Solo Murmures d'un Passé

Dans ce RP sur le principe de l'Inktober, je vais essayer de poster un post chaque jour sur le sujet du mot de la liste donnée (c'est déjà raté pour faire un post par jour, oups :roll:). Ce sujet me permettra de RP un peu plus la première année d'Ellana à Poudlard donc les textes se dérouleront pendant l'année 2045-2046. Je tiens à préciser que les posts rps ne se dérouleront pas tous dans les couloirs, mais que c'était l'endroit qui me paraissait le plus approprié pour éviter de faire trente-et-un sujets différents.
Liste des mots :
Gargouille [08-09.05.2046]
Se précipiter [09.03.2046]
Chauve-souris [31.10.2045]
Coquille [09.09.2045]
Flamme [10.12.2045]
Bouquet [08.05.2046]
Voyage [01.10.2045]
Match [21.04.2046]
Nid [02.09.2045]
Grincheux [16.11.2045]
Aigle [02.06.2046]
Oublier [10.12.2045]
Gentil [21.03.2046]
Vide [10.03.2046]
Tatou [21.04.2046]
Volaille [15.03.2046]
Salé [29.04.2046]
Rayer
Queue de cheval
Bluffer
Mauvais chien
Vol
Crotte de nez
Fée
Tentant
Ego
Goûter
Camping
Oups
Equipement
Ferme
Dernière modification par Ellana Duchêne le 20 déc. 2022, 18:41, modifié 14 fois.

#002a57 - Fiche - Sixième année - ABSENCE
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

Solo Murmures d'un Passé
Jour 1 • Gargouille

attention • ce texte fait mention de peur et de noyade par le biais d'un cauchemar,
dans la nuit du mardi 8 mai au mercredi 9 mai 2046, dortoir des filles


Elle marchait, longeant une façade de pierre. Elle ne savait pas où elle était, mais l'espace et le temps n'avait pas d'importance. Ses jambes la portaient, et ses tentatives pour arrêter de marcher étaient vaines. Elle ne ressentait aucune fatigue, comme si elle pouvait marcher, le long de cette façade infinie, pendant des heures. Elle n'aurait réussi à faire une description de l'endroit où elle se trouvait, tout lui semblant flou quand elle y pensait. Elle savait qu'il y avait une façade, ou du moins, elle voyait s'élancer vers le ciel un grand mur de pierres grisées. Elle ne se serait pas tentée à l'escalade sur les pierres irrégulières, de peur de chuter éternellement, comme elle avançait sans but et sans voir de fin.

A force de galoper, son regard se posa sur une forme, présente sur la façade : une gargouille, en forme de lion, semblait avoir le regard perdu dans le vague. Intriguée, elle s'arrêta brutalement, en fixant cet animal de pierre, quand, soudainement, elle se sentit elle-même observée : les pupilles de la gargouille s'étaient tournées vers elle. Elle n'arrivait plus à bouger, comme si elle était maintenue par la peur de voir cet être, beaucoup plus lourd qu'elle, venir l'écraser, pour la punir de l'avoir toisé. Au bout d'un temps incertain auquel on ne pourrait même pas donner d'ordre de grandeur, elle recommença à marcher, le pas pressé, comme si elle était poursuivie. Elle se mit à courir. Le terrain était droit, devant elle, étendu à perte de vue. Soudainement, elle sentit de l'eau lui transpercer les vêtements, touchant son corps d'un contact désagréable. Se retournant brutalement, elle vit la gargouille, imposante, comme si elle avait grandi depuis qu'elle l'avait vu sur la façade. L'être, pris de vie, continuait d'avancer d'une démarche pataude, un filet d'eau coulant de sa gueule grande ouverte. Elle n'arrivait plus à bouger, immobilisée par une sorte de peur de cette créature. Cette dernière réduisait la distance avec la jeune fille. Quand la gargouille fut arrivée, l'eau descendait vers le sol de sa bouche comme une de ces pluies, torrentielles et ravageantes, tombant sur la tête de l'enfant terrifiée. L'eau l'enveloppait, elle n'arrivait plus à respirer, se noyant à cause de cette gargouille.

Ellana se réveilla, tremblante. Elle se sentait mal, à bout de souffle, comme si elle avait arrêté de respirer. Dans son lit, elle était enveloppée de couvertures, mais sèche. Le cauchemar lui avait semblait si réel, la brunette avait eu l'impression de se noyer vraiment. Ce n'était qu'un rêve, terrifiant, mais elle s'en sentait mal. Ne voulant plus dormir, elle se leva de son lit, vers quatre heures du matin, et alla dans le Petit Salon, toujours tremblotante de peur.

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Solo Murmures d'un Passé
Jour 2 • Se précipiter

vendredi 9 mars 2046, avant 8h30, salle commune


Assise dans un fauteuil dans un coin de la salle commune pour ne pas qu'on vienne la déranger, la fillette lisait un livre passionnant sur les étoiles. Elle aimait ces points lumineux, lointain et si proches, et son livre traitait des constellations, de ces ensembles de lumières formant des dessins nocturnes. Absorbée par sa lecture depuis plus d'une heure déjà - elle passait tout son temps avec les livres, ses seuls véritables amis, les seuls qui ne lui faisaient pas de mal - elle ne se souciait pas de l'heure. Les allées et venues de ses camarades de maison ne la dérangeaient pas : depuis longtemps elle avait appris à ne pas se soucier des autres, et elle restait donc là, à tourner les pages de son livre, ses yeux parcourant les textes.

Son ouvrage se terminant, Ellana le ferma, avant de constater qu'elle avait cours dans moins d'une dizaine de minutes. Surprise de ne pas avoir vu passer le temps, elle se leva soudainement, et remonta quatre à quatre les marches vers son dortoir : elle n'avait pas fait son sac. Mettant tout ce qui lui passait par la main dans ce dernier en grommelant des injures dans sa tête pour maudire cette lecture, la petite fille partit en courant de la salle commune, dévalant les escaliers. Pourquoi fallait-il qu'elle ait cours de potions, tout en bas du château ? Enervée comme elle-même, dans sa précipitation, elle dérapa, et descendit un escalier sur les fesses. La douleur de la chute ne fit qu'empirer son état d'esprit : des mots grossiers se mêlaient à d'autres qui l'étaient un peu moins, dans la tête de la première année.

Ayant mal aux fesses, elle continua à descendre, un peu moins rapidement car elle avait peur de rechuter. Il ne lui restait que deux minutes pour arriver à l'heure, et d'être aussi pressée par le temps la rendait anxieuse : elle ne voulait pas arriver en retard, détestant ne pas être ponctuelle. Généralement, par peur de cette situation catastrophique, elle partait une vingtaine de minutes avant le début du cours, pour être bien à l'heure. Pourquoi avait-il fallu qu'elle oublie de jeter un regard sur l'heure ? Elle arriva enfin aux sous-sols, et reprit sa respiration : elle n'était pas en retard, et en était soulagée.

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Jour 3 • Chauve-souris

mardi 31 octobre 2045 dans la soirée, salle commune


Eternellement assise sur un fauteuil près de la fenêtre, Ellana attendait. Sûrement rien en particulier, mais ce soir là, ce soir de trente-et-un octobre, elle n'avait aucune envie de s'en aller de son fauteuil, ni même de faire quelque chose. Rien était sans doute un mot brutal, fort, et pourtant, voilà ce qu'elle faisait : rien. La soirée d'Halloween n'était pas sa préférée : elle n'aimait pas cette fête, et n'aimait pas les fêtes tout simplement. Le monde, le bruit, la foule, toutes ces choses oppressantes pour l'enfant rimaient avec le mot "fête" lui donnant des allures mauvaises.

Ainsi, elle attendait, se recroquevillant dans son fauteuil. Elle ne souhaitait pas qu'on vienne la prendre en pitié, qu'on vienne lui parler et voulait essayer de se faire toute petite, mais, malheureusement, elle ne maîtrisait pas encore de sortilèges ou de potions permettant de devenir invisible, de se soustraire à cette vie en communauté qu'avait construite les humains. La tête posée contre la vitre froide de la fenêtre, son regard se perdait dans le ciel qui noircissait à vue d'œil, emportant les couleurs du jour. Peut-être semblait-elle mélancolique, seule comme elle l'était, et ce n'était pas faux. Elle aurait aimé retrouver ses frères et sœurs, ne pas mélanger l'école et la maison. Et pourtant, à Poudlard, les deux ne faisaient qu'un et elle était triste de sa solitude. Elle aimait être seule, mais là, elle se sentait seule, abattue sur le fauteuil en cette soirée d'Halloween. L'entrain de Lyna lui manquait, et cette nostalgie l'empêchait de penser à autre chose.

Néanmoins, son regard s'arrêta sur une forme plus sombre, dans le ciel, qui semblait voler au dessus du château. Regardant fixement la chose, elle la détailla : noire comme l'ébène, la bête avait des ailes. Mais la petite ne pouvait en dire plus, son regard n'arrivant pas à faire la différence entre une hirondelle et une chauve-souris. Les yeux fixés sur la bête, elle suivait des yeux ses déplacements, son cœur comme réchauffé de cette compagnie si peu ordinaire. Finalement, l'animal se rapprocha de la tour, et Ellana put le voir distinctement : c'était une chauve-souris, de celles qui apparaissent à la tombée du jour. Détournant la tête quelques secondes, quand elle revint sur l'endroit où était l'animal, il n'y avait plus rien, et rien non plus aux alentours. Glacée par cette apparition, elle songea tout le reste de la soirée, la tête appuyée contre la vitre, semblant attendre la réapparition de la chauve-souris.

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Jour 4 • Coquille

attention • mention de douleur mentale à cause de la solitude
samedi 9 septembre 2045, tard dans la matinée, parc


La première semaine de cours était passée, la fillette n'était allée vers personne. Fermée sur elle-même, insensible aux autres, elle ne faisait aucun effort, à se demander si elle souhaitait en faire. Elle avait essayé de prendre des notes, mais cela ne s'avérait pas simple, d'autant plus qu'elle n'était pas habituée à écrire avec une plume, ce qui la perturbait grandement. Son fin poignet, ses doigts agiles refermés sur la plume, grattait le parchemin pendant que les professeurs faisaient leur cours. Elle voulait pouvoir avoir le maximum d'informations pour avoir le plus de connaissances ; et déjà, elle avait exploré tous les rayons de la bibliothèque, émerveillée, en extase devant tant d'ouvrages. Aimant l'extérieur, elle avait emprunté des livres et été allée les lire dans le parc, aux heures où il y avait peu de monde. Souvent, c'était à l'aube, juste après que le parc eut ouvert ses grandes portes. La rosée du matin couvrait les brins d’herbe de son habituelle fraîcheur. Le contact de la rosée avec ses doigts apaisait l'enfant solitaire, et elle aimait donc aller lire, à ces heures matinales.

Le soir, elle se mettait au travail, faisant ses devoirs, essayant d'être la plus précise possible, pour les faire au mieux. Elle ne souhaitait pas bâcler son travail, alors qu'elle avait la chance de venir étudier dans cette école de sorcellerie. Mais, à vrai dire, quelque chose manquait, à son rituel habituel entre les devoirs et la lecture, et quelques fois par semaine, un passage à la salle de répétition. L'amusement enfantin qu'elle pouvait avoir : elle ne se sentait pas vieille, encore trop naïve, et pourtant, elle se sentait seule. Une semaine qu'elle avait passé sans la moindre discussion amicale. Elle n'arrangeait pas les choses, repoussant les personnes s'approchant d'elle. Ce n'était pas qu'elle n'ait pas envie de rencontrer des gens, c'était tout simplement qu'elle avait peur de ce qui adviendrait : et si les personnes à qui elle avait confiance la trahissait ? Et si on se retournait contre elle ? Au moins, la solitude avait l'avantage d'être fidèle.

Assise dans le parc, un livre sur les genoux, Ellana avait perdu son regard dans le vide, dérivant comme un de ces radeaux à cause du courant d'une rivière. Elle se sentait seule, mais ne voulait pas aller voir d'autres personnes, chose assez paradoxale, si on y pensait. Elle aurait voulu revoir ses parents, ses frères et sœurs, les personnes qu'elle chérissait, celles à qui elle faisait confiance. Peut-être pourrait-elle leur rédiger une lettre ? Elle avait tant de choses à leur raconter, pour renaître, et ne plus sombrer dans la solitude. Finalement, peut-être que celle-ci était traitresse. Être seule renforce la coquille et affaiblit l'intérieur, jusqu'à le détruire. Progressivement, la fillette se renfermait dans l'indifférence, coquille vide sans la joie de voir le sourire de sa mère et le rire chaleureux de son père. Elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur qu'on l'a trahisse, qu'on se moque d'elle, qu'on ne supporte pas son caractère, qu'elle ne pensait plus au fait qu'il y ait des gens "biens" chez les sorciers, des gens comme sa famille, à qui elle pourrait faire confiance. Pour le moment, elle devenait une simple coquille, pâlotte, indifférente à la sociabilité, ne se concentrant que sur ses cours.

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Jour 5 • Flamme

dimanche 10 décembre 2045, dans l'après-midi, salle commune


On aurait pu associer le froid au blanc, et pourtant, dehors, aucun manteau étincelant ne recouvrait le sol. La température chutait, et la fillette, toujours aussi frileuse, se demandait bien pourquoi elle devait étudier en Ecosse. Quelle idée d'aller dans un pays au temps si mauvais ! Elle aimait bien quand il faisait beau, pouvant aller lire dehors, se promener, sans trembloter. Le froid ne l'empêchait certes pas de faire ses activités en extérieur, mais la rendait hésitante : malgré les manteaux, les capes, les bonnets et les écharpes, elle avait toujours peur d'avoir froid. Les flocons ne descendaient pour l'instant pas du ciel, mais en ce quatrième mois qu'elle passait en château, elle l'avait déjà vu couvert de blanc, de cette tapisserie si douce et si fragile, qu'on en demeure émerveillé à sa vue et à son toucher.

Ellana était assise, comme souvent, sur un fauteuil bleu de sa salle commune. Elle avait un peu froid, et s'était enveloppée de chauds vêtements. Une écharpe aux couleurs de sa maison sur son cou, elle se recroquevillait, ses genoux contre sa poitrine, pour avoir plus chaud. Décidément, elle n'aimait pas l'hiver, et son teint glacial. Mais au moins, dans quelques jours, elle allait pouvoir revoir sa famille réellement depuis qu'elle s'était faite emportée par ce train rouge flamboyant. Elle avait hâte de leur raconter de vive voix ce qu'elle avait vécu, de leur parler, de les sentir près d'elle. Rêvassant sur ce qu'elle allait leur dire, elle était hypnotisée depuis une petite vingtaine de minutes par la danse des flammes dans la cheminée. Elle entendait le doux bruit du feu, et la chaleur se répandait en elle, lui soufflant de la joie. Elle n'arrivait pas à détacher son regard, mais elle s'en moquait, elle n'avait pas grand-chose à faire : autant profiter de la chaleur des flammes.

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Jour 6 • Bouquet

attention • mention de tristesse pendant tout le post, et un peu de mort à la fin
mardi 8 mai 2046, après les cours mais avant le dîner, parc


La tristesse envahissait le petit corps frêle d'Ellana ; les larmes auraient pu longtemps couler le long de ses joues, elle aurait même pu grimper dans un arbre pour se cacher du monde. Elle en avait marre de Poudlard. Elle songeait à sa vie d'avant, quand elle était chez ses parents. Elle songeait à ces moments de jeux, avec sa petite sœur, à ces moments qui la faisait sourire. Elle songeait aux vacances qui s'étaient terminées il y a un mois, à ces dernières vacances avant celles d'été. Qu'elle avait envie de sauter le mois de mai et celui de juin ! L'enfant voulait rentrer chez elle, elle voulait sentir les corps de ses parents ; pourquoi avait-elle dû être éloignée d'eux ? Epuisée, éreintée par cette journée beaucoup trop chargée en terme de cours, elle n'avait plus envie à rien. Et pourtant, aujourd'hui était un jour spécial : c'était l'anniversaire de Lyna ! La gamine aurait dû être heureuse, sourire, lui envoyer une lettre, mais non, tout ce qu'elle faisait, c'était être assise sous un arbre, des sanglots étouffés.

Au bout d'un moment, elle éclata, fondant en pleurs, les larmes ruisselant sur son visage. Quand après une bonne crise de larmes elle se calma, la petite passa ses poings sur ses yeux rougis. Elle était triste, comme inconsolable, mais elle ne voulait être avec personne. Peut-être, au fond d'elle-même, avait-elle honte d'être si triste le jour de l'anniversaire de sa cadette. Se levant, le dos courbé par un poids invisible, elle avança à pas lents dans le parc, avant d'arriver au Parterre de l'Amitié. Elle cueillit quelques fleurs, qu'elle mit en bouquet, en cadeau pour sa sœur. Les fleurs à la main, elle retourna sous son arbre, et posa le bouquet. Elle recommença à pleurer, prise de hoquets, triste de ne pas pouvoir offrir ce présent à sa petite sœur. A mesure qu'elle y pensait, elle avait l'impression d'avoir déposé un bouquet de fleurs sur une tombe, et de pleurer le mort, en songeant à la vie qu'il avait vécu.

Elle n'avait jamais passé un huit mai aussi tristement, semblant aussi abattue.

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Jour 7 • Voyage

dimanche 1er octobre 2045, vers 16h, parc


La fillette serrait sa baguette dans sa main droite. Elle avait du mal à lancer le sortilège de Lévitation, sortilège qu'elle avait appris en cours pendant le mois de septembre. Elle voulait réussir à s'améliorer, mais sa concentration lui faisait défaut : elle n'arrivait pas à ne pas détourner le regard, et à être bien concentrée jusqu'à la fin du lancer. Rêveuse, elle divaguait souvent, et n'arrivait pas à s'empêcher de le faire. Mais en cet après-midi d'automne, elle était décidée à ne pas se laisser déconcentrer par ses pensées. Sa main droite était plus pâle que d'ordinaire, Ellana serrant fort le bâton. Elle ferma les yeux, voulant ressentir son contact avec sa baguette, voulant tisser le lien entre elles deux.

Quand elle les rouvrit, l'enfant alla cueillir une fleur et la posa devant elle : elle voulait essayer de faire décoller cette pousse. Visualisant la petite fleur s'envoler dans les airs de quelques centimètres à peine - si déjà elle arrivait à faire voler l'objet de trois centimètres, elle serait bien heureuse - elle essaya de ressentir de la détermination à voir cette fleur partir du sol. Elle voulait réussir, en ayant marre d'échouer. Elle n'aimait pas échouer. Et pourtant, une pensée la tiraillait : et si ces "sorciers" s'étaient trompés de personne, et qu'elle n'était pas une sorcière ? C'était fort peu probable, mais si elle n'en était pas une, pourrait-elle retrouver sa vie de "moldue" avec ses parents ? Indécise, elle resta immobile longtemps - plusieurs minutes - à réfléchir. Devait-elle essayer de réussir ce sort ? Chassant tous ces doutes qui ne l'aideraient pas - et puis, il n'y avait pas beaucoup de chances qu'on se soit trompé à son propos, elle avait déjà fait preuve de magie, auparavant - elle se reconcentra et imagina une nouvelle fois sa fleur décoller. Essayant de penser à de la détermination, elle tourna et abaissa sa baguette, en disant :

- winGARdium leviOsa

Rien ne se produisit, si ce n'est que la fleur remua quelques instants sur le sol. Décidément, l'enfant n'était pas douée, elle n'arrivait même pas à lancer ce sortilège de base. Quand elle avait lu, plus jeune, des contes avec des sorcières et des fées, on avait mis sous silence que lancer des sorts était difficile ! Evidemment, l'aiglonne ne s'attendait pas à réussir tout de suite, mais elle n'avait eu que peu de bons lancers, et ça l'attristait. Elle voulait se sentir douée pour la magie, comme elle l'avait été à l'école des moldus.

Déterminée à recommencer, elle imagina un lien la relier à sa baguette, avec du vide autour, où rien ne pourrait la perturbée. Visualisant dans sa tête la fleur partir du sol, elle essaya de puiser en elle toute la détermination qu'elle avait, pour pouvoir lancer le sortilège de lévitation. Puis, elle tourna puis abaissa sa baguette, récitant une nouvelle fois la formule. Cette fois-ci, la pâquerette s'envola du sol, sous les yeux émerveillés de la petite qui lâcha toute sa concentration, pour voir sa fleur retomber ensuite. Mais, elle avait réussi ! Contente - et fière ? - elle s'imagina dans le futur, lançant ce sort, et faisant faire à sa fleur tout un voyage à travers les airs. Enchantée, excitée et gaie, un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle pouvait réussir, elle en était déterminée. Cette fleur, avant de faner, connaîtrait le monde, par un petit tour dans les airs.

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Jour 8 • Match


samedi 21 avril 2046, après le match de Quidditch, couloirs


L'enfant marchait d'un pas rapide, au milieu des couloirs, pour rejoindre sa salle commune. Elle était allée voir le match de Quidditch, sans rien y comprendre, ayant juste le vertige pour les joueurs. Comment faisaient-ils pour ne pas avoir peur de tomber, et de se faire mal ? Etait-elle la seule à ne pas pouvoir s'empêcher de s'imaginer tout plein de scénarios catastrophiques, où tout tournait mal ? La peur la rongeait incessamment. Autant dire qu'elle n'avait rien compris à ce qui s'était passé pendant le match et qu'elle avait très vite détourné le regard et pensé à autre chose, comme ça ne l'intéressait pas. Peut-être que si elle avait compris quelque chose, elle se serait amusée à regarder, comme beaucoup d'autres élèves l'étaient, mais tout allait beaucoup trop vite pour elle, et elle ne savait pas où donner de la tête.

Repensant à cette rencontre sportive, la fillette accéléra le pas : elle voulait retourner à la salle commune avant qu'une foule de personnes arrive, pour s'emparer de ses affaires et aller étudier tranquillement dans la bibliothèque, où elle serait au calme. Grimpant les escaliers quatre à quatre, essoufflée et devant faire plusieurs pauses, elle monta rapidement dans sa tour, maudissant la hauteur de sa salle commune. Pourquoi fallait-il qu'elle ait été répartie à Serdaigle ? La vue était certes belle, mais ne compensait pas les escaliers fatiguant qu'il fallait monter et descendre. Au moins, on avait un champ de vision large et dégagé, et on pouvait sans doute observer de loin les matchs de Quidditch. Peut-être que la prochaine fois qu'il y en aurait un, elle resterait dans un fauteuil, et l'observerait de son perchoir ? L'agitation et les cris ne la gêneraient pas.

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Jour 9 • Nid

samedi 2 septembre 2045, dortoirs des filles, tard le soir


Elle ne cessait de gesticuler, ne trouvant pas de position confortable. Les frottements du drap contre sa peau se faisaient entendre dans le dortoir, et elle se retournait souvent, tourmentée. Sa mère ne lui avait pas fait de bisou depuis deux jours. C'était peut-être peu, mais pour elle, c'était énorme. Elle ne savait pas comment elle survivrait jusqu'à Noël sans voir sa famille. Les larmes aux yeux, les joues trempées, elle avait vu flou pendant tout le trajet en train de la veille. Comment allait-elle tenir sept ans ? Ce nombre était impensable. On n'était que le deuxième jour du mois de septembre, et voilà que déjà, elle se sentait mal, éloignée de sa famille, seule. A cet instant, isolée dans son lit, elle haïssait plus que tout au monde le fait qu'elle soit une sorcière ; pourquoi ne pouvait-elle pas être comme ses parents, vivre une vie de londonienne normale ? Elle aurait voulu frapper le monde, leur montrer la douleur que ça lui causait, défouler sa haine et sa tristesse sur la sorcellerie.

Dans ses bras, écrasée par ses mains qui la pressait, une peluche représentant un pingouin était son seul contact. La fillette aimait cette peluche, ce joujou, qui lui paraissait rassurant, quand tout ce qui l'entourait lui était inconnu. Elle n'aimait pas ne pas connaître, être abandonnée seule, lâchée au milieu d'une arène avec des fauves. Son doudou, qu'elle avait surnommé Blueble quand elle était plus petite, lui donnait un lien avec son monde à elle dont elle avait besoin. Elle n'avait aucune honte à serrer dans ses bras sa peluche.

Blueble avait toujours été comme un "enfant" pour Ellana : elle l'avait chérit, éduqué, mais là, on semblait avoir inversé les rôles. Le pingouin rassurait la brunette perdue et triste, avec des allures maternelles. Les deux semblaient partager le même nid, tantôt un le plus grand, tantôt l'autre. Ensemble, peut-être avaient-ils moins peur ? Serrant contre son cœur le doudou, la fillette pensa à des choses positives avec Blueble, avant de sombrer dans un sommeil noir et profond. Elle avait besoin de retrouver son petit nid douillé, de se sentir chez elle et pas à l'autre bout de la planète.

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