Tension entre deux livres

Le mot lui avait échappé. Il avait glissé, s'était faufilé hors de ses pensées. Elle n'avait pas su le retenir — son contrôle s'amenuisait. Cette présence. Cette nuisance. Elle la mettait hors d'elle. Dans un état qu'elle ne contrôlait pas — et seul Merlin sait à quel point elle haïssait perdre le contrôle.
Elle haïssait cette fille.
Elle haïssait les sentiments qu'elle engendrait en elle.

Colère.
Haine.
Jalousie.


Ces trois mots ne suffisaient pas à décrire la tempête intérieure qui se jouait en elle. La bataille qui détruisait son contrôle, le réduisait en miettes pour qu'il ne reste plus rien.

Le silence de la bibliothèque était lourd, rempli d'une tension épaisse, étouffante. Rhea se sentait suffoquer à chaque inspiration, son cœur battait à tout rompre. Son regard oscillait entre les mots qu'elle ne comprenait plus. Qu'elle n'arrivait plus à comprendre. Son regard devenait flou, les lettres se mélangeaient. Elle inspira. Une fois. Deux fois.

Son cœur se calma. Ses épaules s'affaissèrent. Elle ferma les yeux.

Puis un mot.

Il claqua dans l'air. Sec. Puissant. Et pourtant presque inaudible. C'était l'autre. Elle l'avait murmuré, comme Rhea quelques instants plus tôt.

Stupide.
Stupide.
Stupide.


Ce mot résonnait dans son crâne comme un chant de guerre. Il lui lacérait l'esprit, emportant son contrôle au fin fond d'elle-même. Presque.

Une douleur surgit. Sur sa cuisse. Vive. Tranchante.
La Serdaigle baissa les yeux. Ses ongles s'enfonçaient dans sa chair et lui lacéraient la peau.

La douleur battait jusque dans ses tempes, en rythme avec les battements frénétiques de son cœur. Ce simple geste, cette souffrance volontaire, lui permit de raffermir sa prise sur son contrôle. Elle l'enchaînait à la surface, et le maintenait en place.

Elle tourna son regard vers la Gryffondor. Cette Gryffondor.

La Sywell sourit. Froidement.

Oh. Elle parle, finalement.

Sa voix était basse, tranchante, plus lasse que franchement énervée. Il n'y avait aucune surprise dans son ton, juste cette pointe méprisante et glaciale, polie comme une lame bien entretenue.

Elle se pencha un peu vers la table — leur no man's land, désormais transformé en frontière minée.

C'est bien. Un peu de courage. Il t'aura fallu quoi... quinze minutes pour aligner un mot ?

Puis, comme si elle se lassait d'elle dans la seconde, elle se redressa, reprit sa plume, et conclut, presque pour elle-même :

Fuyarde, mais pas muette. C'est un début.

Son cœur tambourinait contre sa poitrine. Et elle se remit à écrire. Ou à faire semblant.

Parce que, bien sûr, elle n'en avait pas fini.

419 mots
@Ambre Walker
Je sens que ça va bientôt exploser…

"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
Couleur RP : #4d5f84

Tension entre deux livres
En entendant les paroles de la Serdaigle, elle sentit la colère remonter progressivement. Lorsqu'elle entendit ses paroles : « Oh. Elle parle, finalement. » Sa colère était rallumée, plus vive que jamais. Elle ne put, d'ailleurs, pas retenir ses paroles.

- Oh tiens, tu sais distinguer la parole du silence, t'es peut-être pas si stupide que ça... Enfin, si, tu es stupide, mais bon disons que tu viens de gagner 1 point de QI.

Sa voix était froide, tranchante mais toujours très calme. Elle ne voulait rien laisser paraître. À ce moment-là, la deuxième réplique de la bleue et argent sortit de sa bouche. Ambre prit une minute pour chercher quoi répondre. Lorsqu'elle l'eut trouvée, elle répliqua sur le même ton.

- Dis celle qui en a mis 20.

Sa voix était pleine de sarcasme, en même temps, la bleue l'avait bien cherché. Elle lui lança un regard noir avant de se mettre de nouveau à fixer le parchemin. Elle essayait de calmer la colère qui bouillonnait dans ses veines. Son cœur battait très vite. Elle était à deux doigts d'exploser. Lorsque sa dernière réplique sortit de sa bouche, Ambre ne put se retenir.

- Après, j’aurai dû me douter que ton intelligence était réduite, après tout, s’attaquer à quelqu’un de plus jeune que toi, c’est vraiment pathétique !

Sa voix était remplie d'une amertume peu inhabituelle et étonnamment tranchante. Elle lui lança un regard noir puis elle se concentra sur son manuel en s'efforçant de se contrôler sans vraiment y parvenir. Elle trempa sa plume dans son encrier et essaya de mettre enfin un terme à ses devoirs.

270 mots
@Eleanora Sywell je crois qu'Ambre vient définitivement de déclarer la guerre à ta protégée, désolée pour l'insulte :sweatingbullets:
Dernière modification par Ambre Walker le 23 oct. 2025, 17:34, modifié 1 fois.

Nina t'es la best, je t'aime ! Marraine | Absences | #0016a8

Tension entre deux livres
Un rictus effleura les lèvres de Rhea. L'insulte, pourtant claire, ne la heurta pas de plein fouet : elle s'accrocha à son masque d'ironie. Mais derrière ce sourire figé, son estomac se serra. Stupide. Le mot lui cognait contre la poitrine, faisant trembler le fragile équilibre qu'elle s'était imposé. Elle redressa légèrement le menton, refusant de laisser voir la fêlure.

Original, souffla-t-elle avec un calme venimeux, ses yeux rivés sur la Gryffondor. Tu as dû épuiser tout ton stock de neurones pour sortir ça.

Tant la première pique avait fissuré la statue de son visage, la seconde passa comme un courant d'air au-dessus d'elle. La Sywell pencha la tête, adoptant l'air arrogant de son très cher paternel. Les gènes étaient les mêmes, il n'y avait pas de doute à avoir : le même sourire agaçant, le même air supérieur, les mêmes pupilles glaciales. Rhéa se détestait presque de lui ressembler autant. Si un miroir s'imposait à sa vision, il remonterait ses traumatismes d'enfance.

Un rire lui échappa, fébrile, faux. Comme lui.

— Te triturer les méninges comme ça a dû te faire perdre la notion du temps, ma pauvre. Trente secondes t'ont paru comme vingt minutes...

Elle fit la moue, faussement compatissante.

Le troisième coup, cette fois-ci, atteignit sa cible. Ses doigts se crispèrent sur sa plume au point que l'encre éclaboussa son parchemin.

Pathétique.

Le mot se répercuta comme une gifle, réveillant la colère sourde qu'elle s'était jurée d'étouffer. Ses tempes pulsaient, sa respiration se fit plus courte. Lentement, très lentement, elle releva les yeux vers Ambre. Son sourire, lui, avait disparu. Ne restait plus qu'un masque de froideur, une lame prête à s'abattre.

Un éclat glacé traversa les prunelles de Rhéa. Elle répéta, comme pour goûter le mot :
Pathétique...

Ses lèvres se pincèrent, son souffle court, mais son ton demeura étrangement calme.

Tu m'accuses de m'en prendre à plus jeune ? Quelle ironie... C'est toi qui es venue mordre la première. Attaquer plus vieux que soi... appelle ça comme tu veux. Moi, j'appelle ça de l'imprudence.

Elle laissa planer un silence, son sourire revenu, froid et presque maternel.

Mais tu es jeune. On t'excusera... l'immaturité.

362 mots
@Ambre Walker
Vraiment désolée du retard :( et oui ça chauffe :roll:

"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
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Tension entre deux livres
La colère d'Ambre bouillonnait dans ses veines. Prononcer ces derniers mots avaient apaisé sa colère mais pas suffisamment. Ainsi, lorsque la serdaigle revint à la charge, sa colère se raviva d'un coup. Elle ne put s'empêcher de répliquer :

- Pas le mien mais plus le tien.

Sa voix était toujours tranchante. Mais plus calme, plutôt énervée. Ambre se dit qu'il valait mieux pour elle d'avancer sur ses devoirs pourtant, elle n'y arrivait pas, les mots de la bleue lui faisant affreusement mal dans la poitrine.

- C'est moi qui suit venue mordre la première !? Tu te fous de moi, c'est clairement toi qui à commencer alors n'inverse pas les choses !

Sa voix était remplie d'une fureur encore inconnue à la jeune fille jusque là. Pourtant, elle avait bien fait attention à prononcer ses derniers mois d'un voix plutôt basse pour ne pas déranger les autres élèves alentours.

- L'immaturité ? L'immaturité ? C'est toi qui dit ça ? C'est plutôt toi qui est immature. On pourrait penser que comme tu es plus âgée, tu es plus responsable mais non, on dirait une gamine de 5 ans.

Sachant qu'elle ne pourrait pas contrôler d'avantages les mots qui sortiraient de sa bouche, elle se tût. La colère bouillonnait en elle. Pour parvenir à se calmer, elle garda son masque de froideur, attendant de voir qu'elle autre excuse allait lui sortir la bleue.

233 mots
@Eleanora Sywell désolée pour le retard et les insultes. Ça chauffe visiblement.

Nina t'es la best, je t'aime ! Marraine | Absences | #0016a8

Tension entre deux livres
Un rire sans joie s’échappa d’entre ses lèvres — rauque, arraché, comme s’il lui brûlait la gorge. Il s’étala entre elles comme un liquide âpre, s’insinuant dans le silence jusqu’à s’écraser dans le ravin qui s’était creusé entre leurs deux pupitres. Une tranchée. C’était le mot. Une ligne invisible qu’aucune des deux ne franchirait sans s’y perdre.

Cette gamine… méprisable. Si commune, si désespérément banale. Même ses insultes manquaient d’originalité. Pas le mien mais plus le tien.
Les mots résonnaient encore, vides, plats, comme une comptine d’enfant mal apprise. Rhea sentit la colère redescendre d’un cran, remplacée par une fatigue glacée. Comment une phrase aussi dénuée de sens pouvait-elle encore la heurter ?

Ses doigts se crispèrent sur la plume ; la pointe trembla au-dessus du parchemin. Une partie d’elle voulait répliquer — l’écraser d’une remarque si acérée qu’elle ne s’en relèverait pas. Mais à quoi bon ? L’autre n’en valait même plus la peine. Elle la voyait, pitoyable dans sa fureur, se débattant dans ses contradictions, mordant à l’hameçon sans même comprendre qu’elle y était suspendue.

Alors, Rhea se contenta de souffler, presque pour elle-même, un murmure acide noyé dans le calme retrouvé :

Et c’est moi qu’on traite d’immature.

Mais si c’était si simple, les guerres n’éclateraient jamais.
La Gryffondor revint à la charge. Pitoyablement. Désespérément. Et pourtant, la colère que Rhea pensait avoir étouffée, enfermée quelque part dans un recoin de sa poitrine, ressurgit comme une déflagration. Intense. Brûlante. Incontrôlable. Elle sentit ses muscles se tendre, ses mâchoires se verrouiller. L’envie de frapper, de crier, de faire taire. Mais sa fierté tint bon — fissurée, mais debout.

Je dois vraiment te rappeler qui est venue à la table de qui ? Ah, non, c’est vrai. T’as épuisé ton stock de neurones.

Une moue affreusement compatissante accompagna la réplique. Faussée, hypocrite, mais d’une satisfaction cruelle.
Tout aurait été plus simple si la gamine avait eu de vrais arguments. De vraies raisons. Mais elle n’avait que des cris — vides, désordonnés, inadaptés à la bibliothèque. Et pourtant, Rhea sentait ses veines bouillonner, comme si de l’acide avait remplacé son sang. Sa raison se réduisait à un murmure, si faible qu’elle en oubliait presque son existence. Ses yeux, d’ordinaire glacés, s’assombrirent jusqu’à ne plus être que deux trous noirs.

La fille en face d’elle était pitoyable. Mais ce n’était rien comparé au rejet qui la traversa, cette détestation d’elle-même qui la piqua au creux du ventre.

Moi ? Une gamine de cinq ans ? P’t-être.

Elle se pencha vers sa voisine, ses cheveux effleurant le ravin qui les séparait.

Mais en attendant, t’en as que deux. C’est mignon, cette obsession des enfants à pointer du doigt. “C’est pas moi, c’est elle !”

457 mots
@Ambre Walker
Mais on aime ça quand ça chauffe, ça rajoute du drama T-)

"On n'apprend pas à marcher en suivant les traces des autres."
Couleur RP : #4d5f84

Tension entre deux livres
Ambre eut besoin de tout le sang froid du monde pour se retenir de lui balancer son poing dans la figure. Cependant, elle ne le fit pas car cela lui vaudrait des ennuis et ça n’en valais pas la peine. ELLE n’en valait pas la peine. Son sang bouillonnait dans ses veines mais lorsque l’autre fille lui balança ses répliques, elle ne put s’empêcher de rire. Mais pas un rire d’amusement, plutôt un rire de moquerie. Elle lui rétorqua :

- Alors c’est ça, ta meilleure réplique. Et bah, tu manques d’inspiration ma pauvre. Tu n’as pas remarqué que tu te répète encore et toujours ? T’as la maladie d’Alzheimer ? Tu te souviens plus de ce que t’as dis ?

Elle prit exactement la même moue compatissante que lui avait fait la bleue juste avant, puis enchaîna :

- Tu sais ce que ça veut dire au moins ?

Puis, elle rit avant de dire :

- Ah non, c’est vrai, j’avais oublié à quel point tu es inculte.

Jugeant en avoir assez dit, elle prit un sourire supérieur, ayant décidé qu’elle ne partirait pas de la bibliothèque en première. Elle attendit ce que l’autre fille allait bien pouvoir répondre, se reconcentrant sur ses devoirs beaucoup moins en colère tout à coup. Elle parvient même à écrire quelques phrases supplémentaires ce qui n’était pas arrivé depuis le début de la conversation. Se préparant à la moindre éventualité, elle se remémorait ce que la Serdaigle avait dit et à quel point ça ne l’avait pas du tout atteint.
258 mots
@Eleanora Sywell c’est vrai qu’on aime quand ça chauffe :evil:

Nina t'es la best, je t'aime ! Marraine | Absences | #0016a8