30 juin 2026, 01:00
PV L'écho de nos reflets
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Poudlard Express, Pré-au-Lard
Lundi 19 Juin 2051, dans la matinée
Avec @Émeline Joyner



Une minute - Pomme

Et voilà. Juste comme ça, alors qu’elle avait à peine eu le temps de cligner des yeux, l’année se terminait. Elle trainait des pieds, sa lourde valise derrière elle, une mine boudeuse inscrite sur son visage. Autour d’elle, ne demeurait plus beaucoup d’élèves. La plupart avait du se dépêcher de monter à bord, qu’ils soient pressés de rentrer, ou simplement désireux de passer ce retour à une place soigneusement choisie.

Paige, elle, n’aurait pu s’en montrer plus indifférente. D’une manière ou d’une autre, elle retrouvait ceux qu’elle souhait revoir avant ce long été. Et si sa famille lui avait manqué, cela ne la poussait pas à accélérer le pas. Malgré tout, elle finirait par parvenir aux wagons, et, portant sa valise à bout de bras, à pénétrer dans le vieux train.

Comme lors de son premier trajet, elle serait assailli par le brouhaha, à ses oreilles comme au reste de ses sens. Une pagaille sans pareille, où l’on entendait les rires et les larmes de chacun, le crissement des vieilles portes de compartiment, le grincement des roues et les divers bruits produits par les compagnons à quatre pattes. Un joyeux bazar, où se mélangeait l’odeur du train et celle de la vie qui l’animait.

Nez froncé, conservant la même moue boudeuse, la sorcière finirait par pénétrer un compartiment sans même prêter attention à ses habitants. Usant de ses muscles faibles, et de ses injures en gallois, elle rangerait sa valise en hauteur avant de se laisser tomber sur la banquette. Plus dure qu’il n’y paraissait, ce qui lui échapperait une nouvelle protestation dans sa charmante langue natale. De quoi repousser toute interaction.

Tout cela n’était, au fond, qu’un jeu soigneusement maitrisé. Si la sorcière avait laissé son humeur bougonne au fond de la Tour Ouest, elle aurait éclaté en sanglots. Et par pur question de fierté, cela ne pourrait arriver. Si elle croisait trop longtemps le regard de ceux qu’elle avait appris à aimer, ou regardais le château s’effacer, elle ne pourrais pas le supporter.

Elle ressentais ainsi une pointe de honte. De ne pas être capable de profiter des derniers moments de cette année, mais avant tout de ne pas avoir hâte de rentrer. Ses parents l’attendraient surement sur le quai, Lucy courant entre leurs jambes. Sa mère la serrerait entre ses bras, tandis que son père caresserait ses cheveux. Et sa cadette, le visage collant de morve et de larmes, laisserait couler autour d’elle un flot de paroles insensés. Un spectacle réjouissant, mais qu’elle appréhendait. Qu’aurait-elle à leur raconter? Avait-elle de quoi les rendre fières, de quoi leur prouver ce qu’elle était devenu.

En réalité, elle ne se sentait pas changée. Entre elle et cette petite pleine d’espoirs et de crainte qui avait pris le train un matin de Septembre, que s’était-il passé. Elle avait eu tant d’espoirs pour cette année, mais le fil du temps lui avait échappé, glissé entre les mains. Un filet d’eau, glacée, qui coulait entre ses doigts sans jamais se laisser attraper, sans jamais ralentir.
Et elle aurait aimé revenir changée. Prouver ce dont elle était capable, mais peut être bien qu’elle avait surestimé tout cela. Qu’elle était effectivement devenu la meilleure version d’elle même, et que celle ci n’était que.. ça. Ravalant une gorgée particulièrement acide, l’Aiglonne inspirerait longuement. Peut être aurait-elle du pleurer. Un bon coup et laisser tout cela s’échapper. Avant d’essuyer ses yeux, et de chercher de la compagnie.

Au lieu de ça, elle restait figée. Incapable de bouger, de pleurer, et se sentant franchement ridicule. Ridicule et dramatique.
609 mots
Dernière modification par Paige Barrow le 5 juil. 2026, 22:10, modifié 1 fois.

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5 juil. 2026, 16:22
PV L'écho de nos reflets
De loin, elle l'observait. Ce château aux mille facettes.

Son regard y restait accroché une dernière fois. Elle voulait imprégner dans sa mémoire l'image de l'école. Chaque détail, elle comptait les conserver précieusement dans ce dernier souvenir, cette dernière vision qu'elle en percevait.

Comparé à d'autres élèves de sa promo, ses yeux étaient restés secs alors qu'ils empruntaient le chemin les menant à la gare. La Serdaigle s'était laissée emporter par le mouvement de groupe, seulement partagée par une émotion qu'elle n'arrivait pas bien à saisir. Il ne s'agissait pas de tristesse, pas réellement. C'était un sentiment plus profond, moins net, qui l'avait poussé à prendre ses distances avec le reste des adolescents en arrivant sur le quai.

Elle s'était exilée dans un coin reculé, sa valise à ses côtés et Kiaye à sa suite. Cachée aux yeux des autres élèves et à ceux de ses deux poussins – qui devaient la chercher pour partager ce dernier voyage – Émeline s'était juste mise à fixer les lointaines tours de Poudlard. Debout, ses affaires à ses pieds, elle ne pouvait pas se résoudre à leur tourner le dos.

Pourtant, un sifflement lui annonça qu'elle n'avait plus le choix. Elle devait s'en détacher, l'abandonner en arrière et ne plus jamais se retourner.

Une page se tournait.

Son enfance, son apprentissage, ses rencontres... Tout ce qui l'avait aidée à devenir qui elle était, resterait une infime parcelle de cette école.

Ce lieu qui l'avait vu grandir ne la reverrait plus jamais. Elle, qui avait attendu la fin d'année avec tant d'impatience, en comprenait enfin le sens. Son désir de s'en aller n'était pas lié directement au château, mais au fait qu'elle souhaitait devenir invisible aux yeux de son père. Poudlard n'y était pour rien, les élèves non plus.

Peut-être qu'elle avait désiré de tout son être rentrer chez Alexander, de commencer ses études à la FSCM, mais elle n'aurait jamais pu imaginer ressentir une telle pointe au cœur en posant son pied sur le marchepied.

Dans le train, elle fit en sorte de ne pas laisser son regard se rattraper au château. Cela faisait trop mal de le voir s'éloigner. Elle se concentra sur ses pieds, Kiaye qui la suivait toujours en miaulant parfois pour lui rappeler sa présence. En prenant son temps, elle avait fini par rater l'occasion d'être dans le compartiment d'Elam et Dorian. Ce fut en passant devant le leur qu'elle leur fit un petit coucou, un sourire désolé aux lèvres. Si elle n'avait pas fait des gros yeux à Dorian, ce dernier aurait jeté dehors le pauvre première année qui avait pris sans le savoir sa place.

- Je vais voir ailleurs, on se retrouve plus tard pour manger, leur indiqua-t-elle avant de s'enfoncer dans le couloir.

Elle s'avança, regardant dans les compartiments pour y trouver une place. Dans l'un d'eux, elle aperçut un bout de banquette libre. Loin de vouloir faire la fine bouche, elle rentra à l'intérieur, saluant à peine ceux avec qui elle allait devoir partager ces quelques heures de trajet. Avec un livre, elle allait pouvoir passer le temps sans pour autant regretter de ne pas avoir suivi des yeux les contours du château.

Ses affaires rangées en hauteur, elle s'assit à sa place et chercha dans son sac de quoi bouquiner. Seulement, alors qu'elle s'apprêtait à lire, elle remarqua l'absence de Kiaye sur ses jambes. Elle décrocha ses yeux de l'objet et regarda au niveau de ses pieds. La boule de poils était en train de se frotter contre d'autres jambes que les siennes, ronronnant joyeusement à la personne.

Émeline suivit le chemin des jambes et reconnut finalement l'aiglonne en face d'elle, sa cadette. Ce reflet d'elle.

- On dirait que je me suis fait voler mon chat, rit-elle, accordant à Paige un doux sourire. Je ne te savais pas voleuse, Paige.

Tout en la regardant, elle se laissa aller contre le dossier de la banquette, n'accordant pas un seul regard aux deux autres élèves dans la cabine. Il n'y avait plus qu'eux trois : deux sorcières et un chat quémandant des caresses.

Ça annonçait un beau dernier voyage.

685 mots
@Paige Barrow - me voici ma douce, profitons de ce dernier voyage <3
@Dorian Peachey / @Elam Thomais@ - que vous sachiez qu'Emi vous a faussé compagnie :ninja:

- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
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8 juil. 2026, 14:34
PV L'écho de nos reflets
Plongée dans ses pensées, retenant des larmes acides, elle fixait la banquette face à elle. Pourtant, lorsqu’une ombre vient s’y assoir, que sa vision fut remplie, elle ne le réalisa pas. Pas vraiment.

Jusqu’à ce que contre ses jambes, vienne se lotir une boule de poils. Tout de ronronnements et de tendresse, elle la ferait revenir à la réalité. Baisser les yeux, et reconnaître Kiyae. Petite créature qu’elle adorait, et qu’elle n’avait pas manqué de gâter depuis leur rencontre… particulière.
Un sourire vint se dessiner sur ses lèvres, aussi naturellement que le vent qui souffle sur la plaine, et ses doigts fins trouvèrent le haut de la tête du chat.

Et puis elle compris. À cet instant seul, idiote ou trop mélancolique. Elle ne voulait pas dire au-revoir au chat, encore moins à sa maîtresse.
Mais elle croisa le regard d’Émeline.

Elle ne voulait pas, pourtant son sourire grandit. Elle échappa même un rire, aux paroles amusantes.

C’est lui qui me préfère”, sourire malicieux, narguant l’aînée délaissée de son propre chat. Bande d’ingrats qu’ils étaient, le chat et l’Aiglonne.

Et pour ponctuer cette traîtrise, elle attrapa le chat pour le prendre sur ses genoux, tout en continuant de gratouiller sa tête.

Ainsi installée, elle ne sentait plus si lourde. On lui rappelait ce qu’elle n’aurait bientôt plus, mais aussi ce qu’elle avait gagné. Ceux qui comptaient, jusqu’au bout.
Le caprice d’une enfant dramatique n’arrêterait pas le train, n’arrêterait pas le temps. Elle profiterait alors jusqu’à la dernière seconde, et lorsque celle ci viendrait, elle aurait des souvenirs à serrer contre son coeur.
262 mots
@Émeline Joyner

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12 juil. 2026, 19:58
PV L'écho de nos reflets
Sourire aux lèvres, ce reflet enfantin la nargua, s'emparant de l'animal pour le poser sur ses genoux. Avec quelqu'un d'autre, Émeline aurait légèrement froncé des sourcils, contrariée par tant de familiarité envers son compagnon à quatre pattes. Cependant, la demoiselle assise en face d'elle n'était pas n'importe qui à ses yeux. Durant les derniers mois où le froid était encore présent, l'adolescente avait eu le temps de découvrir Paige.

Plus précisément depuis son envol sur le terrain d'entraînement, Émeline avait développé un attachement certain pour la première année. Nous pourrions nous demander pourquoi. Pourquoi celle qui était d'une humeur de chien une bonne partie de l'année, s'était-elle ouverte à ce jeune bourgeon ?

La réponse était plutôt simple. Paige respectait ses limites et ne cherchait pas à les dépasser. Elle ne s'imposait pas à elle, acceptait ses moments de distance et le fait qu'Émeline n'arrivait pas toujours à avoir le sourire. Et ça, cela avait été déterminant dans sa façon de la percevoir.

Paige était une fillette curieuse. Comme n'importe quel enfant, en vérité. Dans son regard, on y retrouvait toujours cette nuance qui soulignait le marron de ses iris. Ce détail, qu'Émeline avait perçu depuis un moment, lui plaisait. Une lueur pareille était agréable à voir, plutôt que la frayeur qui avait déjà teinté une fois les yeux de la petite.

- Ouais, si on veut. L'acheter régulièrement avec des friandises, ce n'est pas de la triche, peut-être ? fit-elle, taquine.

Émeline n'avait pas empêché sa cadette de gâter Kiaye. Le chat avait très vite compris qu'il pouvait allait quémander des douceurs en se montrant mignon avec la première année. Elle serrait prête à parier que le matou sentait d'ici des restes de croquette dans les poches de Paige.

D'ailleurs, ce dernier ronronnait allègrement sur les genoux de l'aiglonne, habitué à recevoir de l'amour de celle-ci. Il s'étirait même, prenant ses aises en étalant son corps de tout son long sur l'espace qu'on lui accordait. Bonjour les vêtements remplis de poils, mais ça, ce n'était pas son problème.

Le menton allant se caler contre le creux de sa main, Émeline regarda ce tableau fait principalement de douceur. Livre abandonné sur ses jambes, elle se sentait capable de passer le trajet comme ça, sans lire, juste à les observer.

- T'en as pensé quoi de ta première année ?

Une question soufflée avec un intérêt non feint. Sa propre curiosité ne s'attardait plus que sur les personnes qui lui importaient. Paige, elle, importait dans le monde d'Émeline.

416 mots
@Paige Barrow

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14 juil. 2026, 19:56
PV L'écho de nos reflets
Le ronronnement du train sur les rails s'accordait parfaitement à celui du chat sur ses genoux. Comme une mélodie apaisante, ces accords se jouaient à ses oreilles pour calmer son cœur lourd.
Alors qu'elle continuait de caresser le chat, son sourire vint plus naturellement que jamais. Elle n'avait jamais véritablement eu à apprivoiser l'animal. Bien au contraire, il s'était glissé dans sa vie comme s'il y avait toujours eu sa place. Pourtant, alors seulement qu'il lui montrait pleine confiance, elle se sentait vraiment bien.

Émeline désigne la malicieuse vérité. Des gourmandises glissées en cachette alors que le chat venait à son lit, quémandant la friandise comme s'il n'avait pas mangé depuis trois mois. Alors que la petite, à chaque fois, craquait.
La moue se fait faussement coupable, piteuse. Le sourire ne disparaît pas complètement cependant, tout comme la lueur dans les yeux. Ceux-ci, alors que la tête est penchée sur le chat, trouvent le regard de la préfète.

"Je vois pas de quoi tu parles", ment-elle alors, effrontément. Les yeux dans les yeux. Le rire vient adoucir sa fausse insolence.

Elle regarde Émeline s'affaler, dans le confort le plus optimal qu'un wagon puisse offrir. Elle aime cette idée, que le chat comme la sorcière se sentent confortables à ses côtés. La confiance de l'un n'a pas été dure à gagner, elle n'en dirait pas de même pour l'autre. Mais petit à petit, elle a gratté sous la peinture de la Mélancolique.
Sans jamais faire le pas de trop, la laissant révéler ce qu'elle voulait. Elle en faisait de même, et ainsi, durant ces quelques mois, elles ont dansé. L'enfant jouant devant la flaque, tentant de surprendre son reflet. L'adolescente, perdue dans le souvenir, y cherchant la faille.

La faille, c'est la question qui suit. Qui semble lui couper le souffle. Ses doigts enfouis dans le pelage roux s'immobilisent un instant.
Les épaules se haussent. Elle ne veut rien dire. Faire comme dans les lettres aux parents, dire ce qui est joli et garder le reste au fond de son cœur.

Face à Émeline pourtant, elle en est incapable. Est-ce le mensonge qui la rebute? Ou au contraire, le fait qu'elles ne se reverront probablement jamais?
Peu importe, c'était la vérité qui dévalerait ses lèvres. La vérité abrupte, celle dont elle n'avait pas pris le temps de filtrer les morceaux.

"Je sais pas trop. C'était chouette, et j'ai appris plein de trucs mais... J'avais entendu tellement de choses sur Poudlard et- Je me sens toujours pareille. Y'a rien qui s'est passé tu vois," une pause, un soupir. Ce n'est pas ce qu'elle veut dire, mais l'inconvénient de la vérité, c'est qu'elle n'est pas organisée. "Enfin. J'ai rencontré des gens, comme toi et.. ouais j'ai appris plein de trucs. Mais c'est pas.." la main libre s'agite, illustrant vainement ce sur quoi elle ne sait pas poser de mots.

Elle se tait ensuite. Sans vraiment attendre de réponse, et avec la soudaine réalisation qu'elle n'aurait pas du tant parler. Qu'Émeline n'a sûrement posé la question que par pure politesse et qu'elle s'est étalée sans que quoi que cela soit n'appelle à le faire.
520 mots
@Émeline Joyner c'est encore moii

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21 juil. 2026, 02:08
PV L'écho de nos reflets
Un infime changement se produisit dans l'air. Sa provenance était issue du reflet, vacillant fébrilement face à sa question. Le maintien de Paige devint plus rigide et ses doigts, encore perdus dans le pelage de Kiaye, s'étaient stoppés dans leur mouvement. Point de nouvelles caresses pour l'animal, il était maintenant l'heure de se plonger dans le concret.

Les mots ne servaient qu'à exprimer ce que le corps ne pouvait pas toujours montrer. Cependant, à cet instant, Émeline sut avant même que la réponse de l'ancienne première année n'arrive jusqu'à ses oreilles. Des attentes qui ne furent pas comblées. Le désir de découvrir l'improbable et que son cœur palpite chaque jour au sein du château. Voilà ce qu'elle en comprenait à travers l'hésitation de Paige.

- Mais ce n'est pas assez, répondit-elle pour combler sa phrase inachevée.

Combler le vide à sa réflexion la ramena bien loin, dans des souvenirs de ses propres débuts à Poudlard. Petite, Émeline en avait elle aussi entendu beaucoup sur l'école de magie. D'une part par son père, qui n'avait cessé de lui vendre Serdaigle comme la meilleure maison. Puis avec sa tante, dont la plupart de ses plus belles rencontres venaient de là-bas. De nombreuses promesses s'en venaient autour de ce château ancestral. On espérait de lui un tout. Le moyen de s'améliorer, de devenir un sorcier d'exception, de nous forger des années mémorables... Paige, elle, n'y avait pas trouvé son compte, comme bon nombre d'autres élèves avant elle.

Émeline, en premier lieu, voulut reprendre les exigences de sa cadette. Elle faillit lui souligner le fait que ce n'étaient pas les aventures qui allaient nécessairement la rendre heureuse ou lui apporter le changement qu'elle espérait. Mais à voir la bouille démoralisée de la petite, elle rangea dans un coin de sa tête ses remontrances d'ado grincheuse et lâcha un sourire las.

Avant d'oser parler, elle jeta un coup d'œil aux autres élèves qui partageaient leur compartiment. Les deux garçons, des troisièmes années de Gryffondor, étaient totalement concentrés sur leur partie de bataille explosive. C'était assez bruyant pour qu'elle se permette d'aborder le sujet qui lui brûlait la gorge.

- Moi aussi, je pensais que Poudlard allait me rendre spéciale. Qu'en revenant chez moi, j'allais être une prodige et que mon père allait me féliciter pour mes exploits. Mais...ce ne fut pas du tout ça.

Le niveau de sa voix venait progressivement à se baisser, comme si elle était en train de révéler un terrible secret.

- On ne m'a pas acclamée parce que j'avais appris des sorts à la perfection, mais parce que je suis revenue entière, avoua-t-elle, le regard se perdant vers le paysage mouvant. La chasse aux sorcières a marqué beaucoup de monde. Surtout les gens de ma promo et celles juste au-dessus.

Elle se garda de lui raconter l'arrivée de la femme criblée de flèches dans la grande salle, cette fameuse attaque sur le Poudlard Express et l'horreur qu'avaient vécue les élèves envoyés dans le Dominion. Tout ça, elle préféra le terrer bien profondément dans un coin de sa mémoire, assez loin pour que son cœur n'en frémisse plus.

- C'est mieux de rester pareille que de changer trop rapidement...Tu vois ce que j'veux dire ?

Son sourire las s'étira un peu, rendant sa dernière remarque moins moralisatrice. Paige ne pouvait pas réellement réaliser la chance qu'elle avait eue, de vivre une première année banale. Et Émeline lui souhaitait que les prochaines soient pareilles. Ennuyantes au possible, mais que la paix ne quitte jamais son monde.

582 mots
@Paige Barrow - ai-je craqué ? oui :roll:

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22 juil. 2026, 15:21
PV L'écho de nos reflets
Il y avait parfois, dans les partitions, une inscription qu'elle appréciait particulièrement. Qui signifiait qu'on pouvait se lâcher, laisser s'envoler les doigts et le rythme. Crescendo. En réalité musicale, ce n'était que le volume qui augmentait. Pour elle, c'était davantage. C'était le coeur qui pouvait battre si fort que la poitrine en souffrait.

Alors que les paroles d'Émeline se mêlait au brouhaha de leur wagon, son coeur parti crescendo. Elle se sentit comprise, sans avoir à parler. Les mots ne venaient pas, les sentiments étaient flous et bizarres. Pourtant, son ainée, Ô cher reflet, la comprenait.
Un sourire reviendrait sur ses lèvres. Fin et timide, fébrile presque. Teinté d'une certaine tristesse encore. Mais il était là.

Elle ne répondrait rien, car il n'avait rien à répondre. Il n'y avait rien à ajouter.

Ce fut Émeline qui continua. Qui effaça son sourire, et la fit se sentir bien piteuse. Coupable d'avoir osée de plaindre, prétendre à un mal-être. Sa première année avait été formidable. Elle avait été libre d'apprendre, de s'entrainer à sa magie sans aucun autre soucis.
Bien sûr il y avait des ombres. Celle de son coeur, de son esprit qui pensait trop et trop fort. Celle du monde, où tous n'étaient pas tout à fait égaux.
Mais chaque matin elle se levait en sachant être en sécurité. Et cela, n'avait pas de prix. Le coût, elle l'avait vu dans le regard de son grand père qui avait vécu les périodes les plus sombres du monde sorcier. Dans les yeux de ses parents et de sa tante, qui savait être chassé.es, caché.es.

Son enfance en avait été tacheté. De cette peur, vive, acide. Il ne fallait rien risquer. Ne pas parler aux habitants de Laugharne. Jamais. Jouer derrière la maison, car on ne sait jamais.
Mais elle n'en avait pas souffert. Pas vraiment. Protégé par l'insouciance, par ses chevaliers.

La même insouciance qu'on avait arraché à ses ainé.es. Peut être pas tout à fait, pas toujours. Mais l'on avait essayé. La possibilité avait été là et dans tous leurs passé frémissait les mêmes souvenirs, dont la seule image glaçait le sang de la Galloise.

"Je-", elle est prise par elle ne sait pas bien quoi. Une grande inspiration et la parole revient, "je suis désolée, j'aurais pas du me plaindre. C'était.. égoïste.", soufflerait-elle finalement.

Les yeux n'osent plus croiser ceux de l'Aigle face à elle. Pas par peur, mais bien par honte. Les joues rougissent un peu, mais elle ne les sent pas qui se réchauffe tant cette honte là se fait glaçante.

"Je vois oui.", elle voudrait s'arrêter là. Enterrer le sujet, retrouver la pureté du moment. Le ronronnement du chat sur ses genoux, les joyeux souvenirs échangées. Une première année et une dernière qui se ferment sur la douce hilarité.
Et dans le même temps, elle voudrait faire tout le contraire. Poser des questions, en apprendre plus sur Émeline et son histoire. Ensemble, traverser ses quelques pages de son histoire. Comment poser les questions cependant. Un pas de travers, et l'éclat. Comment paraitre curieuse sans que cela ne soit déplacé. Si ta curiosité ne peut devenir polie, c'est qu'elle n'a rien à faire là, lui soufflait Ruth.

Alors, elle ne choisit pas. Elle parle, sans en parler. Elle questionne, sans pointer du doigt ce qui fait mal. Elle essaye du moins.

"Tu as changé toi, depuis ta première année? Je veux dire, oui, mais tu le penses?"
571 mots
@Émeline Joyner.... oups?

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