Scarlett à la ferme Inktober 26

Ceci est un recueil d'OS dans le cadre de l'Inktober 2026, traitant de l'enfance de Scarlett.
En association avec Scarlett à l'école.


1. Pomme
Dernière modification par Scarlett Valentine le 2 oct. 2026, 12:06, modifié 4 fois.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

Scarlett à la ferme Inktober 26
Été 2038


J'avais préparé tous les ingrédients dont j'aurais besoin sur la table de la cuisine. La recette que j'avais trouvée dans un vieux livre de ma grand-mère semblait être assez facile à réaliser. Elle a même ajouté quelques annotations dans les marges. Enfin, elle ou sa mère avant elle vu l'état de la couverture.

Je me suis levée ce matin avec l'envie de me rendre utile, mais sans faire ce que je fais tous les jours, c'est-à-dire coudre et aider mon père aux travaux de la ferme. J'ai envisagé de préparer un goûter en apercevant le panier de pommes fraîchement cueillies. Alors me voilà, tablier autour des hanches, derrière les fourneaux, prête à transformer ces fruits en tarte. Je suivais minutieusement chacune des étapes de la recette tout en admirant ceux qui dosent à la loupe. Peut-être est-ce dû à mon manque d'expérience dans le domaine du haut de mes 14 ans, mais si j'expérimentais de la sorte, je ne suis pas sûre de ce qui sortirai du four.

Une heure plus tard, je sortais la tarte du four et la posa sur le rebord de la fenêtre, couverte d'un tissu pour la laisser refroidir. Vers quatre heure de l'après-midi, j'appelais tous les membres de mon foyer, impatiente de leur faire goûter ma première expérience culinaire en solo. À ma demande, mon père et mes frères et sœurs sont tous rentrés du champ qu'ils étaient occupés à récolter. Quant à ma mère, elle était déjà à mes côtés. J'ai fièrement servi un morceau à chacun, guettant leur réaction.

Et malheureusement, je fus assez déçue. Dans un premier temps personne ne prononça un mot. Je les interroge afin de connaître leurs impressions et mes parents me répondent d'emblée qu'ils apprécient mon goûter. Mais je vois bien que quelque chose cloche aux regards qu'ils se lancent.

- Bon ? Vous rigolez, c'est dégueulasse! Lance mon frère, de quatre ans mon cadet.

Ces mots sont si soudains et sincères que j'ai envie de pleurer. Je ravalé mes larmes et me décide à prendre un morceau à petites dents. Le goût m'arrache une grimace. Sage a raison, c'est immonde. Impossible d'en avaler une bouchée supplémentaire. Posant mon assiette, je m'excuse à demi mot, très déçue de la tournure des événements. Ma mère essaie alors de me rassurer comme elle peut, comme seule une maman peut le faire.

- Dis-moi, finit-elle par demander, quel sucre tu as utilisé dans ta tarte ?

Du bout du doigt, je désigne le pot se trouvant toujours sur le plan de travail de la cuisine.

- C'est bien ce que je pensais en le voyant là. Ce n'est pas du sucre, mais du sel…

J'étais la première à éclater de rire, dans un premier temps, plutôt nerveusement. Mais j'ai été rapidement rejointe par les cinq autres membres de ma famille et mon rire se transforma en quelque chose de plus vrai, plus hystérique. Depuis ce jour, je goûte systématique, malgré des pots bien étiquetés, avant de mettre quoi que ce soit dans les plats que je prépare. J'aurais pu être dégoutée de la cuisine ce jour-là, et bien ce fut le contraire.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

Scarlett à la ferme Inktober 26
Décembre 2035


Les vacances avaient à peine débuté que j'ennuyais déjà ma mère pour rendre visite à ma grand-mère. Depuis ma blague d'Halloween et les costumes fabriqués avec l'aide d'Alwenn, je ne pensais qu'à apprendre la couture auprès d'elle. Maintes fois elle avait tenté de m'apprendre à recoudre un boutons, par exemple, et j'ai souvent repoussé ses tentatives, n'y trouvant aucun intérêt. Et pourtant, je ne peux m'empêcher de regretter la piètre qualité des costumes que nous avons créés. La farce aurait pu être encore plus spectaculaire si mes compétences étaient meilleures. Heureusement que j'avais suffisamment écouté ma grand-mère pour connaître la technique de base de la couture.

J'ai passé la majorité de mes vacances de Noël 2035 auprès de Grand-mère Celeste. Et pour une fois depuis le début de l'année scolaire, j'avais vraiment l'impression d'apprendre quelque chose. Chaque journée était synonyme de nouvel apprentissage. Et puis, elle eut une idée pour me faire mettre en pratique ce qu'elle m'avait appris jusque-là.

- Et si tu fabriquais des vêtements à ta poupée ?

Cela faisait deux ou trois ans que ma poupée fétiche, celle avec laquelle ma grand-mère m'avait souvent reçu chez elle, était remisée au placard. À onze ans, je ne voulais plus de ces jouets de bébé, mais ça mon aïeule semblait l’ignorer. Je trouvais cependant l'idée excellente et j'allais chercher ma poupée prénommée Ondine. D'abord, je fabriquerai des vêtements miniatures, ensuite je pourrais passer aux modèles à taille humaine.

Grand-mère Celeste m'apprit chaque geste à reporter sur une vraie personne plus tard. Ma poupée me servait alors de mini cobaye pour prendre les mesures que je notais soigneusement. Je dessinais le patron sous les instructions précises de ma professeure du jour. Elle m'expliqua les différents types de tissus et chacun de leurs avantages. Dans sa réserve de chutes, je choisis un tissu en coton à carreaux vert foncé. Le motif faisait un peu vintage mais je trouvais que ça allait bien à la poupée que je n'utilisais plus.

Le temps fila et bientôt Ondine fut l'heureuse propriétaire d'un débardeur et d'une jupe à élastique à la taille. Deux objets très facile à réaliser pour une débutante. Ils ne demandaient que quelques coutures faciles. Pas de zip, ni de froufrous, juste deux morceaux de tissus reliés par un fil d'une couleur similaire. Une fois terminés, je m'empressais de les faire essayer à ma cliente. La taille convenait parfaitement et ma grand mère me félicita pour ce premier projet rondement mené. Enfin, j'aurais aimé lui parler de mes costumes. Mais je crains que si je lui révèle les raisons qui me poussent à cet apprentissage, elle cesse de travailler avec moi. Je ne lui d'ailleurs jamais révélé le pourquoi je lui ai demandé de m'envoyer du matériel de couture à Poudlard.

Bref, nous étions peut-être en plein mois de décembre, mais là poupée Ondine restera habillée pour été dans son placard où je l'ai remise jusqu'au prochain projet de couture.
Dernière modification par Scarlett Valentine le 7 oct. 2026, 22:45, modifié 1 fois.

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Scarlett à la ferme Inktober 26
2034


Qui dit grandir dans une ferme, dit donner un coup de main durant ses temps libres. Et même si c'est franchement pas la partie que je préfère pour ce qui est de vivre à la campagne, je ne me vois pas refuser d'aider quand tout le monde met la main à la pâte. Et aujourd'hui, c'est plutôt dans la terre que je vais mettre mes mains, puisque j'ai été missionnée d'entretenir les plantes de la serre.

Au fil des années et des différents travaux effectués, je me suis bien rendue compte que je n'avais pas la main verte. Enfin, c'est peu dire. La totalité du métier d'agriculteur n'a jamais fait naître de vocation chez moi, même en ayant baigné dedans depuis mon plus jeune âge. Je n'en ferai pas carrière, c'est certain. J'y mets sincèrement du mien. Mais parfois j'ai l'impression que mon père me laisse faire pour ne pas me vexer, malgré qu'il doit repasser derrière moi. Et de mon côté, je n'ose pas élever ma voix par crainte que l'on dise que je suis simplement une fainéante qui ne veut pas aider. Alors je fais ce qu'on me demande, en sachant pertinemment que je fais sûrement les choses mal, du moins en partie.

J'entre dans l'immense serre. C'est ici que poussent la majorité de nos légumes, mais aussi certaines plantes médicinales. C'est d'ailleurs mon père qui a développé cette dernière activité, y trouvant des partenariats assez lucratifs avec des commerces dans le domaine des potions et de la santé.

Je préfère commencer par le désherbage car une fois la terre mouillée, je trouve bien plus désagréable de mettre mes mains dedans. Comme on me l'a appris, j’attrape les feuilles des mauvaises herbes à la base pour en arracher les racines. La tâche est fastidieuse surtout au vu de la taille du bâtiment. Et les mauvaises herbes, ça pousse comme des champignons. Je n'ai pas la chance de déjà posséder ma baguette comme mon grand frère et ma grande sœur. Heureusement que c'est fait assez régulièrement pour que le travail ne soit pas trop long et fastidieux.

Une fois fait, il ne me reste plus qu'à arroser les plantes et une fois encore, ce sera sans l'aide de la magie pour moi. Les plantes les plus proches de moi sont les Mandragores et la seule chose que je sais, c'est que je ne dois surtout pas les sortir de terre. On ne m'a pas dit pourquoi. Pour le reste, c'est au feeling et elles me semblent avoir bien soif aujourd'hui. Alors je les régale sans faire attention à ce que je fais. En même temps, je ne connais pas la quantité d'eau dont ces plantes ont besoin. Je remplis plusieurs fois l'arrosoir avant que mon père n'arrive dans la serre. Rapidement, son regard change et je comprends que quelque chose ne va pas. Il fronce les sourcils et m'arrête alors que je m'apprêtais à vider une nouvelle fois mon contenant sur les Mandragores.

- C'est beaucoup trop d'eau, dit-il de but en blanc. Tu vas finir par les tuer…

Je le vois alors s'affairer à tenter de sauver ces pauvres plantes que j'ai failli noyer. Je voudrais m'excuser mais les mots ne sortent pas. Je n'ose plus bouger. Mon père râle tout en s'agitant. Il est du genre bourru et ne fait pas attention à ce qu'il dit et à qui il le dit. Je dois dire que les commentaires qu'il fait alors qu'il répare mon erreur me blessent, mais je ne dis rien. “Il est comme ça” m'a-t-on souvent répété.

Et voilà la raison pour laquelle je n'achète pas de plantes dans ma vie. Je suis une catastrophe en botanique, au point de faire souffrir même une plante grasse. Ce jour là, j’ai tout de même gagné un galion d'argent de poche et l'on ne m'a plus jamais demandé d'arroser les plantes de la serre. En revanche, le désherbage, j'y suis passée plus d'une fois, bien malgré moi.
Dernière modification par Scarlett Valentine le 7 oct. 2026, 22:41, modifié 1 fois.

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Scarlett à la ferme Inktober 26
Juillet 2040


Une lettre vient d'arriver à la ferme. Elle m'est adressée. Je reconnais immédiatement l'écriture manuscrite sur l'enveloppe, car c'est celle de Finch, mon petit-ami depuis quatre mois maintenant. Finch est un garçon chouette. Nous nous sommes rencontrés à Poudlard. Il a un an, et donc une classe, de plus que moi. Lui rentrera en septième année en septembre. Aah la rentrée, j'ai déjà hâte d'y être pour le retrouver. Et pourtant, je ne souhaite pas que la rentrée arrive vite habituellement, c'est dire! Depuis le début de l'été nous correspondons principalement par écrit, car il ne vit pas tout près, vers l'Écosse je crois. Il est venu une fois à la ferme au début de l'été. Mais mes parents refusent que j'aille si loin seule bien que j'aurais bientôt seize ans et personne ne peut se libérer assez longtemps pour m'accompagner. Alors on se contente de s'écrire. En plus, manque de chance, la pluie est tombée toute la journée de sa visite. On n'a rien pu faire…

J'ouvre l'enveloppe avant même d'être rentrée à la maison et commence ma lecture. Le texte semble plus court que dans les autres lettres, la feuille n'est même pas remplie, mais soit.
“Scarlett,”
C'est étrange, j'ai droit à des petits surnoms mignons d'habitude ou au moins un “ma chère Scarlett ”. C'est fou comme un mot en moins peut rendre le ton d’un texte bien plus sec et froid.
“Je t'écris ces quelques lignes le cœur lourd.”
Je crois que j'avais raison de m'inquiéter, cela ne semble rien qui vaille. J'espère qu'il va bien.
“Cette distance géographique entre nous me pèse beaucoup. Je sais que nous nous reverrons au mois de septembre, mais je n'ai pas envie d'attendre jusque-là. C'est pourquoi je souhaite arrêter là notre relation. Je suis désolé.

Porte-toi bien,

Finch”
Les larmes me montent aux yeux et bientôt elles coulent le long de mon visage. Ce n'est pas de la tristesse qui m'envahit mais de la colère. D'accord, on ne s'est plus vu depuis quelques semaines mais ce n'est pas des mois non plus. Il doit sûrement y avoir quelque chose qu'il ne dit pas dans sa lettre. Une autre fille peut-être ? Il n'a même pas eu le courage de me le dire en face et a envoyé ce pauvre hibou me faire la commission à sa place. Et dire que je m'inquiètais de son sort, il y a à peine quelques secondes.

Et qui termine ce genre de lettre par “porte-toi bien”? C'est ma main qui va se porter dans son visage, oui… Qu'est-ce qu'il a cru ? Que la nouvelle passerait mieux parce qu'il me souhaite d'aller bien. Il n'a pas intérêt à ce qu'on se croise à la rentrée ou il va m'entendre. Car je ne suis pas sûre de pouvoir me contenir. J'hésite même à lui envoyer une beuglante, là maintenant. Sauf que je préférerais lui dire les choses en face, moi. Reste plus qu'à convaincre un membre de ma famille de m'accompagner en Écosse.
Dernière modification par Scarlett Valentine le 7 oct. 2026, 22:39, modifié 1 fois.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050

Scarlett à la ferme Inktober 26
Été 2032


Lorsque l'on vit à la campagne, il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour partir à l'aventure. Nous sommes entourés de champs et de forêts, ayant maintes fois nourri mon imagination et les jeux de mon enfance.

Une après-midi, Oleander et Poppy, mes deux aînés, avaient émis l'idée d'aller camper dans l'une des prairies attenante à la ferme. Ayant reçu l'autorisation de nos parents à condition de ne pas quitter nos terres, ils préparèrent tous le matériel nécessaire. Ce qu'ils n'avaient pas prévu en revanche, c'est que leur petite sœur préférée, c'est-à-dire moi, insiste pour les accompagner et ils n'ont pas eu le choix que de m'accepter dans leur expédition. J'avais alors huit ans et les deux autres avaient respectivement treize et dix ans.

Nous avons quitté la maison juste après le dîner et ne nous sommes pas installés bien loin de la maison, une vingtaine de mètres tout au plus, comme au bout d'un jardin. Nous ne voulions pas quitter totalement le confort. Hors de question d'aller faire nos besoins dans la nature. Après avoir monté la tente dans laquelle nous allions tous trois dormir et allumé un feu, nous avons fait griller des marshmallows pour le dessert, chanté des chansons et raconté des histoires. Rien d'effrayant, aucun de nous n'étant spécialement fan de ce genre d'histoire. Puis, fatigués, nous sommes entrés dans nos sacs de couchage.

Nous avons discuté encore un peu sous la tente avant que le sommeil emporte progressivement mes frères et sœurs. Mais une fois l’euphorie de la soirée retombée, les choses devinrent soudainement moins chouettes. A l'extérieur au milieu de la nuit, j'avais la sensation que tout était amplifié: le bruit du vent dans les arbres, l'ombre des feuilles projetée par la lune sur la toile de la tente, formant des silhouettes effrayantes. J'enfouis mon visage dans mon sac, me forçant à m'endormir. Bien évidemment, cela ne fonctionna pas. Pire encore, emportée par la situation actuelle, mon imagination prit rapidement le dessus et me joua des tours. Je pensais entendre des grognements, voir l'ombre d'une créature sauvage ou que sais-je encore. Les yeux fermés très forts et les mains fermement serrées sur mes oreilles, je peinais à faire abstraction de ma peur. Mon cœur battait de plus en plus fort. À mes côtés, Oleander et Poppy semblaient dormir paisiblement malgré le danger qui rôdait dehors.

Ne tenant plus, et après un moment qui m’a paru une éternité, je quittais la tente, abandonnant lâchement mon frère et ma sœur, et j'ai couru vers la maison sans le retourner par crainte que la monstrueuse créature ne me rattrape. Mes parents avaient laissé la porte ouverte et je regagnais la douceur et la chaleur de mon lit, en mode cocooning.

C'est une des raisons qui fait que je déteste le camping. Après ça, je n'ai plus jamais demandé à être embarquée dans les aventures des mes aînés.

Employée chez Madame Guipure depuis le 28 février 2050