21 mai 2026, 16:26
 Recueil d'OS  Sans pitié, l'amertume s'en empare  PNJ 
Ce recueil d'OS sera centré sur l'enfance d'Orion, un enfant complexe qui est devenu... ce qu'il est. Je vais retracer quelques bribes de son passé, en passant par son éducation, sa famille et, forcément, sa petite sœur. Prenez en compte que l'ordre de publication n'est pas chronologique. J'espère qu'il vous plaira !
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PNJ présents : Célestine Blackburn, Nicholas Jones, Aurore Blackburn
Dernière modification par Orion Blackburn le 21 mai 2026, 17:32, modifié 1 fois.

Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues...

21 mai 2026, 17:15
 Recueil d'OS  Sans pitié, l'amertume s'en empare  PNJ 
PUISQU'ON NE POUVAIT QUE L'AIMER


LUNDI 20 AOÛT 2040
8h00, ÉCOLE PRIMAIRE DE STIRLING
PNJ présents : Célestine Blackburn, Nicholas Jones


On ne pouvait que l'aimer. On ne pouvait que l'aimer. Cette phrase tournait en boucle, elle l'avait toujours fait. Sa mère, son père l'avaient toujours répétée. Sans cesse, sans s'en cacher, sans le lui faire oublier. Orion était spécial. C'était leur enfant. Leur premier fils. Leur fierté. Il avait grandi en y croyant dur comme fer. Peu importe ce qu'il disait, peu importe ce qu'il faisait, cette loi était gravée dans le marbre. Immuable, intangible, inaccessible. Qu'il crie, qu'il pleure, qu'il rage, qu'il sourit, l'éclat dans les yeux de ses parents ne bougeait pas. C'était une lumière éternelle. Du moins, il le croyait.

Quand Orion Blackburn passa le seuil de son école primaire pour la première fois, il se tenait droit. Pour un enfant de cinq ans, on pouvait lui attribuer une prestance hors norme. Ses yeux scannaient la cour avec curiosité, mais sans peur ni crainte. Puisqu'on ne pouvait que l'aimer, quel mal y avait-il à se sentir déjà à sa place avant même que la cloche ne sonne ? Vêtu de son uniforme de seconde main, une main dans celle de Célestine, l'autre dans celle de Nicholas, ils avançaient pour trouver sa salle de classe. L'enfant était serein, ainsi protégé. De toute façon, on ne pouvait que l'aimer.

Puis, quand enfin ils arrivèrent dans la salle d'éveil qui allait devenir son quotidien pour l'année à venir, il lâcha ses parents sans sourciller. Sa mère ne put s'empêcher de l'étreindre, bien qu'il se sentait déjà prêt à s'émanciper de sa présence. Émue de voir son garçon devenir grand, une larme perla au coin de son visage, qu'Orion essuya de sa petite main d'enfant avec un sourire léger. Mais puisqu'on ne pouvait que l'aimer, pourquoi ressentirait-il de la tristesse à se faire aimer par le reste ? Il lui dit au revoir dans un souffle rassurant, en fit de même à son père et ses deux parents quittèrent la pièce avec un pincement au cœur.

Dans la salle régnait un brouhaha assourdissant. Si certains pleuraient à chaude larme le départ de leurs géniteurs, d'autres, ayant déjà passé l'étape du chagrin, jouaient tranquillement sur les tapis avec les multiples jouets mis à leur disposition. La professeure d'Orion, une madame aux joues rondes et au regard amusé, l'avait invité à se joindre aux autres en le présentant à ses futurs camarades.

« Voici votre nouveau camarade. Il s'appelle Orion. Alors, on joue tous ensemble ? »

Puisqu'on ne pouvait que l'aimer, l'enfant adressa un bref sourire au groupe de garçons présents et s'assit. Il ne leur adressa pas la parole immédiatement ; sa confiance débordait, aussi viendraient-ils assez vite vers lui. Du moins, c'était ainsi que cela s'était toujours passé. Et puis, ces enfants n'étaient pas comme lui. Non, Orion, lui, était spécial. Il était magique, dans tous les sens du terme. Un jour, ces rencontres ne deviendraient que poussière, qu'un vague souvenir lointain, puisque son destin l'emmènerait à Poudlard. Il se saisit de la voiturette d'un petit garçon roux à ses côtés, qui se mit immédiatement à pleurer. Orion le toisa. Une seconde, puis une deuxième. Il hurlait, à présent. Tentant de récupérer son bien, le petit Blackburn eut un moment de recul.

« C'est moi qui l'avait ! » gémit l'enfant.

« Non, c'est moi ! » répondit-il en fronçant les sourcils. Mais enfin, pour qui se prenait-il ?

Les pleurs étaient de plus en plus forts, de plus en plus intenses. La professeure aux joues rondes s'invita rapidement aux festivités, grondant Orion du regard, sans qu'il ne sourcille d'un millimètre. Les yeux autrefois amusés de l'enseignante se durcirent et elle se saisit de l'objet, arrachant un hurlement de mécontentement de l'enfant, puis le restitua à son propriétaire. Une larme de rage perla sous les yeux d'Orion, encore trop jeune pour contrôler ses émotions, et il se mit à s'époumoner de colère. De quel droit ? De quel droit ? Il serra les poings et, sans hésiter, vint pincer le bras du petit roux afin qu'il lâche la voiturette. Le petit garçon qui avait réussi à se calmer en récupérant son bien repartit de plus belle et l'enseignante se saisit du bras d'Orion sans un soupçon d'hésitation.

Comment ? Pourquoi ? Que se passait-il ? On l'éloignait de ce qu'il méritait. Puisqu'on ne pouvait que l'aimer, pourquoi lui confisquait-on ce qui lui appartenait de droit ? Elle le plaça sur un tabouret.

« Cinq minutes au coin pour te calmer. »

Il ne comprenait pas. Orion ne comprenait pas. D'un regard noir, il fusillait le petit garçon roux en serrant ses petits poings. Le sentiment d'injustice transcendait sa poitrine comme un poignard aiguisé. Il pouvait sentir les regards des autres. Méprisants, ou apeurés pour certains, curieux pour d'autres. Des regards d'inconnus. Des regards inconnus. Jamais l'enfant n'avait été observé de la sorte. Il se surprit à se souvenir de l'éclat dans les yeux de ses parents avec nostalgie. Alors, c'était ça, l'école ? Non. Non, non, non. Ça ne devait pas fonctionner comme ça. Ça ne pouvait pas fonctionner comme ça.

On devait l'aimer. On ne pouvait que l'aimer. C'était la loi. Immuable, gravée dans le marbre, n'est-ce pas ? Orion s'agrippait au bord de son tabouret, espérant que sa poigne ramènerait la raison à l'ensemble de ses camarades. Il ferma les yeux, longtemps, priant pour que ce ne soit qu'un mauvais rêve. Une nouvelle larme perla au coin de ses yeux et s'écrasa sur son bermuda d'uniforme. Elle était réelle, bien trop réelle. Et douloureuse, aussi. Même Aurore ne l'obligeait pas à donner ses jouets — de toute façon, elle était bien trop petite pour pouvoir y jouer. Alors, pourquoi ici ne réalisait-on pas qu'il n'avait pas à faire ça ?

Quand il rouvrit les yeux, la salle était trouble, mais malgré les larmes, il ne pouvait toujours pas louper les regards durs qui étaient jetés sur lui. Il n'y comprenait plus rien. Puisqu'on ne pouvait que l'aimer, pourquoi avait-il l'impression que son cœur se désintégrait au rythme de ses sanglots ?

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Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
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