Le chant d'une banshee

Résidence Barrow, Laugharne, Pays de Galles
XX.2047, dans la nuit
De la plume de Catrin Barrow
Happiness Does Not Wait- Ólafur Arnalds
Reducio
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Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Catrin Barrow [color: #791a3e] - Lien avec le PJ : Tante & Marraine - Lien dans le répertoire : Portoloin - Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui- Non - Si "oui", impact envisagé :Au travers de la rupture avec Miya, et l'impact sur Catrin, développer la relation entre Cat et Paige, ainsi que la vision de celle ci sur sa tante. Se forge également ici sa vision complexe de l'amour et des relations. |
Dans l'ombre du grand arbre, elle s'était accroupie. Tête recourbée, corps rétracté. Elle qui clamait la place qu'elle méritait, qui marquait ses lèvres et son corps du rouge brulant, voulait disparaitre.
Se faire si petite que plus jamais Circé, Merlin et les autres n'apposerait leurs mains sur elle. Sur elle, et son destin. Un fil délicat qu'elle avait enfin pensé stable.
Mais le funambule de son fil est tombé, et l'ensorceleuse au pied de l'arbre s'est échoué.
Sans rien ni personne pour la rattraper, elle avait rencontré le sol avec violence. Le sol, la réalité et la dure confrontation face à un rêve qui ne pouvait plus durer. A présent elle maudissait.
Chaque regard détourné trop vite. Chaque moment écourté. Chaque instant qu'elle avait passé à travailler au lieu de rentrer et d'enlacer sa douce. Ce n'était pourtant pas une étreinte qui aurait réécrit l'histoire.
Une séparation d'un commun accord. D'un regard croisé, d'une décision partagée. Deux coeurs, laissés derrière, deux âmes ensanglantées.
Rien en elle ne criait son accord. Rien alors qu'elle avait effleuré la joue de son Annwyl pour la dernière fois, qu'elles avaient échangés un baiser au goût des larmes salées. Rien.
Pas plus dans son coeur que dans le regard de sa Miya. Mais ce n'est plus sa Miya, n'est ce pas. Ce n'est plus rien car elles ne sont plus rien.
Une promesse, une amitié conservée. Murmure son nom lui arrache le coeur, imaginer son visage lui arrache les tripes. Mais oui, une amitié. Bien sûr.
Quelle douce, belle, amère ironie.
Elle voudrait crier. Laisser la rage, douce compagne, l'envahir. Laisser la colère bruler, la dévorer tout entière. Cette colère qui n'a jamais vraiment dormi.
Mais elle ne crie pas, et la colère, elle ne brûle pas. Même le rire amer, de cette situation risible d'ironie, ne peut franchir ses lèvres.
Et alors elle l'entend. Le cri glaçant. Le hurlement morbide. Le chant de la banshee. Celle à la main funeste sur les foyers, celle à qui l'on prête mauvais présages. Le cri si terrible qu'il a mille fois brisé les tympans des imprudents qui s'étaient approchés.
Elle, ne s'approche pas. Elle se dresse et chancèle, faute d'être resté trop longtemps prostrée. Elle chancèle mais ne dévie pas. Reste plantée là, happée par ce chant terrible. Il est beau pourtant ce chant.
La banshee est sa sirène, et sans tout à fait s'en rendre compte, du pas dans l'herbe haute, elle se laisse attirée, emprisonnée. Son corset soudain l'étouffe et ses mains trouvent sa poitrine, son souffle est coupé, elle avance pourtant. Sa vision se trouble, mais elle avance encore. Sans savoir où elle va, mais ne se posant pas la question.
"Auntie?", la voix est fébrile, si faible. Elle l'entend à peine.
Mais le tableau tressaille. Son regard est vif, ses doigts essuient les joues qu'elle ne savait pas humides. Elle trouve la petite silhouette, vêtue du pyjama, trainant l'ours en peluche.
Elle trouve les grands yeux noisettes. Et ce qu'elle y voit activent ses jambes. Active le pas pressé vers son trésor, s'agenouillent pour la serrer contre elle. Contre son coeur.
Elle murmure des mots qu'elle n'entend pas. S'y mélange l'anglais et le gallois, s'y mélangent les mots rassurants pour l'enfant et ceux juste pour elle.
Elle lui dit que tout ira bien, car aucune autre promesse n'est juste au coeur de l'enfant. Elle caresse ses cheveux, et la ramène à l'intérieur.
Une dernière fois, son regard trouvera la falaise lointaine, et l'écho d'un cri. Une dernière fois, effacée dans un clignement de paupières et une porte qui se referme.
597 mots
@Miya Ryuū pour la mention implicite
@Miya Ryuū pour la mention implicite
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Cour de la Semeuse de Discorde - avatar par le merveilleux Orion #OsonsOrion
