Erreur sur la marchandise

Maison Barrow, Laugharne, Pays de Galles
Vendredi 16 Juillet 2050, aux alentours de 16heures
Avec @Kieran Hawthorne
Il n'existait probablement aucun mot assez fort pour décrire le sentiment que l'enfant ressentait à présent. Cette honte déchirante qui vous fait rougir jusqu'à brûler, vous noue les entrailles et vous donne l'assurance que ce moment, tôt ou tard, reviendra vous hanter.
On pouvait se chercher des excuses; avoir grandi sans beaucoup d'interactions sociales, l'excitation ou la consommation non-modérée de sucre.
Rien n'excusait ce que cette imbécile, et ils s'agissaient de ses mots, non ceux de la narratrice, venait de faire.
Pour mieux la défendre, je vous demanderais de me suivre, quelques minutes en arrière.
Laissez vous emporter par le vent chaud du Pays de Galles en ce mois de Juillet. Un vent fort, mais agréable en cette saison. Un air un peu lourd, orageux. Il annonçait la tempête qui frapperait l'île d'ici peu.
Rien n'aurait pu avoir moins d'effet sur les habitants du lieu cependant. La routine comptait ici les tempêtes et les remous météorologiques.
Ainsi, comme n'importe quel jour, la petite maison isolée dans les plaines étaient agitée des rires des deux enfants qui l'habitaient. Quelque part, on entendait un sifflement joyeux, et peut être, pour celui à l'oreille fine, quelques incantations murmurées sur un chaudron.
Les deux enfants tenaient cependant le rôle principal, jouant sur le chemin de graviers qui abordait la maison. Deux petites silhouettes courant dans tous les sens, bruyamment. C'était l'été, leur mère les laissait loin des manuels et des plumes, et elles avaient probablement ingéré une bien trop grande quantité de sucre. Assurément même.
Occupées à jouer, ni l'autre ni l'autre ne remarquerait la silhouette qui avait traversé le jardin pour trouver l'entrée du laboratoire. Ce n'était ni la première, ni la dernière visite de la journée. Les potions de Ruth étaient réputées, et ses clients fidèles venaient à n'importe quel heures du jour et de la nuit.
Peut être irait-il d'abord à la porte principale, la jolie quoique un peu usée porte de bois. Peut être connaitrait-il mieux les lieux et se dirigerait directement sur le côté de la maison, où il trouverait la porte basse cachée derrière les lierres.
Dans tous les cas, il se débrouillerait très bien tout seul, et les petites continueraient leur jeu.
Jusqu'au moment tragique. Rien n'est exagéré, les âmes de cette histoire sont toutes parfaitement modérées, et raisonnées, veuillez ne pas en douter.
Le moment tragique donc, et la soif soudaine de l'ainée des enfants. Courir sous cette chaleur vous donnait soif. Leur mère avait préparé une délicieuse limonade.
Le moment tragique et l'ainée raisonnable. Celle qui, ironiquement, aurait autrefois volé bonbons et friandises sans permission mais qui, aujourd'hui, n'osait pas se servir le verre de limonade.
Celle qui, ainsi, courait vers la maison. Vers la silhouette familière de son père, dont elle agripperait le tissu noir du vêtement. Sans se soucier de croiser son regard, simplement d'avoir la confirmation. Un pouce en l'air, un marmonnement quelconque. Son père travaillait depuis le début de la journée, il était toujours d'une concentration étrange et muette lorsqu'il travaillait.
"Pop's? J'pe-.."
Ce n'était pas son père. Cet homme n'était absolument, négativement, pas du tout Jake Barrow. Pop's n'avait pas les cheveux aussi noirs, et ils n'étaient certainement jamais aussi bien coiffés. Il ne sentait pas comme... ça. Il ne se tenait jamais comme ça. Et puis pourquoi diable serait-il en train de travailler dans ces vêtements.
Ce n'était pas son père. Et si elle écoutait son instinct, c'était même un parfait inconnu.
La fuite aurait été le choix le plus logique. Prendre cette pelle là, et creuser sa propre tombe aurait également été judicieux.
Rester figée là, le visage encore plus rouge que d'ordinaire, les doigts encore agrippés au vêtement et la bouche ouverte.. Non. Ce n'était pas la bonne idée. Elle avait l'air carrément stupide, mais la honte avait apparemment l'effet d'un Stupédix sur sa charmante mais débile personne.
641 mots
art by @_stoon
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Cour de la Semeuse de Discorde - Merci à la Galerie d'Avatars pour le sublimissime vava