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La Petite Maison puis La Demeure. Lundi 20.03.51. 1ère année de @Leta Blackbirds à la FSCM. [♛] Présence potentielle en PNJ Actifs d'Azur et Louka Blackbirds. Hériter de... |
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Oraison
Oraison
À 16h27 je suis chez moi, installée confortablement dans mon canapé. Il ne s'est pas passé grand-chose aujourd'hui, le cours normal de ma vie et de mes études, les langues et la culture générale avaient été des plus simples à suivre pour une fois.
Tout va donc presque pour le mieux, si ce n'est ce corbeau posté à ma fenêtre. Son regard intelligent me fixe, me juge, il attend. Je sais ce que représente cet oiseau, emblème familial, missive paternelle donc. J'hésite un instant à laisser le volatile dehors, ignorer les informations de ce père indigne. Mais le devoir m'appelle, je ne peux me soustraire aux contraintes de mon ascendance.
Alors d'un pas lent je me dirige vers ladite fenêtre dont les carreaux ne sont plus si propres. L'animal noir me tend un petit bout de parchemin. Le billet est cacheté d'une cire administrative, l'en-tête du Conseil. Évidemment. Même pour m'écrire, Papa passe par un service d'État. Le doute m'assaille tout de même : il ne m'écrit jamais. Le doute m'assaille.
Curieuse, je m'enfonce à nouveau dans mon divan sans être accueillie par la quiétude habituelle de son confort. D'un geste sec, je casse le bout de cire qui scellait la lettre et lis donc ce que l'on m'a apporté.
Mes sourcils sont froncés. Ma bouche se crispe. Je mords ma langue. Putain, je ressens pas grand-chose si ce n'est le choc et la réalisation de tout ce que ça implique. Cela devait arriver, je le savais, mais bordel j'étais loin d'y être prête. Voilà qui va te ravir au plus haut point Papa.
Je me lève, le visage froid, inexpressif. J'enfile un long manteau et récupère des affaires aussi sombres que les ailes de ce corbeau porteur de nouvelles. Quitte à être une Blackbirds, autant en porter les plumes.
Puis dans un profond soupir, je laisse sur ma table le papier effroyable et transplane en direction de La Demeure.
Leta,
Rémotto est décédé dans la nuit.
Il sera enterré demain matin.
Ta présence est requise.
Azur.
Dernière modification par Leta Blackbirds le 21 juil. 2026, 10:40, modifié 4 fois.
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Le silence me frappe, bien qu'il soit habituel dans cette maison. J'entends quelques paroles me parvenir faiblement du salon, cela ne peut être que Maman et Papa. Je fais un sourire triste à l'elfe de maison et dépose moi-même ma veste sur le porte-manteau. Je n'avais pas hâte de revenir dans la maison familiale. En fait, je n'y avais pas remis les pieds depuis l'été dernier et grand bien m'en fasse.
En quelques pas me voilà dans l'encadrure du salon. L'odeur du feu de cheminée emplit l'air, bien plus que celle de ma maison. Je pourrais m'étouffer avec cet air plus impur que mon sang.
Leta. Papa est toujours aussi froid. J'excuserai son accueil de marbre par la mort de son père mais je suis persuadée qu'au contraire, ça permet d'accélérer ses plans politiques. Je ne suis plus dupe, les élections pour le président du Conseil sont dans même pas deux ans. Opportuniste va.
Tu vas bien Leta ? C'est à Maman de s'adresser à moi, elle se lève, s'approche de moi et ouvre ses bras. Je lui rends évidemment son câlin. S'il y a bien quelqu'un qui m'a toujours soutenue dans cette "maison", c'est bien elle.
Je vais bien. Ma réponse est, malgré moi, aussi froide que l'accueil de mon paternel.
As-tu bien lu mon billet ? L'enterrement n'est que demain. Tu pouvais rester chez toi.
Vraiment, un hôtel cinq étoiles, l'hospitalité est au poil, où est le jacuzzi ?
Au vu du peu de mots, j'ai pu relire et comprendre la lettre au moins 10 fois avant de venir... Je venais voir si Maman et Pluton allaient bien face à la nouvelle. Et bim, dans ta face vieux croûton. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre et me tourne vers Maman. D'ailleurs, il est là ? Il est au courant ?
Oui et oui, son visage est triste, il est en haut et joue dans sa chambre, il ne comprend pas ce qu'il se passe. Évidemment qu'il ne comprend pas, il n'a que 5 pauvres années de vie, la mort ne le concerne pas, c'est un concept trop haut pour lui.
Et Maman, est-elle sincèrement touchée par le décès de son beau-père ou bien est-ce le fait de devoir annoncer la nouvelle à ses deux enfants chéris ? Peut-être un peu des deux. En tout cas, moi, j'ai l'impression d'être insensible, peut-être que je ne réalise pas. Pourtant je n'aimais pas cet homme et c'était sûrement réciproque : quel conservateur approuverait un petit-enfant trans ? Sûrement pas lui. Alors on se parlait juste pas et je le voyais jamais. Tant pis pour lui, il n'a pas connu sa joyeuse descendance.
Papa ne me laisse pas le temps d'y penser.
Nous avons fait la lecture de son testament ce matin- Sans moi forcément, le coupé-je. Tu n'étais de toute façon pas conviée. Cela ne te concernait pas. Aie, il marque un point. Chose surprenante, il t'a légué une enveloppe, seule toi peux la lire. Il désigne nonchalamment avec sa main la table basse qui trône à côté de la cheminée. Et pour la première fois de la soirée, je remarque qu'il y a une enveloppe à mon nom. Je me baisse et la récupère. Il y a une lettre et un petit objet. Qu'avait donc mon grand-père à m'annoncer par écrit ? Il pouvait pas tout simplement me donner un rendez-vous dans son bureau magistral et on pliait ça en cinq minutes ? Tout ça pour le grandiose...
Très bien, je la lirai ce soir. Je fais exprès de retarder la lecture, je serai seule et Papa ne saura jamais ce que Rémotto m'a transmis. Il m'a l'air déçu d'ailleurs.
Et toi alors, tu es devenu encore plus riche ? Son regard est noir, je vais bientôt franchir la ligne rouge alors je laisse tomber. Peut-être cache-t-il vraiment bien sa tristesse. Je vais faire profil bas, on verra bien ce que me réserve l'ancien patriarche de notre illustre famille.
En quelques pas me voilà dans l'encadrure du salon. L'odeur du feu de cheminée emplit l'air, bien plus que celle de ma maison. Je pourrais m'étouffer avec cet air plus impur que mon sang.
Leta. Papa est toujours aussi froid. J'excuserai son accueil de marbre par la mort de son père mais je suis persuadée qu'au contraire, ça permet d'accélérer ses plans politiques. Je ne suis plus dupe, les élections pour le président du Conseil sont dans même pas deux ans. Opportuniste va.
Tu vas bien Leta ? C'est à Maman de s'adresser à moi, elle se lève, s'approche de moi et ouvre ses bras. Je lui rends évidemment son câlin. S'il y a bien quelqu'un qui m'a toujours soutenue dans cette "maison", c'est bien elle.
Je vais bien. Ma réponse est, malgré moi, aussi froide que l'accueil de mon paternel.
As-tu bien lu mon billet ? L'enterrement n'est que demain. Tu pouvais rester chez toi.
Vraiment, un hôtel cinq étoiles, l'hospitalité est au poil, où est le jacuzzi ?
Au vu du peu de mots, j'ai pu relire et comprendre la lettre au moins 10 fois avant de venir... Je venais voir si Maman et Pluton allaient bien face à la nouvelle. Et bim, dans ta face vieux croûton. Je ne lui laisse pas le temps de me répondre et me tourne vers Maman. D'ailleurs, il est là ? Il est au courant ?
Oui et oui, son visage est triste, il est en haut et joue dans sa chambre, il ne comprend pas ce qu'il se passe. Évidemment qu'il ne comprend pas, il n'a que 5 pauvres années de vie, la mort ne le concerne pas, c'est un concept trop haut pour lui.
Et Maman, est-elle sincèrement touchée par le décès de son beau-père ou bien est-ce le fait de devoir annoncer la nouvelle à ses deux enfants chéris ? Peut-être un peu des deux. En tout cas, moi, j'ai l'impression d'être insensible, peut-être que je ne réalise pas. Pourtant je n'aimais pas cet homme et c'était sûrement réciproque : quel conservateur approuverait un petit-enfant trans ? Sûrement pas lui. Alors on se parlait juste pas et je le voyais jamais. Tant pis pour lui, il n'a pas connu sa joyeuse descendance.
Papa ne me laisse pas le temps d'y penser.
Nous avons fait la lecture de son testament ce matin- Sans moi forcément, le coupé-je. Tu n'étais de toute façon pas conviée. Cela ne te concernait pas. Aie, il marque un point. Chose surprenante, il t'a légué une enveloppe, seule toi peux la lire. Il désigne nonchalamment avec sa main la table basse qui trône à côté de la cheminée. Et pour la première fois de la soirée, je remarque qu'il y a une enveloppe à mon nom. Je me baisse et la récupère. Il y a une lettre et un petit objet. Qu'avait donc mon grand-père à m'annoncer par écrit ? Il pouvait pas tout simplement me donner un rendez-vous dans son bureau magistral et on pliait ça en cinq minutes ? Tout ça pour le grandiose...
Très bien, je la lirai ce soir. Je fais exprès de retarder la lecture, je serai seule et Papa ne saura jamais ce que Rémotto m'a transmis. Il m'a l'air déçu d'ailleurs.
Et toi alors, tu es devenu encore plus riche ? Son regard est noir, je vais bientôt franchir la ligne rouge alors je laisse tomber. Peut-être cache-t-il vraiment bien sa tristesse. Je vais faire profil bas, on verra bien ce que me réserve l'ancien patriarche de notre illustre famille.
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Le repas s'est rapidement fini. Malgré Pluton qui détonait avec son humeur joyeuse, je n'avais vraiment pas envie de manger à une table où une chaise manquait et en présence de Papa. J'avais profité d'un énième silence pour m'éclipser et monter dans ma chambre. Une fois seule, je m'écrase dans mon lit, je suis exténuée. Être à Godric's Hollow consomme toutes mes batteries sociales, surtout en compagnie du nouveau patriarche Blackbirds. Et justement en parlant de patriarche, j'y réfléchis. Qu'est-ce que cela va changer pour moi ? Techniquement rien ? En fait je ne sais pas, il y a trop d'intrigues obscures que je ne peux percevoir. Pfff, je suis trop faible dans cette famille.
Mais l'heure n'est pas aux geigneries. Me voilà face aux derniers mots d'un mort.
Mon attention se reporte donc sur la chevalière.Ainsi la voilà, la bague à cacheter de la Maison, celle qui n'a jamais quitté l'auriculaire de Rémotto. Je pensais sincèrement qu'Azur la récupérerait avec le reste de l'héritage. Pourquoi moi ? Pourquoi diable me la remettre ? Papa est son fils, héritier direct et je suis loin d'être sur les bons papiers des héritages familiaux au vu de ma transition. Veut-il dissoudre ce qu'il reste des Blackbirds une fois parti ? S'agit-il d'une devinette obscure ? Je reste là, à fixer ta signature immobile, Rémotto. Je cherche encore des excuses pour te comprendre, pour que la mort ne soit pas la grande gagnante.
Allons donc jouer dans la cour des grands.
Mais l'heure n'est pas aux geigneries. Me voilà face aux derniers mots d'un mort.
Voilà qui est... déroutant ? En seulement trois paragraphes, Rémotto chamboule bien des choses et crée trop de questions. Ou plutôt une seule grosse question : qu'a pu donc faire Papa de si terrible ? Réécrire quoi ? Je cherche et fais tourner en boucle la question dans ma tête sans trouver une foutue réponse convenable. Rémotto pensait que je saurais de quoi il parle. Bordel, je veux bien être intelligente, mais là je dois faire un puzzle en ayant juste les quatre coins à disposition. Il est trop tard donc le temps des questions, et surtout des réponses, sera demain, j'espère que Papa a hâte de me voir débarquer avec ces informations.Leta Blackbirds,
Je ne t'ai pas connue. Ce n'est le regret de personne, ni le tien, ni le mien. Nous n'avons fait que coexister dans la même lignée, et il serait malhonnête de ta part comme de la mienne de prétendre autre chose au seuil de ma mort.
Ton père est un homme capable. Il gère les problèmes avec efficacité. Il en a géré un qui te concerne personnellement, il y a quelques années, d'une façon que j'ai tolérée sans l'approuver. Un futur patriarche digne de ce nom affronte ce qui lui résiste sans le réécrire à la racine. Je te laisse fouiller à ton gré et tirer les conclusions qui s'imposent.
Je te lègue en conséquence notre chevalière familiale. Non par affection, ni par jugement favorable sur ta personne. Mais parce que tu es l'aînée, et que certaines choses appartiennent à l'aînée.
Fais de ce legs ce que tu veux. Je n'aurai, de toute façon, plus d'opinion là-dessus.
Rémotto Blackbirds
Mon attention se reporte donc sur la chevalière.Ainsi la voilà, la bague à cacheter de la Maison, celle qui n'a jamais quitté l'auriculaire de Rémotto. Je pensais sincèrement qu'Azur la récupérerait avec le reste de l'héritage. Pourquoi moi ? Pourquoi diable me la remettre ? Papa est son fils, héritier direct et je suis loin d'être sur les bons papiers des héritages familiaux au vu de ma transition. Veut-il dissoudre ce qu'il reste des Blackbirds une fois parti ? S'agit-il d'une devinette obscure ? Je reste là, à fixer ta signature immobile, Rémotto. Je cherche encore des excuses pour te comprendre, pour que la mort ne soit pas la grande gagnante.
Allons donc jouer dans la cour des grands.
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Oraison
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