11 nov. 2023, 17:18
Le français, pour les nuls et les moins nuls
samedi 7 novembre 2048, dans l'après-midi,
@Lavinia W. Campbell


Un livre ouvert devant les yeux depuis plusieurs dizaines de minutes déjà, quelques pages avaient été tournées depuis le début de la séance. L'ouvrage était épais, d'une couverture rouge sombre. Emprunté dans la section des langues non-maj', il ne semblait pas très ancien, mais ne datait pas non plus du dernier Lumos. Un autre livre, un peu plus loin, fermé cependant, attendait son tour. Sur la couverture de ce second livre, un simple titre mais qui voulait dire beaucoup. Le Népalais en 78 leçons, niveau Jo. Depuis une semaine, Ellana était au comble de l'excitation ; elle pouvait participer aux échanges AMICO et elle avait une correspondante à Jadugara ! Elle s'était lancé le défi d'apprendre le népalais, la langue parlée par Shreyashi, avant que celle-ci ne vienne à Poudlard si l'échange était reconduit. Elle avait commencé à écrire sa première lettre, avait écrit quelques phrases, froissé la feuille, tout recommencé. Elle voulait que ce soit parfait.

Cependant, malgré la nouvelle euphorisante et son nouvel objectif un peu audacieux, la brune devait continuer de travailler son français, pour faire plaisir à son père, originaire de là-bas. Elle continuait les séances du vendredi soir, mais c'était tellement rare qu'elle ne parvenait pas à beaucoup progresser, sans devoir se plonger le week-end dans d'épais ouvrages, trouvés à la bibliothèque. Elle n'avait pas envie de perdre son niveau actuel, dont elle était plutôt fière d'ailleurs, et pour cela, elle savait qu'elle devait travailler, au moins une heure par semaine.
Ce jour-là, elle avait décidé de faire plutôt de la conjugaison, sur l'utilisation du subjonctif présent et la conjugaison des verbes. Une véritable torture. Une plume et un encrier posé à côté d'elle, elle faisait divers exercices qu'elle trouvait au fil des pages, regardant les notions qui lui manquait, essayant de comprendre ce qui échappait à sa compréhension. Concentrée sur son travail, qu'elle s'était donné uniquement pour ne pas décevoir son père, elle ne faisait plus attention à ce qui l'entourait, dans le calme de la bibliothèque.

333 mots

#002a57 - Fiche - Sixième année RP - Parrainage
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

22 nov. 2023, 18:59
Le français, pour les nuls et les moins nuls
La météo s'était refroidie, les nuages avaient commencé à cacher le soleil, et ce dernier montrait de moins en moins son visage en journée. L'euphorie de la rentrée était retombée, et les premiers contrôles et devoirs consistants à rendre commençait à arriver. Autant de raison qui avait poussé Lavinia a se rendre à la bibliothèque plutôt que de s'entraîner à la clairière aux courses. Comme à son habitude, elle s'était installée à une table en silence, sans un regard pour les élèves studieux qui étaient déjà arrivés. Elle avait sorti son encrier, des feuilles, et elle prenait des notes en reprenant ses cours, allant parfois dans les rayonnages pour vérifier une information.

Son attention était cependant volatile, surtout qu'elle ne rencontrait pas de réelles difficultés à répondre aux questions. C'en était presque trop simple. Entre deux matières, elle releva la tête et observa, pensive, les autres élèves. Sans vraiment y faire attention, elle s'était assise à côté d'une Serdaigle plus âgée, qui semblait avoir bien plus de difficulté qu'elle-même sur ses devoirs. Elle avait l'air d'être en troisième, ou deuxième année. Quelle matière risquait donc de la mettre dans cet état ? Dans quelle filière ?

Curieuse, Lavinia jeta un petit regard en coin sur la copie de l'Aiglonne, avant de retenir un petit rire de surprise. Elle ouvrit la bouche, puis se ravisa. Elle avait envie de lui pointer l'erreur qu'elle avait fait, mais peut-être que la Serdaigle ne prendrait pas très bien le fait d'être corrigé par une cadette. Cependant, quand la petite Campbell remarqua qu'elle recommençait dans son erreur, elle finit par laisser son envie de faire la leçon prendre le dessus.

- Que tu finisses*, dit-elle, pas "finis"*. Si c'est du subjonctif, c'est deux "S".

Et le français, elle en savait quelques choses.
297 mots - @Ellana Duchêne, merci pour ta patience, me voilà :D
*En français dans le texte

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

14 avr. 2024, 21:22
Le français, pour les nuls et les moins nuls
- Hein ?

Elle sursauta quand elle entendit une voix dans son dos, parlant français et sur ce qu'elle était en train de faire. Plongée dans sa petite bulle, déterminée à avancer dans son apprentissage et à -enfin- comprendre ce qu'était le subjonctif et comment le conjuguer, elle n'avait pas vu qu'une plus jeune élève s'était installée à côté d'elle pour faire ses devoirs.
Elle relut la phrase qu'elle avait écrite, quelques instants auparavant et que la blonde lui pointait. "Il vaudrait mieux que tu finis tes devoirs." Bouse d'éruptif, elle n'allait jamais y arriver ! Quand elle était encore chez elle, à parler parfois français avec son père et à lire des histoires dans cette langue le soir avant d'aller dormir, des constructions grammaticales s'imprimaient dans sa tête ; là, tout lui semblait plus obscur. Elle avait indéniablement perdu du niveau depuis qu'elle était entrée à Poudlard et qu'elle avait arrêté de pratiquer cette langue régulièrement. Elle ne comprenait d'ailleurs pas pourquoi il n'y avait pas de cours officiel de langues à Poudlard... Certes, la magie, c'était important, mais s'ouvrir sur le monde l'était tout autant !

- Ah oui, t'as raison, dit-elle en relisant la phrase qu'elle avait écrite, ses joues s'empourprant d'avoir fait une erreur. Qu'on lui montre ses erreurs n'était pas forcément un problème, mais elle n'aimait pas en faire tout simplement, parce que ça voulait dire qu'elle n'avait pas très bien compris la notion -du moins, de son point de vue. Or, elle n'aimait pas ne pas comprendre. "Tu parles français ?" demanda-t-elle à la petite qui était intervenue pour commenter son travail. Celle-ci avait l'air de plutôt bien maîtriser la règle du subjonctif en tout cas, pour avoir repéré par-dessus son épaule une erreur. "J'ai euh... un peu de mal avec le subjonctif" finit-elle, virant au rouge pivoine. Elle n'avait pas l'habitude d'exposer ses difficultés, préférant paraitre forte, intouchable. C'était sur ses faiblesses qu'on pouvait la blesser ; il fallait au mieux cacher les brèches, plutôt que de les mettre en avant.

C'est moi qui te remercie pour ta patience :sweatingbullets: Désolée pour cet affreux retard...

#002a57 - Fiche - Sixième année RP - Parrainage
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

30 avr. 2024, 20:11
Le français, pour les nuls et les moins nuls
Bien sûr qu'elle avait raison. Elle ne se serait pas permis de venir mettre son grain de sel dans les affaires d'une aînée, même d'une serdaigle, si elle n'avait eu ne serait-ce qu'un doute.

- *Je m'appelle Lavinia, je suis en deuxième année*, se présenta-t-elle dans la langue de Flamel. *Enchantée*.

Est-ce que cette démonstration suffisait pour répondre à la seconde question de l'aiglonne ? En tout cas, Lavinia était aussi fière qu'un paon. Elle n'avait pas l'occasion de parler français à Poudlard. Enfant, sa mère ne lui parlait que dans sa langue maternelle et refusait de l'écouter si Lavinia ne faisait pas l'effort de lui répondre en français. Avec le temps et la maîtrise de la langue grandissante chez la petite Campbell, Cornelia de Turenne se laissait aller à des conversations en anglais. Puis ce fût cette dernière qui prit le pas lors des discussions familiales. Lavinia ne parlait français qu'en été, lorsqu'ils rendaient visite à sa famille maternelle... Et cette année, elle en avait été privée. Mais elle voyait toujours des précepteurs qui lui enseignaient le français pendant chaque vacance scolaire.

- Ce n'est pas le plus simple, en effet. J'ai longtemps confondu le subjonctif avec le conditionnel... Alors que ce n'est pas du tout la même chose.


Lavinia posa son regard sur la feuille d'exercice de la Serdaigle. Bien qu'elle soit son aîné, le fait qu'elle se retrouvait en difficulté mettait au contraire très à l'aise la petite Serpentard.

- Tu as besoin d'aide ? lui proposa-t-elle innocemment.

Lavinia était pourtant plus à l'aise avec l'oral qu'à l'écrit. Le français était une langue fourbe, rempli de lettres muettes et d'association de voyelles qui ne faisaient aucun sens. Elle se rappelait encore sa stupéfaction devant des mots comme "eau" qui se prononçait "o", ou encore l'étrange "oie" qui avait l'étrange facultés de se prononcer de la même manière que les deux seules voyelles qui ne composaient pas son écriture ! Elle ignorait même si elle pouvait se montrer pédagogue... Mais quelle fierté cela était, d'aider une aînée en difficulté, alors qu'elle n'était qu'en deuxième année ! Elle n'allait pas passer à côté de cette occasion d'afficher ses connaissances et la culture qui lui avait inculquée sa famille...

Reducio
* en français *
Dédicaces aux vidéos de Loic Suberville

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

24 août 2024, 15:43
Le français, pour les nuls et les moins nuls
- Enchantée aussi, répondit Ellana en français, avant de sentir ses joues prendre une teinte pourpre. Il avait évidemment fallu que quelqu'un passe par ici et parle français, au moment où elle galérait sur une leçon de conjugaison... "Je suis Ellana, en quatrième année" ajouta-t-elle, même si la fameuse Lavinia devait sans doute au moins la connaître de nom, de part son rôle de préfète de Serdaigle. Enfin... elle-même avait toujours connu le nom des différents préfets, et même si elle croisait plus souvent ceux de sa maison, elle savait qui étaient les autres. Donc c'était probablement pareil pour tout le monde ?

Elle regarda la plus jeune, quand celle-ci lui dit que le subjonctif et le conditionnel étaient en réalité deux modes très différents. Enoncer cette constatation n'avait pas dû être très difficile, car même elle qui peinait grandement à comprendre le subjonctif, avait remarqué que c'était bien deux mots différents, qui devaient, par conséquent, désigner des choses différentes. Elle attendit que Lavinia poursuive, mais celle-ci ne fit que de lui demander si elle avait besoin d'aide. Elle fut un instant très tentée de dire que non, elle n'avait pas besoin d'aide, elle maîtrisait parfaitement le subjonctif, elle avait juste fait une petite erreur "d'étourderie" et qu'il valait mieux pour la petite Serpentard qu'elle ne perde son temps ici, mais... ce serait se contredire totalement et ne pas vouloir progresser. Ne pas admettre qu'elle pouvait faire des erreurs, c'était ce qui lui en ferait faire plus... et elle le savait, elle l'avait déjà expérimenté. Mais elle n'était pas à l'aise, à l'idée de demander de l'aide, ayant toujours préféré se débrouiller seule. Elle pesa rapidement le pour et le contre dans sa tête, et vira au rouge pivoine avant de reprendre la parole : "J'ai pas très bien compris comment ça marchait oui...". Elle parlait doucement, honteuse d'avouer qu'elle ne savait pas comment conjuguer un verbe au subjonctif. "J'ai pas compris où on le plaçait dans une phrase..." ajouta-t-elle. "C'est après un "que", mais parfois oui et parfois non..." Est-ce que sa professeure improvisée saurait l'aider, à appréhender un peu mieux cette leçon dont la compréhension lui filait entre les doigts ?

Paroles en gras dites en français.
Désolée pour ce retard :wry:

#002a57 - Fiche - Sixième année RP - Parrainage
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

11 sept. 2024, 14:20
Le français, pour les nuls et les moins nuls
Lavinia jubilait presque, ravie qu'elle était de se sentir plus intelligente et plus sage qu'une quatrième année de Serdaigle, maison de la savante Rowena. Une préfète, qui plus est, si elle en croyait le badge accroché à sa poitrine. Son accent n'était pas trop mauvais, elle l’aplatissait bien pour se débarrasser des accentuations anglaises. Cependant, Lavinia n'était pas très douée en pédagogie, bien au contraire. La petite vipère n'avait jamais eu à le faire, et son aisance en français reposait essentiellement sur la pratique orale imposée par sa mère pendant son enfance, ou lors des vacances dans sa famille française. Autant dire que pour ces questions, elle ne saura que régurgiter les règles grammaticales qu'on lui avait enseigné, sans vraiment les comprendre. Si tant est qu'elle s'en souvienne...

- Cela dépend de la phrase, du contexte et du verbe utilisé. Le conditionnel, c'est quand il y a une condition, qu'on peut poursuivre avec un *si*. Par exemple, *s'il faisait beau, nous serions venu en balai*. La condition peut aussi être implicite : *J'aimerais de la patacitrouille*, sous-entendu *s'il vous plaît*, ou *s'il y en a*. Du coup, c'est aussi utilisé pour la politesse.

Bon, ce n'était pas si mauvais, comme explication, non ?

- Le subjonctif, c'est plus simple, c'est après un *que*. Enfin, pas tout le temps.

Tiens d'ailleurs, c'est vrai ça. C'était quoi la règle, déjà ? En bonne locutrice, Lavinia était capable de repérer quand une phrase sonnait étrange, et la corriger en conséquence... Mais expliquer pourquoi l'emploi d'une conjugaison était erroné, c'était plus compliqué.

- Par exemple, *je te dis ce que je sais*, c'est du présent, mais *j'aimerais que tu m'expliques* c'est du subjonctif. Même si ça sonne pareil qu'au présent... Si tu le mets au pluriel, tu entends la différence, ça donnerait *nous aimerions que vous nous expliquiez*, tu vois ?

Lavinia fronçait de plus en plus les sourcils, plongée dans ses souvenirs de cours de conjugaisons. Elle savait qu'elle ne disait pas de bêtises, mais comment pouvait-elle expliquer l'origine de cette assurance autrement que par la pratique ?...

Reducio
*En français*
Je décline toute responsabilité si Lavinia dit des bêtises 0:)
@Ellana Duchêne

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

17 nov. 2024, 21:33
Le français, pour les nuls et les moins nuls
Ellana acquiesça d'un mouvement de tête aux explications de la blondinette si le conditionnel, et nota dans un coin de sa feuille la règle énoncée par sa camarade : le conditionnel était utilisé quand on formait une condition, c'est-à-dire quand on employait "si"... Et parfois, la condition pouvait être un peu implicite, donc on pouvait l'utiliser pour la politesse.

- Mais justement, comment on fait la différence entre quand on met le présent ou le subjonctif ? demanda-t-elle. La Serpentard lui disait que parfois ça fonctionnait, parfois ça ne fonctionnait pas... Et il fallait faire à l'oreille. Elle était bien gentille, mais il fallait qu'elle puisse l'exercer, son oreille ! Et à vrai dire, cela faisait quatre ans qu'elle ne pratiquait plus presque quotidiennement le français : elle avait perdu beaucoup de ses réflexes. "Mais je l'entends pas à l'oreille... 'Fin ça me semble pas faux de dire nous aimerions que vous nous expliquez, pourtant ça l'est..." expliqua-t-elle. Si la fillette faisait tout à l'oreille, elle n'était pas sortie de l'auberge : il lui fallait des règles grammaticales à appliquer pour qu'elle comprenne et puisse ensuite réutiliser le subjonctif correctement, pas simplement qu'on lui dise que c'était logique que ce soit ça.

Elle regarda la suite de l'exercice, pour voir si elle pouvait faire la phrase suivante, malgré les faibles indications de la Serpentard. "Il faut que tu (lire) ce livre." lut-elle à voix haute. "Y'a un "que", donc on met du subjonctif ? Il faut que tu lis ce livre... Il faut que vous lisiez ce livre, si on met au pluriel." dit-elle, tentant d'expliquer son raisonnement. Elle avait l'impression d'être encore plus perdue qu'elle ne l'était avant.

279 mots
Paroles en gras dites en français.

#002a57 - Fiche - Sixième année RP - Parrainage
Préfète inRP du 1er mars 2048 à juin 2049 - Les 3 œufs (l'omelette) - Coquelicolivia & Ellanymphéa - Les Κενταυρίων - Hortensia & Bruyère avec Eileen

4 déc. 2024, 17:44
Le français, pour les nuls et les moins nuls
Lavinia secoua la tête énergiquement devant la première formulation française d'Ellana.

- Déjà, s'il y a un i, faut le remettre à la suite de ta phrase. *Nous aimer-i-ons* donc, *que vous nous expliqu-i-ez*, reprit-elle la serdaigle, plutôt satisfaite de cette méthode mnémotechnique qu'elle venait de sortir de nulle part. C'est facile.

Elle espérait que cela s'appliquait systématiquement, quand même... Mais elle était loin d'entre être sûre. Quand Elena reprit l'exemple de son exercice, ce fût au tour de Lavinia de ne pas comprendre tout à fait sa logique.

- Alors... Oui, mais... Non ? Pourquoi tu...

Lavinia grimaça, tentant de réunir ses observations et sa correction de manière un peu plus utile et diplomate que ce premier jet de réponse bafouillé. Le comble serait quand même qu'Ellana finisse par avoir des doutes sur sa maîtrise du français...

- Je veux dire, tenta-t-elle d'expliquer. Tu as bien compris, dès que tu as une... *proposition subordonnée*, et que c'est un ordre, une demande, l'expression d'une potentialité, tu mets au subjonctif. *Il faut que vous lisiez ce livre*, c'est bon, c'est du subjonctif, alors pourquoi tu t'en sers pour justifier *il faut que tu lis* ? *Lis*, c'est à l'indicatif. *Je lis, tu lis, il lit, nous lisons, vous li-sez, pas vous lis-i-ez*.

Lavinia lui jeta un regard en biais, alors qu'un nouveau doute s'installa dans son esprit. Ellana avait compris la logique, mais s'était quand même trompée... "Ne me dites pas qu'elle veut appliquer la grammaire sans l'avoir apprise par coeur ?"... La petite vipère se rappela soudain des vingtaines de tableau double page que son précepteur lui avait fait copier de nombreuses fois, pour lui apprendre la déclinaison de l'ensemble des verbes notables... Pour chaque faute de conjugaison dans l'une de ses copie, elle devait recopier de mémoire l'ensemble du tableau du verbe fautif. Une nouvelle faute dans le tableau, et le percepteur déchirait sa feuille devant ses yeux et lui ordonnait de recommencer. Elle avait passé des soirées, à recopier ses feuilles déchirées.

Ce souvenir sera un peu la poitrine de la petite vipère, mais elle s'était persuadée que c'était la meilleure pédagogie possible pour apprendre par cœur les subtilités de la langue française. Après tout, ses parents lui avaient payé les meilleurs professeurs de Godric's Hollow, qui était-elle pour remettre en cause le bien-fondé de cette méthode éducative ? C'était fastudieux, c'était désagréable, c'était à mourir d'ennui, c'était rabaissant aussi parfois... Mais cela avait fini par payer. Ce n'était pas une partie de plaisir, Ellana n'y coupera pas, si elle tenait vraiment à écrire français correctement.

- Comment tu conjugues "tu lis" au subjonctif ?... demanda-elle avec un soupçon de supicion dans la voix.

Peut-être qu'Ellana aurait besoin que Lavinia corrige ses exercices et commente ses erreurs au fur et à mesure...

*en français*

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout

30 juil. 2025, 10:45
Le français, pour les nuls et les moins nuls
La jeune fille acquiesça lentement d'un mouvement de tête, lorsque sa camarade lui donna un moyen mnémotechnique pour savoir quand mettre au subjonctif. Quelques instants plus tard, alors que la Serpentard semblait totalement perdue par ce qu'elle venait de dire, Ellana sentit ses joues s'empourprer ; était-elle une si mauvaise élève ? Elle avait pourtant écouté les cours de son père et ceux de son ancien professeur de français, mais le subjonctif lui échappait toujours... En anglais, il y avait beaucoup moins de temps et de modes, et presque pas de conjugaison : pourquoi cela ne pouvait-il pas être le cas en français également ? Honteuse de ne pas réussir, alors qu'une fillette plus jeune qu'elle semblait être une experte sur le sujet, la brune avait envie de tout laisser tomber. Et pourtant, elle n'était pas du genre à abandonner facilement, de manière générale. "D'a...ccord. Donc ordre, demande et expression d'une potentialité," répéta-t-elle, en levant ses doigts un par un à mesure qu'elle citait les valeurs de ce temps. Elle attrapa son crayon à papier et les renota en gros, pour ne pas les oublier. "Donc par exemple, on dirait "je sais qu'il vient" mais "je ne crois pas qu'il vienne", car dans le premier cas, on est sûr et dans le deuxième, c'est une potentialité ? 'Fin y'a un doute quoi ?" demanda-t-elle, pour être sûre de bien comprendre. "Et on dit aussi "je crois qu'il vienne" ? Parce que croire, ça exprime une incertitude dans tous les cas, non ?"

Revenant à la phrase d'exercice qu'elle venait de faire, Lavinia lui demanda comment conjuguer "tu lis" au subjonctif... Ce n'était pas la même chose qu'à l'indicatif ? Réprimant une petite grimace, ne souhaitant pas paraitre encore plus stupide, elle tenta de se rappeler cette conjugaison-là... en vain. Pourquoi fallait-il que les Français se compliquent toujours autant la vie ? désespérait-elle. La conjugaison ne lui revenant pas, malgré tous ses efforts pour chercher dans sa mémoire, elle ouvrit son manuel sur le tableau de conjugaison. "que tu lises" lut-elle, ses joues ayant pris une teinte plus rouge que les tomates. Elle se sentait terriblement nulle. "Bon... j'essaie d'faire la phrase suivante." Bien que son envie d'abandonner soit forte, elle n'avait pas envie de rester sur cet échec lamentable.

La phrase suivante était Je veux que tu (partir) immédiatement. Je veux que, c'était un ordre non ? Donc subjonctif. "Je veux que tu partes immédiatement" dit-elle en regardant sa camarade, se souvenant cette fois de la conjugaison de ce verbe. "Parce que c'est un ordre, donc on met au subjonctif. Mais dans la phrase suivante, "Je sais que vous (comprendre) la situation.", c'est juste une affirmation... 'fin pas d'ordre, de demande ou de potentialité. Donc on dit comprenez et pas compreniez ?" tenta-t-elle d'expliquer.

464 mots
Désolée pour cet affreux retard :wry:
Paroles en gras dites en français.

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15 oct. 2025, 16:43
Le français, pour les nuls et les moins nuls
- Oui ! Oui, c'est ça !

Le premier élan d'Ellana rassura la vipère, qui déchanta une nouvelle fois, pâlit et réprima une grimace avec grand mal.

- Hmm...

*Je crois qu'il vienne* ? C'était faux, elle en était persuadée. C'était le genre de formule qui lui aurait valu un soupir exaspéré de son professeur, une hausse de sourcil méprisant de sa grand-mère et un regard glacial de sa mère. Mais pourtant, elle avait raison, c'était une potentialité. Alors pourquoi fallait-il dire *Je crois qu'il vient* ? Ce n'était pas logique... Et elle ne saurait pas l'expliquer autrement que par l'instinct et son oreille, habituée à la langue de sa mère.

Lavinia mit trop de temps à réagir, Ellana continua sur sa lancée et revint à la question initiale de la vipère, à son grand soulagement. Elle qui commençait à comprendre que, professeur de Français, c'était bien un vrai métier, qui demandait des compétences... Qu'elle n'avait peut-être pas. La Serdaigle fût obligée d'ouvrir sa grammaire pour conjuguer correctement le verbe, ce qui conforta Lavinia dans son impression. Ellana n'en était pas encore à savoir par cœur les conjugaisons des verbes.

- Tu sais, tu n'auras pas ta grammaire pour t'aider, en pleine conversation. Une phrase avec une faute de grammaire, ça se comprend, mais c'est à t'attirer un regard méprisant... Ou condescendant, au moins. C'est le plus long dans l'apprentissage du français, la conjugaison, mais il faut vraiment l'apprendre par cœur. Il n'y a pas de raccourci. Ou sinon, il faut beaucoup lire ou écouter du français, pour habituer ton oreille.

Lavinia hocha la tête devant l'exercice suivant. *Je veux que tu partes* lui semblait cohérent.

- Oui, c'est ça. *Je sais que vous comprenez la situation*. Factuelle, pas de subjonctif. On part du principe que l'exercice demande du présent, mais dans un autre contexte *Je sais que vous comprendrez la situation* peut aussi marché, dans une missive par exemple. C'est du futur, parce que le moment où la personne sait, est antérieur au moment où son destinataire comprend. Mais c'est peut-être allé un peu loin. Au présent, c'est très bien.
Moins de 3 mois de retard, je suis dans les temps. Hum.
*en français*

#008040 - Quatrième année 2050-2051 - Sciences - Génération Péliade - - - Coucou rapeltout