Inktober Le Cœur en Braille

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30. patacitrouille
31. flexion

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober Le Cœur en Braille
dimanche 1 octobre

"POMME"

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>> PORTOLIEN <<

#193b02 — Sainte Miya du Ouin Ouin aka le Miyotaure aka Dame Chaos aka Génie du Mal — i put the "hot" in psychotic
« Si c'est là votre façon d'aimer, je vous prie de me haïr. » — i wrote that at midnight in a shakespearean rage

Inktober Le Cœur en Braille
lundi 2 octobre

"RELIQUE"

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Clic. Clac. J'ouvre et je ferme le capot du vieux briquet moldu que je garde, bêtement, depuis des années dans mon sac. Clic. Clac. Il est vieux. Y'a même plus d'essence dedans, je devrais le changer, le jeter ou au moins le reremplir. Je sais pas si je peux. Clic. Clac. J'ai jamais essayé. C'est un vieux truc. Devenu inutile. Une bête relique, le vestige d'un passé que je ne retrouverais probablement jamais. A cause de moi. Par ma faute. Alors je regarde cette bête vieillerie. Clic. Clac. Et je me demande si je devrais pas m'en débarrasser. Je me dis que je pourrais le réduire en poussière, que je pourrais décharger toute ma colère et mon incompréhension dessus, le transformer en un tas de poussière moche, qui se disperseront quand je soufflerais dessus. Je les regarderais s'envoler par la fenêtre, ces poussières, je les regarderais se volatiliser dans la nuit encode humide d'octobre, une nuit d'automne comme on en voit de plus en plus depuis une petite semaine. Je les regarderais fondre sous l'eau de la bruine fine, légère, presque gracieuse qui s'abat sur le monde. Et je n'y repenserais plus. Je crois. Je pourrais enfin la jeter, cette relique, la regarder disparaitre.

Clic. Clac. Clic. Clac. Clic..... Clac.

Machinalement, j'appuie mon pouce sur la molette, je frotte la pierre d'allumage et je m'attends presque à voir une flamme jaillir. Ce serait chouette. Ce serait beau. Une petite flamme un peu vacillante mais bien présente, une petite flamme aussi brulante qu'un véritable brasier malgré la petitesse de son apparence, malgré la faiblesse de sa lumière. Une flamme jaillir de cette vieille relique devenue inutile, sentimentale, bêtement conservée depuis tellement de temps. Tellement.

Tu te rappelles des nuits embrumées, mon amour ? Tu te rappelles de la fumée de nos clopes et de nos rires qui s'élevaient dans la nuit en même temps que le brouillard nocif ? Tu te rappelles des baiser au goût de liberté, de whisky, de bière, d'amour et de sincérité ? Dis moi mon amour, est-ce que t'as oublié ça ? Tu te rappelles, dis ? Tu te rappelles de mes mains se glissant dans tes poches, cherchant ton briquet pour allumer le stick de nicotine glissé entre mes lèvres que tu venais embrasser pour en savourer un peu les saveurs. Tu te rappelles de ton regard de braise, chaud comme la flamme que ce vieux truc est désormais incapable de produire ? Tu te rappelles de nos corps allongés sur le toit, nos mains jointes, la petite lumière jaillissant tant bien que mal à l'extrémité de ce pauvre briquet ? Tu te rappelles de nos souffles se mêlant, de nos respirations se synchronisant, de nos corps se retrouvant, de nos doigts se liant les uns aux autres ?

S'il te plait, dis-moi que tu te souviens.

C'était réel, je sais que c'était réel. Cette stupide relique, cette vieillerie, cette mocheté ridicule en est la preuve. Je la serre entre mes doigts puis j'appuie mon front contre la vitre. Je regarde la pluie tomber, suis une goutte des yeux puis l'abandonne, remonte mon regard sur le carreau.

Clic. Clac.

Je le manipule dans tous les sens, je le regarde sous toutes les coutures pendant que les souvenirs naissent dans ma tête, tous plus violents les uns que les autres, tous douloureux, tous tellement forts, tous tellement méchants, tous tellement... Tellement nous. Nous, deux idiots fous amoureux l'un de l'autre, nous, deux abrutis complètement raides dingues de l'autre, nous, deux imbéciles tombés dans le piège de l'amour. Nous deux, toi plus moi, toi et moi. Nous. Ce nous, j'ai pas su le conserver aussi bien que ce briquet, pas vrai ? Je ferme les yeux et je cherche la sensation de tes doigts sur le plastique du petit objet, je cherche le fantôme de ton rire, je cherche le vestige de ta présence à mes côtés, de tes mains qui se referment autour de ma taille et m'attirent à toi pour me faire rire ou me faire taire en m'embrassant. Mon nez me pique, mes yeux aussi. Je vais encore pleurer. Pleurer pour un bête objet que j'ai décidé de triturer pour m'occuper, pour te retrouver un peu. Dis moi mon amour, est-ce que tu te demandes où il est passé ce briquet, ou est-ce que tu t'en moques ? Est-ce que t'as jeté toutes mes affaires, est-ce que t'as brulé les vêtements que je portais, est-ce que t'as détruit toutes les choses que je t'ai offertes ?

Clic. Clac. Clic. Clac.

Je repense à toutes les fringues que je te volais, à ce t-shirt gris que j'ai oublié, morceau de moi que t'as conservé. Je crois ? Je pense. Je souhaite. Je souhaite que tu l'aies gardé, je souhaite que t'y repense, je souhaite que tu continues de penser à moi quand tu le vois ? C'est égoïste, tu crois ? De pas vouloir que tu m'oublies ? Au moins aussi égoïste que te voler un briquet et ne jamais te le rendre ? Le transformer en mémorial, en souvenir, en relique.

C'est ridicule, pas vrai, de garder ça ? On me dit que ça m'encombre, on me dit que ça me pèse, on me dit que je devrais le jeter, on me dit que je devrais le réduire en morceaux. On me dit plein de choses tu sais. Mais aucune d'elle ne me satisfait. Parce qu'aucune d'elle n'est ce que je souhaiterais entendre. Je voudrais entendre qu'on me propose de garder ce briquet, d'en faire une œuvre d'art, de l'exposer dans un musée, dans mon musée, dans notre musée. Le musée de toi et moi, le musée de nos souvenirs, le musée de notre amour, le musée de notre nous. Et à quoi il ressemblerait ce musée tu penses ? Est-ce qu'il serait grand, est-ce qu'il serait beau, est-ce qu'il serait petit, est-ce qu'il serait doré, est-ce qu'il serait discret ? J'aime à croire qu'il ne ressemblerait à aucun autre musée, j'aime à croire qu'il ressemblerait à mon appartement de Londres.

Il y aurait les t-shirt que je te volais, les CD qu'on s'est offerts mutuellement, les rares bijoux que tu m'as ramenés de Merlin-seul-sait-où, les paquets de cigarette qu'on s'échangeait, les couvertures sous lesquelles on se blottissait tous les deux, les cacahuète grillées qu'on aimait tant,...

Et ce briquet. Ce briquet qui m'est ridiculement précieux.
Cette vieille relique que tes doigts ont effleuré.

Ce briquet que je t'ai volé et qui demeure mon seul et dernier souvenir matériel de toi.


________
1087 mots
@Lloyd River tu m'as inspirée, j'avoue
défi EEC : automne, bruine, pluie

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Inktober Le Cœur en Braille
mardi 3 octobre

"MINIATURE"

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Inktober Le Cœur en Braille
mercredi 4 octobre

"MANDRAGORE"

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Inktober Le Cœur en Braille
jeudi 5 octobre

"GIFLE"

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