Un jour pour t'oublier
Dimanche 23 Avril 2051

Émeline n'avait pas besoin d'attendre un mois entier pour avoir envie d'envoyer une lettre à Alexander. Si elle pouvait, elle lui écrirait tous les jours de la semaine, juste pour avoir l'impression d'être là, près de lui. Mais la réalité la rattrapait bien rapidement, lui rappelant qu'elle devait simplement attendre la fin de l'année pour qu'elle puisse le revoir.
Elle mettait toujours du sien quand elle prenait la plume. Chaque frottement de la plume contre le papier à lettres sonnait telle une parole dite à voix haute. Si elle fermait les yeux, le temps que son imagination produise sa magie, elle se retrouvait de nouveau dans la bibliothèque d'Al, où ils avaient tant partagé de discussions tardives autour d'un thé. Oui, c'était le genre de moment qui lui manquait le plus. Simple et authentique.
À travers les mots qu'elle écrivait, elle racontait ce qu'elle avait pu vivre au sein du château, ses ennuis ou encore ses petites victoires du quotidien. Dans la dernière lettre qu'elle venait de préparer, elle lui contait son samedi de la veille, où elle avait aidé son professeur de botanique à rattraper des semis métamorphosés. Cela lui avait valu de les courser, avec Miss Plogeth à ses côtés, et des nombreux cris qu'elles avaient poussés.
Elle se disait que son protecteur allait sourire en l'imaginant courser des pots capables de la fuir grâce à des petits pieds. Si elle arrivait à en rire elle-même, ça allait sûrement le faire pour lui, pas vrai ?
Ce fut avec une démarche plus détendue que ces derniers jours qu'elle se rendit jusqu'à la volière pour envoyer sa lettre. L'espoir d'une réponse rapide l'aida à monter les marches de la tour et à ne pas rebrousser chemin. Pourquoi avoir cette envie de repartir en arrière alors qu'elle voulait la poster ? Eh bien, c'était le résultat de ces longs mois où elle s'était obligée à récupérer les lettres que lui envoyait son père.
Enfin, si on pouvait nommer ça des lettres. Il aurait pu passer directement par la case beuglante que ça serait revenu au même stade.
Mais il n'était plus question de lui donner du temps et de son énergie. Elle préférait tout offrir à son entourage, à ceux qui la traitaient avec respect et amour. Cette lettre dans ses mains en était un parfait exemple.
Elle allait un jour évoluer. Guérir à son rythme. Et finir par oublier. Lui, ses mots, ses gestes. Puis le son de sa voix, les traits de son visage, tout ce qui le composait. Que sa mémoire efface toute trace de lui.
Qu'il ne soit plus qu'un mauvais rêve d'enfant.
J'aimerais te revoir
Papa
Ce mot était là, avec son nom, à attendre qu'elle vienne le récupérer. Émeline avait lu l'unique phrase de la courte missive et son regard avait fini par s'accrocher au nom du destinataire. Il osait encore utiliser ce titre avec elle.
- Incendio !
Elle avait sorti sa baguette dans un pur réflexe de défense. Le sort de feu avait fusé sur le bout de papier, l'incendiant par des flammes orangées. Le mot s'embrasa, finissant par devenir poussières. Émeline se tenait près du mur, la respiration saccadée, sa main tenant toujours fermement sa baguette, prête à réattaquer quelque chose qui n'existait plus.
Pourquoi ?
Pourquoi revenait-il maintenant après tous ces mois de silence ?
Un tremblement l'éprit, annonçant par sa venue une angoisse dévastatrice. La Serdaigle tenta de se calmer, avant qu'elle n'atteigne un point de non-retour.
La lettre pour Alexander se trouvait toujours dans son autre main.
Elle n'avait pas bougé. Pas protesté. Elle patientait, espérant qu'Émeline parvienne à la donner à un hibou. Son rôle était d'être lue et non d'être froissée par la poigne de sa créatrice.
Pour poster, il fallait être capable de réfléchir. Dans son état, l'adolescente n'était plus en capacité de faire le moindre choix concret. Ses jambes, qui s'étaient figées sous le choc, venaient enfin de se libérer. Elles s'animèrent, la faisant se retourner vers la sortie sans qu'elle ne puisse aller jusqu'au bout de son idée.
Émeline descendit les escaliers de la Volière sans se retourner, touchée en plein cœur par une flèche empoisonnée.
Le monstre n'avait pas besoin de courir
700 mots
@Dorian Peachey - Pour la mention d'Alexander
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Un jour pour t'oublier
Avril / Mai 2051

Il lui suffisait de parler à la douce enfant
TW : manipulation, culpabilisation sur enfant, chantage affectif, mention d'alcoolisme
Ma chère fille,
Comment tu te portes ces jours-ci ? Tu manges comme il faut ? À la maison, j'ai commencé à me faire des repas plus consistants. Les chips ne peuvent pas être un vrai repas, et puis je pense que j'ai pris trop de poids avec. J'ai donc décidé d'arrêter d'en manger. Ma ligne et mon compte en banque finiront par m'en remercier.
D'ailleurs, en parlant de décision, je suis allé au bout de ce que j'ai dit dans ma précédente lettre. J'ai commencé une cure de désintoxication, comme promis. Cela fait déjà trois jours que je n'ai pas bu une seule goutte d'alcool. Je suis assez fier de moi, j'espère que tu l'es aussi...Je sais que je ne devrais pas te le dire, mais tu restes ma première source de motivation.
J'aimerais bien recevoir de tes nouvelles, mais je me doute que tu as encore besoin de temps après notre différend. Je saurai être patient et te prouver que je peux devenir un meilleur père.
Je pense fort à toi,
Papa
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Émeline,
Arrives-tu à dormir en ce moment ? Je me souviens encore des quelques soirs où tu avais le sommeil agité, tu faisais un tel boucan dans ta chambre que ça arrivait à me réveiller. Je me suis dit qu'avec les examens de fin d'année qui ne tarderont pas à arriver, tu allais sûrement passer tes nuits à réviser plutôt qu'à dormir. Je te connais plus que tu ne dois le croire.
Au lieu de te faire la morale sur ton sommeil, je voulais surtout t'annoncer une superbe nouvelle ! En dehors de ses plusieurs jours d'abstinence, j'ai passé un entretien d'embauche pour le laboratoire de la Nouvelle Sainte-Mangouste. Je n'ai pas encore été recontacté, mais retrouver du boulot m'aiderait beaucoup, surtout pour le moral. Faire des potions, ça me manque. Tu dois me comprendre, toi aussi tu adores en préparer, tu tiens ça de moi.
Je te tiendrai au courant pour le poste.
J'espère que tu prends soin de toi et que je vais recevoir une réponse. Ça me ferait super plaisir de te lire.
Papa
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Émi,
Devine qui va commencer en tant que potionniste pour la Nouvelle Sainte Mangouste ?! Ton vieux père ! Ce n'est pas génial comme nouvelle ?! Je commence lundi prochain, j'ai l'impression d'être de retour dans mes débuts, d'être anxieux à l'idée de rater une préparation. C'est bête, non ? Nous savons tous les deux que j'ai le niveau, je n'ai pas à rougir des jeunes qui sortent de l'IMSM.
Es-tu contente de moi ? Je fais vraiment des efforts, tu sais ? Cela fait déjà trois semaines que je n'ai rien bu et je vais continuer dans cette direction. Parce que je veux le meilleur pour nous deux.
C'est tout ce que j'ai toujours voulu.
Je t'embrasse,
Papa
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Mimi,
Ton silence commence sérieusement à me faire de la peine...Je sais que j'ai merdé. Je sais que je n'aurais pas dû boire autant. Ce qui est arrivé ce soir-là est juste un malheureux accident. Tu devrais avoir réussi à le comprendre après tous ces mois loin de moi. Si j'avais vraiment voulu te faire mal, tu ne penses pas que je t'aurais couru après ? Je t'aurais cherché dans tout Godric's Hollow s'il le fallait. Mais qu'est-ce que j'ai fait à la place ? Je t'ai laissé partir. Tu as pu prendre ton indépendance, respirer seule dans ton coin. Ce n'était pas la meilleure réaction à avoir ?
Et puis je me doute que tu es allée te faire soigner. Quelques bouts de verre, ce n'est pas grand-chose. Alors nous pouvons ranger la hache de guerre, tu ne crois pas ?
Cela me ferait tant plaisir de te revoir, si tu savais...Je pourrais te faire goûter les nouveaux plats que j'arrive à cuisiner, puis nous pourrions parler de ta dernière année à Poudlard. Comme le feraient un père et sa fille, car c'est ce que nous sommes, ne l'oublie pas, Émeline.
Ton père n'a pas été parfait avec toi, nous le savons tous les deux. Mais si tu prenais juste la peine de me donner une seconde chance, je pourrais te prouver ma bonne foi.
Ton bonheur, c'est tout ce qui m'intéresse.
Papa
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Tu penses que me fuir va régler le souci ? Je te pensais plus réfléchie que ça, Émeline. Sérieusement, arrête de faire l'enfant. Tu n'es plus une gamine, tu dois être capable d'affronter tes problèmes. Je passe des soirées à t'écrire et à essayer de réparer notre relation et toi tu m'ignores.
Pas une seule réponse. Pas une foutue lettre en retour.
Je ne suis pas un chien que tu peux jeter, je suis ton père. Que tu le veuilles ou non, tu resteras pour toujours ma fille.
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J'ai compris ton petit manège. Tu veux me faire payer mon comportement. Et tu réussis bien, car ça me fait mal. Ça fait mal de voir que je compte si peu pour toi. Je t'ai tout donné. Tout. Mon temps, mon énergie, mon argent, mon amour. Et tout ce que j'ai en retour, c'est ton silence.
Quel beau cadeau, Émeline. Tu es vraiment la digne fille de ta mère.
Pour y planter ses serres dans son cou
901 mots
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras --
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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