De l'autre côté de la porte
Fabio vit le regard de Niall. Le chemin qu'il empruntait ainsi que l'endroit où il s'arrêtait – peut-être même un peu plus longuement que de raison. Et il était sur le point de lever le bras pour lentement tendre la main en direction de l'épaule Niall – ou peut-être même de sa joue – que le libraire y coupa court en annonçant son départ. Une vague de déception le submergea et Fabio se félicita de ne pas avoir bougé : l'embarras aurait été grand. Il tenta de dissimuler cette déception en poussant son regard – où elle se lisait probablement comme dans un livre ouvert – à échapper à celui de Niall. Qui lui échappa au même moment. Ainsi les yeux bleus suivirent les yeux gris, plongeant au sol en direction des pieds de Niall, comme pour leur demander en silence de ne pas bouger, pas encore, de rester encore un peu, juste un moment – même un tout petit – maintenant que l’Irlandais était enfin ici. Mais à la première syllabe que ce dernier prononça, il releva rapidement les yeux pour retrouver les siens. Fabio déglutit. Niall n’avait toujours pas bougé, mais venait de confirmer une seconde fois qu’il allait s’en aller. Il se redressa, la tête quittant le bois derrière lui, avant d'affirmer avec détermination :
– Non. Conscient que cela pouvait prêter à confusion, il s'empressa d'ajouter : Enfin je ne te retiens bien sûr pas contre ton gré.
La phrase fut ponctuée par un sourire amusé puisque Fabio trouva à cette phrase un petit air d'écho à celle qu'il avait faite à propos de la danse, à peine plus tôt. Et s'il aurait aimé ajouter qu'il aurait préféré que Niall ait envie de rester, il n'en dit rien. Au lieu de cela, il décrivit un arc de cercle mental pour en revenir à ce "non" catégorique qu'il avait lâché sans réellement l'expliquer.
– Mais ce n'est pas idiot, je suis content que tu sois venu.
Et il suspecta qu'il aurait été content même si Niall était venu sans aucune question à lui poser. Ou s'il était venu sans autre raison que pour le voir. Fabio décolla son épaule de la bibliothèque et se redressa, prêt à raccompagner son invité en direction de la porte. Peut-être que s'il y avait quelque chose d'idiot dans cette histoire, c'était bien lui-même. Peut-être avait-il exactement le degré d'idiotie qu'il fallait pour laisser la venue de Niall incendier à nouveau la mèche de ses espoirs. Pour qu'il soit prêt à le laisser repartir sans poser ses questions à lui, toutes celles qui s'étaient matérialisées dans son esprit lorsqu'il l'avait aperçu à travers le judas, puis la nouvelle vague qui avait déferlé lorsqu'il avait ouvert la porte pour lui proposer d'entrer. Fabio savait qu'il risquait d'être projeté tout droit là où il s'était trouvé trois mois plus tôt. Il pourrait alors retourner sur ses falaises, prendre une série de nouvelles résolutions, qui pourraient peut-être tenir quelques temps mais pas éternellement. Car elles s'effondreraient probablement à la minute où il revenait Niall. Et puis honnêtement : était-il plus avancé sur les intentions du libraire qu'il ne l'était avant ? Pas vraiment. Tout au plus pouvait-il affirmer que de son côté, les sentiments n'avaient pas fané depuis le début de l'année. Est-ce que cela l'avançait ? Pas vraiment non plus, puisque cela le faisait toujours revenir vers cette autre question : et toi, Niall ? Et au constat que la crainte de vouloir trop, trop fort, trop tôt le paralysait. Il redoutait qu'un mot de trop, qu'un geste trop clair ne fasse s'évaporer cette proximité fragile qu'ils semblaient avoir trouvé. Alors il ne dit rien.
Fabio lâcha un soupir discret, fit basculer le poids de son corps d'une jambe à l'autre puis se résolu tout de même à demander :
– Avant que tu partes Niall… est-ce que je peux te poser une question, moi aussi ?
Il chercha une nouvelle fois le regard de l'invité et n'attendit pas de réponse. Parmi toutes les questions qu'il aurait voulu poser, il s'agissait probablement de la plus futile, mais aussi de la seule qu'il osa à ce moment poser :
– Tu me promets que je ne vais pas devoir attendre trois mois avant de te revoir, la prochaine fois ?
– Non. Conscient que cela pouvait prêter à confusion, il s'empressa d'ajouter : Enfin je ne te retiens bien sûr pas contre ton gré.
La phrase fut ponctuée par un sourire amusé puisque Fabio trouva à cette phrase un petit air d'écho à celle qu'il avait faite à propos de la danse, à peine plus tôt. Et s'il aurait aimé ajouter qu'il aurait préféré que Niall ait envie de rester, il n'en dit rien. Au lieu de cela, il décrivit un arc de cercle mental pour en revenir à ce "non" catégorique qu'il avait lâché sans réellement l'expliquer.
– Mais ce n'est pas idiot, je suis content que tu sois venu.
Et il suspecta qu'il aurait été content même si Niall était venu sans aucune question à lui poser. Ou s'il était venu sans autre raison que pour le voir. Fabio décolla son épaule de la bibliothèque et se redressa, prêt à raccompagner son invité en direction de la porte. Peut-être que s'il y avait quelque chose d'idiot dans cette histoire, c'était bien lui-même. Peut-être avait-il exactement le degré d'idiotie qu'il fallait pour laisser la venue de Niall incendier à nouveau la mèche de ses espoirs. Pour qu'il soit prêt à le laisser repartir sans poser ses questions à lui, toutes celles qui s'étaient matérialisées dans son esprit lorsqu'il l'avait aperçu à travers le judas, puis la nouvelle vague qui avait déferlé lorsqu'il avait ouvert la porte pour lui proposer d'entrer. Fabio savait qu'il risquait d'être projeté tout droit là où il s'était trouvé trois mois plus tôt. Il pourrait alors retourner sur ses falaises, prendre une série de nouvelles résolutions, qui pourraient peut-être tenir quelques temps mais pas éternellement. Car elles s'effondreraient probablement à la minute où il revenait Niall. Et puis honnêtement : était-il plus avancé sur les intentions du libraire qu'il ne l'était avant ? Pas vraiment. Tout au plus pouvait-il affirmer que de son côté, les sentiments n'avaient pas fané depuis le début de l'année. Est-ce que cela l'avançait ? Pas vraiment non plus, puisque cela le faisait toujours revenir vers cette autre question : et toi, Niall ? Et au constat que la crainte de vouloir trop, trop fort, trop tôt le paralysait. Il redoutait qu'un mot de trop, qu'un geste trop clair ne fasse s'évaporer cette proximité fragile qu'ils semblaient avoir trouvé. Alors il ne dit rien.
Fabio lâcha un soupir discret, fit basculer le poids de son corps d'une jambe à l'autre puis se résolu tout de même à demander :
– Avant que tu partes Niall… est-ce que je peux te poser une question, moi aussi ?
Il chercha une nouvelle fois le regard de l'invité et n'attendit pas de réponse. Parmi toutes les questions qu'il aurait voulu poser, il s'agissait probablement de la plus futile, mais aussi de la seule qu'il osa à ce moment poser :
– Tu me promets que je ne vais pas devoir attendre trois mois avant de te revoir, la prochaine fois ?
Fab’ulous
#583400
De l'autre côté de la porte
Ce fut d’abord un froncement de sourcils que Fabio reçut à la suite de son refus. Il y a quelques mois en arrière, Niall aurait pu s’inquiéter d’une telle réaction, s’interroger du moins sur ce qu’elle signifiait, mais aujourd’hui, ce qui accompagna ces sourcils froncés fut un petit rictus qui, d’ailleurs, répondait à celui de Fabio presque aussitôt. Depuis que Niall le connaissait, on ne pouvait pas dire que l’Egyptien était facilement lisible. S’il devait même être honnête, Niall pouvait affirmer que Fabio était bien la première personne qu’il peinait autant à déchiffrer. Quand ce n’était pas à lui de parler, il pouvait profiter d’observer ses traits et réactions — quand il parvenait à le faire —, mais quand c’était l’inverse, Niall devait redoubler d’efforts. En revanche, rien de tout cela ne donnait plus envie à l’Irlandais de poursuivre. Deviner qui il était. Jusqu’à la dernière pièce du puzzle. Alors oui, aujourd’hui, il avait su que ce non n’était pas un non qui effraie, tout comme il savait également que sur le visage de Fabio se dessinerait un sourire amusé, ce qui avait automatiquement créé le sien. Assez donc pour patienter jusqu’à l’explication sans avoir à la demander.
Encore une fois — et peut-être finirait-il un jour par se décider à le faire —, une envie pressante de saisir la main de Fabio l’avait envahie. Niall ne faisait qu’accumuler les points silencieux qu’il accordait au sorcier et peut-être qu’un jour, alors allongé à ses côtés, il réussirait à lui dire : ce jour-là, j’ai aimé ton sourire et j’ai senti que c’était différent. Tu ne t’en rendais peut-être pas compte, mais tu retirais de plus en plus de ces lourdes briques rouges que j’avais mis tant de temps à placer devant moi. Et je te laissais faire.
Dans les mots de Fabio, il y avait des tu qui portaient un poids différent. Niall les écoutait silencieusement, se plaçant tel le protagoniste de son prochain spectacle et s’imprégnait de toute leur énergie. Lorsque Fabio s’adressait à lui, Niall avait envie de l’entendre parler encore et encore. Ce soir, alors que le sorcier se disait content que le libraire soit venu, Niall pensait : je voudrais que tu parles encore ; que tu ne fasses que cela des heures pour que je n’aie plus à craindre du poids de mes mots à moi.
Et puis la demande de Fabio vint aussi rapidement qu’elle attisa la curiosité de l’Irlandais. Bien sûr qu’il pouvait poser une question. Une, dix ou cent s’il voulait. Et si Niall s’en était déjà imaginé une dizaine entre la formulation de la question et l’annonce de celle-ci, il n’aurait évidemment jamais pensé à celle qu’il entendit. Le sourire encore une fois s’allongea aussi grandement que la tendresse qui grandissait dans son cœur et il laissa s’échapper une première seconde. Peut-être que sans cette demande, le geste de Niall ne serait jamais arrivé. Peut-être que sans sa question à laquelle il avait lui aussi droit, Niall serait reparti aussitôt. Peut-être que lors de ce jour où les deux seront allongés l’un à côté de l’autre, Niall pourra aussi dire : tu vois, à la suite de cette question, j’ai su que toutes les prochaines fois où nous serions ensemble, elles seraient différentes.
Ne pas attendre trois mois avant de le revoir ? La demande lui parut tout à fait faisable, voire nécessaire de ne pas attendre autant. Alors sans demander, ses bras s’étaient levés vers le corps de Fabio, ses mains avaient d’abord atteint ses épaules pour se croiser dans son dos et l’enlacer. L’inspiration se fit aussitôt, comme si prendre l’oxygène dans ses bras valait davantage que celle en dehors, et ses yeux abandonnèrent tout contrôle en se fermant. Le temps de quelques secondes, restant toutefois alerte à la moindre réaction de Fabio qui souhaiterait s’en aller prématurément et dans l’expiration qui sortit enfin, Niall souffla au creux de l’oreille du sorcier : promis.
L’écho lui sembla si fort qu’il dut se dégager doucement du corps qu’il avait déjà envie de retrouver contre le sien. La magie d’une étreinte dermottesque était visiblement plus grande que toute celle que son corps possédait. Plus légère, mais plus grande. Ses mains qui quittèrent son dos parcoururent les bras de Fabio jusqu’à se retrouver sur ses mains à lui, le temps de les effleurer et de les quitter.
Et au cas où cette promesse n’aurait été finalement prononcée que dans l’esprit de Niall — et peut-être aussi pour oser affronter le regard bleu lorsque ce mot serait prononcé —, il le répéta d’un ton plus certain, laissant s’envoler les craintes que le passé aimait lui rappeler : promis.
Et ses pas, cette fois, se dirigèrent vers la porte. Peut-être qu’un jour il reviendrait l’esprit plus léger, avec l’envie de détailler chaque livre de sa bibliothèque, ou celle de demander à ce que Fabio lui raconte l’histoire de chacun de ses objets. Ce jour-là, si Fabio avait encore cette question en tête, ce fameux : et toi, Niall ?, ce jour-là, au moins, il saurait que la réciproque était évidente.
Encore une fois — et peut-être finirait-il un jour par se décider à le faire —, une envie pressante de saisir la main de Fabio l’avait envahie. Niall ne faisait qu’accumuler les points silencieux qu’il accordait au sorcier et peut-être qu’un jour, alors allongé à ses côtés, il réussirait à lui dire : ce jour-là, j’ai aimé ton sourire et j’ai senti que c’était différent. Tu ne t’en rendais peut-être pas compte, mais tu retirais de plus en plus de ces lourdes briques rouges que j’avais mis tant de temps à placer devant moi. Et je te laissais faire.
Dans les mots de Fabio, il y avait des tu qui portaient un poids différent. Niall les écoutait silencieusement, se plaçant tel le protagoniste de son prochain spectacle et s’imprégnait de toute leur énergie. Lorsque Fabio s’adressait à lui, Niall avait envie de l’entendre parler encore et encore. Ce soir, alors que le sorcier se disait content que le libraire soit venu, Niall pensait : je voudrais que tu parles encore ; que tu ne fasses que cela des heures pour que je n’aie plus à craindre du poids de mes mots à moi.
Et puis la demande de Fabio vint aussi rapidement qu’elle attisa la curiosité de l’Irlandais. Bien sûr qu’il pouvait poser une question. Une, dix ou cent s’il voulait. Et si Niall s’en était déjà imaginé une dizaine entre la formulation de la question et l’annonce de celle-ci, il n’aurait évidemment jamais pensé à celle qu’il entendit. Le sourire encore une fois s’allongea aussi grandement que la tendresse qui grandissait dans son cœur et il laissa s’échapper une première seconde. Peut-être que sans cette demande, le geste de Niall ne serait jamais arrivé. Peut-être que sans sa question à laquelle il avait lui aussi droit, Niall serait reparti aussitôt. Peut-être que lors de ce jour où les deux seront allongés l’un à côté de l’autre, Niall pourra aussi dire : tu vois, à la suite de cette question, j’ai su que toutes les prochaines fois où nous serions ensemble, elles seraient différentes.
Ne pas attendre trois mois avant de le revoir ? La demande lui parut tout à fait faisable, voire nécessaire de ne pas attendre autant. Alors sans demander, ses bras s’étaient levés vers le corps de Fabio, ses mains avaient d’abord atteint ses épaules pour se croiser dans son dos et l’enlacer. L’inspiration se fit aussitôt, comme si prendre l’oxygène dans ses bras valait davantage que celle en dehors, et ses yeux abandonnèrent tout contrôle en se fermant. Le temps de quelques secondes, restant toutefois alerte à la moindre réaction de Fabio qui souhaiterait s’en aller prématurément et dans l’expiration qui sortit enfin, Niall souffla au creux de l’oreille du sorcier : promis.
L’écho lui sembla si fort qu’il dut se dégager doucement du corps qu’il avait déjà envie de retrouver contre le sien. La magie d’une étreinte dermottesque était visiblement plus grande que toute celle que son corps possédait. Plus légère, mais plus grande. Ses mains qui quittèrent son dos parcoururent les bras de Fabio jusqu’à se retrouver sur ses mains à lui, le temps de les effleurer et de les quitter.
Et au cas où cette promesse n’aurait été finalement prononcée que dans l’esprit de Niall — et peut-être aussi pour oser affronter le regard bleu lorsque ce mot serait prononcé —, il le répéta d’un ton plus certain, laissant s’envoler les craintes que le passé aimait lui rappeler : promis.
Et ses pas, cette fois, se dirigèrent vers la porte. Peut-être qu’un jour il reviendrait l’esprit plus léger, avec l’envie de détailler chaque livre de sa bibliothèque, ou celle de demander à ce que Fabio lui raconte l’histoire de chacun de ses objets. Ce jour-là, si Fabio avait encore cette question en tête, ce fameux : et toi, Niall ?, ce jour-là, au moins, il saurait que la réciproque était évidente.
De l'autre côté de la porte
En voyant le sourire de Niall, Fabio sentit qu'il avait bien fait de poser sa question – même s'il ne s'était agi que d'une question de faible rang, la seule qu'il avait osé poser. Il sentit aussi, rien qu'à ce sourire qui irradiait quelque chose de bien particulier, que la réponse n'allait pas le décevoir. Non, même : il avait le pressentiment qu'elle allait lui plaire. Et il se dit que finalement, peut-être que malgré son apparence, il s'était en réalité agi-là de la question la plus importante qu'il aurait pu formuler. Mais, malgré cette intuition, rien ne l'avait préparé à…
Aux mains de Niall sur ses épaules. La seconde qu'il lui fallut pour le réaliser – et réaliser au passage à quel point son visage était proche du sein – était visiblement trop longue, puisque les mains de Niall ne s'étaient pas arrêtées à ses épaules. Ainsi à présent : les mains de Niall dans son dos. Ça non plus – et quant bien même ce scénario-là s'était déroulé à quelques… non, à quelques nombreuses reprises dans son esprit – il ne s'y était pas attendu. Et pourtant, dès qu'il sentit ces mains qui s'étaient jointes derrière lui, qui exerçaient une douce pression contre son dos, il eut la conviction que rien ne pouvait être plus juste que ça.
C'était comme si le décor autour d'eux, l'appartement, son salon, s'étaient effondrés. Ou plutôt, ils s'étaient doucement effacés de sa conscience puisque celle-ci était à raz-bord occupée par la présence si tendre et proche de l'homme qui l'enlaçait. Imitant la délicatesse avec laquelle les bras de Niall entouraient son corps, il leva à son tour les mains pour les glisser dans le dos du sorcier et l'attirer contre lui. À une telle proximité, il pouvait sentir les respirations de Niall – ce qui lui rappela que ce n'était là pas quelque chose de facultatif et qu'il ne devait oublier de le faire.
Fabio ne compta pas les secondes qui passaient. Et lorsque Niall déposa un "promis" au creux de son oreille, Fabio eut la certitude que c'était une promesse réelle. Il le laissa se dégager puis répéter sa promesse en le ne tenant cette fois-ci plus que – quoique c'était déjà beaucoup – par le regard. Il inclina légèrement la tête pour signifier à l'Irlandais qu'il avait entendu la réponse, puis lui offrit un énième sourire ce soir en guise de réponse.
Après tout, qu'aurait-il pu lui répondre, alors que Niall commençait à se diriger vers la porte et que tout ce qu'il aurait aimé était de lui demander de rester encore un peu ? Peut-être qu'il aurait pu répondre "j'ai hâte", puisque c'était certainement le cas. Mais au lieu de cela, Fabio avait accompagné son invité jusqu'à la sortie avant de le saluer et prendre congé de lui.
– Merci d'être venu, avait-il tout de même réussi à articuler. Et avec un peu de chance, Niall avait de toute façon compris à quel point il avait hâte de le revoir et à quel point il avait apprécié sa venue chez lui. Finalement, Fabio avait refermé la porte avant de retourner dans le salon. Il avait résisté à la tentation de s'approcher de la fenêtre pour voir s'il apercevait le sorcier en train de s'éloigner dans la rue. Son repas refroidissait toujours sur la table – ou était peut-être à présent complètement froid – mais Fabio n'avait plus spécialement faim. Au lieu de cela, il s'était laissé tomber à la reverse sur son tapis volant et pendant une bonne vingtaine de minutes, flottant sur un petit nuage de bonheur qui n'avait rien à voir avec les qualités magiques du tapis, il était resté allongé là avec sur le visage, un sourire léger quoiqu'un peu béat.
Aux mains de Niall sur ses épaules. La seconde qu'il lui fallut pour le réaliser – et réaliser au passage à quel point son visage était proche du sein – était visiblement trop longue, puisque les mains de Niall ne s'étaient pas arrêtées à ses épaules. Ainsi à présent : les mains de Niall dans son dos. Ça non plus – et quant bien même ce scénario-là s'était déroulé à quelques… non, à quelques nombreuses reprises dans son esprit – il ne s'y était pas attendu. Et pourtant, dès qu'il sentit ces mains qui s'étaient jointes derrière lui, qui exerçaient une douce pression contre son dos, il eut la conviction que rien ne pouvait être plus juste que ça.
C'était comme si le décor autour d'eux, l'appartement, son salon, s'étaient effondrés. Ou plutôt, ils s'étaient doucement effacés de sa conscience puisque celle-ci était à raz-bord occupée par la présence si tendre et proche de l'homme qui l'enlaçait. Imitant la délicatesse avec laquelle les bras de Niall entouraient son corps, il leva à son tour les mains pour les glisser dans le dos du sorcier et l'attirer contre lui. À une telle proximité, il pouvait sentir les respirations de Niall – ce qui lui rappela que ce n'était là pas quelque chose de facultatif et qu'il ne devait oublier de le faire.
Fabio ne compta pas les secondes qui passaient. Et lorsque Niall déposa un "promis" au creux de son oreille, Fabio eut la certitude que c'était une promesse réelle. Il le laissa se dégager puis répéter sa promesse en le ne tenant cette fois-ci plus que – quoique c'était déjà beaucoup – par le regard. Il inclina légèrement la tête pour signifier à l'Irlandais qu'il avait entendu la réponse, puis lui offrit un énième sourire ce soir en guise de réponse.
Après tout, qu'aurait-il pu lui répondre, alors que Niall commençait à se diriger vers la porte et que tout ce qu'il aurait aimé était de lui demander de rester encore un peu ? Peut-être qu'il aurait pu répondre "j'ai hâte", puisque c'était certainement le cas. Mais au lieu de cela, Fabio avait accompagné son invité jusqu'à la sortie avant de le saluer et prendre congé de lui.
– Merci d'être venu, avait-il tout de même réussi à articuler. Et avec un peu de chance, Niall avait de toute façon compris à quel point il avait hâte de le revoir et à quel point il avait apprécié sa venue chez lui. Finalement, Fabio avait refermé la porte avant de retourner dans le salon. Il avait résisté à la tentation de s'approcher de la fenêtre pour voir s'il apercevait le sorcier en train de s'éloigner dans la rue. Son repas refroidissait toujours sur la table – ou était peut-être à présent complètement froid – mais Fabio n'avait plus spécialement faim. Au lieu de cela, il s'était laissé tomber à la reverse sur son tapis volant et pendant une bonne vingtaine de minutes, flottant sur un petit nuage de bonheur qui n'avait rien à voir avec les qualités magiques du tapis, il était resté allongé là avec sur le visage, un sourire léger quoiqu'un peu béat.
Fab’ulous
#583400