Coeurambolage OS

SAMEDI 01ER OCTOBRE 2050
QUATRIEME ANNEE, 14 ANS
(os à la suite de ce post)


Boum boum. Boum boum.

Autour de Stella, plus rien n'existait. Ni l'averse, ni le match, ni les cris, ni les Autres. Boum boum. Son coeur battait fort, tellement fort qu'il résonnait à ses oreilles, qu'il lui empêcher d'entendre quoi que soi d'autre. Boum boum. Stella déglutit difficilement, les joues rouges et le regard étincelant. La pluie coulait sur ses cheveux, s'infiltrait entre ses mèches sombres et dégoulinait dans son cou. Le froid enveloppait son corps et frigorifiait chacun de ses muscles. La terre aurait pu s'ouvrir, les cieux se déchirer on le monde s'enflammer qu'elle n'y aurait pas fait attention. Elle était figée, pétrifiée sur place. Ses derniers mots revenaient en écho dans sa tête, encore et encore. Boum boum. C'était irréel. Non, c'était féérique. C'était....étrange. Comme rêver avec les yeux ouverts, se sentir coincé dans un espace temps qui n'aurait été ni une illusion ni la réalité. Etoile inspira profondément, décontenancée. Elle avait trop chaud, elle brûlait.

Et Orion.

Orion la regardait, comme toujours. Quoi qu'elle fasse et quoi qu'elle dise il lui semblait que le regard du garçon était toujours sur elle, qu'il la suivait du regard. Et quand il faisait ça, il lui semblait que le monde entier disparaissait, que rien de plus important qu'elle existait. Elle avait l'impression d'être un trésor. Le regard intense du garçon avait cet effet sur elle. Toujours, depuis le premier jour — enfin, plutôt le premier soir — il la renversait. Songer à leur rencontre, à la manière dont elle s'était terminée la fit rougir. Ohlala. Ohlala ça n'allait pas du tout. Elle venait de proposer un...rencard. A Orion. Oh miséricorde. Il fallait qu'elle s'enfuie d'ici. Quitte à sauter par-dessus la barrière pour s'écraser par terre. A choisir entre affronter le regard d'Orion et s'écraser par terre comme une bouse de yack, elle avait vite fais son choix. Et s'il partait ? Et s'il ne répondait rien ? Et s'il riait ? Et s'i- Stop. Il fallait qu'elle arrête. Peut-être que si elle retirait ses paroles avant qu'il ne réagisse, il accepterait d'oublier, de faire comme si elle n'avait rien dit. Il fallait qu'elle-

Un geste, juste un. Une petite action surement irréfléchie, involontaire.

La main d'Orion se resserra autour de la sienne, comme s'il avait deviné ses pensées et qu'il lui demandait d'attendre. De rester. Alors, doucement, Etoile se détendit. Sa respiration s'apaisa, et les battements toujours trop rapide de son coeur n'avaient à présent plus rien à voir avec son angoisse. Tout d'un coup, elle était certaine d'être là où elle se devait d'être.

Il sourit, timidement. Timidement ? Nan, Orion Blackburn et la timidité n'allaient pas ensemble, n'est-ce pas ? Et pourtant il était là, face à elle, sourire aux lèvres, les joues rougissantes. Ce pouvait très bien être à cause de la pluie, mais la Serdaigle préférait croire que c'était à cause — ou grâce ? — à leur conversation. Il avait l'air de perdre contenance, comme si tout un coup il se sentait intimidé. Pas que la quatrième année soir extrêmement sûre d'elle non plus, et elle savait bien au fond d'elle que ce date allait changer leur relation, que ça allait tout changer. C'était quelque chose qu'elle savait, et peut-être même que c'était quelque chose qu'elle attendait. Que les choses changent. Qu'ils soient plus honnêtes avec eux-mêmes, qu'ils arrêtent de se cacher derrière les personnages qu'ils jouaient depuis l'année dernière. Inconsciemment, Stella se raccrocha à la main du garçon, comme s'il pouvait la tirer hors du tourbillon de ses pensées. Comme s'il pouvait la sauver. Parce qu'il pouvait la sauver. Il pouvait la détruire et la reconstruire à sa manière, couler de l'or liquide, des promesses et des Mots suaves entre ses blessures autant qu'il avait le pouvoir de l'empoisonner de son venin, de l'enfermer dans sa cage. Et le pire dans tout ça, c'était que l'Etoile n'aurait même pas protesté, pour un peu qu'il continue de la regarder ainsi. Comme si elle représentait le monde. Elle était à sa merci complète, et c'était aussi effrayant qu'excitant.

Elle voulait qu'il la bouscule, qu'il la prenne par surprise, qu'il fasse exploser son quotidien. Est-ce que c'était normal, d'être aussi dévasté par quelqu'un ? De sentir chaque once de son corps vibrer et palpiter, de se figer d'appréhension autant que de joie ? Etait-ce donc genre de chose qu'elle avait lu dans les roman de Jane Austen ? Quoi que c'était, c'était passionnant.

Il ouvrit la bouche et marmonna quelque chose qu'elle ne comprit pas, se redressa et étira ses lèvres en une expression familière. Puis soudain la voix fluette d'Aurore résonna par-dessus la pluie et les battements de coeur de Stella. Surprise, elle sursauta presque et resserra instinctivement sa main emprisonnée par celle d'Orion. Stella sourit en voyant la fillette lorgner leurs mains entrelacées, et elle songea avec amusement que la petite risquait de venir la taquiner en salle commune. Elle songea également que Maliah allait rapidement être mise au courant, et que le garçon n'allait pas tarder à trouver la fillette un peu trop souvent sur son chemin.
Manifestement très agacé par cette apparition, Orion détacha leurs mains et grommela avec mauvaise humeur. Et Stella, douce Stella, innocente Stella, sourit en mordillant sa lèvre inférieure, attendrie par sa réaction. C'était juste...adorable. Qu'il fronce les sourcils et peste parce qu'Aurore — et un garçon, surement de sa famille — avaient interrompu leur échange. Elle rit doucement.

Tu sais qu'elle va me cuisiner en salle co' ? dit-elle avec un sourire en parlant d'Aurore.

Les joues rouges et l'air encore plus intimidé, Orion se reprit vite. Il s'excusa et lui proposa une date. Une heure. Un lieu. Autrement dit, des choses concrètes. Etoile sentit des papillons dans son ventre, et elle hocha timidement la tête, acceptant la proposition le rose aux joues. « Samedi prochain, 14h, aux Trois Balais ? C'est moi qui paie. » Les mots du garçon s'étaient ancrés dans on esprit, ils tournaient en boucle dans sa tête comme si elle essayait de savoir si tout cela était réel ou si elle avait encore inventé des choses. Mais non, évidemment que non. Parce qu'Orion n'inventait pas les choses — du moins pas dans sa tête —, il les créait. Il réalisait ses œuvres d'art et les exposait au monde entier. Et elle, Etoile, avait envie qu'il fasse d'elle la plus belle de ses œuvres.

Alors — et ce fut comme si elle avait senti qu'il reviendrait —, Stella releva la tête.

Il était debout, loin d'elle. En route pour rejoindre sa cousine — Niks ? — et sa soeur, en laissant l'Aiglonne derrière. « Oui ça me va, tout me va » murmura-t-elle si bas qu'elle n'était pas certaine qu'il puisse l'entendre. « A plus » ? Non, ça ne sonnait pas juste dans sa tête. Pourtant il avait promis, et Aurore l'attendait. Et le match était terminé, ils n'avaient plus rien à faire dans les tribunes qui commençaient déjà à se vider. Victoire écrasante des Gryffondors. La pluie poussait tout le monde à rentrer. Alors pourquoi pas eux ? Pourquoi pas elle ? Pourquoi est-ce qu'elle restait assise sur son banc, trempée, le regard fixé sur Orion ? Orion de dos, qui s'éloignait d'elle.

Stella baissa la tête en soupirant légèrement, incertaine de savoir ce qu'elle pensait.

Puis, brusquement, il était de nouveau là, et ses doigts délicatement nouées sur son menton, et ses lèvres posées sur sa joue. *Quoi ? Quoi ? Que-* Il recula, lui offrit son plus beau rictus railleurs. Il dit quelque chose que la Serdaigle entendit, comprit, puis oublia aussitôt. Pour l'instant, tout ce que son esprit arrivait à faire c'était de tourner en boucle en hurlant un message d'alarme en une langue inconnue. Le bordel. C'était le bordel dans sa tête, dans sa vie et dans son coeur. De nouveau, le garçon lui avait volé sa réplique. Une seule chose était concrète, une seule chose était certaine. Elle, Stella, avait un rencard samedi prochain à 14h à Pré-au-Lard avec lui, Orion. Et il venait d'embrasser sa joue. Oh misère, ça faisait beaucoup trop d'informations à analyser tout ça. Tellement qu'elle aurait pu perdre sa capacité à parler. « Je s'rais là, promis » souffla-t-elle en frôlant sa joue de ses doigts glacés, complètement incapable de comprendre ce qui s'était passé. Parce que c'était incompréhensible. Incroyable, au sens propre du terme. Parce que jamais ô grand jamais elle n'aurait eu le courage. Oh bordel. Crotte de yack et bouse de dragon. Par la barbe et les chaussettes trouées de la grand tante de Merlin. Miséricorde. Est-ce qu'elle avait vraiment proposé un rencard ? Pour de vrai ? Seigneurs. Il fallait qu'elle voit Merine. Tout de suite, maintenant. Ou qu'elle respire dans un sac. Oui, c'était aussi une bonne idée. *J'ai d'la fièvre, c'est pas possible autrement* pensa-t-elle en s'éventant, malgré le froid ambiant.

La tête en vrac et le coeur en effervescence, la jeune fille se leva maladroitement de sa place et entreprit de rejoindre sa salle commune. Ou d'aller demander des conseils aux Botrucs du Saule Cogneur. « Envoyer une lettre à Helen, voilà, c'est ça que je dois faire » décida-t-elle en partant.

Et elle savait déjà ce qu'elle écrirait.

• • •

« Chère Helen,

Je crois bien que je comprends mieux pourquoi tu comparais la sensation de l'amour à celle de la peur. Et si tu avais raison, alors il semblerait que je sois tombée sous le charme de quelqu'un. Je crois bien que j'ai un faible pour quelqu'un, et je crois bien que ça me plait.

C'est étonnant. Quand je suis avec lui, le temps s'arrête et s'accélère en même temps ; je me sens plus calme et en même je perds le contrôle et je me sens fébrile. Il me fait rire et sourire, et quand il me regarde j'ai l'impression d'être la seule personne qui compte, j'ai l'impression d'être une merveille. Et puis, parfois il me parle et j'oublie de l'écouter, parce que je le regarde trop. Non, parce que je l'admire trop. Je ne crois pas avoir déjà été aussi secouée de ma vie.

Dis-moi, comment exactement as-tu su que tu étais tombée amoureuse d'Allison ?

Avec tout mon amour,
Ton petit Opal, Stella. »

@Orion Blackburn, voilà qui conclut leur aventure dans les tribunes !
(je m'y suis prise trop tard pour répondre et c'est verrouillé, oups)

15 ans / 5eme Année RP / fiche PR / / #004d65 / RDD / coucou rappeltout
"Am I boring ? Sure. Social skills ? None. But I’m loyal if you feed me and will never leave you cuz, well…. I need the food."