Laugharne, Pays de Galles Manuel du parfait elfe de chaudron

Vol 1: Fées et autres créatures peu commodes


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Rising- Jamie Duffy

Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
Mardi 11 Avril, dans le courant de l'après-midi
Avec @Morgan Rosenwald

Approche, approche, visiteur. Âme curieuse, âme intrépide. Si le vent qui hurle sa peine, les vagues qui s'échouent non loin sur des falaises abruptes dans le bruit violent d'un silence, ou le brouillard épais ne te repoussent pas.

Approche, éloigne de toi de ce petit village. Les gens t'y ont à peine dévisagés, juste parce que ton visage ne leur est pas familier. Ici, tout est familier. Les gens, les jours et les événements. Rien ne sort de l'ordinaire. Alors leurs yeux curieux t'ont parcouru. Mais tu n'es pas si intriguant n'est ce pas? Tu te fais discret, invisible. Si invisible qu'ils en ont oublié que tu étais là, ou du moins, qu'ils ne te connaissaient pas. Ont soufflé, haussé les épaules et détourné le regard.

Pas à pas, sur ce chemin d'une terre humide, éloigne toi. Rejoins la plaine verte, devine au loin une chaumière. Tu ne sais pas bien si tu l'imagines ou si elle est réelle. Est ce l'effet du brouillard ou de quelque chose d'autre? De la fatigue pour sûr, rien d'autre n'existe ici n'est ce pas.

Approche encore, dépasse le petit muret de vieilles pierres et de mousse, la boite aux lettres qui ne tient que par la force des Dieux. Ne sursaute pas aux grincements, claquements, ce n'est que la mélodie d'une vieille maison qui t'accueille.
Continue ton chemin, sur ce chemin qui semble soudainement plus sec. Comme si la pluie ne pouvait l'imbiber ou le rendre infranchissable. Comme si cette porte devait toujours être ouverte.

Tu es observée à présent. Tu ne vois pourtant personne. Rien qu'une chaumière de vieille pierre, une cheminée fumante. Deux petits étages qui n'auraient l'orgueil de vous surplomber, qui ne servent peut être qu'à cacher une vie dissimulée.
Une vie qui t'observe, un bruissement de rideau à la fenêtre la plus haute placée. Une ombre, le temps d'un sursaut.
On t'a repéré. Pas d'inquiétude, nulle âme ici n'est dangereuse, rien ici de saurait effrayer ton âme téméraire. Pas encore du moins.

Une porte de bois se tient face à toi. Elle n'est pas hostile mais reste résolument fermée. Peut être peut-tu sentir cette odeur étrange qui s'échappe du côté de la maison? Peut-être la suis tu, dans un instinct surprenant et incompréhensible.
Avant que tu ne puisses passer l'angle de la maison, apercevoir une plus petite porte recouverte de lierre, une silhouette surgira devant toi. Une enfant. Des cheveux bruns tombant en bataille, un regard noisette qui t'observe sans honte. Te dévisage, te décrypte. Voit-elle quelque chose, comprend-elle? Sûrement.

"Suis moi"

Elle disparaît dans l'ombre de la maison, trouve la porte de lierre sans avoir à vraiment regarder. Ce chemin a été foulé de nombreuses fois.
Tandis que l'enfant se munit d'une grosse clé rouillé, et qu'elle t'ouvre le chemin, observe ce qui t'entoure. Tu es déjà venu n'est ce pas? Cette porte, le bruit familier du verrou, tu les connais. L'ombre d'une serre luxuriante qui se dessine plus loin, les bruits étranges et jurons qui s'en échappent, te sont familiers.
Nous sommes ravis de te revoir voyageur.

Approche, approche. Rentre dans ce laboratoire aux merveilles. Attention à la tête, la porte est basse.
Tu trouves le sol de planches grinçantes, après un petit tapis où essuyer tes bottes. Un porte manteau où suspendre ta cape si cela te chante.
Ton regard sera sûrement appelé plus loin. Dans cette pièce où chaque recoin est une merveille, où chaque visite laisse la place à une nouvelle découverte. Là où le plafond retrouve de sa grandeur, te laisse te dresser de toute ta taille. Des étagères où les flacons et les bouteilles de toute forme, couleur et taille s'installent, contenant liquides et ingrédients divers, où les livres s'empilent. Un bureau où la plume écrit toute seule, des manuels ouverts. Et sur le côté, plus en repli un plan de travail où deux petits feux s'agitent sous des chaudrons bouillonnants. Une odeur âpre s'en échappe. Fait tousser l'enfant, dont la visite du lieu est inhabituel. Enfant qui s'adresse à toi, et te dévisage toujours. Elle a trouvé sa place, assise sur un petit tabouret.

"Mam's ne devrait pas tarder"

Ses mains s'agitent, ses joues rougissent. Elle ne sait ni quoi dire, ni quoi faire. Alors elle laisse le silence régner.
Un silence factice, humain. Car tout ici crépite, grince, frisonne et se froisse. Un silence qui lui pèse, et qu'elle brise finalement, avec maladresse. D'une langue qui glisse trop vite, cachant peut être l'hésitation.

" Tu veux quelque chose? Je peux faire du thé. Il y a des biscuits aussi, le chemin peut être long.. T'as pas l'air très en forme."
770 mots
Et voilà pour toi, dis moi si quelque chose est flou ou ne va pas
Dernière modification par Paige Barrow le 22 juil. 2026, 19:21, modifié 4 fois.

Première Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR
Cour de la Semeuse de Discorde - Merci à la Galerie d'Avatars pour le sublimissime vava

Laugharne, Pays de Galles Manuel du parfait elfe de chaudron


Morgan n’était pas étrangère aux côtes galloises.
Elles l’avaient vue naître sous le voile blanc d’une nuit de neige. Elles l’avaient bercée de leurs vents salés, jusqu’à ce que la sorcière abandonna leurs falaises. Mais son sang, comme celui des siens avant elle, avait rougi leurs pierres, et les os de ses ancêtres dormaient encore sous les racines noueuses.

Elle était une Thorne, née d’une lignée de garde-côtes de la baie de Cardigan. Une Erwood, au sang indomptable comme un étalon lancé dans l’orage. Une Blethen, façonnée par le froid, la faim et la dureté des falaises sans pardon. Mais, avant tout cela, elle demeurait une enfant de la mer — car tel était le prénom qu’on lui avait offert, celui que les vagues avaient porté jusqu’à son berceau.

Pour autant, elle n’en était pas moins une étrangère à bien des égards. Et l'ancienne voyageuse était accoutumée à toutes sortes d’accueil et de regard - en tant que sorcière naviguant dans le monde moldu, comme en tant qu’inconnue dans les contrées qu’elle avait brièvement habitée. Ainsi, elle ne se préoccupait guère de l’effet que pouvait éventuellement avoir sa présence dans le village alors qu’elle progressait vers sa destination. Son souvenir s’effacerait vite des esprits de toute façon - encore fallait-il que sa présence éphémère laisse une trace assez profonde pour devenir mémoire.

Arrivée à la chaumière, Morgan tenta de faire connaitre sa présence en toquant à la porte. Elle espérait que tout cela se passerait vite - avant que la probabilité de se retrouver questionnée à son retour chez elle ne se transforme en certitude.

Un regard en biais lui avait suffit pour remarquer un mouvement de rideau à un des étages. Bien - il y avait donc quelqu’un. Alors elle attendit, jusqu’à ce que la porte s’ouvre.

Hm.
Elle pencha légèrement la tête, interrogative.
Ce n’était pas la première fois que la galloise venait chez la potionniste et le botaniste, mais elle ne s’attendait pas à être accueillie par... une enfant.
Bien trop jeune pour travailler.
Surement une engeance du couple de sorcier.


Morgan ne s’attarda pas sur celle-ci et se contenta d’acquiescer à sa demande de la suivre vers la pièce de travail qui lui était familière. Elle n’est pas là, constata-t-elle, oubliant bien vite la petite âme qui l’avait guidée là. Retenant un soupir, son regard dériva sur les lieux familiers, attentive au moindre détail, comme si les murs eux-mêmes pouvaient murmurer où l’absente s’était envolée.

L’enfant toussa, ce qui arracha à la sorcière un bref regard en coin. Et elle parla.
La commerçante ne devrait pas tarder, soi-disant.

Morgan hocha à peine la tête. Très bien.

Elle reprit son observation du lieu. Mais l’enfant ne semblait pas décidée à rester silencieuse. Une nouvelle remarque tomba, sur son état de santé. Morgan arqua un sourcil. “Pas très en forme”, avait-elle dit. Elle savait ce que cela voulait dire. Les ombres sous ses yeux. Le teint pâle. La fatigue qui s’accrochait encore à ses gestes malgré elle. Un mois à peine depuis son départ du Dominion, et son corps peinait toujours à s’adapter. Le sommeil, surtout, lui échappait encore.

Mais de là à avoir l’air “pas très en forme”… Elle inspira lentement, retenant une grimace. Elle était encore assez en forme pour se battre avec une harpie si nécessaire.
...Probablement.

Puis, d’une voix calme, presque sèche :

Non merci.

I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b

Laugharne, Pays de Galles Manuel du parfait elfe de chaudron
Toutes sorte de créatures venaient ici. La petite porte s'ouvrait sur des petites comme des grandes silhouettes, sur des visages fatigués, troublés, gaies ou cachés par l'ombre de l'épaisse capuche. Les mains trouvaient ce dont elles avaient besoin, confiait les pièces nécessaires et ne s'attardait pas. Certains préféraient rester, parler, se reposer mais rien ne l'est y obligeait.
Ruth Barrow était réputée pour ses potions, mais également pour sa discrétion. Elle ne posait pas spécialement de questions, semblait se moquer pas mal de ce qui vous amenait là.

La petite qui se tenait là n'était pas comme sa mère. Elle avait toujours trouvé terriblement frustrant l'inconnu, le mystérieux. Elle voulait tout connaitre. Ce n'était pas forcément la démonstration d'une curiosité maladive de la vie de chacun. Simplement la haine profonde de l'inconnu.
Ainsi, depuis qu'elle était assez grande pour apercevoir les visiteurs de la fenêtre de sa chambre, elle observait. Inventait des histoires à base de ce qu'elle entrevoyait. Cette petite silhouette qui ne pouvait être que celle d'un gobelin à l'otite particulièrement douloureuse, cette cape d'un noir profond, celle d'un mage talentueux en manque d'oeil de grenouille.
Sa mère l'avait parfois réprimandé pour cette curiosité. Cela ne nous regarde pas. On se doit d'aider les gens et de leur fournir ce dont ils ont besoin, c'est tout. Des mots qui résonnaient cependant terriblement faux.

Le visage de la sorcière ici présente lui était ainsi familier. Elle venait souvent, toujours vêtu de ses habits sombres, comme si elle voulait disparaitre dans l'ombre. Pour la petite, cela lui avait conféré l'identité d'une sorcière mystérieuse, qui réalisait probablement des sorts interdits et vivait des aventures trépignantes, quoique menant une vie agrémenté de la peur permanente. Elle n'avait jamais eu d'autres éléments, et rien à creuser.
Elle ne savait même pas ce qu'elle achetait.

Aujourd'hui cela s'apprêtait à changer. Elle allait pouvoir l'observer, et prendre en note. Sous couvert d'être une excellente assistance, un parfait elfe de chaudron, elle était résolue à en découvrir plus sur la Mystérieuse.
Malheureusement, elle avait déjà faillit à sa tâche. L'elfe modèle ne manquait guère de tact, savait dompter ses clients avec le simple art des mots. Elle avait, de toute évidence, lamentablement échoué.
Le choix judicieux aurait alors été d'abandonner. Peut être même de s'en aller, d'aller chercher Ruth qui, finalement, allait peut être tarder.

L'enfant n'était visiblement pas judicieuse. Elle sauterait de son tabouret et, au bureau, trouverait un fin parchemin bordeaux. Le papier bruisserait sous ses doigts agiles, et pendant quelques minutes, serait seule véritable mélodie dans le laboratoire, presque, silencieux.
Une hésitation finale, brève. Si la sorcière s'en allait, ça barderait pour l'elfe. Tant pis.

Et l'enfant se dirigerait vers la Mystérieuse, lui tendant la fleur. Prête à se la voir écraser, au même rythme que son coeur et ses espoirs d'en découvrir plus.
C'était le risque à prendre.

"Tiens.", un mot, un seul. Pour ne pas rester silencieuse mais ne pas en dire trop. Cette erreur avait déjà été commise. Elle tentait, peut être vainement mais tout de même, d'apprendre de ses erreurs.
511 mots
@Morgan Rosenwald

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Laugharne, Pays de Galles Manuel du parfait elfe de chaudron
Même si elle préférait consacrer son attention aux divers éléments du laboratoire pendant ce temps d'attente, la galloise surprenait parfois ses propres yeux à dériver vers l’enfant.
Pas par curiosité particulière.
Plutôt par habitude.

On observait ce qui bougeait dans une pièce. Ce qui parlait trop. Ce qui demeurait trop silencieux. Ce qui s’approchait. Alors lorsqu’elle sentit une présence glisser dans sa périphérie, Morgan se tourna instinctivement vers la jeune âme.

Un sourcil se haussa, puis les deux se froncèrent.

Son regard descendit vers ce qui lui était présenté, remonta vers l’enfant. Revint sur l’objet. Puis encore une fois sur l’enfant.

Hm.

Une bien étrange créature qu’était-ce cela - mais il fallait dire qu’en termes de petits spécimens, la sorcière n’avait vu que des elfes de maison ces derniers temps.
Ses yeux finirent pourtant par reconnaître le geste avant d’en saisir l’intention.

Une offrande.
Ou quelque chose qui y ressemblait suffisamment.

Morgan tendit la main sans précipitation et récupéra délicatement la fleur d’origami, la calant dans le creux de sa paume comme on recueille un objet dont on ignore encore s’il est fragile ou précieux.

« Diolch, peth bach.1 »
Sa voix demeura égale, mais moins sèche qu’auparavant.

Elle baissa ensuite les yeux sur le l'objet bordeaux. Ses doigts ne le manipulèrent presque pas. Ils ne firent qu’en éprouver le poids presque inexistant, les plis, l’attention qu’ils avaient demandée. La sorcière étudiait le travail de l’enfant, avec le même sérieux de ceux qui savaient, par l'expérience et l'exigence, faire la différence entre les trésors du monde et les simples objets terrestres.
__________
1 Merci, petite chose, en gallois.

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Bam, bam, bam faisait le coeur à ses oreilles. Battant contre ses tympans, alors que le regard noisette, se caramélisant sous la lumières vacillante des bougies, se posait sur la sorcière. Glissant de ses yeux, bleus comme l'océan au loin, là où la profondeur vous aspire, comme le ciel avant l'orage, à sa paume. Là où l'offrande, car s'en était bien une, avait été déposée. Un don, témoignage de ses bonnes intentions, du savoir vivre des habitants de cette maison peut être.

Bam, bam, bam encore. L'objet menaçait-il d'être écrasé entre les doigts fins, alors que l'Autre réaliserait qu'il n'était d'aucune valeur? Rien qu'un peu de papier, certes plié avec soin et rigueur. Mais rien qu'un bout de papier.
Elles n'étaient personne l'une pour l'autre, quoique les poètes me contrediraient, plaidant les rencontre des âmes et leurs liens immédiats. Non, elles n'étaient personne. Rien ne forçait donc la visiteuse à conserver le présent. Rien ne forçait la petite à y attacher quelconque sentiment, tout comme elle n'avait pas été obligée de lui présenter.

Malheureusement on dit, à raison, des elfes de chaudron qu'ils sont particulièrement sensibles, soumis aux émotions et aux éclats comme la faible embarcation agités dans la tempête. Elle n'était pas une exception. Alors elle regardait sa création. Encore et encore, prête à la voir écrasée.

Bam, bam, bam. Seul pulsation du temps. Elle entendait plus le léger tiquetés d'une horloge posée là. Le temps passait pour elle au ralenti. Bam, bam, bam.

Et puis une douce mélodie. Celle de sa langue, Ô doux gallois. Le sourire est automatique, dessiné d'un grand coup de crayon. Sincère et vif. Le regard lui aussi est changé. Rendu brillant, plus encore qu'auparavant.
Les paroles étaient douces. Le ton ne dégoulinait pas de tendresse, oh non, mais elle en prit tout juste conscience. La douceur était parfois ailleurs. Dans le choix des mots, dans l'apaisement d'une voix auparavant sèche, rude. Le choix de cette langue, là où l'anglais, facile, habituel et morne, était d'abord choisi.

"Da chi*", souffle-t-elle finalement. Les mots sont mordus. Elle les regrettent. Ils rendent son action méritante, comme si elle avait la grâce de lui faire un présent. La grâce, est celle de l'accueillir, d'en prendre soin. Ne rien répondre aurait cependant été malpoli.

Bam, bam, bam. Il reprend. Le coeur a peur. Que doit-elle faire à présent? Les méninges tournent et s'agitent, se demandant combien de temps encore sa mère prendra à venir. Le destin lui accorde-t-il une petite minute? Le temps d'en apprendre plus sur la Mystérieuse?
La question glissera-t-elle de ses lèvres, que dira-t-elle?
Non. Pas encore. Un instant.
434 mots
* de rien, en gallois
@Morgan Rosenwald

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