4 janv. 2026, 14:00
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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A.S - C.H


Alice n’avait pas envie de sortir, mais n’avait pas le choix. Il fallait qu’elle soit vue, n’est-ce pas ? Il fallait à tout prix que se poursuive le cruel et éternel jeu de la réputation duquel elle n’avait que faire ces derniers mois. A bien réfléchir, Alice n’avait que peu d’attrait pour grand chose. Tout ce qui l’importait était le combat qu’elle menait contre elle même. Force était de constater qu’elle était une adversaire de taille.

Dans le reflet de son miroir à pied, Alice s’était observée de longues minutes. Ses doigts froids sur son visage, elle les laissait couler le long de ses traits creusés par la fatigue et la maigreur. Il allait falloir maquiller tout cela, encore une fois, pour cacher la violence qu’elle imposait à son corps. Ce soir, Alice devrait être à la hauteur de ses propres exigences.
System of a Down passait en fond sur son tourne-disque. Elle abusait de ce cadeau qui lui avait été fait par un homme dont elle n’avait jamais rien attendu, mais qui avait su la surprendre par une politesse qu’elle ne lui avait jamais prêté. Cet homme, elle le verrait ce soir. Encore. Comme chaque soir depuis une semaine. Finalement, cette soirée n’était pas si particulier que cela. Alors pourquoi Alice se sentait-elle aussi oppressée à quelques heures du moment fatidique ?

Alice se maquilla soigneusement. Elle n’aimait pas cela. Elle n’avait jamais aimé ces artifices, préférant la sincérité de sa peau qui n’avait, Grands Ancêtres merci, jamais souffert des complications de l’adolescence. La voilà désormais rendue à dix-huit ans, contrainte de se grimer comme une poupée pour cacher des pommettes trop saillantes, des cernes trop foncées.
Alice souriait au reflet de son miroir, cherchait à se convaincre qu’elle allait bien, qu’elle ne souffrait pas de vivre dans ce corps malmené par les exigences, qu’elle était heureuse de se mêler à la foule, que rien ne pouvait entacher sa confiance en elle et en ses capacités.
Quelle bonne menteuse.

Sa robe de bal l’attendait sur le lit, scintillante sous la lumière des bougies. C’était une beauté qu’elle n’aurait pas pu s’offrir avec ses économies actuelles. Thomas avait tout prévu, comme d’habitude. Il avait tout prévu sans lui en parler. Il avait organisé cette visite à Monsieur Félicien sans en parler ni à Alice, ni à… l’autre. Circée. Savoir qu’elle allait devoir supporter ces deux-là toute la soirée l’épuisait par avance.
Alice s’approcha de sa robe. Elle tendit une main pour l’attraper. Le tissu était une caresse sous ses doigts sensibles. Elle s’assit sur le lit, la robe en couverture sur ses jambes nues. Elle prit de longues minutes à caresser cette pièce de haute couture qui n’avait été faite rien que pour elle.
La robe était d’un bleu nuit profond, cousue dans une crêpe de soie d’une finesse extrême, si légère qu’une fois portée, elle semblait flotter autour du corps. Les broderies serpentaient sur la robe, mêlées de fils d’or et de cannetille, toutes cousues à la main par monsieur Félicien. Elles se rejoignaient sur la hanche d’Alice pour disparaître sous un bijou d’or explosant comme la création de l’Univers. Sa gorge, quant à elle, était habillée d’un collier de perles dorées intégré à la robe, retenant bien plus l’attention que l’élégant décolleté qu’Alice avait consenti à arborer pour faire plaisir à Monsieur Félicien. Le couturier détestait l’entendre lui parler de complexe, et Alice détestait l’entendre tenter de la convaincre.
Pour parfaire sa tenue, Alice enfila les bijoux dessinés pour la robe : de longues boucles d’oreilles délicates composées de motifs céleste et un bijou de bras fait d’une chaîne d’or portant un pendentif si aiguisé qu’il lui semblait capable de crever un œil. Elle pourrait menacer Christopher avec si il tentait de la malmener.
Grands Ancêtres… savoir qu’elle allait encore devoir supporter Thomas et son insupportable ami lui déplaisait peut-être plus encore que de devoir porter une robe qui la mettait autant en… valeur ? Était-ce le terme approprié pour parler de ce corps amaigri ? Tante Élise, elle, avait été ravie de voir que sa nièce, vitrine de la famille Sangblanc, avait perdu suffisamment de poids pour anéantir toutes formes disgracieuses déposées sur ses hanches au gré des années. Père, quant à lui…
Non, Alice ne songerait pas à Père ce soir.

•••


La bouche plissée, Thomas observa avec une attention feinte l’intégralité de sa petite sœur, figée et agacée sous son regard. Lui-même avait été habillé par le génie de Monsieur Félicien. Ses boucles blanches avaient été coiffés avec subtilité, tirée en arrière pour dégager son visage. Il portait un costume bleu nuit, rappelant la même logique que sa robe à elle sans qu’il ne s’agisse d’un double. Alice n’aurait pas supporté d’avoir son frère en jumeau. Non, son costume à lui était plus traditionnel, car Thomas ne prêtait que peu d’attrait à l’originalité. Il préférait toujours l’efficacité.

« — C’est toujours surprenant de te voir les cheveux relevés, finit-il par dire en désignant son chignon déstructuré.
Je les attache pourtant régulièrement.
En natte, oui. Mais cela te va bien.
Allons nous patienter éternellement dans le froid ? »

Un rire roula dans la gorge de Thomas alors qu’il se tournait sur lui même pour observer les environs. Cela laissa le temps à Alice d’inspirer douloureusement. Elle n’avais pas envie d’être ici, pas plus qu’elle ne voulait se faire des relations. Elle était fatiguée, assaillie par l’envie irrémédiable de s’enfermer dans sa chambre pendant des semaines. De positif ne demeurait que le visage d’Aliosus contre lequel elle voulait se lover, et tout oublier.
Dernière modification par Alice Sangblanc le 4 janv. 2026, 20:53, modifié 1 fois.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
4 janv. 2026, 14:28
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L’impatience et l’angoisse sont deux amies d’Ivanovna. Du moins des réalités de sa vie avec lesquelles elle s’est habituée à vivre. A voir tous ces couples qui se constituent peu à peu, se rejoignant dans la ferveur d’un début de soirée annoncée sous les meilleures auspices, elle commence à sévèrement ruminer. Alyona n’est toujours pas arrivée, parler toute seule est un stade de folie non encore atteint par la sorcière, le fait est que végéter dans un coin de la salle n’est pas plus agréable.

Ordinairement, regarder le monde s’affoler autour d’elle lui procure un relatif sentiment de sécurité ; plus ils s’agitent, moins ils me voient. Non qu’elle ait particulièrement envie d’être remarquée, au contraire. C’est juste que… elle est venue pour s’amuser et il serait bon que les festivités commencent pour de bon. En plus, elle vient de croiser le regard du bellâtre croisé il y a peu à la soirée du solstice chez les Colville. Un moment dont elle est ressortie grandie puisqu’elle a sauvé Anna-Lysa d’un grand ridicule, l’empêchant de se vautrer dans une attitude d’adolescente dénuée du moindre contrôle. Elle a reçu, outre les remerciements immédiats d’Aurélia, un gentil hibou adressé par leur mère. A ce qu’il semble, mais elle n’a pas pu en savoir plus, le deux sœurs sont peu enclines aux études au grand dam d’une famille pour qui étudier est tout sauf déchoir. Ivanovna redoute, c’est paradoxal, que Gordon l’ait trop mise en avant comme une camarade d’études parfaite. Elle ne voudrait pas aggraver sa situation en générant une jalousie excessive de la part d’Aurélia. Tandis qu’elle se dirige vers l’espace délivrant un succulent jus de clémentine, elle navigue de manière à ne pas s’approcher de Galvanius Aropolo. Des rencontres désagréables, on en fait toujours dans ce genre de soirée se dit-elle. Mais lui...tout sauf quelqu’un la renvoyant encore à Circéia. Ce n’est pas le soir.

Ayant réussi, par de savantes esquives, combinées à une allure de félin habile, à disparaître, traverser les lieux et ainsi s’éloigner de lui tout en récupérant un verre empli, elle peut à loisir constater qu’elle connaît quelques convives. Elle espère aussi, dans de meilleures conditions, pouvoir discuter avec cette jeune sorcière serveuse au café du Rosier. Ce jour funeste n’était pas, loin s’en faut, le bon moment pour rencontrer de nouvelles personnes, il lui plairait de se montrer sous un jour meilleur, même si la nuit, désormais, est tombée… Mais elle ne la voit pas, ni aucune autre connaissance. Et sa chère Alyona est toujours manquante. Elle commence presque à s’inquiéter. Non qu’elles se soient donné rendez-vous à une heure précise. Vana n’a aucune raison cohérente de s’en faire…
En théorie, Gordon devait venir , accompagné c’est évident. Mais elle a appris la veille qu’ils avaient d’autres projets pour le réveillon. Sans doute un contre-coup du solstice d’hiver...  « Ne pas boire trop vite, les jus de fruits, comme les alcools, sont les ennemis des tailles de guêpe », pense-t-elle en cherchant vainement à détourner son esprit des pensées qui l’obsèdent.

Contempler les convives, dans des tenues souvent improbables, n’est pas sa tasse de thé. Il faut bien admettre que certains ont vraiment bien fait les choses. Elle continue de penser que tout cela est une perte de temps, s’habiller pareillement chaque jour que Merlin fait lui suffit. Il est vrai qu’elle a pris un certain plaisir à s’apprêter... et Vana attend son amie avec gourmandise. Il ne faudrait pas grand-chose. Les paradoxes de l’existence sont tenaces, ils l’enferment, la condamnant à une détresse dont les effets sont seulement atténués par l’habitude de vivre avec.

Alors la sorcière reprend ses rêveries, elles ont au moins le don de lui faire quitter les lieux pour une terre où personne ne va mais elle. Parfois Ivanovna s’imagine voler, devenir moineau, non pas un volatile du genre Harfang, trop beau, trop voyant… Une petite chose pouvant traverser la vie en toute liberté, sans les regards d’autrui. Cela doit être doux de se sentir libre de toute pesanteur.


Nuée
libératrice
Dernière modification par Ivanovna Gunnray le 17 janv. 2026, 09:50, modifié 3 fois.
4 janv. 2026, 15:08
RP libre Bal du Nouvel An 2051
Place Armand Malfoy
Samedi 31 décembre 2050
avec Dasan Harper — PNJ actif
#004f34
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Roxane était très étonnée de l’invitation de Dasan à cette soirée. Du moins, elle était surprise que Yona et Callum ne soient pas présents également. Pourquoi Dasan voudrait-il venir avec elle seulement. Il était vrai que les deux sorciers s’étaient beaucoup rapprochés depuis la rentrée, mais la métisse ne s’attendait pas à cela malgré tout. Elle était un peu nerveuse, elle n’avait participé à des bals qu’à Poudlard, là c’était bien différent. Pas seulement des adolescents remplis d’hormones accompagnés de leurs enseignants, un bal avec des adultes. Roxane devait bien admettre qu’elle était plutôt contente de passer dans la cour des grands.

La jeune femme avait passé un long moment à se préparer, elle tenait à se sentir belle ce soir et même si elle ne l’admettrait jamais, elle avait envie que Dasan le pense également. Pour l’occasion, Addison lui avait offert une robe magnifique à Noël, elle devait être dans la confidence c’était certains. Autrement comment aurait-elle deviné le thème de cette soirée ? Elle se regarda une dernière fois dans son miroir de poche, puis elle prit une grande inspiration. Pas de quoi s’inquiéter. N’est-ce-pas ?

Elle sortit de sa chambre, ses pas résonnant sur le vieux parquet de ses parents. « Je suis prête, vous en pensez quoi ? », avait-elle demandé à ses parents dont le regard en disant suffisamment. Elle n’était plus une petite fille, ils pouvaient le nier désormais. Après une pluie de compliments probablement biaisée par leur lien, Roxane les embrassa avant de transplaner en direction de la Place, elle y retrouverait Dasan.

Une fois arrivée, elle ajusta sa robe, referma bien son gros manteau noir, et tenta de remettre un peu d’ordre dans sa chevelure épaisse. Transplaner avant une soirée pouvait faire quelques dégâts, heureusement qu’elle maîtrisait son sortilège. Elle soupira doucement, laissant échapper une légère fumée, il faisait froid, elle espérait ne pas attendre trop longtemps.

« Alors ? On a froid Newcomb ? ». Cette voix trop familière et cet air moqueur, ça ne pouvait être que Dasan. Et alors que la métisse se tourna pour répondre, elle s’arrêta net en voyant son ami. Il portait un costume bleu nuit très élégant, un peu caché par un long manteau bleu marine. Il sentait bon. Très bon. Roxane n’avait jamais remarqué ça chez lui avant ce soir. Et il était beau, ça non plus elle ne l’avait pas remarqué avant. Du moins c’était ce qu’elle prétendait. « Ça ne serait peut-être pas le cas si tu étais venu à l’heure petit malin. », avait-elle fini par dire tout en camouflant son malaise. « Viens par-là, rentrons nous mettre au chaud. », dit-il en riant et en saisissant le bras de la sorcière.

451 mots

17 ans - 7e année RP 2050/2051 - #8e953c
membre de l’UDS - Fierté de la Nation
4 janv. 2026, 16:07
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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PNJ actif : Jude River
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Appartement des River, Londres


« Steuplait, steuplaaaaait Jude ! J’ai pas envie ! Tu peux y aller sans moi, hein ! Eh, viens on dit que j’y vais pas, et je te dois… un méga service ! Genre… euh… je sais pas, mais je t’en dois un ! Hein ? T’en dis quoi ? On fait ça ? Jude… steuplait ! »

Je suis planté devant la chambre de Jude, à pousser des râles d’agonie entre deux supplications. J’ai les mains moites, de la sueur qui me perle dans la nuque… et Jude, elle, elle fait sa coquette dans son miroir, en chantonnant sur la musique que je capte même pas tellement je suis saoulé par cette foutue situation dans laquelle elle m’a mise !

Bordel, je vais péter un plomb, j’te jure. Nouvel an, c’est pour se mettre minable. C’est pas pour aller danser au bal avec des gens en costard et en robe de bal. Des foutus Sang-Pur et autres lécheurs de pompe qui me donnent envie de péter des trucs. J’ai trop la haine. En plus, je suis obligé de m’habiller comme eux, bordel ! J’ai pas envie ! Sérieux, une chemise ! Une foutue chemise ! J’ai pas enfilé de chemise depuis que j’ai arrêté d’aller à la messe avec Maman ! Et j’avais dix piges !
Et l’autre là qui se pavane devant le miroir, dans sa belle combinaison de soirée, avec son joli petit scorpion en dentelle sur les côtes. Et pou-pou-pou regardez moi, je suis Jude, je travaille dans l’Allée, je suis à la tête d’un réseau de falsification de papier et je viens me la jouer baronne du crime sous votre pif de sorciers de mes deux ! Sérieux mais elle s’est regardé ? Elle nous a regardé ? On est tatoué de la tête au pied, on a des grosses têtes de cracos ! Et elle croit qu’on va se mêler tranquilou-bilou dans la masse ? Hein ? J’te jure, parfois je sais pas ce qu’elle cherche à faire.

Jude finit de se coiffer en plaquant ses cheveux en arrière et me regarde enfin. Je vois dans ses yeux maquillés qu’elle aime pas ce que j’ai fait de cette chemise. Ben ouais, j’ai retroussé les manches ! Ca sert à quoi d’avoir payé des tatouages si c’est pour les cacher, hein ? Et elle, avec sa combi sans manches, elle les montre les siens ! Alors moi, pareil !
Jude traverse la chambre en quelques coups d’escarpin et vient se planter devant moi. Elle tire sur mon col pour le réajuster, sa bouche peinte de rouge à lèvres foncé plissée.

« On va bouffer et boire au frais de la princesse », Jude balance. Elle tire sur mon col pour que je me penche et me coiffe du bout de ses ongles acérés. « Cette année, on entre dans la cour des grands sous leur pif. C’est l’acte le plus antisocial que j’ai à te proposer pour bien finir l’année. » Elle me chope les cheveux -violets comme sa combi- et les tire sur le côté pour bien que je sois à hauteur de son foutu regard qui me confirme ce que je sais déjà… mais elle le dit quand même : « De toutes façons, t’as pas le choix. Alors t’arrête de râler comme un gamin. On va aller au bal, et c’est tout. »

Elle me lâche enfin et retourne se préparer. Moi, je la regarde comme un con. Ça me saoule grave. Juré, j’vais bouder toute la soirée, et plus jamais elle me fera un coup fourré comme ça !

Place Armand Malefoy, Godric’s Hollow


Elle est hyper marrante, cette grosse bulle. Je baisse les yeux sur Jude qui, elle aussi, grille sa clope, le regard dans le vide. « T’crois qu’on peut la percer avec une grosse aiguille ? Genre… PAF. » Elle me répond même pas. Elle me jette juste un regard qui veut clairement dire t’es vraiment trop con. Ben fallait pas m’emmener là, si t’es pas contente. J’expire ma fumée dans un gros soupir, pour bien qu’elle comprenne que j’ai pas envie d’être là. Bon, elle le sait déjà, mais ça coûte rien de continuer, t’as capté ?

On finit tranquillement notre clope. On s’en regrille une juste après, ce qui laisse le temps à Jude de faire sa Jude.

« Évite de te faire remarquer. Donc tu piques rien, d’accord ? Tu laisses tes mains dans tes poches. Je déconne pas, Lloyd : si j’apprends qu’il y a eu un seul vol ce soir…
Eh mais si t’as pas confiance en moi, fallait me laisser à l’appart, hein ! Non mais c’est bon, je suis pas klepto.
Je te connais, c’est tout. Pareil : tu te mets pas minable ! »

Là, je m’indigne. J’ouvre grand la bouche, je vais pour répondre, mais elle me fait les gros yeux. Et les gros yeux de Jude…
Je ferme la bouche dans un claquement de dents. Je vais m’ennuyer comme un rat mort, ça me saoule d’avance.

Dernière clope terminée, c’est l’heure d’entrer dans la bulle. Jude sourit, Jude à la classe, Jude en impose. Elle s’arrête après qu’on soit entrée, je sais pas ce qu’elle fout. Moi, je regarde partout, l’attention qui virevolte d’un détail à un autre. Quand elle a finit de faire ce qu’elle voulait faire, on peut enfin se jeter dans la gueule du… dans la gueule de la bulle, en fait. J’ai aucune métaphore ou autre connerie qui me vient.
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913 mots

Code couleur = #515f80
Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin
4 janv. 2026, 17:09
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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31 décembre 2050
GODRIC'S HOLLOW
Bal du Nouvel An


Après les rues pavées de Paris, ses façades illuminées, ses immenses allées décorées pour les fêtes de fin d’année, après le majestueux Domaine Sangblanc et ses hectares de terrain, son épaisse forêt, les nuits passées dans des draps de satin, après avoir vécu dans le luxe durant plus d’une semaine et avoir vécu à un rythme effréné, à voir tous les jours des choses différentes et plus belles que la veille, revenir en Angleterre a laissé à Christopher un goût désagréable dans la bouche. C’est un sentiment qui lui colle à la peau et lui donne l’impression d’être hors du temps, hors de sa propre vie. Les visites au Pitiponk même s'il ne reprendra le travail que la semaine prochaine, la lettre que lui a envoyé sa mère dès qu'il a remis le pied sur le territoire, les manigances des uns et les insultes des autres, la magie qui disparaît et, étrangement, le manque de ses deux compagnons, dont l’une lui a souvent tapé sur les nerfs… Christopher ne pensait pas qu’il serait si difficile de rentrer. Il a oublié, durant ces vacances, qu’il avait été si agréable de partir et que, de fait, le retour à la maison n’en serait que plus douloureux.

La perspective du bal de ce soir lui donne le goût de ce qu’il appelle désormais “l’effet Paris”. Ce soir, il sent l’effet Paris : les papillons au creux du ventre, l’impatience qui lui tenaille les entrailles, l’excitation et cette légère appréhension familière depuis quelques semaines maintenant. N’est pas étrangère à l'apparition de cette sensation la tenue qu’il enfile et qui a été créée sur mesure pour lui chez Monsieur Félicien ou même l’idée qu’il retrouvera bientôt ses deux têtes blanches : si bien apprêté en leur compagnie, ce sera facile de croire ce soir qu'ils sont de retour dans les rues parisiennes et qu’ils s’apprêtent à sortir, là dans un restaurant chic, là pour assister à un défilé de mode.

Christopher passe un temps infini devant le miroir à arranger sa tenue pour qu’elle retombe parfaitement sur ses épaules. Il a prévu une cape d’une qualité excellente pour protéger ses bras nus du froid hivernal mais il a déjà hâte de s’en débarrasser pour se pavaner dans sa tenue. Le tissu bleu piqueté de fils d'or serre parfaitement son torse et retombe en s’évasant sur ses hanches. Son pantalon est coincé au niveau de ses mollets par de grandes bottes en cuir pareillement stylisées que sa tunique. Sa tenue complète resplendit et il perd un temps fou à s’observer dans le miroir et à s’assurer que tout soit parfaitement à sa place. Il a fait une folie en enchantant ses tatouages pour qu’ils brillent aux couleurs de la soirée et son bras droit est désormais recouvert d’éclats bleutés et dorés qui n’y sont pas habituellement. Christopher a soigneusement choisi ses bijoux et ses oreilles sont joliment ornées. Il sait qu’il aurait dû faire au moins l’effort de choisir une coiffure adéquate, plus sage — déjà que les Hangoover, évidemment présents ce soir, n’apprécieront pas le choix de sa tenue, il aurait pu s’éviter des remarques sur ses cheveux. Mais c’est plus fort que lui, il refuse de les plaquer sagement en arrière et préfère y passer une main pleine de gel pour les dresser selon ses préférences.

Ainsi drapé, Christopher attache sa cape autour de ses épaules, fait un sourire charmeur à son reflet et transplane à Godric’s Hollow, impatient de remplacer les hurlements musicaux de son gramophone par la présence de Thomas, ses rires et ses remarques piquantes.


Il les aperçoit dès qu'il apparaît sur la place qui grouille de monde. Si l'immense bulle qui accueille la soirée ce soir attire son regard, c’est malgré tout vers eux que ses yeux reviennent rapidement. Il s’efforce de ne pas faire attention au monde qui pénètre dans la bulle et de ne pas essayer de trouver dans la foule les silhouettes familières des membres de sa famille. Il sera temps plus tard de se soucier d’eux. Pas pour l’instant, c’est trop tôt.

Sa cape flotte derrière lui lorsqu’il accélère pour s’approcher de Thomas et d’Alice. Il trouve dans la silhouette des deux Sangblanc une impression de familiarité qui lui noue brièvement l’estomac tant elle lui rappelle la légèreté de ces derniers jours. Être de nouveau en leur compagnie réveille l’effet Paris et il sent un long et large sourire étirer ses lèvres.

Il se glisse soudainement près d’eux. Naturellement, son bras trouve sa place dans le dos de Thomas ; il apprécie sentir sous ses doigts la douceur du tissu bleu de son costume et dessous la sensation familière qui ne devrait pas l’être des muscles de son ami.

« Tommy, je savais que tu serais magnifique dans ta tenue ! Non mais regarde-toi, prince des astres ! »

Christopher fait un sourire ravageur au grand homme, même s’il regrette qu’il ait tiré ses cheveux vers l’arrière ; cela dévoile son visage et la merveille que sont ses mâchoires, mais il lui préfère toujours les cheveux libres. Ce qui est le cas avec tous les Sangblanc, semble-t-il, puisqu’il se fait la même réflexion quand il se tourne vers Alice qui a noué ses cheveux sur son crâne en une coiffure complexe qui ne la réussit guère, il faut dire — ça donne un résultat beaucoup trop coincé. Le regard critique de Christopher passe sur le visage et la tenue d’Alice. Le premier fermé ; la seconde aussi splendide qu'attendu. Son sourire, jusqu'alors immense et dédié à Thomas, diminue sans totalement disparaître. Il ne se détache pas de Tommy contre lequel il est affaissé sans la moindre gêne.

« Souriez, ma fille, singe alors Christopher d’une voix faussement aiguë en étirant son pouce et son index autour de sa bouche pour mimer un sourire, ne vous a-t-on jamais dit que la beauté d’une femme réside dans ses sourires ? »

Ce n’est pas la première fois depuis une semaine et demi que Christopher se complait à imiter Elise Sangblanc, s’attirant parfois les foudres de ses deux neveux, d’autres fois leurs sourires amusés et des vannes pour compléter les siennes. Christopher laisse retomber son bras avec un ricanement moqueur, parfaitement conscient que la seule chose qu’il risque de faire c’est d’agacer Alice plus qu’elle semble déjà l’être. Ses yeux coulent le long de sa tenue qu’il désigne d’un nonchalant geste du menton.

« J’avais bien dit que cette coupe était préférable à l’autre, » lance-t-il, faisant référence à une discussion qu’ils ont eu à propos des coupes des robes chez Monsieur Félicien — ce qui ressemble le plus, pour lui, au plus beau des compliments qu’il pourrait faire à Alice.

Il n'y a qu'avec elle que les compliments ne coulent pas naturellement de sa bouche. Sans se préoccuper de sa réaction, son bras toujours enroulé autour du buste étroit de Thomas, Christopher jette son regard à l’assaut de la populace de Godric’s Hollow qui se déverse dans la bulle. Il observe leur tenue, leur coiffure, tout ce que laisse voir les écharpes et les bonnets qui les protègent du froid tenace de la nuit.

« Mes chers, reprend-il d’une voix mystérieuse en coulant un regard vers Thomas puis vers Alice, j’ai bien peur que ce soir nous ayons volé toute l’élégance et la beauté de la ville… » Il suit des yeux un homme engoncé dans un costume brillant qui passe près d’eux. « Nous sommes définitivement les mieux fringués sur cette place. »

Puis sans prévenir, il se faufile entre les deux Sangblanc en faisant glisser ses doigts sur le torse de Thomas et recule vers la bulle en encourageant les deux autres à le suivre d’un geste du doigt. Sur ses lèvres, son grand sourire dévoile ses dents blanches.

« On va poireauter encore longtemps dans le froid ? Allez, venez ! Je veux rentrer et qu’on commente toutes les tenues en sifflant une coupe de champagne. Je pourrais mourir pour une coupe de champagne ! Aucune de ces tenues ne vaudra celles que nous avons vu à Paris de toute manière, mais nous pourrons faire semblant d’avoir l’espoir d’en trouver une qui vaut mieux que les autres et nous feindrons de… »

La voix de Christopher se perd au milieu de la foule dans laquelle il attire Thomas et Alice. Au plus grand damn de ces deux-là, cela ne l’empêche pas pour autant de parler pour combler les silences et d’en raconter plus qu’il ne le devrait, signe qu’il est à la fois heureux d’être là ce soir et profondément angoissé à l’idée de se retrouver face aux membres de sa famille. Il met un point d’honneur à ne pas s’en soucier, aussi est-il encore en train de parler lorsqu’il se débarrasse de sa cape aux vestiaires ou quand il passe devant la table réservées aux dons sans y jeter le moindre regard.

Arrivé dans la salle, il s’immobilise sur le seuil, ses yeux écarquillés vers le plafond. La décoration est certes magnifique, mais ce n’est pas pour la complimenter que Christopher ouvre la bouche.

« J’étais sûr qu’il y aurait du champagne ! glisse-t-il à ses deux compagnons sur un ton excité en désignant les tables recouvertes de verres. Allons vite nous servir, je ne supporterais pas de croiser ma famille sans avoir un verre à la main. »

Chris rejoint @Alice Sangblanc et son charmant frère. Il ne fait aucun don. Il encourage les deux autres à s'approcher des tables.
La famille Hangoover fait un don de 50 Gallions.

Lutin en cuir le plus stylé du Pitiponk
« Sa vie professionnelle est une fête qui s'arrête jamais » - LLOYD RIVER
4 janv. 2026, 21:26
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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ADÉLAÏDE BRENNEN
Devant mon miroir j'ai rêvé d'être une star,
J'ai rêvé d'être immortellement belle,
Ce soir j'irai voir à travers le miroir,
Si la vie est éternelle.



Commence la valse des ensorcelés
Par Nyx, qui tend la toile bleutée,
Alors peut ériger Hécate le croissant immortel,
Que plus tard Uranie admirera depuis la Nuit éternelle.

À minuit, elle sera de nouveau seule. Et les quelques diamants dans ce ciel intemporel, qui perdurent encore, seront les seuls à témoigner de cet inutile trésor.

Reducio
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Le marin a dans la couverture nocturne pêché les étoiles pour coudre, broder et insérer les bijoux sidéraux sur le tissu qu'on porte aujourd'hui. Le bleu et la nuit règnent ensemble sur les parures et les accessoires, si les gens reflètent le charme de ce qu'ils revêtent, ceci, c'est bien autre chose.

La dangereuse encre éternelle marque à chaud la peau glacée. On la tend et on la vend à l'artiste, sur les parcelles d'un corps autrefois vierge de vie, on peint le parcours de celui qui se pense infini.
Reducio
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GODRIC'S HOLLOW • 31 décembre 2050
_____________________________________________

Cette année, Adélaïde ne vint point accompagnée. Ni de sa nièce pour qui, il sera bientôt l'heure du coucher, ni de son frère, qu'elle apercevrait peut-être entre deux silhouettes, accompagné d'un nouvel homme charmé. De toute façon, il n'y avait nulle honte à demeurer seule.

Seule.

Le mot à lui seul laissa néanmoins un goût amer sur la langue de la trentenaire, lorsqu'elle le souffla au milieu de l'allée, en direction de la place Armand Malefoy. À vrai dire, Adélaïde n'était jamais seule. Jamais.

Il y avait toutes sortes de voix et de pensées qui logeaient en son esprit et auxquelles elle s'amusait à donner des noms, si bien que même dans les journées les plus silencieuses et les plus solitaires, elle se retrouvait plongée au milieu du brouhaha causé par Mireille, la petite-voix-critique qui forgent ses insécurités, ou par Cérès, cette gente dame qui éveille régulièrement en elle une passion inconditionnelle pour les espaces naturels. Mais ce soir, seule l'une d'entre elle parlait. Elle accompagnait chacun de ses pas, de sa douce voix, si calme, si lente, si mélodique. Chaque pensée personnifiée par l'image de celle-ci semblait être prononcée par la Pythie, d'un ton mystérieux, enveloppé d'une brume qui l'emportait dans un état second semblable à ce qu'on pourrait qualifier de folie.

Uranie, ce soir, parlait. Issue de ce que l'Allemande appelle la Triade Nocturne, elle s'exprimait aujourd'hui au nom de ses deux partenaires également : Nyx, et Hécate.

Car le thème de ce bal ce soir, aussi inattendu soit-il, rendait hommage à ce qu'elle a toujours vénéré. Et alors dans la poitrine de cette femme infiniment silencieuse, une sorte d'excitation infantile à l'idée de découvrir le lieu de réception. Oh, elle avait bien vu quelques sorciers s'afférer à l'installation de l'illustre dôme qui se dressait devant sa grande silhouette —mais qui, de son prestige, la faisait se sentir bien minuscule— mais rien de plus. Ce soir serait alors la grande découverte. Parée de sa longue robe bleue tout droit venue des ateliers Engelhardt, Adélaïde traversa le tapis de velours afin de présenter son billet à l'agent de sécurité, en lui adressant une salutation formelle mais bienveillante. Ce genre de profession ne devait pas être des plus aisées, et encore moins des plus reposantes. Elle était une sorcière compatissante.

Après avoir laissé aux vestiaires sa lourde cape d'hiver, et déposé quelques gallions au stand de récolte de dons, la directrice de l'Astronarium se laissa guider par sa canne jusqu'à la salle principale —hors de question de laisser sa canne aux vestiaires, il lui semblait avoir très peu envie de perdre l'équilibre en présence des hautes figures de la communauté sorcière britannique.

Ce fut l'émerveillement. De la somptuosité des amas de poussière étincelante qui rendait si bien hommages aux galaxies, à un simple détail minutieux remarqué dans les chandelles flottantes, tout, n'était qu'élégance et raffinement. Alors, c'est un sourire accroché aux lèvres que son menton se leva vers le plafond, et rien de ce qu'elle aperçu alors n'était assez classique pour pouvoir le décrire. Bouche bée, son regard passa d'une constellation à l'autre, délicatement, prenant le temps de détailler chaque forme, chaque étoile, jouant même à les reconnaître. Cette sensation, elle était pourtant bien simple : c'était la même, exactement la même, qui se manifestait lorsqu'elle consacrait plusieurs heures de son temps dans son magnifique Planétarium.

Le Planétarium.

Si ce qui avait été réalisé sous ce dôme ce soir-là était admirable, Adélaïde ne put s'empêcher de froncer les sourcils. De marmonner pour elle-même, quelque chose comme : « C'est quand même mieux chez moi... »

Parce que c'était trop simple de simplement reconnaître un travail bien fait, parce que c'était bien plus amusant de s'indigner, de concentrer tout son orgueil pour ronchonner que le Bal lui volait ses visiteurs et plagiait littéralement sur son joli musée.

Oui.

C'était vraiment la chose à faire. Complètement.

À 37 ans, l'adulte ne s'était toujours pas débarrassée de ce genre de comportement puéril. Et à vrai dire, elle n'y portait pas vraiment attention. Tant pis. Il était commun à ces gens fortunés de se considérer supérieur et original, illustres et uniques possesseurs des 7 merveilles du monde : l'astronome en était ainsi. L'Astronarium, son unique enfant, ce bâtiment qu'elle chérissait comme un proche, qu'elle vénérait comme un Saint, et qu'elle protégeait comme un Empereur, c'était tout. Tout ce qu'elle était.

Elle soupira et avança. C'était ridiculement beau pour pouvoir songer une seule seconde à lui reprocher mille et une chose.

Ainsi, la robe ondulant sur le sol au rythme de ses pas, elle se faufila à travers la foule grandissante pour attraper une coupe de champagne. Là, coincée entre plusieurs épaules dont les propriétaires n'étaient pas encore identifiés, elle observa.

Ses pupilles glissèrent de têtes en têtes à la recherche de traits connus, d'une amie, d'un ancien visiteur, d'une simple connaissance, peut-être. Non loin des tables, elle reconnut la posture charmante de Mr Hangoover, toujours aussi gracieusement vêtu. Adélaïde détourna le regard avant de pouvoir rougir de ce sens du style. Elle continua à sonder les lieux. Et alors, elle trouva sa cible. Cette expression désinvolte qui faisait fracture avec les mines solennelles des grandes familles, cette chemise convenable, mais qui ne devait guère l'enchanter, et cette énergie presque provocante qui animait tout son corps : l'employé de la Fausse Danse.

D'un pas chancelant, seulement maintenu par sa canne, à mesure que sa capacité à se déplacer seule devenait de plus en plus ridicule, elle se rapprocha de l'homme, et de la charmante femme qui se trouvait à ses côtés. Il aurait fallu être idiot pour ne pas comprendre qu'il s'agissait de sa sœur. Ses traits lui rappelaient d'ailleurs quelque chose, elle jura qu'elle l'avait vu sur la scène du cabaret l'autre soir. Enfin, il était difficile d'en être véritablement certaine, puisque quelqu'un d'autre avait retenu son attention toute la soirée durant. Ce qui était certain néanmoins, c'est que cette dame était d'une beauté que la brune ne voyait pas souvent, des lieux qu'elle fréquente. Et cette étrange impression de ne point pouvoir détacher son regard de cette silhouette si parfaite lui rongeait l'esprit.

« Madame. Elle la salua, et fit de même auprès de l'homme en esquissant un petit rictus. Adélaïde Brennen. Vos costumes sont de toute splendeur. »

Si c'était le cas de Jude River, la scientifique ne pourrait pas en dire autant de Lloyd River. Elle était presque déçue de voir qu'il ne portait aucune attention particulière au raffinement du thème proposé. Mais était-ce vraiment surprenant, pour des gens qui gagnaient leur pain dans l'Allée des Embrumes ? Elle fut également amusée par la présence de ces deux personnages détachés en une soirée si élégante. C'était certainement le but : côtoyer les gens de la haute et se faufiler au milieu des bourgeois pour profiter des boissons et des repas comme des millionnaires. C'était tout à fait recevable. Adélaïde aurait fait pareil. Cela dit, Morgan travaillait bien dans l'allée également, et provenait pourtant d'une famille des plus respectables... C'était à creuser.

L'Allemande détailla une seconde les multiples tatouages sur les bras de la sorcière, lui rappelant aux siens, souvent dissimulés, mais qui, ce soir, avait décidé de rester vierge de tout camouflage. Ainsi, dans son dos nu, l'encre noire avait marqué à jamais l'ombre d'une ligne gothique éternelle.

Puis, elle leva les yeux vers le plafond enchanté et fit :

« Magnifique, n'est-ce pas ? »

Bientôt, elle saurait comment percevoir ces deux sorciers. Ceux qui nient la royauté des constellations ne méritent pas l'attention d'Adélaïde. C'était bien parti. Mais quelque chose lui disait qu'avec ces deux-là, elle n'était pas au bout de ses surprises.

Adélaïde engage le dialogue avec Jude et @Lloyd River,
Et fait don de 70G à l'entrée.

1329

Directrice de l'Astronarium since Octobre 49 • Discord : ison0mi.a
PNJs • Demande de relations •
Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam • Adézheimer - Mémoire fallacieuse - Vance
4 janv. 2026, 21:53
RP libre Bal du Nouvel An 2051
Reducio
- Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Alexander Caldwell
- Lien avec le PJ : Parrain de Dorian (et pour Émeline son protecteur/"père")
- Lien dans le répertoire : juste ici !
- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? non
- Si "oui", impact envisagé :
- Si "non", impact envisagé sur l'autre PJ : C'est Alexander qui emmène Émeline Joyner au bal pour lui changer les idées après le réveillon catastrophique qu'elle a passé. Le but c'est de la faire respirer et de la divertir.
PNJ joué : Alexander Caldwell
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Couleur: #4f3956
Reducio
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31 décembre 2050, Place Armand Malefoy


Alexander s'arrêta sur la Place Armand Malefoy pour observer les alentours. Il y avait beaucoup de gens et il espérait que la foule soit assez divertissante. Non pour lui, la foule ça l'intéressait peu, divertissante pour Émeline. Ça faisait plusieurs jours que le réveillon était passé et qu'il avait récupéré la jeune fille détruite. Elle ne souriait plus comme à son habitude, elle était un peu comme une coquille vide et le cœur d'Alexander se pinçait à chaque croisement de regard. Émeline ne lui avait rien dit, pas un seul mot cependant le précepteur pouvait se former une seule idée dont il y croyait dur comme fer : les retrouvailles avec sa mère avaient été désastreuses.

Donc, depuis bien une semaine, il se cassait la tête à trouver une activité qui puisse sortir sa jeune protégée de son néant absolu. Le Bal tombait a pic, il n'aurait pas espéré mieux comme événement pour se changer les idées et Alexander était sûr que le père d'Émeline n'allait pas se trouver là-bas, impossible que l'entrée lui soit accepté. Le précepteur n'avait pas perdu de temps, trouva une jolie robe pour Émeline (ses économies en avaient pris un coup.) et sortit de son armoire un vieux costume qu'il allait plutôt bien avec le thème de la soirée, il suffisait de rajouter quelques motifs d'étoiles par-ci et par-là, rien de très compliqué quand on est sorcier depuis presque quatre décennies. Alexander avait annoncé la nouvelle à la jeune fille deux jours avants pour qu'elle puisse se préparer mentalement à sortir et lui laisser le temps découvrir la robe.

Le regard d'Alexander dériva sur la fontaine de la place et un petit sourire s'accrocha à ses lèvres. C'était juste là qu'il avait trouvé la petite perdue qui se tenait à ses côtés et qu'ils avaient discuté plusieurs fois de tout et n'importe quoi. C'étaient des bons souvenirs. Les yeux de l'homme allèrent sur Émeline qui semblait être autre part. Alexander plaça une main sur la tête de la jeune et y déposa ses lèvres un instant. "Ça va bien se passer, ne t'en fais pas.", il lui murmura avant de lui prendre sa main pour l'accompagner dans cette grande bulle.

Le précepteur montra leurs billets puis enleva sa grosse cape d'hiver et la déposa au vestiaire. Il profita du fait qu'ils étaient encore dans l'entrée pour déposer quelques Galions dans la boite à dons. Alexander accompagna dans la salle principale et un léger sentiment d'inconfort se faufila dans sa gorge. Il ne se sentait pas à sa place, les événements comme ça, ce n'était pas lui. Christopher* se fonderait dans le décor, il pensa en se souvenant du refus immédiat qu'il s'était pris de la part de son ami quand il lui avait proposé le bal de fin d'année. Il ne pouvait pas lui en vouloir, s'il croisait son frère... Alexander ne voulait pas imaginer ce qui se passerait.

Il n'avait pas besoin de penser à ça, pas maintenant. Là, le plus important, c'était Émeline.

500mots
@Émeline Joyner
Alexander donne 10 Galions
*C'est le père de Dorian, pas Christopher Hangoover :ninja:

Couleur: #253725 - 2A RP - Dorian le clown de service pour vous servir - Machine de guerre de Poufsouffle - Le pot de colle d'Elam Thomais - Petit Lutin - Animal Sauvage
4 janv. 2026, 22:18
RP libre Bal du Nouvel An 2051
Avant la soirée…

Anais était dans sa chambre. Elle venait de sortir de la douche et admirait la belle robe étalée sur son lit. Sa mère, pour la première fois, avait accepté que la jeune fille se rende au bal du Nouvel An.
Anais enfila rapidement sa robe et s’admira dans le miroir. La robe était bleue foncée, entre marine et nuit. Elle était constellée de petites pailletés argentée qui faisait penser à des étoiles. Elle avait des manches fines qui descendait jusqu’au poignets d’Anais. Un vol en V laissait apercevoir les clavicules de la jeune fille et la robe tombait jusqu’à ses pieds.
Sa mère toqua à la porte et l’entrouvrit.
- Je peux entrer ?
Anais hocha la tête et regarda sa mère. Cette dernière avait une robe semblable à celle de sa fille mais noir avec des petites étoiles dorées. Elle avait aussi des manches longues et un col en V. Elle tenait un petit coffret dans ses mains.
Tout doucement, Isabelle ouvrit le coffret et montra son contenu à sa fille. Il s’agissait d’un petit diadème argenté et de deux belles grandes boucles d’oreilles de la forme d’un losange. Anais ouvrit grand la bouche et regarda sa mère, incrédule.

Au bal…
Reducio
Tenue de Anais à gauche et de sa mère à droite
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C’est ainsi parurée qu’Anais fit son entrée au bal. Sa mère, a ses côtés, avait attaché ses cheveux dans une tresse simple et avait mis des créoles dorées. Elle était magnifique et Anais ne se gêna pas de le lui dire. Cette dernière, quant à elle, avait enroulés ses indomptables cheveux dans un chignon organisé. Mais elle avait laissé quelques mèches s’en échapper. Après l’avoir coiffée, sa mère avait posé le diadème sur sa tête et accroché les boucles d’oreilles à ses oreilles. La blonde avait ensuite prit une petite bague qu’elle avait glissé sur sa main gauche. Anais ressemblait à une princesse et souriait de toutes ses dents. Elle demanda même à sa mère de lui donner quelques gallions comme don. Isabelle lui les donna avec joie et la jeune filles les donna délicatement.
Les deux Hairwood entrèrent ensuite dans la salle et Anaïs resta bouche-bée devant les énormes décorations. Les galaxies semblaient si réelles !
Une fois l’étonnement passé, elle se permit d’observer les invités. Tous avait des robes ou des costumes magnifiques. La plupart faisait penser au ciel, à l’espace..
Anais chercha des enfants comme elle. Elle avait beau apprécier sa mère, elle ne voulait pas passé la soirée avec elle à discuter de travail.
La jeune blonde ne vit aucune de ses amies proche mais aperçu une Poufsouffle de son année qui semblait attendre quelqu’un et une Gryffondor de l’année d’en dessous qui admirait les décorations. Elle réfléchit quelques secondes puis s’adressa à sa mère.
- Maman je vais par là bas.
Elle montra la griffonne du doigt. Sa mère remarqua l’adulte qui accompagnait la camarade de sa fille et s’exclama.
- Je viens avec toi ma chérie !
Anais lui sourit et se dirigea vers sa camarade. Une fois à côté d’elle, elle lui adressa la parole.
- Salut. Tu es à Gryffondor c’est ça ? Moi aussi, je m’appelle Anais. Toi tu es…?
Elle s’arrêta dans ses questions et sourit. Sa mère avait commencé à discuter avec le père de la jeune fille.
- Bonjour Monsieur. Vous êtes le père de cette charmante demoiselle ? Ravie de vous rencontrez. Je crois que nos filles sont à Poudlard toutes le deux.
Anais secours la tête en soupirant. Sa mère était irrécupérable. Elle se tourna à nouveau vers sa camarade et remarqua la magnifique robe qu’elle portait.
- Waou ta robe elle est trop belle ! C’est toi qui l’a fait ?

Anais arrive au bal avec sa mère, voit @Shaïa Lee et va discuter avec @Hazel Dovee

Reducio
Anais et sa mère on fait un don de 50G

Hazel désolée de m’être incrustée. Tu peux tout à fait rejeter Anais.

Gryffondor / Paroles : 1C2B93
Promo 2049-2050 / pas encore inscrite à la chronologie
4 janv. 2026, 23:57
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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D.P -E.J
31 décembre 2050, début de soirée


Elle tenait fermement le bras d'Alexander et n'avait pas l'intention de le lâcher de si tôt. Quand son père de cœur lui avait ramené cette sublime robe de soirée et raconté qu'il avait réservé des places pour le Nouvel An, Émeline ne l'avait d'abord pas cru. Son protecteur n'était pas du genre à aimer se mélanger à la populace, surtout durant ce genre de festivités. Pourtant, à force d'une longue discussion et de plusieurs arguments, elle avait fini par abdiquer.

Avant, Émeline aurait sauté de joie à la nouvelle. L'adolescente adorait partager du temps avec lui, surtout quand il faisait de son mieux pour se sociabiliser. Cependant, en apprenant ce qu'il avait préparé, Émeline n'avait pas réussi à sourire. Cette sortie ne l'enchantait guère. Au contraire, elle aurait préféré se terrer au fond de sa chambre et ne plus jamais sortir de son lit. Depuis ce qui s'était passé chez sa mère, l'aiglonne souhaitait tout bonnement lâcher les rênes. Elle avait intentionnellement fermé les valves de ses émotions et attendait que les jours passent, les uns après les autres. En agissant ainsi, elle espérait que la douleur qu'elle sentait dans sa poitrine pourrait s'atténuer au fil du temps. Seulement, Alexander ne pouvait la laisser dans cet état. Même si cette sortie ne la réjouissait pas, elle avait bien dû reconnaître qu'il s'était véritablement démené pour lui préparer cette surprise.

Et puis, en dehors de tout ça, Émeline avait compris le but de tout ça. Il devait se dire que la mener dehors, lui faire du monde, pourrait lui changer les idées. Elle avait bien vu l'espoir qui résidait au fond de son regard. C'était bien ce qui l'avait fait flancher et qui l'avait poussé à faire, à son tour, un effort. S'il était capable de se rendre à cette soirée, elle pouvait bien montrer le bout de son nez, avaler quelques fourchettes de nourriture, partager une ou deux danses avec lui, puis lui soumettre une fuite stratégique. Si ça pouvait dissiper la peine qu'il ressentait pour elle, alors elle le ferait.

Ce fut ainsi qu'elle se retrouva à ses côtés, habillés tous les deux superbement pour la fête. Le voir si élégant lui plaisait, il était charmant et il avait le droit de se pomponner parfois. Néanmoins, Émeline gardait un œil sur lui, au cas où si quelqu'un osait l'approcher de trop près...Il n'était pas question qu'elle se fasse voler son père parce qu'il était trop beau. De son côté, elle n'avait pas l'habitude d'être apprêtée de cette façon, mais pour lui faire plaisir, elle avait enfilé la robe. Pour l'occasion, elle avait même fait un effort pour sa beauté et avait relevé ses cheveux tout en faisant attention à cacher sa tempe.

En arrivant à l'endroit indiqué, Émeline a toujours le bras d'Alexander, le regard un peu dans les vagues. Elle n'était pas encore rentrée qu'elle se sentait déjà extrêmement fatiguée. Vivement que ça se termine...Totalement perdue dans ses pensées, elle ne s'attendait pas à recevoir un geste tendre et un baiser. Les paroles réconfortantes qu'il lui murmura lui firent chaud au cœur. Instinctivement, sa tête se posa contre son épaule en guise de rapide câlin. Si elle était avec lui, elle pouvait tout supporter.

Ils rentrèrent à l'intérieur et arrivèrent directement près des vestiaires. Émeline passa sa cape à la sorcière qui s'en occupait et la remercia. Les bras mis à nu, elle se sentit un brin plus exhibée, comme si sa cape l'avait précédemment servi de bouclier. Alexander s'approcha pour donner un don et Émeline l'attendit près de l'entrée de la pièce principale. Tout en restant discrète, elle prit une inspiration pour se donner du courage. Un bal n'allait pas l'achever, après tout, elle avait vécu bien pire quelques jours avant.

Il suffisait d'avancer, de se fondre dans la masse et de garder les yeux rivés sur le spectacle et la beauté des lieux. D'ailleurs, en parlant de beauté, celle de la bulle était particulièrement accueillante. Émeline s'approcha de l'oreille d'Alexander pour lui partager quelques mots.

- Ils se sont donnés sur la déco, c'est vraiment joli.

Son regard divagua sur les étoiles qui parsemaient ce ciel factice et elle sentit son poids s'amoindrir quelque peu. Peut-être, qu'après tout, ils allaient passer une bonne soirée. Les quelques discussions de la salle venaient se battre dans ses oreilles, créant un brouhaha ambiant, accompagné par quelques notes de musique. Toutes ces agitations aux alentours ne lui permettaient pas réellement de reconnaître des personnes. Elle était persuadée qu'elle allait croiser des élèves, sûrement accompagnés par leurs parents, voire même des professeurs. Tant qu'elle ne quittait pas Al, elle avait moins de chances de tomber sur une connaissance.

(781 mots)
Émeline reste près d'Alexander Caldwell (@Dorian Peachey) et ne fait pas vraiment attention aux autres convives
Vous pouvez évidemment interagir avec Émi si vous le souhaitez ! :happy:
Dernière modification par Émeline Joyner le 21 janv. 2026, 23:52, modifié 2 fois.

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
5 janv. 2026, 09:50
RP libre Bal du Nouvel An 2051
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PNJ actif : Jude River
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J’avance avec Jude qui a l’air d’être comme un Kelpie dans l’eau. Quand je dis ça, c’est vraiment le cas, hein. C’est pas un espèce de parallèle à l’expression être comme un poisson dans l’eau pour dire qu’on se sent bien dans son environnement, t’es capté ? Jude et moi, on a rien à foutre ici. Non. Moi je dis ça parce que bordel j’ai l’impression de voir une foutue prédatrice cachée dans les algues, prête à fondre sur le premier pauvre type pas assez malin pour comprendre qu’il va se faire bouffer si il s’approche trop. Jude, parfois, elle me fait flipper, j’te jure. Elle a toujours quinze coups d’avance dans un jeu que j’ai même pas anticipé ! Moi, comme un con, je pensais qu’on venait juste bouffer et picoler sans dépenser un seul kopeck, t’es capté ? C’est ce qu’elle m’a vendu !

Deux flûtes dans ses mains, récupérées sur une table qu’on a frôlé, Jude m’en tend une dans un grand sourire. « Du champagne, Lloyd» qu’elle me dit tout bas de sa voix trop grave qui résonne dans sa poitrine. Et elle me balance ça comme si elle me présentait un truc de dingue que je connais pas. J’ai un sourcil qui bondit, la bouche qui se plisse. Elle se fout de ma tronche, hein ? Elle me jette un regard moqueur et boit sa coupe, la tête qui bascule en arrière. Je la regarde faire, comme un abruti avec mon champagne à la main. Elle se rend compte qu’elle se mêle pas du tout dans le décor ou faut que je lui dise…?

D’un même mouvement, on se tourne vers une bourgeoise à trois pattes qui nous approche. J’ai direct le regard qui dégouline le long de la jolie dame. Mate moi la beauté de la robe. Celle-là, elle porte tout son pognon sur elle. J’m’y connais en fringue, parce que c’était le premier truc que je regardais chez les femmes chez qui je voulais me faire inviter, t’as capté ?
Jude, elle, forcément, elle fige pas sur la robe, tu vois ? Non, ben non… Jude, elle dévore l’intégralité de ce qu’elle voit. La robe, ouais, parce que c’est une dinguerie. Mais les courbes, aussi, juste ce qu’il faut pour pas que ce soit perçu comme du léchage de vitrine, t’as capté ? Jude lève finalement la tête vers la dame… qui l’appelle Madame.
Fais suer. Après ça, elle va plus se sentir.

Jude incline la tête dans un sourire, et elle fait ça bien. Pas comme une bourgeoise tout droit sortie de sa demeure, tu vois ? Plus par mimétisme. Je l’ai vu observer les gens. Je sais qu’elle a enregistré des codes sociaux. Moi ? Je me sens pas du tout à ma place. J’ai les orteils qui s’agitent dans mes pompes de ville, bordel ! Je porte des chaussures de ville ! Ça fait vingt ans que je porte des Docs, et là je me retrouve avec des grolles de type qui bosse dans les finances ! J’te jure, ça va que j’ai les cheveux colorés et mon tatouage sur le bras pour me rappeler que je suis Lloyd fucking River.

« Jude River », répond ma sœur à la belle dame a trois pattes. Elle penche un peu la tête, comme pour apprécier la robe d’Adélaïde… sérieux, même le nom, il pue le fric. « Niveau splendeur, Adélaïde, vous remportez tout les trophées. » Elle lui sort ça avec sa voix grave, ça sort comme un ronronnement de lionne qui sait pas encore si elle a flairé une compagne de chasse… ou un zèbre dans lequel elle se taillerait bien un cuissot.
Jude se rappelle que j’existe, et tend une main vers moi dans un sourire. « Et celui-là, c’est Lloyd. Mon petit frère. »

Je regarde Jude fixement. Je sais pas ce que je dois faire. La saluer comme un de ces peigne-cul que j’ai pu voir ? Ou je lui tend une main ? Je lui tape une bise ? Bordel, je fais quoi ? Ah, bordel, j’aime pas ça !
Je me tourne vers la dame, je lui souris comme je sais bien le faire et lui dit : « Hey. »
Hey ? Hey ? Sérieux, grand con ? Hey ? Mais vas y, tape lui un check, aussi, hein ? Bordel, j’ai envie de m’enterrer. Je suis pas fait pour gérer les gens là. Sérieux, si Jude était pas là, ça irait, tu vois ? Je serai moi même… bon, déjà je serai pas là, on va pas se mentir. Je préfère quand les bourgeois viennent sur mon territoire, c’est plus simple, parce que ce sont eux qui plient. Mais là, c’est moi qui suis sur le leur. J’ai pas d’alcool dans le sang, j’ai rien dans le sang à part de la nicotine… et j’ai pas l’habitude de ça non plus. J’ai juste mon foutu-garde fou qui me force à me tenir bien calme. Sauf que le calme, moi, j’en veux pas, bordel ! Je peux pas être calme ! J’ai un foutu lutin dans le crâne qui m’empêche d’être concentré plus de cinq secondes. Là, tu vois, j’ai l’oeil qui saute d’une broderie à une autre, qui s’accroche à un bijou, qui passe à un autre, qui évite de se ficher dans le décolleté de Madame Adélaïde Brennen de la Patte-Patte-Patte parce que sinon, la troisième papatte, je vais me la prendre en travers de la tronche. Pourquoi elle a une canne, en plus ? Pourquoi elle a une foutue canne ? Pourquoi les bourgeois ont toujours une canne ? Ça me fait péter un câble.

Jude sent le regard de la dame sur son bras, et elle aime ça. Elle laisse glisser ses doigts sur ses tatouages dans un sourire, sans la lâcher des yeux. Et quand Madame lève les yeux au plafond, je vois Jude qui prend bien son temps pour observer sa gorge avant de l’imiter. Jude, elle adore les gorges. Je le sais, je la vois mater des gorges toute la journée. Toutes mes nanas y sont passé. Elle les connaît mieux que moi.

Du coup, elles ont toutes le deux les yeux au plafond. Ça, je sais faire, alors je les imite… ouais, ben ce sont des étoiles, quoi. Même pas des vrais.
Oh, j’ai un flash. Une jolie tortionnaire de cœur allongée sur un toit avec mon torse comme oreiller, avec qui je regarde les étoiles du ciel de Londres. Merde. J’aime pas penser à Miya. Je crois que c’est à elle que j’aime le point penser.

« Magnifique », confirme Jude. « Mais ça ne sera jamais aussi beau qu’un vrai ciel en Été, je trouve... quoi que le ciel d'Hiver se défend bien. » Elle tend une main baguée vers une constellation. De son doigt, elle montre trois étoiles bien alignées. Enfin, je crois. En vrai, je m’en tape. Je bois mon champagne tranquille. « C’est… Orion, je crois ? Je vois plus assez les étoiles avec la pollution lumineuse de Londres. » Jude lâche un rire bien rauque, un de ceux que j’aime bien, qui me fait sourire direct. Je la regarde, elle fait pas du tout attention à moi.
Elle a l’air contente, ça me suffit, en fait.
Jude et Lloyd boivent du champagne avant d'être interrompue par @Adélaïde Brennen. Si Lloyd est particulièrement perturbé (et ridiculisé) par cette interaction, ce n'est pas le cas de Jude, qui semble apprécié l’interaction.

1217 mots

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Employé à la Fausse Danse depuis septembre 2050.
Miyaromantique | Captain Ouin Ouin