Andare, Irlande Au loin le froid, au loin la nuit OS - PNJ

25 Juillet 2041
Maison des grands parents Joyner

PNJs actifs : Phyneas Joyner : #094e30 / Seren Joyner : #9a6b18


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Le chant des insectes vrombissait dans ses oreilles alors qu'elle avait les paupières fermées. Là, allongée à l'ombre du grand arbre du jardin de ses grands-parents, Émeline savourait les rares notes de fraîcheur qu'elle percevait par une timide brise. Avec ses petits bras écartés, ses longs cheveux d'ébène éparpillés autour d'elle, l'enfant n'était pas loin de s'endormir.

Dans son esprit à moitié assoupi, Émeline comptait :

Une Poli. Deux Poli. Trois Poli. Quatre Poli. Cinq Poli. Sept Poli. Huit Poli. Neuf Poli...

Une truffe vint courir contre la peau de son visage, lui arrachant un rire.

- Poli ! Pas le neeeez ! s'écrit-elle en roulant sur le côté pour fuir l'assaut de la chienne.

Le berger allemand aboya gaiement, sautillant autour de sa jeune maîtresse pour jouer. L'hilarité gagna la petite qui se mit à courir pour la fuir. Un jeu de course-poursuite se créa tout naturellement entre elles, ponctué par les éclats de rire d'Émeline et les jappements de Poli.

Toutes les deux ne se quittaient jamais. Elles grandissaient ensemble, apprenaient des bêtises, partageaient de longues siestes l'une contre l'autre. Le temps filait, mais pas l'amour qu'elles portaient l'une pour l'autre. Elles étaient de vraies sœurs que le monde avait créées de toute pièce. L'une pleine de poils. L'autre à la bouille toujours pleine de sucre.

- Émeline ! l'appela sa grand-mère depuis la terrasse. Viens, c'est l'heure du goûter !

Quel doux appel que celui de la nourriture. Émeline n'en connaissait pas de meilleur, à vrai dire. Surtout quand il s'agissait d'un goûter préparé par sa mamie.

Elle jeta un regard excité en direction de Poli, la nourriture les attendait ! Elle partit en trombe en direction de la maison, l'animal la coursant de près. Leur course effrénée annonça leur arrivée avant même qu'elles ne parviennent jusqu'à la table. Émeline souffla un coup avant de poser son regard d'enfant dessus. Sur celle-ci quelques victuailles étaient présentes, minutieusement apportées par Seren. Des sucreries en passant par les jus de fruits et une limonade maison préparée par le grand-père.

La main d'Émeline était déjà prête à chiper un gâteau à peine sorti du four, mais elle fut stoppée par la vieille sorcière.

- Eh là ! Où sont tes manières, petite chipie ? Quand on mange, c'est à table.

Sur les remontrances de Seren, la petite baragouina quelques mots incompréhensibles avant de prendre place. Phyneas, qui était déjà assis et en train de savourer une limonade, leva son regard de son journal pour le poser sur le chien.

- Pourquoi on a accepté de prendre la chienne, déjà ?

- Parce que ta petite-fille refuse de la quitter, voilà pourquoi. Donc soit tu acceptes la présence de Poli, soit tu te contenteras de passer des étés sans Emi. Et que je ne te prenne pas à grommeler dans mon dos, le prévint-elle avec un doigt accusateur.

Seren rentra dans la maison, abandonnant momentanément le goûter. Émeline avait observé en silence la scène, un gâteau déjà fourré dans sa bouche et un autre tendu en cachette à Poli. Quand sa mamie ne fut plus en capacité de les entendre, son grand-père se tourna dans sa direction pour lui souffler la suite.

- T'as bien vu, Émi ? Il s'agissait là d'une réaction draconienne d'un spécimen en voie d'extinction.

Elle rit de bon cœur à sa blague, ses mains se plaquant devant sa bouche pour ne pas se faire trop entendre. Ce n'était pas la première fois que Phyneas racontait ce genre de bêtise à la petite. La brunette avait l'habitude d'entendre les échanges quelque peu houleux entre eux. Mais malgré le ton bourru de son papi et la répartie piquante de sa mamie, Émeline finissait toujours par les voir se tenir la main le soir, quand ils observaient le coucher de soleil.

- Mais Mamie a raison ! J'veux pas être loin de Poli.

- Tu sais qu'elle n'est pas capable de disparaître comme une Demiguise, hum ? Que tu passes quelques semaines chez nous sans elle ne va pas la tuer.

- HAAAN Papiii ! C'est méchant c'que tu dis ! Poli est triste quand chui pas là. Et moi aussi chui triste sans elle. C'est important de ne pas être triste, c'est toi même qui me l'a dit ! J'veux pas qu'elle meure de tristesse moi ! réagit-elle en secouant ses mains à chacune de ses exclamations. Et..Euh..Et pis c'est pas gentil de dire ça ! Poli ne te gêne même pas ! Hein Poli que t'es gentille toi ?

Comme pour valider ses propos, la chienne aboya et posa sa tête sur le bord de la chaise d'Émeline pour recevoir des gratouilles. La gamine porta ses petits doigts sur le crâne de l'animal et caressa son pelage, contente qu'elle soit d'accord avec elle. De son autre main, elle attrapa d'autres gâteaux pour les fourrer dans sa bouche et, telle une gerbille, se leva avec les joues encore pleines.

- Onf faitch la courche Poli ?

L'enfant repartit de plus belle, sa complice sur les talons, le regard adouci de son grand-père la suivant. Dans le dos de ce dernier, Seren était revenue, les mains tenant une nouvelle fournée.

- Elle a déjà fini ?!

- Elle a fourré tout ce qu'elle a pu dans sa bouche avant de filer. Une vraie goinfre, rit-il, son menton posé sur le dos de sa main.

- Ce n'est pas croyable...Elle me rappelle Folma quand elle était petite... soupira sa femme en s'asseyant à côté de lui.

À son tour, elle suivit des yeux la course de sa petite-fille et un sourire se dessina doucement sur ses lèvres. Qu'elle était radieuse en plein milieu de leur jardin, accompagnée par sa fidèle amie. La voir grandir et s'épanouir était un cadeau qu'elle savourait chaque été.

Sans rien se dire davantage, leurs mains finirent par se trouver. Leurs doigts s'entrelacèrent, comme ils l'avaient tant fait durant leur vie. Tous deux surveillaient ce petit bout d'eux qui rayonnait dans leur jardin.

L'été était là, comme la présence de cette enfant au rire facile et aux sourires aussi éclatants que le soleil. Ils comptaient bien l'accueillir encore l'année prochaine. Et encore l'année d'après.

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- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline