17 avr. 2024, 17:43
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Image


Voici une série de courts RP solo dont le but est de décrire les moments importants de la vie d’Estelle hors de Poudlard, afin d’étoffer ce personnage, de le rendre plus vivant et complexe.

Ces histoires courtes seront racontées à la 1ère personne du singulier, comme si c’était Estelle qui racontait sa propre vie.
Sommaire

1) La découverte de ma magie : ici.
2) Grand-père est mort : ici
3) Un retour à la maison tendu : ici
4) Une nouvelle figure dans ma vie : Tom Ravens : ici
Dernière modification par Estelle Rubble le 20 janv. 2025, 13:32, modifié 6 fois.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

17 avr. 2024, 17:47
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
La découverte de ma magie


49 Grosvenor Square, Mayfair, Londres
Samedi 11 janvier 2048,


Tout commence dans un appartement londonien, niché au cœur d’un quartier aisé, où vivait une famille tout à fait ordinaire. À première vue, rien ne distinguait cette famille des autres familles moldues qui vaquaient à leurs occupations quotidiennes dans la ville animée. Mais derrière les murs de ce luxueux appartement, la vie de ses habitants allait être bouleverser par la révélation d’un mystérieux secret.

Au cœur de cette famille parfaitement normale, se trouvait une jeune fille noire de dix ans aux yeux pétillants et à l’esprit curieux. Moi, Estelle Céleste Rubble, j’avais toujours été une enfant vive et pleine d’énergie, passionnée par les mystères du monde qui m’entourait. Mais ce jour-là, quelque chose d’extraordinaire allait se produire, quelque chose qui allait changer ma vie à jamais.

Assise confortablement dans ma chambre, j’étais plongée dans un livre captivant, absorbée par les aventures palpitantes de mon héroïne préférée, Amari, la sorcière. Le soleil de l’après-midi filtrait à travers les rideaux, baignant la pièce d’une douce lumière dorée, pendant que je lisais, à voix haute, mon passage préféré :
« Amari appela les esprits de la Nature qui lui donnèrent le pouvoir de l’eau pour vaincre Lambada, le sorcier maléfique. D’une voix déterminée, elle dit : « Pouvoir de l’eau, aide-moi à triompher ! ». Aussitôt une vague surpuissante s’abattit sur Lambada et l’engloutie. Il avait beau se démener et hurler, rien ne l’aida et il se noya. Les villageois, fous de joie, portèrent Amari en triomphe. »
Aussitôt, je m’imaginais à la place d’Amari, agitant mes bras pour appeler les esprits de la Nature à moi. Jusqu’à là, tout semblait parfaitement ordinaire, jusqu’à ce que je sente soudain une étrange sensation chatouiller le bout de mes doigts.

Intriguée, j’arrêtai de jouer et remarquai avec surprise que l’objet posé sur mon bureau, une petite figurine en verre représentant le dragon d’Amari, tremblait légèrement, comme s’il flottait dans les airs. Mon cœur bondit dans ma poitrine alors que j’observais la scène avec un mélange d’émerveillement et de perplexité. Je tendis la main avec précaution vers le globe, le soulevant doucement dans les airs sans même le toucher.

Un frisson d’excitation me parcourut l’échine alors que je réalisais l’incroyable vérité : j’avais des pouvoirs magiques. Une vague d’émotions déferla dans mon esprit, mêlant la fascination et la perplexité, l’excitation et l’appréhension. Mais, dans mon esprit d’enfant, je n’étais certaine que d’une seule chose : j’étais extraordinaire.

J’étais comme Amari, une magicienne, une sorcière, une fille pas comme les autres. Peut-être étais-je aussi investie d’une grande mission. Dans tous les cas, je ne pouvais rien dire pour l’instant, je devais découvrir l’étendue de mes pouvoirs magiques.
Dernière modification par Estelle Rubble le 19 avr. 2024, 19:33, modifié 2 fois.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

17 avr. 2024, 22:15
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Jeudi 16 janvier 2048,


Les jours qui suivirent la découverte de mes pouvoirs magiques furent empreints d’une ambiance étrange et troublante. Alors que le quotidien semblait suivre son cours habituel, que mes parents continuaient à aller travailler et que je continuais à aller à l’école, je me débattais en secret avec mes nouveaux pouvoirs, cherchant désespérément à comprendre leur origine et leur signification.

Chaque fois que je me retrouvais seule dans ma chambre, j’expérimentais avec mes pouvoirs magiques, tentant de les maîtriser et de les contrôler. Mais malgré tous mes efforts, mes pouvoirs semblaient échapper à tout contrôle, se manifestant de manière imprévisible et souvent incontrôlable.

Comme l’autre jour, alors que j’étais assise à mon bureau dans ma chambre, je fus prise d’une étrange sensation de chaleur qui envahit tout mon être. Sans prévenir, une petite flamme jaillit de la pointe de mon doigt, dansant joyeusement dans l’air avant de s’éteindre aussi vite qu’elle était apparue. La peur et la confusion s’emparèrent de moi, je me sentais de plus en plus dépassée.

Et pour ne pas arrangé les choses, mes parents commençaient à remarquer des phénomènes étranges autour de la maison : des objets qui semblaient se déplacer tout seul, des bruits mystérieux dans les couloirs, des lumières qui vacillaient sans raison apparente. Mais, je ne pouvais rien y faire, à chaque fois que je ressentais une émotion forte, mes pouvoirs se manifestaient. Et mes parents inquiets pour ma sécurité, cherchaient des réponses à ces phénomènes inexplicables, sans se douter que leur propre fille en était la cause.

De mon côté, je me sentais de plus en plus isolée et seule, incapable de partager mes découvertes et mes préoccupations avec mes parents. Après tout, qu’est-ce que j’allais bien pouvoir leur dire ? « Maman, papa, j’ai des pouvoirs magiques ? » Ils ne vont jamais me croire, au pire, ils rigoleront et diront que j’ai une imagination débordante. Et s’ils me croient et qu’ils décident de me faire interner dans un hôpital psychiatrique, ça serait terrible.

Mais, la vérité est que chaque jour qui passait ne faisait qu’accentuer ma confusion et mon désarroi. Je me demandais sans cesse, ce que j’allais bien pouvoir faire. La réponse à cette question vint sous la forme d’une lettre et d’un représentant d’une mystérieuse école.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

19 avr. 2024, 20:03
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Dimanche 19 janvier 2048,


La tension dans l’appartement était palpable, chaque jour apportant son lot de mystères et de phénomènes étranges. Alors que je luttais en secret avec ses nouvelles manifestations magiques, mes parents tentaient désespérément de comprendre les événements inexplicables qui semblaient se produire autour de nous.

Un soir, alors que ma famille était réunie autour du dîner, la sonnette retentit dans tout l’appartement. Le silence se fit, mes parents échangèrent un regard surpris, se demandant qui pouvait bien s’être invité à cette heure.

Mon père se leva et se dirigea vers la porte d’entrée, il laissa échapper un soupir de surprise en découvrant un homme blanc âgé à l’attitude austère et fière sur le pas de la porte. Vêtu d’une longue cape sombre et portant un regard peu amical, l’homme tenait dans sa main une lettre scellée d’un cachet de cire rouge, orné du blason de Poudlard. Sans un mot, l’homme s’invita dans l’appartement, poussant légèrement mon père, trop choqué, pour réagir. Il se dirigea vers la table et tendit la lettre à ma mère qui la prit les mains tremblantes, la déplia et la lit. Son expression passant de la surprise à l’incrédulité au fur et à mesure qu’elle prenait connaissance de son contenu. Mon père qui s’était décidé à réagir et à rejoindre ma mère, avait une expression tout aussi choquée. Ma mère déposa la lettre sur la table et je la pris pour la lire.
Chers M. et Mme Rubble,

Nous avons le plaisir de vous informer que votre enfant, Estelle Céleste Rubble, a été accepté à l’école de sorcellerie de Poudlard. Veuillez trouver ci-joint la liste des fournitures nécessaires ainsi que les détails concernant son trajet vers le Chemin de Traverse. Nous sommes impatients de l’accueillir parmi nous pour la rentrée scolaire le 1er septembre.
La lettre était signée par la personne qui dirige l’école. Le silence dans la salle à manger était pesant, les mots de la lettre semblaient flotter dans l’air, emplissant la pièce d’une atmosphère chargée d’émotion. Mes parents échangèrent un regard incrédule, semblant incapables de croire ce qu’ils venaient de lire. Leur fille, une sorcière ? C’était tout simplement inconcevable.

Pourtant, au fond d’eux-mêmes, ils savaient que la lettre ne pouvait pas mentir, qu’il se passait trop de choses étranges et inexplicables pour qu’ils ne puissent pas l’envisager. Ces phénomènes étranges prenaient enfin sens. Leur fille était spéciale, elle n’était pas comme eux.

- Bien, je vois que vous commencez à comprendre le sérieux de cette lettre.

La voix de l’étranger nous fit sursauter, il s’était assis sur une chaise vide à ma droite et buvait du thé dans une tasse fleurie, qui n’appartenait pas à mes parents et que personne ne lui avait donné. Elle semblait être apparue comme par magie.

- Je travaille à l'école de sorcellerie Poudlard. Une de mes missions est d’apporter la lettre d’admission aux enfants nés-moldus. C’est-à-dire né de deux parents sans pouvoirs magiques. Ce qui est le cas d’Estelle Céleste Rubble.

Je sursautai à la mention de mon prénom en entier.

- Ma fille n’ira pas dans cette école, je pense que vous pouvez vous en aller. Merci de votre visite, au-revoir, dis mon père, la voix légèrement tremblante.

- Monsieur Rubble, je crains que vous n’eussiez pas le choix. Estelle y est inscrite depuis que sa magie s’est manifestée à l’âge de 8 ans. Ces derniers temps, vous avez sans doute remarqué une succession d’évènements étranges, c’est la magie d’Estelle. Et c’est parfaitement normal pour une enfant de son âge, mais c’est aussi la raison qui fait qu’elle doit aller à Poudlard afin de maîtriser sa magie et de ne mettre personne en danger…

Il s’arrêta, bu une gorgée de son thé, laissant ses paroles imprégnée l’air, les laissant faire leur effet. Puis, il reprit.

- Il est dans notre intérêt à tous de préserver le secret sur le statut d’Estelle. Si cela venait à s’ébruiter, mes collègues et moi-même devrions prendre des mesures afin de protéger le secret magique.

- Vous nous menacez ? Demanda ma mère avec une expression illisible.

- Non, je vous préviens. Maintenant, il est temps que je vous donne quelques détails sur le monde des Sorciers.

Une heure et demie s’était écoulé quand il eut fini de parler. Puis, il arrangea sa cape sombre, nous salua et sortit par la porte. Le silence dans l’appartement était tellement dense et oppressant qu’on pouvait entendre nos propres souffles. Puis, le regard de mes parents se posèrent sur moi et j’attendis, tendue, qu’ils prennent la parole.
Dernière modification par Estelle Rubble le 1 juin 2024, 20:36, modifié 1 fois.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

25 avr. 2024, 20:58
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Le silence pesait lourdement sur la table du dîner alors que nous digérions la nouvelle extraordinaire qui venait de nous être révélée. Mes parents, incrédules, échangeaient des murmures étouffés que je n’arrivais pas à comprendre, sans doute essayait-ils de comprendre la signification de la lettre qu’ils tenaient entre leurs mains tremblantes et la visite de cet homme.

J’étais assise, en face, les regardant, le cœur battant la chamade dans ma poitrine, un mélange d’excitation et d’appréhension tourbillonnaient dans mon esprit. Je fixai la lettre de Poudlard serrée dans les mains de mes parents. Finalement mon père brisa le silence, sa voix empreinte d’émotion contenue :

- Une école de sorcellerie… Est-ce que ça signifie que notre fille est… une sorcière ?

Demanda-t-il, son regard cherchant des réponses dans les yeux de sa femme, m’ignorant, des larmes contenues commencèrent à me brûler les yeux.

- Je ne sais pas, tout semble l’indiquer.

Répondit ma mère, puis elle se tourna vers moi, m’emprisonnant de son regard.

- Ma chérie, tu réalises que cela signifie que tu devras partir pendant un an… tu seras dans une école différente de tes amis. Et qu’il va falloir justifier ton absence auprès de la famille et des amis, comment vais-je faire ?

Je baissai les yeux, sentant un poids s’abattre sur mes jeunes épaules. Je comprenais les préoccupations de ma mère, mais en même temps, je venais d’apprendre une nouvelle extraordinaire et la seule chose qu’elle trouvait à me dire était… ça… Mon père posa une main réconfortante sur mon épaule.

- Ce que ta mère veut dire, dit-il en lui lançant un regard de reproche, c’est qu’on est fiers de toi, peu importe ce que tu décides de faire, ma chérie. Nous serons là pour te soutenir, quoi qu’il arrive.

Je finis par relever lentement les yeux vers mes parents, une détermination nouvelle brillant dans mon regard.

- Merci papa. Mais, maman, je sens, non je sais, que je dois aller à Poudlard, parce que je suis spéciale comme Amari. Et puis je vais peut-être devenir une grande sorcière comme elle !

Mes parents échangèrent un regard silencieux, semblant peser mes mots avec sérieux. Puis, un petit sourire se dessina sur les lèvres de ma mère.

- Je ne sais pas si Amari est à Poudlard… Mais, je vois que je ne peux pas te retenir si c’est vraiment ce que tu veux, ma chérie. Mais il faudra faire attention et tu devras nous écrire dès que tu le pourras…

Mon père coupa ma mère en tapotant sa main.

- Oui, mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, comme dirait les Français, on est en janvier et on a jusqu’au 1er septembre pour se préparer au départ d’Estelle à Poudlard.

Un sourire reconnaissant étira mes lèvres, alors que je me levai pour faire un bisou sur la joue de mon père et celle de ma mère qui finit par m’envelopper dans une étreinte chaleureuse et remplie d’amour.

- Je suis fière de toi, ma chérie. Peu importe qui tu deviens à Poudlard, une grande sorcière ou cheffe de la communauté magique. Mais n’oublie jamais que nous sommes là pour toi, et que nous t’aimons plus que tout au monde.

Mon cœur se gonfla d’émotion alors que je me blottissais dans les bras de ma mère, sentant le soutien inconditionnel de ma famille me donner la force et le courage nécessaire pour affronter l’avenir avec confiance.


FIN

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

4 mai 2024, 21:57
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Grand-père est mort


Bromley, Londres
Mercredi 27 juin 2046,


L’église évangéliste se dressait majestueusement au cœur de la ville, sa façade impressionnante de pierre blanche ornée de vitraux colorés scintillaient sous la lumière du soleil. À l’extérieur, de grandes portes en bois sombre accueillaient les fidèles, ornées de motifs en fer complexes qui témoignaient de l’artisanat soigné qui les avait façonnées. En entrant dans l’église, on était immédiatement frappé par la grandeur et la beauté de l’architecture. Les hauts plafonds voûtés semblaient toucher le ciel, tandis que les murs étaient ornés de fresques religieuses représentant des scènes de la Bible. Les piliers massifs qui soutenaient la structure semblaient imprégner l’air d’un sentiment de force et de stabilité, offrant un refuge aux âmes en quête de réconfort et de paix.

Un autre jour, ce spectacle m’aurait ébloui et calmé mon esprit. Mais, ce jour, malgré le soleil qui brillait dans le ciel, c’était une journée triste. Aujourd’hui, c’est un jour de deuil, il était empreint de solennité et de respect, conformément aux traditions évangéliques qui honoraient les défunts avec dévotion et piété. Ma famille s’était réunie dans l’église, où le cercueil de mon grand-père reposait devant l’autel, entouré de fleurs blanches et de bougies allumées.

Parmi ces visages connus et d’autres inconnus, je me tenais, là, moi un enfant de 9 ans, les yeux emplis de désarroi et de tristesse. J’aimais profondément mon grand-père et je peinais à comprendre la réalité de sa disparition. Je me tenais là, la main gauche tenue par ma mère, fixant le cercueil où gisait mon grand-père, les larmes coulant sur mes joues. Le son des chants religieux emplissait l’église, mais pour moi, tout semblait lointain et irréel.

Avant que le cortège funèbre ne quitte l’église, le pasteur Jim qui avait animé la messe, s’avançait vers l’autel, et d’une voix empreinte de solennité, il commença son discours en créole haïtien.

« Frè ak sè m yo, n'ap sot pran mòt sa yo pou n'ouvè lèspri nou devan Bondye. Nou pèdi yon bon moun jodi a, men n'pa dwe kite dezespwa lèspri nou. Paske Bondye menm, li konnen chak yon nan nou, li pran swen de chak yon nan nou. Lè n'ap santi nou plen ak doulè, se lè sa a ke li pi pre. Li toujou la pou n' menm nan moman pi difisil yo. Se konsa, m'ap mande nou tou pou n' pa janm bliye lavi Bondye, ki se sèl souf nan n' ap viv nan lavi sa a. » * (traduction à la fin)

Après les paroles du pasteur, le cortège funèbre se mit en route vers le cimetière, accompagné par le son des cantiques et des prières. Je marchais aux côtés de ma famille, le regard vide, le cœur lourd de chagrin. Je commençais à sentir le poids de la réalité, mais je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon grand-père devait partir si tôt. J’avais encore tellement de choses à lui raconter.

Arrivée au cimetière, j’observai avec une grande douleur le cercueil de mon grand-père être descendu dans la tombe. Les prières et les bénédictions du pasteur semblaient lointaines, étouffées par le tumulte de sa ma propre tristesse. Ma mère me mit une poignée de terre dans la main droite, et me demanda de la jeter sur la tombe, un geste symbolique d’adieu.

Après l’inhumation, la famille se réunit pour un repas de réconfort, où des plats traditionnels étaient partagés dans un esprit de communion et de soutien mutuel. J’étais assise à table, à côté de mon cousin, l’appétit coupé par le poids du chagrin. Une voix d’enfant me sortis de ma torpeur :

- Allez mange Estelle, c’est un de tes plats préférés et en plus c’est ma maman qui l’a fait.

Je tournai la tête vers mon cousin Harry, il avait un an de plus que moi et on s’entendait comme chien et chat, mais on était inséparable. Je lui souris à travers mes larmes et il me prit la main.

- J’ai pas faim…
- Arrête de mentir tu as tout le temps faim !

Je ris parce que c’était vrai, je ne refusais jamais un bon repas. Avec ma main libre, je saisis la fourchette et commença à manger, je me rendis compte que j’étais affamée. On ne dit plus rien pour le reste du repas. Une fois mon repas terminé, je regardai les autres membres de ma famille et j’y trouvai un réconfort, car même dans la tristesse, il y avait un sentiment de connexion profonde et de solidarité qui nous unissait dans un deuil commun.


*
« Frères et sœurs, prenons ces paroles pour ouvrir nos esprits devant Dieu. Nous avons perdu un être cher aujourd'hui, mais ne devons pas laisser le désespoir envahir nos esprits. Car Dieu lui-même connaît chacun de nous, il prend soin de chacun de nous. Lorsque nous sommes remplis de douleur, c'est alors qu'il est le plus proche. Il est toujours là pour nous, même dans les moments les plus difficiles. Ainsi, je vous demande également de ne jamais oublier la vie de Dieu, qui est le seul souffle que nous vivons dans cette vie. »

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

20 mai 2024, 16:36
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Oxford, à 1h16 de Londres,
Samedi 7 juillet 2046,

OS pour thème en folie


La maison de campagne, avec ses murs de pierre et son toit en ardoise, avait un certain charme. Les fenêtres encadrées de lierre offraient une vue pittoresque sur le jardin en fleurs. À l’intérieur, les pièces étaient chaleureusement décorées, mélangeant meubles anciens et souvenirs de famille. Je venais de terminer mon repas dans la salle à manger, où la lumière du soleil pénétrait à travers les rideaux en dentelle, projetant des motifs sur les murs. Je posai délicatement ma serviette sur la table en bois massif, mes pensées encore embrouillées par les événements récents. Mon grand-père me manquait terriblement, et la maison semblait vide sans sa présence réconfortante, j’étais seule, avec ma grand-mère, mes parents m’ayant déposés pour aller travailler.

Décidée à trouver ma grand-mère, je me levai et traversai le salon, mes pieds nus effleurant le tapis moelleux. En passant devant la bibliothèque, je jetai un coup d’œil aux étagères remplies de livres, certains très anciens, chacun d’eux témoignant de l’amour de mes grands-parents pour la littérature. Je me dirigeai vers la porte arrière, menant au jardin. En ouvrant la porte, je fus accueillie par une douce brise estivale. Le jardin s’étendait devant moi, les roses pourpres, les jonquilles dorées et les lavandes mauves créaient un tableau pittoresque. Sous un grand chêne, j’aperçus ma grand-mère, Patricia, assise sur un banc en pierre.

Patricia tenait un album photo sur ses genoux, et ses yeux, empreints de tristesse, étaient fixés sur une photo. Je m’avançai doucement, sentant mon cœur se serrer à la vue de ma grand-mère si perdue dans ses souvenirs.

- Mamie, appelai-je doucement, m’asseyant à côté d’elle sur le blanc, qu’est-ce que tu regardes ?

Ma grand-mère leva les yeux, un léger sourire se formant sur ses lèvres.

- Ma petite liane, j’ai quelque chose à te montrer.

Elle mit l’album sur mes genoux, passa son bras gauche autour de mes épaules et pointa avec son index droit la photo qu’elle voulait que je regarde. Sur cette photo, il y avait un jeune couple souriant se tenant devant cette même maison, une girouette en forme de coq visible sur le toit derrière eux.

- C’est ton grand-père et moi, peu après notre mariage, cette girouette, a une signification particulière pour moi.

J’examinai la photo avec attention. La maison paraissait presque identique, bien que les années aient ajouté du charme à sa façade grâce à la présence de lierre. La girouette en métal en forme de coq, joliment sculptée se tenait derrière le couple. Je n’avais jamais réellement prêté attention à cet objet auparavant, mais maintenant, il me paraissait important.

- Pourquoi elle est spéciale, mamie ?

Les yeux de ma grand-mère se levèrent vers la girouette, ses pensées semblaient voyagées dans le passé.

- Ton grand-père l’a installée peu après que nous ayons emménagé ici. C’était une surprise, parce que je lui avais raconté un souvenir de mon enfance. À Haïti, quand j’étais petite, mon père avait un jardin où il faisait un élevage de coq. Je l’aidais à s’occuper des coqs qui une fois étaient devenus assez gros, on les tuait pour ensuite les vendre sur le marché. Et je lui ais dis que j’aurai bien voulu avoir un coq, ici en Angleterre. Et donc il l’a faite construire pour moi.

Je levai les yeux vers la girouette qui me paraissait tout à coup, magnifique.

- Elle est très belle, mamie.

Ma grand-mère me sourit faiblement puis posa sa tête sur la mienne et resserra son bras autour de mes épaules.

- Je sais. Ton grand-père était un homme extraordinaire, et il me manque terriblement. Mais il m’a laissé des souvenirs précieux et cette maison remplie d’amour. Et puis, il y a toi. Tu es une part de lui, et ça me réconforte.

- Alors, je serai toujours là pour toi et je vais surveiller cette girouette.

Notre étreinte fut interrompue par une légère brise qui fit frémir les feuilles. Je levai les yeux vers la girouette et la vit se balancer doucement, en la voyant j’avais l’impression que c’était mon grand-père qui nous saluait de là où il était. Je souris et dans ce jardin baigné de lumière, entourées des fleurs et des souvenirs, ma grand-mère et moi trouvèrent un moment de réconfort mutuel.


FIN

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

27 oct. 2024, 00:02
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Un retour à la maison tendu


Lundi 21 juin 2049,


Le retour à Londres a été marqué par un léger vertige. L’agitation du quai m’écrasait de toutes parts. Devoir quitter le monde de Poudlard pour celui de la gare de King’s Cross, entourée de gens ordinaires qui, eux, n’avaient jamais entendu parler de balais volants ou de cours de botanique me plongeait dans une étrange solitude. Mais, en apercevant Maman et Papa m’attendre derrière la barrière, leurs visages tendus mais souriants, l’angoisse s’est un peu apaisée.

J’ai toujours eu cette pression au fond de moi, celle de tout faire pour les rendre fiers, et je voyais dans le regard de Maman une lueur d’inquiétude qui me rappelait combien elle détestait ne pas tout savoir. Chaque jour, elle devait se demander ce que je mangeais, quand je me réveillais, comment j’étais habillé, et j’en passe. Son contrôle sur ma vie, jadis rassurant, me semblait plus lourd qu’avant, maintenant que j’avais passé un an loin d’elle. Papa, quant à lui, se tenait en retrait, comme à son habitude, le visage fermé, attendant le moment opportun pour dire ou faire quelque chose.

Maman m’a pris dans ses bras, et pendant quelques secondes, le monde autour de nous s’est évaporé :

- Tu m’as tellement manqué, ma chérie, a-t-elle murmuré à mon oreille.

Papa m’a gratifiée d’un sourire réservé, me décoiffant d’une main maladroite avant d’attraper ma valise. Un coup d’œil rapide pour s’assurer que tout était là, et nous nous sommes dirigés vers la voiture en silence. Je sentais déjà le poids des questions dans l’air, suspendues comme des nuages sombres prêts à éclater. Le voyage jusqu’à Mayfair a été étonnamment silencieux, seuls les bruits de la ville et le ronronnement du moteur remplissaient l’habitacle. La fatigue me gagnait, et mon anxiété bouillonnait sous la surface, c’était trop silencieux.

Une fois arrivée à la maison, à peine avais-je franchi la porte que je fus surprise par la présence de toute ma famille. La pièce était pleine : mamie Patricia, à l’air grave mais tendre, mon oncle William qui m’adressa un clin d’œil complice, et mon cousin Harry qui m’observait avec un sourire à moitié moqueur. Harry, fidèle à lui-même, à qui je mourrais d’envie de faire un câlin, devait sans doute avoir mille questions à poser. Je sentais mon estomac se nouer ; comment allais-je réussir à cacher tout ce que j’avais vécu cette année ? Comment mentir à tous ceux que j’aimais ?

Les murs du salon me paraissaient plus hauts et plus étroits que jamais, les meubles dégageant une odeur familière de cuir et de bois poli, qui habituellement me rassurait. Mais aujourd’hui, tout semblait pesant, comme si la maison elle-même me jaugeait. Maman m’a fait signe de m’asseoir dans le canapé en velours crème, tandis que tous les regards se posaient sur moi. Je me suis installée, mes jambes tremblantes sous ma robe plissée. Sous le coup du stress, ma montre à mon poignet m’agaçait à force de tressauter contre ma peau, et j’ai lutté pour ne pas tripoter la croix sous mon chemisier.

- Alors, Estelle, tu vas enfin nous raconter ce que tu as fait cette année. mamie Patricia avait la voix douce, mais ferme, et sa question qui exigeait une réponse me fit frémir. Comment répondre sans éveiller leurs soupçons ?

J’ai pris une grande inspiration, me rappelant ce que Papa et Maman m’avaient dit de dire aux autres.

- Eh bien… L’internat était vraiment intense. Très exigeant. Je me forçais à sourire, espérant que cela masquerait ma nervosité. On avait des horaires très stricts et peu de moments pour nous… C’est pour ça que je ne pouvais pas écrire très souvent.

Harry se moqua en roulant des yeux.

- Même pas un téléphone, vraiment ? Tu étais en pleine brousse ou quoi ? Il riait, et d’habitude, son rire aurait suffi à alléger l’atmosphère, mais aujourd’hui, il me perçait comme une aiguille.

- Non, Harry… C’est juste… un internat très… spécial. Mon cœur battait la chamade. Je savais que chaque mot pouvait soulever de nouvelles questions, mais il fallait que je tienne bon. Ils nous apprennent la discipline, tu comprends ? Une fois là-bas, il est interdit d’avoir des distractions, même les lettres.

Je sentais mamie Patricia me fixer longuement. Elle pencha la tête, les sourcils froncés, comme si elle pouvait lire mes pensées. Sa voix était douce, mais ses mots étaient pleins d’une prudence qui semblait suspecte.

- On dirait presque une sorte de… de formation militaire, ce que tu racontes. N’est-ce pas un peu trop pour une jeune fille de douze ans ?

Mon cœur se serra. J’ai forcé un rire, espérant qu’il ait l’air naturel.

- Oh, non, mamie ! Ce n’est pas comme ça, juste… ils sont stricts sur l’éducation et l’autonomie. J’évitais de croiser son regard, car si elle devinait un seul instant la vérité, tout pourrait s’effondrer.

Maman prit alors la parole, venant à ma rescousse, et je lui en fus reconnaissante.

- Nous voulions qu’Estelle ait une éducation d’excellence. Sa voix était tranchante, mais elle laissa échapper un sourire rassurant. Arthur et moi avons fait en sorte qu’elle rejoigne un programme… disons, très exclusif.

L’atmosphère semblait se détendre légèrement, et même Harry haussa les épaules, l’air un peu moins intrigué. Quant à moi, je sentais une bouffée de soulagement. Peut-être que notre mensonge fonctionnerait, du moins pour l’instant.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

30 oct. 2024, 00:17
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Vendredi 25 juin 2049,


Les jours qui ont suivi mon retour ont été tout sauf reposants. Maman me répétait qu’elle avait parlé avec toute la famille de mon « internat spécial » et que j’avais, en quelque sorte, une réputation d’élève studieuse à défendre. Elle l’avait bien orchestré : je devais donner des détails crédibles, mais jamais trop précis. Chaque conversation tournait autour de cet internat mystérieux, et mes réponses étaient scrutées comme des passages de la Bible, cherchant la moindre incohérence.

Mamie Patricia, surtout, me regardait d’un air pensif. Elle semblait fascinée, mais aussi sceptique, comme si une petite voix dans sa tête lui disait qu’il y avait quelque chose de louche. Je me sentais si vulnérable sous son regard profond. Mes souvenirs de Poudlard m’assaillaient par moments, des images de lacs enchanteurs, de potions scintillantes et de sortilège virevoltant dans les airs. Comment pouvais-je cacher une partie de moi-même à ceux qui comptaient le plus ?

Le quatrième soir, lors du dîner en famille, je me suis retrouvée au centre de toutes les attentions. Mon cousin Harry, lui, ne lâchait rien. Entre deux bouchées de chicken pie, il a lancé :

- Et dis-moi, Estelle, c’est comment la vie là-bas ? Vous mangez quoi ? Vous faites quoi comme sport ?

Il me fixait avec un sourire, mais ses yeux pétillaient de curiosité. J’ai pris une inspiration discrète, mon cœur s’accélérant. Mes mains tremblaient légèrement sous la table, alors j’ai serré ma petite croix d’or, cherchant un peu de courage. J’ai fini par décider de broder un peu, espérant que cela suffirait.

- Oh, eh bien… la nourriture est assez simple, mais nourrissante, ai-je dit en détournant légèrement le regard pour éviter celui de mamie. Ils nous donnent souvent des plats très équilibrés… de la viande, des légumes… pas aussi bon que ce que fait mamie, bien sûr. J’ai adressé un sourire à ma grand-mère, espérant la détourner de ses soupçons. Elle eut un petit rire, mais son regard était toujours aussi scrutateur.

- Donc, ils vous apprennent la discipline, c’est bien. Mais… ils ne vous laissent jamais appeler ? Même pour Noël ?

Mon estomac se noua. Noël. J’avais passé cette fête à Poudlard, loin de ma famille, à essayer de me faire discrète dans la salle commune avec Emilia Jensen. Je me rappelais encore du sentiment de solitude, mais aussi de l’émerveillement de découvrir Noël dans le monde magique, entourée de décorations qui brillaient d’un éclat envoûtant.

- Eh bien… oui, c’est comme ça, mamie. C’est… pour le bien de notre éducation.

J’avais presque murmuré la fin de la phrase, mais maman me jeta un regard d’encouragement. Puis, elle hocha la tête et ajouta avec sa voix autoritaire :

- Ce genre d’internat est extrêmement sélectif et discipliné. Nous avons jugé que c’était une excellente opportunité pour Estelle.

Un silence pesant s’installa. Oncle William m’observait avec curiosité, le menton posé dans a main, l’air de chercher un détail qui lui avait échappé.

- C’est fou, quand même, dit-il avec un sourire amusé. On a l’impression que tu es partie sur une autre planète, tellement tout ça semble… spécial. Mais tu as l’air d’avoir beaucoup appris.

Un soulagement fugace me traversa, au moins, Oncle William semblait accepter mon histoire. Je ris nerveusement, m’efforçant de ne pas paraître trop soulagée.

- Oui, j’ai appris beaucoup de choses. C’était… difficile au début, mais maintenant ça va.

Harry secoua la tête en riant.

- Eh bien, tu devrais peut-être me montrer quelques-unes de ces méthodes. Je galère toujours en maths, moi.

Je ricanai légèrement pour détourner la conversation.

- Ah, je ne suis pas sûre d’être d’une grande aide, Harry. Mais on peut toujours essayer.

Un silence apaisant s’installa enfin autour de la table, et je m’empressai de reprendre une bouchée de chicken pie, savourant ce moment de répit. Mais c’était trop beau pour durer. Mamie Patricia me fixait toujours avec ses yeux sombres, perçants, comme si elle percevait la vérité derrière mes mots. Finalement, elle posa doucement ses couverts et me dit d’une voix tendre mais ferme :

- Estelle, tu sais que tu peux tout me dire, n’est-ce pas ? Si cet endroit est.. trop dur pour toi, si tu te sens seule… tu n’as pas à cacher tes sentiments.

Mon cœur se serra, et mes yeux piquèrent légèrement. Cette attention bienveillante m’a touchée, mais elle réveilla aussi mon malaise. Une partie de moi voulait tout lui dire : le Choixpeau, mes cours de sortilèges, la magie qui m’entourait… mais je savais que c’était impossible. J’ai pris une autre inspiration, faisant de mon mieux pour sourire.

- Oui, mamie, je le sais. Mais ne t’inquiète pas pour moi, vraiment. Ce n’est pas toujours facile… mais je suis contente et j’apprends beaucoup de choses.

Le reste du dîner s’est passé sans incident. J’étais épuisée, et je rêvais de pouvoir m’évader, peut-être même de retourner un instant à Poudlard. Au moment de me lever de table, maman m’adressa un regard approbateur, satisfaite de ma prestation. J’ai serré les dents, priant pour que cette mascarade suffise.

Alors que je montais dans ma chambre, je me suis surprise à murmurer une courte prière pour demander de la force. J’avais envie de tout dire, de leur montrer qui j’étais devenue cette année, mais en même temps, je savais que ça bouleverserait leur monde. Mes deux univers restaient séparés par une frontière invisible, et chaque jour, je devrais jouer ce rôle, garder ce secret pour protéger ce qui m’était le plus cher.

En m’asseyant sur mon lit, je caressai distraitement ma baguette, bien cachée sous le matelas, me demandant si un jour j’aurais la force de franchir cette ligne… ou si, à jamais, je devrais me cacher derrière ce mensonge.

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-

14 nov. 2024, 19:37
 solo  Ma vie, mon histoire, mon oeuvre
Samedi 26 juin 2049,


Le lendemain matin, la lumière grise de Londres s’infiltrait à travers les rideaux du salon, rendant l’atmosphère encore plus lourde. Nous venions de finir le petit-déjeuner quand mamie Patricia et oncle William m’entraînèrent dans le salon, avec cette insistance douce mais résolue. Harry, qui semblait lui aussi impatient d’en savoir plus, s’installa près de moi, l’air curieux.

Juste avant que mamie ne puisse poser sa première question, maman et papa entrèrent dans le salon. Maman se plaça au centre de la pièce, droite et impassible, le regard fixé sur sa belle-mère.

- Patricia, William, commença-t-elle d’une voix ferme, je pense qu’il est temps de mettre certaines choses au clair. Visiblement, vous avez jugé bon de mener une enquête sur la vie d’Estelle, sans même passer par nous. Est-ce ainsi que vous jugez notre façon de veiller sur elle, ou vous pensez sans doute que nous sommes des parents indignes.

Mamie redressa la tête, affrontant le regard de maman avec défi.

- Victoire, nous avons simplement voulu comprendre où vous envoyiez cette enfant. Comment peux-tu nous demander de fermer les yeux alors qu’elle est absente pendant un an, sans nouvelle, dans un endroit dont personne n’a entendu parler ?

Maman serra les poings, sa voix gagnant en dureté.

- Si tu penses que je suis une mauvaise mère, alors dis-le franchement, Patricia ! Nous avons pris cette décision avec Arthur, pour le bien d’Estelle. Il est impensable que tu continues à douter de notre jugement à chaque instant.

Mamie posa une main tremblante sur son cœur, choquée.

- Ce n’est pas une question de jugement, Victoire. C’est une question de prudence et d’amour. J’ai toujours veillé sur Estelle depuis sa naissance, et aujourd’hui, vous m’éloignez d’elle avec ces histoires secrètes d’internant !

Maman ne peut retenir un rire nerveux, la colère montant en elle.

- Peut-être que si tu pouvais nous faire confiance, il serait plus facile pour toi d’accepter que certaines décisions nous reviennent en tant que parents. C’est notre fille, Patricia, et non la tienne.

Le visage de mamie se crispa sous l’effet des mots de maman.

- Victoire, ton arrogance te rend aveugle. Tu crois tout savoir mieux que les autres. Mais n’oublie pas que, malgré tout, je reste sa grand-mère. Si tu continues à me tenir à l’écart de la vie d’Estelle, je ne peux pas rester les bras croisés.

William posa une main apaisante sur l’épaule de sa mère, essayant de tempérer la situation. Mais mamie, blessée et vexée, se leva d’un bond. Elle nous regarda, Harry et moi, avec une tendresse mêlée de tristesse. D’un geste doux, elle s’approcha de nous, prit notre visage entre ses mains, et nous embrassa chacun sur le front, comme pour nous rappeler qu’elle resterait toujours présente malgré tout.

Elle attrapa son manteau et s’avança vers la porte. Juste avant de partie, elle nous adressa un dernier sourire triste.

- Estelle, Harry, prenez soin de vous. Et vous aussi, William et Arthur.

D’un pas déterminé, elle quitta l’appartement en fermant la porte derrière elle. Un silence lourd tomba sur la pièce. Mais, oncle William le rompit en se tournant vers Harry et moi, cherchant à apaiser l’ambiance.

- Ne vous inquiétez pas, les enfants. Mamie reviendra bientôt. Elle est juste… préoccupée, c’est tout.

Je lui adressai un sourire rassurant, soulagée de voir qu’oncle William restait calme malgré tout. Sa voix posée et son soutien faisaient du bien après cette altercation. Il me fit un clin d’œil, puis adressa un sourire à maman, qui hocha la tête, reconnaissante.

Maman soupira, son visage exprimant un mélange de frustration et de soulagement. Elle finit par s’asseoir près de moi et prit ma main dans la sienne, tentant de retrouver son calme.

- Estelle, tout ce que ton père et moi faisons, c’est pour ton bien. Parfois, cela veut dire affronter ceux qui ne comprennent pas.

Je lui souris timidement, consciente du poids des secrets que mes parents portaient pour me protéger. Malgré la tension, je sentais l’amour dans les gestes de ma mère. Ce sacrifice, elle le faisait pour moi, et même si cela l’éloignait de sa propre famille, je savais que j’avais en elle un allié précieux.


FIN

13 ans - 3ème année RP - couleur RP =#a96800

-