t'es dans le déni au point de te démerder pour reporter la faute sur MOI alors que c'est TOI le fautif ?

On dirait Edmund.

Cinquièmement... Merci. Merci d'enfin avoir avoué que tu m'aimais mal. Parce que, ça, c'était pas de l'amour. C'était juste un ramassis de conneries que tu essayais de faire tenir debout et que tu as lâché dès que tu en as eu l'occasion. Tu m'as lâchée dès que tu en as eu l'occasion. C'est juste affligeant que tu aies pris trois ans à t'en rendre compte.

Je ne suis plus en colère. Je n'ai plus envie de le frapper. Je suis juste...

Dégoûtée.

Peut-être bien qu'il se passe quelque chose avec Katherine.
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