10 déc. 2023, 01:23
 Liverpool  De la visite


Vite, vite, viiiiite ! Les cheveux encore humides à cause de la douche que je viens de prendre, j'enchaîne à la vitesse de l'éclair de feu les tâches "faire la vaisselle que je n'ai pas eu le temps de faire ce matin avant de partir", "passer l'éponge sur la table à manger pour la débarrasser de ce reste de miettes de je-ne-sais-pas-trop-quoi" et "ranger par des gestes un peu aléatoires, par-ci par-là, des trucs lambda qui traînent encore au salon, que mon grand-père m'a demandé de ranger hier déjà, mais que j'ai finalement oublié" tout en regrettant l'interdiction de pouvoir sortir ma baguette magique histoire de régler la question en quelques sorts, ce qui m'aurait évité de passer la journée à courir après le temps façon lapin blanc d'Alice au pays des merveilles. Leo au pays des horaires à tenir malgré les vacances, oui ! Ça a commencé avec la réveil qui sonne, puis il a fallu me dépêcher pour arriver à l'heure pour mon job. J'ai négocié avec Carter, il m'a laissé partir un peu plus tôt du boulot aujourd'hui... moins de travail, moins d'argent, mais je n'ai pas trop le choix de toute façon, peut-être que je pourrai faire des heures supplémentaires demain pour compenser. Ensuite : se dépêcher pour rentrer. Prendre le bus plutôt que le vélo pour gagner une vingtaine de minutes. Regarder l'horloge : réaliser que y a plus le temps pour faire les biscuits que Gran'Ma ma demandé de faire, histoire d'avoir un p'tit truc à grignoter à proposer à Monsieur O'Belt. Donc : filer au ASDA le plus proche, embarquer un paquet de biscuits et retourner rapidement à la maison pour ranger.

Finalement, je suis prête, j'ai fait tout ce que j'avais à faire. Du moins tout ce qui m'est venu à l'esprit. Alors la dernière dizaine de minutes avant l'heure convenue, j'attends. Je n'ai rien d'autre à faire que d'attendre, de toute façon... et assise dans mon fauteuil, attendant l'arrivée du père d'Ennis, je me rends compte que je suis quand même un peu nerveuse. Enfin Briac O'Belt, c'est quand même l'un des membres de la Chambre, l'un des sorciers les plus influents et puissants du pays. Et j'avoue que ça fait bizarre de me l'inviter chez moi, entre ces murs qui m'ont vue grandir. D'ailleurs, quand j'ai raconté à mes grands-parents que j'allais avoir de la visite sorcière de haut rang aujourd'hui chez nous, Gran'Ma m'a regardée d'un air un peu étonnée : quoi, tu ne veux pas l'inviter boire un café quelque part ? Lui montrer un des jolis coins de Liverpool ? Sauf que non. Quitte à ce qu'il prenne le temps de me rendre visite, alors autant que Briac O'Belt vienne vraiment chez moi, dans ma réalité, mon quotidien. C'est vrai qu'ils sont bien sympa, les cafés tendance du royal Albert dock, ceux à l'intérieur moderne et cosy avec vue sur l'eau, à la légère musique jazz à l'arrière plan, aux serveurs souriants... et aux prix exorbitants. Alors oui, j'espère que la rencontre va bien se passer... mais désolée, je ne suis pas prête à claquer mon salaire dans des boissons et viennoiseries juste parce que c'est l'un des dirigeants du pays que j'aurai face à moi. Ça sera donc café fait maison et biscuits du supermarché dont pour ma défense, l'origine ne se devine plus trop maintenant que je les ai sortis de l'emballage pour les disposer sur une assiette.

Ah, ça sonne. Je prends une grande inspiration et me lève du fauteuil, passe rapidement une main dans mes boucles à présent presque sèches histoire de les ordonner un peu, puis prends la direction de la porte.

"Monsieur O'Belt, bonjour ! Leo, enchantée. Entrez seulement."

Je souris puis désigne l'espace derrière moi tout en me décalant légèrement sur le côté afin de lui céder le passage.

"Merci d'avoir fait le déplacement... vous n'avez pas eu trop de difficultés à trouver ?"

Je ne sais pas trop quoi dire, c'est encore plus bizarre de le voir réellement chez moi que ça ne l'était dans mon imagination. Finalement, je l'emmène dans le salon et lui propose de s'installer sur le canapé ou l'un des fauteuils, près de la table basse où j'ai déjà déposé la cafetière, deux tasses et l'assiette de biscuits.

Je me demande quelle est sa première impression. De moi, de chez moi, de moi chez moi et lui chez moi. De cet appartement à l'intérieur confortable mais étroit avec vue sur rien d'autre qu'une série de petites maisons en briques oranges collées les unes aux autres, éventuellement quelques graffitis ou enseignes lumineuses aux lumières cassées ou colorés-décolorés de petits commerces cherchant à attirer l'attention, sans jolie musique jazz, sans elfe de maison pour servir et où absolument rien n'a coûté un prix exorbitant. Je lui adresse un sourire un peu embarrassé, ne sachant pas trop par quoi commencer.


@Diarmuid O'Belt

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

22 déc. 2023, 18:48
 Liverpool  De la visite
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BRIAC O'BELT - 20/07/2000

Cela faisait très longtemps que Briac n'avait pas posé les pieds à Liverpool. Tellement longtemps qu'il n'était plus très certains de la raison de sa dernière visite. Quoique cela importait bien peu, tout ce qui comptait, c'était qu'on lui avait confirmé que l'endroit où il comptait transplaner était bien toujours sûr. De là, il devrait marcher jusqu'à sa destination, ce qui ne le dérangeait pas outre mesure. Depuis qu'il savait se déplacer d'un coup de baguette, il ne marchait plus autant qu'avant. Alors cette visite chez cette camarade de maison d'Ennis, une camarade qu'elle estimait d'après ses propres mots, était une occasion parfaite pour un peu d'exercice. Faisant fi des regards des moldus sur lui, l'irlandais se déplaça d'un bon pas, bien conscient des regards curieux qui se posaient parfois sur lui.

Arrivé à destination, l'homme pressa le bouton de sonnerie. Il avait toujours une certaine appréhension - qu'il refoulait toujours derrière un masque de calme apparant - en procédant à cette manipulation en raison des interactions possibles entre la magie et l'électricité. Mais tout se passa à merveille et bientôt, une jeune fille aux boucles rousses lui ouvrit. A peine plus petite que lui, elle le salua poliment et ce dernier fit de même. "
Bonjour Miss Ginger." Il assorti ces quelques mots d'un sourire fin qui rendait la ressemblance entre son fils aîné - très souvent souriant - et lui encore plus marquée. Il entra ensuite à l'invitation de la jeune fille et la suivi jusqu'au salon. "J'ai dû marcher quelques temps depuis l'endroit où j'ai pu transplaner mais j'ai trouvé sans difficulté, merci." Sa voix ne comportait aucune forme de reproche, il s'agissait simplement d'un constat. Il demanda ensuite s'il pouvait déposer son manteau - une acquisition moldue qu'il utilisait très peu du fait de ses rares incursion dans ce monde là - quelque part, lui permettant certainement d'être bien plus confortable dans sa pantalon de costume et son pull de laine fine à col roulé de couleur claire. Cela témoignait certes de son aisance financière, mais cela était normalement parfait pour passer inaperçu.

Toujours selon les indications de la Gryffondor, l'ancien briseur de sorts s'installa et eut un regard en arc de cercle sur l'intérieur. Ce dernier témoignait d'un niveau de vie bien en deçà du sien, ce qui en soit ne lui posait pas de problème. Quoique puisse en penser la communauté sorcière britannique, ce qui lui importait était les sorciers, quelques soient leurs origines de sang ou de classe sociale. Son côté idéaliste, qu'il espérait devenir réalité un jour. La jeune femme lui adressa un sourire qu'il interpréta comme nerveux, ou plutôt gêné, aussi, il prit sur lui d'entamer la conversation, pour qu'elle puisse rebondir. "
Que diriez vous d'utiliser nos prénoms pour discuter? C'est après tout une entrevue plutôt informelle même si je crois que le sujet tourne autour de ma charge au Conseil." Bon, il n'était certainement pas aussi doué que Diarmuid pour mettre à l'aise les adolescents mais il fallait bien commencer quelque part.

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1 mars 2024, 18:24
 Liverpool  De la visite
Les prénoms. Je hoche la tête. Je n'ai jamais apprécié être appelée par mon nom de famille en dehors du terrain de Quiddich, ça me convient tout à fait.

Je prends le temps de faire les choses correctement : remplir les deux tasses du café que j'ai préparé – j'espère qu'il aime le café ? – jusqu'à ce que le liquide brunâtre remplisse environ deux-tiers du récipient, puis je repose la cafetière et pose enfin à nouveau le regard sur mon visiteur.

"Oui le Conseil, c'est ça. Briac... – je commence et me rends immédiatement compte à quel point c'est étrange de prononcer ce prénom. Je m'interromps un bref instant mais m'efforce de reprendre rapidement là où je me suis arrêtée (histoire de ne pas avoir à recommencer la phrase de puis le début : j'avoue que je ne sais pas trop quoi attendre de cette discussion. Je... à nouveau je m'arrête.

Bon sang, ça ne me ressemble pas du tout. Je ne sais pas quoi attendre de cette discussion, mais je sais quelles sont mes opinions et la nature des choses que je ressens. Et peut-être que je ferais bien aussi de me rappeler que je ne suis pas obligée de faire en sorte que cet homme m'apprécie. Même si c'est le père d'Ennis et que j'estime celle-ci. Même si je lui suis reconnaissante d'avoir fait le déplacement, même si j'ai préparé du café et ai acheté des biscuits. Je sais que c'est une occasion probablement unique que j'ai là, devant moi. Je ne compte pas la laisser filer comme ça, en ne disant les choses qu'à moitié. Je me racle la gorge et reprends, satisfaite de constater que cette fois-ci, ma voix est bien plus assurée :

"Ennis m'a dit que vous rencontrer me permettrait peut-être de comprendre un peu mieux certaines de vos décisions. Notamment pourquoi vous donnez vers l'extérieur l'impression de jouer le jeu du Conseil. Enfin selon elle, vous n'avez pas toujours exactement la même vision des choses que vos collègues."

C'est un bon début ça, non ? J'ai l'impression qu'une fois les choses lancées, ça ira mieux. A supposer que Monsieur O'Belt soit réellement aussi ouvert à la discussion et à l'échange que je ne l'espère.

"Elle m'a aussi dit qu'elle est un peu obligée de vous rapporter les choses qu'elle voit et entend à Poudlard... enfin je suppose que vous savez déjà que je suis hostile à la Chambre des Sorciers et à la politique qu'elle, que vous – je corrige : disons les choses comme elles le sont – menez. Je ne m'attire pas d'ennuis en disant ça ?"

Juste histoire de vérifier. C'est une occasion unique peut-être, mais peut-être que je ferais mieux de ne pas totalement ignorer les conseils de la préfète. J'ai cru comprendre qu'elle a confiance en son père, mais on ne sait jamais. Si la réponse est oui – à supposer déjà, dans cette hypothèse, qu'il me le dise – je ne sais pas encore ce que je ferai. Probablement continuer à jouer la carte honnêteté, c'est de toute façon un peu la seule que j'ai.

@Ennis O'Belt désolée pour le délai. Le RP était passé en deuxième page et... j'ai un peu oublié que Leo avait quelqu'un dans le salon :ninja:

ˈli(ː)əʊ ˈʤɪnʤə
Flash McQueen, Flash McWin

12 mars 2024, 16:13
 Liverpool  De la visite
Le jeune fille prit le temp de préparer du café. Il n'en buvait pas souvent mais contrairement à son aîné il appréciait cette boisson chaude. C'était juste que cette dernière était un peu trop efficace quand au fait de le tenir éveillé. Cependant, il n'allait pas refuser alors que sa jeune hôte faisait l'effort de le recevoir avec courtoisie et surtout, le sens de la réception.

Observateur, l'irlandais attendit que l'adolescente ait fini de lui exposer ses attentes. Ou plutôt son point de vue puisqu'elle partait sans a priori sur l'issue de cette discussion. La rousse débuta par les faits, ce que sa benjamine lui avait dit. Briac était eu courant, Ennis le lui avait rapporté pour qu'il puisse arriver à ce rendez-vous avec une vision correcte de la situation. Jusque là il n'apprenait rien si ce n'était que la sportive était quelqu'un de franc. Et ça, on ne pouvait pas lui enlever. Aussi à sa question sur de potentiels ennuis, il fit un signe négatif de la tête. "
Vous ne risquez rien. Je suis probablement l'un des seuls, si ce n'est le seul à qui vous pouvez faire cette confidence sans vous mettre en péril." Il avait eu un petit sourire incontrôlé. Il regarda la jeune fille, prit un gorgée de café et constata qu'il était suffisamment fort pour qu'effectivement sa nuit à venir soit plutôt courte. Puis il poursuivit. "Tout simplement parce que comme Ennis vous l'a mentionné, je n'ai pas fait la demande du statut Sang-Pur et d'intégration de la Chambre par conviction que le Conseil était dans le juste."

Il prit une seconde, considérant le salon où il était installé mais aussi le fait que cette jeune femme venait du monde moldu. "
Malgré les exhortations de ma femme dès la prise de pouvoir d'Ursula Parkinson, j'ai refusé tant d'être Sang-Pur que de prendre un siège au Conseil. Si j'ai reçu, et donné à mes enfants, une éducation dans les traditions sorcières, je ne crois pas que de rejeter plus de la moitié des sorciers comme le Conseil le fait soit bénéfique. Je ne pense pas non plus que la volonté de l'autre extrême de vouloir nier certaines traditions sorcières meilleures ceci dit." Il fit une pause à nouveau, se demandant s'il était suffisamment clair. "En plus simple, j'aimerais un gouvernement des sorciers, de façon à ce que tous se sentent sorciers avant toute chose. Et je l'ai compris grâce à mes enfants, parce que j'ai trop laissé leur mère faire comme nos parents ont fait avec nous." Il ne comptait pas s'étaler sur les erreurs qu'il avait commise avec cette inconnue de seize ans. "Ennis mérite mieux qu'un monde où les hommes dominent. Diarmuid mérite de pouvoir être libéré de la charge politique. Et Domhall de pouvoir vivre avec la personne qu'il a choisit. Si je n'avais rien fait, ils m'auraient laissé seul avec des regrets. Il n'y a rien de pire que de perdre ses enfants voyez-vous. " Au sens propre comme au figuré. Une blessure qui l'avait tenu éloigné de ceux qui avaient le plus besoin de lui pendant près de dix-huit ans.

- "
Cela doit répondre plus ou moins à votre question sur mes idées. Quant à celle sur ce que j'affiche... Leo, est-ce que vous savez par quel moyen on peut entrer à la Chambre du Conseil?" Et plus largement on obtenait un poste au sein du Consilium. "Je ne vous demande pas de me parler de pouvoir justifier de sa lignée, mais d'une autre condition à laquelle on pense moins." Il pensait bien entendu au fait de montrer qu'on était un allié du Conseil et ça, ça impliquait forcément de cacher une partie de ses opinions. Il prit une nouvelle gorgée de café, l'homme laissait à la jeune fille le temps d'assimiler les différentes informations données, certaines très personnelles, mais aussi celui de réfléchir à la réponse qu'elle allait donner à la question qu'il venait de poser. Elle avait le droit à quelques minutes pour cela, après tout, rien n'était formel, il le lui avait rappelé.

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29 avr. 2024, 00:05
 Liverpool  De la visite
Monsieur O'Belt semble apprécier le café. Ou en tout cas, il le boit, si ça se trouve c'est juste de la politesse. C'est genre pas important du tout, j'le sais bien, mais ça ne m'empêche pas de le remarquer.

Bon, pas d'ennuis à ce qu'il paraît, c'est déjà ça. Je lui adresse un petit sourire mais plisse légèrement les yeux lorsque je vois son regard parcourir le salon – mon salon. Ça ne doit pas se voir, probablement, mais je sens que je me crispe un peu. Alors histoire de ne pas rien faire, je me penche en avant et tends la main vers la table basse pour m'emparer de ma propre tasse de café puis en prendre un gorgée et je me félicite d'être justement à moitié dissimulée derrière ma tasse lorsqu'il commence à parler de sa famille. De son épouse, d'Ennis, de Diarmuid et de Domhall. Je ne saurais pas trop expliquer, mais ça me fait bizarre. Peut-être parce qu'avec Ennis, on ne parle pas tant que ça de nos familles et que là maintenant, assis dans mon salon, son père les évoque tous les uns après les autres. Juste comme ça, quoi. Enfin pour illustrer ses propos, mais quand même. Avalant ma gorgée, je hoche malgré tout la tête pour acquiescer, je vois ce qu'il veut dire. Je crois.

Enfin jusqu'à ce qu'il n'évoque cette histoire d'enfants perdus. Ma tasse retrouve un peu trop brusquement le chemin vers la soucoupe, je grimace en entendant le tintement désagréable de la porcelaine qui s'entrechoque et en voyant une petite flaque de café qui entoure à présent le pied de ma tasse. Merde. Sans plus m’en préoccuper pour l’instant, je lève le regard vers Monsieur O’Belt, songeant qu’il parle bien pour lui-même, parce que d’expérience, je peux affirmer que ce n’est pas le cas de tout le monde.

Sauf que je n'ai pas le temps de répliquer parce que mon invité a déjà continué. Je fronce les sourcils : un moyen d'entrer à la chambre autre que par sa lignée ? A ma connaissance, il n'y en a pas.

La Chambre ? Faut être héritier d’une des familles de sang-pur selon les critère du Conseil. Et surtout pas être trop jeune.

Je ne peux m’empêcher de laisser un certain sarcasme planer dans cette dernière affirmation. Mais je n’attends pas qu’il me réponde pour faire un rebond en arrière et revenir sur ce qu’il a dit juste avant. J’évite soigneusement la piste du trop personnel, mais je ne peux pas m’empêcher de faire la remarque :

J’pense que beaucoup de familles moldues perdent leur enfant lorsqu’il s’avère être sorcier. D’une certaine manière.

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Flash McQueen, Flash McWin

30 juin 2024, 14:56
 Liverpool  De la visite
Il s'était laissé aller à des confidences relativement maîtrisées avec l'adolescente. Relativement parce que la mention d'enfants perdus avait un double sens et que sans toute son éducation et la maîtrise de soi acquise et employée depuis tout ce temps aurait probablement fait vriller sa voix. Et les O'Belt, quoiqu'il en dise, recherchaient toujours la discrétion. Moins on en donnait, moins on prenait le risque que d'autres puissent utiliser ces informations contre lui, contre sa famille. C'était aussi pour cela qu'il avait eu à cœur - bien qu'il ne s'en soit pas vraiment chargé de lui-même - à ce que ses enfants fasse de même. Qu'ils contrôlent l'expression de leurs sentiments, de leurs vies, de leurs idées. Ca ne datait pas de son accession à ce poste de Patriarche, loin de là.

L'irlandais ne manqua pas le retour brusque de la tasse dans la soucoupe mais ne le releva pas. Contrairement à son épouse, il ne s'offusquait pas de chaque détail allant à l'encontre de traditions qui n'étaient pas forcément liées aux fêtes qui lui tenaient à cœur. Et encore, désormais, il voulait se montrer comme quelqu'un qui fournit des explications plutôt que des reproches. Il voulait pouvoir les vivre et les perpétuer, pas les imposer. Plus maintenant. C'était pour cela qu'il avait enchaîné avec sa question. Et Leo n'avait pas tardé à lui répondre, presque du tac au tac, le visage froncé par une émotion qu'il avait du mal à identifier. De la contrariété, du mépris? Il ne savait pas trop, et pour tout avouer, le briseur de sort ne serait pas choqué même si c'était un mélange des deux. Il n'eut pas le temps de répondre tout de suite, la rousse avait fait une autre remarque, sur la perte d'enfant. Quelque chose qui le tiraillait, même s'il n'était pas capable de dire si ce qu'elle disait était une généralité vérifiée - ou même vérifiable - ou non.

- "
Ce sont bien à les conditions officielles, notées sur le papier." Lui confirma-t-il non sans un léger sourire que tous ses enfants lui avait emprunter. Une sorte de tic nerveux de celui qui se rendait compte d'à quel point quelque chose de non écrit pouvait ne pas être perçu. Une sorte de dépit mais Leo n'en était bien entendu pas la cause. Heureusement - ou pas, peut-être quelle avait eu le temps de la voir - la mimique disparu rapidement et, après avoir pris une gorgée de café, la gorgée de la réflexion, il ajouta. "Malheureusement il y a une autre condition, qui n'a pas été écrite. Toute personne qui se sera ouvertement opposée au Conseil ne pourra pas obtenir de poste haut placé, encore moins à la Chambre. C'est pour cela que je fais très attention à ce que je peux dire, à ce que je renvoie, et que ma famille se doit de faire la même chose. C'est le seul moyen pour tenter de contrer leurs idées les plus extrémistes. Rien que le fait de vouloir le mieux pour l'ensemble de la communauté sorcière est pour certains une hérésie. Pour le moment les personnes qui sont de mon avis sont une extrême minorité, les autres ne semblent pas vouloir, ou pouvoir, s'engager à nos côtés." Il laissa planer ces mots un moment. Il souhaitait bien entendu revenir sur la perte que pouvaient ressentir les familles moldues de jeunes sorciers, ou ces sorciers issues de familles moldues. Mais en l'état il n'avait pas vraiment d'idée constructive à apporter, il aurait probablement besoin d'en discuter avec des personnes concernées. Son gendre ou le père de ce dernier peut-être.

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7 juil. 2024, 13:16
 Liverpool  De la visite
Quand Monsieur O'Belt sourit, je ne peux pas m'empêcher de remarquer qu'il y a tout de même un sacré air de famille avec Ennis. Ce qui peut sembler logique quelque part, étant donné qu'il s'agit de sa fille, mais quand même, ça a quelque chose d'aussi amusant que d'étrange et d'un peu déstabilisant, aussi. Surtout en vue de sa position.

Je remarque bien que mon invité ne perd pas un mot au sujet de la thématique des familles moldues que j'évoque. Je me demande s'il considère tout simplement la question indigne d'intérêt, s'il n'a en réalité pas de réponse à apporter ou si le sujet lui est peut-être juste un peu incofortable. Même si j'avoue que j'aurais beaucoup apprécié qu'il fasse ne serait-ce qu'une petite remarque à ce sujet, je n'insiste pas. Ce n'est pas la raison pour laquelle le patriarche O'Belt est venu, alors autant rester concentrés sur ce pour quoi il est là. Après tout, cela offre déjà suffisamment de matière à discussion et à débat.

Sans brocher, j'écoute ce qu'il m'explique. C'est marrant quand même : non seulement, il y a cette ressemblance déroutante avec Ennis dans certains de ses traits et mimiques, mais quand je l'entends parler, tenter de m'expliquer pourquoi et comment il est convaincu être est train de faire ce qu'il y a de mieux afin d'espérer qu'il y ait du changement à la tête de notre pays, j'ai quelque part l'impression d'entendre Ennis me parler. Du moins que ça pourrait tout à fait être Ennis, celle qui est en train de me parler et de me servir ces propos. Le souvenir de notre discussion à la table de Gryffondor, le jour où j'ai affiché les portraits des membres de la chambre sur un mur de Poudlard, remonte et mentalement, je ne peux m'empêcher de laisser le visage de ma camarade de maison se superposer à celui de Monsieur O'Belt. Plus j'y songe, plus la ressemblance entre les deux semble devenir flagrante.

Je prends à mon tour une gorgée de café puis repose ma tasse dans la soucoupe toujours mouillée... si j'avais le droit de sortir ma baguette, ce serait si simple ! Maudite minorité et maudire trace. Je réfléchis un moment à ce qu'il dit, me laissant aller en arrière, dos contre le dossier du fauteuil dans lequel je suis assise. Bras croisés, réfléchissant, je soutiens son regard. On me fait parfois la remarque que mon regard peut sembler un peu insistant, en attendant, le baisser ne me semble pas trop être une option, ni le faire fuyant, alors je ne sais pas quoi faire d'autre que de le fixer en attendant que je réponde. Finalement, je lâche après un petit soupir :

"No offence Monsieur, mais je pense que votre raisonnement c'est celui d'une personne bien privilégiée."

Je me redresse à nouveau, décroise les bras pour glisser les mains sous mes cuisses et reprends :

"'Fin j'veux dire, vous pouvez vous permettre que les choses changent lentement. Vous me corrigerez évidemment, mais j'pense pas me tromper en affirmant que vous vivez bien confortablement actuellement."

Je plisse légèrement les yeux en cherchant une quelconque réaction sur son visage et marque un bref temps de pause, mais pas suffisamment pour lui laisser la parole à nouveau, car j'enchaîne :

"Parce que ce qu'Ennis a évoqué, ce que vous proposez, c'est un changement qui vient de l'intérieur et qui du coup, est lent. Hyper lent. Il me semble que c'est ce que vous venez de confirmer aussi en disant que vous devez vous montrer prudent dans ce que vous dites, que vous êtes une toute petite minorité, que les gens ont peur de s'exprimer. Eh bien moi je n'ai pas peur de m'exprimer, alors je vous le dis clairement : peut-être que c'est une stratégie efficace à très long terme, mais vous, vous pouvez vous le permettre. Qu'est-ce que vous proposez à toutes les personnes qui n'ont pas votre argent, pas vos privilèges, pas votre droit à la parole, pas votre pouvoir, pas votre nom ? D'attendre patiemment que vous fassiez peut-être changer les choses un jour on ne sait pas trop quand et sans que qui que ce soit ne connaisse vos réelles opinions ? Dans ce cas, j'dois avouer que la patiente et la passivité ça n'a jamais été mes points forts. "

J'ai conscience que je suis très directe dans mes mots. Mais je ne sers pas du café à Monsieur O'Belt dans mon salon pour y aller par dix mille détours.

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Flash McQueen, Flash McWin

3 sept. 2024, 23:01
 Liverpool  De la visite
La petite en face de lui, il ne pouvait dire le contraire, avait du cran, du caractère et des idées. Trois choses qu'il ne rangerait jamais du côté des défauts. Quant à son impatience, son envie du changement immédiat... Il était évident qu'ils étaient en désaccord. Ceci étant, elle avait raison sur un point, il était peu impacté par les discriminations existantes; pas du tout d'un point de vue extérieur. Sauf que le débat n'était pas sur la part d'impact sur lui.

- "
J'en ai conscience." Une pure vérité qui suffisait. Les grands discours ne lui serait d'aucune aide et les potentielles explications n'auraient pas la finalité escomptée. Du moins c'était ce qu'il croyait. Et puis il avait toute une liste de questions qui attendaient réponse. Après une gorgée de café, la dernière. Il posa ensuite la tasse là où la bienséance le lui autorisait avant de se redresser un peu sur son assise. "Je comprends tout à fait le besoin d'urgence. Cela ne se voit peut-être pas pour toutes les raisons que vous avez pu citer, mais je les comprends." Parce qu'il était important de le signifier tout de même.

Le briseur de sort prit le temps d'une respiration un peu plus longue que la moyenne avant de poursuivre. "
Je n'ai jamais prétendu être le seul à pouvoir faire quelque chose. Ni que le travail que j'ai commencé - long, il est vrai - était l'unique solution. Mais c'est celle que j'ai les moyens de mettre en place pour l'objectif que je pense être le meilleur, celui de faire profiter d'une société équitable de manière pérenne." Oui, à quoi cela servait si seuls les enfants d'aujourd'hui connaissaient un monde qui ne regardait pas d'où venaient leurs ancêtres?

Briac observa autour de lui avant de revenir sur son interlocutrice. "
Je n'offre que de travailler sur le fond en terme de politique, tenter de modeler peu à peu les lois pour qu'un jour l'idée d'un système qui ne tienne pas compte du sang s'impose. Je leur offre, j'espère, du temps et un peu de souplesse. Pour l'instant je n'ai pas le pouvoir de plus." Ajouta-t-il simplement avant de se lever pour observer par la fenêtre, il avait ressenti le besoin de bouger pour continuer de réfléchir. "Si vous souhaitez agir, essayer d'utiliser ce peu à bon escient, en ayant conscience des conséquences à court, moyen et long termes. Et des potentiels risques." Sur ces mots, il se tourna vers la jeune femme pour capter son regard. "Je ne suis pas un ennemi, mais un potentiel allié qui peut avoir son utilité. Si vous pensez possible de me voir sous cet angle." Termina-t-il, conscient qu'il s'agissait d'une offre sous entendue.

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