Que la mort nous réunisse
20 Novembre 2010
PV : @Paige Barrow
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Nous sommes-nous déjà regardés ?
Reducio
48 ans - Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Seren Joyner | Couleur RP : #9a6b18
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- Ce RP aura-t-il un impact sur mon PJ ? Oui
- Si "oui", impact envisagé : Seren entretient des relations assez particulières avec les gens de sa famille proche, tellement qu'Emi, sa petite-fille, ne le connaîtra pas avant de nombreuses années. Ce RP servira de "début" pour illustrer le lien entre Seren et son frère, Owen, et par la suite, expliquer cet éloignement qui a empêché Emeline et Paige de se rencontrer plus tôt en tant que cousines.
Le chant funèbre résonnait dans le cimetière, tandis que le cercueil entamait sa descente dans le fond de la tombe fraîchement creusée. Un groupe s'était formé pour accompagner les derniers instants de celui qui s'apprêtait à reposer sous terre, jetant quelques fleurs supplémentaires dans le trou comme un dernier adieu.
Tous habillés de noir, les proches et amis vivaient l'instant avec respect. Des larmes coulaient sur plusieurs joues, des reniflements se faisaient entendre au travers de nombreuses enlaçades. Certains se retenaient de craquer, et puis vous aviez Seren, totalement imperturbable. Sa posture droite et ses cheveux flamboyants détonnaient avec le reste de la masse. Entre quelques murmures, elle sentait des coups d'œil indiscrets sur sa personne. L'indifférence face à toute cette peine ne semblait pas passer inaperçue au sein d'eux.
En réaction à ça, la Galloise continuait d'observer l'avancée des aiguilles de sa montre. Seren n'était pas de très bonne humeur. En plein milieu d'un enterrement, il y avait de quoi ne pas sortir de grand sourire. Mais la tension dans ses épaules ne venait pas de cet évènement. Cela venait du fait qu'elle avait dû confier sa progéniture pour venir jusqu'ici. Malgré le fait que la bonne femme qui s'occupait actuellement d'eux était tout à fait respectable, la mère de famille restait sur ses gardes. Plus vite elle serait rentrée chez elle, plus vite ce mauvais sentiment s'en irait.
On pouvait bien se demander la raison de sa présence ici. Elle n'était pas proche du défunt, loin d'être en contact avec la plupart des gens présents. Alors, pourquoi s'être déplacée ? Eh bien, il s'agissait juste du dernier caprice de sa mère. Cette dernière lui avait envoyé plusieurs missives pour qu'elle vienne rendre ses hommages en personne. Ce terrible cinéma avait duré jusqu'à ce qu'elle daigne lui donner un malheureux "oui".
Les normes sociales exigeaient d'elle qu'elle garde un semblant de paraître, voire même qu'elle pleure pour un vieux cousin dont elle n'avait aucun souvenir. Quelle belle farce. Elle avait accepté de venir, par contre, sa mère n'avait pas posé la condition qu'elle doive jouer la carte de la femme déboussolée. Elle s'était donc contentée de rester non loin d'elle et du reste de sa propre famille, sans émettre une quelconque sorte de chagrin.
Juger sa manière de se comporter était plutôt facile, mais il ne fallait pas oublier d'où celui-ci lui venait.
Les Barrow n'étaient guère le parfait exemple d'amour familial. Seren, d'ailleurs, ne faisait aucun effort pour arranger les choses. Elle apparaissait les jours où on avait réellement besoin d'elle. La plupart du temps, elle était surtout prise par son propre travail et l'éducation de ses deux enfants. Phyneas n'étant pas souvent là, il fallait bien que quelqu'un soit là pour gérer le tout. Il arrivait, parfois, qu'une pointe de regret ne fasse son apparition que quand la fatigue était à son paroxysme. Néanmoins, elle finissait toujours par arrondir les angles en rappelant qu'elle possédait la chose la plus belle au monde : sa propre indépendance.
Elle pouvait être loin de ses parents sans sourciller, mettre de côté leurs querelles incessantes et, par la même occasion, l'étrange présence de son frère. Owen, justement, se tenait près d'elle depuis le début de l'enterrement, mais aucun mot n'avait été échangé entre eux. Depuis combien de temps ne lui avait-elle pas adressé la parole ? Deux ? Non, plutôt trois ans. Les années passaient si rapidement qu'elle peinait à se remémorer les fois où ils se voyaient.
Seren glissa un regard dans sa direction et le regarda. Il était devenu un bel homme, bien qu'elle décela des signes de fatigue sur son visage. Avait-il du mal à dormir ? Elle ne pouvait pas le savoir, puisqu'elle lui posait que très rarement des questions. S'intéresser à lui après tant de temps à l'ignorer, ne serait-ce pas une forme d'hypocrisie ?
- Foutu temps, maugréa-t-elle en sentant la pluie commencer à tomber.
D'une rapide incantation, elle forma le sort du parapluie au-dessus de sa tête. Cela aurait pu rester ainsi, sans que l'un et l'autre ne se parlent. Cependant, un détail poussa Seren à reporter une nouvelle fois son regard sur son petit frère. Ce dernier n'avait pas sorti sa baguette pour se protéger de la pluie, mieux, il ne donnait pas l'air de vouloir le faire. Il semblait tellement ailleurs qu'il ne sentait pas les gouttes venir s'écraser sur lui.
Le voir ne pas réagir l'interpella assez pour qu'elle s'approche d'un pas. Plus proche de lui, elle pouvait le protéger avec le sien.
- Tu vas finir par tomber malade si tu ne te protèges pas, lui avait-elle glissé avec un ton moralisateur.
777 mots
surpriiiise
Dernière modification par Émeline Joyner le 18 juil. 2026, 21:38, modifié 4 fois.
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Que la mort nous réunisse

20 Novembre 2010- Owen Barrow
Reducio
Identité du/des PNJ (Prénom, Nom) : Owen Barrow [color: #5c0700]
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- Si "oui", impact envisagé : S'écrit ici une des parties les plus importantes de la famille proche de Paige; le départ de sa grand mère et les conséquences sur son grand père. La femme demeure aujourd'hui comme un fantôme dans une famille un peu rafistolée.
Se développe également le lien familial d'Owen et Seren, leur distance qui sera également, sans qu'elles ne le sachent celle des cousines.
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- Si "oui", impact envisagé : S'écrit ici une des parties les plus importantes de la famille proche de Paige; le départ de sa grand mère et les conséquences sur son grand père. La femme demeure aujourd'hui comme un fantôme dans une famille un peu rafistolée.
Se développe également le lien familial d'Owen et Seren, leur distance qui sera également, sans qu'elles ne le sachent celle des cousines.
C'était le temps de la Mort. Les silhouettes des vivants détonnaient, tremblantes dans le décor figé. Si le vent tombait, discret mais glacial, il ne s'en mêlait pas moins à la valse du cimetière.
A bien y regarder, les silhouettes se mêlaient aussi à la danse. Sauf deux. Celle agitée, pressée de s'en aller. Celui lassé, tiré, qui ne semblait plus tout à fait respirer.
Il regardait le vide, sans même réellement y accorder d'attention. Le regard vitreux entouré de cernes n'accordait plus d'attention à quoi que cela soit.
Un jour peut être, croiserait-il le regard de ses enfants, s'illuminerait de fierté. Aujourd'hui ils n'étaient pas là. L'une était en partie responsable des cernes noires, bien qu'elle ne fut que l'excuse facile à saisir. Facile à brandir lorsque le regard maternel se posait avec inquiétude sur ses traits tirés, que les âmes familiales mais inconnues interrogeaient.
Les enfants n'étaient pas là, il n'avait donc pas à prétendre. Pas de sourire à dessiner, le contexte ne s'y prêtait de surcroit pas tout à fait, pas de jeu à inventer. Pas d'esprits à distraire, loin d'une mère qui avait disparu dans la nuit.
Il s'était langui de ce temps. De la confidence de sa solitude. Il rencontrait cependant bien pire, ces pensées. Rien que le silence, et son esprit comme seul compagnon.
Ou presque. A ces côtés, cette famille qu'il ne connaissait pas vraiment. Des lointains parents, distants. Des parents véritables, dont il fuyait la peine, la pitié. Et une soeur. Une âme aussi inconnue que familière, dont la présence était étrangement rassurante. Il y avait chez Seren une vérité qu'il savait apprécier.
Elle ne cachait pas, ne jouait pas. Il était lassé des jeux. Des mensonges, qu'il avait pourtant, seul, choisi de tisser.
Alors que la pluie se mit à tomber, il ne bougea pas. Baissa la tête, à peine, trouvant le cercueil et les fleurs qu'on y avait jeté.
Alors que sa soeur parla, il ne réagit pas. Ne l'entendit même pas vraiment. Perdu dans les échos d'une soirée, dans le froid d'une rue déserte de Cardiff. Dans les grésillements d'une discussion maudite.
Ce n'est que la proximité soudaine qui le raviva. Légèrement mais suffisamment. Pour relever la tête, constater l'abri. Entendre la remarque et y trouver l'amère ironie. Voilà qu'elle se faisait soeur protectrice, moralisatrice. Ils ne se connaissaient guère. Ce n'était pas de sa faute, ou ne l'en blâmait-il pas du moins.
De là à jouer la fratrie soudée cependant.. Un jour il aurait retenu le rire jaune. Aujourd'hui, heureusement pour la réputation, il ne trouve pas de rire. Rien que le soupir.
".. Hm.. ça t'intéresse?", se renfrogner mais reconnaitre le bénéfice de l'abri. D'une magie qui le répugne pourtant de son corps, "Merci."
Est-il injuste? La froideur ne trouve pas simplement la première âme à saisir? Cela lui est peu importe. Tout lui est peu importe. Il veut simplement en finir de cette journée, rentrer chez lui, retrouver les deux seules âmes qui en valent la peine. Oublier l'existence, un instant, de cette magie maudite.
509 mots
@Émeline Joyner douce surprise, voilà un frère déprimé en retour
@Émeline Joyner douce surprise, voilà un frère déprimé en retour
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Que la mort nous réunisse
Seren l'étudia un instant comme si elle se trouvait devant une bête curieuse. Il l'était pour elle. Même s'il était son frère. Une bestiole relativement étrange et qu'elle n'avait que peu côtoyée durant sa vie. Une vingtaine d'années de différence, c'était littéralement un univers qui les séparait. Tandis qu'il était à l'état de larve à téter sa tétine, elle était déjà en train de chercher des lieux de stages pour valider son année en tant que rédactrice.
Connaître réellement quelqu'un qu'on ne croisait que durant des repas de famille, ce n'était pas une mince affaire. C'était même impossible. Après, Seren n'avait jamais donné de soi pour passer du temps avec lui. Au plus profond d'elle, la Galloise ressentait un certain inconfort quand elle prenait réellement conscience d'Owen. Il était arrivé si tard dans la famille que d'immondes rumeurs parcouraient les salons de thé et le voisinage. Un adultère, ça pouvait si rapidement arriver quand un mariage battait de l'aile. Et elle, du haut de ses vingt ans, n'avait jamais cherché la vérité parmi tous ces murmures qui avaient accompagné la grossesse de sa mère et la naissance de cet héritier inespéré.
Elle avait juste détourné le regard. Préférant boucher ses oreilles face aux disputes entre ses parents. Ignorer. Toujours ignorer. Voilà ce qu'avait été leur fraternité.
- Pas vraiment. Mais si ça peut m'éviter de t'entendre renifler, je le fais, avait-elle répondu sans tact. De rien.
Elle se tenait droite, son épaule proche de celle de son frère sans qu'elles ne se frôlent. Seren avait fini par décrocher son regard de ce curieux frère, pour venir le replacer sur le cercueil. Ça faisait combien de temps qu'ils étaient là, à pleurer dessus ? Elle porta encore une fois sa montre à ses yeux. Diantre, ça allait encore continuer plusieurs minutes ce manège.
Un énième soupir passa la barrière de ses lèvres, ce qui lui valut une œillade mauvaise de la part de sa mère. Elle pouvait bien passer l'heure à lui lancer un regard noir, elle n'en avait rien à faire. Seren l'ignora et ses yeux se posèrent sur des personnes se trouvant de l'autre extrémité de la tombe. Entre la peuplade d'adultes, elle remarqua deux enfants qui se tenaient fermement la main, les yeux larmoyants. À cette vue, ses sourcils se froncèrent. Pour elle, ils n'avaient pas à subir un spectacle pareil à un si jeune âge.
- J'ai bien fait de ne pas amener les miens... marmona-t-elle. Toi aussi, tu as bien fait. Des gosses n'ont pas à voir ça. Ils ont quel âge, les tiens, déjà ?
Seren se savait tante. Mais avait-elle rencontré les petits pour autant ? Aucunement. En vérité, cela ne lui était jamais venu à l'esprit de rendre visite à son frère pour rencontrer sa marmaille. Tout comme Owen n'avait jamais vu son neveu et sa nièce. Tous les deux s'étaient contentés d'avertir des naissances, rien de plus. Entre eux, il s'agissait d'un des rares sujets de discussion qu'ils possédaient en commun. Chacun était parent, ils pouvaient donc se comprendre au moins sur ça.
512 mots
@Paige Barrow - un vrai amour la soeur
Connaître réellement quelqu'un qu'on ne croisait que durant des repas de famille, ce n'était pas une mince affaire. C'était même impossible. Après, Seren n'avait jamais donné de soi pour passer du temps avec lui. Au plus profond d'elle, la Galloise ressentait un certain inconfort quand elle prenait réellement conscience d'Owen. Il était arrivé si tard dans la famille que d'immondes rumeurs parcouraient les salons de thé et le voisinage. Un adultère, ça pouvait si rapidement arriver quand un mariage battait de l'aile. Et elle, du haut de ses vingt ans, n'avait jamais cherché la vérité parmi tous ces murmures qui avaient accompagné la grossesse de sa mère et la naissance de cet héritier inespéré.
Elle avait juste détourné le regard. Préférant boucher ses oreilles face aux disputes entre ses parents. Ignorer. Toujours ignorer. Voilà ce qu'avait été leur fraternité.
- Pas vraiment. Mais si ça peut m'éviter de t'entendre renifler, je le fais, avait-elle répondu sans tact. De rien.
Elle se tenait droite, son épaule proche de celle de son frère sans qu'elles ne se frôlent. Seren avait fini par décrocher son regard de ce curieux frère, pour venir le replacer sur le cercueil. Ça faisait combien de temps qu'ils étaient là, à pleurer dessus ? Elle porta encore une fois sa montre à ses yeux. Diantre, ça allait encore continuer plusieurs minutes ce manège.
Un énième soupir passa la barrière de ses lèvres, ce qui lui valut une œillade mauvaise de la part de sa mère. Elle pouvait bien passer l'heure à lui lancer un regard noir, elle n'en avait rien à faire. Seren l'ignora et ses yeux se posèrent sur des personnes se trouvant de l'autre extrémité de la tombe. Entre la peuplade d'adultes, elle remarqua deux enfants qui se tenaient fermement la main, les yeux larmoyants. À cette vue, ses sourcils se froncèrent. Pour elle, ils n'avaient pas à subir un spectacle pareil à un si jeune âge.
- J'ai bien fait de ne pas amener les miens... marmona-t-elle. Toi aussi, tu as bien fait. Des gosses n'ont pas à voir ça. Ils ont quel âge, les tiens, déjà ?
Seren se savait tante. Mais avait-elle rencontré les petits pour autant ? Aucunement. En vérité, cela ne lui était jamais venu à l'esprit de rendre visite à son frère pour rencontrer sa marmaille. Tout comme Owen n'avait jamais vu son neveu et sa nièce. Tous les deux s'étaient contentés d'avertir des naissances, rien de plus. Entre eux, il s'agissait d'un des rares sujets de discussion qu'ils possédaient en commun. Chacun était parent, ils pouvaient donc se comprendre au moins sur ça.
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@Paige Barrow - un vrai amour la soeur
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Que la mort nous réunisse
Les épaules sont proches, se frôlent, sans jamais se toucher. Comme leur chemin, tissés du même fil, liés à jamais et pourtant, condamnés à se repousser. Une poésie amère, qu'il remarque d'un sourire âpre. Un sourire qui s'efface bien vite. Parce qu'il serait mal placé, parce qu'il n'a rien de sincère.
On ne sourit pas à un enterrement. Et l'on sourit encore moins au côté d'une soeur qui n'en n'est rien.
Passé le temps de se languir de cette âme qui hantait une maison sans jamais y rester. Des souvenirs, des échos, venus habiter sa propre enfance. Passé le temps de la fantaisie, de l'imagination d'une âme fabuleuse. De celle qui a tant à accomplir, à découvrir, que jamais elle ne revient.
Depuis longtemps, s'en est venu la coupante vérité. Celle qui tord le ventre et fait couler les larmes. Elle ne veut pas le connaître. Elle n'a rien à faire de ce frère lointain, ou de cette famille qui est pourtant la sienne. Il a fait le deuil de leur relation, et de ce qu'ils auraient pu être.
Etrangement, ce fut bien plus désagréable que de comprendre sa place dans la partition familiale, lui, le faux accord, celui qui s'en vient avec un temps de retard. Plus tardif aussi, comme s'il se l'était toujours refusé. Peut être parce qu'il est plus facile de voir des parents se disputer, de les entendre crier que de constater l'absence, le vide.
Des pensées moroses, voilà qui est adéquat. Voilà également de quoi lui donner une envie pressante: partir. Ironique, voilà qu'il partage quelque chose avec sa soeur. J'aimerais dire qu'il l'ignore, ce serait bien ridicule. Elle regarde sa montre avec impatience, ne retiens pas à un seul de ses soupirs.
Des paroles en creux. Comme s'il larmoyait sur son épaule. Avait-elle encore le sentiment d'avoir à ses côtés un enfant de quelques années à peine, un obstacle dans le joli portrait familial? Se montrait-il mesquin alors? Un peu. Il s'en réservait le droit, sans culpabiliser.
Voilà qu'elle ne lui laissait plus le temps de retourner à ses pensées. Détestait-elle la simple idée du silence, ou voulait-elle faire la discussion dans le pire endroit qu'on puisse imaginer? Peut être un peu des deux lui mentait une naïveté conservée.
Un instant flotterait. La laisser patienter, se laisser le temps de trouver les marmots lanceurs de discussion. Ils serraient le coeur. Jamais n'aurait-il imposé cela à Jake, encore moins à Catrin, quoiqu'elle n'en n'aurait garder le souvenir. Qui était-il pour juger cependant? Un père qui n'avait pas su garder leur mère auprès d'eux, de lui. Un menteur, un foutu manipulateur lui avait-elle craché. Oublierait-il cette douleur? Le coeur se serre, les yeux s'embrument.
Un raclement de gorge. Reprends le contrôle. Quelques mots jetés, à voix basse.
"3 ans et.. 1 mois..", la gorge se serre. Il en oublie de retourner la question.
1 mois. Un foutu mois. La petite n'a encore vécu qu'un mois. Elle, n'est partie que depuis un mois. Il a pourtant vu passer l'éternité. Celle qu'ils s'étaient jurés de partager. La rage, face à la promesse brisée, ne vient pas encore. Il est le traitre, celui qui a brisé leur lien.
Le sait-elle, sa soeur? Lui a-t-il dit? Il ne sait plus. Qu'en pense-t-elle alors? Que ce n'est pas surprenant, que sa naissance était déjà une fissure.
Un nouveau raclement de gorge, un reniflement étouffé. Et échappé, le culot de quelques mots.
"On.. hum.. ça te dira qu'on bouge de là?", à voix basse toujours. Il sent pourtant déjà le regard de sa mère lui brûler le cou. Entend-t-elle leurs murmures, ou ne voit-elle que l'échec, directement implanté, sans l'effort de leur laisser une infime chance.
Il veut s'en aller. Il s'en ira, avec ou sans elle. Il se moque de ceux que diront les âmes ici, des médisances sur ce gamin qui ne respecte rien. Il préfèrerait qu'elle vienne en revanche. Pour aller où? Prendre un verre, rire comme s'il le pouvait encore, comme s'ils partageaient quelque chose? Seulement jusqu'à la frontière du cimetière, échapper aux regards, aux murmures et à tout ce qui les entoure?
Juste pour profiter du parapluie. Qu'il est doux de se blottir dans le mensonge. Ô que cela est doux.
711 mots
@Émeline Joyner Un amour de soeur.. et son joyeux de frère :3
@Émeline Joyner Un amour de soeur.. et son joyeux de frère :3
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Que la mort nous réunisse
TW : mention de la mort
Il lui répondit si bas qu'elle peina à entendre ses paroles. Elle n'aimait guère tendre l'oreille ainsi, alors qu'ils étaient au plus proche qu'ils ne l'ont été durant toute leur vie.
Seren ne pouvait pas dire aux gens de baisser le volume de leurs pleurs. En revanche, les regards ennuyés qu'elle lançait aux femmes un peu trop bruyantes, ça, elle se le permettait. Pensaient-ils sérieusement que chouiner de la sorte allait ramener ce vieil homme à la vie ? À part ruiner leur maquillage déjà dégoulinant, ça n'apportait rien de plus au drame.
Les morts ne reviennent pas.
Seren l'avait vite compris dans sa vie, et elle ne comptait pas se laisser bercer par des espoirs inutiles. Les pleurer ne servait à rien, à part tourmenter leurs âmes. Que croyaient-ils, à s'époumoner au beau milieu d'un cimetière ? Ils n'ennuyaient pas qu'elle, à faire autant de vacarme. Ceux qui reposaient sous terre avaient déjà assez donné de leur vivant. Ils méritaient la paix, que seul le silence pouvait leur accorder.
Mais toutes ses pensées, elle les garda pour elle. Il n'y avait que ses yeux qui parlaient. Ils allaient sur ces enfants en larmes, dont les mains restaient accrochées l'une à l'autre. Des touts petits brisés, ça, elle avait du mal à le supporter. Qu'avait-il dit, déjà ? 3 ans et 1 mois ? Le dernier de sa fratrie était si jeune ? Seren n'avait pas le souvenir d'une lettre annonçant la venue du bébé. Il avait sûrement oublié de la lui envoyer, après tout, ce n'était pas comme si elle se serait déplacée pour aller voir le nouveau-né. Elle se serait contentée de le féliciter de loin, comme elle avait l'habitude de le faire.
Les aiguilles tournaient, pourtant, la terre n'avait toujours pas recouvert le cercueil. Combien de fleurs devaient encore le rejoindre pour qu'ils mettent fin à ce supplice ? Seren serra ses doigts autour de sa baguette. Le spectacle devenait réellement insupportable.
Ce fut donc avec une surprise non feinte qu'elle entendit la proposition d'Owen. Lui, qui était si avare de mots, souhaitait s'en aller en sa compagnie ? En plus sous le regard accusateur de leur chère mère ? Il n'avait pas besoin de plus pour la convaincre.
- Avec plaisir, lui répondit-elle, avant de se tourner vers leur mère. Souriez, mère. Vos enfants font enfin des efforts de communication.
Elle se garda de rire au nez de la patriarche, qui allait sûrement s'étrangler sur place par son toupet, et entraîna doucement Owen vers le chemin de terre. Elle sentit sur leur dos les regards outragés, mais Seren resta le dos droit, marchant sans la moindre hésitation vers un lieu plus calme, loin de toute cette tristesse.
Chaque pas qu'ils faisaient les éloigna du groupe, formant une bulle qui n'accueillait qu'eux. La pluie continuait de tomber, frappant le parapluie maintenu au-dessus de leurs têtes. Le ciel n'était pas en leur faveur, s'agrémentant seulement de nuages gris qui annonçaient une longue soirée pluvieuse.
Où devaient-ils aller, au final ? Seren n'en avait aucune idée. Elle regardait seulement droit devant, sentant encore la présence de son frère près d'elle. L'entrée du portail se présentait bientôt à eux, leur posant la question : où voulez-vous aller ?
- Souhaites-tu rester là ? Ou aller au chaud quelque part ? demanda-t-elle à deux pas de l'arche.
Elle avait enfin tourné son visage dans sa direction, plantant son regard sur lui. Seren attendait une réponse de celui qui l'avait invité à fuir si lâchement un enterrement. Malgré toutes leurs différences, elle pouvait bien reconnaître qu'il lui avait sauvé la mise sur ce coup-là.
Owen était complètement détaché, mais ce n'était pas un mal. Pas pour Seren, en tout cas.
618 mots
@Paige Barrow - Je me demande comment elle a pu être chez Poufsouffle
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Que la mort nous réunisse
Elle accepte. Pour une raison qui lui échappe, elle accepte. Ils s'en vont alors, non sans que sa soeur ne fasse un peu de bruit. Elle est l'actrice qui ne quitte jamais la scène sans un dernier salut. Il est celui qui s'en va en silence.
Il ne croisera pas le regard de sa mère. De sa mère ou de quiconque. Il regarde droit devant lui et s'en va. Il a assez pleuré pour quelqu'un qu'il ne connaissait même pas tout à fait. Assez prétendu, assez joué.
L'acteur est fatigué. Il a joué pour toute une vie, et ne remontera plus sur les planches. C'est la promesse qu'il se fait. Les mots seront rudes, les visages sincères. Il n'y aura plus de masque, plus de rire feints ou de sourire peints.
Ils marchent en silence et cela lui convient. Il pourrait marcher ainsi des heures durant. Bercer par le bruit de la pluie sur le parapluie, celui de ses pas dans l'herbe. Dans cette bulle étrange où ils n'y a qu'eux, dans cette bulle étrange qui sonnait faux.
De nouveau, il se sentait étranger à lui même. Soudain enfant de quelques années à peine, à l'ombre d'un recoin, rêvant à une soeur qu'il n'aurait jamais. Un enfant qui cherchait en elle un chevalier, un gardien. C'est ce regard qui se tourne vers elle, alors qu'elle l'interroge.
Il est sans doute trop vite pour qu'elle ne le voit. Les cernes trop profondes, les iris trop éteintes. Mais c'est l'enfant qui regrette l'arche s'approchant, venant les écraser de son ombre. C'est l'enfant qui demande quelques minutes encore. Ici, sous la pluie, avec l'enveloppe d'une soeur. C'est l'enfant qui laisse s'échapper les mots.
"Au chaud. Allons se mettre au chaud", les paroles se répètent, semblent convaincre l'esprit.
Il n'y a plus d'intérêt à rester là. Il a proposé la fuite, lâche et malpolie, autant la mener jusqu'au bout. Trouver un pub et trinquer alors qu'ils devraient pleurer. Un abri peu importe, et faire le contraire de tout ce qu'ils devraient faire.
Car c'est ce qu'ils sont n'est ce pas? Un moule renversé. Des frères et soeurs trop différents, des parfaits inconnus qui ne partagent que le sang.
Des tâches dans le tableau de l'autre. Alors qu'ils en jouent. De ce chaos qui est le leur, de ces mauvais accords. Qu'ils en jouent, que la journée passe et que, sûrement, ils ne se revoient plus jamais.
Avant le prochain enterrement.
406 mots
@Émeline Joyner
@Émeline Joyner
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Cour de la Semeuse de Discorde
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Il se perdit en la regardant.
Tout comme elle prit le temps d'observer longuement les stigmates de la fatigue sur le visage d'Owen. Où était donc passée la jeunesse dans les traits de son frère ? Les cernes sous ses yeux lui paraissaient si profondes qu'elles seraient impossibles à faire disparaître. Elle-même, qui avait passé de nombreuses nuits blanches pour son travail, n'avait jamais atteint ce stade.
Ce constat ne lui plaisait guère.
D'autant plus en sachant qu'elle arrivait à le faire, elle, la simulacre de sœur.
Seren ne se sentait pas légitime de remarquer sa souffrance. Elle n'était rien pour lui, il n'était rien pour elle. Deux personnes poussées par le destin à se revoir dans les plus terribles moments sans que la trace du bonheur n'apparaisse. Rien de plus. Rien de moins.
Pourtant, son cœur s'était serré à mesure qu'elle décelait les non-dits dans l'air.
Elle avait beau ne pas faire entièrement partie de sa vie, jamais elle ne lui avait souhaité le malheur. Par le passé, la rancœur avait su se placer entre elle et le garçonnet qu'il avait pu être. Sa naissance avait provoqué un raz de marée au sein de leur "famille" et elle n'avait pas su l'affronter. La lâcheté l'avait poussé à s'enfuir de là, à ne pas se retourner sur ce petit être au regard curieux et rempli d'espoir.
Elle le savait, qu'il avait espéré qu'elle soit là pour lui. Seren aurait pu le protéger de tout ça, ou au moins minimiser l'impact sur celui qui partageait son sang. Néanmoins, les jours avaient défilé inlassablement sans qu'elle ne bouge le moindre petit doigt. Son soi passé avait préféré préserver sa liberté plutôt que de tendre la main.
Aider lui était devenu étranger, tel un mythe qu'on essayait de rendre tangible avec de belles paroles.
Seren vivait à sa manière. Peut-être qu'elle était froide, parfois trop brute pour ceux qui croisaient sa route, mais elle préférait ça au paraître et au mensonge. Cependant, chacun de ses choix avait un prix. La face creusée de son frère en était un, par défaut. Elle qui n'avait jamais endossé le rôle de protectrice pour l'âme d'Owen, elle en découvrait le résultat aujourd'hui, sous ce parapluie transparent et la rage du ciel.
Elle fut longue, cette contemplation. Longue au point où elle se demanda s'il n'était plus en capacité de lui répondre. S'il ne pouvait pas choisir, elle pouvait le faire pour lui. Pour une fois, elle jouerait l'aînée, à le guider à travers n'importe quelle populace.
Mais elle n'eût pas besoin de porter ce poids, car il réussit à sortir de son mutisme. Quelques mots lâchés, se faisant aspirer aussitôt par le chant du vent. La bourrasque voleuse était taquine, mais pas assez pour l'empêcher de les cueillir en vol.
En l'entendant prononcer son choix, Seren fut certaine d'une chose : si l'âme pouvait crier, elle aurait pris le timbre qu'il venait d'employer.
Fragile et pourtant si fort à la fois.
Doucement, elle abaissa sa baguette, cessant le sort qui les protégeait de la pluie, le temps qu'elle se prépare à les faire disparaître à leur tour.
- Au chaud...bien. Au chaud, ce sera, prononça-t-elle dans un souffle, resserrant sa prise sur le bras d'Owen.
Sans un mot de plus, elle employa sa magie pour les faire transplaner loin du cimetière et de l'arche. Autour d'eux, le décor changea sous l'influence du transplanage, mélangeant les couleurs en de vives lumières. Ainsi projetée dans l'espace par ses pouvoirs, Seren ne pouvait plus garder le contact visuel avec son frère qui lui avait tant paru difficile à maintenir.
La destination qu'elle avait décidée était claire dans son esprit. Il leur fallait quelque chose de simple, discret. Juste de quoi les abriter du froid et partager une dernière boisson avant les au revoir.
Leurs pieds touchèrent les pavés de la ruelle choisie. Sobre et vide de passage, elle était parfaite pour accueillir deux sorciers. Seren s'avança prudemment, le temps qu'elle perde cette sensation de tournis qui lui venait à chaque fois qu'elle se décidait à transplaner. Écrire des articles lui semblait bien plus naturel que de faire des sauts d'un lieu à un autre.
- Il y a un bon bar à deux rues d'ici. Ils doivent bien avoir de la place avec ce temps.
Derrière sa remarque sur le mauvais temps, elle fit apparaître de nouveau le parapluie au-dessus de leurs têtes. Elle fut la première à faire le mouvement de départ, s'attendant à ce qu'il la suive bien gentiment vers la promesse de réconfort et de chaleur dont ils avaient besoin.
763 mots
@Paige Barrow
Tout comme elle prit le temps d'observer longuement les stigmates de la fatigue sur le visage d'Owen. Où était donc passée la jeunesse dans les traits de son frère ? Les cernes sous ses yeux lui paraissaient si profondes qu'elles seraient impossibles à faire disparaître. Elle-même, qui avait passé de nombreuses nuits blanches pour son travail, n'avait jamais atteint ce stade.
Ce constat ne lui plaisait guère.
D'autant plus en sachant qu'elle arrivait à le faire, elle, la simulacre de sœur.
Seren ne se sentait pas légitime de remarquer sa souffrance. Elle n'était rien pour lui, il n'était rien pour elle. Deux personnes poussées par le destin à se revoir dans les plus terribles moments sans que la trace du bonheur n'apparaisse. Rien de plus. Rien de moins.
Pourtant, son cœur s'était serré à mesure qu'elle décelait les non-dits dans l'air.
Elle avait beau ne pas faire entièrement partie de sa vie, jamais elle ne lui avait souhaité le malheur. Par le passé, la rancœur avait su se placer entre elle et le garçonnet qu'il avait pu être. Sa naissance avait provoqué un raz de marée au sein de leur "famille" et elle n'avait pas su l'affronter. La lâcheté l'avait poussé à s'enfuir de là, à ne pas se retourner sur ce petit être au regard curieux et rempli d'espoir.
Elle le savait, qu'il avait espéré qu'elle soit là pour lui. Seren aurait pu le protéger de tout ça, ou au moins minimiser l'impact sur celui qui partageait son sang. Néanmoins, les jours avaient défilé inlassablement sans qu'elle ne bouge le moindre petit doigt. Son soi passé avait préféré préserver sa liberté plutôt que de tendre la main.
Aider lui était devenu étranger, tel un mythe qu'on essayait de rendre tangible avec de belles paroles.
Seren vivait à sa manière. Peut-être qu'elle était froide, parfois trop brute pour ceux qui croisaient sa route, mais elle préférait ça au paraître et au mensonge. Cependant, chacun de ses choix avait un prix. La face creusée de son frère en était un, par défaut. Elle qui n'avait jamais endossé le rôle de protectrice pour l'âme d'Owen, elle en découvrait le résultat aujourd'hui, sous ce parapluie transparent et la rage du ciel.
Elle fut longue, cette contemplation. Longue au point où elle se demanda s'il n'était plus en capacité de lui répondre. S'il ne pouvait pas choisir, elle pouvait le faire pour lui. Pour une fois, elle jouerait l'aînée, à le guider à travers n'importe quelle populace.
Mais elle n'eût pas besoin de porter ce poids, car il réussit à sortir de son mutisme. Quelques mots lâchés, se faisant aspirer aussitôt par le chant du vent. La bourrasque voleuse était taquine, mais pas assez pour l'empêcher de les cueillir en vol.
En l'entendant prononcer son choix, Seren fut certaine d'une chose : si l'âme pouvait crier, elle aurait pris le timbre qu'il venait d'employer.
Fragile et pourtant si fort à la fois.
Doucement, elle abaissa sa baguette, cessant le sort qui les protégeait de la pluie, le temps qu'elle se prépare à les faire disparaître à leur tour.
- Au chaud...bien. Au chaud, ce sera, prononça-t-elle dans un souffle, resserrant sa prise sur le bras d'Owen.
Sans un mot de plus, elle employa sa magie pour les faire transplaner loin du cimetière et de l'arche. Autour d'eux, le décor changea sous l'influence du transplanage, mélangeant les couleurs en de vives lumières. Ainsi projetée dans l'espace par ses pouvoirs, Seren ne pouvait plus garder le contact visuel avec son frère qui lui avait tant paru difficile à maintenir.
La destination qu'elle avait décidée était claire dans son esprit. Il leur fallait quelque chose de simple, discret. Juste de quoi les abriter du froid et partager une dernière boisson avant les au revoir.
Leurs pieds touchèrent les pavés de la ruelle choisie. Sobre et vide de passage, elle était parfaite pour accueillir deux sorciers. Seren s'avança prudemment, le temps qu'elle perde cette sensation de tournis qui lui venait à chaque fois qu'elle se décidait à transplaner. Écrire des articles lui semblait bien plus naturel que de faire des sauts d'un lieu à un autre.
- Il y a un bon bar à deux rues d'ici. Ils doivent bien avoir de la place avec ce temps.
Derrière sa remarque sur le mauvais temps, elle fit apparaître de nouveau le parapluie au-dessus de leurs têtes. Elle fut la première à faire le mouvement de départ, s'attendant à ce qu'il la suive bien gentiment vers la promesse de réconfort et de chaleur dont ils avaient besoin.
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@Paige Barrow
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que la mort nous réunisse
Il n'avait jamais aimé être le centre de l'attention. Il était l'une de ces âmes du décor, de ceux qui peignent le paysage, souriaient dans le fond. C'était sans doute la première ironie du destin, de son destin.
Sa naissance même l'avait placé sur le devant de la scène. Personnage principal, ou péripétie venue déranger leur paix. Le Chaos, qui arrive dans un grand boum de la grosse caisse, sur laquelle se plonge soudain la lumière des projecteurs.
Comme l'amère malédiction, l'éternelle répétition de sa vie, il se trouvait de nouveau sous cette lumière.
Les méninges avaient beau tourner, il n'était pas capable de se rappeler si les dernières actualités de sa vie avaient fait chemin jusqu'à sa chère sœur. Jusqu'aux parents, tout le faisait. Par lui, rarement, par les autres, toujours. Comme le rappel que sa jolie petite vie de famille tranquille et solitaire n'était qu'un mirage condamné à s'effacer.
Elle ne le regardait probablement ainsi qu'en simple reflet de son propre regard. Ou bien semblait-il si mal en point ? Depuis combien de temps n'avait-il eu une nuit complète ? Un repas chaud qu'il arrivait à ingérer ? Ne pas s'en souvenir était probablement un mauvais signe.
Ces pensées ne l'amèneraient à rien de bon. L'espoir qu'elle puisse s'intéresser à lui. Que dans son plus grand malheur, il trouve une sœur.
C'était tout bonnement ridicule. Ridicule combien, en un claquement de doigts, elle le renvoyait à l'état d'enfant languissant.
Elle resserre sa poigne, ce lien physique étrange qui les lie. Un geste, venu imager ce qui n'existe pas. Ceux qui n'existent pas. Et ils transplanent.
La sensation est désagréable. Comme une magie qui vous rebute, comme quinze trajets dans le Magicobus. Les premiers pas lui font maudire Merlin et quiconque inventa cette façon de se déplacer. La secousse a au moins le bénéfice de lui remettre les idées en place.
L'équilibre est retrouvé, la destination indiquée. Il hoche la tête, et souffle quelques mots. Juste au cas où elle ne l'ait pas vu.
"J'te suis."
Et le parapluie réapparaît.
Encore un non-dit. Elle use de sa magie sans qu'il ne sorte sa baguette. Il ne la porte que par sécurité. Pas même pour venir, le Magicobus est bien plus agréable. Alors, que pense-t-elle ? De ce frère qui n'est pas même un sorcier.
Un frère qui la suit bien gentiment, joue son rôle. Il peut prétendre à tout ce qu'il voudra mais voilà ce qu'il est et restera. Celui qui joue son rôle.
Le Chaos.
417 mots
Mots en gras pour le défi Serdaigle
@Émeline Joyner
Mots en gras pour le défi Serdaigle
@Émeline Joyner
Première Année- Serdaigle・Inscrite à la Chronologie・color=#00364a・Fiche PR
Cour de la Semeuse de Discorde
Merci à la Galerie d'Avatars pour le sublimissime vava
