des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
◉ Précédemment...
Note pour la modération : La situation débute avant couvre-feu, au coucher du soleil. Les deux personnages ne sont pas en infraction par rapport au règlement intérieur au début du récit. Des annotations préciseront l'avancement des horaires au fur et à mesure.
Crépuscule.
Le soleil projette ses derniers faisceaux dans le ciel écarlate. Quelques nuages circonspects naviguent en silence, observant discrètement le grand théâtre coloré qui s'apprête à se jouer sous leurs yeux. Au sol les âmes errent, se pressent ou s'enthousiasment de la fin de journée en approche. Loin au-dessus de leur bourdonnement insignifiant, le grand astre poursuit son œuvre céleste, bien que déclinant lentement devant la fatigue qui se fait pressentir. Force tranquille mais souveraine, il refuse d'abandonner la Terre à l'obscurité, et s'efforce encore d'accomplir son devoir de grand éclaireur. Mais cette offre a un coût, et comme Prométhée jadis châtié il paie cher le prix de sa générosité. Chaque soir, au retour de ces heures où la lumière pâlit, le même supplice lui est infligé.
Poignardé en plein cœur et de toute part accablé, on le torture et le déchire jusqu'à ce qu'il se répande en de longs rayons ensanglantés. Éprouvé par les coups de son adversaire invisible, il gémit et se vide dans une lente agonie à la surface de l'horizon. Le Temps le presse d'éteindre ses feux, pour parachever le cycle lumineux qui est le sien. Sa fin parait inévitable, pourtant voilà qu'il s'agite et se lève pour résister. Le moment est venu pour lui de mener un dernier combat qui le parera de gloire. Son pouvoir est atteint mais pas encore vain, et sa mission ne saurait s'achever sans avoir affronté son destin.
Ses traits se tordent, son énergie se contracte ; dans un ultime sursaut, il jette ses dernières forces et explose de couleurs. Myriade de fragments orangés, sublime perfection dans l'immensité, il rayonne et éblouit avec une puissance inégalée. Ce coup d'éclat dure quelques instants qui paraissent éternité, comme si le jour ne devait jamais pouvoir s'estomper. Mais déjà la réalité le rattrape et le résous à rendre son dernier souffle, sans protester. En quelques minutes il s'effondre et part achever sa chute derrière des reliefs éloignés. Il s’éteint, mais demain immortel il renaîtra comme le Phénix, et reviendra baigner le monde de sa lumière salvatrice.
Du grand combat n'étaient restées que des cendres, une poussière étoilée qui avait parsemé le ciel obscurci. Dans cet ordre nocturne nouvellement établi, une belle toile pailletée s'étirait à l'infini. Le calme était revenu, un nouvel astre avait pris le relai et dominait le monde de sa blafarde clarté. Le règne du jour avait atteint son terme dans son habituel fracas silencieux. Désormais on admirait la Nuit Étoilée, c'était le temps des miracles. Un souffle, un battement, puis vint l'oracle : quelque part dans l'immensité, une étoile filante passa. Échos de voix, exclamations d'étonnement. Quelque chose se tramait ici-bas.
Comme à chaque soleil couchant, le spectacle n'avait pas manqué d'attirer quelques individus bien avisés, curieux visiteurs égarés loin de leur chemin prédestiné. Accrochés aux rambardes métalliques de la haute tour d'astronomie, deux jeunes élèves semblaient se délecter de cette dernière prestation avec un intérêt renouvelé. Tous deux vêtus de sombre, la noirceur de leurs parures n'avait d'égale que celle de leurs cheveux. Ils se fondaient dans la nuit comme de silencieux cavaliers contemplant leur royaume. En les observant, leur présence en ces lieux devenait presque évidente. Un garçon, une fille, un tandem muet face aux cieux. Des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux.
La soirée choisie était idéale, et Mattew le savait. Le ciel était dégagé et la pleine lune passée d'un jour seulement. Une pareille occasion était tout simplement immanquable. Le soleil n'était pas couché depuis plus d'une heure que les différents astres scintillaient déjà partout au-dessus de leurs deux têtes éclairées. « Les étoiles sont vraiment belles ce soir », avait-il commenté. Bel euphémisme pour décrire toute la fascination nourrie par ses yeux face à la grandeur céleste. Lorsqu'il tourna la tête, Émeline était toujours à ses côtés, et semblait également profiter de la vue. Pareil rendez-vous pouvait paraître étrange, mais depuis leur récente entrevue1 l'idée était apparue comme une évidence. Ensemble ils étaient eux-mêmes et vivants, les choses étaient simples, et ils n'avaient pas besoin de se cacher ou de se justifier. Plus encore, ce soir marquait un tournant. Ce ne serait pas leur premier échange, pourtant c'était bien là qu'ils allaient enfin vraiment se rencontrer.
Note pour la modération : La situation débute avant couvre-feu, au coucher du soleil. Les deux personnages ne sont pas en infraction par rapport au règlement intérieur au début du récit. Des annotations préciseront l'avancement des horaires au fur et à mesure.
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Mercredi 10 novembre 2049, Tour d'Astronomie
Émeline Joyner // Mattew Thomas

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Mercredi 10 novembre 2049, Tour d'Astronomie
Émeline Joyner // Mattew Thomas
Crépuscule.
Le soleil projette ses derniers faisceaux dans le ciel écarlate. Quelques nuages circonspects naviguent en silence, observant discrètement le grand théâtre coloré qui s'apprête à se jouer sous leurs yeux. Au sol les âmes errent, se pressent ou s'enthousiasment de la fin de journée en approche. Loin au-dessus de leur bourdonnement insignifiant, le grand astre poursuit son œuvre céleste, bien que déclinant lentement devant la fatigue qui se fait pressentir. Force tranquille mais souveraine, il refuse d'abandonner la Terre à l'obscurité, et s'efforce encore d'accomplir son devoir de grand éclaireur. Mais cette offre a un coût, et comme Prométhée jadis châtié il paie cher le prix de sa générosité. Chaque soir, au retour de ces heures où la lumière pâlit, le même supplice lui est infligé.
Poignardé en plein cœur et de toute part accablé, on le torture et le déchire jusqu'à ce qu'il se répande en de longs rayons ensanglantés. Éprouvé par les coups de son adversaire invisible, il gémit et se vide dans une lente agonie à la surface de l'horizon. Le Temps le presse d'éteindre ses feux, pour parachever le cycle lumineux qui est le sien. Sa fin parait inévitable, pourtant voilà qu'il s'agite et se lève pour résister. Le moment est venu pour lui de mener un dernier combat qui le parera de gloire. Son pouvoir est atteint mais pas encore vain, et sa mission ne saurait s'achever sans avoir affronté son destin.
Ses traits se tordent, son énergie se contracte ; dans un ultime sursaut, il jette ses dernières forces et explose de couleurs. Myriade de fragments orangés, sublime perfection dans l'immensité, il rayonne et éblouit avec une puissance inégalée. Ce coup d'éclat dure quelques instants qui paraissent éternité, comme si le jour ne devait jamais pouvoir s'estomper. Mais déjà la réalité le rattrape et le résous à rendre son dernier souffle, sans protester. En quelques minutes il s'effondre et part achever sa chute derrière des reliefs éloignés. Il s’éteint, mais demain immortel il renaîtra comme le Phénix, et reviendra baigner le monde de sa lumière salvatrice.
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Du grand combat n'étaient restées que des cendres, une poussière étoilée qui avait parsemé le ciel obscurci. Dans cet ordre nocturne nouvellement établi, une belle toile pailletée s'étirait à l'infini. Le calme était revenu, un nouvel astre avait pris le relai et dominait le monde de sa blafarde clarté. Le règne du jour avait atteint son terme dans son habituel fracas silencieux. Désormais on admirait la Nuit Étoilée, c'était le temps des miracles. Un souffle, un battement, puis vint l'oracle : quelque part dans l'immensité, une étoile filante passa. Échos de voix, exclamations d'étonnement. Quelque chose se tramait ici-bas.
Comme à chaque soleil couchant, le spectacle n'avait pas manqué d'attirer quelques individus bien avisés, curieux visiteurs égarés loin de leur chemin prédestiné. Accrochés aux rambardes métalliques de la haute tour d'astronomie, deux jeunes élèves semblaient se délecter de cette dernière prestation avec un intérêt renouvelé. Tous deux vêtus de sombre, la noirceur de leurs parures n'avait d'égale que celle de leurs cheveux. Ils se fondaient dans la nuit comme de silencieux cavaliers contemplant leur royaume. En les observant, leur présence en ces lieux devenait presque évidente. Un garçon, une fille, un tandem muet face aux cieux. Des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux.
(✦)
La soirée choisie était idéale, et Mattew le savait. Le ciel était dégagé et la pleine lune passée d'un jour seulement. Une pareille occasion était tout simplement immanquable. Le soleil n'était pas couché depuis plus d'une heure que les différents astres scintillaient déjà partout au-dessus de leurs deux têtes éclairées. « Les étoiles sont vraiment belles ce soir », avait-il commenté. Bel euphémisme pour décrire toute la fascination nourrie par ses yeux face à la grandeur céleste. Lorsqu'il tourna la tête, Émeline était toujours à ses côtés, et semblait également profiter de la vue. Pareil rendez-vous pouvait paraître étrange, mais depuis leur récente entrevue1 l'idée était apparue comme une évidence. Ensemble ils étaient eux-mêmes et vivants, les choses étaient simples, et ils n'avaient pas besoin de se cacher ou de se justifier. Plus encore, ce soir marquait un tournant. Ce ne serait pas leur premier échange, pourtant c'était bien là qu'ils allaient enfin vraiment se rencontrer.
@Émeline Joyner,
Une introduction bien longue et alambiquée,
Mais enfin je leur permet de re-dialoguer.
Une introduction bien longue et alambiquée,
Mais enfin je leur permet de re-dialoguer.
Je cherche les Couleurs.
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Il était là.
Immobile, se tenant près de la balustrade, le visage porté vers le ciel.
Émeline, arrivée en haut des escaliers, fut prise entre un mélange de soulagement et d'euphorie en le voyant là, à l'attendre bien gentiment. Comme si elle avait peur que sa vision ne soit qu'un songe, elle patienta quelques secondes, observant son dos à la dérobée.
Était-ce enfin à son tour ? De connaître l'amitié qui coulait de source et dont la crainte de fauter n'existait pas. Pouvait-elle vraiment l'espérer, après tant d'années à se confronter à l'indifférence des gens de son âge ? Pour le savoir, il lui suffisait de faire un pas en avant.
Un pas pour emprunter ce chemin qu'elle avait entrevu au parc.
- T'as trouvé le chemin, dit-elle pour briser le silence, un grand sourire aux lèvres.
Elle s'approcha de lui, abandonnant le coin d'ombre qui la dissimulait et prit place à ses côtés avec une aisance nouvelle. De loin, on aurait pu croire qu'elle l'avait déjà fait maintes fois par le passé. Pourtant, ils n'étaient, en réalité, que de brèves connaissances croisées autour d’un tronc quelconque, un jour quelconque, à une heure quelconque.
Sans rajouter quoique ce soit, elle leva sa tête à son tour, plongeant ses yeux dans l'immensité des cieux. L'amusement glissa de ses traits pour se transformer en admiration. Le soleil avait quitté son poste, disparaissant au loin à travers l'horizon. Le commencement de la nuit fut là, se dessinant progressivement sous leurs yeux émerveillés.
Postée contre la barre, ses doigts se cramponnant au fer, Émeline savoura le spectacle et la saveur du vent contre sa peau. L'automne battait tel un cœur plein et vigoureux, faisant rougir les feuilles des arbres et glaçant les pétales par son souffle. Encore quelques semaines et bientôt, les plaines du parc se verraient recouvrir d'un manteau blanc et les arbres devraient abandonner leurs habits feuillus. Ce déroulement des saisons inéluctable rendait chaque vue de ce paysage changeant tel un cadeau généreusement offert à leur regard.
Le ciel noircit au fil des minutes, laissant apparaître les étoiles en son sein. Au commentaire de Mattew, l'adolescente hocha de la tête, envoûtée par leur beauté.
- Elles le sont chaque soir, c'est juste qu'on ne prend pas toujours le temps de les voir, commenta-t-elle d'un air rêveur.
Prise d'une envie de bouger, elle se mit à légèrement se balancer de droite à gauche, touchant parfois l'épaule du garçon. À chaque fois qu'elle le frôlait, son sourire s'illuminait. Avait-elle du mal à contenir sa joie ? Légèrement...
- Tu n'as pas oublié ton matos pour dessiner, hein ? Le paysage est trop beau pour qu'on fasse que le regarder, faut le croquer !
Tout en prononçant ses mots, elle sortit de son sac son carnet personnel, le montrant fièrement au Poufsouffle. L'heure des artistes était là, prête à être respectée par ces deux âmes en quête des étoiles.
485 mots
@Mattew Thomas - c'est un plaisir de te retrouver
Immobile, se tenant près de la balustrade, le visage porté vers le ciel.
Émeline, arrivée en haut des escaliers, fut prise entre un mélange de soulagement et d'euphorie en le voyant là, à l'attendre bien gentiment. Comme si elle avait peur que sa vision ne soit qu'un songe, elle patienta quelques secondes, observant son dos à la dérobée.
Était-ce enfin à son tour ? De connaître l'amitié qui coulait de source et dont la crainte de fauter n'existait pas. Pouvait-elle vraiment l'espérer, après tant d'années à se confronter à l'indifférence des gens de son âge ? Pour le savoir, il lui suffisait de faire un pas en avant.
Un pas pour emprunter ce chemin qu'elle avait entrevu au parc.
- T'as trouvé le chemin, dit-elle pour briser le silence, un grand sourire aux lèvres.
Elle s'approcha de lui, abandonnant le coin d'ombre qui la dissimulait et prit place à ses côtés avec une aisance nouvelle. De loin, on aurait pu croire qu'elle l'avait déjà fait maintes fois par le passé. Pourtant, ils n'étaient, en réalité, que de brèves connaissances croisées autour d’un tronc quelconque, un jour quelconque, à une heure quelconque.
Sans rajouter quoique ce soit, elle leva sa tête à son tour, plongeant ses yeux dans l'immensité des cieux. L'amusement glissa de ses traits pour se transformer en admiration. Le soleil avait quitté son poste, disparaissant au loin à travers l'horizon. Le commencement de la nuit fut là, se dessinant progressivement sous leurs yeux émerveillés.
Postée contre la barre, ses doigts se cramponnant au fer, Émeline savoura le spectacle et la saveur du vent contre sa peau. L'automne battait tel un cœur plein et vigoureux, faisant rougir les feuilles des arbres et glaçant les pétales par son souffle. Encore quelques semaines et bientôt, les plaines du parc se verraient recouvrir d'un manteau blanc et les arbres devraient abandonner leurs habits feuillus. Ce déroulement des saisons inéluctable rendait chaque vue de ce paysage changeant tel un cadeau généreusement offert à leur regard.
Le ciel noircit au fil des minutes, laissant apparaître les étoiles en son sein. Au commentaire de Mattew, l'adolescente hocha de la tête, envoûtée par leur beauté.
- Elles le sont chaque soir, c'est juste qu'on ne prend pas toujours le temps de les voir, commenta-t-elle d'un air rêveur.
Prise d'une envie de bouger, elle se mit à légèrement se balancer de droite à gauche, touchant parfois l'épaule du garçon. À chaque fois qu'elle le frôlait, son sourire s'illuminait. Avait-elle du mal à contenir sa joie ? Légèrement...
- Tu n'as pas oublié ton matos pour dessiner, hein ? Le paysage est trop beau pour qu'on fasse que le regarder, faut le croquer !
Tout en prononçant ses mots, elle sortit de son sac son carnet personnel, le montrant fièrement au Poufsouffle. L'heure des artistes était là, prête à être respectée par ces deux âmes en quête des étoiles.
485 mots
@Mattew Thomas - c'est un plaisir de te retrouver
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Ils étaient haut. Très haut. Comme isolés du monde, loin des perturbateurs et des perturbations. Cette hauteur produisait en lui un léger vertige, pourtant il la trouvait aussi excitante. Vertige à la fois physique et symbolique. Leur distance aux autres, et l'immensité des choses qu'ils avaient à combler pour apprendre à se connaître, l'infinité de possibilités qui s'ouvraient à eux. Mais c'était cette même infinité qui l'intéressait tant. Sa curiosité le brûlait de découvrir la suite.
La terre en contrebas paraissait bien lointaine. Les lumières et les quelques dernières présences humaines formaient de petits points à peine perceptibles dans le voile nocturne. Ils ne devaient leur visibilité qu'à ce bel astre qui veillait doucement sur eux de sa douce et pâle couleur. L'œil du garçon naviguait le long des courbes et des angles, suivant les traits révélés par la Pleine Lune. Il s'y voyait, il y vivait. C'était lui, ouvrant cette fenêtre, escaladant cette tourelle puis marchant sur cette toiture. S'accrochant à cet arbre puis disparaissant derrière ce buisson. Un voyage silencieux et intérieur, un voyage intime. Une évasion.
Leurs épaules se heurtaient de temps à autres. Loin de l'importuner, le mouvement de balancier d'Émeline venait rythmer son escapade imaginaire. Un mouvement incontrôlé que l'on aurait eu tord d'attribuer seulement à la cette dernière. Car le jeune homme n'était pas un grand friand du contact physique, et la possibilité de s'écarter s'offrait de nouveau à lui à chaque instant. Était-ce le froid ? Une forme inavouée de complicité ? L'appréciation de chacun se chargera de cette distinction, mais novembre avait débuté de manière bien ensoleillée.
Cette contemplation muette se poursuivit encore un moment. Parfois, un ressenti, une émotion et un vécu suffisaient à exprimer des choses que les mots seuls auraient été incapable de nommer. Et leur expérience n'avait pas besoin que de mots pour se créer. La voix, l'enchaînement des syllabes, se feraient dans un second temps. Dans ces instants de flottement, le garçon se surprit à ressentir comme une connexion. Insoupçonnée, invérifiable, mais qui l'interrogea. Ici il ne se sentait pas jugé, il respirait chaque bouffée d'air avec aisance et plénitude, il vivait. Du haut d'une tour de l'autre côté du château, son esprit sauta, plongea, puis s'envola. Gagna les étoiles, en choisit une, et fila vers elle, happé par la lumière. T'as trouvé le chemin. Oui ; la destination de ce voyage était toute indiquée. La bonne étoile était arrivée.
Son regard rencontra celui d'Émeline. Plus qu'un simple échange, plus que deux visions confrontées, deux âmes connectées. Un premier fil - certes frêle et timide - se tissait. Malgré sa façade discrète et protectrice, l'instant lui arracha un sourire.
‒ Je n'oublie jamais mes essentiels...
Corps en mouvement, il rassembla ses outils, tirés de ses différentes poches. Son fidèle calepin, quelques crayons. Garder la simplicité, l'authenticité. Puis ses yeux s'attardèrent sur un objet accroché à son poignet gauche. Sans même en consulter le cadran, Mattew ôta sa montre et la rangea au fond de sa poche. Ce soir le Temps ne dicterait rien pour eux. Les artistes étaient maîtres de leur destin.
La terre en contrebas paraissait bien lointaine. Les lumières et les quelques dernières présences humaines formaient de petits points à peine perceptibles dans le voile nocturne. Ils ne devaient leur visibilité qu'à ce bel astre qui veillait doucement sur eux de sa douce et pâle couleur. L'œil du garçon naviguait le long des courbes et des angles, suivant les traits révélés par la Pleine Lune. Il s'y voyait, il y vivait. C'était lui, ouvrant cette fenêtre, escaladant cette tourelle puis marchant sur cette toiture. S'accrochant à cet arbre puis disparaissant derrière ce buisson. Un voyage silencieux et intérieur, un voyage intime. Une évasion.
Leurs épaules se heurtaient de temps à autres. Loin de l'importuner, le mouvement de balancier d'Émeline venait rythmer son escapade imaginaire. Un mouvement incontrôlé que l'on aurait eu tord d'attribuer seulement à la cette dernière. Car le jeune homme n'était pas un grand friand du contact physique, et la possibilité de s'écarter s'offrait de nouveau à lui à chaque instant. Était-ce le froid ? Une forme inavouée de complicité ? L'appréciation de chacun se chargera de cette distinction, mais novembre avait débuté de manière bien ensoleillée.
Cette contemplation muette se poursuivit encore un moment. Parfois, un ressenti, une émotion et un vécu suffisaient à exprimer des choses que les mots seuls auraient été incapable de nommer. Et leur expérience n'avait pas besoin que de mots pour se créer. La voix, l'enchaînement des syllabes, se feraient dans un second temps. Dans ces instants de flottement, le garçon se surprit à ressentir comme une connexion. Insoupçonnée, invérifiable, mais qui l'interrogea. Ici il ne se sentait pas jugé, il respirait chaque bouffée d'air avec aisance et plénitude, il vivait. Du haut d'une tour de l'autre côté du château, son esprit sauta, plongea, puis s'envola. Gagna les étoiles, en choisit une, et fila vers elle, happé par la lumière. T'as trouvé le chemin. Oui ; la destination de ce voyage était toute indiquée. La bonne étoile était arrivée.
Son regard rencontra celui d'Émeline. Plus qu'un simple échange, plus que deux visions confrontées, deux âmes connectées. Un premier fil - certes frêle et timide - se tissait. Malgré sa façade discrète et protectrice, l'instant lui arracha un sourire.
‒ Je n'oublie jamais mes essentiels...
Corps en mouvement, il rassembla ses outils, tirés de ses différentes poches. Son fidèle calepin, quelques crayons. Garder la simplicité, l'authenticité. Puis ses yeux s'attardèrent sur un objet accroché à son poignet gauche. Sans même en consulter le cadran, Mattew ôta sa montre et la rangea au fond de sa poche. Ce soir le Temps ne dicterait rien pour eux. Les artistes étaient maîtres de leur destin.
@Émeline Joyner
j'aime déjà beaucoup trop ce moment
j'aime déjà beaucoup trop ce moment
Je cherche les Couleurs.
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Les essentiels...Voilà un terme qui correspondait parfaitement à son matériel pour dessiner.
Ses crayons, sa gomme, son carnet, tous possédaient leur importance dans l'équation qu'était l'acte de dessiner pour la Serdaigle. Essentiel, oui, ça l'était pour elle dans les moments où elle n'arrivait plus à croiser l'odeur fétide de son père ou du tranchant de ses mots. Au château, il s'agissait d'un simple loisir qu'elle appréciait faire. Chez-elle, c'était l'un de ses rares moyens d'oublier. Mettre de côté l'injustice et sa propre peine à travers des croquis qui faisaient battre son cœur.
Et puis, en se donnant corps et âme à cet art, elle savait qu'elle était capable de revoir cet éclair d'étonnement qu'elle avait aperçu dans le regard d'Alexander, le jour où elle lui avait prouvé son talent. L'homme l'avait félicité avec cette manière bien dosée qui lui était propre, sans réussir à camoufler l'éclat changeant dans ses yeux. Une vive satisfaction s'était logée dans sa poitrine d'adolescente, comme si cet exploit était la plus belle chose qu'elle avait réussi à faire jusqu'alors.
Depuis ça, elle crayonnait de jour comme de nuit, tout ça pour revoir la fierté teinter le chocolat de son regard.
Ce soir-là, elle était aussi en compagnie d'un regard aux notes boisées. Cependant, celui-ci dégageait une aura plus douce, accentuée par la magie de l'instant. La beauté du ciel était là, prête à s'offrir à eux seuls. Offrande qu'ils comptaient bien accepter avec toute la passion qui regorgeait en eux.
Sur cette lancée de bonheur qui ne la quittait pas, Émeline prit place sur le sol en se mettant en tailleur. Sa main retourna à son sac encore à moitié ouvert et en sortit un emballage fait d'un chiffon blanc. Elle le dénoua soigneusement, découvrant des petits sandwichs.
- Vu qu'on va manquer le repas, j'me suis dit que de demander un en-cas aux elfes ne serait pas de trop, fit-elle en lui présentant leurs victuailles du soir. Sers-toi ! l'encouragea-t-elle en se permettant d'en piquer un.
Une seule bouchée lui suffit à accentuer sa bonne humeur. Certes, il ne s'agissait pas d'un repas à faire tomber les papilles, ça n'en restait pas moins de la nourriture préparée avec amour. Pour Émeline, il n'y avait rien de meilleur...Sauf peut-être le sucre !
Elle finit en un rien de temps le sandwich et s'apprêta à en prendre un deuxième avant de se lancer dans son dessin. Proche de réaliser son geste, Émeline se figea une seconde, comme si un flash venait de la traverser.
- C'est vrai ! J'avais zappé !
Quelques mots lâchés à la hâte, suivis par la prise de son carnet et la recherche d'une page bien précise. Elle trouva rapidement celle dont elle avait besoin et l'arracha des anneaux. Émeline lui tendit la feuille, un sourire amusé aux lèvres.
- Comme promis, un mouton pour Monsieur Thomas.
Un rire avait failli lui échapper, bien consciente que le niveau du dessin était sacrément ridicule. L'adolescente était clairement en capacité de faire mieux, mais au lieu de réaliser un mouton parfait, elle avait préféré jouer la carte de l'humour.
517 mots
@Mattew Thomas
Ses crayons, sa gomme, son carnet, tous possédaient leur importance dans l'équation qu'était l'acte de dessiner pour la Serdaigle. Essentiel, oui, ça l'était pour elle dans les moments où elle n'arrivait plus à croiser l'odeur fétide de son père ou du tranchant de ses mots. Au château, il s'agissait d'un simple loisir qu'elle appréciait faire. Chez-elle, c'était l'un de ses rares moyens d'oublier. Mettre de côté l'injustice et sa propre peine à travers des croquis qui faisaient battre son cœur.
Et puis, en se donnant corps et âme à cet art, elle savait qu'elle était capable de revoir cet éclair d'étonnement qu'elle avait aperçu dans le regard d'Alexander, le jour où elle lui avait prouvé son talent. L'homme l'avait félicité avec cette manière bien dosée qui lui était propre, sans réussir à camoufler l'éclat changeant dans ses yeux. Une vive satisfaction s'était logée dans sa poitrine d'adolescente, comme si cet exploit était la plus belle chose qu'elle avait réussi à faire jusqu'alors.
Depuis ça, elle crayonnait de jour comme de nuit, tout ça pour revoir la fierté teinter le chocolat de son regard.
Ce soir-là, elle était aussi en compagnie d'un regard aux notes boisées. Cependant, celui-ci dégageait une aura plus douce, accentuée par la magie de l'instant. La beauté du ciel était là, prête à s'offrir à eux seuls. Offrande qu'ils comptaient bien accepter avec toute la passion qui regorgeait en eux.
Sur cette lancée de bonheur qui ne la quittait pas, Émeline prit place sur le sol en se mettant en tailleur. Sa main retourna à son sac encore à moitié ouvert et en sortit un emballage fait d'un chiffon blanc. Elle le dénoua soigneusement, découvrant des petits sandwichs.
- Vu qu'on va manquer le repas, j'me suis dit que de demander un en-cas aux elfes ne serait pas de trop, fit-elle en lui présentant leurs victuailles du soir. Sers-toi ! l'encouragea-t-elle en se permettant d'en piquer un.
Une seule bouchée lui suffit à accentuer sa bonne humeur. Certes, il ne s'agissait pas d'un repas à faire tomber les papilles, ça n'en restait pas moins de la nourriture préparée avec amour. Pour Émeline, il n'y avait rien de meilleur...Sauf peut-être le sucre !
Elle finit en un rien de temps le sandwich et s'apprêta à en prendre un deuxième avant de se lancer dans son dessin. Proche de réaliser son geste, Émeline se figea une seconde, comme si un flash venait de la traverser.
- C'est vrai ! J'avais zappé !
Quelques mots lâchés à la hâte, suivis par la prise de son carnet et la recherche d'une page bien précise. Elle trouva rapidement celle dont elle avait besoin et l'arracha des anneaux. Émeline lui tendit la feuille, un sourire amusé aux lèvres.
- Comme promis, un mouton pour Monsieur Thomas.
Un rire avait failli lui échapper, bien consciente que le niveau du dessin était sacrément ridicule. L'adolescente était clairement en capacité de faire mieux, mais au lieu de réaliser un mouton parfait, elle avait préféré jouer la carte de l'humour.
Reducio

517 mots
@Mattew Thomas
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Son crayon crissa légèrement en marquant le papier vierge d'une première empreinte. Quelques coups méthodiquement appliqués vinrent s'ajouter pour séparer une petite bande supérieure du reste de la page. L'ustensile y griffonna la date, puis conserva un espace pour le titre et le reste des annotations à venir. Yeux levés vers le ciel, les deux jeunes gens s'étaient installés sur le plancher de la plateforme d'observation, désormais prêts à débuter leurs créations.
Les sandwichs dénichés par Émeline offraient une compagnie supplémentaire qui n'était pas pour lui déplaire. En bon Poufsouffle, Mattew ne s'était pas fait prier pour piocher allègrement dans la nourriture mise à leur disposition, et ainsi combler le petit creux qu'il avait dans l'estomac.
‒ Woaaaa merci t'assures grave !
Au-delà du geste que son appétit ne pouvait que saluer, le garçon était assez étonné - dans le bon sens - qu'elle ait prit le temps de prévoir cela pour eux deux, leur connaissance ne remontant qu'à quelques jours. Il prit donc le plus grand soin de ces mets généreusement offerts, et s'en délecta sans en laisser une miette, savourant chaque bouchée avec une égale intensité. Le repas était délicieusement copieux, parfaitement adapté à ses papilles, même s'il aurait pu ingurgiter à peu près n'importe quelle substance étant donné sa naturelle gourmandise.
Mais il n'était manifestement pas au bout de ses surprises. Alors que la Serdaigle s'apprêtait à poursuivre son dessin - et lui de même - elle s'agita soudainement pour tirer une page d'un calepin qui ressemblait étrangement au sien. Il sourit intérieurement, les artistes se reconnaissaient entre eux, dans ce genre de petits détails. Le temps de récupérer le bout de papier d'une main hésitante, ses yeux parcoururent la fine pellicule blanchâtre - illuminée au clair de lune - puis rapidement s'écarquillèrent.
‒ Oh tu l'as vraiment fait ! Mais... Je l'adore ! Enfin toi aussi, merci beaucoup !!
Son propre entrain dû le surprendre, car il balbutia un peu avant de vie reprendre son air discret et silencieux d'ordinaire. Mais ses réactions avaient déjà trahi son enthousiasme. Elle tenait ses promesses, et il aimait ça. Qui plus est, le dessin était très amusant à regarder, elle ne s'était pas contentée de faire un mouton, elle lui avait offert ce qu'il y avait de plus précieux au monde : une âme. Une âme d'enfant, joueuse et rieuse, un peu dérisoire, mais vivante.
En guise de remerciement, il lui aurait volontiers offert quelque chose en retour, mais depuis quelques temps il avait pris l'habitude de limiter les sucreries. Fini le temps de ses premières années où il ne se promenait jamais sans quelques chocogrenouilles dans le fond de la poche - à moins que... Le jeune homme sentit une petite chose frétiller sous sa veste. A peine celle-ci ouverte, une petite créature brune bondit en dehors, que le garçon attrapa au vol. En rouvrant ses mains avec prudence, il ne pu que reconnaître la forme familière de la célèbre friandise sorcière. Peut-être que ses principes nutritifs n'étaient pas si stricts que cela finalement...
‒ T'as de la chance, c'est la seule qui me reste. Tiens, c'est pour toi, dit-il avec détachement, comme si cela lui semblait naturel. Il ne fit même pas attention à la carte, cela faisait longtemps qu'il avait fini la collection, et ce plus d'une fois.
Ce fut alors le moment de laisser parler leurs talents artistiques. Chacun s'évertua à soigner sa création, affinant les traits, corrigeant les imperfections, sans jamais regarder ce que faisait l'autre. L'idée était de mettre sa propre patte sans influence, et comparer ensuite. Entre deux coups de crayons, Mattew fixa le grand astre qui éblouissait son regard malgré la nuit.
‒ Tu sais pour le dessin j'aimerai beaucoup te rendre la pareille. Mais j'ai une autre chose à te suggérer si tu veux. Si en échange je te fais un poème, ça te dirais ?
Il ne su pas très bien quelle espèce de bizarrerie l'avait poussé à formuler cette proposition. Sans doute un excès soudain de confiance envers quelqu'un qui l'invitait à parler à des heures trop tardives. Pourtant il savait sa vulnérabilité lorsque la nuit venait. Sa langue se déliait, plus ouverte et mélodieuse. C'était le moment de saisir l'opportunité pour soulever doucement sa carapace. Et elle avait réussi à le faire sans même qu'il puisse s'en apercevoir. Des poèmes, il en avait déjà écrit quelques uns, notamment à l'initative d'Éli - amusant que leurs abréviations se ressemblent autant - mais rarement beaucoup plus. Alors encore une fois, il allait falloir innover. Les artistes devraient savoir ça, exister et marquer son temps, c'est aussi apprendre à sans cesse se renouveler.
Les sandwichs dénichés par Émeline offraient une compagnie supplémentaire qui n'était pas pour lui déplaire. En bon Poufsouffle, Mattew ne s'était pas fait prier pour piocher allègrement dans la nourriture mise à leur disposition, et ainsi combler le petit creux qu'il avait dans l'estomac.
‒ Woaaaa merci t'assures grave !
Au-delà du geste que son appétit ne pouvait que saluer, le garçon était assez étonné - dans le bon sens - qu'elle ait prit le temps de prévoir cela pour eux deux, leur connaissance ne remontant qu'à quelques jours. Il prit donc le plus grand soin de ces mets généreusement offerts, et s'en délecta sans en laisser une miette, savourant chaque bouchée avec une égale intensité. Le repas était délicieusement copieux, parfaitement adapté à ses papilles, même s'il aurait pu ingurgiter à peu près n'importe quelle substance étant donné sa naturelle gourmandise.
Mais il n'était manifestement pas au bout de ses surprises. Alors que la Serdaigle s'apprêtait à poursuivre son dessin - et lui de même - elle s'agita soudainement pour tirer une page d'un calepin qui ressemblait étrangement au sien. Il sourit intérieurement, les artistes se reconnaissaient entre eux, dans ce genre de petits détails. Le temps de récupérer le bout de papier d'une main hésitante, ses yeux parcoururent la fine pellicule blanchâtre - illuminée au clair de lune - puis rapidement s'écarquillèrent.
‒ Oh tu l'as vraiment fait ! Mais... Je l'adore ! Enfin toi aussi, merci beaucoup !!
Son propre entrain dû le surprendre, car il balbutia un peu avant de vie reprendre son air discret et silencieux d'ordinaire. Mais ses réactions avaient déjà trahi son enthousiasme. Elle tenait ses promesses, et il aimait ça. Qui plus est, le dessin était très amusant à regarder, elle ne s'était pas contentée de faire un mouton, elle lui avait offert ce qu'il y avait de plus précieux au monde : une âme. Une âme d'enfant, joueuse et rieuse, un peu dérisoire, mais vivante.
En guise de remerciement, il lui aurait volontiers offert quelque chose en retour, mais depuis quelques temps il avait pris l'habitude de limiter les sucreries. Fini le temps de ses premières années où il ne se promenait jamais sans quelques chocogrenouilles dans le fond de la poche - à moins que... Le jeune homme sentit une petite chose frétiller sous sa veste. A peine celle-ci ouverte, une petite créature brune bondit en dehors, que le garçon attrapa au vol. En rouvrant ses mains avec prudence, il ne pu que reconnaître la forme familière de la célèbre friandise sorcière. Peut-être que ses principes nutritifs n'étaient pas si stricts que cela finalement...
‒ T'as de la chance, c'est la seule qui me reste. Tiens, c'est pour toi, dit-il avec détachement, comme si cela lui semblait naturel. Il ne fit même pas attention à la carte, cela faisait longtemps qu'il avait fini la collection, et ce plus d'une fois.
Ce fut alors le moment de laisser parler leurs talents artistiques. Chacun s'évertua à soigner sa création, affinant les traits, corrigeant les imperfections, sans jamais regarder ce que faisait l'autre. L'idée était de mettre sa propre patte sans influence, et comparer ensuite. Entre deux coups de crayons, Mattew fixa le grand astre qui éblouissait son regard malgré la nuit.
‒ Tu sais pour le dessin j'aimerai beaucoup te rendre la pareille. Mais j'ai une autre chose à te suggérer si tu veux. Si en échange je te fais un poème, ça te dirais ?
Il ne su pas très bien quelle espèce de bizarrerie l'avait poussé à formuler cette proposition. Sans doute un excès soudain de confiance envers quelqu'un qui l'invitait à parler à des heures trop tardives. Pourtant il savait sa vulnérabilité lorsque la nuit venait. Sa langue se déliait, plus ouverte et mélodieuse. C'était le moment de saisir l'opportunité pour soulever doucement sa carapace. Et elle avait réussi à le faire sans même qu'il puisse s'en apercevoir. Des poèmes, il en avait déjà écrit quelques uns, notamment à l'initative d'Éli - amusant que leurs abréviations se ressemblent autant - mais rarement beaucoup plus. Alors encore une fois, il allait falloir innover. Les artistes devraient savoir ça, exister et marquer son temps, c'est aussi apprendre à sans cesse se renouveler.
@Émeline Joyner
et @Élisabeth Willis pour la mention en fin de post
et @Élisabeth Willis pour la mention en fin de post
Je cherche les Couleurs.
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Le matos, check. La belle vue, check. De quoi graille, check. Voir sourire Matt, check ! Sa liste mentale était totalement cochée, du coup, ça ne pouvait présager qu'une belle soirée en perspective.
La Serdaigle fut heureuse de voir l'adolescent prendre plaisir à manger les sandwichs qu'elle avait apportés. Ce fut avec un sourire pétillant qu'elle accueillit ses remerciements. Elle avait bien fait de les prévoir, vu la vitesse à laquelle ils les boulotèrent. En quelques minutes il n'y avait déjà plus rien, à part quelques miettes qui trainèrent dans le torchon utilisé pour les transporter. Émeline n'aurait pas pu dessiner convenablement avec un ventre en train de grogner, et ça devait être le même cas pour son camarade.
Avec l'estomac plein, elle attendit de voir la réaction de Mattew au dessin de mouton. Il n'était pas d'une grande beauté, mais ce n'était pas ce qui importait dans ce cadeau. Pour l'adolescente, il s'agissait surtout d'une blague qu’elle voulait honorer jusqu'au bout. Et en voyant la surprise s'accompagner de la joie dans le regard du garçon, Émeline sut qu'elle avait touché en plein dans le mille.
- Bah oui, c'est normal. J'te l'avais promis, répondit-elle, enjouée
Elle aussi elle était contente. Même si elle ne recevait rien en retour, le simple fait de le voir heureux grâce à elle lui suffisait. Ça lui donnait envie de lui dessiner d'autres dessins rigolos, juste pour qu'il rayonne en les recevant. Offrir ne lui coûtait pas grand-chose, à part du temps et de l'énergie. Alors elle ne s'en privait jamais, surtout dans ce genre de cas-là.
Émeline comptait retourner à son carnet, encore sous l'emprise de la chaleur qui l'entourait. Avec la quantité de bonheur qu'elle venait d'accumuler durant la demi-heure, elle était certaine qu'elle allait être efficace pour reproduire le ciel.
Cependant, avant qu'elle n'en vienne à s'y replonger complètement, Mattew lui donna une chocogrenouille. Il s'était contenté de la glisser dans sa main, comme s'il s'agissait de rien du tout. En bonne goinfre qu'elle était, Émeline accepta la sucrerie avec empressement.
- Oh sérieux ?! Merci, Matt ! J'adore le chocolat, y'a rien de mieux.
Tout en lui répondant ceci, elle s'était attaquée à la pauvre grenouille en chocolat, croquant dans son corps à pleines dents. Le goût sucré de la douceur en bouche lui arracha un bruit de contentement, les paupières fermées pour savourer le plus possible. Avant qu'elle ne puisse le réaliser, elle avait complètement terminé la sucrerie.
En n'ayant plus rien à manger sous la main, elle put enfin revenir à l'activité principale de leur soirée. Sa main attrapa son crayon et la mine se mit à danser contre la feuille au rythme des mouvements de son poignet. Elle appréciait tellement l'instant qu'elle fut étonnée quand la voix du Poufsouffle brisa le silence qui s'était installé.
- Un poème ? réagit-elle, les sourcils haussés. Je sais pas, j'en n'ai jamais reçu...Mais j'pense que ça pourrait me plaire. Il serait sur quoi ?
Manquer une nouvelle occasion de poser une question ? Jamais.
Le corps d'Émeline partit en arrière pour qu'elle puisse s'étirer un coup. Ses yeux s'étaient, à leur tour, relevés vers les astres. Elle ne se lassait pas de leur beauté et de la fraicheur de la nuit qui avait commencé à se faire sentir. Le visage encore tourné en direction du ciel, elle osa lui demander autre chose.
- C'est quoi ton plus beau souvenir ?
Naturelle. Sans hésitations.
Elle souhaitait savoir quelque chose sur lui, qu'il lui partage un bout de son passé et qu'il n'y ait que les étoiles et elle pour l'entendre.
600 mots
@Mattew Thomas - allons vers d'anciens horizons
La Serdaigle fut heureuse de voir l'adolescent prendre plaisir à manger les sandwichs qu'elle avait apportés. Ce fut avec un sourire pétillant qu'elle accueillit ses remerciements. Elle avait bien fait de les prévoir, vu la vitesse à laquelle ils les boulotèrent. En quelques minutes il n'y avait déjà plus rien, à part quelques miettes qui trainèrent dans le torchon utilisé pour les transporter. Émeline n'aurait pas pu dessiner convenablement avec un ventre en train de grogner, et ça devait être le même cas pour son camarade.
Avec l'estomac plein, elle attendit de voir la réaction de Mattew au dessin de mouton. Il n'était pas d'une grande beauté, mais ce n'était pas ce qui importait dans ce cadeau. Pour l'adolescente, il s'agissait surtout d'une blague qu’elle voulait honorer jusqu'au bout. Et en voyant la surprise s'accompagner de la joie dans le regard du garçon, Émeline sut qu'elle avait touché en plein dans le mille.
- Bah oui, c'est normal. J'te l'avais promis, répondit-elle, enjouée
Elle aussi elle était contente. Même si elle ne recevait rien en retour, le simple fait de le voir heureux grâce à elle lui suffisait. Ça lui donnait envie de lui dessiner d'autres dessins rigolos, juste pour qu'il rayonne en les recevant. Offrir ne lui coûtait pas grand-chose, à part du temps et de l'énergie. Alors elle ne s'en privait jamais, surtout dans ce genre de cas-là.
Émeline comptait retourner à son carnet, encore sous l'emprise de la chaleur qui l'entourait. Avec la quantité de bonheur qu'elle venait d'accumuler durant la demi-heure, elle était certaine qu'elle allait être efficace pour reproduire le ciel.
Cependant, avant qu'elle n'en vienne à s'y replonger complètement, Mattew lui donna une chocogrenouille. Il s'était contenté de la glisser dans sa main, comme s'il s'agissait de rien du tout. En bonne goinfre qu'elle était, Émeline accepta la sucrerie avec empressement.
- Oh sérieux ?! Merci, Matt ! J'adore le chocolat, y'a rien de mieux.
Tout en lui répondant ceci, elle s'était attaquée à la pauvre grenouille en chocolat, croquant dans son corps à pleines dents. Le goût sucré de la douceur en bouche lui arracha un bruit de contentement, les paupières fermées pour savourer le plus possible. Avant qu'elle ne puisse le réaliser, elle avait complètement terminé la sucrerie.
En n'ayant plus rien à manger sous la main, elle put enfin revenir à l'activité principale de leur soirée. Sa main attrapa son crayon et la mine se mit à danser contre la feuille au rythme des mouvements de son poignet. Elle appréciait tellement l'instant qu'elle fut étonnée quand la voix du Poufsouffle brisa le silence qui s'était installé.
- Un poème ? réagit-elle, les sourcils haussés. Je sais pas, j'en n'ai jamais reçu...Mais j'pense que ça pourrait me plaire. Il serait sur quoi ?
Manquer une nouvelle occasion de poser une question ? Jamais.
Le corps d'Émeline partit en arrière pour qu'elle puisse s'étirer un coup. Ses yeux s'étaient, à leur tour, relevés vers les astres. Elle ne se lassait pas de leur beauté et de la fraicheur de la nuit qui avait commencé à se faire sentir. Le visage encore tourné en direction du ciel, elle osa lui demander autre chose.
- C'est quoi ton plus beau souvenir ?
Naturelle. Sans hésitations.
Elle souhaitait savoir quelque chose sur lui, qu'il lui partage un bout de son passé et qu'il n'y ait que les étoiles et elle pour l'entendre.
600 mots
@Mattew Thomas - allons vers d'anciens horizons
Dernière modification par Émeline Joyner le 4 août 2026, 15:30, modifié 1 fois.
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Dans ses yeux brillants la lumière s'était éparpillée. Au sol, ses ustensiles gisaient, oubliés, perdus entre les mots dispersés qui emplissaient l'air. L'artiste s'était laissé surprendre par l'occasion, et avait laissé à ses pieds son semblant d'œuvre inachevé.
Dans sa tête ses pensées se mélangeaient. L'ébauche d'un poème, en gestation, qu'il conviendrait d'écrire pour aller au bout de sa surprenante initiative. Les propositions de réponses aux questions qui s'additionnaient, ouvertes par sa partenaire du soir. D'autres idées, vagabondant, des réflexions muettes, des souvenirs. Comme les étoiles qui parsemaient le ciel à l'infini, sa pensée s'étirait en une longue toile aux innombrables et invisibles ramifications.
‒ Je sais pas...
Il avait écrit sur de nombreux sujets, la plupart du temps personnels. Des émotions qu'il avait tenté de capturer, des sortes de photographies scripturales qu'il avait prises pour essayer de saisir le réel à un instant t. Certaines phrases naviguaient dans le blizzard, d'autres étaient teintées des plus belles couleurs. Pourtant il n'avait pas envie d'écrire de la même manière. Comme si cette rencontre le poussait à essayer de nouvelles choses. Il voulait se libérer de ses propres standards pour écrire quelque chose de plus neuf et de plus vrai. Bien sûr un style ne se réinventait pas en quelques heures - et sans nul doute que sa patte ressortirait - mais il ne s'agissait pas d'effacer son identité sémantique, simplement de tenter d'y opérer une bifurcation.
‒ Mais je vais essayer de faire un truc qui te plait.
Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de la décevoir. Qui pouvait lui assurer qu'elle ne s'esclafferait pas en entendant ses mots, qu'elle ne se moquerait pas de lui ? L'idée paraissait ridicule au vu de ses réactions avec lui, mais le peu de connaissance qu'il avait d'elle sur la durée maintenait un doute vicieux, et déclenchait en lui comme un réflexe irrationnel pour se protéger. Mais se protéger de quoi ? De qui ? Pourquoi ? Il n'avait pourtant pas pu beaucoup souffrir de ses rapports aux autres, étant donné qu'il avait passé son temps à les éviter depuis de longues années. Ou bien... Était ce l'exact inverse ?
En y repensant, il avait presque toujours été seul à Poudlard. Exceptés ses premiers pas, il s'était rapidement isolé, surtout après sa première rupture, pourtant anodine et plutôt enfantine. Son parcours s'était alors poursuit en solitaire. Sa sœur avait été une rare exception, et même avec elle il maintenait parfois une distance involontaire dans l'enceinte du château. Qui étaient ses compagnons de route ? Une hésitation insidieuse s'infiltra en lui. Avait-il seulement... Des amis ? La question eut beau le surprendre, elle lui transperça le cœur.
La plupart des gens n'étaient que décor, sinon des passagers. Les quelques voyageurs qui avaient pu l'approcher de près avaient disparu. Lena, Unna... Des trajectoires très différentes, mais une finalité identique. Aujourd'hui qui restait il ? Erza ? Sa camarade de Serpentard avait beau être une excellente connaissance, la spécificité de leur relation rendait impossible le qualificatif traditionnel d'ami. Ils se considéraient mutuellement et cela ne faisait aucun doute, mais il aurait fallu inventer un mot spécial pour caractériser ce lien qui les unissait. Alors oui, dès lors qu'autour de lui que la lisière familiale s'éloignait, il n'y avait que du vide.
« Ton plus beau souvenir... » La question tombait à point nommé. Il passa en revue ses risibles aventures adolescentes, remonta le temps, et rapidement fut ramené avant Poudlard et la magie, vers sa famille qui avait choyé son enfance. L'insouciance de ses premières années, la protection contre ce monde si vaste et si cruel à la fois. Pourtant ce serait renier ce que la magie lui avait apporté, et comment elle l'avait transformé. Ce serait aussi omettre le rempart que Philip était devenu dans son émancipation sorcière.
« Le plus beau souvenir... » Il repensa alors aux visages, à toutes ces âmes qu'il avait pu croiser, souvent avec beaucoup de satisfaction. Il pensa à leur image, à leurs sons, à leurs créations. Mais rien chez les autres ne semblait pouvoir le convaincre d'avoir fait son plus grand bonheur. Comme une étrange fascination égoïste, il vint rapidement chercher ce souvenir dans la liberté de son existence, de ses expériences, dans sa solitude qui était devenue un refuge.
« Mon plus beau souvenir... » Quel embarras que ce superlatif ? Du beau, il avait pu en voir un peu partout, mais le plus beau, où l'avait-il appréhendé ? Son enfance avait été belle, sans aucun doute, et riche de cette beauté, il en était ressorti plein d'ardeur et de lumière. Mais depuis tout avait changé. Il y avait toujours du beau, mais il était plus complexe. Étrangement, penser à cette idée de beauté le ramenait à cette année où tout avait basculé.
[...]
Deux étés auparavant...
[...]
‒ ... J'ai traversé une période difficile. Cette fois les mots s'étaient échappés de sa bouche, complétant ceux informulés qui encombraient son esprit. Il grimaça ; quelle sottise que de ramener ce morceau d'existence à ce moment de la conversation, devant une inconnue... Mais tant qu'à s'enfoncer, autant continuer à le faire jusqu'au cou. « Puis après, je me suis senti vivre comme rarement. C'est ptet pas mon plus beau souvenir, mais c'était comme une renaissance. J'avais retrouvé les couleurs. »
Son regard était resté fixé dans le lointain, comme hypnotisé. Puis brusquement cette immobilité s'était brisée, et la carapace s'était reformée.
‒ Dis, ça t'arrive souvent de poser ce genre de questions à des inconnus ? T'en est pas à ton coup d'essai il me semble...
Dans sa tête ses pensées se mélangeaient. L'ébauche d'un poème, en gestation, qu'il conviendrait d'écrire pour aller au bout de sa surprenante initiative. Les propositions de réponses aux questions qui s'additionnaient, ouvertes par sa partenaire du soir. D'autres idées, vagabondant, des réflexions muettes, des souvenirs. Comme les étoiles qui parsemaient le ciel à l'infini, sa pensée s'étirait en une longue toile aux innombrables et invisibles ramifications.
‒ Je sais pas...
Il avait écrit sur de nombreux sujets, la plupart du temps personnels. Des émotions qu'il avait tenté de capturer, des sortes de photographies scripturales qu'il avait prises pour essayer de saisir le réel à un instant t. Certaines phrases naviguaient dans le blizzard, d'autres étaient teintées des plus belles couleurs. Pourtant il n'avait pas envie d'écrire de la même manière. Comme si cette rencontre le poussait à essayer de nouvelles choses. Il voulait se libérer de ses propres standards pour écrire quelque chose de plus neuf et de plus vrai. Bien sûr un style ne se réinventait pas en quelques heures - et sans nul doute que sa patte ressortirait - mais il ne s'agissait pas d'effacer son identité sémantique, simplement de tenter d'y opérer une bifurcation.
‒ Mais je vais essayer de faire un truc qui te plait.
Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur de la décevoir. Qui pouvait lui assurer qu'elle ne s'esclafferait pas en entendant ses mots, qu'elle ne se moquerait pas de lui ? L'idée paraissait ridicule au vu de ses réactions avec lui, mais le peu de connaissance qu'il avait d'elle sur la durée maintenait un doute vicieux, et déclenchait en lui comme un réflexe irrationnel pour se protéger. Mais se protéger de quoi ? De qui ? Pourquoi ? Il n'avait pourtant pas pu beaucoup souffrir de ses rapports aux autres, étant donné qu'il avait passé son temps à les éviter depuis de longues années. Ou bien... Était ce l'exact inverse ?
En y repensant, il avait presque toujours été seul à Poudlard. Exceptés ses premiers pas, il s'était rapidement isolé, surtout après sa première rupture, pourtant anodine et plutôt enfantine. Son parcours s'était alors poursuit en solitaire. Sa sœur avait été une rare exception, et même avec elle il maintenait parfois une distance involontaire dans l'enceinte du château. Qui étaient ses compagnons de route ? Une hésitation insidieuse s'infiltra en lui. Avait-il seulement... Des amis ? La question eut beau le surprendre, elle lui transperça le cœur.
La plupart des gens n'étaient que décor, sinon des passagers. Les quelques voyageurs qui avaient pu l'approcher de près avaient disparu. Lena, Unna... Des trajectoires très différentes, mais une finalité identique. Aujourd'hui qui restait il ? Erza ? Sa camarade de Serpentard avait beau être une excellente connaissance, la spécificité de leur relation rendait impossible le qualificatif traditionnel d'ami. Ils se considéraient mutuellement et cela ne faisait aucun doute, mais il aurait fallu inventer un mot spécial pour caractériser ce lien qui les unissait. Alors oui, dès lors qu'autour de lui que la lisière familiale s'éloignait, il n'y avait que du vide.
« Ton plus beau souvenir... » La question tombait à point nommé. Il passa en revue ses risibles aventures adolescentes, remonta le temps, et rapidement fut ramené avant Poudlard et la magie, vers sa famille qui avait choyé son enfance. L'insouciance de ses premières années, la protection contre ce monde si vaste et si cruel à la fois. Pourtant ce serait renier ce que la magie lui avait apporté, et comment elle l'avait transformé. Ce serait aussi omettre le rempart que Philip était devenu dans son émancipation sorcière.
« Le plus beau souvenir... » Il repensa alors aux visages, à toutes ces âmes qu'il avait pu croiser, souvent avec beaucoup de satisfaction. Il pensa à leur image, à leurs sons, à leurs créations. Mais rien chez les autres ne semblait pouvoir le convaincre d'avoir fait son plus grand bonheur. Comme une étrange fascination égoïste, il vint rapidement chercher ce souvenir dans la liberté de son existence, de ses expériences, dans sa solitude qui était devenue un refuge.
« Mon plus beau souvenir... » Quel embarras que ce superlatif ? Du beau, il avait pu en voir un peu partout, mais le plus beau, où l'avait-il appréhendé ? Son enfance avait été belle, sans aucun doute, et riche de cette beauté, il en était ressorti plein d'ardeur et de lumière. Mais depuis tout avait changé. Il y avait toujours du beau, mais il était plus complexe. Étrangement, penser à cette idée de beauté le ramenait à cette année où tout avait basculé.
[...]
Deux étés auparavant...
[...]
‒ ... J'ai traversé une période difficile. Cette fois les mots s'étaient échappés de sa bouche, complétant ceux informulés qui encombraient son esprit. Il grimaça ; quelle sottise que de ramener ce morceau d'existence à ce moment de la conversation, devant une inconnue... Mais tant qu'à s'enfoncer, autant continuer à le faire jusqu'au cou. « Puis après, je me suis senti vivre comme rarement. C'est ptet pas mon plus beau souvenir, mais c'était comme une renaissance. J'avais retrouvé les couleurs. »
Son regard était resté fixé dans le lointain, comme hypnotisé. Puis brusquement cette immobilité s'était brisée, et la carapace s'était reformée.
‒ Dis, ça t'arrive souvent de poser ce genre de questions à des inconnus ? T'en est pas à ton coup d'essai il me semble...
@Émeline Joyner, le come-back 
& @Erza McGowan pour la mention
& @Erza McGowan pour la mention
Je cherche les Couleurs.
des rêves dans la tête et des étoiles plein les yeux
Chercher à connaître quelqu'un, c'était un désir qu'Émeline avait déjà ressenti. Depuis qu'elle avait fait ses premiers pas au château, elle avait croisé d'innombrables personnes qui avaient attisé sa curiosité. Lylas et Wayne faisaient partie de ces âmes dont son regard n'avait pas su se décrocher. Elle s'était évertuée à passer du temps avec eux, à leur poser des questions pour se souvenir de ce qu'ils appréciaient, ce qui les animait. Tout ça pour développer ce lien, cette chose qu'on appelait amitié.
Pourtant, Émeline n'était pas toujours sûre qu'elle agissait de la bonne façon. Avec Lylas, leur petit jeu basé sur la vérité l'avait aidé à se rapprocher de la lionne. Mais la rouge et or préférait passer du temps avec des filles de sa maison, laissant toujours une certaine amertume au fond de la gorge de la Serdaigle. Tandis qu'avec Wayne, eh bien...il était lui. Ils partageaient de bons moments ensemble et il semblait s'être habitué à son caractère bien plus exubérant que le sien. Mais est-ce que ça suffisait pour dire qu'elle le connaissait bien ?
Avoir l'impression d'avoir attrapé une étoile dans le creux de sa main ne signifiait pas pour autant que c'était vrai.
Se vanter d'être proche de ceux qu'elle considérait comme ses amis revenait au même pour elle. Émeline le souhaitait du plus profond de son cœur, mais désirer quelque chose ne suffisait pas toujours.
Ça pouvait expliquer pourquoi elle venait de lui poser cette question. Qu'elle voulait entendre de sa bouche ce souvenir d'où il puisait sa rêverie. Parce qu'il devait bien y avoir une source à cette part de lui. Et l'instant de flottement qui se produisit entre eux lui confirma qu'elle avait eu bon.
Elle l'écouta sans que son regard ne se pose sur lui. Il se confiait, chose qu'elle respectait assez pour ne pas lui faire subir ses yeux de curieuse. Le ciel était une bonne option pour ne pas se tourner dans sa direction. Avec ses iris se perdant dans la noirceur de la nuit, Émeline reçut la réponse qu'elle espérait. Ce n'était pas exactement ce à quoi elle s'attendait, mais ça restait suffisant pour qu'elle en soit heureuse. Il lui avait confié un bout de lui, et ça, c'était l'un des plus beaux cadeaux qu'on pouvait lui faire.
- T'es un inconnu ? lui demanda-t-elle, en se détachant enfin des étoiles. Je connais ton nom, ton âge, ta maison et on est de la même promo. Je n'appelle pas ça un inconnu, moi.
Elle se garda de rajouter que oui, ça pouvait lui arriver de poser ce genre de question à de parfaits inconnus. Alexander en avait fait les frais* dès leur première interaction. De l'extérieur, ça pouvait laisser penser qu'elle était bien trop spontanée, qu'elle ne réfléchissait pas avant de parler. Mais, si elle n'avait pas osé ce jour-là, serait-elle toujours en contact avec ce sorcier au grand cœur ?
- Bon, je reconnais que je te connais pas tant que ça...Même presque pas. Mais moi j'aimerais connaître plus que ton nom ou ton âge. Genre, je ne sais pas moi...Ton plat préféré ? La matière que tu préfères ? Des trucs comme ça, révéla-t-elle en faisant tournoyer nerveusement son crayon entre ses doigts.
Elle se tut un instant, pesant le poids de ses propres mots. Il serait bête de le faire fuir par son enthousiasme.
- Ça te dérange, que je te pose des questions sur toi ?
572 mots
@Mattew Thomas
@Wayne Chandler/@Lylas Mistérya toujours plus de mention
@Dorian Peachey pour notre Al nationnal
Pourtant, Émeline n'était pas toujours sûre qu'elle agissait de la bonne façon. Avec Lylas, leur petit jeu basé sur la vérité l'avait aidé à se rapprocher de la lionne. Mais la rouge et or préférait passer du temps avec des filles de sa maison, laissant toujours une certaine amertume au fond de la gorge de la Serdaigle. Tandis qu'avec Wayne, eh bien...il était lui. Ils partageaient de bons moments ensemble et il semblait s'être habitué à son caractère bien plus exubérant que le sien. Mais est-ce que ça suffisait pour dire qu'elle le connaissait bien ?
Avoir l'impression d'avoir attrapé une étoile dans le creux de sa main ne signifiait pas pour autant que c'était vrai.
Se vanter d'être proche de ceux qu'elle considérait comme ses amis revenait au même pour elle. Émeline le souhaitait du plus profond de son cœur, mais désirer quelque chose ne suffisait pas toujours.
Ça pouvait expliquer pourquoi elle venait de lui poser cette question. Qu'elle voulait entendre de sa bouche ce souvenir d'où il puisait sa rêverie. Parce qu'il devait bien y avoir une source à cette part de lui. Et l'instant de flottement qui se produisit entre eux lui confirma qu'elle avait eu bon.
Elle l'écouta sans que son regard ne se pose sur lui. Il se confiait, chose qu'elle respectait assez pour ne pas lui faire subir ses yeux de curieuse. Le ciel était une bonne option pour ne pas se tourner dans sa direction. Avec ses iris se perdant dans la noirceur de la nuit, Émeline reçut la réponse qu'elle espérait. Ce n'était pas exactement ce à quoi elle s'attendait, mais ça restait suffisant pour qu'elle en soit heureuse. Il lui avait confié un bout de lui, et ça, c'était l'un des plus beaux cadeaux qu'on pouvait lui faire.
- T'es un inconnu ? lui demanda-t-elle, en se détachant enfin des étoiles. Je connais ton nom, ton âge, ta maison et on est de la même promo. Je n'appelle pas ça un inconnu, moi.
Elle se garda de rajouter que oui, ça pouvait lui arriver de poser ce genre de question à de parfaits inconnus. Alexander en avait fait les frais* dès leur première interaction. De l'extérieur, ça pouvait laisser penser qu'elle était bien trop spontanée, qu'elle ne réfléchissait pas avant de parler. Mais, si elle n'avait pas osé ce jour-là, serait-elle toujours en contact avec ce sorcier au grand cœur ?
- Bon, je reconnais que je te connais pas tant que ça...Même presque pas. Mais moi j'aimerais connaître plus que ton nom ou ton âge. Genre, je ne sais pas moi...Ton plat préféré ? La matière que tu préfères ? Des trucs comme ça, révéla-t-elle en faisant tournoyer nerveusement son crayon entre ses doigts.
Elle se tut un instant, pesant le poids de ses propres mots. Il serait bête de le faire fuir par son enthousiasme.
- Ça te dérange, que je te pose des questions sur toi ?
572 mots
@Mattew Thomas
@Wayne Chandler/@Lylas Mistérya toujours plus de mention
@Dorian Peachey pour notre Al nationnal
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
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