Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
| Suite de ce RP | JEUDI 15 JUIN 2051 DÉBUT D'APRÈS-MIDI, AU LAC @Émeline Joyner |
L'année touchait à sa fin. Les BUSEs, c'était enfin terminé. Une bonne chose de faite, un grand pas vers le reste de son avenir. Orion n'avait qu'une hâte : passer son été auprès de Stella en Irlande en faisant comme si Poudlard n'existait pas, puisque de toute façon, la seule chose qui lui donnait envie d'y être, c'était l'Étoile. Sac sur le dos, Orion marchait les yeux rivés sur le sol sans réel but, à part peut-être celui d'échapper à la retenue dont il avait écopé à cause de son altercation avec Elijah Cooper douze jours plus tôt. Les jointures de ses poings en portaient d'ailleurs encore quelques marques rouges, de même que son arcade sourcilière où l'impact du coup du Poufsouffle ne s'était toujours pas résorbé. Peu importe, ça avait valu le coup. Plus ou moins. Le regard désapprobateur de sa copine ne l'avait pas laissé de marbre. Au moins, elle ne l'avait pas quitté, c'était déjà ça. Elle aurait pu, mine de rien, mais elle ne l'avait pas fait. Peut-être qu'elle aussi y avait vu là un acte d'amour et non un simple accès de violence ? Orion n'avait pas osé poser trop de questions. Elle était restée, c'était ce qui importait.
Les pieds trainant presque derrière lui, il releva rapidement la tête en voyant un rocher à enjamber et jeta un rapide coup d'œil autour de lui pour s'assurer qu'aucun professeur ne pouvait voir qu'il était en train de sécher sa retenue. Ce fut à ce moment qu'il la vit, assise face à l'eau. Il se stoppa net. Elle n'était qu'à quelques pas de lui, si bien que faire demi-tour aurait été étrange. Putain. Émeline Joyner. Dans son dos, le poids du cahier de la Serdaigle qu'il n'avait pas osé retirer de ses affaires se fit soudainement plus lourd. Il déglutit. Foutue Joyner. Les battements de son cœur s'accélèrent presque aussi rapidement qu'il eut cette pensée. Est-ce qu'elle était foutue parce qu'il l'avait choisi de la nommer ainsi ou parce que la vie avait simplement décidé de la foutre en l'air ? La lecture de son cahier avait commencé à le faire douter.
Au départ, il n'y avait eu que des dessins. De simples dessins. Jolis, certes, mais qui n'avaient aucune valeur à ses yeux. Des licornes, des botrucs, des dragons. Juste assez pour lui souffler qu'elle aimait les créatures magiques, mais pas assez pour qu'il comprenne. Puis, il y eut des parties de son quotidien. Des portraits de personnes dont il ne connaissait pas le nom, des animaux. Khat, même. Orion l'avait reconnu. Ça l'avait même rendu perplexe. Que diable foutait-il dans son putain de cahier ? Il se souvint d'avoir presque ressenti de la colère. Elle ne pouvait pas se moquer puis le dessiner. Mais dans son jardin secret, elle l'avait fait. Puis, il y eut... Le reste. Sa part d'ombre. Celle qu'il désirait si ardemment comprendre. La limite qu'il avait franchie, mais dont il n'avait récupéré que les morceaux brisés dans le labo de potion. Il n'avait pas tout compris, pas bien tout saisi, mais assez pour comprendre qu'elle était cassée.
Et, finalement, à la fin du cahier, entre les pages, il y avait trouvé une lettre. Pas le genre de lettres qu'il envoyait à Stella. Il n'y avait pas d'amour, dans ces mots couchés sur le papier. Que du poison. Même Orion l'avait deviné en les lisant. Quel beau cadeau, Émeline. Tu es vraiment la digne fille de ta mère. Cela sonnait comme une insulte. Les mots étaient crachés, corrompus par une colère aussi noire que l'encre qui les avait formés. Mais là encore, tout restait flou. La seule chose qu'il avait pu deviner, c'était qu'Émeline n'avait certainement pas grandi avec le même amour que lui. S'il se sentait désolé pour elle, il débattait toujours.
Mais son dos brûlait toujours. Et son sac était toujours trop lourd. Car le poids de posséder les pensées d'Émeline Joyner sur ses épaules n'était pas facile à porter.
« J'ai quelque chose qui t'appartient », lâcha-t-il en faisant un pas de plus vers elle.
Arracher le pansement, il n'avait que ça à faire. La lanière de son sac à dos glissa le long de son bras et il le laissa tomber sur le sol avant de s'agenouiller, concentré pour éviter de guetter sa réaction. En vitesse, il sortit le cahier et le balança aux pieds de Joyner, le visage blême en se relevant. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres, comme si le fait de ne plus porter son enfer avait relevé l'enclume posée sur ses entrailles.
« Je t'avais pas croisé avant pour te le rendre », se justifia-t-il rapidement en haussant les épaules.
Une bonne chose de faite. Tourner les talons. S'en aller. Le pansement était arraché, il n'avait que ça à faire. Alors pourquoi ne bougeait-il pas ? Orion se gratta l'arrière de la tête. L'enclume n'était pas tout à fait relevée. Un poids persistait.
« Je l'ai lu. Enfin, feuilleté », admit-il.
Ses yeux croisèrent les siens. Putain.
Oh lord it's happening...
@Stella Ruewen, @Elijah Cooper pour les rapides mentions !
846 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
Assise au bord du lac, elle observait en silence l'étendue de celui-ci et son calme. La surface de l'eau était lisse, dépourvue d'imperfection. Elle se demandait, tout en le regardant, si elle pouvait se perdre à l'intérieur, le temps de quelques secondes. Un rien de rien, juste assez pour qu'elle arrive à respirer en se cachant sous sa surface.
Les examens étaient terminés. Émeline était allée jusqu'au bout, elle avait affronté toutes les épreuves des professeurs, même celle de Potion. Seul Merlin savait à quel point elle avait voulu fuir la salle d'examens et son chaudron, mais la Serdaigle avait tenu, aussi étonnant que ça pouvait l'être. Elle n'espérait pas une superbe note. Un Acceptable lui suffirait, à vrai dire. Elle n'avait pas besoin d'exceller dans cette matière pour prétendre aux études qu'elle souhaitait. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Pas de raisons de se sentir si mal.
Pourtant, Émeline n'avait pas le sourire.
Dans quelques jours, elle allait enfin quitter ce château et se jeter dans la suite de sa vie, dans le monde des adultes. Elle devrait être heureuse de rentrer chez Alexander le temps des vacances, de le retrouver après ces mois de séparation et de le serrer le plus fort qu'elle pourrait contre elle. Seulement, un point noir salissait le beau tableau des retrouvailles. Émeline avait perdu son carnet, celui que son protecteur lui avait si gentiment offert en début d'année scolaire. Craignait-elle qu'il lui en veuille ? Pas réellement, Alexander n'était pas du genre à se vexer pour ce genre de détail. Elle n'avait pas peur de sa réaction, elle était surtout amère d'avoir encore perdu un objet si précieux.
Tous ces dessins, ces moments de vie, ce jardin secret qu'elle s'était façonnés de ses propres doigts, venaient encore de disparaître. Volatilisés.
Des jours à le chercher, à retourner plusieurs fois ses affaires et à fouiller les derniers endroits où elle l'avait emmené. Elle s'était même déplacée jusqu'au laboratoire, l'une des dernières pièces où elle avait le souvenir de l'avoir utilisé. Mais pas la moindre trace de son carnet.
Il n'avait pas pu s'évaporer seul. Quelqu'un devait l'avoir trouvé et le gardait précieusement, l'empêchant de retrouver son seul moyen de se défaire du réel. Avec la fin de l'année qui s'approchait dangereusement, Émeline commençait à perdre l'espoir de le tenir une nouvelle fois entre ses mains.
Elle devait se résoudre à la perte. Enfin, ça, elle savait déjà le faire, pas vrai ? Perdre quelque chose, ça lui était arrivé tellement de fois durant ces dernières années.
Ses repères les plus anciens.
Ses affaires abandonnées derrière elle.
Le bonheur du foyer qui l'avait vu grandir.
La chaleur réconfortante des bras de sa mère.
La fierté dans le regard de celui qu'elle considérait comme son héros.
Poli, son adorable chienne, qu'elle n'avait pas pu accompagner dans son dernier souffle.
Cumuler les pertes, ça devenait normal. C'était quelque chose de logique qui revenait toujours. Puisque tout ce qu'elle possédait allait finir par disparaître un jour ou l'autre.
Ce lac aussi, un beau jour, il disparaîtra. Elle ne savait pas comment, ni pourquoi, mais il deviendra poussière. Des milliards de grains pour recouvrir la terre, emmenant avec lui tous les souvenirs qui y sont rattachés. Les siens, comme tous ses prédécesseurs avant elle. Son passage ici, proche de cette eau qui reflétait le ciel, ne serait plus qu'un moment effacé parmi tant d'autres.
Qu'est-ce qu'elle aurait aimé dessiner cet instant, laisser une trace derrière elle.
Juste de quoi-
Un bruit sec, celui de son carnet jeté à ses pieds. Son apparition dans son champ de vision fut si soudaine qu'Émeline n'y crut pas sur le coup. L'objet de tous ses désirs venait de lui être rendu par...Ses yeux se levèrent pour tomber bêtement sur Orion. Ce serpent qu'elle n'avait pas recroisé depuis ce terrible aprèm dans les cachots. Son sang se glaça dans ses veines quand des bribes de souvenirs lui revinrent de ce moment. Elle ne voulait pas y repenser, elle ne voulait pas non plus ressentir la honte de ce jour-là. Plus jamais.
Quelque chose qui lui appartenait, disait-il ? Évidemment, parce qu'il s'agissait de son carnet, elle le reconnaîtrait entre mille. Et lui, venait de le balancer comme un sale déchet dont il voulait se débarrasser.
Ses bras bougèrent instinctivement pour venir le récupérer. Entre ses mains, le poids de son carnet combla un vide invisible. Elle referma ses doigts autour de lui et le porta jusqu'à elle, le serrant avec force contre son cœur.
- C'est toi qui l'avais, murmura-t-elle, incrédule.
Tout faisait sens, maintenant. Leur dispute, sa crise d'angoisse, sa fuite précipitée du laboratoire. Le fil s'était reconstitué dans sa tête à mesure qu'elle le regardait, interdite. Comment avait-elle pu ne pas y penser ? Il était le coupable parfait pour le crime. Mais derrière ça, une autre question subsistait : comment avait-elle fait pour l'oublier là-bas ? C'était impensable. Pourtant, c'était bien arrivé. Sous la fatigue et l'usure, Émeline avait seulement pensé à s'enfuir, abandonnant même derrière elle cette part d'elle.
Qu'est-ce qui l'avait poussé à attendre tant de temps pour lui ramener ? Un mois qu'elle le cherchait. Un. foutu. mois. Et lui, il débarquait comme une fleur pour lui restituer son bien, sans excuses valables en bouche pour lui redonner. Il ne l'avait pas croisé avant ? Mais quelle blague. Le pauvre garçon n'était pas capable de grimper une tour pour le rendre.
Il restait planté là, en plus. Voulait-il des remerciements pour sa gentillesse ? Il pouvait aller se brosser. Elle ne comptait pas lui en donner. Pas après avoir autant souffert par l'absence. Émeline comptait lui faire comprendre sa pensée par les mots, puisque son regard s'en chargeait déjà.
Seulement, Orion révéla une évidence. Une évidence si présente à travers la gestuelle de l'adolescent qu'Émeline se sentit soudainement dénuée de toute force.
Il l'avait feuilleté.
Son carnet. Son tout.
Il l'avait ouvert, fouillé à sa guise.
L'intrusion dans son univers était si vive que l'adolescente aurait pu exploser là, jeter à la figure d'Orion à quel point il pouvait être une horrible personne. Oh oui, qu'est-ce qu'il était horrible de lui faire ressentir toute cette stupeur après le bonheur de récupérer un bien cher à son cœur.
Leurs regards se croisèrent. Elle plongea dedans et elle sut. Il n'avait pas que regardé ses dessins. Orion avait fait plus que ça.
Doucement, Émeline se leva tout en maintenant le contact visuel. Le visage insondable, elle se mit sur ses deux jambes, le carnet toujours collé à sa poitrine. L'un en face de l'autre, Émeline le toisa, avant que ses lèvres ne se délient.
- Tu n'as pas fait que feuilleter, hein ? dit-elle, froidement. T'as pas pu t'empêcher de la lire.
Elle n'avait pas besoin de lui spécifier de quoi elle parlait. Il savait très bien à quoi elle faisait référence. Émeline lui en voulait, tout comme elle s'en voulait de ne pas l'avoir détruite comme les autres. Par manque de temps, elle s'était empressée de la dissimuler dedans, ne se doutant pas qu'une autre personne qu'elle-même la lirait.
Maintenant, ils étaient deux à la connaître.
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@Orion Blackburn - i'm heeeeere babyyy
Les examens étaient terminés. Émeline était allée jusqu'au bout, elle avait affronté toutes les épreuves des professeurs, même celle de Potion. Seul Merlin savait à quel point elle avait voulu fuir la salle d'examens et son chaudron, mais la Serdaigle avait tenu, aussi étonnant que ça pouvait l'être. Elle n'espérait pas une superbe note. Un Acceptable lui suffirait, à vrai dire. Elle n'avait pas besoin d'exceller dans cette matière pour prétendre aux études qu'elle souhaitait. Il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Pas de raisons de se sentir si mal.
Pourtant, Émeline n'avait pas le sourire.
Dans quelques jours, elle allait enfin quitter ce château et se jeter dans la suite de sa vie, dans le monde des adultes. Elle devrait être heureuse de rentrer chez Alexander le temps des vacances, de le retrouver après ces mois de séparation et de le serrer le plus fort qu'elle pourrait contre elle. Seulement, un point noir salissait le beau tableau des retrouvailles. Émeline avait perdu son carnet, celui que son protecteur lui avait si gentiment offert en début d'année scolaire. Craignait-elle qu'il lui en veuille ? Pas réellement, Alexander n'était pas du genre à se vexer pour ce genre de détail. Elle n'avait pas peur de sa réaction, elle était surtout amère d'avoir encore perdu un objet si précieux.
Tous ces dessins, ces moments de vie, ce jardin secret qu'elle s'était façonnés de ses propres doigts, venaient encore de disparaître. Volatilisés.
Des jours à le chercher, à retourner plusieurs fois ses affaires et à fouiller les derniers endroits où elle l'avait emmené. Elle s'était même déplacée jusqu'au laboratoire, l'une des dernières pièces où elle avait le souvenir de l'avoir utilisé. Mais pas la moindre trace de son carnet.
Il n'avait pas pu s'évaporer seul. Quelqu'un devait l'avoir trouvé et le gardait précieusement, l'empêchant de retrouver son seul moyen de se défaire du réel. Avec la fin de l'année qui s'approchait dangereusement, Émeline commençait à perdre l'espoir de le tenir une nouvelle fois entre ses mains.
Elle devait se résoudre à la perte. Enfin, ça, elle savait déjà le faire, pas vrai ? Perdre quelque chose, ça lui était arrivé tellement de fois durant ces dernières années.
Ses repères les plus anciens.
Ses affaires abandonnées derrière elle.
Le bonheur du foyer qui l'avait vu grandir.
La chaleur réconfortante des bras de sa mère.
La fierté dans le regard de celui qu'elle considérait comme son héros.
Poli, son adorable chienne, qu'elle n'avait pas pu accompagner dans son dernier souffle.
Cumuler les pertes, ça devenait normal. C'était quelque chose de logique qui revenait toujours. Puisque tout ce qu'elle possédait allait finir par disparaître un jour ou l'autre.
Ce lac aussi, un beau jour, il disparaîtra. Elle ne savait pas comment, ni pourquoi, mais il deviendra poussière. Des milliards de grains pour recouvrir la terre, emmenant avec lui tous les souvenirs qui y sont rattachés. Les siens, comme tous ses prédécesseurs avant elle. Son passage ici, proche de cette eau qui reflétait le ciel, ne serait plus qu'un moment effacé parmi tant d'autres.
Qu'est-ce qu'elle aurait aimé dessiner cet instant, laisser une trace derrière elle.
Juste de quoi-
Un bruit sec, celui de son carnet jeté à ses pieds. Son apparition dans son champ de vision fut si soudaine qu'Émeline n'y crut pas sur le coup. L'objet de tous ses désirs venait de lui être rendu par...Ses yeux se levèrent pour tomber bêtement sur Orion. Ce serpent qu'elle n'avait pas recroisé depuis ce terrible aprèm dans les cachots. Son sang se glaça dans ses veines quand des bribes de souvenirs lui revinrent de ce moment. Elle ne voulait pas y repenser, elle ne voulait pas non plus ressentir la honte de ce jour-là. Plus jamais.
Quelque chose qui lui appartenait, disait-il ? Évidemment, parce qu'il s'agissait de son carnet, elle le reconnaîtrait entre mille. Et lui, venait de le balancer comme un sale déchet dont il voulait se débarrasser.
Ses bras bougèrent instinctivement pour venir le récupérer. Entre ses mains, le poids de son carnet combla un vide invisible. Elle referma ses doigts autour de lui et le porta jusqu'à elle, le serrant avec force contre son cœur.
- C'est toi qui l'avais, murmura-t-elle, incrédule.
Tout faisait sens, maintenant. Leur dispute, sa crise d'angoisse, sa fuite précipitée du laboratoire. Le fil s'était reconstitué dans sa tête à mesure qu'elle le regardait, interdite. Comment avait-elle pu ne pas y penser ? Il était le coupable parfait pour le crime. Mais derrière ça, une autre question subsistait : comment avait-elle fait pour l'oublier là-bas ? C'était impensable. Pourtant, c'était bien arrivé. Sous la fatigue et l'usure, Émeline avait seulement pensé à s'enfuir, abandonnant même derrière elle cette part d'elle.
Qu'est-ce qui l'avait poussé à attendre tant de temps pour lui ramener ? Un mois qu'elle le cherchait. Un. foutu. mois. Et lui, il débarquait comme une fleur pour lui restituer son bien, sans excuses valables en bouche pour lui redonner. Il ne l'avait pas croisé avant ? Mais quelle blague. Le pauvre garçon n'était pas capable de grimper une tour pour le rendre.
Il restait planté là, en plus. Voulait-il des remerciements pour sa gentillesse ? Il pouvait aller se brosser. Elle ne comptait pas lui en donner. Pas après avoir autant souffert par l'absence. Émeline comptait lui faire comprendre sa pensée par les mots, puisque son regard s'en chargeait déjà.
Seulement, Orion révéla une évidence. Une évidence si présente à travers la gestuelle de l'adolescent qu'Émeline se sentit soudainement dénuée de toute force.
Il l'avait feuilleté.
Son carnet. Son tout.
Il l'avait ouvert, fouillé à sa guise.
L'intrusion dans son univers était si vive que l'adolescente aurait pu exploser là, jeter à la figure d'Orion à quel point il pouvait être une horrible personne. Oh oui, qu'est-ce qu'il était horrible de lui faire ressentir toute cette stupeur après le bonheur de récupérer un bien cher à son cœur.
Leurs regards se croisèrent. Elle plongea dedans et elle sut. Il n'avait pas que regardé ses dessins. Orion avait fait plus que ça.
Doucement, Émeline se leva tout en maintenant le contact visuel. Le visage insondable, elle se mit sur ses deux jambes, le carnet toujours collé à sa poitrine. L'un en face de l'autre, Émeline le toisa, avant que ses lèvres ne se délient.
- Tu n'as pas fait que feuilleter, hein ? dit-elle, froidement. T'as pas pu t'empêcher de la lire.
Elle n'avait pas besoin de lui spécifier de quoi elle parlait. Il savait très bien à quoi elle faisait référence. Émeline lui en voulait, tout comme elle s'en voulait de ne pas l'avoir détruite comme les autres. Par manque de temps, elle s'était empressée de la dissimuler dedans, ne se doutant pas qu'une autre personne qu'elle-même la lirait.
Maintenant, ils étaient deux à la connaître.
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@Orion Blackburn - i'm heeeeere babyyy
- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
L'image du corps chancelant d'Émeline le mois précédent n'avait pas quitté son esprit, même s'il avait essayé de la chasser par tous les moyens. Bien sûr, elle ne l'obsédait pas. Mais elle était là. Parfois, elle venait toquer à la porte de ses pensées, vicieuse et sans invitation. Elle le guettait, accusatrice de son état, mécontente d'avoir été poussée à se révéler. Elle tournoyait parmi les souvenirs agréables qu'il avait avec son Étoile ou son Aurore, comme pour lui rappeler qu'il n'y avait que quelques âmes qu'il parvenait à traiter correctement. Les autres, il les piétinait et les faisait presque tomber sous leur propre poids. Il les méprisait tellement qu'il arrivait à soutirer des réactions comme celle que Joyner avait eue. Sanglotante, étouffée, affaiblie, engloutie, inerte.
Vide.
C'était ce vide-là qui lui collait à la peau. Il plantait ses griffes dans sa chair et ne le quittait pas. C'était ce vide qui lui criait qu'il n'avait pas eu le droit de faire ça, mais qu'il l'avait fait quand même. Orion avait arraché tout ce qui faisait qu'Émeline Joyner était Émeline Joyner et n'avait laissé qu'une coquille n'entourant que le néant. Et puis, finalement, il avait décidé de voler son essence en se saisissant de son carnet pour ses propres désirs. Son désir ardent de la comprendre, de voir au-delà de l'image qu'il avait peinte d'elle. Pas par cruauté, réellement, mais plutôt par besoin. Pour autant, il n'avait pas vraiment pensé aux dégâts que ses desseins causeraient. À présent, il y faisait face.
Joyner le guetta, perplexe, mais il pouvait sentir que tout son être s'était liquéfié. Elle chuchota, il entendit à peine ce qu'elle avait à dire. Son cerveau était en train de faire barrière à tout ce qu'elle pouvait lui murmurer ou lui crier. Des acouphènes se formaient dans ses oreilles, luttant pour qu'il puisse se protéger de la réalisation qu'il était une nouvelle fois allé trop loin. Mais il n'allait pas lui mentir, n'est-ce pas ? Lui dire qu'il n'avait pas touché aux pages noircies d'encre, n'avait pas tenté de décrypter tous les messages qu'elles renfermaient... Non. Orion était beaucoup de choses et possédait de nombreux défauts. Pour autant, on ne pouvait pas lui retirer sa franchise quand il en venait à des choses aussi personnelles. Mentir pour s'empêcher d'aller en retenue, c'était un défi. Nier avoir farfouillé l'esprit de Joyner aurait été un crime qu'il n'était pas prêt à commettre.
La respiration bloquée, il attendit. Il pouvait se sentir lutter contre son cerveau embrouillé, se forcer à entendre ce qu'elle avait à dire. Il lui devait bien ça. Rien que ça. Après, il tournerait les talons et se tirerait d'ici. Bien loin d'elle et de ses démons qu'il était prêt à fuir si ça signifiait qu'il n'avait plus à fondre sous son regard cuisant. Les mouvements de Joyner étaient lents. Voulait-elle le torturer ? Lui faire ressentir l'attente interminable qu'il lui avait faite subir pour la déchiffrer ? Ç'aurait été mérité. Il n'aurait rien pu dire. Après tout, c'était elle qui lui avait laissé un bout de son âme par accident, mais c'était lui qui avait choisi de ne pas le lui restituer. Tout ça pour le lui jeter à ses pieds comme un vulgaire déchet. Elle se leva et il faillit faire un pas en arrière, mais il se fit violence pour ne pas bouger. Assumer, c'était tout ce qu'il pouvait se permettre de faire.
Puis, Joyner l'attaqua froidement et son regard se durcit.
« Oui. Évidemment que je l'ai lue », rétorqua-t-il légèrement sur la défensive.
Cette fichue lettre. À quoi s'attendait-elle ? Qu'il laisse la plus grosse pièce à conviction de son esprit de côté et ne s'en empare pas ? Dans quel monde vivait-elle ? Il fronça les sourcils, plus perplexes qu'en colère. Elle devait bien comprendre, non ? N'aurait-elle pas fait la même chose ? Elle qui avait essayé à tout prix d'attirer sa colère il y a de ça un mois, elle ne pouvait pas prétendre qu'à portée de tout ce qui aurait fait vriller Orion, elle aurait simplement fermé les yeux. Impossible.
« T'aurais fait pareil, n'essaie même pas de dire le contraire. »
Pendant une seconde, son regard se baissa vers le carnet qu'elle tenait à présent fermement contre sa poitrine et il soupira. Sa main vint gratter sa tempe, incertain de ce qu'il devait faire à présent. Tourner les talons, non ? Se tirer ? Oui, certainement. Mais c'était comme ce moment suspendu dans le temps dans le laboratoire de potions. Il en était incapable. Incapable de fuir son regard froid et vide, incapable de se détourner de l'esprit d'Émeline Joyner, une fois encore.
« Écoute, désolé d'avoir fait ça. Juste... J'avais besoin de comprendre », admit-il. « Je captais pas... Enfin, je captais pas pourquoi t'avais vrillé comme ça. D'abord à vouloir me provoquer alors que d'habitude, t'es la première à couper court à nos... Gue-guerres ? Je sais même pas comment appeler ça, c'est juste des conneries. Et puis pourquoi t'as fini dans ton état de panique. Et pour être franc, ça me fait chier parce que je capte toujours pas. Mais j'te le rends, ton carnet, d'accord ? T'as quelqu'un de merdique dans ta vie, ça arrive. T'as des pensées noires, ça arrive, je- C'est pas mon problème, j'en suis bien conscient. »
Il souffla. Il ne savait même pas où il allait avec ça. Pour quelqu'un qui adorait avoir le dernier mot, il faisait bien pâle figure.
« Bref, merde Joyner, tu te doutes bien que c'est pas moi qui vais te faire une séance de psy. Donc j'te rends ton carnet et on est quittes. »
Ils n'étaient pas quittes. Pas du tout. Orion était bien lâche de ne faire que supposer qu'il y avait un semblant d'égalité entre eux. Mais c'était plus simple comme ça. Alors, pour l'heure, ils seraient quittes. Jusqu'à ce qu'elle réalise qu'ils ne l'étaient pas. Et puis quoi ? Et puis il verrait. Il n'était pas encore prêt à affronter l'après. Il laisserait les quelques secondes de battements entre la suite et le maintenant tranquilles. Juste pour les laisser flotter encore un peu dans l'air, pour les éviter encore un peu plus longtemps.
@Émeline Joyner, voilà mi vida
1035 mots
Vide.
C'était ce vide-là qui lui collait à la peau. Il plantait ses griffes dans sa chair et ne le quittait pas. C'était ce vide qui lui criait qu'il n'avait pas eu le droit de faire ça, mais qu'il l'avait fait quand même. Orion avait arraché tout ce qui faisait qu'Émeline Joyner était Émeline Joyner et n'avait laissé qu'une coquille n'entourant que le néant. Et puis, finalement, il avait décidé de voler son essence en se saisissant de son carnet pour ses propres désirs. Son désir ardent de la comprendre, de voir au-delà de l'image qu'il avait peinte d'elle. Pas par cruauté, réellement, mais plutôt par besoin. Pour autant, il n'avait pas vraiment pensé aux dégâts que ses desseins causeraient. À présent, il y faisait face.
Joyner le guetta, perplexe, mais il pouvait sentir que tout son être s'était liquéfié. Elle chuchota, il entendit à peine ce qu'elle avait à dire. Son cerveau était en train de faire barrière à tout ce qu'elle pouvait lui murmurer ou lui crier. Des acouphènes se formaient dans ses oreilles, luttant pour qu'il puisse se protéger de la réalisation qu'il était une nouvelle fois allé trop loin. Mais il n'allait pas lui mentir, n'est-ce pas ? Lui dire qu'il n'avait pas touché aux pages noircies d'encre, n'avait pas tenté de décrypter tous les messages qu'elles renfermaient... Non. Orion était beaucoup de choses et possédait de nombreux défauts. Pour autant, on ne pouvait pas lui retirer sa franchise quand il en venait à des choses aussi personnelles. Mentir pour s'empêcher d'aller en retenue, c'était un défi. Nier avoir farfouillé l'esprit de Joyner aurait été un crime qu'il n'était pas prêt à commettre.
La respiration bloquée, il attendit. Il pouvait se sentir lutter contre son cerveau embrouillé, se forcer à entendre ce qu'elle avait à dire. Il lui devait bien ça. Rien que ça. Après, il tournerait les talons et se tirerait d'ici. Bien loin d'elle et de ses démons qu'il était prêt à fuir si ça signifiait qu'il n'avait plus à fondre sous son regard cuisant. Les mouvements de Joyner étaient lents. Voulait-elle le torturer ? Lui faire ressentir l'attente interminable qu'il lui avait faite subir pour la déchiffrer ? Ç'aurait été mérité. Il n'aurait rien pu dire. Après tout, c'était elle qui lui avait laissé un bout de son âme par accident, mais c'était lui qui avait choisi de ne pas le lui restituer. Tout ça pour le lui jeter à ses pieds comme un vulgaire déchet. Elle se leva et il faillit faire un pas en arrière, mais il se fit violence pour ne pas bouger. Assumer, c'était tout ce qu'il pouvait se permettre de faire.
Puis, Joyner l'attaqua froidement et son regard se durcit.
« Oui. Évidemment que je l'ai lue », rétorqua-t-il légèrement sur la défensive.
Cette fichue lettre. À quoi s'attendait-elle ? Qu'il laisse la plus grosse pièce à conviction de son esprit de côté et ne s'en empare pas ? Dans quel monde vivait-elle ? Il fronça les sourcils, plus perplexes qu'en colère. Elle devait bien comprendre, non ? N'aurait-elle pas fait la même chose ? Elle qui avait essayé à tout prix d'attirer sa colère il y a de ça un mois, elle ne pouvait pas prétendre qu'à portée de tout ce qui aurait fait vriller Orion, elle aurait simplement fermé les yeux. Impossible.
« T'aurais fait pareil, n'essaie même pas de dire le contraire. »
Pendant une seconde, son regard se baissa vers le carnet qu'elle tenait à présent fermement contre sa poitrine et il soupira. Sa main vint gratter sa tempe, incertain de ce qu'il devait faire à présent. Tourner les talons, non ? Se tirer ? Oui, certainement. Mais c'était comme ce moment suspendu dans le temps dans le laboratoire de potions. Il en était incapable. Incapable de fuir son regard froid et vide, incapable de se détourner de l'esprit d'Émeline Joyner, une fois encore.
« Écoute, désolé d'avoir fait ça. Juste... J'avais besoin de comprendre », admit-il. « Je captais pas... Enfin, je captais pas pourquoi t'avais vrillé comme ça. D'abord à vouloir me provoquer alors que d'habitude, t'es la première à couper court à nos... Gue-guerres ? Je sais même pas comment appeler ça, c'est juste des conneries. Et puis pourquoi t'as fini dans ton état de panique. Et pour être franc, ça me fait chier parce que je capte toujours pas. Mais j'te le rends, ton carnet, d'accord ? T'as quelqu'un de merdique dans ta vie, ça arrive. T'as des pensées noires, ça arrive, je- C'est pas mon problème, j'en suis bien conscient. »
Il souffla. Il ne savait même pas où il allait avec ça. Pour quelqu'un qui adorait avoir le dernier mot, il faisait bien pâle figure.
« Bref, merde Joyner, tu te doutes bien que c'est pas moi qui vais te faire une séance de psy. Donc j'te rends ton carnet et on est quittes. »
Ils n'étaient pas quittes. Pas du tout. Orion était bien lâche de ne faire que supposer qu'il y avait un semblant d'égalité entre eux. Mais c'était plus simple comme ça. Alors, pour l'heure, ils seraient quittes. Jusqu'à ce qu'elle réalise qu'ils ne l'étaient pas. Et puis quoi ? Et puis il verrait. Il n'était pas encore prêt à affronter l'après. Il laisserait les quelques secondes de battements entre la suite et le maintenant tranquilles. Juste pour les laisser flotter encore un peu dans l'air, pour les éviter encore un peu plus longtemps.
@Émeline Joyner, voilà mi vida
1035 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
La réaction d'Orion était celle qu'elle lui connaissait. Sourcils froncés, le ton sur la défensive. Les crocs sortis, prêts à se planter dans sa chair au moindre débordement. Blackburn ne se laissait pas malmener dans une conversation. Il la dirigeait, menait la danse avec sa langue aiguisée et ses mots tranchants. C'était la manière qu'il avait toujours employée avec elle, alors elle se préparait déjà à la confronter.
Sauf qu'elle ne vint pas.
Aucune attaque.
Juste des excuses qu'elle ne s'attendait pas à entendre.
Le choc dérida un instant son visage placide. Recevoir des excuses d'Orion Blackburn...C'était à se demander si elle n'était pas en train de rêver.
Comme ce jour enneigé à Pré-au-Lard, le Serpentard s'adressa à elle d'une manière différente. Certes, il n'était pas assailli par la gêne de lui demander son aide, non, ça n'avait rien à voir. Là, il semblait plutôt...perdu. Perdu face à ce qu'elle lui avait montré sans le vouloir.
Tout en l'observant, elle avait l'impression de se tenir pour la première fois devant Orion Blackburn. Pas le teigneux qui lui avait fait tomber ses bonbons des années plus tôt. Elle se tenait face à un adolescent qui était tout à fait normal. Curieux, avide de savoir quand quelque chose lui échappait. Impatient et têtu. Grognon, aussi. En fait, ils se ressemblaient bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé.
Il voulait comprendre. Sûrement pas pour l'aider, mais parce que ça le tracassait. Pourquoi ça le travaillait, ça, elle n'arrivait pas bien à le saisir. Orion aurait très bien pu ignorer son carnet ce jour-là. Ou le récupérer et le jeter quelque part, là où Émeline n'aurait jamais pu le retrouver. Mais il ne l'avait pas fait.
Orion était venu lui rendre.
Bien qu'il manquait toujours cruellement de manières, il avait fait cet effort.
- Quittes ? finit-elle par souffler, perdant son regard vers le lac. Non, on ne l'est pas. T'as oublié, Blackburn ? Tu me dois encore quelque chose.
Elle décrocha de son étreinte son carnet et l'ouvrit pour récupérer la lettre. Ses yeux d'encre retombèrent sur les phrases pleines de venin de son père. Elle les relut sans montrer une quelconque faille. Chaque mot était resté dans sa mémoire car il lui était impossible de les oublier.
Sa main attrapa sa baguette et d'un simple Incendio, elle enflamma le bout de papier. Le feu dévora la lettre, la réduisant rapidement à l'état de suie. Un coup de vent emporta sous leurs yeux les restes, les faisant danser dans l'air avant de disparaitre dans l'immensité du monde.
- Un service contre un service, lui rappela-t-elle tout en rangeant son carnet dans son sac. Je ne vais pas te demander de faire le psy avec moi, je tiens encore à ma santé mentale. Mais je ne vais pas non plus partir d'ici sans réclamer ce que tu me dois.
Le regard qu'elle lui porta était bien moins agressif que précédemment. Elle paraissait plus détendue par ses retrouvailles avec son carnet. Plus tard, elle se ferait un plaisir de le redécouvrir en prenant le temps. Pour l'instant, elle était surtout occupée par la présence du vert et argent et du petit jeu qu'elle comptait bien lancer.
Émeline se baissa pour récupérer un galet dans sa main et, sans prévenir, le lança sur la surface de l'eau. Il rebondit plusieurs fois avant de s'évanouir dans les noirceurs du lac.
- Des ricochets jusqu'à ce que le soleil ne décline, tu t'en sens capable ? À chaque fois que l'un de nous réussit, il a le droit de poser une question à l'autre. Rien de bien compliqué...Enfin, sauf si tu as peur de perdre face à une fille ?
Ce fut avec un rictus amusé aux lèvres qu'elle prononça sa fausse interrogation. Malgré la tension qui régnait entre eux, l'aiglonne ne pouvait pas s'empêcher de piquer l'ego du serpent. C'était bas d'agir ainsi, mais tellement marrant à faire. Qui des deux avait réellement débuté ces querelles ? Émeline n'en avait plus le souvenir, mais ça s'était instauré si naturellement entre eux qu'elle ne voyait plus l'intérêt de les arrêter.
Allait-il accepter sa proposition ? Le jeu en lui-même était ridicule, surtout avec les deux participants. Seulement, Émeline était d'humeur à tourmenter une dernière fois ce garçon qui lui en avait fait voir des vertes et des pas mures.
Il s'agissait, peut-être, d'une sorte d'au revoir qu'elle n'osait pas formuler. Un adieu à celui qui lui avait toujours laissé un goût amer en bouche.
Seul Orion pouvait décider de la finalité de cet échange.
755 mots- @Orion Blackburn go go gooo
Sauf qu'elle ne vint pas.
Aucune attaque.
Juste des excuses qu'elle ne s'attendait pas à entendre.
Le choc dérida un instant son visage placide. Recevoir des excuses d'Orion Blackburn...C'était à se demander si elle n'était pas en train de rêver.
Comme ce jour enneigé à Pré-au-Lard, le Serpentard s'adressa à elle d'une manière différente. Certes, il n'était pas assailli par la gêne de lui demander son aide, non, ça n'avait rien à voir. Là, il semblait plutôt...perdu. Perdu face à ce qu'elle lui avait montré sans le vouloir.
Tout en l'observant, elle avait l'impression de se tenir pour la première fois devant Orion Blackburn. Pas le teigneux qui lui avait fait tomber ses bonbons des années plus tôt. Elle se tenait face à un adolescent qui était tout à fait normal. Curieux, avide de savoir quand quelque chose lui échappait. Impatient et têtu. Grognon, aussi. En fait, ils se ressemblaient bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé.
Il voulait comprendre. Sûrement pas pour l'aider, mais parce que ça le tracassait. Pourquoi ça le travaillait, ça, elle n'arrivait pas bien à le saisir. Orion aurait très bien pu ignorer son carnet ce jour-là. Ou le récupérer et le jeter quelque part, là où Émeline n'aurait jamais pu le retrouver. Mais il ne l'avait pas fait.
Orion était venu lui rendre.
Bien qu'il manquait toujours cruellement de manières, il avait fait cet effort.
- Quittes ? finit-elle par souffler, perdant son regard vers le lac. Non, on ne l'est pas. T'as oublié, Blackburn ? Tu me dois encore quelque chose.
Elle décrocha de son étreinte son carnet et l'ouvrit pour récupérer la lettre. Ses yeux d'encre retombèrent sur les phrases pleines de venin de son père. Elle les relut sans montrer une quelconque faille. Chaque mot était resté dans sa mémoire car il lui était impossible de les oublier.
Sa main attrapa sa baguette et d'un simple Incendio, elle enflamma le bout de papier. Le feu dévora la lettre, la réduisant rapidement à l'état de suie. Un coup de vent emporta sous leurs yeux les restes, les faisant danser dans l'air avant de disparaitre dans l'immensité du monde.
- Un service contre un service, lui rappela-t-elle tout en rangeant son carnet dans son sac. Je ne vais pas te demander de faire le psy avec moi, je tiens encore à ma santé mentale. Mais je ne vais pas non plus partir d'ici sans réclamer ce que tu me dois.
Le regard qu'elle lui porta était bien moins agressif que précédemment. Elle paraissait plus détendue par ses retrouvailles avec son carnet. Plus tard, elle se ferait un plaisir de le redécouvrir en prenant le temps. Pour l'instant, elle était surtout occupée par la présence du vert et argent et du petit jeu qu'elle comptait bien lancer.
Émeline se baissa pour récupérer un galet dans sa main et, sans prévenir, le lança sur la surface de l'eau. Il rebondit plusieurs fois avant de s'évanouir dans les noirceurs du lac.
- Des ricochets jusqu'à ce que le soleil ne décline, tu t'en sens capable ? À chaque fois que l'un de nous réussit, il a le droit de poser une question à l'autre. Rien de bien compliqué...Enfin, sauf si tu as peur de perdre face à une fille ?
Ce fut avec un rictus amusé aux lèvres qu'elle prononça sa fausse interrogation. Malgré la tension qui régnait entre eux, l'aiglonne ne pouvait pas s'empêcher de piquer l'ego du serpent. C'était bas d'agir ainsi, mais tellement marrant à faire. Qui des deux avait réellement débuté ces querelles ? Émeline n'en avait plus le souvenir, mais ça s'était instauré si naturellement entre eux qu'elle ne voyait plus l'intérêt de les arrêter.
Allait-il accepter sa proposition ? Le jeu en lui-même était ridicule, surtout avec les deux participants. Seulement, Émeline était d'humeur à tourmenter une dernière fois ce garçon qui lui en avait fait voir des vertes et des pas mures.
Il s'agissait, peut-être, d'une sorte d'au revoir qu'elle n'osait pas formuler. Un adieu à celui qui lui avait toujours laissé un goût amer en bouche.
Seul Orion pouvait décider de la finalité de cet échange.
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- #066ccb - Coucou Rapeltout -- Son petit Moine Gras -- Préfète InRP de Février 2051 à Juin 2051
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
Le moment d'attente ne dura pas. Il vint même bien trop vite. Orion aurait voulu l'ignorer pour apprécier les quelques secondes de silence un peu plus longtemps, pour se baigner dans la quiétude de ne pas connaître les prochains mots de Joyner encore quelques instants. Mais le visage d'Émeline, bien que déformé par une expression qu'il n'arrivait pas à cerner, se ravisa bien trop vite, bien trop tôt. Et ce qui sortit de sa bouche lui compressa la poitrine bien plus violemment qu'il ne l'avait anticipé.
Tu me dois encore quelque chose.
Son regard se perdit vers l'horizon. Orion n'osa pas le suivre. Il s'était complètement liquéfié. Son souffle se bloqua dans sa gorge, brûlant. Lui devoir quelque chose ? Maintenant ? Ne pouvait-elle pas avoir oublié ? Bien sûr qu'elle ne l'avait pas fait. Sa mémoire ne lui faisait pas défaut à elle non plus. Il s'était enfui comme un voleur, mais il se souvenait très bien de quoi elle parlait. Cette matinée à Pré-au-Lard était gravée dans sa peau et autour du poignet de l'Étoile. Dès que ses yeux se posaient dessus, il pensait malgré lui à Joyner, même s'il préférait à tout prix la chasser de son esprit. Mais elle s'imposait à lui, quoi qu'il puisse en faire.
Et elle revenait pour réclamer son dû. Ce qu'il lui devait de droit. Parce qu'elle l'avait aidé, qu'il avait essayé de se détourner, mais que Joyner n'allait pas continuer à accepter qu'il la considère comme une bonne poire. Foutue Joyner.
Le regard durci, il ne dit mot. S'il se taisait assez longtemps, peut-être oublierait-elle ? Non, évidemment que non. Elle n'avait pas oublié en six mois, ce n'était pas aujourd'hui que la pensée allait quitter sa tête. Elle sortit la mystérieuse lettre et la réduisit en cendres devant ses yeux. Peu importe, Orion avait mémorisé ses mots sans même s'en rendre compte à force de les avoir lus et relus pour essayer d'y trouver un soupçon de l'intimité d'Émeline. En vain. Les traces des mots s'envolèrent dans l'air, mais les yeux du Serpent ne quittèrent pas le visage impassible de l'Aiglonne. Que voulait-elle, cette fois ?, vu que cette question n'était jamais résolue et qu'elle semblait tourner sans cesse dans son esprit. Trois mots qui lui faisaient plus de mal qu'il ne le voulait, parce qu'ils griffaient ses murs qu'il s'efforçait de garder bien hauts. Il ne voulait pas de Joyner derrière ses murs, mais elle forçait l'entrée.
Il la suivit lentement des yeux tandis qu'elle rangeait ses affaires, sentant ses phalanges blanchir sous la pression qu'il n'avait même pas réalisée qu'il appliquait. Les poings fermés, il se sentait fléchir. Fichue de foutue de saloperie de Joyner. Elle se baissa vers le sol, il attendait le choc de la pierre contre son torse. Un coup pour un coup. Œil pour œil, dent pour dent, ce serait donc ça. Orion avait cherché à l'engloutir, alors elle essaierait de salir son enveloppe corporelle pour se libérer. Et pourtant... Pourtant.
La pierre ne trouva pas sa poitrine. Elle ne rencontra pas sa peau avec dureté, non. Elle fila sur l'eau. Virevolta, tourna, rebondit, avant de s'éteindre pour atteindre des profondeurs qui feraient de Joyner la dernière personne à l'avoir effleurée. Orion ne réussit à réprimander le froncement de sourcils qui creusa son front. Qu'est-ce qu-
Un jeu. Un bête jeu. C'était ça, qu'elle voulait ? Je vais péter mon crâne. Après tout ça, elle voulait lancer des fucking cailloux ? Il était tellement confus que la pique sur sa virilité l'effleura à peine. Il n'était pas du genre à reculer devant un défi, encore moins s'il était sûr de réussir, mais vraiment, Joyner ? C'est tout ce que tu veux ? À son tour, il se pencha lentement vers le sol et ramassa un galet relativement lisse qu'il fit tourner entre ses doigts, le visage toujours déformé par l'incompréhension.
« Juste ça ? Juste un jeu ? » Après tout ce qu'ils avaient traversé ? Après tout ce qu'il avait vu d'elle ? Sa dernière interaction avec Émeline Joyner serait un lancer de cailloux sur le Lac Noir ? Il regarda le galet avec plus d'intensité qu'il ne l'aurait voulu, ne prêtant guère attention au rictus qui habillait les lèvres de la Serdaigle. Ce serait donc un jeu. « Ça marche. Des lancers de ricochets. »
Il retourna une nouvelle fois la pierre avant de lever les yeux vers l'horizon et il l'envoya avec adresse vers les vagues. Quelques rebonds plus tard, la pierre périt.
« T'es putain de chelou, Joyner, mais j'accepte le défi. Je te laisse la première main, t'as droit à une question gratuite. En bon gentleman, tu comprends ? », répondit-il, le même rictus moqueur prenant enfin place sur ses lèvres. « Je risque pas de perdre, de toute façon. Faut juste réussir à faire des ricochets pour pouvoir poser une question ou c'est celui qui fait le plus de rebonds qui y a droit ? »
Foutue Joyner. Pouvait pas me laisser tranquille à quatre jours de la fin des cours.
@Émeline Joyner hihi
844 mots
Tu me dois encore quelque chose.
Son regard se perdit vers l'horizon. Orion n'osa pas le suivre. Il s'était complètement liquéfié. Son souffle se bloqua dans sa gorge, brûlant. Lui devoir quelque chose ? Maintenant ? Ne pouvait-elle pas avoir oublié ? Bien sûr qu'elle ne l'avait pas fait. Sa mémoire ne lui faisait pas défaut à elle non plus. Il s'était enfui comme un voleur, mais il se souvenait très bien de quoi elle parlait. Cette matinée à Pré-au-Lard était gravée dans sa peau et autour du poignet de l'Étoile. Dès que ses yeux se posaient dessus, il pensait malgré lui à Joyner, même s'il préférait à tout prix la chasser de son esprit. Mais elle s'imposait à lui, quoi qu'il puisse en faire.
Et elle revenait pour réclamer son dû. Ce qu'il lui devait de droit. Parce qu'elle l'avait aidé, qu'il avait essayé de se détourner, mais que Joyner n'allait pas continuer à accepter qu'il la considère comme une bonne poire. Foutue Joyner.
Le regard durci, il ne dit mot. S'il se taisait assez longtemps, peut-être oublierait-elle ? Non, évidemment que non. Elle n'avait pas oublié en six mois, ce n'était pas aujourd'hui que la pensée allait quitter sa tête. Elle sortit la mystérieuse lettre et la réduisit en cendres devant ses yeux. Peu importe, Orion avait mémorisé ses mots sans même s'en rendre compte à force de les avoir lus et relus pour essayer d'y trouver un soupçon de l'intimité d'Émeline. En vain. Les traces des mots s'envolèrent dans l'air, mais les yeux du Serpent ne quittèrent pas le visage impassible de l'Aiglonne. Que voulait-elle, cette fois ?, vu que cette question n'était jamais résolue et qu'elle semblait tourner sans cesse dans son esprit. Trois mots qui lui faisaient plus de mal qu'il ne le voulait, parce qu'ils griffaient ses murs qu'il s'efforçait de garder bien hauts. Il ne voulait pas de Joyner derrière ses murs, mais elle forçait l'entrée.
Il la suivit lentement des yeux tandis qu'elle rangeait ses affaires, sentant ses phalanges blanchir sous la pression qu'il n'avait même pas réalisée qu'il appliquait. Les poings fermés, il se sentait fléchir. Fichue de foutue de saloperie de Joyner. Elle se baissa vers le sol, il attendait le choc de la pierre contre son torse. Un coup pour un coup. Œil pour œil, dent pour dent, ce serait donc ça. Orion avait cherché à l'engloutir, alors elle essaierait de salir son enveloppe corporelle pour se libérer. Et pourtant... Pourtant.
La pierre ne trouva pas sa poitrine. Elle ne rencontra pas sa peau avec dureté, non. Elle fila sur l'eau. Virevolta, tourna, rebondit, avant de s'éteindre pour atteindre des profondeurs qui feraient de Joyner la dernière personne à l'avoir effleurée. Orion ne réussit à réprimander le froncement de sourcils qui creusa son front. Qu'est-ce qu-
Un jeu. Un bête jeu. C'était ça, qu'elle voulait ? Je vais péter mon crâne. Après tout ça, elle voulait lancer des fucking cailloux ? Il était tellement confus que la pique sur sa virilité l'effleura à peine. Il n'était pas du genre à reculer devant un défi, encore moins s'il était sûr de réussir, mais vraiment, Joyner ? C'est tout ce que tu veux ? À son tour, il se pencha lentement vers le sol et ramassa un galet relativement lisse qu'il fit tourner entre ses doigts, le visage toujours déformé par l'incompréhension.
« Juste ça ? Juste un jeu ? » Après tout ce qu'ils avaient traversé ? Après tout ce qu'il avait vu d'elle ? Sa dernière interaction avec Émeline Joyner serait un lancer de cailloux sur le Lac Noir ? Il regarda le galet avec plus d'intensité qu'il ne l'aurait voulu, ne prêtant guère attention au rictus qui habillait les lèvres de la Serdaigle. Ce serait donc un jeu. « Ça marche. Des lancers de ricochets. »
Il retourna une nouvelle fois la pierre avant de lever les yeux vers l'horizon et il l'envoya avec adresse vers les vagues. Quelques rebonds plus tard, la pierre périt.
« T'es putain de chelou, Joyner, mais j'accepte le défi. Je te laisse la première main, t'as droit à une question gratuite. En bon gentleman, tu comprends ? », répondit-il, le même rictus moqueur prenant enfin place sur ses lèvres. « Je risque pas de perdre, de toute façon. Faut juste réussir à faire des ricochets pour pouvoir poser une question ou c'est celui qui fait le plus de rebonds qui y a droit ? »
Foutue Joyner. Pouvait pas me laisser tranquille à quatre jours de la fin des cours.
@Émeline Joyner hihi
844 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
À son tour, il choisit un galet, l'analysant longuement avant de le lancer en direction du lac. Émeline avait suivi sa trajectoire des yeux, appréciant sa dernière danse sur le reflet de l'eau avant de se faire engloutir. Le rictus de la Serdaigle n'avait pas péri face à l'insulte. Bizarre ? Oh, ça, oui, elle l'était. Bizarre, étrange, inconstante. Fracassée. Fracassée en de minuscules morceaux qu'elle parvenait à peine à ramasser. Il pouvait bien la juger pour ce choix incongru, mais il était resté, finissant par accepter ce jeu avec son fameux sourire moqueur. Orion Blackburn ne pouvait pas refuser un défi, ce n'était pas dans sa nature. Elle en jouerait, de ça. Elle jouerait jusqu'au dernier rayon du soleil se reflétant contre la surface de l'eau. Qu'elle puisse gratter la surface de la carapace de ce Serpentard bien trop sûr de lui.
Tout comme lui, elle se baissa à nouveau pour chercher une nouvelle pierre à faire tourner entre ses doigts. Maintenant qu'il avait accepté, l'adolescente trouvait l'idée complètement dingue. C'était tiré par les cheveux, mais l'envie d'en rire ne quittait pas sa gorge. L'incompréhensible était salvateur, parfois. Il construisait des instants comme celui qu'ils étaient en train de vivre.
Eux deux face au Lac Noir, lançant des galets pour produire des ricochets. Quel tableau innocent et factice.
- Si tu y tiens, Blackburn. Pour la règle, il suffit juste de faire plus de ricochets que l'autre pour gagner le droit de poser une question.
Faire le gentleman dans cette situation, c'était juste une manière de se planter sa baguette dans le pied. Il voulait prouver quoi ? Qu'il pouvait lui accorder une fleur ? Grand bien lui fasse, qu'il s'amuse à jouer le bon prince miséricordieux. Elle n'allait clairement pas se priver d'un si bel avantage sous prétexte qu'elle passerait pour plus faible. Le faible était celui qui refusait d'user de toutes les cartes qu'il possédait en main. Même si là, la carte en question s'agissait d'un caillou.
Émeline observa les petits détails qui parsemaient la face de son galet. Des points, de microfissures formées par le temps et la pluie. Ils composaient ce bout de roche affiné, et allaient finir par disparaitre de la vue du soleil par son prochain lancer.
- Qu'est-ce que ça allait t'apporter de me comprendre ? Je pensais que je t'étais insupportable.
Première question posée. Première flèche lancée pour l'offensive.
Il n'était pas le seul à se questionner de tout ce qui arrivait. La Serdaigle pensait qu'il était plutôt du genre à détourner le regard sur la peine d'autrui. Qu'il aurait usé de ce qu'il savait d'elle pour se moquer sans honte. Pourtant, il dégageait de lui une toute autre énergie. Orion se tenait là, à jouer à la plus grosse mascarade qu'ils n'aient jamais partagée. À côté, leur Saint-Valentin* maudite était du pipi de Boursouflet.
Ses yeux s'étaient décrochés de son galet pour venir se poser sur lui. Elle voulait voir sa réaction se dessiner sur son visage, qu'il se trahisse sans le vouloir. Allait-elle retrouver l'étonnement ? Le regret ? La frustration ? Émeline n'allait pas en manquer une miette.
521 mots
@Orion Blackburn
Tout comme lui, elle se baissa à nouveau pour chercher une nouvelle pierre à faire tourner entre ses doigts. Maintenant qu'il avait accepté, l'adolescente trouvait l'idée complètement dingue. C'était tiré par les cheveux, mais l'envie d'en rire ne quittait pas sa gorge. L'incompréhensible était salvateur, parfois. Il construisait des instants comme celui qu'ils étaient en train de vivre.
Eux deux face au Lac Noir, lançant des galets pour produire des ricochets. Quel tableau innocent et factice.
- Si tu y tiens, Blackburn. Pour la règle, il suffit juste de faire plus de ricochets que l'autre pour gagner le droit de poser une question.
Faire le gentleman dans cette situation, c'était juste une manière de se planter sa baguette dans le pied. Il voulait prouver quoi ? Qu'il pouvait lui accorder une fleur ? Grand bien lui fasse, qu'il s'amuse à jouer le bon prince miséricordieux. Elle n'allait clairement pas se priver d'un si bel avantage sous prétexte qu'elle passerait pour plus faible. Le faible était celui qui refusait d'user de toutes les cartes qu'il possédait en main. Même si là, la carte en question s'agissait d'un caillou.
Émeline observa les petits détails qui parsemaient la face de son galet. Des points, de microfissures formées par le temps et la pluie. Ils composaient ce bout de roche affiné, et allaient finir par disparaitre de la vue du soleil par son prochain lancer.
- Qu'est-ce que ça allait t'apporter de me comprendre ? Je pensais que je t'étais insupportable.
Première question posée. Première flèche lancée pour l'offensive.
Il n'était pas le seul à se questionner de tout ce qui arrivait. La Serdaigle pensait qu'il était plutôt du genre à détourner le regard sur la peine d'autrui. Qu'il aurait usé de ce qu'il savait d'elle pour se moquer sans honte. Pourtant, il dégageait de lui une toute autre énergie. Orion se tenait là, à jouer à la plus grosse mascarade qu'ils n'aient jamais partagée. À côté, leur Saint-Valentin* maudite était du pipi de Boursouflet.
Ses yeux s'étaient décrochés de son galet pour venir se poser sur lui. Elle voulait voir sa réaction se dessiner sur son visage, qu'il se trahisse sans le vouloir. Allait-elle retrouver l'étonnement ? Le regret ? La frustration ? Émeline n'allait pas en manquer une miette.
521 mots
@Orion Blackburn
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Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Semeuse de Discorde - Projectile de qualité supérieure - Méméline
Que le sang arrête de couler et que la pierre écrabouille leur cœur
Jamais Orion n'aurait pensé qu'il se retrouverait un jour à un pas du lac aux côtés d'Émeline Joyner sans que l'un ou l'autre n'ait été foutu à l'eau. Personne ne l'aurait cru s'il avait osé ne serait-ce qu'émettre l'idée. Après tout, quel genre de phrase saugrenue est-ce donc ? Joyner et Blackburn. Blackburn et Joyner. Ça ne va pas ensemble, ça rime à peine. Même sur la fin, ça débloque. Et pourtant, ils étaient là. Orion regardait l'horizon, là où la pierre qu'il venait de lancer s'enfonçait à jamais dans les abysses du Lac Noir de Poudlard, tandis qu'Émeline l'observait, amusée, un sourire espiègle ornant ses lèvres. Puis, finalement, quand le galet n'était plus qu'un lointain souvenir qui venait de trouver sa nouvelle maison pour le restant de l'éternité, il se tourna vers elle.
Des questions, donc. Sa dernière interaction avec Émeline Joyner serait celle qui lui permettrait d'avoir des réponses à toutes ses interrogations les plus curieuses, les plus informulées et les plus secrètes. Plus d'artifice, plus de mensonge, plus de bâtons dans les roues. Juste eux, des galets, des ricochets et des questions. Ça, rien que ça. Elle était complètement perchée ; il en était à présent convaincu.
Il hocha la tête aux règles. Orion n'éprouvait aucun doute sur sa capacité à surpasser Joyner. Au travers des années, il l'avait assez vue. Elle n'était pas bien dégourdie, alors que lui était sportif et habile. Joyner, elle, n'était qu'un ramassis de... De quoi ? Sa pensée acide fut éteinte presque aussitôt. Ce n'était que les idées qu'il se faisait d'elle, encore et encore, et qui pourissaient tout jugement éclairé à son égard. Ce stupide jeu allait changer ça. Ou peut-être pas. Seul le temps serait capable de lui dire. Mais ce n'était pas encore son tour. Orion lui avait fait une fleur, celle de la première question. La première flèche, la première bafouille. Il ne s'attendait pas à grand-chose. Sa couleur préférée, peut-être ? C'était le genre de questions qu'on posait à quelqu'un qu'on ne connaissait pas, après tout.
Il n'en fut rien.
Sa gorge se serra à peine les mots eurent-ils quitté les lèvres de la Serdaigle. Purée, elle attaque fort. Orion fronça les sourcils en redirigeant son regard vers elle.
« Ah ouais. T'attaques le steak direct. Pas d'apéro ni d'entrée. Je vois », railla-t-il, le regard masqué par une malice qui camouflait son hésitation.
Pas d'échappatoire, cette fois. Il ne pouvait pas se détourner. À quoi cela aurait-il servi ? C'était juste Joyner. Pas quelqu'un de spécial, pas une personne insurmontable à affronter. Mais il hésitait quand même. Il n'était pas certain des mots qu'il voulait utiliser. Il se voulait juste, mais il ne voulait pas trop en dire. Il voulait être honnête, mais pas suicidaire. Orion déglutit, se pencha pour prendre un nouveau galet, toujours dans la tentative de grapiller un peu de temps. Puis, il se releva et poussa une longue expiration.
« Rien. Tout ? J'suis pas sûr », souffla-t-il. « Hm. T'as déjà... été curieuse, je suppose. Tout le monde l'est, dans une certaine mesure. Bah moi, je le suis pas. C'est pas pour rien que j'ai jamais cherché à te connaître en... quoi, ça fait trois ans qu'on s'est rencontrés ? Et pourtant, parfois, je m'interroge. En fait, j'aime bien savoir là où les gens se questionnent. Le petit point sensible, tu vois ? Juste par sécurité, je crois, j'sais pas. J'aime pas qu'on connaisse le mien, mais j'aime savoir celui des autres. » Il fronça les sourcils. « Un peu tordu, dit comme ça, mais je t'assure que ça l'est pas tant. J'aime juste pas qu'on connaisse mes faiblesses, donc normal. »
Il prit une profonde inspiration.
« Mais ce jour-là, au labo... J'sais pas, y a eu un shift, non ? T'étais pas comme d'habitude. Se bouffer le nez avec toi, c'est simple. Je grogne, tu rigoles ou tu rages, peu importe, puis on se quitte en bonne et due forme. Une routine. C'était simple. Mais ce jour-là, y a un truc qui a déraillé, non ? T'étais chelou. Or, j'aime quand les choses sont carrées, j'aime pas qu'on déborde. Et toi, t'as débordé. Alors je voulais savoir. Pour pas perdre les pédales, tu comprends ? Pour que les choses rentrent dans l'ordre, que tout retourne à sa place. »
Il haussa les épaules.
« Mais au final », soupira-t-il, « même ton carnet de pacotilles m'a servi à rien à part à savoir qu'on t'envoie des lettres merdiques. Tu parles d'une aubaine », finit-il en ricanant.
Orion baissa les yeux sur son galets qu'il tournait et retournait entre ses doigts depuis le début de son monologue, puis les releva et renvoya le galet. Seize rebonds. Dans ta face, Joyner. Puis, comme s'il préférait ignorer tout ce qu'il venait de lui déballer sans balbutier, il se tourna vers elle, l'air entendu.
« Allez, bats ça, maintenant. »
@Émeline Joyner, chose promise, chose due !
818 mots
Des questions, donc. Sa dernière interaction avec Émeline Joyner serait celle qui lui permettrait d'avoir des réponses à toutes ses interrogations les plus curieuses, les plus informulées et les plus secrètes. Plus d'artifice, plus de mensonge, plus de bâtons dans les roues. Juste eux, des galets, des ricochets et des questions. Ça, rien que ça. Elle était complètement perchée ; il en était à présent convaincu.
Il hocha la tête aux règles. Orion n'éprouvait aucun doute sur sa capacité à surpasser Joyner. Au travers des années, il l'avait assez vue. Elle n'était pas bien dégourdie, alors que lui était sportif et habile. Joyner, elle, n'était qu'un ramassis de... De quoi ? Sa pensée acide fut éteinte presque aussitôt. Ce n'était que les idées qu'il se faisait d'elle, encore et encore, et qui pourissaient tout jugement éclairé à son égard. Ce stupide jeu allait changer ça. Ou peut-être pas. Seul le temps serait capable de lui dire. Mais ce n'était pas encore son tour. Orion lui avait fait une fleur, celle de la première question. La première flèche, la première bafouille. Il ne s'attendait pas à grand-chose. Sa couleur préférée, peut-être ? C'était le genre de questions qu'on posait à quelqu'un qu'on ne connaissait pas, après tout.
Il n'en fut rien.
Sa gorge se serra à peine les mots eurent-ils quitté les lèvres de la Serdaigle. Purée, elle attaque fort. Orion fronça les sourcils en redirigeant son regard vers elle.
« Ah ouais. T'attaques le steak direct. Pas d'apéro ni d'entrée. Je vois », railla-t-il, le regard masqué par une malice qui camouflait son hésitation.
Pas d'échappatoire, cette fois. Il ne pouvait pas se détourner. À quoi cela aurait-il servi ? C'était juste Joyner. Pas quelqu'un de spécial, pas une personne insurmontable à affronter. Mais il hésitait quand même. Il n'était pas certain des mots qu'il voulait utiliser. Il se voulait juste, mais il ne voulait pas trop en dire. Il voulait être honnête, mais pas suicidaire. Orion déglutit, se pencha pour prendre un nouveau galet, toujours dans la tentative de grapiller un peu de temps. Puis, il se releva et poussa une longue expiration.
« Rien. Tout ? J'suis pas sûr », souffla-t-il. « Hm. T'as déjà... été curieuse, je suppose. Tout le monde l'est, dans une certaine mesure. Bah moi, je le suis pas. C'est pas pour rien que j'ai jamais cherché à te connaître en... quoi, ça fait trois ans qu'on s'est rencontrés ? Et pourtant, parfois, je m'interroge. En fait, j'aime bien savoir là où les gens se questionnent. Le petit point sensible, tu vois ? Juste par sécurité, je crois, j'sais pas. J'aime pas qu'on connaisse le mien, mais j'aime savoir celui des autres. » Il fronça les sourcils. « Un peu tordu, dit comme ça, mais je t'assure que ça l'est pas tant. J'aime juste pas qu'on connaisse mes faiblesses, donc normal. »
Il prit une profonde inspiration.
« Mais ce jour-là, au labo... J'sais pas, y a eu un shift, non ? T'étais pas comme d'habitude. Se bouffer le nez avec toi, c'est simple. Je grogne, tu rigoles ou tu rages, peu importe, puis on se quitte en bonne et due forme. Une routine. C'était simple. Mais ce jour-là, y a un truc qui a déraillé, non ? T'étais chelou. Or, j'aime quand les choses sont carrées, j'aime pas qu'on déborde. Et toi, t'as débordé. Alors je voulais savoir. Pour pas perdre les pédales, tu comprends ? Pour que les choses rentrent dans l'ordre, que tout retourne à sa place. »
Il haussa les épaules.
« Mais au final », soupira-t-il, « même ton carnet de pacotilles m'a servi à rien à part à savoir qu'on t'envoie des lettres merdiques. Tu parles d'une aubaine », finit-il en ricanant.
Orion baissa les yeux sur son galets qu'il tournait et retournait entre ses doigts depuis le début de son monologue, puis les releva et renvoya le galet. Seize rebonds. Dans ta face, Joyner. Puis, comme s'il préférait ignorer tout ce qu'il venait de lui déballer sans balbutier, il se tourna vers elle, l'air entendu.
« Allez, bats ça, maintenant. »
@Émeline Joyner, chose promise, chose due !
818 mots
Couleur RP : #789586 #556B5F - 5ème année - non inscrit dans la chronologie
Chasseur de fantômes et Capitaine des AA | Bout De Laitue à ses heures perdues... | Roi des Dédaigneux, Comte du Mépris et Partisan des Détestables d'après Paige