Parce qu'il faut donner signe de vie
Volière - Poudlard
Samedi 3 Septembre 2050 aux alentours de 15h20
avec @Paige Barrow
L’après-midi, direction la volière avec Paige. On ne s’est pas beaucoup vus depuis la rentrée, chacun coincé dans les animations, les discours et tout le tralala. Du coup, on s’est dit qu’au moins, envoyer une lettre à nos parents respectifs, ça on pouvait le faire ensemble. Pratique, en plus : la volière est juste à côté de la salle commune de Serdaigle.
Sauf que.
Dès qu’on met un pied dedans, c’est l’assaut direct des odeurs. Mélange subtil de crottes séchées, de paille humide et… je sais pas, de vieilles plumes grasses. Le tout accompagné d’un concert de hululemens à différents volumes. Un genre de “Symphonie en Huuu-huuu majeur”, si je pouvais me permettre. Bref, pas le lieu a piquer une somme dans Poudlard.
Je fais un pas prudent, Paige sur mes talons, et je zieute les hiboux alignés dans leurs perchoirs ou derrière leurs petites cages. Certains clignent lentement des yeux, d’autres ont l’air prêts à attaquer au moindre geste. Et puis, évidemment, il y a ceux qui dorment, la tête enfoncée dans leurs plumes, tranquilles comme si de rien n’était.
Je me tourne vers Paige et, à voix basse, je demande :
« Tu prends lequel, toi ? »
Un peu comme si c’était un buffet et qu’on choisissait une part de gâteau.
Finalement, j’opte pour un hibou qui a l’air vieux, mais tranquille. Le regard un peu fatigué mais pas hostile. Je tends la main pour ouvrir doucement la cage, pas trop sûr de moi. L’oiseau se laisse faire, ses plumes frissonnent, et je me mets à enrouler ma lettre pour l’attacher à sa patte.
Et parce que je ne sais jamais me taire, ma curiosité revient au galop.
« Alors Paige… t'en penses quoi, pour l'instant, de la vie au château ? »
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@Artemis FraserDeux lettres dans la poche, sa sacoche habituelle sur l’épaule, et sa toute nouvelle robe Serdaigle. Suivant les pas d’Artemis, dont la présence devenait, à son grand plaisir, régulière. C’était ainsi dans les nouveaux chapitres. De nouveaux personnages faisaient leur apparition, et on ne mentionnait les anciens que de temps à autre. Le temps d’écrire une lettre.
La volière n’était pour la galloise comme pour le sorcier à ses côtés guère l’endroit le plus accueillant. Mais ils n’étaient à près tout pas là pour admirer le paysage, et bien pour envoyer leurs missives personnelles.
Ainsi elle dévisagerait les volatiles, tentant de trouver celui qui ferait le mieux son travail. Tout en ouvrant une première cage, elle répondrait à voix basse. Par peur de faire sursauter l’oiseau, ou de provoquer une soudaine cohue.
“Celui là d’abord... Il a l’air... sympatique?”
Un léger doute à ses mots. L’oiseau la fixait de ses grands yeux, sans qu’elle ne sache s’il voyait un personnage hostile, ou sa prochaine proie.
Minutieusement, elle lui glisserait cependant la lettre à la patte. Une épaisse page de parchemin destinée à sa tante, et qui relatait chaque détail. A la demande de celle ci, qui lui avait également fait promettre de ne pas trop penser à eux. De profiter de chaque instant. Elle avait plutôt bien tenu sa promesse jusqu’à maintenant. Ce n’était pas facile. Parfois comme hier, allongée dans son lit, elle ressentait une pointe de culpabilité. Toute la journée, elle n’avait pas accordé une seule pensée aux Barrow.
Revenant à sa quête, elle écoute le babillage d’Artemis. Il n’aime pas le silence celui là. Elle ne lui en veut pas. C’est un réflexe humain, de combler le vide. Une qualité sociale qu’elle n’a pas. Et puis, ici, entourée de ses créatures, penser à autre chose ne la dérange pas vraiment. Elle peut réfléchir, et distraire son esprit de l’odeur insistante du lieu.
“Je m’y plais bien! C’est grand ici, mais c’est fantastique aussi.”
Elle se tait une seconde, le temps d’ouvrir une nouvelle cage. Une chouette gracieuse, qui devrait bien s’entendre avec Owly. Elle pourra livrer la lettre à ses parents, sans risque. La vieille chouette des Barrow est quelque peu protectrice.
La lettre est fine, mais contient tout ce que ses parents doivent savoir. Ni trop, ni pas assez. Juste assez pour faire rire son père, et dessiner le sourire de sa mère. Pas celui qu’elle adresse aux inconnus, qui ne transmet rien. Non, celui qu’elle leur réserve et qui crée un léger plis au coin de ses yeux. Paige y a aussi glissé une carte de chocogrenouille, pour la collection de Lucy. D’ici, elle peut presque entendre l’exclamation de sa cadette, résonnant dans l’écho de leur maison.
Sa tâche accomplie, elle se retourne vers le garçon et ajoute avec, juste ce qu’il faut, de curiosité.
“Et toi?”
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« Franchement ? J’adore. » je lâche en rigolant un peu.
C’est vrai. Le château est immense. Un vrai dédale. Je me suis déjà paumé au moins dix fois depuis hier. Mais bizarrement… ça me gêne pas tant que ça. À chaque détour d’escalier ou de couloir, il se passe un truc. Et puis, il y a eu cette journée d’intégration. J’ai rencontré plein de monde, et franchement… tous les Serdaigle que j’ai croisés m’ont paru incroyablement sympathiques. Ils m’ont mis à l’aise sans même s’en rendre compte. Moi qui pensais rester dans mon coin, incapable de dire un mot, j’ai finalement réussi à parler, à rigoler un peu, et… je crois que je me sens bien ici. Même avec ma timidité.
Je baisse les yeux vers le hibou qui me fixe. Ma lettre dans une main, la ficelle dans l’autre, j’essaie d’accrocher le tout. Mes doigts s’emmêlent, je serre trop fort, puis pas assez, et le hibou claque du bec. Je sursaute. Bon sang. C’est quand même dingue qu’on nous demande d’attacher un parchemin à une bestiole qui fait deux fois la taille de ma tête. Enfin, j’exagère, mais quand même. Au troisième essai, j’arrive enfin à faire un nœud qui tient à peu près droit.
Je redresse la tête, un sourire un peu idiot sur les lèvres.
« Et puis… y a le Quidditch. »
Rien que d’en parler, ça m’électrise. Le matin même, j’ai déjà rêvé que je volais en plein match. Je m’imagine la vitesse, le vent qui claque, l’adrénaline de la balle qui fuse… Ce sport, c’est peut-être ce que j’attendais sans le savoir. J’ai envie de m’inscrire, vraiment. Pas juste pour tester, non : pour jouer, pour m’entraîner, pour voir jusqu’où je peux aller. J’ai cette impression que sur un balai, je pourrais enfin trouver ma place.
Je me rends compte que j’ai parlé trop vite, trop fort, alors je baisse un peu la voix.
« Du coup, ouais. J’pense que je vais tenter ma chance. »
Je lance un nouveau regard à Paige, curieux, presque insistant.
« Et toi ? Tu comptes rejoindre un club ? Peut-être pas le Quidditch, si tu veux pas… mais il doit bien y avoir un truc qui t’attire, non ? »
@Paige Barrow
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@Artemis FraserPaige l’écoute, mais déjà son esprit se laisse déconcentrer. Comme si elle était incapable de faire une seule chose à la fois. Alors pour fixer son attention sur la conversation, elle se balade entre les cages, observant les volatiles. Certains l’ignorent royalement, tournant leur drôles de têtes à 180 degrés. Mais d’autres réagissent à la présence curieuse, penchant leur tête sur le côté, dans un mouvement qu’elle reproduit.
Tout en faisant, elle écoute la sorcier, amusée de son évidente excitation irrépressible pour le sport de balais. Elle le comprend tout à fait, elle même grande amatrice de Quidditch. Chez elle, elle attrape parfois un balais, usant du brouillard comme outil de dissimulation au regard trop curieux des moldus. A de rares occasions, elle entraine sa petite famille dans un match improvisé. Cependant Lucy apprécie davantage un match de rugby moldu, et comme elle mène son ainée à la baguette, elles finissent généralement par laisser les balais dans leurs placards pour courir dans la boue.
Sentant le regard d’Artemis sur elle, elle se détourne des volatiles. Juste le temps de la réflexion, avant d’hausser les épaules.
“Je sais pas vraiment.. J’aime bien le Quidditch mais je vais peut être rester dans les tribunes pour l’instant... Alors... Je dois encore explorer je crois.”
C'est un mensonge. Elle voudrait pouvoir repousser ses limites et rejoindre l'équipe de Quidditch. Comme sa mère avant elle. Ou bien trouver quelqu'un avec qui partager la musique. Mais quelque chose lui souffle qu’elle n’en est pas capable. Qu’elle ferait mieux de se concentrer sur ce qu’elle peut faire seule, sans risquer de décevoir qui que ce soit. Alors elle se cache derrière une fausse hésitation, et déjà, détourne la conversation.
“Mais dis moi en plus, le Quidditch! Tu as déjà joué avec une vraie équipe?”
La galloise renforce son sourire, n’ayant pas à feindre son engouement. Peut être qu’elle aura quelqu’un à encourager depuis les tribunes de bleu et d’argent. Déjà des idées de pancartes lui viennent en tête. Elle imagine le brouhaha des tribunes, l’euphorie.. Une pointe de nostalgie aussi, de ses heures passées au côté de sa tante, et de son père, penchés sur la radio grésillante, écoutant les commentateurs. Les exclamations, qui les faisaient bondir dans la petite cuisine, et le joyeux chaos qui suivait. L’odeur de la bièraubeurre flottante, des chips au vinaigre.
Ne pense pas trop à nous. Alors elle chasse cette idée, l’odeur délicieuse poussée au loin par celle de la Volière.
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Je terminais d’attacher ma lettre, concentré pour que le nœud tienne, même si le hibou avait l’air de me lancer un regard assassin. Sérieusement, on aurait dit qu’il m’en voulait personnellement. Peut-être qu’il espérait un parchemin parfumé au bacon, qui sait. Je le hissai doucement sur mon poignet, surpris par le poids de la bestiole, et l’approchai de la petite fenêtre. Une brise fraîche s’infiltra, et hop, l’animal s’élança dans le ciel avec ma lettre, sans même un battement d’aile reconnaissant. Pas un merci. Les hiboux, c’est vraiment ingrat.
En revenant vers le centre de la volière, j’entendis la voix de Paige. Elle parlait avec cette hésitation étrange, comme si elle essayait de masquer quelque chose. Ou peut-être que j’imaginais ? Mais ça sonnait un peu faux, comme un sourire forcé. Même si ma curiosité était piquée, je n’insistai pas. Chacun a ses raisons, après tout.
Puis sa question tomba.
Je sentis mes joues chauffer. Le Quidditch, les clubs, tout ça… et moi, qui n’avais jamais mis un pied sur un balai. J’eus presque envie de me taper le front contre un mur. C’était quand même ridicule d’aimer autant un sport sans avoir jamais touché à l’équipement de base. Mais bon… ce n’était pas comme si l’appartement de Bolton s’était soudain transformé en stade de Quidditch pour mes beaux yeux.
« Paige… Je n’ai jamais monté un balai. »
Voilà, c’était dit. Et pour noyer le malaise, je levai les yeux vers le plafond, comme si j’allais y trouver une échappatoire. Des plumes accrochées dans les pierres. Une toile d’araignée, minuscule, qui me donnait envie de me gratter. Et ce rat qui me regardait de travers, je te jure, depuis la poutre là-haut… Bref, j’avais l’air d’un idiot.
Un petit rire gêné m’échappa :
« Mes parents sont pas très riches. Alors avec Lili, ma sœur, on a découvert le Quidditch à la radio. On écoutait les matchs avec les commentateurs qui s’excitaient, on imaginait tout. Mais… j’ai jamais eu de balai. Ni vu un match en vrai. »
Mon cœur battait un peu plus fort. J’osai un regard vers Paige, avec la peur qu’elle me juge. Qu’elle vienne d’une famille où les balais dernier cri se trouvent sous le sapin, où on va au stade en famille avec des écharpes flambant neuves. Moi, j’avais juste une vieille radio qui grésillait.
« Mais ce n’est pas grave… » soufflai-je. « Papa dit toujours qu’à viser les étoiles, on touche la lune. »
Ma voix se perdit, je triturai nerveusement ma robe. C’était bizarre d’avouer ça à voix haute. J’avais jamais vraiment parlé de nos galères à quelqu’un d’autre. Alors dans un autre petit rire maladroit, je tente de cacher tout ça :
« Enfin… je crois… hahaha... Ça se trouve, je vais me faire refuser lors des inscriptions... Qui voudrait d'un gringalet comme moi, qui n'a jamais monté un balai après tout... »
@Paige Barrow
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@Artemis FraserÀ l’instant où Artemis lui répondit, une vague de culpabilité envahi Paige toute entière. Jusqu’à lui faire mordre l’intérieur de sa joue, regrettant ses paroles, et accentuer le rouge de ses joues. Elle n’avait aucunement voulu l’embarrasser, ou faire de trop rapides déductions.
Plus elle l’écoutait, plus elle se rendait compte que leur expérience était la même. Elle fut alors honteuse, de n’avoir pensé qu’à elle, renfermée sur ses propres soucis, sans même penser à la réalité de ce qu’il se passait ici. Dans la volière, et non dans un passé à l’odeur de chips au vinaigre. Elle soufflerait alors, un peu plus bas qu’elle n’aurait aimer l’admettre.
“Moi non plus je n’ai jamais vu un vrai match. A vrai dire, je les écoutais exactement comme toi à la radio.. Et j’ai déjà eu un balai, mais c’est seulement parce que mon père en a ramené de ses voyages.. Ne t’en fais pas, je n’ai jamais vécu dans un grand manoir.”
Un sourire. Peut être complice, rassurant. Il n’était pas très complexe de voir ce qui se passait dans l’esprit du sorcier, d’autant plus qu’elle l’avait déjà vu sur son propre visage. Ce n’était pas vraiment de la honte, mais il n’y avait rien de quoi se pavaner non plus. Alors ils contournaient, tissait du fil doré sur une histoire qu’ils leur semblaient couverte de rouille.
Paige se rapprocherait alors du sorcier, affichant une moue faussement fâchée. Le genre qui faisait froncer son nez, mais n’éteignait pas la lueur de ses yeux.
“Je crois que ton père est un homme très intelligent, et que tu ferais bien de l’écouter! Et si l’équipe ne veut pas de toi simplement pour ça.. Ben tant pis pour eux!”
Des paroles qui se voulaient réconfortantes bien sûr mais qui étaient tout ce qu’il y avait de plus sincères. Le Quidditch était un sport sorcier, mais avant tout l’occasion de se rassembler et de célébrer ensemble. Que cela soit au coin d’une radio de mauvaise qualité, ou dans les tribunes les mieux placées, et que la bière eut un goût rance, ou soit de la meilleure qualité, cela n’altérait en rien le moment. L’euphorie partagée, le suspens qui faisait battre le coeur un peu plus fort.
C’était pour la sorcière une absolue conviction. Une valeur peut être, la leçon que l’on lui avait transmise lorsqu’elle avait autrefois confié vouloir plus. Etre jalouse de ceux qui pouvaient les voir en vrais, arborer les couleurs de leur équipe favorite et sentir l’action à plein nez. Une confession d’une enfant qui ne comprenait pas pourquoi elle n’y avait pas droit. Qui pensait être punie.
Aujourd’hui, elle ne l’aurait jamais avoué. Car elle savait que ses parents leur offraient tout ce qu’ils avaient, et qu’ils n’étaient pas si malheureux. Cela ne l’empêchait pas de rêver à la gloire, à ce jour où elle admirerait l’équipe de ses rêves se pavaner sur le terrain. Cela ne l’empêchait pas de s’imaginer, elle, sur ces balais. Elle, acclamée par une foule en folie. Et d’aussitôt le regretter.
Un voile passerait dans ses yeux. Si vite, si léger. Elle pourrait suivre ses propres conseils. Accompagner Artemis aux sélections. Mais ce n’était pas le moment d’y penser. Pour l’instant, elle ne penserait qu’à encourager son nouvel ami, à le pousser, et lui faire la courte échelle pour les étoiles.
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Je me rendis compte, en la regardant, que j’avais eu un sacré coup de bol. C’est pas tous les jours qu’on tombe sur quelqu’un d’aussi… humain. La plupart du temps, quand tu lâches que t’as jamais eu de balai ou que t’écoutais les matches à la radio, les gens font ce sourire compatissant qui ressemble plus à une grimace, comme si t’étais un chiot boiteux. Ou alors, ils changent vite de sujet. Mais Paige, non. Elle, elle avait partagé son propre vécu, montré qu’on n’était pas si éloignés. Et rien que ça, ça changeait tout.
Je savais pas trop à quel moment on pouvait considérer quelqu’un comme un ami. C’est pas comme s’il y avait un manuel avec des cases à cocher : “a partagé une passion”, “n’a pas jugé ta classe sociale”, “sourit quand t’ouvres la bouche”. Mais là, honnêtement, Paige remplissait déjà beaucoup de critères. C’était peut-être encore un peu tôt, mais au fond, je sentais que je pourrais vraiment compter sur elle. Et c’était pas le genre de pensée que j’avais souvent.
« Merci Paige… vraiment. » Les mots étaient sortis tout seuls. Ça avait l’air banal, mais pour moi, ça voulait dire beaucoup. Compréhensive, douce, pas du genre à éclater de rire parce que j’avais jamais posé mes fesses sur un balai. Pas besoin de mille gallions dans les poches pour qu’elle t’écoute. Elle m’avait juste… accepté. Simple, net. Et franchement, c’était la grande classe.
Mais évidemment, il n'était pas question de rester bloqué sur moi plus longtemps et encore moins de transformer cette conversation en grande tragédie familiale à base de violons. Alors, je cherchai vite une diversion.
« Et sinon, tu crois que tes parents vont être contents d’apprendre que t’es à Serdaigle ? » demandai-je, avec un petit sourire en coin.
Et comme pour sceller l’affaire, je claquai mes mains ensemble d’un air satisfait. « Bon et bien voilà une bonne chose de faite. »
Puis avant de quitter la volière, mon regard glissa sur une cage, un peu à l’écart. Dedans, un hibou pas très commode, les yeux brillants de mauvaise humeur. Je remarquai surtout cette ficelle encore accrochée à sa patte. Je grimaçai. Ça devait être aussi agréable qu’une chaussette mouillée coincée dans une botte.
Je m’approchai prudemment. Le hibou battit des ailes, furieux, dès que je posai la main sur la porte de la cage. Je me tournai alors vers Paige, le visage guère serein :
« Dis… tu veux pas le tenir deux secondes ? Histoire que je lui enlève ça avant qu’il décide de me croquer un doigt. »
Un sourire nerveux m’échappa. Avec un peu de chance, Paige avait plus de talent que moi pour amadouer les créatures à plumes psychotiques.
@Paige Barrow
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@Artemis FraserPaige lui sourit. Simplement, et pour remplacer mille mots. Il la remerciait, pour ce qui lui avait sembler normal, intuitif. Elle n’avait pas posé de réflexion sur ses actions, c’était simplement.. elle. Elle saisissait cependant la sincérité de ce moment, et son importance.
Alors elle souriait. Et elle ne pointerais pas du doigt le changement de sujet, laissant même son esprit emporté par cette distraction.
A vrai dire, elle n’avait aucune idée de la juste réponse. Bien sûr, ses parents menaient une compétition puérile entre leurs deux maisons, et par conséquent celle où Paige serait. Mais en réalité, ils n’en avait probablement rien à faire.
Quand à elle, elle préférait ne pas trop suivre leur traces. Profiter de sa propre expérience. Et comme par hasard, c’est exactement de qu’elle faisait. Serdaigle était la seule maison où les Barrow n’avait pas, ou du moins sur les deux générations de sa connaissance, mis les pieds. Elle s’y sentait bien, et elle s’y sentait libre.
“Je ne sais pas.. Je pense pas que ça ait vraiment une importance pour eux- Enfin, ce n’est pas qu’ils s’en fichent mais ce n’est pas mieux qu’une autre maison.”
Elle regarderait les hiboux s’envoler, les siens s’effaçant déjà dans la distance tandis que celui d’Artemis donnait ses premiers battements. C’était un spectacle étrangement captivant pour la sorcière, et son regard s’accrocherait une seconde supplémentaire aux silhouettes volant au loin.
Elle ne reviendrait à la Volière que lorsque l’Aiglon l’interpellerait, et elle se dirigerait vers la cage isolée. Paige n’était pas plus à l’aise qu’une autre avec les volatiles, mais elle connaissait quelques techniques pour gérer les hiboux ronchons. Elle avait après tout la chouette la plus susceptible du Royaume Uni bien au chaud dans sa maison.
Levant un doigt, affichant ce regard de celle qui avait une idée, elle demanderait une seconde à Artemis avant de farfouiller dans sa sacoche. On y trouvait les nécessités pour un village tout entier, et après un peu de recherche, et quelques protestations marmonnées dans sa langue natale, elle en ressortirait finalement un petit sachet. Un emballage de craft, qui semblait en piteux état mais une trouvaille qui ravissait la sorcière, si l’on en croyait sa mine satisfaite. Elle l’ouvrirait, non sans une grimace à l’effluve odorante qui en réchapperait, avant d’en sortir une sorte de petite friandise.
Précautionneusement, et après avoir refermé le sachet, elle la tendrait au hibou mal léché. Celui ci donnerait alors son attention à la Galloise, tout en cessant de s’agiter furieusement. Elle le prendrait sur son bras, et d’un doigt, caresserait délicatement le haut de son crâne. Le sorcier aurait tout le loisir de le libérer de la ficelle tandis qu’elle amadouait l’animal de tendresse.
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Franchement, je commençais à avoir des doutes sur mon statut de sorcier. Sous la main de Paige, l'hibou était devenu une boule de plumes docile, presque mignon, alors que moi je récoltais coups de becs et regards assassins. J’étais réduit à démêler une ficelle, comme un apprenti stagiaire en volière. J’ai tiré doucement, tenté de glisser mes doigts sous le nœud, et là… BAM. Coup de bec sur l’index. Pas fort, mais assez pour que je sursaute et jure à voix basse.
Le hibou se colla encore plus à Paige, l’air de dire : « Celui-là, je le tolère pas. » Moi, je voyais surtout ma fierté en miettes.
Et c’est précisément à ce moment qu’un autre volatile décida d’entrer en scène. Je ne l’avais pas vu venir : une chouette énorme, grise, les yeux jaunes et l’air vaguement possédé. Elle atterrit pile sur mon épaule gauche, comme si j’étais son trône personnel. Le poids me fit basculer contre la grille, les bras moulinant pour garder l’équilibre.
« Non mais… non ! Pas question ! » murmurais-je entre mes dents, crispé. Les serres s’agrippaient à ma robe, et chaque mouvement me donnait l’impression qu’elle allait perforer ma clavicule. J’essayai de chasser la bête d’un geste du bras… erreur.
Je sentis un petit relâchement de muscles au-dessus de moi. Une demi-seconde plus tard, c’était trop tard : ploc. Chaud. Odeur immonde. Direct dans le creux de ma nuque.
Je restai figé. Le cerveau en pause. Puis je lâchai un « Oh… non. Non non non… » d’un ton de condamné.
La chouette, allégée de son fardeau, tourna la tête à cent quatre-vingt degrés pour me regarder droit dans les yeux, comme si elle se foutait royalement de ma gueule avant de s'en aller dans un coin de la pièce. L'autre hibou, lui, battait tranquillement des ailes à côté, toujours cajolé, conscient que cette scène grotesque n’était qu’un spectacle gratuit.
Et moi, j’étais là, l’épaule en feu, la nuque poisseuse, et une envie folle de disparaître dans le plancher.
« Paige... promet moi de ne jamais parler de cela à personne.. » soufflais-je encore sous le choc.
Il paraît que la chance, ça se provoque. Eh bien visiblement, moi, je provoque juste les fientes...
@Paige Barrow
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@Artemis Fraser Désolée pour le retard!La scène était délicieusement hilarante pour la sorcière. Face à l’attitude tout à fait injuste du hibou, qui lui accordait tendresse pour mieux donner des coups de becs à Artemis, elle ne pouvait s’empêcher de sourire, amusée.
L’initiative du sorcier était pourtant honorable, d’autant plus que sans lui elle n’aurait pas prêter attention à la créature, mais elle se montrait aussi mesquine que l’animal se montrait ingrat.
Elle eut à peine le temps de penser que celui ci avait du être vexé d’une manière ou d’une autre, que déjà cette hypothèse tombait à l’eau. Les volatiles avaient simplement quelque chose contre son ami. Il portait peut être le lourd secret d’une existence passée, celle d’un être vil, martyrisant les oiseaux.
Sinon, comment expliquer l’attaque spontanée d’une chouette, et la disgrâce de ses excréments sur le sorcier. Au visage du celui ci, Paige perdit son sourire. Il semblait vraiment défait, et elle ne riait pas de ceux dans la misère. Peut être mesquine mais pas méchante. Déposant l’oiseau sur un reposoir, elle fouillerait de nouveau dans son sac aux merveilles pour en sortir un mouchoir.
“Tiens. Ne t’en fais pas, ton secret n’ira nulle part”
Un petit sourire, pour chasser la gêne d’Artemis. Elle s’en voulait presque d’avoir trouver la situation amusante, tant il semblait mortifié. Il faut dire que la Volière ne lui avait pas réservé le meilleur des accueil. Son ton portait aussi la plus simple des honnêteté, car elle ne voyait pas l’intérêt de raconter l’incident à tout va.
Paige se détournerait ensuite du sorcier, avec le sentiment qu’il ne voulait probablement pas être observé dans cette heure de gloire. Après avoir retiré la ficelle de la patte du hibou, et écopé de quelques coups de becs, elle le remettrait dans sa cage. Non sans une petit caresse.
Puis, sans savoir si elle allait le regretter une seconde plus tard, elle ajouterais.
“On dit que ça porte chance...”
Sa voix baisserait légèrement sur les derniers mots, comme un murmure, comme s’il elle n’osait pas vraiment le dire à voix haute. Parce que ce n’était pas les mots qu’Artemis espérait surement, et parce que c’était une superstition ridicule qui n’aidait pas vraiment à la situation. Quitte à espérer stupidement, elle n’avait plus qu’à espérer partager un peu de sens d’humour avec le sorcier.
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